
C’est l’une des expos évènement de ce début d’année : la rétrospective hommage à Martin Parr, décédé le 5 décembre 2025. Ce fut un photographe anglais, emblématique de l’agence Magnum. Né en 1953, il s’est fait photographe de la banalité, captant avec audace et humour la classe moyenne britannique sous l’ère de Margaret Thatcher dans les années 1980.
Cette rétrospective au musée du jeu de Paume à Paris intitulée Global warning réunit 180 clichés de son catalogue photographique. Malheureusement, je n’imprime plus face à son travail et je vous l’explique en trois bonnes raisons :
Martin Parr est sans doute l’un des photographes les plus connus au monde au 21eme siècle. A force de photographier la mondialisation touristique, elle l’a rattrapée.
Photographier le tourisme de masse que l’on subit de plus en plus, n’est plus esthétique, c’est devenu anxiogène pour moi. Je considère la photographie comme un art qui permet de s’élever vers la beauté, s’évader grâce à de beaux paysages, un cadrage harmonieux.
Les couleurs criardes des univers artificiels que Martin Parr photographie me font désormais fuir en courant. Je reconnais que ses photographies étaient une référence pour dénoncer le surtourisme dans mes manuels d’histoire géographie au lycée, mais j’ai besoin de rêve désormais.
Photographie et surtourisme

Je pense que les réseaux sociaux ont considérablement banalisé le travail de Martin Parr : un selfie n’a plus rien d’original. Je préfère de loin quand Martin Parr utilise son esthétique au service de la beauté plutôt que pour dénoncer la médiocrité d’une société.
J’aime beaucoup la pochette de l’album de la chanteuse Louane, réalisée par Martin Parr. Il l’a mise en scène devant le club de plage Joie de vivre, dans un lieu que je connais bien : la plage de sable du Touquet, dans le Pas de Calais. C’est autobiographique car Louane vient du Nord de la France et elle fréquentait ce club de plage quand elle était enfant.


Le musée du Jeu de Paume est un centre d’art dédié à la photographie du 19eme au 21eme siècle. Il a accueilli des rétrospectives de grands artistes internationaux tels que Diane Arbus, Richard Avedon, Robert Capa, Dorothea Lange, Sally Mann, Vivian Maier, Martin Parr, Cindy Sherman…

Ce lieu emblématique situé dans le jardin des Tuileries, non lieu de la place de la Concorde et du musée du Louvre, a été un espace de stockage des collections d’art spoliées par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Rose Valland, conservatrice réputée entra en résistance contre l’occupant allemand en recensant tous ces trésors. Elle va ainsi permettre à de nombreuses familles juives de retrouver leurs biens.
C’est donc un musée emblématique du centre de la capitale avec une superbe entrée qui donne sur la plus belle place du monde d’après moi : la place de la Concorde avec son obélisque doré et ses deux fontaines magistrales.


Même si je m’attendais à une pareille affluence un vendredi après-midi, j’étais tout de même dépitée de constater que désormais toutes sorties culturelles au Petit Palais, au musée du Jeu de Paume se déroulent de la même manière : une affluence fleuve dans des salles de musées exiguës.
La librairie Smith and Son : une belle découverte culturelle et historique
Heureusement, je me suis consolée avec une bonne surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout. J’ai redécouvert avec passion la librairie historique Smith and son, située rue de Rivoli, sous les arcades.
Cette librairie anglaise existe depuis 1870 et elle a été rénovée récemment. Depuis la rue, on aperçoit une sorte de petite alcôve avec un papier peint qui rappelle ceux de William Morris et un beau portrait photo de la reine Elisabeth II encadré.



Cela a suscité une telle curiosité chez moi que je me suis régalée à monter les étages. Cette librairie regorge d’idées cadeaux géniales et originales au goût si british. En particulier, les peluches Jelly cat de Londres à l’effigie de cannelés bordelais ou de pigeons parisiens. A l’étage, il y a un tea time jusque 18h30 avec un pianiste de bar à des prix beaucoup plus raisonnables que ceux d’Angélina, le salon de thé voisin.

Et si ma plus belle visite culturelle ce n’était pas finalement cette si belle librairie ce jour là ?
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