Carnets de voyages urbains

Marseille jour 4 : La corniche Kennedy et Notre Dame de la garde

La villa d’armateur que je convoite quand je serai à la retraite

Le jour de l’an comme la plupart des musées et des restaurants étaient fermés, nous avions planifié de nous rendre sur la corniche Kennedy pour profiter du front de mer. Cet endroit est vraiment unique en France.

C’est l’un des plus beaux boulevards de mer de France comme la promenade des Anglais à Nice ou la Croisette à Cannes. Cet ancien chemin à flanc de calanques a été agrandi sous le mandat de Gaston Defferre, l’un des maires les plus emblématiques de Marseille. Elle a été renommé en 1963 en hommage au président américain assassiné à Dallas.

Son banc de béton long de 3 kilomètres offre un panorama exceptionnel sur le littoral. Cela me fait penser au banc de mosaïques inventé par Gaudi dans le parc Guëll à Marseille.

J’aimerai y passer ma retraite au quotidien. La vue sur les îles du Frioul depuis Endoume est époustouflante.

La vue sur le restaurant Le petit Nice depuis le parc Valmer

Nous avons pris le bus 83 sur le Vieux port jusqu’au parc Valmer. C’est un petit parc municipal avec des jeux pour enfants. La vue sur l’anse de la Fausse Monnaie y est imprenable. Je suis très contente d’avoir découvert ce parc en hiver quand il est désert.

Le petit Nice est un hôtel-restaurant gastronomique de luxe tenu par la famille Passédat depuis 1917. Je ne vais pas chroniquer la qualité de sa cuisine mais surtout la beauté de son architecture et cette localisation géographique idéale. Il s’agit d’une ancienne villa de style néo-grec, la villa Corinthe, transformée en restaurant. Il s’agit d’un des trois meilleurs restaurants de France, étoilé par le guide Michelin. Il se trouve dans l’anse de Maldormé.

La presqu’île de Malmousque est recherchée pour toutes ces petites criques un peu difficiles d’accès mais tellement pittoresques. Certains jeunes viennent y chercher frisson et adrénaline en plongeant du haut de la corniche Kennedy. Ils jouent ainsi au chat et à la souris avec les policiers qui cherchent à les responsabiliser face à leur conduite à risque qui peut s’avérer irréversible.

Les maisons de l’anse de la Fausse monnaie

Je vous recommande la visite des quartiers de Malmousque et Endoume même s’ils sont sacrément gentrifiés (pour ne pas dire typiquement bourgeois-bohèmes). Ils sont particulièrement prisés des Parisiens qui recherchent la mer et le soleil avec des petits coffee-shop, des épiceries fines et des stands de fruits de mer.

On peut facilement faire une grande balade à pied du parc Valmer jusqu’à la plage des Catalans à pied même si la circulation routière casse un peu la parenthèse enchantée du lieu. On a bien anticipé le jour férié en basse saison puisqu’on a choisi de prendre de quoi pique-niquer dans une excellente boulangerie d’Endoume. Elle débordait de gâteaux des rois en ce 1er janvier.

L’anse de Maldormé

C’est une brioche très sucrée et parfumée à la fleur d’oranger, avec de délicieux fruits confits. Cette couronne sucrée que l’on mange pour fêter l’Epiphanie est très répandue dans le Midi et en Espagne. Alors qu’un peu plus au nord, dans la Drôme d’où je viens, on mange plus souvent une galette feuilletée dite parisienne.

Nous avons eu beaucoup de chance le 1er janvier le matin car il y a eu un petit créneau de deux heures pendant lequel, nous avons pu profiter du soleil en bord de mer. Nous avons enfin visité le vallon des Auffes qui a été creusé en même temps que la corniche Kennedy à la fin du 19eme siècle. C’est un endroit charmant avec ses maisons de pécheurs et ses fameux pointus mais je n’ai pas été éblouie.

Par contre, j’aime énormément le parvis du monument aux morts de l’armée d’Orient et des terres lointaines, situé un peu plus haut. C’est un monument un peu énigmatique pour moi avec cette immense allégorie féminine : une victoire de 5 mètres de haut qui date de 1927.

Cette esplanade sur la mer est vraiment l’un de mes endroits favoris de Marseille. J’aime beaucoup son esthétique Art déco dont on célèbre le centenaire cette année. Marseille est vraiment une ville tournée vers l’Afrique notamment le Maghreb avec le rapatriement des pieds-noirs d’Algérie au début des années 1960.

Certes, l’Histoire est douloureuse mais j’ai beaucoup aimé le clip et la chanson Chez nous (Plan d’aou, Air bel) interprétée par Soprano et Patrick Fiori, composée en 2018 par maestro Jean-Jacques Goldman.

Nous avons terminé la promenade avec la plage des Catalans, où ma fille a même retrouvé un camarade de son école primaire de la région parisienne. La plage des Catalans, c’est l’étape incontournable de tout séjour marseillais pour moi. Hiver comme été, elle est toujours très fréquentée.

C’est vraiment le symbole de l’art de vivre marseillais que nous Parisiens jalousons ! Le bain de mer du jour de l’an, jouer au beach-volley tout au long de l’hiver…

La veille, nous avions pris le petit train touristique depuis le Vieux-port pour nous rendre à Notre-Dame de la garde, l’équivalent de la Tour Eiffel à Paris.

C’est une basilique de style néo-byzantin qui abrite de nombreux ex-voto dédiés à la Vierge pour la remercier de sa protection notamment en mer pour les pécheurs. Je suis protestante donc peu sensible à cette dévotion mariale mais j’ai tout de même été touchée par les plaques de remerciements d’avoir été épargné pendant la guerre d’Algérie par exemple.

Je me suis régalée de rédiger ces quelques articles de notre voyage à Marseille, l’une de mes villes favorites où j’aurai pu travailler en tant que libraire au Mucem en 2012. J’ai particulièrement aimé notre excursion un lundi matin de grand beau temps aux îles du Frioul et inaugurer 2026 sur la corniche Kennedy.

Retrouvez ici les précédents articles de ce carnet de voyages urbain dédié à Marseille :

Cinéma·Du livre à l'écran·Ile de France et Paris

Ces films et séries que j’ai vu en 2025 : qui sera récompensé aux prochains Césars ?

Les nominations pour les prochains Césars viennent de tomber. La cérémonie de remise des prix aura lieu le jeudi 26 février à l’Olympia (un jeudi soir, quelle ineptie !) avec Benjamin Lavernhe en tant que maitre de cérémonie.

