Ile de France et Paris

Un samedi de mai à la Foire du Trône à se marrer dans les manèges en famille

Nous avons planifié une sortie en famille pour clôturer les vacances de Pâques : la foire du Trône. D’habitude, c’est un lieu que je fuis à toute jambes à cause du bruit et du monde.

Mais comme ma fille a bien grandi (elle a sept ans), je me suis dit que c’était une bonne occasion de se divertir tous ensemble. Et nous nous sommes éclatés : de quoi faire de bons souvenirs en famille. Les joies simples en ce moment, c’est précieux.

On a vraiment passé un super moment et donc je voulais vous donner quelques conseils pour que la fête ne vire pas à la corvée pour vous.

La foire du Trône ouvre ses portes dès midi mais la plupart des manèges n’ouvrent que vers 13h30. Nous avons pris le bus 46 depuis la gare routière de Vincennes. Cette ligne de bus est fantastique car elle permet de découvrir le parc zoologique avec son fameux rocher mais aussi le lac Daumesnil.

La porte Dorée, vestige de l’exposition coloniale de 1931

A la station porte Dorée, vous pouvez admirer une statue toute dorée entourée de palmiers. Il s’agit d’une allégorie de la France qui apporte paix et prospérité aux colonies, sculptée par Drivier. Elle se trouve non loin du Palais de la porte dorée qui abrite le musée de l’histoire de l’immigration et l’aquarium tropical. C’est un joyau de l’Art déco que je n’ai encore jamais visité alors que je vis à Paris depuis vingt ans (quelle honte !).

Le square Van Vollenhoven, le havre de paix avant le tumulte des manèges.

Nous avons mangé dans le square Van Vollenhoven crée en 1937. Il abrite une fontaine conçue pour l’exposition coloniale de 1931. Ce square de 3600 m² est un véritable havre de paix pour les familles. C’est l’occasion pour les enfants de bien se dépenser dans l’aire de jeux avant la fête foraine. Nous voulions manger sain et bon marché car les stands de la Foire du trône ne sont pas donnés et les pelouses du Lac Daumesnil sont vites bondées quand il fait beau.

Apprendre à son enfant que les loisirs c’est un budget à prendre en compte.

Nous avions donné un budget de vingt euros à notre fille pour faire trois manèges et ensuite elle complétait avec sa tirelire si elle voulait faire d’autres loisirs. ce fut une bonne occasion de lui apprendre à gérer son argent.

Les trois manèges choisis resteront des super souvenirs : le palais du rire (6€ par enfant), la grande roue (6€ par adulte, 4€ par enfant) et Kongo (la promenade en rondins qui éclaboussent) que nous avons fait tous les trois (5€ par personne).

La grande roue gérée par Montalétang et fils est très généreuse car nous avons pu faire huit tours de grande roue sans station au sommet (mon angoisse récurrente). La vue sur le bois de Vincennes et le château d’un côté, Paris de l’autre est un enchantement.

Chaque année, la foire du Trône attire trois millions de personnes, le long du lac Daumesnil, on voit des voitures des plaques d’immatriculation de la France entière garées sur au moins deux kilomètres. Il faut vraiment privilégier les transports en commun pour vivre une bonne journée en famille.

Pour la première fois, j’ai été un peu attentive à la vie quotidienne des forains qui travaillent ici. On voit leurs caravanes juste à coté des manèges et nous avons même repéré une église sous une tente à côté d’un manège.

Au départ, c’était la foire aux pains d’épices au Moyen-Age, avenue du Trône…

Au Moyen-âge, il n’y avait pas de grand-huit ni de churros, la première foire du Trône s’appellait la foire aux pains d’épices organisée par une abbaye du 12eme arrondissement, avenue du Trône pendant la semaine sainte. La mairie de Paris qui l’organise chaque année a décidé de la déplacer sur les pelouses de Reuilly en 1964.

Jusque dans les années 1980, avant l’essor des parcs d’attraction comme Disneyland Paris ou le parc Astérix, c’était les fêtes foraines qui proposaient des attractions sensationnelles exclusivement.

La fête foraine c’est vraiment une ambiance intemporelle, très esthétique avec des couleurs, des musiques, des saveurs de barbes à papa qui collent aux dents…Je me suis régalée à faire de belles photos avec de chouettes compositions. Le bois de Vincennes est un bel écrin de verdure qui s’y prête tellement au printemps. Ce serait tellement dommage de délocaliser la foire plus loin.

