
J’attendais cette soirée depuis trois semaines, emballée par les pastilles promotionnelles de la soirée du maître de cérémonie. Mon mari qui travaille juste à côté de l’Olympia me racontait les préparatifs sur le boulevard le jour J avec les invités qui sortaient du RER Auber en smoking et robes de soirées….
J’ai beaucoup aimé les interviews de Laurie Cholewa des nommés avant la cérémonie. Notamment quand elle a donné la parole à Jafar Panahi, le réalisateur iranien nommé pour le scénario d’Un simple accident. Les César sont une tribune politique dont il faut se servir car cette cérémonie est diffusée dans le monde entier par Canal plus.
Canal plus est le grand chef d’orchestre de cette cérémonie qui mobilise 900 personnes de ses équipes. Le producteur majoritaire du cinéma français a fait appel à deux de ses talents maison : Benjamin Lavernhe (Un entretien, Castings) en maitre de cérémonie et Camille Cottin (Connasse et quelques films hollywoodiens) en présidente. Ce beau duo talentueux a mis en scène une cérémonie à la fois drôle, époustouflante, émouvante et digne.
Retour sur les moments forts de ce marathon télévisuel qui me mobilise chaque année 4 heures devant ma télé.
Le tableau d’ouverture en hommage à The Mask : un sacré souvenir de primaire dans les années 1990
Le maître de cérémonie est un fan absolu de Jim Carrey et l’émotion a bien failli le submerger quand il s’est adressé à son modèle. Je le comprends car moi aussi avec mon frère on a regardé quelques fois The mask à la fin de l’année scolaire à l’école quand les profs ont l’esprit qui divague du côté de la plage…
Je me suis régalée à voir danser et chanter Benjamin Lavernhe avec les costumes du film, la fille du Coco bongo et l’orchestre big bang avec les cuivres, les percussions… La mise en scène avec les policiers était tellement réussie dans les allées de l’Olympia. Jim Carrey est un personnage familier de l’enfance et de l’adolescence de bon nombre d’entre nous et c’était sacrément plaisant de le retrouver.
L’émotion de Jim Carrey sera au rendez-vous plus tard dans la soirée quand la salle lui fera une longue standing ovation lors de la remise de son César d’honneur. Jim Carrey s’est fendu d’un discours authentique dans un français parfait qu’il avait bossé comme un dingue (c’est raccord à son personnage de The mask). C’était très émouvant quand il a rendu hommage à ses racines malouines très anciennes et à son père.
C’était très bien amené par la direction artistique de la cérémonie d’inviter Emmanuel Curtil, la voix française de Jim Carrey depuis trente ans qu’il rencontrait pour la première fois. Le sketch avec Benjamin Lavernhe qui se comportait comme un gamin émerveillé par les voix de Chandler de Friends mais aussi de Simba du Roi lion fut très attendrissant. Emmanuel Curtil a pu se faire le porte-parole des voix de doublage menacées par l’IA auprès de la ministre de la Culture nouvellement nommée Catherine Pégard.
Les César, une tribune politique dont il faut se saisir de manière subtile
Toujours dans le registre politique, j’ai beaucoup aimé le discours tout en humour et en authenticité de Camille Cottin. Elle est arrivée avec les lunettes aviateur de Top gun et s’est moquée des propos musclés et sans finesse de dirigeants politiques virilistes et moqueurs : « Tous les films qui font moins de 500 000 entrées devront s’excuser et revenir sur les bancs de l’école de commerce. Les films d’auteur c’est bien mais c’est encore mieux en court-métrage, sur des sujets pas trop niche. Évitez les femmes, les queers… » avant de déclarer son amour et son attachement au cinéma français.

La cérémonie des César est toujours l’occasion pour moi de découvrir de belles pépites que je n’ai pas eu le temps de visionner au cours de l’année : Nino qui montre un portrait sensible d’un jeune homme malade du cancer. Mais aussi Le bain des dames, ce court métrage marseillais que je vais regarder rapidement sur France télévisions en replay.

Enfin, je suis ravie que mon coup de coeur pour L’attachement ait été récompensé du César du meilleur film. J’ai beaucoup aimé le discours puissant et tendre de la réalisatrice Carine Tardieu qui s’adressait à sa fille. Les lauréats des César ont beaucoup remercié leurs enfants parce qu’ils vivent leur passion artistique à fond et que cela demande des compromis à leurs familles.
Dommage pour Pio Marmaï qui méritait le César du meilleur acteur pour ce rôle de père endeuillé. Mais l’émotion de Laurent Laffite qui a été récompensé était aussi belle à voir.
Je vais suivre de près les prochains films de Carine Tardieu car j’avais adoré Du vent dans mes mollets adapté du roman de Raphaëlle Moussafir, sa co-scénariste de L’attachement, récompensée avec elle. Carine Tardieu a un vrai don pour filmer les relations familiales, tellement essentielles dans notre société de plus en plus individualiste.

J’ai beaucoup aimé cette cérémonie où dominaient l’expression des émotions authentiques avec une reconnaissance exprimée pour le système français qui soutient les artistes en début de carrière. Ne nous trompons pas tout de même , le cinéma français est une énorme industrie avec un petit nombre de têtes d’affiche qui raflent la plupart des rôles comme l’a démontré l’hebdomadaire culturel Télérama.
Je trouve qu’il serait juste que les acteurs et actrices payés plus d’un million d’euros par film participent volontairement à un fonds de soutien financier. Dans tous les discours de remerciements des lauréats, on ressent bien que la corde du financement de la culture tire sacrément au risque de casser.
Retrouvez-ici mon debrief de la cérémonie de 2025 animée par Jean-Pascal Zadi






























































