
Fin juin 2026, de nombreux spectateurs sont venus s’abriter de la canicule dans les salles de cinéma climatisées et obscures avant même la fête du cinéma.
La remontada inattendue du nombre d’entrées de La bataille de Gaulle.
Ces mauvaises conditions météo ont boosté le nombre d’entrées du film La bataille de Gaulle : l’âge de fer puis J’écrirai ton nom, une fresque historique en deux épisodes, réalisée par Antonin Baudry.
Voir ce film historique m’a fait beaucoup de bien car il exprime une sorte de fierté nationale dont nous avons bien besoin actuellement. Je n’ai pas voulu voir le film Les rayons et les ombres où Jean Dujardin incarne un journaliste collabo Jean Luchaire.
Redécouvrir la seconde guerre mondiale alors que j’avais de bonnes connaissances historiques.
Depuis toujours, l’Histoire est la matière dans laquelle j’ai brillé tout au long de ma scolarité grâce à de brillants professeurs qui m’ont donné confiance en moi alors que je n’en ramais pas une dans les autres matières. Mon frère était aussi sensibilisé à cette matière puisqu’il a été de nombreuses fois lauréat du concours de la Résistance. Je suis persuadée que l’influence de nos grands-parents Jean et Annette qui étaient de fervents gaullistes, a été marquante.
Ils nous ont emmené faire mémoire au mémorial de La Chapelle en Vercors, mon grand-père avait des tomes et des tomes de livres d’Histoire sur le général de Gaulle qui venait du Nord comme lui et qui avait étudié dans le même lycée parisien que lui.
J’ai beaucoup aimé ce film parce que j’ai bien compris pourquoi mes grands-parents admiraient autant Charles de Gaulle : il a une forme de constance et d’intégrité hors du commun, toujours droit dans ses bottes quelques soient les circonstances. C’est un personnage à part dans l’Histoire de France.
Le résumé :
Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
Mon avis :
Quand j’avais treize ans, j’ai regardé la mini-série en trois téléfilms La bicyclette bleue avec Laetitia Casta en 2000. Au Noël suivant, ma mère nous a offert les romans acheté chez France loisirs (RIP France Loisirs).
Ce roman historique très bien documenté raconte à la perfection le déroulé de la seconde guerre mondiale en France avec le départ des civils sur les routes de l’Exode (c’est l’histoire de ma propre famille), la mise en place de la collaboration sous le régime de Vichy, le rôle déterminant de l’amiral Darlan qui a considérablement compliqué la tâche de la France libre, les débarquements alliés en Afrique du Nord qui ont redonné du moral aux troupes et aux résistants de l’Hexagone…

Dernièrement, j’ai lu le précieux roman historique de Lauriane Bordenave, Donut girl qui explique toute la logistique de l’armée américaine qui préparait le débarquement de 1944 avec ses alliés anglais et français.
Ce roman raconte la génèse du formidable Chant des partisans composé par Anna Marly pour la musique, Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon pour les textes.
La bataille de Gaulle débute avec une chanson de Charles Trenet : Boum composée en 1938. On est saisi par l’intensité de la guerre dès les premières scènes du film. Lors de la bataille de Montcornet le 17 mai 1940, le général de Gaulle montre la pleine mesure de son caractère téméraire et déterminé en défiant un char allemand avec sa voiture. Malheureusement c’est la débâcle en France, la France du maréchal Pétain se déshonore à collaborer avec Hitler (le même qui a lu les livres du maréchal de Gaulle tout de même).
L’Angleterre est totalement catastrophée par la mise en place du régime de Vichy. Winston Churchill invite donc le général de Gaulle à Londres et l’autorise à lancer son appel du 18 juin 1940 à la BBC.
Churchill lui donne sa chance car il admire son panache de soldat, ils ont de nombreux points communs. Mais son cabinet souffle le chaud et le froid : L’Angleterre, cette grande île avec son empire colonial est vulnérable. Les Anglais attendent fébrilement le soutien des États Unis et le général de Gaulle vient jouer les perturbateurs : en fait c’est un fin stratège qui est capable de faire des choix cornéliens ou d’être stoïque sur ses positionnements. Charles de Gaulle va se confronter à la dureté de la diplomatie dans les salons feutrés de Londres.
Il ne parle pas anglais, à part son ordonnance de Courcel (l’oncle de Bernadette Chirac), il ne représente que lui. Les Français de Londres ne lui font pas de cadeaux car il a désobéi à Pétain ( il est même condamné à mort par contumace). Bref on le prend pour un guignol et pourtant il va persévérer avec droiture. J’ai été très touchée par la scène où il descend dans une cour et qu’il découvre une cinquantaine de pêcheurs bretons de l’île de Sein qui ont tous quitté leur île avec leurs bateaux pour venir le rejoindre. J’avais déjà entendu cette histoire édifiante qui concernait le père de Jane Birkin, un résistant anglais.
« N’oubliez jamais qu’ils (les Anglais) ont brûlé Jeanne d’Arc » De Gaulle répondant à sa femme durant son exil forcé dans une banlieue huppée de Londres.
Il y a eu deux ou trois films biographiques autour du général de Gaulle. Mais la force de ce nouveau long métrage totalement épique est d’avoir humanisé un monument national. Même quand on le ridiculise, je ne pouvais pas m’empêcher de l’admirer. Simon Abkarian l’incarne d’ailleurs avec brio. Je l’ai entendu raconter dans une interview que ses camarades de classe au Liban l’appelaient De Gaulle car il venait de France.
Désormais, Bir Hakeim ne sera plus jamais une simple station de métro pour moi.
J’ai tout de même un petit reproche à faire à ce film : la musique magistrale tout au long du film devient quand même excessive pour décrire les seize jours de la bataille de Bir-Hakeim, dans le désert de Lybie. Je suis persuadée que les scénaristes de ce superbe film historique se sont considérablement inspirée de la série The crown sur Netflix qui raconte en six saisons le règne d’Elisabeth II d’Angleterre.
La bataille De Gaulle: savoureux comme un maxi épisode de The crown
Cette série anglaise est magistrale et elle m’a aidée à comprendre les ressorts de la seconde guerre mondiale à travers le personnage incontournable de Winston Churchill, ce fin stratège autant décevant qu’attachant. La bataille de Gaulle explique bien l’influence de son cabinet dont celle émergeante d’Anthony Eden, son successeur au 10 Downing street. Eden devra lui aussi porter la responsabilité de nombreux soldats de ses troupes lors de la nationalisation du canal de Suez en 1956 par Nasser.


Charles de Gaulle a une histoire personnelle tellement romanesque qu’il aurait été judicieux de créer toute une série historique autour de lui. Chaque ville même minuscule compte une rue à son nom. Quand je suis rentrée chez moi après le film, mon bus municipal annonçait la station Général de Gaulle…
Je vous recommande la visite de sa maison natale, rue Princesse à Lille. C’est l’une des plus belles maisons bourgeoises avec une multitude d’objets que j’ai visité.


































































