Libraire et parisienne d'adoption depuis 2005. J'écris un blog culturel qui me ressemble pour transmettre ma passion pour les livres, Paris et ma foi en Jésus !
Vendredi dernier, j’ai eu la chance de visionner en avant première le premier épisode de la série Le sens des choses adapté de l’histoire personnelle de la rabbin Delphine Horvilleur et de son best seller Vivre avec nos morts, publié par Grasset.
Cette projection avait lieu dans le cadre du lancement du partenariat entre Le Monde, Télérama et la plateforme Max.
Max fait partie du studio de cinéma HBO crée dans les années 1920 et connu pour avoir fait connaître la série Sex and the city en France. Le sens des choses est une création originale française, l’actrice principale Léa Guedj a reçu le prix de la meilleure actrice lors de Séries Mania 2025 à Lille.
Le résumé :
Léa, 28 ans, décide de devenir l’une des rares femmes rabbins de France et tente de trouver les réponses aux petites et grandes questions de la vie. Entre les demandes parfois improbables, la cohabitation avec un père résolument athée et une vie sentimentale en chantier, Léa jongle entre sa fonction et ses doutes personnels. Comment être un guide pour les autres quand on est soi-même en quête de sens ?
Je n’ai pas lu Vivre avec nos morts, ce best seller qui a dépassé les 300 000 exemplaires vendus. J’ai vraiment découvert Delphine Horvilleur qui intervenait dans le documentaire Invincible été de Stéphanie Pillonca. Elle dialoguait avec Olivier Goy, atteint de la maladie de Charcot sur le sens de la vie et de la mort.
Je connais très mal le judaïsme mais j’aime sa manière de rendre compréhensible la théologie d’après ce que je connais de l’Ancien testament.
Dans le premier épisode du Sens des choses, Léa séjourne chez son père qui est psychanalyste en attendant de trouver un appartement à Strasbourg. Il apprend par les réseaux sociaux qu’elle devient rabbin dans une synagogue libérale achetée par un homme très riche et très décomplexé. Au cours des huit épisodes, Léa va rencontrer différents membres de la synagogue qui veulent organiser des rites de passage comme la circoncision, le mariage ou alors une bar-mitsva. Ce sera l’occasion pour eux d’échanger sur le sens de ces rites et ce qu’ils signifient dans leur vie personnelle.
Une série comique et biographique sur la quête de sens pour chacun d’entre nous
C’est une série fondée sur la comédie pour parler de religion. Le sens des choses s’appuie sur les doutes de Léa, sans doute la plus à même de comprendre les crises existentielles que traversent la myriade de personnages qu’elle va rencontrer et écouter au fil de la série.
Le premier épisode intitulé Trancher démarre sur les chapeaux de roue. Chaque épisode dure trente minutes, le rythme est soutenu, les répliques fusent et les situations cocasses s’emballent. Et pourtant, on a paradoxalement aussi le temps de réfléchir à la portée des mots et des situations.
Je n’ai pu voir que le premier épisode sur la circoncision et j’ai énormément aimé l’explication du rite à travers l’exemple d’Abraham et le fameux tableau du Caravage : Le sacrifice d’Isaac.
Le père du bébé est vraiment doué pour jouer la tension permanente, le tiraillement puis l’apaisement. J’ai aussi beaucoup apprécié le rôle du père de Léa joué par le talentueux Eric Elmosnino. Et j’ai hâte de découvrir les autres personnages de la série.
Dans la salle de cinéma, les rires fusaient tant les situations étaient à la fois comiques et profondes. Cette série est sans nulle doute, l’une des meilleures que j’ai vu depuis des années car à travers les excès, elle parvient à montrer toutes les nuances. Télérama titre d’ailleurs que cette célébration des nuances fait un bien fou et je trouve cela très juste.
Il était grand temps de parler de mon attachement personnel à la comédie historique Les visiteurs dans ce blog. Un véritable coup de coeur que je partage avec bon nombre d’amis de ma génération qui connaissent aussi les dialogues par coeur.
Cette comédie est le 5eme succès populaire de l’histoire du cinéma français ( que des comédies, posez vous des questions l’Académie des Césars), il a réunit quatorze millions de spectateurs dans les salles obscures en 1993. Cette chouette comédie est portée par deux piliers de la troupe du Splendid : Marie-Anne Chazel et Christian Clavier mais aussi par Jean Reno et Valérie Lemercier.
Voici le résumé du film pour les rares personnes qui seraient passés à côté de ce film incontournable :
En l’an de grace 1123, le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, se retrouvent propulsés en l’an 1992 après avoir bu une potion magique fabriquée par l’enchanteur Eusaebius, censée leur permettre de se défaire d’un terrible sort.
Après les cassettes de chanson française et Alf, voici le troisième dessin dans mon carnet : la cassette VHS des Visiteurs de mon challenge dessin : Back to les années 1990.
Back to 1993 quand les moyen-ageux font rire des générations d’enfants.
J’ai une dizaine d’années : parfois on s’ennuie le dimanche après-midi avec mon frère car mon père est de garde. Alors on fouille dans les cassettes VHS à la recherche d’un film enregistré à la télé. Si on retrouve les Visiteurs à sa musique si reconnaissable, on n’hésite pas à le regarder, ce n’est que la douzième fois.
J’ai toujours la frousse quand Godefroy décapite l’Anglois ou quand il va déloger la sorcière et ses copines diaboliques. Mais ensuite on se marre comme des baleines quand Godefroy et Jacquouille boivent la potion magique pour actionner la machine à remonter le temps. Ou quand les forces de l’ordre doivent maîtriser le comte de Montmirail devant l’église.
