Treize ans après Alain Chabat, Philippe Lacheau et sa bande partent en Palombie sur les traces du célèbre Marsupilami ? En quoi ces nombreuses adaptations au cinéma et en dessins animés traduisent elles un besoin de tendresse, d’exotisme et de mignonnerie grâce à un animal sauvage et imaginaire crée en 1952 par André Franquin. Il est selon moi le pape de la BD belge avec Hergé.
Au départ en 1952, le Marsupilami était un personnage secondaire des aventures de Spirou et Fantasio, scénarisées et dessinées par André Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe. A partir de 1987, Marsupilami devient un personnage principal avec sa propre série toujours en cours puisque 42 tomes de ses aventures continuent de divertir différentes générations de lecteurs.

Le marsupilami est la contraction des mots marsupial et ami. Mi-guépard, mi- singe, cet animal sauvage imaginaire doté d’une force surhumaine se sert de sa queue comme une longue liane pour venir en aide aux humains ou pour se sortir lui et sa famille des situations les plus catastrophiques dans sa Palombie natale.
Mon album favori, c’est Le nid du Marsupilami qui date de 1960 (cela ne nous rajeunit pas). Seccotine, la reporter intrépide mais aussi gaffeuse du journal Spirou, organise une conférence de presse pour y annoncer qu’elle a découvert une famille de marsupilamis dans la forêt palombienne. D’affreux jojos comme le chasseur Blackalive vont se lancer à leur poursuite pour leur belle fourrure tant recherchée.
J’aimais beaucoup regarder enfant les dessins animés du Marsupilami sur France 3 car c’était dynamique et joyeux ses Houba houba avec Madame et les enfants qui le suivent partout. Le marsupilami est un père de famille comme les autres, ses bébés s’éloignent du nid pour faire des bêtises ou se mettre en danger, il les ramène manu militari au bercail..
Mais je trouve que les films d’animation d’ Alain Chabat : Sur la piste du Marsupilami (2012) et Marsupilami de Philippe Lacheau (2025) sont faits pour les adultes avec des blagues un peu olé olé peu compréhensives et osées pour les enfants.
Néanmoins, j’aime beaucoup le film d’Alain Chabat, on sent que c’est un passionné de BD qui a compris les univers créatifs de Franquin et du duo Goscinny/Uderzo quand il adapte leurs BD en films. Et puis Jamel Debbouze a cette âme d’enfant émerveillé devant le Marsupilami…
Franquin, élève de l’école de Marcinelle, celle des gros nez et de la ligne sombre.
J’aime beaucoup André Franquin (1924-1997) qui est une référence de la bande dessinée belge au même titre que René Goscinny en France. Il fait partie de l’école de Marcinelle qui compte parmi elle Roba, le créateur de Boule et Bill mais aussi Morris, Peyo, Uderzo, Walthéry, le créateur de Natacha… Cette école se distingue de celle de Bruxelles et de la ligne claire menée par Hergé avec Tintin depuis 1929.
A quand une grande rétrospective Franquin dans un musée des Beaux-arts ? .
J’aime beaucoup l’univers de Franquin pour la qualité de son humour, des références poétiques que l’on perçoit dans les albums de Gaston Lagaffe mais aussi le Marsupilami : la luxuriance de la jungle en Palombie par exemple. J’ai beaucoup aimé approfondir mon amour de la lecture avec ses albums entre 7 ans et 9 ans.
On reproche un peu à Franquin de représenter une Amérique du Sud d’opérette mais c’est aussi ça qui me plait !. C’est fantasque et exotique, on s’évade grâce à la BD. André Franquin a été fortement influencé par les dessins animés de Walt Disney mais aussi ceux de Tex Avery.
Je ne comprends pas pourquoi le Grand Palais qui a organisé une vaste rétrospective dédiée à Walt Disney en 2007 puis qui honora Hergé en 2017, ne célèbre pas bientôt l’art d’André Franquin.
La cité des sciences avait pourtant proposé une exposition Le monde de Franquin en 2005 mais elle est passée relativement inaperçue.
Trois albums représentatifs de la ligne sombre de l’école de Marcinelle.














































































