J’ai bien envie d’inaugurer dans ce blog un nouveau type de billet : une promenade dans un quartier de Paris à travers deux ou trois monuments emblématiques qui racontent son histoire.
J’ai vécu dans différents quartiers de Paris en fonction des chambres de bonne que je trouvais. C’est donc plus facile de décrire des quartiers dans lesquels j’ai vécu. J’ai habité de 2007 à 2011 dans le 8eme arrondissement, je prenais chaque matin le bus 72 qui longe les quais de Seine, le palais de Tokyo, le Trocadéro avec vue imprenable sur la Tour Eiffel.
J’ai voulu y retourner ce dimanche pour visiter l’exposition de photographies en noir et blanc de Lee Miller, une photographe américaine amoureuse de Paris depuis les années 1920. C’est la plus importante rétrospective depuis vingt ans, elle se déroule au musée d’art moderne, l’ancêtre du musée Pompidou.
Le palais de Tokyo, imposante architecture Art Déco.
J’ai toujours été captivée par le palais de Tokyo non loin du Trocadéro. Il comporte de nombreux points communs avec le palais de la Porte Dorée construit en 1931 : un plan de temple grec avec un immense péristyle, des bas-reliefs vertigineux réalisés par le même sculpteur Janniot. Le lieu est un très bel écrin architectural pour une exposition d’exception.
L’exposition Lee Miller, musée d’art moderne jusqu’au 2 août 2026.

C’est l’exposition photo dont tous les hebdomadaires (Les mille vies de Lee Miller, Stéphanie Gallet, journal La Vie) parlent en ce moment. On ne peut cantonner Lee Miller, mannequin américain née en 1907 à un rôle d’égérie, de muse surréaliste de Man Ray. Elle fut à la fois modèle et photographe dans le magazine de mode américain Vogue.
L’exposition est composée de neuf sections avec des tirages de moyen format des photographies de Lee Miller. Il y a un avertissement fait au public pour les clichés qui ont été pris au camp de concentration de Dachau pour la section bien nommée Il faut le croire.

Face à l’affluence record de cette exposition, j’aurai préféré parcourir un épais catalogue d’exposition de son œuvre car il était difficile d’observer les détails de ses photos parmi la foule présente le dimanche midi.
Elle me fait beaucoup penser à Marie-Claude Vaillant-Couturier qui travaillait avec son père Lucien Vogel pour le magazine Vu. Cette exposition donne bien envie de mieux connaître la vie de Lee Miller à travers une autobiographie et le biopic interprété par Kate Winslet. J’ai bien aimé que l’exposition parle des séquelles et des traumatismes ressentis par cette reporter de guerre hors-pair.
Musée d’art moderne de Paris, 11 Avenue du Président Wilson 75016 Paris, ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h30
Je vous invite à continuer votre balade du quartier avec le square du jardin du palais Galliera, le temple de la mode à Paris. Une scène du film Le diable s’habille en Prada a été tournée dans le musée. Un peu plus loin, à la station de métro Iéna, se trouve le musée Guimet, dédié aux arts asiatiques. Il faudra que j’aille tester son rooftop qui vient de ré ouvrir aux beaux jours.
Promenade parisienne : musées, Histoire et églises modernes.
J’ai voulu rejoindre les Champs-Elysées à pied par la rue de Chaillot. Tous les samedis matins quand j’étais étudiante, je me chargeais mes sept kilos de linge comme une malheureuse jusqu’à la laverie d’une rue adjacente, qui semble avoir disparu. La Poste, rue de Chaillot a même été remplacée ou réduite par une boutique de mode huppée.

Je me suis engouffrée par curiosité par une porte latérale de l’église Saint-Pierre de Chaillot. J’ai été époustouflée par les volumes extraordinaires de cette église construite entre 1931 et 1938.
L’ église Saint Pierre de Chaillot, classicisme et modernité du béton
C’est un lieu unique qui allie classicisme et modernité car le béton est largement employé dans cette structure très massive. L’église adopte un plan en croix grecque, propre à l’architecture byzantine mais elle comporte également des éléments de style roman, propres au Moyen-âge : un clocher haut de 65 mètres, une église haute et une crypte…
Je me félicite d’avoir fait une telle découverte, en osant pousser la porte de l’église. Les joies de la déambulation dans un quartier que je croyais connaître.
La façade monumentale de l’église donne sur l’avenue de Marceau par laquelle on peut rejoindre en dix minutes de marche les Champs-Elysées. C’est une avenue sans âme avec beaucoup de trafic où l’on n’a pas bien envie de s’attarder. Heureusement, le Publicis drugstore n’est pas bien loin !.



Le Publicis drugstore : le plus beau tabac-presse de Paris.

J’aime beaucoup ce magasin très conceptuel alors que je ne saurai pas bien définir ce qu’est un drugstore. C’est un magasin unique en France qui réunit une pharmacie, un débit de tabac-presse, un restaurant, un cinéma…
Le Publicis drugstore, c’est une vitrine de Paris et j’aime beaucoup y flâner sans forcément acheter quelque chose. Il faut dire que les prix sont très prohibitifs à l’image du quartier : le magasin est le plus proche voisin de l’Arc de Triomphe sur les Champs-Elysées.
« L’idée du drugstore faisait partie du trésor de concepts neufs que j’avais ramené de mon dernier voyage aux Etats-Unis. Il apporte aux parisiens un ensemble de services inédits : de la presse à la pharmacie ouverte jour et nuit, du restaurant à la librairie, de l’épicerie fine aux disques. C’est le lieu de rendez-vous des parisiens de tout âge et de toute condition.«
Maurice Bleustein-Blanchet, Mémoires d’un lion, 1989
De Lee Miller au Publicis drugstore, la boucle est bouclée : Vogue est partout même à Paris.
Dans un prochain article de blog, j’ai envie d’analyser pourquoi Le diable s’habille en Prada est un film iconique qui s’appuie sur la renommée historique et internationale du magazine Vogue.
D’autres idées de balades dans les quartiers de Paris :
– Sous le ciel de Paris : L’île Saint-Louis et le 4eme arrondissement
– Vincennes : le bois sacré en gaulois, haut lieu de la royauté française





























































