Ce film, c’est ma madeleine de Proust des années 1990 avec ses looks un peu colorés, le Courtepaille en région parisienne et la camionnette jaune de La Poste.
Des placements de produits : Chanel, Renault, Courtepaille très efficaces pour renforcer les anachronismes.
Personnellement, le recours au placement de produits dans ce film ne me choque pas. Il est sacrément efficace puisque le film est drôle à cause des anachronismes et grâce aux références aux codes bourgeois. La scène où les deux moyen-âgeux prennent le deuxième bain de leur vie à grands renforts de Chanel numéro 5 est tellement réussie. Elle fait particulièrement rire les enfants.
Le film a été tourné en région parisienne dans les Yvelines : la caravane de Dame Ginette donne sur un superbe panorama de voie rapide et de pylônes électriques. Mais aussi sur les remparts de Carcassonne pour le début du film qui se déroule au Moyen-Age.
Le film s’appuie sur le patrimoine français familier mais aussi sur des oeuvres d’art : les reliques et les bijoux de famille volés au duc de Pouille, le tableau du Hardi est inspiré par un portrait de Della Francesca d’un chef local italien conservé au musée du Louvre.
Je pense que ce film a contribué à ma passion scolaire pour l’Histoire. Les Visiteurs exaltent l’identité française sans nationalisme. Le règne de Louis VI le Gros au 12eme siècle, c’est un peu l’âge d’or du Moyen-Age. Le recours au vieux français est l’un des ingrédients de la réussite de ce film. C’est crédible et on rit beaucoup. Les dialogues sont aussi savoureux que le comique de situations enrichi par les effets spéciaux.
« Longue vie à notre sire » grâce aux effets spéciaux de plus en plus performants en l’an de grâce 1992.
Les Visiteurs est une comédie réussie car elle se fonde sur l’imaginaire d’enfance du duo Poiré /Clavier. Le réalisateur a retrouvé des années plus tard, une petite histoire de quatre pages qu’il avait écrite à 17 ans en cours de mathématiques et qui se déroulait sur la Grand’place d’Arras.
Elle sera la trame du scénario retravaillé par Christian Clavier et lui-même.
Les Visiteurs est un film choral où tous les personnages ont un rôle important à jouer. Ils reconstituent en quelque sorte la société très hiérarchisée au Moyen-Age.
Bien évidemment tout repose sur le tandem Godefroy le hardi, le noble et son écuyer pas si fidèle Jacquouille la Fripouille. On rit de leurs déboires mais eux vivent un véritable drame : ils sont coincés à une autre époque parce qu’un mage incompétent a oublié une partie de sa formule. Heureusement, leur plongée dans le futur les rassure sur le fait qu’ils ont eu une descendance.
« Je suis Jacquouille la fripouille, son fidèle écuyer mais je ne sais pas quand je suis né «
« Béatrice, pourquoi ton mari montre son fessard à une femme«
« J’chante pas plus mal que Steph’ de Monac’ »
« Ma mère avait pour nom Gwendoline, elle est morte dévorée par les loups… parce que notre père qu’était parti pour boire à la taverne de Duchenot a crevé gelé dans l’étang à cause de son pied-bot.«
Les femmes ont les rôles les plus louables du film : Dame Ginette se prend d’affection pour Jacquouille sans trop se poser de questions. Béatrice de Montmirail est une chrétienne exemplaire qui a le sens de la famille. Elle ouvre sa maison à ces deux moyen-ageux qui jurent comme des charretiers, ruinent sa maison et effrayent ses enfants.
Et enfin, les petits rôles annexes sont tout aussi importants : le mari dentiste de Béatrice qui est jaloux et méfiant envers Cousin Hubert, l’escadron de flics et les clients de l’hôtel. Mais surtout Jacquart, le nouveau riche tellement hautain avec son blazer jaune poussin. Quand Jacquouille rencontre son descendant, il se rend compte que l’époque dans laquelle il se retrouve coincé lui accorde beaucoup plus de libertés alors pourquoi ne pas y rester…
Je vous recommande la lecture du livre de Jean -Poiré : Rire est une fête, édité par Michel Lafon. Christian Clavier l’a préfacé. Je choisis les yeux fermés un film avec Christian Clavier que je considère comme l’héritier de Louis de Funès. J’ai écrit un article hommage à Michel Blanc en octobre, bientôt, j’écrirai un article sur cinq films marquants de Clavier.
Christian Clavier, héritier de Louis de Funès.
J’avais beaucoup aimé la rétrospective consacrée à Louis de Funès à la Cinémathèque en 2021.
A quand une vaste exposition dédiée à la troupe du Splendid et à Jean-Marie Poiré, le génial réalisateur de Papy fait de la résistance, Le père Noël est une ordure et Les visiteurs ? .
En février dernier, j’ai lu d’une traite ce récit d’amitié entre deux femmes, deux victimes collatérales de l’attentat à Saint Etienne du Rouvray en juillet 2016.
Elle est la soeur du père Hamel assassiné pendant la messe dans son église : Roseline Hamel. Elle est la mère de l’un des deux terroristes tués lors de l’assaut : Nassera Kermiche. Elles sont devenues amies alors que le pire devait les séparer. Sœurs de douleur, on ne pouvait pas trouver meilleur titre pour résumer ce livre.
Il s’agit d’un récit à trois voix puisqu’un journaliste de Pélerin magazine les accompagne dans ce récit d’une grande pudeur et sensibilité. En sept chapitres où s’alternent les récits de Roseline et de Nacera, Samuel Liéven retrace plus de huit années de deuil pour l’une et pour l’autre depuis l’attentat qui a eu un retentissement médiatique dans le monde entier.