Le lac Daumesnil est un lac artificiel de douze hectares qui comporte deux îles accessibles en barques en bois depuis 1904, date de début du canotage. Ce loisir fait le charme du lieu. La location d’une barque pour quatre personnes durant une heure coûte quinze euros. Le bois de Vincennes compote quatre lacs : le lac Daumesnil, le lac de Gravelle, le lac de Saint Mandé et le lac des Minimes.

Ce poumon vert indispensable à la capitale a été crée sous le second Empire par l’ingénieur Alphand à qui on doit également le jardin d’Acclimatation ou le parc des Buttes-Chaumont vers 1860. A l’époque, l’industrialisation prenait tout son essor et les Parisiens avaient grand besoin d’aller s’oxygéner en bord de Seine et de Marne mais aussi dans les parcs les plus proches de Paris.

Prochaine sortie en famille pour l’un des ponts du mois de mai : le parc zoologique dans le bois de Vincennes.

Carnets de voyages urbains·Lifestyle

Deux pépites de la Drôme, ma patrie : La cité du chocolat Valrhona, à Tain L’Hermitage et le palais idéal du facteur Cheval à Hauterives

Influencée par les contenus lifestyle des réseaux sociaux, je me suis décidée à visiter des pépites culturelles situées à moins de cent kilomètres de chez mes parents : la cité du chocolat de la marque Valrhona à Tain l’Hermitage et le palais idéal du facteur Cheval à Hauterives dans la Drôme.

Tain l’Hermitage, c’est le pays de la vigne mais aussi du chocolat : Valrhona et sa cité du chocolat

Sitôt descendues du train (Tain l’Hermitage possède une gare TER sur la ligne Lyon-Marseille), nous avons visité la cité du chocolat. Elle se situe en centre-ville le long de la mythique Nationale 7.

Les poids lourds jouaient un peu les trouble-fête dangereux pour traverser la route mais c’est un très beau musée. Grâce à votre billet de train, vous pouvez avoir droit à une réduction bas carbone (9.50€ l’entrée: le tarif réduit). La cité du chocolat se déploie au rez de chaussée et au premier étage.

On vous montre les différents lieux d’Amérique du Sud d’où vient le cacao et ses différents arômes.

Je reconnais que nous étions plus intéressés par les distributeurs de mini chocolats en dégustation libre régulée par le code barres de notre ticket d’entrée que par les panneaux explicatifs.

L’accent est mis sur les différentes zones où l’entreprise importe du cacao : le Brésil, Madagascar, le Pérou, la Côte d’Ivoire…

J’ai beaucoup aimé cette visite mais je l’ai trouvé un peu trop institutionnelle et peu adaptée aux enfants qui ne savent pas lire (il y a beaucoup de panneaux qui détaillent des processus de fabrication un peu techniques). J’avais par le passé visité la chocolaterie Menier à Noisiel sur Marne qui m’avait enchantée car on voyait de visu les lieux de fabrication. Il y avait une histoire dans les lieux, ce qui m’a manqué à la Cité de la chocolaterie.

La chocolaterie Menier à Noisiel
Une chocolatière du 18eme siècle, vue dans les tableaux de Boucher, Fragonard…

J’ai été plus attentive à l’étage pour la présentation de la marque Valrhona. Elle a été fondée en 1922, son nom est inspiré par sa géographie en vallée du Rhône.

A l’étage, une frise chronologique retrace l’évolution de l’entreprise : une petite chocolaterie familiale qui s’est agrandie et spécialisée dans la technique des couvertures en chocolat.

On y voit la machine à écrire Remington de l’entreprise, les moules en métal pour fabriquer d’adorables petits chocolats en forme de caniches ou d’immenses œufs de Pâques.

Moules en métal en forme de caniches

Valrhona est une marque reconnue dans le monde entier. Elle a fondé cinq écoles du chocolat : Tain l’Hermitage, Paris, Brooklyn, Dubaï et Tokyo. Rue des archives à Paris, nous avons été éblouis par leur savoir-faire : ils avaient réalisé une maquette gigantesque de Notre Dame de Paris en chocolat.

Plus localement, voici un hommage au palais idéal du facteur Cheval de Hauterives, que nous avons visité quelques jours plus tard.

