
J’ai découvert ce court-métrage savoureux et déroutant : Au bain des dames lors de la cérémonie des César qui a récompensé sa cinéaste marseillaise Margaux Fournier. Le titre m’a tout de suite intéressée parce que c’est un court-métrage sociologique sur un des loisirs que j’affectionne le plus : la plage ! .

Au bain des dames montre qu’à Marseille, la plage c’est plus qu’un loisir, c’est un mode de vie pour certaines retraitées délurées.
Il se trouve que pendant les vacances de Noël, nous avions fait un superbe road-trip à Marseille en famille. Je t’invite à le lire ici si tu avais manqué ça !
J’avais fait une carte des anses de Marseille le long de la corniche Kennedy. Mais je découvre cette plage du Bain des dames qui se trouve après la Pointe rouge en direction des Goudes (une navette maritime nous y emmènera lors d’un prochain voyage à Marseille).
Le résumé :
Tous les jours, Joëlle rejoint ses amies retraitées sur la plage du Bain des Dames, à Marseille. Comme dans un théâtre à ciel ouvert, elles rient, parlent d’amour, de sexe, de corps qui changent, et refont le monde avec la liberté de celles qui n’ont plus rien à prouver.
Mon avis :
J’ai trouvé ce court-métrage sacrément déroutant. Ces septuagénaires ont une vie très différente d’autres retraités de France : ils profitent chaque minute de la mer et de la plage. Leurs corps sont sacrément bronzés: est-ce bien esthétique une exposition aussi extrême au soleil ?.
Sur une des affiches de film, Joëlle, une des retraitées du Bain des dames porte ces mini-lunettes anti-UV comme cette dame anglaise photographiée comme Martin Parr à l’honneur au musée du Jeu de Paume actuellement. Cet accessoire est vraiment représentatif d’un bronzage à un stade intensif.
« Internet, c’est pas pour les vieilles comme nous »
Le corps, la séduction à tout âge, sont au centre des discussions au Bain des dames. Les rires fusent dans le petit groupe d’amies, à un moment l’une d’elles emballe un homme de son âge sur l’une des terrasses qui surplombe la plage et elles rient comme des adolescentes. Puis l’instant se fait plus grave avec cette Joëlle si solaire qui raconte l’enfer que lui a fait vivre son mari cogneur et jaloux.


Ce film m’a permis de découvrir Margaux Fournier, une jeune cinéaste de 28 ans qui a puisé son inspiration dans sa ville natale : Marseille après une année sabbatique ponctuée de petits boulots éloignés du cinéma. J’ai bien aimé son discours aux César rappelant que le fameux sculpteur du Nouveau réalisme qui a réalisé ces prix compressés en or vient de Marseille.
Margaux Fournier a répondu à une interview de Vanity fair qui résume au mieux son court-métrage. Ce documentaire montre un autre visage de la vieillesse beaucoup plus déroutant de l’image d’Epinal de la Mamie gâteaux avec les bas de contention.
Ce sujet m’avait déjà inspiré un article dans le blog après avoir vu le documentaire : La révolte des vieux. Les réseaux sociaux ont bien des défauts mais ils ont eu le mérite de mettre en avant les seniors : Valérian et ses grands-parents Claude et Josette, Studio Danielle… quand le cinéma et la télévision ont tendance à les mettre au placard.
En toute franchise, j’ai eu du mal à m’attacher à ce groupe de copines très gouailleuses car je ne comprends pas cette obsession du regard des autres quand Joëlle et ses amies parlent de chirurgie esthétique pour un nez, des paupières… Mais quand Joëlle creuse un peu son histoire personnelle avec la réalisatrice, on comprend les ressorts psychologiques qui se cachent derrières les caricatures.
Dans cet article, je vais m’abstenir de qualifier Marseille, cette ville hybride aux 111 villages. Mais je trouve que la scène finale du documentaire est à son image. Joëlle alpague les jeunes qui fréquentent aussi la plage vers les cabanons. On se demande même si ce n’est pas eux qui ont taggué Soutif obligatoire les vieilles sur le mur.

Ils écoutent Jul et cela lui déplait : elle réclame L’envie de Johnny Hallyday sans ménagement. Ils vont se mettre à brailler tous ensemble. C’est un moment de communion intergénérationnelle assez cocasse qui pourtant démarrait mal…
Cette scène finale est un joli pied de nez à une proposition de campagne sidérante. Celle d’un candidat RN aux municipales à Marseille : restreindre l’accès à la plage des Catalans aux familles et aux seniors en privant l’accès aux jeunes sans enfants certaines heures de la journée.
























