J’avais un peu d’appréhension à lire ce livre car le récit du jour de l’attentat vécu différemment par ces deux femmes, est effroyable. Mais heureusement, la force du pardon et de la résilience sont des messages bien plus forts que le terrorisme et le fanatisme. Ce livre m’a donné des frissons à différents passages tant les leçons de vie de ces deux femmes sont des trésors relationnels.
J’ai beaucoup aimé que ce livre retrace leurs parcours respectifs. Roseline est née à Rouen en 1940. Nacera est née en Algérie en 1963, elle a grandi à Saint Etienne du Rouvray depuis sa petite enfance.
L’histoire personnelle de Roseline et Jacques Hamel m’a particulièrement émue car ils sont de la même génération que mes grands-parents du Pas de Calais. Le couple de leurs parents s’est rapidement disloqué pendant leur enfance. Roseline et Jacques ont dix ans d’écart et ils ont eu une relation privilégiée toute leur vie. Leur père souffrait d’alcoolisme et il était violent, il s’était remarié avec une autre femme. Il est allé récupérer sa fille à Armentières dans le Nord d’une manière brutale et traumatisante pour la petite fille. Heureusement pour Roseline, son frère Jacques la protégeait.
Cette relation frère et sœur est particulièrement belle car elle s’est renforcée quand ils ont vieilli. La veille de l’attentat, ils s’apprêtaient à partir en vacances tous ensemble. Roseline Hamel est une femme de foi qui a vécu de nombreuses épreuves dans sa vie. Elle a souffert de dépression à la mort de son mari et l’assassinat de son frère est une épreuve au quotidien pour ses vieux jours.
L’amour de Nassera Kermiche pour ses enfants est aussi très beau et bien décrit dans le livre. On sent toute la culpabilité d’une mère qui a pris les choses en main avec une de ses filles pour ne pas laisser son fils se radicaliser. Elle a cherché à entrer en contact avec les religieuses qui étaient également séquestrées dans l’église lors de l’attentat.
« Je ne suis pas venue chercher un pardon mais un moyen de gérer notre douleur ensemble » Roseline Hamel
Lors de ce procès, Guy Coponet, rescapé de l’attentat de 87 ans et Roseline Hamel ont fait preuve d’une foi et d’une humanité d’une grande puissance. Ils ont su toucher le coeur des accusés dans le box dont certains ont même demandé pardon.
Soeurs de douleur est un excellent livre qui montre que le vivre ensemble est toujours possible en France à condition d’être prêt à pardonner et à choisir la vie, respecter l’autre plutôt que de se complaire dans l’amertume. L’entourage professionnel de Nassera dans l’Education nationale a été exemplaire de compassion, ses collègues et ses élèves lui ont fait preuve d’un soutien de grande qualité, tout comme les employeurs de ses enfants.
Roseline Hamel a crée le prix Père Jacques Hamel depuis 2017 qui récompense un travail de journalisme sur des efforts de paix et de dialogue interreligieux. J’en profite pour remercier Stéphanie des éditions XO qui a eu la gentillesse de m’envoyer ce beau livre en service de presse.
Soeurs de douleur, Nassera Kermiche, Roseline Hamel et Samuel Lievin, XO éditions, 19.90€
Ce dimanche, il pleuvait à Paris. J’avais prévu le coup avec une sortie ciné pour le Printemps du cinéma. J’attendais ce film de longue date depuis que j’avais lu d’une traite le roman autobiographique de Roland Perez : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, éditions Les escales.
J’ai découvert ce roman en m’intéressant tout particulièrement à la belle carrière de Sylvie Vartan qui vient de prendre sa retraite artistique à 80 ans cette année. Je lis énormément de romans de la maison d’édition Les escales car ils savent mettre en valeur les beaux textes bien écrits, qui transmettent des émotions à leurs lecteurs.
J’ai à la fois ri aux éclats et versé une petite larme à la lecture de ce roman autobiographique découpé en une trilogie. Il faut dire que Roland Perez est un homme fort attachant, doué d’une acuité particulière pour la psychologie et les relations.
Le résumé :
Le récit tendre et détonnant d’une enfance pas comme les autres, bercée par la voix de Sylvie Vartan. Un roman drôle et chaleureux sur la famille et sur la différence. A cinq ans, Roland ne marche toujours pas. Il vit dans un HLM du XIIIe arrondissement de Paris avec sa famille juive séfarade d’origine marocaine. Un appartement plein de vie d’où Roland ne peut sortir, si ce n’est dans les bras de sa mère.
La religion et la culture juives tiennent dans sa vie une place primordiale. Très croyante et surprotectrice, elle le garde à l’écart du monde extérieur. L’appartement est devenu son territoire, d’où il observe avec fascination les va-et-vient de ses frères et sours et de leurs amis. Mais c’est en regardant la télévision qu’il découvre le monde. Il se passionne pour les émissions de variétés et pour Sylvie Vartan, » étoile parmi les étoiles « . Un jour, alors qu’il a six ans, un miracle se produit : il réussit enfin à marcher. Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est un roman tendre et loufoque, aux personnage drôles et attachants. Une histoire vraie, lumineuse et pleine d’espoir.
» Dieu ne pouvait être partout, alors il a crée les mères » Proverbe juif
Ce film ne vous laissera pas insensible. On rit et on pleure grâce à cette maman haute en couleurs jouée avec brio par Leïla Bekhti. C’est également l’un des plus beaux rôles de Jonathan Cohen, qui est le narrateur de sa propre histoire.
J’ai préféré le roman même si le film est réussi. Dans le roman, Roland Perez détaille très bien toute la fantaisie et les excès de sa mère. La première partie du film qui raconte l’enfance de Roland Perez dans les années 1960 est très rythmée par une bande originale de qualité. Mais cela se fait aussi au détriment de l’émotion. Esther fait la surprise à ses autres enfants quand le petit dernier se met à marcher à huit ans. La musique est tonitruante et alors on perd l’émotion qui culmine dans cette scène.