La cité du chocolat-Valrhona, RN7, Tain l’Hermitage, 12€ plein tarif, 9€50 tarif réduit, 10% de réduction en boutique grâce à votre ticket d’entrée. Achat personnel

Portée par ma lancée de visiter ces pépites de la Drôme, ma patrie que je ne connaissais pas, j’ai planifié une visite en famille du palais idéal du facteur Cheval, le jour de mon anniversaire. Je suis un peu chauvine mais cet ovni de l’histoire de l’art c’est une grande fierté pour notre département, un peu comme Antoni Gaudi à Barcelone

Le palais idéal du facteur Cheval : une merveille à Hauterives

J’ai lu en 2018, la biographie du facteur Ferdinand Cheval écrite par Nils Tavernier, éditions Flammarion. Il a également réalisé ce film porté par Jacques Gamblin dans le rôle titre et Laetitia Casta qui joue son épouse. J’avais visité le palais avec ma famille quand j’avais quatre ans et sur les photographies, le lieu me paraissait vertigineux à hauteur d’enfant.

Trente-cinq ans plus tard, j’ai trouvé les proportions de l’édifice beaucoup plus modestes mais l’ampleur symbolique du projet est tout de même saisissante : un homme qui a travaillé pierre par pierre pour créer un tel projet à mi chemin entre architecture et sculpture.

Un petit musée drômois pour un monument artistique unique au monde

J’ai beaucoup apprécié l’accueil et le professionnalisme du personnel de ce site touristique. On nous a distribué un livret d’accueil qui explique comment a été conçu ce petit édifice en pierre de dix mètres de haut avec toute une cosmologie et une iconographie de l’histoire de l’art mondiale inspirée par l’essor des cartes postales touristiques.

Ferdinand Cheval était le facteur d’Hauterives dans la Drôme des collines, il parcourait chaque jour une tournée d’une trentaine de kilomètres sur des sentiers très vallonnées dont il connaissait à force la géologie par coeur. Ce palais idéal unique en son genre fait rayonner un petit coin de campagne drômoise dans le monde entier, un peu comme Andrée Imbert, la cuisinière des Kennedy.

Hauterives a reconnu tardivement le génie artistique de son facteur.

Début 20eme siècle, les habitants d’Hauterives se moquaient du facteur foldingo mais aujourd’hui la plupart des commerces: la boulangerie, le vendeur de vélos, les cafés se réclament tous de lui pour faire commerce : les vélos de Ferdinand par ci, les miches du facteur par là. Les cafés voisins sont vraiment adossés au site, on peut se sentir un peu oppressés.

Le facteur Cheval était en tout cas un visionnaire qui n’hésita pas à intenter un procès pour droit à l’image à un vendeur de cartes postales qui avait photographié son palais sans son autorisation. Ferdinand Cheval organisa aussi une visite payante de son œuvre, il comptait une comptabilité dans ce registre.

Le palais idéal du facteur Cheval, chef d’œuvre unique en son genre de l’art naïf attire chaque année 260 000 visiteurs venus du monde entier

La petite guinguette, voisine du palais idéal du facteur Cheval

Palais idéal du facteur Cheval, 6€50 tarif réduit, ouvert toute l’année tous les jours, réservation conseillée sur le site. Achat personnel.

Hauterives est beaucoup moins accessible en TER que Tain l’Hermitage, la gare de Saint-Vallier ou de Romans sur Isère se trouvent à 30 minutes du palais idéal du facteur Cheval.

Carnets de voyages urbains·Romans·Sociologie

Le temps n’est jamais perdu à Cabourg en famille début avril

Pendant longtemps je ne connaissais que Trouville-Deauville où j’aimais particulièrement venir en hiver pour le calme de sa plage si revigorant même par temps gris.

Puis, j’ai découvert Cabourg. Nous n’avons pas de voiture personnelle et les stations balnéaires de Normandie sont souvent de vrais entonnoirs infernaux pour se garer et circuler. Alors on privilégie le train.

Je vous recommande le trajet en TER Trouville-Deauville/Cabourg qui dure 40 minutes et qui coûte 13€20 l’aller pour un adulte. C’est le plus beau trajet en TER que j’ai fait avec vue plongeante sur la plage d’Houlgate et cette Manche si proche.

La vue depuis notre studio dans la rue principale, avenue de la Mer

Une station balnéaire accessible en train depuis les années 1870.

La gare de Dives-Cabourg est minuscule, elle se trouve à quinze minutes à pied du centre-ville. On compte environ 3700 Cabourgeais qui vivent ici à l’année. Dans les années 1870, le chemin de fer a drainé les Parisiens les plus aisés qui venaient humer le meilleur air iodé sans encore se jeter à l’eau.

Cette manière d’apprivoiser la plage est très bien documentée par un petit film en noir et blanc diffusé en introduction de l’exposition permanente de la Villa du temps retrouvé.

