
En janvier, j’ai eu la grande chance de rencontrer Maryse Burgot venue à la rédaction de La Vie pour une interview vidéo à l’occasion de la sortie de son autobiographie : Loin de chez moi, Grand reporter et fille de paysans qui vient de paraître en livre de poche.
Elle a eu la gentillesse de me dédicacer mon livre et j’ai pu échanger quelques instants avec elle. D’une voix un peu gagnée par l’émotion, j’ai eu l’occasion de lui dire qu’elle était une voix familière pour moi depuis mes treize ans quand je regardais le journal télévisé avec ma mère.
Je me souviens quand elle avait été otage sur l’île de Jolo en Indonésie, j’admire le courage dont elle avait fait preuve. La voir continuer son métier une fois libérée m’a encouragée sur le fait que les oppresseurs perdent toujours à un moment donné comme pour Ingrid Bettencourt.
Je pense que Maryse Burgot est une voix familière pour bon nombre de Français depuis plus de 30 ans et j’apprécie d’entendre sa voix pour nous témoigner de la situation politique en Ukraine actuellement.
Loin de chez moi, Grand reporter et fille de paysans, Maryse Burgot, prix de l’autobiographie, 312 pages, 9782253254034, 8,90 €
Récemment, j’ai vu passer sur les réseaux sociaux, ce reportage de France Info qui m’a émue tout particulièrement. Il s’agit du premier retour au pays (Haïti) de Jerry, un orphelin qui a été victime d’un tremblement de terre en 2010. Il était sérieusement blessé à la tête et il était en train d’agonir.
Maryse Burgot et son équipe ont participé à son sauvetage dans leur voiture de presse en lui donnant de l’eau avec une seringue. Seize ans plus tard, Maryse Burgot l’accompagne à la recherche de ses parents biologiques et de la directrice de l’orphelinat qui l’a recueilli. J’ai beaucoup aimé l’émotion et la pudeur de ce reportage car leurs caméras n’ont pas filmé cette rencontre tellement importante pour cette famille.
Le résumé :

« Sur une route du Donbass, nous venons d’essuyer un tir d’obus. C’est un miracle que nous soyons en vie. Nous roulons, pied au plancher, pour échapper à une nouvelle attaque. Mon téléphone sonne. Il est dans la poche de mon gilet pare-balles. Impossible de ne pas répondre. C’est l’un de mes fils. Je décroche. Il s’agit d’un problème de cuisson de riz. J’explique ma méthode. Je ne parle pas trop fort, j’ai peur que les membres de mon équipe me prennent pour une folle. Mais ce soir, le riz sera bon à la maison. »
Rien ne prédestinait Maryse Burgot, fille d’agriculteurs bretons, à sillonner le monde au péril de sa vie. Les directs et les reportages de cette évadée de son milieu d’origine sont, depuis les années 1990, des rendez-vous incontournables des téléspectateurs de France 2. Avec sa voix singulière et son approche de l’information, elle s’est définitivement installée dans nos salons le soir à 20 heures.
Des Balkans à l’Ukraine en passant par l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et le conflit israélo-palestinien, Maryse Burgot a couvert les plus grands conflits de notre époque. Correspondante de France Télévisions à Londres, puis à Washington, pour concilier ses aspirations familiales et professionnelles, Maryse Burgot montre aussi l’espoir qui résiste au coeur des catastrophes et nous fait vivre le grand reportage dans son versant le plus noble.
Mon avis :
C’est une autobiographie très bien écrite par une figure du journalisme de terrain sur une grande chaîne de télévision nationale. Le premier chapitre raconte sa détention comme otage. J’ai été admirative de son authenticité à aborder cet aspect très désagréable de son parcours.
Maryse Burgot n’avait pas bien envie d’en reparler mais elle l’a fait par honnêteté envers ses lecteurs. Puis les chapitres suivants vont nous emmener en Ukraine, à Haïti, en Syrie, en Irak, en Inde, aux Etats-Unis mais aussi au palais de l’Elysée sous la présidence de François Hollande.
C’est une autobiographie passionnante qui rend hommage à toute une profession et à ses journalistes disparus comme Gilles Jacquier par exemple. Mais c’est aussi un texte éprouvant qui raconte les dures réalités du quotidien en zone de guerre. Ce livre s’adresse à un public à partir de quinze ans.
Retrouvez ici l’interview de Maryse Burgot pour La Vie média, le journal où je travaille.



















































