Mais par contre, la scène où tous les membres de la famille Perez chantonnent dans leur coin La Maritza, c’est une belle réussite. Mention spéciale au grand frère qui fume dans son bain. Cette chanson est universelle, elle parle d’un fleuve bulgare, les racines de Sylvie en exil, et pourtant elle va comme un gant à cette famille séfarade.
Copyright Marie-Camille Orlando – 2024 Gaumont – Egérie Productions – 9492-2663 Québec Inc. (filiale de Christal Films Productions Inc.) – Amazon MGM Studios
Leïla Bekhti a aimé ce rôle car on lui offrait de jouer une conviction. C’est une mère qui veut le meilleur pour son enfant quitte à l’étouffer un peu même quand il a la trentaine. Elle sera même médaillée pour son dévouement par Jacques Chirac à l’Hôtel de ville de Paris.
C’est aussi un film qui parle de la foi chevillée au corps qui se concrétise avec ces miracles car le jeune Roland n’a pas seulement été guéri de son pied bot, il deviendra aussi l’avocat des célébrités comme Sylvie Vartan.
Je vous laisse découvrir la superbe chronique de Jean-Luc Gadreau, critique de cinéma et pasteur à propos de ce film beaucoup plus profond sur la spiritualité qu’il n’y parait.
Le mois dernier, j’ai visité l’exposition Epiphanies au collège des Bernardins avec mes parents de passage à Paris. Ainsi, j’ai découvert le travail magistral d’Augustin Frison-Roche. L’exposition suivante est toute aussi passionnante et superbe : quinze tapis et tapisseries inspirées par l’oeuvre de Tolkien.
La programmation 2025 du collège des Bernardins en fait un lieu culturel incontournable à Paris. Et surtout l’entrée est gratuite !
Il y a cinq ans pendant le confinement de 2020, j’ai découvert dans un magazine de décoration, une de ces tapisseries d’Aubusson.
J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette oeuvre car elle raconte un moment phare du film Le hobbit : quand les nains fuient une rivière dans des tonneaux. J’en ai fait un collage avec une caravane tellement cet univers et ses couleurs m’ont plu.
Je précise que je ne connais rien de rien à la trilogie du Seigneur des anneaux. Je ne suis pas une grande fan des films fantastiques mais je ne sais pas pourquoi j’ai eu un vrai coup de coeur pour Le hobbit.
J’aime énormément sa petite maison qui ressemble à un tumulus. En Bulgarie, nous nous rendons chaque année dans un endroit génial : le golden park à Lukovit avec des habitations en bois et en pierre inspirées par le roman. Mille mercis à mon beau-frère Alexandre d’avoir découvert le lieu !
Cette année, c’est l’anniversaire des 70 ans de la parution du Seigneur des anneaux. Le hobbit a conquit plus de cent millions de lecteurs à travers le monde. Sa popularité a pris un vrai virage quand la suite Le Seigneur des anneaux a été publiée en 1954.
J’aime bien offrir comme cadeau de Secret santa une édition collector du roman édité par Le livre de poche. C’est un bel objet à conserver dans sa bibliothèque.
J’aime particulièrement l’univers de Tolkien car il reflète aussi une époque : l’Angleterre des années 1920 à 1940 avec ses manuscrits tapés à la machine à écrire à Oxford, ses propres aquarelles de la Terre du milieu. Il a écrit de nombreuses lettres du Père Noël pour divertir ses enfants.
Cela me fait penser à Jean et Cécile de Brunhoff, leurs contemporains français qui ont aussi écrit et illustré Babar pour leurs enfants.
C’est l’exposition phare de ce printemps. Elle célèbre le savoir-faire de la cité internationale de la tapisserie qui a su valoriser ce fonds iconographique inestimable. Comme le détaille Stéphane Jarno de Téléramadans son article La tapisserie du « Milieu » : les tapisseries d’Aubusson sont le fruit d’une écriture textile, ses techniques font vibrer les couleurs, suggèrent le mouvement, feignent le relief…
C’est l’exposition idéale à montrer aux enfants à partir de huit ans pour leur faire découvrir une oeuvre littéraire fantastique. Elle repose sur un univers indémodable pour des générations de lecteurs.
Vous pouvez retrouver ici toutes les informations pratiques pour visiter cette belle exposition à ne pas manquer ce printemps !
Comme son nom l’indique, Le bal littéraire des sardines se spécialise dans un domaine bien précis des métiers du livre : les succès éditoriaux qui deviennent patrimoniaux pour des générations de lecteurs.
Quand j’étais enfant, j’aimais beaucoup lire les albums de Natacha parce que c’était rare une femme comme héroïne de BD et le métier d’hôtesse de l’air était sacrément romanesque. Je trouvais ces BD grâce au fameux bibliobus de l’Ardèche qui alimentait la simple étagère qui servait de bibliothèque municipale dans le village où je passais mes vacances.
Natacha, Walter et l’équipage de l’avion égayait mes journées d’été pluvieuses quand le brouillard jouait les trouble-fête en août sur le plateau ardéchois.
Natacha est une série d’albums BD franco-belge crée par Gos et Walthéry et publiée par les éditions Dupuis. François Walthéry est aussi le dessinateur de Benoit Brisefer, Johan et Pirlouit, Les Schtroumpfs… Une vingtaine d’albums de BD ont été publiés en 1970 et 1998. J’ai bien envie de lire le dernier album de Natacha : L’épervier bleu, paru en 2018 pour me confrontrer à mes souvenirs de lecture.