Un cousin a retracé l’arbre généalogique de ma famille dans le Pas de Calais depuis le 17eme siècle. Je me demande bien si mes ancêtres nés dans les années 1870 allaient déja à la plage du côté de Merlimont et dans quelles tenues…

La villa du temps retrouvé ne m’a pas vraiment épatée par son architecture mais j’ai beaucoup aimé son exposition permanente et ses jardins. Son parti-pris est original : il s’agit d’un musée Belle époque qui se visite comme une maison avec une exposition qui se réinvente chaque année depuis son inauguration en 2021 grâce aux prêts de musées régionaux.

Renoir, Bonnard, Monet sont ainsi exposés dans la villa qui conserve aussi des objets d’époque comme un téléphone du 19eme siècle ou les premières machines de cinéma.

C’est très didactique pour les enfants. J’ai également beaucoup aimé l’exposition temporaire dédiée à l’Orient express, ce train de légende ! .Le musée a reconstitué un wagon restaurant en bois du mythique train. Tous les visiteurs disaient la même chose devant cette reconstitution : « Qu’est ce que c’est chic !. »

Une statue en bronze de Marcel Proust pour accueillir les visiteurs du musée.

Je connais très mal l’œuvre de Marcel Proust a part l’incippit du Côté de chez Swann que j’ai étudié à l’université : « Longtemps je me suis couché de bonne heure ».

Mais il faut reconnaître que Marcel Proust est l’ambassadeur de Cabourg comme Monet à Giverny. La promenade qui porte son nom est un lieu remarquable du littoral normand que nous avons beaucoup aimer arpenter pendant deux jours.

Je me souviens que l’un des personnages du film américain Little Miss Sunshine : l’oncle gay interprété par Steve Carell était un spécialiste de l’œuvre de Marcel Proust a l’université. Proust est tellement iconique qu’un anonyme a fait une mini mosaïque style manga de l’écrivain sur un des murs de l’entrée de la villa.

D’autres villas cossues du front de mer montrent l’opulence de Cabourg au 19eme siècle.

Cette station balnéaire réputée était le lieu de rendez-vous de la bourgeoisie européenne : française, suisse, anglaise, belge et russe entre 1870 et 1914, avant que la première guerre mondiale n’éclate. Il y a une villa qui m’a coupé le souffle par son faste. Il s’agit de la Villa Marie-Antoinette avec son porche en bois sculpté, ses épis faîtières en céramique, typiques du pays d’Auge, ses tourelles et ses colombages.

C’était aussi beau que l’hôtel Normandy à Deauville. Je réfléchirai à y réserver une nuit une prochaine fois. Si vous êtes un fana d’architecture balnéaire, je vous recommande le circuit de visite guidée des villas de Cabourg organisé par l’office du tourisme de la ville.

Cabourg, la reine des plages familiales.

Cabourg est la plage idéale pour les familles avec sa promenade-jetée très accessible pour les poussettes. C’est très différent des magasins de luxe de Deauville : ce sont les villas Belle époque cossues qui volent la vedette à Dior, Chanel ici…

Il y a une rue principale l’avenue de la Mer qui débouche sur le casino et le Grand- hôtel cher à Marcel Proust. Nous avons déjeuné au Café de la jetée, un des plus anciens cafés de Cabourg avec une très belle vue et un accueil très sympathique. Mais malheureusement, on ne s’est pas régalé avec nos plats: on s’est demandé si ce n’était pas industriel.

Par contre le soir, c’était bien meilleur ! Nous avons diné au restaurant La factory situé avenue de la Mer. Nous sommes restés deux nuits à Cabourg lors du week-end de Pâques. Nous étions logés avenue de la Mer dans un studio très lumineux qui donnait sur la rue. Heureusement, les restaurants de Cabourg ont une bonne capacité d’accueil lors des ponts de printemps.

Train Paris Saint-Lazare/ Dives-Cabourg via le TER Nomad, environ 2h57, correspondance à Trouville-Deauville et Lisieux. Achat personnel.

Il se trouve que pendant notre week-end à Cabourg, je lisais le roman Donut girl de Lauriane Bordenave, publié par les éditions Les escales. Il se déroule pendant le débarquement allié sur les plages de Normandie, non loin du Calvados.

Quand on traversait les paysages de bocages normands, on peut se rendre compte que les chars américains ont eu du mal à progresser les semaines suivants le 6 juin 1944.

Émerveillés par la vue sur la plage d’Houlgate en train, ce sera notre prochaine destination pour les beaux jours. Retrouvez ici nos précédentes excursions en famille, à moins de deux heures de Paris.