D’ailleurs, l’affiche de la cérémonie est une référence à la comédie Le sens de la fête de Nakache et Toledano dans lequel il jouait un marié particulièrement pénible en 2017.

Chaque année, j’écris un article pour débriefer la cérémonie : les robes, les discours des remettants, les sketchs plus ou moins drôles et inspirés, les moments d’émotion quand ça pleure, ça remercie…

Cette soirée de remise des prix, c’est ma tradition chaque année depuis que je suis au lycée. Alors si jamais quelqu’un veut m’y inviter une année, ce sera la consécration d’une vie..

Je trouve que cette année la sélection des nommés est particulièrement qualitative et je vais être sacrément tiraillée quand viendra le moment de récompenser la meilleure actrice.

J’ai énormément aimé deux films en 2025. Il s’agit de Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan ainsi que L’attachement. Ce sont deux adaptations de livres et traitent tout deux de l’amour maternel qu’il soit biologique ou non.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan écrit par Roland Perez, éditions Les escales en 2021

C’est l’histoire vraie d’une famille nombreuse juive originaire de Tunisie. Les parents ne roulent pas sur l’or et le petit-dernier des six enfants naît avec un pied-bot dans les années 1960.

Sa mère Esther, dotée d’une foi extraordinaire et d’un bagout incommensurable va remuer ciel et terre quitte à se mettre à dos les voisins du quartier, les assistances sociales et les enseignants pour faire en sorte que son fils marche un jour.

Et le miracle va avoir lieu grâce aux chansons d’une certaine chanteuse yéyé : Sylvie Vartan. Le petit Roland, totalement déscolarisé va être instruit par ses frères et sœurs avec ses chansons. Et un jour, il deviendra même son avocat.

Je vous recommande le livre et cette comédie familiale si vous avez le cafard. Le personnage haut en couleur et en repartie d’Esther m’ a fait rire aux éclats de nombreuses fois. Et son amour maternel inconditionnel m’a émue aux larmes…

Dans un autre registre, j’ai eu un vrai coup de cœur pour le film L’attachement alors que j’ai eu bien du mal à lire le roman éponyme d’ Alice Fernay.

Carine Tardieu, la réalisatrice a su mettre en avant les moments de vérité et d’émotion de cette histoire d’entraide si particulière. Cécile, la voisine de Sandra (Valéria Bruni Tesdeschi) part à la maternité accoucher avec son mari Alex joué par Pio Marmai.

Et donc elle lui confie quelques jours son fils Eliott alors que Sandra n’a pas particulièrement la fibre maternelle. Hélas, l’issue sera tragique pour cette famille car Alex revient de la maternité avec un bébé dans les bras mais veuf.

Ce livre m’a beaucoup émue car il parle de compassion, d’entraide face au deuil. Le petit garçon du film est animé d’un tel instinct de vie et d’amour qu’il porte tout le film et les personnages qu’il entoure : sa voisine auquel il s’attache viscéralement, son beau-père avec lequel il vit, son père qui s’efface progressivement.

Le titre du roman est parfait : il révèle une notion de psychologie essentielle. C’est assez nouveau qu’on souligne son importance dans les relations familiales. Pio Marmaï est nominé dans la catégorie Meilleur acteur et je pense que c’est son année cette fois-ci !

Je suis aussi sensible aux nominations dans la catégorie films d’animation car j’aime leur créativité visuelle qui me reconnecte avec mon enfance (voila c’est dit !)

La vie de château, mon enfance à Versailles de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi, adapté de la série de romans jeunesse publiée par l’Ecole des loisirs.

La vie de château est un très beau film d’animation signé Clémence Madeleine-Perdrillat, scénariste et Nathaniel H’Limi, dessinateur, tous deux amis. Ensuite, il a été adapté en roman illustré pour les enfants de 7 à 9 ans. C’est une série en six livres publiés par la collection Neuf de l’Ecole des loisirs.

Je suis bien trop vieille pour faire partie du public cible de ces petits livres et pourtant… Le quotidien de cette petite Violette, pupille de la Nation qui doit aller vivre chez son oncle Régis au décès de ses parents, victimes des attentats, m’a beaucoup touchée.

Le secret des mésanges, film d’animation du studio Folimage, sortie le 22 octobre

J’ai beaucoup aimé la variété et la complémentarité des personnages humains comme animaliers. Le chien Mandrin joue un rôle important dans le film car il protège toujours la petite fille intrépide.

Les deux enfants Lucie et Yann n’ont pas le même âge mais ils vont former une bonne équipe pour aider Lucie dans la quête de ses origines. Un secret de famille douloureux éloigne Lucie de sa maman. Mais les mésanges du château vont être d’une aide précieuse. J’ai beaucoup aimé la manière dont sont représentés Lucie et sa maman comme une femme et une petite fille actives et débrouillardes.

Je vous invite à lire ici mon article pour débriefer la cérémonie l’an dernier : j’ai le souvenir du magnifique discours de Karim Leklou sur le pouvoir des gentils et le sketch hilarant de Franck Dubosc avec son Césarillo. D’ailleurs, il est nommé cette année dans la catégorie Meilleur scénario pour Un ours dans le Jura, sa comédie glauque.

Césars 2025 : Une cérémonie sous le signe de l’authenticité et de la vulnérabilité.

Carnets de voyages urbains·Moments de vie

Marseille jour 3 : le Vieux port et ses alentours

Le Vieux port, c’est vraiment le centre névralgique de Marseille, là où tout se passe surtout quand on vient en touriste. On cite souvent la Canebière comme l’équivalent des Champs-Elysées parisiens mais nous n’avons pas eu la curiosité d’y aller cette fois-ci.

Nous avons logés pendant cinq jours à coté de la place de Lenche dans le quartier du Panier. J’ai beaucoup aimé descendre chaque matin ces grands escaliers pour rejoindre le Vieux-port, là où se trouvent tous les bus. On ne se rend pas bien compte mais Marseille, ça grimpe pas mal !

Le Vieux Port se compose de deux quais : Le quai du port avec les terrasses de restaurants face à Notre Dame de la Garde pour la beauté de la vue et le quai Rive neuve qui tourne le dos à la basilique.

Au centre, se trouve la canopée avec ses miroirs réalisée en 2013 quand Marseille fut ville européenne de la culture. C’est le lieu le plus emblématique de Marseille : l’étal des vendeurs de poissons à la criée. Il se situe à coté des navettes de bateaux qui partent toutes les 45 minutes vers les îles du Frioul ou l’Estaque.