En avril prochain, Natacha va partir à la conquête du cinéma sous les traits de Camille Lou et de Vincent Dedienne qui jouera Walter. Le film s’est inspiré d’un album : Natacha et Monna Lisa. Il se moque un peu du métier d’hôtesse de l’air de l’héroïne.
« Distribuer des Cocas à des gens qui ont les chevilles gonflées c’est ça votre rêve ? »
Une fresque street art en l’honneur de Natacha et Walter a été inaugurée à Bruxelles en 2009, signe que cette série BD fait partie du patrimoine national au même titre que Tintin, Gaston Lagaffe ou encore Martine.
En janvier puis février, j’étais vraiment ravie car j’ai pu lire plein de livres et aller plusieurs fois au cinéma, retrouver des séries sur Netflix. Je me rends compte que lire dans l’après-midi pépouze dans mon lit pendant que ma fille regarde ses dessins animés est une sacrée bonne détente. Surtout quand le soleil est au rendez- vous dans mon appartement.
Voici un petit résumé de tout ce que j’ai vu ou lu en janvier et février :
Un parfait inconnu de James Mangold avec Timothy Chalamet, Elle Fanning…
Je ne connaissais pas du tout les chansons de Bob Dylan mais j’avais adoré l’histoire de Johnny Cash dans Walk the line que je ne connaissais pas non plus.
Johnny Cash était un chanteur de country. Bob Dylan a révolutionné la musique folk ainsi que Joan Baez. J’ai aimé suivre leur carrière à Greenwich village, ce quartier bohème de New York dans les années 1960. Ils parcouraient ensemble les festivals de musique folk comme Newport ou Monterey en Californie. Superbe prestation de notre cher Timmy Chalamet.
J’aime énormément les biopics de chanteurs : Monsieur Aznavour, Aline… car je trouve qu’ils savent montrer grâce à la magie du cinéma le moment de grâce quand une chanson marque un tournant dans la carrière d’un artiste car elle a touché au bon moment le public.
C’est d’ailleurs le cas de La Maritza, cette chanson mythique de Sylvie Vartan, amie de Bob Dylan dans les années 1960. A quand un biopic consacré à Sylvie ?
Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Roland Perez, éditions Les escales.
J’ai vraiment adoré ce petit roman qui se lit très vite. J’ai ri à gorge déployée avec Esther, la mère du narrateur qui est la véritable héroïne de cette histoire. Elle est souvent drôle malgré elle, elle ne doute de rien et sait mettre tout le monde dans sa poche en préparant des cigares au miel pour amadouer une assistante sociale et parvenir à ses fins.
C’est un superbe roman qui se déroule dans une famille juive séfarade avec sept enfants entassés dans un HLM parisien dans les années 1960. Le petit garçon qui a un pied bot trompe l’ennui de ne pas pouvoir aller à l’école en rêvant grâce aux chansons de Sylvie Vartan. J’ai embrayé avec Bonne fête des mères Papa qui cloture cette trilogie autobiographique. Esther y est toujours aussi époustouflante. Ce sont deux très beaux romans sur l’amour inconditionnel mais un peu encombrant d’une mère.
Série Frotter frotter avec Eye Haïdara, Emilie Caen, Karole Rocher, France 2, mini-série de quatre épisodes.
C’est une belle réussite du service public : France 2 d’avoir adapté cette histoire vraie : la grève illimitée de femmes de ménage d’un hôtel en une série humaniste très réussie. Toutes jouent très justement : les actrices connues comme les plus anonymes.
Eye Haïdara et Emilie Caen forment un duo efficace pour montrer cette aventure humaine exceptionnelle. Frotter frotter montre que les femmes de toutes conditions doivent encore se bagarrer pour que l’égalité soient respectées dans tous les métiers. Cela me rappelle la chouette chanson de Stromae, Santé sur les personnes qui ont des métiers un peu méprisés par les puissants.
Rosa, Rosa. Quand on fout le bordel, tu nettoies Et toi, Albert. Quand on trinque, tu ramasses les verres Céline (céli) ‘bataire (‘bataire). Toi, tu t’prends des vestes au vestiaire Arlette, arrête. Toi, la fête tu la passes aux toilettes
Stromae, Santé, 2022
Le comte de Monte Cristo avec Pierre Niney, Anais Demoustier, Bastien Bouillon.
Ce film historique dont on connaît tous un peu l’histoire même si on n’a pas lu le roman d’Alexandre Dumas ( comme moi) est un vrai chef d’œuvre. Il dure trois heures mais nous n’avons pas vu le temps passe tant le suspens de l’intrigue a été maintenu du début à la fin. On se prend rapidement d’affection pour le jeune Edmond Dantès. Les scènes de son évasion du Château d’If puis la découverte du trésor de l’abbé Faria sont de superbes moments de cinéma. Dommage que le film n’ait pas été mieux récompensé lors des derniers Césars.
Deux livres pour faire triompher l’espoir malgré l’horreur.
Les filles de Birkenau avec Esther Senot, Ginette Kolinka, Isabelle Choko, Judith Elan-Hervé, éditions Les escales.
J’ai beaucoup aimé ce livre avec une couverture qui montre trois rescapées des camps de la mort dans un jardin bucolique en région parisienne. C’est un livre de dialogue sur leur enfance, leur arrestation, leur quotidien en déportation et leur libération, agrémenté d’albums de photographies. J’ai offert ce livre à mon amie qui a été longtemps médiatrice culturelle dans un musée important pour le devoir de mémoire.
Soeurs de douleur écrit par Samuel Lieven avec Roselyne Hamel et Nassera Kermiche, XO éditions.