La carte du Calvados, dans la gare de Trouville-Deauville

Expos·Ile de France et Paris

Renoir et l’amour, la modernité heureuse. Le déjeuner des canotiers revient en terre natale, le temps d’une exposition évènement

C’est l’exposition phare de ce printemps pour célébrer les quarante ans du musée d’Orsay. Il s’agit d’une grande rétrospective consacrée à Renoir, le peintre du bonheur et de l’amour. La dernière exposition d’envergure qui lui fut consacrée date de 1985.

Je suis un peu partagée au sujet de l’œuvre de Renoir. Pour moi, ce peintre impressionniste, mondialement connu, s’est retrouvé associé aux boites à gâteaux de mamies avec ses scènes de genre un peu surannées.

Mais c’est aussi un des chefs de file de l’impressionniste dont les tableaux sont partis dans les plus grands musées du monde ou dans les collections privées car leur prix se sont envolés sur le marché de l’art. On évalue la production artistique de Renoir à plus de 4000 tableaux, il était également sculpteur et dessinateur.

Je n’étais pas la seule à aller voir l’expo Renoir et l’amour, un vendredi midi…

Comme je le craignais, j’ai visité l’exposition Renoir et l’amour dès les premiers jours d’ouverture, un vendredi à la pause déjeuner avec 250 paires d’yeux qui se posaient sur les mêmes tableaux que moi, au même moment. Nous n’avons pas joué des coudes (on est civilisés tout de même) mais je ressens vraiment une sorte de frustration face à ce surtourisme constant dans les musées.

J’ai voulu aller voir cette exposition car Renoir est le peintre du bonheur, la joie de vivre exprimée dans les guinguettes et les bals populaires. Dès le 19eme siècle, Renoir a su capter la solitude croissante de la vie urbaine, un des effets néfastes de l’industrialisation de la société.

J’ai donc choisi deux tableaux emblématiques de cette exposition pour analyser en quoi ils sont révélateurs de cette modernité heureuse, revendiquée par Renoir les vingt premières années de sa carrière (1865-1885).

La grenouillère (1869)

J’aime beaucoup ce tableau qui se déroule sur une petite île de Croissy sur Seine, non loin de Chatou. La composition est vraiment audacieuse et la manière dont sont représentés les mouvements de l’eau sont ingénieux : c’est le génie de l’impressionnisme. Ce tableau est révélateur d’une société parisienne qui vient s’amuser sur les bords de Seine : les fameuses guinguettes !

Le déjeuner des canotiers, 1880-1881 : la plus belle scène de genre de l’histoire de l’art selon moi.

Il fait bon vivre du coté de l’ile des impressionnistes à Chatou, sur les bords de Seine. Le restaurant Fournaise où cette mythique scène a été peinte est toujours en activité, on peut même visiter le hangar à canots et autres yoles, comme à l’époque.

Intense émotion pour moi de l’avoir vu en vrai de vrai tout de même !

Renoir en révait depuis longtemps d’un tableau avec des canotiers. Lui qui aime tant les fêtes galantes peintes par ses ainés du 18eme siècle : Watteau, Fragonard et Boucher. Parmi les treize convives de la plus belle scène de genre de l’histoire de l’art selon moi, on reconnait Aline Charigot, la maîtresse du peintre avec son petit chien, mais aussi Gustave Caillebotte

Ce tableau me fascine depuis le film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Amélie a pour voisin Raymond Dufayel, un homme retranché chez lui à Montmartre car il souffre de la maladie des os de verre. Il reproduit chaque année le tableau Le déjeuner des canotiers, conservé à Washington dans une collection privée américaine. Amélie se lie d’amitié avec lui et il va l’aider à briser sa carapace grâce aux personnages du tableau, prétextes pour évoquer l’enfance et les sentiments d’Amélie.

Je voudrais écrire une thèse en quarante pages sur le film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain tant il est représentatif du Montmartre de carte postale que nous aimons tant.

Mais le sujet c’est Renoir ! Je pense que Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur du film a choisi un tableau de Renoir car il a longtemps vécu une vie de bohème à Montmartre à l’image de l’un de ses tableaux les plus connus : Le bal du moulin de la galette, conservé au musée d’Orsay. Par ailleurs, la balançoire qui a inspiré son tableau du même nom est conservée au musée de Montmartre dans le jardin.

2026, c’est aussi l’année du centenaire de la mort de Claude Monet. Renoir et Monet étaient de la même génération, ils ont tous les deux connus cette gloire sur le tard. Ils étaient amis et Auguste Renoir a réalisé de nombreux portraits de la famille de Claude Monet.