Quai Rive neuve (en bas de Notre Dame de la garde)

En circulant avec le bus 83 qui vous mènera à la plage des Catalans et à la corniche Kennedy, vous pouvez apercevoir le théatre national de la Criée mais aussi le fameux bar de la Marine qui inspira à Marcel Pagnol sa tragédie familiale César-Fanny- Marius, quai Rive neuve. Mais aussi l’abbaye Saint Victor qui date de l’ère mérovingienne, une des premières églises de France.

Les Incontournables du Vieux Port de Marseille

Je suis moins emballée par ce quai du Vieux port mais je vous recommande la place Estienne d’Orves. Surtout la librairie des Arcenaulx pour sa qualité d’accueil et la brasserie L’esquinade. L’accueil y était parfait et les plats copieux, on apprécié l’excellent rapport qualité-prix et j’ai même pu manger un panaché de fruits de mer avec ses incontournables bulots.

Cet hiver, j’avais lu l’autobiographie poignante de maître Béatrice Zavarro dont le cabinet d’avocats se trouve rue Sainte et j’avais beaucoup aimé son amour authentique pour sa ville.

Je vous recommande aussi les petites rues du centre ville comme la rue Paradis pour ses très beaux magasins, non loin de là, j’ai découvert une pizzéria Pinocchio avec de très beaux parasols. Vous pouvez également faire une pause bien méritée au café Joyeux, 14 place du général de Gaulle et promettre un tour de manège à vos enfants en bas de la Canebière.

Pendant ces cinq jours de congés, nous avons pris un pass 72 heures auprès de l’Office du tourisme de Marseille afin de profiter au maximum des transports en commun marseillais , du petit train touristique pour monter à Notre Dame de la Garde, du bus Hop-on, hop off, du MUCEM et enfin des navettes pour les îles du Frioul. Mais nous avons fait l’impasse sur la grotte Cosquer cette fois-ci.

Quai du Port (face à Notre Dame de la garde) : Du Panier vers la rue de la République.

Nous prenions souvent la Grande rue, parallèle au Vieux-port avec ses boulangeries, ses coffee-shop et ses concepts store de décoration. J’ai particulièrement aimé une mini place du Panier avec un restaurant qui s’appelait La table d’Augustine en hommage à la mère de Marcel Pagnol (mon écrivain favori) et le bar du Platane. Nous n’avons jamais déjeuné là-bas mais un jour, nous avons vu un ténor qui chantait pour les clients de la terrasse couverte. Un souvenir sympa.

Cette fois-ci, nous avons eu la chance de visiter le magasin de décoration de Sophie Ferjani que nous suivions avec plaisir dans Maison à vendre sur M6. Nous avons beaucoup aimé sa sélection de fauteuils, coussins et canapés très originale par rapport à ce que l’on peut trouver sur le marché. On sent que ce sont des professionnels de l’architecture d’intérieur.

Un peu plus loin vers le cours Belsunce, se trouve la bibliothèque municipale : L’Alcazar qui a conservé sa façade d’origine. Cet ancienne salle de concert a accueilli les plus grandes vedettes du music-hall comme Yves Montand, émigré italien qui a posé ses valises à Marseille avec sa famille.

Il est indéniable que depuis 2013, Marseille vit une véritable mue culturelle et touristique avec un musée particulièrement emblématique : le MUCEM, le point d’orgue du Vieux-port dans le fort Saint-Jean.

Le MUCEM et ses passerelles entre les quartiers de Marseille : le Panier, le bassin de la Joliette

En 2013, le président de la République de l’époque, François Hollande a inauguré le Musée des arts et civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Ce musée national occupe deux sites : l’un est très ancien, c’est le fort Saint Jean qui date du 12eme siècle. Cet immense bloc de calcaire rose abritait à l’époque une mini ville, une garnison dédiée à la protection de la seconde ville de France.

Une surprenante passerelle le relie à un véritable cube de dentelle conçu par l’architecte varois Rudy Ricciotti. Ce bâtiment tout neuf abrite les collections du musée et les expositions temporaires.

J’ai bien aimé celle consacrée au chef d’œuvre de la littérature hispanique : Don Quichotte de Cervantès. Mais j’ai trouvé les salles du musée très sombres. Le revêtement en dentelles est très beau de l’extérieur mais il a aussi ses inconvénients.

En tout cas, les aménagements autour du MUCEM ont révolutionné la manière de déambuler entre le Vieux port et le bassin de la Joliette avec l’esplanade de la Major un peu plus loin.

BD & romans graphiques

La plus belle autobiographie que j’ai lu: Rendez-vous dans la forêt- Origine tome 2 d’Alain Auderset

Depuis 2013, j’ai un vrai coup de coeur pour les romans graphiques d’Alain Auderset : Rendez-vous dans la forêt. Il s’agit de recueils de ses plus belles lettres de nouvelles issues de son blog.

Elles sont mises en valeur par des photographies des environs de Saint-Imier, la superbe campagne dans laquelle vit Alain, sa famille et son atelier. Mais aussi de ses meilleurs dessins car Alain Auderset est un dessinateur de BD reconnu et primé par le festival de la BD chrétienne d’Angoulême.

Je dévore ce type d’ouvrages à mi chemin entre le carnet de voyages et l’autobiographie. En l’espace de treize années, Alain Auderset a publié six volumes de Rendez-vous dans la forêt dont deux volumes plus autobiographiques : Origine dont le second volet vient de paraître en décembre 2025.

Droits réservés Atelier Auderset

Le résumé :

Seul ? “En 15 ans d’existence, je n’ai croisé aucun ami de Jésus ! Suis-je donc le seul à avoir vécu une telle rencontre avec Dieu !?” finit par se demander Alain.

Seul et le coeur rempli d’amour pour les gens, ce jeune va s’efforcer de partager à tout le monde l’immense trésor qu’il a eu la chance de trouver dans une poubelle oubliée de son village. Il ne récolte alors qu’oppositions, moqueries, brisements et renoncements. Paradoxalement, cela ne fera qu’accroître son dévouement sans faille pour son Ami invisible.

En parallèle, il entame une enquête insolite et des plus cocasses pour retrouver ses frères dans la foi. Il les découvrira parfois endormis ou chelous, voire incohérents. La vision de cet ado, bien que très drôle, équivaut à une baffe, propre à nous remettre en question face à un monde en train de se perdre.
Beaucoup d’humour, de bêtises, de beauté, d’authenticité, d’amour et de larmes dans cette quête au cours de laquelle Alain apprendra à se réconcilier avec ses parents et à voir la main de Dieu agir de manière spectaculaire.