J’appréhendais la lecture de ce livre car c’est angoissant de lire la détresse de deux femmes endeuillées au plus profond de leur âme. C’est un livre où l’amour et le pardon gagnent sur le fanatisme. Roselyne Hamel, la sœur de Jacques Hamel, le prêtre qui a été égorgé dans son église par deux jeunes terroristes a souhaité rencontré la femme qui été aussi malheureuse qu’elle : la mère de l’un des terroristes.
Je vous recommande ce livre qui est une leçon de vie sur le pardon. J’ai beaucoup aimé les biographies croisées de ces deux femmes, deux Françaises qui viennent de deux milieux différents et qui vont devenir amies face à l’horreur et le deuil.
Se réfugier dans la richesse des relations familiales : L’attachement, ce si beau film.
En janvier, j’ai beaucoup regardé les interviews d’Anna Roy lors de la sortie de son témoignage Enorme. Elle y raconte son arrêt forcé du sucre qui l’avait surchargée de soixante kilos. J’aime énormément cette sage-femme qui intervient dans La maison des Maternelles. Elle a une voix très douce et une manière vraiment gentille d’apaiser les peurs et les doutes des futures mamans avec ses conseils d’une grande sensibilité.
J’ai beaucoup été touchée par son témoignage et sa vision de son métier de sage-femme. Il y a un superbe film : L’attachement que je n’ai pas eu le temps de voir. Je le garde précieusement dans ma pile à films.
Les rencontres du papotin avec Omar Sy sur France 2
Je ne regarde pas chaque samedi les rencontres du Papotin car il faut vraiment que je sois une fan de l’invité. J’ai beaucoup aimé ces trente minutes d’échange toujours en sincérité et en simplicité entre une personnalité et une trentaine de journalistes porteurs d’handicap mental ou physique. Omar rigolait tout le long avec son rire si contagieux mais il s’est aussi livré avec franchise. C’est toujours un bon moment cette émission, personne ne s’embarrasse avec des faux-semblants.
Un dimanche à la campagne, présenté par Frédéric Lopez avec Manu Payet, Pauline Deroulède et Lara Fabian, France 2.
J’ai beaucoup aimé cette émission en particulier tout comme j’avais aimé la rencontre avec Virginie Grimaldi, Kendji Girac et Dany Boon cet hiver. Manu Payet a raconté à quel point ses parents étaient sacrément sévères avec lui. Il a passé quatre ans dans un pensionnat en Afrique du Sud où il a trouvé sa vocation d’humoriste.
Lara Fabian a vendu plus de 20 millions d’albums dans le monde entier mais elle a beaucoup galéré avant le succès en enchainant les petits boulots pour lutter contre la précarité. Même quand elle est devenue connue, elle a souffert de la moquerie récurrente des Guignols de l’info qui avaient créer une marionnette hurleuse à son effigie.
Et enfin, j’ai découvert Pauline Déroulède, athlète paralympique. A l’âge de 27 ans, elle a été amputée d’une jambe à cause d’un accident. Elle raconte avec beaucoup d’émotion sa rencontre avec la personne âgée responsable de son accident. Elle milite depuis 2019 pour la fin du permis à vie.
Dimanche, j’ai vu des Parisiens qui lézardaient sur les quais de Seine avec un bon livre. J’ai réalisé que c’était une sacré bonne idée de détente à expérimenter ce printemps. J’ai envie de lire sur une chaise transat du jardin du Luxembourg ou des Tuileries au bord d’une fontaine avec un excellent roman…
Vendredi dernier, c’était la cérémonie des Césars. Interminable comme d’habitude mais avec de beaux moments forts. Je la commente chaque année dans ce blog parce que j’aime ce petit cérémonial de février depuis que je suis au lycée.
J’allume la télévision une trentaine de minutes avant la cérémonie pour voir leur arrivée sur le tapis rouge, je me pâme d’admiration devant les belles robes ou je déplore le manque de style. Bref, je kiffe mon moment.
Jean-Pascal Zadi, un maître de cérémonie désarmant de sincérité
Jean-Pascal Zadi ne s’est pas foulé avec sa fanfare qui joue un air d’Astérix et Obélix mission Cléopâtre devant Julia Roberts à l’Olympia. Mais c’est peut -être cela qui fait son charme. Il est désarmant de sincérité, vanneur mais surtout authentique : « Le plus important c’est de partager des émotions avec le public »
« Le cinéma m’a sauvé la vie, il m’a fait changer de condition, j’espère que ma présence ce soir pourra donner de l’espoir à tous ceux qui se disent que le cinéma ce n’est pas pour eux « .
Il est le second acteur noir à remporter le césar du meilleur acteur après Omar Sy. J’ai aimé son rôle de maître de cérémonie car il est conscient, même reconnaissant de la manière dont le cinéma a changé sa condition : « Niveau BTS, quelle réussite » .
Le discours d’ Abou Sangare récompensé pour son rôle dans L’histoire de Souleymane, a été l’un des plus beaux moments de la cérémonie. C’est un jeune homme de 23 ans qui vient de Guinée par l’un des chemins les plus dangereux qu’il soit. Il travaille dans un garage à Amiens et il vient de recevoir un titre de séjour d’un an. Il a livré à l’Olympia un vibrant discours qui célèbre la magie du cinéma quand l’espoir est rare quand on vit dans la précarité et la clandestinité.
Le César du meilleur espoir féminin a été attribué à Maïwène Barthélémy, pour son rôle d’agricultrice dans Vingt dieux. Comme Abou Sangare, elle débute totalement au cinéma car elle étudie dans un lycée agricole. Ce beau film qui se déroule dans le Jura a été récompensé du César du meilleur premier film. Il raconte un jeune un peu désœuvré qui se décide à participer à un concours agricole suite à la mort de son père.