En fin de compte, je réalise que même si je trouve souvent qu’une énième exposition sur l’impressionnisme manque d’originalité, je m’y déplace quand même, c’est affectif. Ce sont des scènes du quotidien familières qui nous rassurent et qui continuent tout de même de nous émerveiller.

Je vous recommande la visite de la maison de Monet à Giverny dès les premiers jours d’ouverture quand le printemps pointe tout juste son nez.

Renoir et l’amour, La modernité heureuse (1865-1885), Musée d’Orsay, du 17 mars au 19 juillet 2026. Nocturnes le jeudi soir jusqu’à 21h45 : tarif réduit 12€.

Ces expositions parisiennes que j’ai vu durant l’hiver 2025 :

Expos·Ile de France et Paris

J’ai parcouru en 2,30 minutes l’expo Martin Parr au Jeu de Paume : le surtourisme est aussi au musée !

C’est l’une des expos évènement de ce début d’année : la rétrospective hommage à Martin Parr, décédé le 5 décembre 2025. Ce fut un photographe anglais, emblématique de l’agence Magnum. Né en 1953, il s’est fait photographe de la banalité, captant avec audace et humour la classe moyenne britannique sous l’ère de Margaret Thatcher dans les années 1980.

Cette rétrospective au musée du jeu de Paume à Paris intitulée Global warning réunit 180 clichés de son catalogue photographique. Malheureusement, je n’imprime plus face à son travail et je vous l’explique en trois bonnes raisons :

Martin Parr est sans doute l’un des photographes les plus connus au monde au 21eme siècle. A force de photographier la mondialisation touristique, elle l’a rattrapée.

Photographier le tourisme de masse que l’on subit de plus en plus, n’est plus esthétique, c’est devenu anxiogène pour moi. Je considère la photographie comme un art qui permet de s’élever vers la beauté, s’évader grâce à de beaux paysages, un cadrage harmonieux.

Les couleurs criardes des univers artificiels que Martin Parr photographie me font désormais fuir en courant. Je reconnais que ses photographies étaient une référence pour dénoncer le surtourisme dans mes manuels d’histoire géographie au lycée, mais j’ai besoin de rêve désormais.

Photographie et surtourisme

Je pense que les réseaux sociaux ont considérablement banalisé le travail de Martin Parr : un selfie n’a plus rien d’original. Je préfère de loin quand Martin Parr utilise son esthétique au service de la beauté plutôt que pour dénoncer la médiocrité d’une société.

J’aime beaucoup la pochette de l’album de la chanteuse Louane, réalisée par Martin Parr. Il l’a mise en scène devant le club de plage Joie de vivre, dans un lieu que je connais bien : la plage de sable du Touquet, dans le Pas de Calais. C’est autobiographique car Louane vient du Nord de la France et elle fréquentait ce club de plage quand elle était enfant.

Le musée du Jeu de Paume est un centre d’art dédié à la photographie du 19eme au 21eme siècle. Il a accueilli des rétrospectives de grands artistes internationaux tels que Diane Arbus, Richard Avedon, Robert Capa, Dorothea Lange, Sally Mann, Vivian Maier, Martin Parr, Cindy Sherman

Ce lieu emblématique situé dans le jardin des Tuileries, non lieu de la place de la Concorde et du musée du Louvre, a été un espace de stockage des collections d’art spoliées par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Rose Valland, conservatrice réputée entra en résistance contre l’occupant allemand en recensant tous ces trésors. Elle va ainsi permettre à de nombreuses familles juives de retrouver leurs biens.

C’est donc un musée emblématique du centre de la capitale avec une superbe entrée qui donne sur la plus belle place du monde d’après moi : la place de la Concorde avec son obélisque doré et ses deux fontaines magistrales.

Même si je m’attendais à une pareille affluence un vendredi après-midi, j’étais tout de même dépitée de constater que désormais toutes sorties culturelles au Petit Palais, au musée du Jeu de Paume se déroulent de la même manière : une affluence fleuve dans des salles de musées exiguës.

La librairie Smith and Son : une belle découverte culturelle et historique

Heureusement, je me suis consolée avec une bonne surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout. J’ai redécouvert avec passion la librairie historique Smith and son, située rue de Rivoli, sous les arcades.

Cette librairie anglaise existe depuis 1870 et elle a été rénovée récemment. Depuis la rue, on aperçoit une sorte de petite alcôve avec un papier peint qui rappelle ceux de William Morris et un beau portrait photo de la reine Elisabeth II encadré.