Rendez-vous dans la forêt – Origine 2, Alain Auderset, Atelier Auderset, 415 pages, 9782940487721, 25€

Droits réservés Ateliers Auderset

L’atelier Auderset n’est pas un simple studio de dessin, c’est un véritable champ de mission pour l’évangélisation du plus grand nombre à travers la bande dessinée. Alain Auderset vit dans une grande maison, une ancienne église rénovée. Il a une famille nombreuse avec sa femme Lilou et ses enfants travaillent avec lui dans son atelier ou dans son groupe de musique.

Un voyage graphique dans la foi

Il se met en scène dans des spectacles qui voyagent dans la francophonie. Et surtout il accueille des bénévoles pour un temps plus au moins long pour venir se former en bande dessinée ou pour donner un coup de main pour fermer des enveloppes, passer un coup de balai dans l’atelier ou tenir la comptabilité…

C’est une belle aventure humaine qui est racontée à travers ses différents recueils de Rendez-vous dans la forêt qui est intéressante à lire. C’est authentique, les expériences spirituelles avec le Seigneur se font dans le quotidien et révèlent l’extraordinaire bonté de Dieu aussi dans les petits riens.

J’aime ces livres car la Suisse est un pays qui me fascine pour sa beauté géographique et sa richesse culturelle. Je suis tellement peinée pour eux qui vivent un traumatisme national avec la tragédie de Crans-Montana. Je vais surveiller la prochaine newsletter de l’atelier Auderset à ce sujet.

Chaque année, j’achète pour ma maison ce superbe calendrier mensuel avec des illustrations tellement créatives et originales. J’aime énormément ce motif récurrent de maison arbre inspiré par l’illustratrice jeunesse anglaise Jill Barklem dans les années 1980.

En 2025, j’ai également commandé un cahier de coloriages à partir de ses dessins. Ce cahier est très bien fait car les motifs sont gros et c’est idéal à colorier. Les dessins ont tellement de sens que le coloriage est un vrai plaisir inspiré.

J’ai aussi découvert un livre jeunesse par un membre de l’atelier : Ric Rac Roc écrit par Carlo Vairet. C’est une histoire de pierres précieuses polies par le Créateur. Sans tomber dans le prosélytisme chrétien, c’est un livre bien écrit et intelligent pour montrer aux enfants leur valeur.

Enfin, j’achète les BD et les romans graphiques de cet atelier pour les soutenir financièrement car j’apprécie leur travail qui est celui d’un grand studio artistique avec beaucoup de talent. Alain Auderset aime faire le rigolo dans ses vidéos Youtube mais c’est un incroyable bosseur qui peaufine ses dessins pour faire mouche : percuter son lecteur grâce à la Parole de Dieu.

Ile de France et Paris·Sociologie

Un dimanche après midi au musée de la chasse et de la nature dans le Marais

Je suis ravie de ma découverte : le musée de la chasse et de la nature, rue des Archives dans le Marais. C’est un musée de taille moyenne très bien mis en valeur par une scénographie élégante et réfléchie. Je suis d’autant plus récompensée de mes modestes efforts car cette visite a emballé toute la famille dont ma fille de six ans !

Les hôtels particuliers Guenegaud et Mongelas, écrins d’exception du musée

Ce musée a été inauguré par André Malraux en 1957 dans un hôtel particulier réalisé par Mansart au 17eme siècle. En 2007, il a été agrandi dans l’hôtel Mongelas du 18eme siècle. Et enfin en 2019, un étage mansardé a été ajouté. J’aime énormément les poutres apparentes, les boiseries et les papiers peints de ce lieu très chaleureux. Comme en témoigne cette salle ci dessous où l’on peut s’asseoir dans de moelleux canapés verts.

© Musée de la Chasse et de la Nature – David Giancatarina

Cela ressemble plus à une douillette demeure bourgeoise qu’à un musée académique et c’est sans doute pour cela que l’on se sent si bien dans cet endroit. Ce musée rend hommage à deux de ses mécènes et collectionneurs les plus importants : le couple Sommer qui a crée une fondation dans les Ardennes en 1966.

Cette fondation oeuvre à la construction d’un discours apaisé d’une saine utilisation de la nature entre chasseurs et non chasseurs, dans le cadre d’une écologie humaniste.

J’ai beaucoup aimé la reconstitution de leur cabane en bois grandeur nature dans une des salles du musée. Mes grands-parents avaient construit une cabane de chasse non loin d’un étang de Montcavrel dans le Pas de Calais et c’était un lieu privilégié pour eux.

L’effet cabinet de curiosités est vraiment très réussi notamment les petits coffrages en bois qui présentent les principaux animaux sauvages : les plus connus de la littérature comme le loup, le renard, le hibou… Un tiroir vitré conserve leurs crottes. Cela plait beaucoup aux enfants.

Ce serait génial si ce musée organisait une belle exposition mettant en scène l’imaginaire populaire dans les livres jeunesse, la publicité avec le loup d’Intermarché ou Roule galette qui met en scène un renard.

Trois fois par an, le musée de la chasse et de la nature fait appel à des artistes contemporains pour enrichir le propos et dialoguer avec les œuvres de la collection permanente.

L’exposition La licorne, l’étoile et la lune de Lamarche-Ovize jusqu’au 8 mars 2026

Je ne connaissais pas l’univers de ce couple d’artistes mais j’ai vraiment été emballée par leur univers onirique, coloré et foisonnant que je vous recommande de découvrir !.

Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, c’est un couple des plasticiens qui allient dessin, céramique, lithographie, textile et objet dans un esprit de collages. Un univers qui m’a séduite d’emblée. On perçoit dans leur travail un héritage artistique solide : les papiers peints de William Morris, décorateur anglais de la seconde moitié du 19eme siècle.

Pour préparer cette belle exposition poétique, les deux artistes ont relu Le bestiaire de l’amour écrit par Richard de Fournival vers 1250 et Grenouilles, un texte d’Aristophane (5eme siècle avant JC)

J’ai beaucoup aimé leur microcosme tellement poétique notamment leurs lithographies très colorées dans une salle carrée. Puis, soixante-dix œuvres ont investis les collections permanentes du musée de la chasse et de la nature. J’aime beaucoup ce dialogue récurrent entre tradition et modernité, art académique et art contemporain. Dans ce musée, j’ai découvert l’art cynégétique même si je ne suis pas admiratrice de la chasse, j’ai apprécié l’aspect naturaliste de ce beau musée.