Le bémol qui me vient à l’esprit : parfois les remettants de César ou les nommés sont vraiment pas bons dans l’exercice des remerciements ou de la remise des prix. Pio Marmaï et Raphaël Quenard ont été particulièrement lourdeaux alors qu’ils sont brillants dans le film L’attachement de Carine Tardieu.
Bouli Lanners et Alice Belaïdi mériteraient le César des meilleurs remettants car ils ont été à la fois tout en drolerie et en sobriété. C’est également Alice qui avait la plus belle robe de la cérémonie. Franck Dubosc s’est aussi particulièrement illustré avec la remise exceptionnelle du César de celui qui n’a jamais reçu de César (on dirait un titre d’épisode de Friends).
Un sketch hilarant qui se moque avec beaucoup de talent de l’Académie des Césars qui boude chaque année les comédies et leurs réalisateurs au profit de films plus intellectuels. Franck Dubosc est un acteur et réalisateur vraiment doué notamment dans la comédie Tout le monde debout. C’est un humoriste reconnu mais il a su varier les genres en devenant réalisateur et aussi en démontrant qu’il a aussi des talents d’acteur dramatique.
« J’ai aussi fait des comédies qui n’étaient pas drôles « .
Julia Roberts a été très bon public toute la soirée à rire et à sourire aux blagues bien françaises. Chapeau à Julia et son charme naturel, la girl’s next door que l’on aime tant depuis quarante ans de carrière. Coup de foudre à Nothing Hill, Le sourire de Mona Lisa, Erin Brokovitch, Pretty woman ce sont des films marquants des années 1990-2000.
La dernière heure des Césars est bien évidemment la plus intéressante selon moi car elle couronne les catégories meilleurs acteur, actrice, réalisateur et film.
Le discours de Karim Leklou, récompensé pour son rôle de Aymeric dans Le roman de Jim était un des moments forts de la cérémonie. Il y joue un homme qui prend soin dès sa grossesse d’une femme qu’il va aimer et chérir tout au long de l’enfance de cet enfant qui n’est pas le sien. Et un jour, son père biologique va ressurgir…
Karim Leklou est un acteur emblématique du cinéma français actuel : il jouait aussi un second rôle dans L’amour ouf ou la série Hippocrate. Il a eu l’élégance de saluer ses partenaires d’une autre équipe mais aussi ses concurrents au prix dont son ami Tahar Rahim, magistral cette année dans Monsieur Aznavour.
« Je dédie ce César à tous les gentils« . Ce genre de déclaration, nous y sommes tous très sensibles actuellement. Elle est tellement nécessaire dans cette société où on valorise de moins en moins la loi du plus fort (il était temps) mais où ceux qui forcent la main aux autres sont encore puissants.
J’ai aussi bien aimé le discours d’Hafsia Herzi, sacrée meilleure actrice cette année. Elle avait déjà reçu le césar du meilleur espoir féminin il y a douze ans pour le film La graine et le mulet. Depuis, elle est devenue réalisatrice et elle a tourné une quarantaine de films depuis.
Le cinéma français a de gros défauts mais il faut reconnaître aussi qu’il est un formidable ascenseur social pour les jeunes issus de l’immigration : Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, Tahar Rahim, Jean-Pascal Zadi, Roschdy Zem… Et leurs discours de remerciements nous redonnent de l’espoir tout de même.
En février, deux ambassadeurs de la culture anglaise : Paddington et Bridget Jones effectuent un retour gagnant dans les salles de cinéma. Je ne comprends pas bien pourquoi le premier ministre de Love actually (interprété par Hugh Grant) n’a pas parlé d’eux dans son célèbre discours vantant les personnages illustres de la culture anglaise : William Shakespeare, Harry Potter, David Beckham….
En toute franchise, j’ai découvert l’ours Paddington à travers une vidéo humoristique avec la reine Elisabeth II herself pour lancer son jubilé en 2022. Puis, nous avons regardé les deux films sur Netflix avec ma fille et c’était un excellent moment de cinéma ensemble.
J’ai découvert à travers le brillant article du Courrier international : Paddington, une mascotte so british que ce petit ours d’origine péruvienne est un véritable ambassadeur de la culture anglaise.
On le retrouve sur des carnets de timbres, des pièces de monnaie, des statues dans tout le pays le représentent. La famille anglaise l’a prénommé ainsi à cause du nom d’une station de métro de Londres où elle l’a recueilli.
Paddington est né de l’imagination de Michael Bond, cameraman de de la BBC. A la veille de Noël en 1956, il a découvert cet ours en peluche dans une vitrine de magasin et il lui a inventé des origines péruviennes. Une série de 29 livres a vu le jour depuis bientôt 70 ans mais aussi trois films en prises de vue réelles dont le dernier opus est sorti en salles le 5 février dernier.
Plus de 27 millions d’ours en peluches à son effigie se sont vendus à travers le monde. C’est d’ailleurs, le cadeau offert à ceux qui ont construit le tunnel sous la Manche à la fin des années 1980.
L’auteur Michael Bond a mis beaucoup de lui-même dans ce personnage si attachant : le vieux chapeau et le duffle coat bleu sont des vêtements de son enfance, il a transmis à ce jeune ours son sens de la gentillesse, ses valeurs morales et sa gourmandise comme l’indiquait sa fille dans l’article du Courrier international.
Dans ce blog, j’aime bien analyser les success-story de l’édition mondiale comme Babar, Martine, Tintin, Gaston Lagaffe… Paddington me fait beaucoup penser à l’univers très londonien de Mary Poppins ou de Peter Pan. Londres a fait rêver de nombreux enfants à travers sa littérature jeunesse…
Paddington et Bridget Jones ont pour de nombreux points communs : ils vivent à Londres et sont de formidables ambassadeurs de la ville. Ils sont gaffeurs mais sacrément attachants. La nostalgie est un excellent levier pour encourager les spectateurs à aller dans les salles obscures découvrir un énième film quand on aime de manière inconditionnelle le personnage.