Cela a suscité une telle curiosité chez moi que je me suis régalée à monter les étages. Cette librairie regorge d’idées cadeaux géniales et originales au goût si british. En particulier, les peluches Jelly cat de Londres à l’effigie de cannelés bordelais ou de pigeons parisiens. A l’étage, il y a un tea time jusque 18h30 avec un pianiste de bar à des prix beaucoup plus raisonnables que ceux d’Angélina, le salon de thé voisin.

Et si ma plus belle visite culturelle ce n’était pas finalement cette si belle librairie ce jour là ?

Retrouvez ici d’autres parcours de flâneries urbaines dans Paris :

Carnets de voyages urbains

Marseille jour 4 : La corniche Kennedy et Notre Dame de la garde

La villa d’armateur que je convoite quand je serai à la retraite

Le jour de l’an comme la plupart des musées et des restaurants étaient fermés, nous avions planifié de nous rendre sur la corniche Kennedy pour profiter du front de mer. Cet endroit est vraiment unique en France.

C’est l’un des plus beaux boulevards de mer de France comme la promenade des Anglais à Nice ou la Croisette à Cannes. Cet ancien chemin à flanc de calanques a été agrandi sous le mandat de Gaston Defferre, l’un des maires les plus emblématiques de Marseille. Elle a été renommé en 1963 en hommage au président américain assassiné à Dallas.

Son banc de béton long de 3 kilomètres offre un panorama exceptionnel sur le littoral. Cela me fait penser au banc de mosaïques inventé par Gaudi dans le parc Guëll à Marseille.

J’aimerai y passer ma retraite au quotidien. La vue sur les îles du Frioul depuis Endoume est époustouflante.

La vue sur le restaurant Le petit Nice depuis le parc Valmer

Nous avons pris le bus 83 sur le Vieux port jusqu’au parc Valmer. C’est un petit parc municipal avec des jeux pour enfants. La vue sur l’anse de la Fausse Monnaie y est imprenable. Je suis très contente d’avoir découvert ce parc en hiver quand il est désert.

Le petit Nice est un hôtel-restaurant gastronomique de luxe tenu par la famille Passédat depuis 1917. Je ne vais pas chroniquer la qualité de sa cuisine mais surtout la beauté de son architecture et cette localisation géographique idéale. Il s’agit d’une ancienne villa de style néo-grec, la villa Corinthe, transformée en restaurant. Il s’agit d’un des trois meilleurs restaurants de France, étoilé par le guide Michelin. Il se trouve dans l’anse de Maldormé.

La presqu’île de Malmousque est recherchée pour toutes ces petites criques un peu difficiles d’accès mais tellement pittoresques. Certains jeunes viennent y chercher frisson et adrénaline en plongeant du haut de la corniche Kennedy. Ils jouent ainsi au chat et à la souris avec les policiers qui cherchent à les responsabiliser face à leur conduite à risque qui peut s’avérer irréversible.

Les maisons de l’anse de la Fausse monnaie

Je vous recommande la visite des quartiers de Malmousque et Endoume même s’ils sont sacrément gentrifiés (pour ne pas dire typiquement bourgeois-bohèmes). Ils sont particulièrement prisés des Parisiens qui recherchent la mer et le soleil avec des petits coffee-shop, des épiceries fines et des stands de fruits de mer.

On peut facilement faire une grande balade à pied du parc Valmer jusqu’à la plage des Catalans à pied même si la circulation routière casse un peu la parenthèse enchantée du lieu. On a bien anticipé le jour férié en basse saison puisqu’on a choisi de prendre de quoi pique-niquer dans une excellente boulangerie d’Endoume. Elle débordait de gâteaux des rois en ce 1er janvier.

L’anse de Maldormé

C’est une brioche très sucrée et parfumée à la fleur d’oranger, avec de délicieux fruits confits. Cette couronne sucrée que l’on mange pour fêter l’Epiphanie est très répandue dans le Midi et en Espagne. Alors qu’un peu plus au nord, dans la Drôme d’où je viens, on mange plus souvent une galette feuilletée dite parisienne.

Nous avons eu beaucoup de chance le 1er janvier le matin car il y a eu un petit créneau de deux heures pendant lequel, nous avons pu profiter du soleil en bord de mer. Nous avons enfin visité le vallon des Auffes qui a été creusé en même temps que la corniche Kennedy à la fin du 19eme siècle. C’est un endroit charmant avec ses maisons de pécheurs et ses fameux pointus mais je n’ai pas été éblouie.

Par contre, j’aime énormément le parvis du monument aux morts de l’armée d’Orient et des terres lointaines, situé un peu plus haut. C’est un monument un peu énigmatique pour moi avec cette immense allégorie féminine : une victoire de 5 mètres de haut qui date de 1927.