Musée de la chasse et de la nature, 62 rue des Archives, ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18 heures, plein tarif : 13€ exposition et collections permanentes, 11€: tarif réduit. Gratuit pour les moins de 18 ans et le premier dimanche du mois.

Retour en images sur mes précédentes sorties culturelles en famille à Paris.

Carnets de voyages urbains

Marseille, jour 2 : les îles du Frioul

Cette excursion aux îles du Frioul, c était un peu le point d’orgue de notre séjour hivernal à Marseille. Quelques semaines auparavant, j’avais repéré les horaires des navettes, les lieux à visiter sur des blogs lifestyle car je ne me souvenais pas avoir visité ces îles.

Nous avons pris la navette au Vieux port un lundi matin à 9h50 sous un soleil naissant et fort agréable. J’ai payé 11€10 la traversée aller-retour. Il y a une centaine d’habitants à l’année sur les îles du Frioul donc des navettes circulent toutes les 45 minutes pour parcourir les six kilomètres qui séparent les îles du Frioul du continent.

Un archipel qui a inspiré un des plus beaux romans de la littérature : Le comte de Monte-Cristo

Nous ne nous sommes pas arrêtés au château d’If mais nous avons eu l’occasion d’admirer son architecture de près en bateau. D’ailleurs, notre navire s’appelait Edmond Dantès. Je vous recommande de visionner si ce n’est pas déjà fait Le comte de Monte Cristo avec Pierre Niney. Son plongeon pour s’échapper de sa prison est une scène emblématique de la littérature française. Le château d’If a été construit au 16eme siècle sous le règne de François 1er.

L’archipel du Frioul est composé de deux îles principales : l’île de Pomègues et l’île Ratonneau séparées par une digue.

Nous avons logé la digue du Berry construite en 1822 pour rejoindre l’île Pomegues. Nous ne sommes pas des enragés de la randonnée mais le sentier était très facile d’accès et surtout il n’y avait pas foule.

Une randonnée idéale et facile pour toute la famille.

C était un vrai régal de rejoindre le premier fort à pied. On se sent vraiment seuls au monde au milieu de cet archipel. Les gabians ne sont vraiment pas farouches le long des falaises de calcaire.

Notre fille avait eu l’ idée saugrenue de mettre une vingtaine de pierres dans ses poches. On n’avait pas prévu de randonner jusqu’ au bout de l’île mais nous reviendrons !.

Tranquillité et Histoire au large de Marseille

Cette visite des îles du Frioul a vraiment été le plus beau moment de nos vacances marseillaises. C’était génial de finir l’année par un pique nique en famille au soleil. L’archipel du Frioul a eu pendant des siècles un rôle de défense militaire majeur comme le montre ses fortifications réalisées par Vauban. On y mettait en quarantaine les pestiférés au 18eme siècle à l’hôpital Caroline qui ne se visite pas sur l’île Ratonneau.

Se sentir presque seuls au monde en hiver alors que 5000 personnes arrivent par jour en été

J’aime beaucoup l’architecture civile insulaire du Frioul. Elle s’accorde bien à la géologie du lieu. Ici, il n’y a pas d’école ni de supermarché. Une caserne de pompiers s’entraine l’hiver pour protéger les 5000 touristes hebdomadaires qui viendront passer la journée sur l’archipel pendant la saison touristique. Il s’agit du parc national des calanques crée en 2012 à proximité de la seconde ville de France. Cela nécessite alors de faire preuve de civisme et de bon sens écologique afin de le préserver.

C’était la sortie idéale pour se reconnecter avec la nature, la lumière nous a fait autant de bien qu’une ampoule de vitamine D. Et surtout c’était d’un calme et d’une beauté salutaire ! .

Retrouvez ici le premier épisode de notre road trip ici à Marseille entre Noël et le jour de l’an : La Major et le Panier

Expos·Ile de France et Paris·Lifestyle

Un samedi de janvier ensoleillé sur les Champs Élysées entre musées et théâtre.

De retour de Marseille, je me suis planifiée une sortie solo à Paris avant de reprendre le travail lundi.

J’ai réservé une place de théâtre pour aller me gondoler avec le seule en scène de Valérie Lemercier. Comme le spectacle commençait à 17 heures et que je viens rarement dans ce quartier de Paris, je me suis organisée une grande virée culturelle sur les Champs-Élysées.

Au départ, je comptais visiter la galerie Dior non loin de l’avenue Montaigne mais engouement touristique évident, il n’y avait plus de créneau horaire disponible. Alors je suis allée au Petit palais ! Il me faudra revenir avant fin février pour la rétrospective du peintre de la neige finlandais car c’était complet. Mais j’ai beaucoup aimé la carte blanche à Bilal Hamdad et son exposition Paname.

J’étais persuadée en regardant de loin l’affiche que c’était de la photographie. J’ai été stupéfaite de découvrir de la peinture à l’huile ultra réaliste.

Ce jeune artiste algérien né en 1987 réalise principalement des portraits et des scènes de café parisiens mais aussi des instantanés sur un quai de métro ou dans la rue.

Ses tableaux sont de grands formats qui mettent en scène nos contemporains en train de discuter, de regarder leur portable en attendant de retrouver un ami, ou bien de télé travailler à la terrasse d’un café. Cela pourrait être l’un d’entre nous.

Ses tableaux ont toute leur place au Petit Palais car ils se placent dans la tradition de la peinture naturaliste du 19eme siècle dans la lignée de Courbet, Pelez ou encore Degas qui peignaient aussi la vie des cafés.

Le Paris du 21eme siècle est bien plus cosmopolite et métissé. On le voit avec les vêtements colorés des gens à la sortie du métro Barbes Rochechouart, c’est mon tableau favori de cette série d’une vingtaine de toiles !

Cette exposition était la bonne surprise de mon après-midi pour me consoler de ne pas avoir pu voir la rétrospective du peintre finlandais. Les salles d’exposition un peu bondées ne sont pas plaisantes à vivre. Je l’ai expérimenté dernièrement avec l’exposition Art Déco au musée des Arts décoratifs.

Paname, Bilal Hamdad, Petit Palais, avenue Winston Churchill, jusqu’au 8 février 2026. Entrée libre.

Au spectacle de Valérie Lemercier, honorer trente ans d’admiration pour une rigolote bien barrée.

C’était salle comble également pour le nouveau spectacle de Valérie Lemercier. J’étais vraiment placée dans les combles du théâtre (22 euros la place) mais avec mes voisines, nous avons eu l’idée de génie de prendre les réhausseurs rouges, utilisés d’habitude par les enfants.