Retour gagnant pour Bridget Jones ?
Le 4eme opus de Bridget Jones : Folle de lui est plus profond que les trois films précédents. La thématique principale est le deuil du père de famille : Mark Darcy. Bridget Jones est une mère de cinquante-deux ans qui n’a pas repris son travail de productrice de télévision car elle est débordée par son quotidien.
Elle est aussi sacrément engluée dans son chagrin dans un fameux pyjama (bien connu dans les deux premiers films). Sa gynécologue (la brillante Emma Thompson) va l’enjoindre sans ménagements à abandonner sa léthargie.
J’ai bien aimé que Bridget Jones devienne plus mature (c’était déjà amorcé dans le 3eme film quand elle attend un bébé) et qu’elle ose enfin mettre un stop à un relation sans avenir sans se ridiculiser. Ses échanges avec le professeur d’école de son film sont profonds et on se laisse convaincre qu’il pourrait remplacer l’irremplaçable Mark Darcy.
25 ans plus tard, Bridget Jones n’est toujours pas une retraitée de l’amour
Mais en toute honnêteté, j’ai trouvé ce 4eme opus vraiment trop sérieux mais si j’ai ri à quelques reprises avec mon amie Alix à gorge déployée, d’un rire gras et bête qui défoule beaucoup dans cette actualité pesante. Je suis nostalgique de cet humour des années 2000 avec cette culotte gainante mythique, les bagarres grotesques de Darcy et Clever.
Bridget Jones, folle de lui reprend également les codes d’Orgueil et préjugés comme les précédents films qui ont fait son succès. Heureusement que Daniel Clever est revenu vivant d’Amazonie car il nous régale avec ses bêtises graveleuses : « Là où il est tombé, la forêt est un peu moins vierge » Bridget Jones’s baby.
Richard Curtis, le réalisateur du Journal de Bridget Jones , Love Actually ou encore Coup de foudre à Nothing Hill est un peu décrié pour ses blagues dignes des années 2000 sur le poids ou encore des relations hommes/femmes un peu trop sexistes à la lumière de 2025.
Mais qui depuis peut se vanter d’avoir fait des comédies romantiques aussi réussies. Moi ce que j’aime particulièrement avec Bridget Jones, c’est que c’est une fille des classes populaires qui se moquent des snobs dont elle rejoint le rang à l’aube de ses cinquante ans.
Elle a quitté son mythique appartement près deBorough Marketpour rejoindre une banlieue plus huppée.
D’ailleurs, les institutions ne s’y sont pas trompées puisque le site touristique Great Britain diffusait avant la projection de Bridget Jones, un spot promotionnel pour montrer à quel point le pays inspirait les films et séries comme lieu de tournage.
Mes précédents articles sur la culture anglaise dans les films, les séries, les romans…
Epiphanies, c’est l’exposition phare de ce début d’année 2025. J’en ai même entendu parler sur Instagram par des créateurs de contenus spécialisés Paris, pas forcément croyants. Nul besoin d’avoir suivi le catéchisme pour être touchés par la beauté de cette Bonne nouvelle. Epiphanies au pluriel signifient apparitions et révélations, c’est un mot d’origine grecque.
L’exposition se déroule majoritairement dans l’ancienne sacristie du collège des Bernardins. Elle réunit dix-sept toiles de différents formats.
L’exposition se compose de différentes séries picturales : La forêt était devenue une immense basilique. Puis l’auteur est accueilli par une étoile. C’est cette étoile qui mène le spectateur vers l’oeuvre monumentale : l’adoration des mages, le point culminant de cette exposition après avoir découvert les séries : Les sept jours de la création, Esprit et les noces de Cana.
Je me suis littéralement pâmée d’admiration devant ce quadriptyque gigantesque qui représente une adoration des mages éblouissante.
C’est une iconographie biblique à la fois moderne et ancestrale. Le génie de l’artiste c’est d’avoir su combiner une composition audacieuse : la superposition de différents plans avec des techniques de peinture et de sculpture multiples.
Il utilise les encres mais aussi la peinture acrylique et la peinture à l’huile pour créer une sorte de glacis. Cela apporte de la profondeur à ses oeuvres grâce aussi à l’usage de la feuille d’or.
Cette exposition est contenue dans une petite salle mais elle est monumentale par l’intensité picturale et la charge symbolique que portent ces dix-sept tableaux. Elle est le fruit d’un long travail de deux ans de résidence artistique au collège des Bernardins. La force de cette exposition est que les tableaux forment une composition tout à fait audacieuse avec le lieu : les colonnes gothiques du collège des Bernardins, joyau de l’architecture cistercienne.
Le comptoir de librairie est celui deLa procure, libraires depuis 1898. Le catalogue d’exposition était en rupture de stock (3eme réimpression de son éditeur Klincksieck) mais j’ai pu acheter une superbe affiche de petite taille au prix de 4.80€. Cela m’a donné envie de découvrir son oeuvre à travers une monographie qui date de 2022.
Je vous invite à suivre tout le making-of de l’exposition sur Instagram : la visite de l’atelier de l’artiste dans le Lot et Garonne, les techniques artistiques qu’il emploie…
Epiphanies, Augustin Frison-Roche, du 9 janvier au 26 février, rue de Poissy, 75005 Paris, entrée libre de 10 heures à 18 heures.
Retrouvez les précédents articles du blog consacrés à la foi en Jésus ici !