Valérie Lemercier seule en scène, jusqu’au 3 janvier 2026, théâtre Marigny

J’ai passé un bon moment à me gondoler comme une baleine sans interruption pendant 1h30 de spectacle. Valérie Lemercier dépeint avec énergie une quinzaine de personnages ultra contemporains. Ce sont en majorité des femmes, de tous âges et de tous milieux sociaux. Enfin, à Paris, les admirateurs de Valoche attendent avec impatience le moment où les grandes bourgeoises vont apparaitre. La fameuse Renardière a été léguée aux Monuments de France pour en tirer plus de profit au détriment des pigeons… euh des touristes.

La mère de famille nombreuse est tout aussi savoureuse dans ses reparties quand elle se plaint de la chambre de ses enfants qui ressemble à une porcherie. Elle essaie de les convaincre de prendre exemple sur Antoine de Saint Exupéry, un aristocrate comme eux.

« C’est pas en bouffant du Galak devant Youtubeur que tu finiras sur un billet de 50 balles« 

Un seule en scène c’est comme un tour de chant, il y a des sketchs incontournables.

Qu’ importe que certains sketches ne soient pas inédits, un spectacle de Valérie Lemercier, c’est un peu comme un tour de chant de Sylvie Vartan. La Renardière c’est l’équivalent de la Maritza, on est forcément déçu si ce n’est pas au programme.

Et puis il y a des nouveaux personnages comme cette grande bourgeoise obnubilée par le lombric-composteur de l’immeuble et qui passe pour la rabat-joie auprès de tous les voisins. Valerie Lemercier est habillée tout en noir avec comme seuls accessoires une écharpe et un colis.

Cette écharpe a damiers indique à différents moments du spectacle les runnings gags efficaces de cette emmerdeuse moderne qui contraint tout son immeuble à s’abonner aux paniers de légumes de l’entreprise bien nommée Mais qu’as-tu donc dans ton panier ?.

Et puis il y a des personnages qui ne font pas rire du tout comme l’agricultrice cauchoise au tout début du spectacle. Elle raconte avec beaucoup de verve ses nouveaux voisins dealers de drogue qui déstabilisent toute la vie quotidienne de sa campagne. C’est drôle mais grinçant quand on réalise que c’est malheureusement une réalité sociale fort préoccupante actuellement.

J’ai été bien inspirée de prendre une place pour ce seule en scène car son précédent spectacle datait de 2015 au théâtre du Châtelet. Devant le succès populaire de ce nouveau spectacle qui comme les autres n’a pas de nom, Valérie Lemercier prolonge les festivités avec onze dates à l’Olympia en janvier 2026.

Ce nouveau spectacle pourrait s’intitulait Gênante 2.0 à mon avis. J’ai aimé retrouver cette actrice et humoriste que j’aime inconditionnellement depuis bientôt trente ans. Même quand un de ses sketchs me heurte et que je pense en mon intérieur : « Rhoooh quand même elle abuse ». Elle ose aller loin mais son acuité à observer les autres, à capter l’air du temps est tellement juste et sensible qu’elle arrive à faire passer les pires blagounettes de quéquettes pour de l’art lyrique.

Je recommande la critique de son spectacle par Stéphanie Blanchard dans Le Monde. L’énergie d’une petite gamine qui virevolte, fière de ses bêtises y est très bien décrit. Valérie Lemercier nous épate car malgré l’âge qui avance (61 ans cette année), la voix, le ton, l’énergie corporelle restent intacts au service du sens du détail.

C’est une constante dans son travail : on se souvient forcément de ses rôles marquants au cinéma : Aline alias Céline Dion, Agathe Cléry, Béatrice de Montmirail, Armelle de Palais royal, la princesse un peu gourde qui va prendre la revanche sur sa famille, la maman de Boule et Bill ou encore quand elle imite à la perfection Léna situations pour teaser son futur spectacle au théâtre Marigny…

Ces sorties culturelles à Paris en 2025 :
Carnets de voyages urbains·Lifestyle

Marseille jour 1 : La Major et le quartier du Panier

Le premier jour de vacances à Marseille commence un dimanche matin avec un soleil rayonnant sur le parvis de la gare Saint-Charles et ses escaliers tellement impressionnants.

Cette gare emblématique a été construite en 1848. On la voit de loin depuis l’esplanade de Notre Dame de la Garde. Bâtie également sur une colline, elle a été desservie par de grands escaliers en 1925.

Nous les descendons à pied pour traverser le quartier populaire de Belsunce et ses commerces d’alimentation maghrébins si typiques. Mais nous n’avons pas pris le temps de goûter les délicieuses pâtisseries orientales du quartier.

On rejoint la rue de la République en passant par un magnifique bureau de poste d’époque. Il est prévu une visite dans la semaine au magasin de décoration de Sophie Ferjani, décoratrice d’intérieur intervenant sur la chaîne M6.

Nous avons déjeuné en terrasse un 28 décembre au Wood non loin de la mairie de Marseille et du Vieux Port. C’était une cuisine maison sympa et accessible. Cela nous a bien aidé à atterrir sur nos pieds après le réveil aux aurores et les trente minutes d’attente sur le quai de la gare TGV de Marne la Vallée, la gare la plus frigorifique que je connaisse.

Ici c’est un tout autre climax puisque nous sommes en tee-shirts par 17 degrés et c’est un total ressourcement.

Loger au coeur du Panier, l’équivalent de Montmartre à Marseille

Nous avons trouvé un logement vraiment très bien situé en plein coeur du Panier. On appelait ce quartier La petite Naples avant guerre. Il a été raflé puis décimé par des bombardements nazis en 1944. Je l’ai appris dans un remarquable documentaire : Il était une fois Marseille, daté de 2022 sur France 3.

J’avais quelques idées reçues sur ce quartier à cause du feuilleton pas bien jojo (=caricatural) : Plus belle la vie qui a engendré du sur-tourisme pas toujours bienvenu.

Mais Le Panier est vraiment un beau quartier, très central pour se rendre au Vieux-port, au Mucem, à Notre-Dame de la Garde, à la Corniche Kennedy… Et surtout, il se trouvait à deux pas de la Major et de l’esplanade qui donne sur le port de la Joliette.

Je vous recommande la visite de la Major où a lieu l’exposition Lumières célestes de l’artiste Marcoville en ce moment .

L’art contemporain universel s’invite à la cathédrale de la Major

Marcoville propose dans la cathédrale de la Major un voyage féerique : un jardin d’Eden qui célèbre la Création en suscitant l’émerveillement et en invitant au rêve. Il n’a pas lésiné sur les moyens pour créer une scénographie grandiose à la hauteur des dimensions de la cathédrale :

  • une forêt d’arbres de 3 m de haut, allégorie du jardin d’Eden à l’entrée de la nef
  • 50 vierges à l’enfant grandeur nature le long du déambulatoire
  • 30 000 poissons en verre suspendus à 10 mètres de haut
  • 400 anges en verre transparent, sablé et or.

Que vous soyez croyant ou non, cette exposition est accessible à chacun. Dans un style naïf et très coloré, elle exprime des idées fortes comme la pêche miraculeuse avec ce filet de 30 000 poissons ou encore l’amour maternel inconditionnel : ces vierges à l’enfant, de mille couleurs.

J’ai beaucoup aimé la stylisation des anges ou de l’enfant Jésus, joufflus, en plein mouvement. On aurait envie de lui faire risette à ce beau bébé !

Marcoville est un sculpteur français qui se sert du verre destiné à la casse. Il le cisèle, le colore pour faire vibrer la matière et lui donner un sens poétique et vivant.

Il avait déjà présenté son exposition Lumières célestes dans l’église Saint-Julien à Tours en 2019 mais aussi à Cambrai. Cette exposition itinérante lui a demandé quinze années de travail. Cette rencontre entre l’architecture religieuse et l’art contemporain est fascinante !.

Lumières célestes de Marcoville, cathédrale de la Major, ouverture tous les jours de 10 heures à 17 heures, du 25 octobre 2025 au 8 mars 2026. Entrée libre.

L’esplanade de la Major est un très beau spot pour prendre des photos au coucher du soleil. On compte quelques commerces sous les arcades de la cathédrale comme le bar à chocolat Espérantine. La création de grands musées nationaux comme le Mucem ou la reconstitution de la grotte Cosquer a considérablement changé la morphologie du quartier.

Le tourisme a totalement remodelé le bassin de la Joliette.

Dans de vieux films des années 2000 comme Love Actually ou Taxi, le bassin de la Joliette c’était des friches industrielles avec de grandes grilles. Maintenant place aux touristes du monde entier qui descendent des bateaux de croisières et qui viennent déambuler sur les quais des musées.

Prochain article : Marseille jour 2, les îles du Frioul et le Mucem !

Romans·Sociologie

Ces livres que j’ai aimé lire en 2025

Cette année, j’ai quelque peu délaissé les romans car il était rare que je trouve mon bonheur. Il manque du rêve et de la féerie dans la littérature actuellement. C’est à l’image de la société pour dénoncer des abus de pouvoir mais c’est sacrément pesant. Le raz de marée de La Femme de ménage m’a beaucoup déprimée : c’est glauque, mal écrit et cela entame notre confiance en notre prochain.

Voici quelques pistes essais, romans et BD si vous cherchez quelque chose de joyeux et qui redonne espoir en l’humanité !

Des récits de vie écrits par des personnes courageuses qui aiment leur prochain

Mamie charge, Brigitte Lips avec Anne-Marie Taillandier, éditions Salvator, 16€

J’ai découvert ce très beau livre en janvier en débutant mon travail au journal La Vie à travers sa rubrique phare Les essentiels qui donnent la parole à des anonymes comme des célébrités pour expliquer en quoi leur spiritualité guide leur quotidien.

J’ai tellement aimé lire le parcours de cette retraitée qui se dévoue pour ouvrir son garage aux migrants qui tentent de traverser la manche. Elle met sa foi chrétienne en pratique chaque jour. J’ai retrouvé les valeurs du Pas de Calais chères à ma grand-mère, dans son parcours. L’histoire personnelle de Brigitte m’a fait penser à celle de Roseline Hamel qui vient aussi du Pas de Calais.

Sœurs de douleur, Roseline Hamel et Nacera Kermiche, XO éditions


Elle est la sœur du père Hamel assassiné pendant la messe dans son église : Roseline Hamel. Elle est la mère de l’un des deux terroristes tués lors de l’assaut : Nassera Kermiche. Elles sont devenues amies alors que le pire devait les séparer. Sœurs de douleur, on ne pouvait pas trouver meilleur titre pour résumer ce livre.

Il s’agit d’un récit à trois voix puisqu’un journaliste de Pèlerin magazine les accompagne dans ce récit d’une grande pudeur et sensibilité. En sept chapitres où s’alternent les récits de Roseline et de Nacera, Samuel Liéven retrace plus de huit années de deuil pour l’une et pour l’autre depuis l’attentat qui a eu un retentissement médiatique dans le monde entier.

Y’aura t’il un paradis pour moi, Frère Benoît Dubigeon, éditions Artège.

J’ai découvert ce formidable récit en lisant le dossier sur l’action de Robert Badinter dans les prisons, un dossier du journal La Vie à l’occasion de son entrée au Panthéon début octobre. Frère Benoit Dubigeon fut longtemps aumônier de prison à Fleury-Mérogis. Il raconte sa rencontre authentique avec Théo, un jeune homme qui a tué une mère de famille dont il été amoureux. Il n’a pas supporté qu’elle l’abandonne comme tous ses proches avant elle. Théo va vivre un très beau chemin de foi en expérimentant le pardon et la rédemption. Sans conteste, le livre le plus poignant que j’ai lu cette année ! .

Au château de l’ogre, Marie France Bokassa, Flammarion.

J’ai découvert son témoignage poignant dans l’émission Ça commence aujourd’hui de Faustine Bollaert sur France 2. C’est l’histoire de Marie-France, l’un des dix-sept enfants du dictateur de Centre-Afrique Bokassa. Elle a grandi un temps dans un pensionnat en Suisse avec un chauffeur et des domestiques mais elle a aussi connu la faim et les brimades. C’est une voisine du village qui l’a hébergé et l’a éduquée comme sa propre fille a qui elle doit son salut. Son récit m’a bouleversée car elle n’a jamais connu sa maman qui était asiatique et son géniteur l’a privé de tous contacts avec elle.

De beaux romans avec des histoires d’amour, une maman dévouée à son fils handicapé…

Rendez-vous ici, David Nicholls, Belfond

Au fil des chapitres, on se laisse rapidement embarquer par cette randonnée avec ses étapes interminables où ils terminent chaque jour trempés comme des soupes. Les personnages connexes à l’histoire vont rapidement abandonner le projet mais les deux solitaires de l’équipée n’ayant pas d’autres échappatoires vont persévérer ensemble car c’est très important pour eux.

Traverser les montagnes et venir naître ici, Marie Pavlenko, éditions Les escales

Un roman poignant et lumineux qui raconte le deuil, la solidarité et l’espoir. Astrid a tout perdu. A quarante ans, plus rien ne la retient, alors elle part. Elle achète sans l’avoir visitée une maison isolée dans la région montagneuse et sauvage du Mercantour. Parmi ses bagages, un carton marqué d’une croix rouge, ce qu’il lui reste de sa vie passée. Soraya a tout laissé derrière elle. Sa Syrie natale, sa famille, ses amis, son insouciance.
Elle traverse la montagne pour rejoindre la frontière française en se cachant de la police. Dans son ventre, une vie qu’elle déteste grandit.

Deux destins de femmes inoubliables. Deux douleurs indicibles qui se rencontrent et s’apprivoisent. Un roman magistral qui malmène nos émotions tout au long de l’histoire. J’ai été secouée par sa lecture car les épreuves traversées par ces deux femmes sont révoltantes. Mais on ne peut pas lire que des romans feel good, c’est la réalité actuelle de bon nombre de migrants.

La vie qui reste,Roberta Recchia, J’ai lu

J’ai tout de suite accroché à ce roman car la situation initiale est parfaitement écrite et accrocheuse. Condition sine qua non pour que je poursuive ma lecture. Pour un première roman, j’ai été impressionnée par le style de l’auteure : la force de la narration et de l’expression des émotions. Dès les premières pages, on plonge rapidement dans l’ambiance du roman. C’est un roman typiquement italien où l’on exprime pleinement ses sentiments sans détour.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Roland Perez, Les escales, 2021, 19€

C’est de loin mon plus beau coup de coeur cinématographique et littéraire de cette année. Je l’ai lu d’une traite car le personnage d’Esther, la maman juive m’a captivée. Son entêtement et ses mensonges éhontés m’ont fait éclater de rire. Ils sont le témoignage émouvant d’un amour maternel inconditionnel et d’une foi qui déplace les montagnes. J’ai eu la grande chance de rencontrer son auteur au festival du livre de Paris en avril.

J’espère que cette sélection de livres vous apportera espoir et inspiration pour 2026 !

Foi chrétienne·Ile de France et Paris

Tels Quasimodo, l’ascension des tours de Notre Dame de Paris en famille

Je suis très contente de mon idée de cadeau de Noël pour mes parents qui vivent en Ardèche. Le 24 décembre, nous avons emprunté plus de 400 marches pour accéder au sommet de la cathédrale la plus connue dans le monde : Notre-Dame de Paris (69 mètres de haut).

Quand j’avais dix ans, mes parents nous avaient organisé en une journée le combo infernal du touriste : le matin, tôt on arrivait à la station Charles de Gaulle-Etoile. Arc de triomphe, descente des Champs-Elysées, Tuileries avec visite au musée du Louvre pour terminer la journée avec Notre Dame de Paris. Nous étions sur-stimulés par toutes ces merveilles que l’on voyait à la télé et nous n’imprimions plus rien.

Mais mon meilleur souvenir de cette journée, c’est d’arriver à pied sur le parvis de Notre Dame de Paris (là se trouve le kilomètre zéro) parce que les cathédrales ça éblouit les enfants. 800 ans d’Histoire, le Moyen-âge !

Et puis on était en pleine mode Notre Dame de Paris avec le dessin animé Disney et la comédie musicale : « Beeellle« . J’ai véritablement retrouvé cette émotion en grimpant les tours, on se sent familier de la cathédrale et c’était fort émouvant.

« Votre Dame de Paris« 

Surtout, j’ai aimé visiter la cathédrale avec mes parents et ma fille. Elle a vraiment aimé sa visite et elle était très intéressée par les cloches que l’on pouvait voir de très près.

Comme c’était mission impossible d’entrer dans l’église en cette période de fêtes, j’avais réservé quatre billets payants pour les tours. Depuis le 20 septembre dernier, un tout nouveau parcours de visite est mis en place par le Centre des monuments nationaux. On entre par une grille sur le côté droit du parvis par groupe de quinze personnes.

Les escaliers sont étroits mais accessibles (1), ensuite nous arrivons dans une magnifique salle voutée qui sert de librairie boutique avec des maquettes de la cathédrale (2). J’ai tellement aimé cette pièce qui servait à accueillir les pauvres ou bien les pèlerins. Puis, nous avons monté les marches d’un escalier hélicoïdal(3)tout en bois avec une très belle charpente. Il y avait des belles baies avec une vue exceptionnelle sur les chimères en pierre et les statues en métal qui bordaient le transept.

Ensuite, l’escalier en pierre est devenu de plus en plus étroit pour arriver au sommet de la tour-clocher. La vue sur Paris est imprenable mais vertigineuse et à tous les vents. C’est l’endroit idéal pour une demande en mariage mais attention, vous ne pouvez y rester que cinq minutes.

Cette visite des tours est géniale pour avoir une vue d’ensemble de la cathédrale, entre ciel et terre. Puis nous redescendons vers la terrasse en pierre (7), un lieu unique lui aussi où l’on voit bien les visiteurs en contrebas qui ressemblent à des fourmis.

J’avais déjà fait la visite des tours en 2012 (mon premier date avec mon mari) mais il n’y avait pas du tout cet effort de muséographie. On montait à la terrasse de la cathédrale, point barre. Puis, nous passons par l’autre tour pour admirer la cloche qui était dans la flèche et qui n’est plus utilisable depuis l’incendie en 2019.

Je ne pensais pas que les cloches allaient autant m’intéresser. La cathédrale de Notre-Dame comptent dix cloches dont un bourdon qui s’appelle Emmanuel. Il n’a pas été fondu lors de la Révolution française.

Les cloches de Notre-Dame ont une forte symbolique quand elles sonnent la fin de conflits, les grandes fêtes liturgiques ou encore les évènements marquants de la cité qu’ils soient tragiques ou joyeux : la Libération de Paris en août 1944 ou dernièrement les 10 ans des attentats de novembre 2015.

« Renaître de ses cendres comme un phénix. Comme Notre-Dame de Paris »

Saison 5 d’Emily in Paris

Tours de Notre Dame de Paris, parvis Jean-Paul II, réservation de créneaux horaires toutes les 15 minutes, entrée gratuite pour les moins de 26 ans, billet plein tarif à 16€.

En attendant d’admirer les vitraux réalisés par Claire Tabouret dans les chapelles de Notre-Dame de Paris en décembre 2026, voici un aperçu de l’exposition au Grand Palais.