Cette esplanade sur la mer est vraiment l’un de mes endroits favoris de Marseille. J’aime beaucoup son esthétique Art déco dont on célèbre le centenaire cette année. Marseille est vraiment une ville tournée vers l’Afrique notamment le Maghreb avec le rapatriement des pieds-noirs d’Algérie au début des années 1960.

Certes, l’Histoire est douloureuse mais j’ai beaucoup aimé le clip et la chanson Chez nous (Plan d’aou, Air bel) interprétée par Soprano et Patrick Fiori, composée en 2018 par maestro Jean-Jacques Goldman.

Nous avons terminé la promenade avec la plage des Catalans, où ma fille a même retrouvé un camarade de son école primaire de la région parisienne. La plage des Catalans, c’est l’étape incontournable de tout séjour marseillais pour moi. Hiver comme été, elle est toujours très fréquentée.

C’est vraiment le symbole de l’art de vivre marseillais que nous Parisiens jalousons ! Le bain de mer du jour de l’an, jouer au beach-volley tout au long de l’hiver…

La veille, nous avions pris le petit train touristique depuis le Vieux-port pour nous rendre à Notre-Dame de la garde, l’équivalent de la Tour Eiffel à Paris.

C’est une basilique de style néo-byzantin qui abrite de nombreux ex-voto dédiés à la Vierge pour la remercier de sa protection notamment en mer pour les pécheurs. Je suis protestante donc peu sensible à cette dévotion mariale mais j’ai tout de même été touchée par les plaques de remerciements d’avoir été épargné pendant la guerre d’Algérie par exemple.

Je me suis régalée de rédiger ces quelques articles de notre voyage à Marseille, l’une de mes villes favorites où j’aurai pu travailler en tant que libraire au Mucem en 2012. J’ai particulièrement aimé notre excursion un lundi matin de grand beau temps aux îles du Frioul et inaugurer 2026 sur la corniche Kennedy.

Retrouvez ici les précédents articles de ce carnet de voyages urbain dédié à Marseille :

Cinéma·Du livre à l'écran·Ile de France et Paris

Ces films et séries que j’ai vu en 2025 : qui sera récompensé aux prochains Césars ?

Les nominations pour les prochains Césars viennent de tomber. La cérémonie de remise des prix aura lieu le jeudi 26 février à l’Olympia (un jeudi soir, quelle ineptie !) avec Benjamin Lavernhe en tant que maitre de cérémonie.

D’ailleurs, l’affiche de la cérémonie est une référence à la comédie Le sens de la fête de Nakache et Toledano dans lequel il jouait un marié particulièrement pénible en 2017.

Chaque année, j’écris un article pour débriefer la cérémonie : les robes, les discours des remettants, les sketchs plus ou moins drôles et inspirés, les moments d’émotion quand ça pleure, ça remercie…

Cette soirée de remise des prix, c’est ma tradition chaque année depuis que je suis au lycée. Alors si jamais quelqu’un veut m’y inviter une année, ce sera la consécration d’une vie..

Je trouve que cette année la sélection des nommés est particulièrement qualitative et je vais être sacrément tiraillée quand viendra le moment de récompenser la meilleure actrice.

J’ai énormément aimé deux films en 2025. Il s’agit de Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan ainsi que L’attachement. Ce sont deux adaptations de livres et traitent tout deux de l’amour maternel qu’il soit biologique ou non.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan écrit par Roland Perez, éditions Les escales en 2021

C’est l’histoire vraie d’une famille nombreuse juive originaire de Tunisie. Les parents ne roulent pas sur l’or et le petit-dernier des six enfants naît avec un pied-bot dans les années 1960.

Sa mère Esther, dotée d’une foi extraordinaire et d’un bagout incommensurable va remuer ciel et terre quitte à se mettre à dos les voisins du quartier, les assistances sociales et les enseignants pour faire en sorte que son fils marche un jour.

Et le miracle va avoir lieu grâce aux chansons d’une certaine chanteuse yéyé : Sylvie Vartan. Le petit Roland, totalement déscolarisé va être instruit par ses frères et sœurs avec ses chansons. Et un jour, il deviendra même son avocat.

Je vous recommande le livre et cette comédie familiale si vous avez le cafard. Le personnage haut en couleur et en repartie d’Esther m’ a fait rire aux éclats de nombreuses fois. Et son amour maternel inconditionnel m’a émue aux larmes…

Dans un autre registre, j’ai eu un vrai coup de cœur pour le film L’attachement alors que j’ai eu bien du mal à lire le roman éponyme d’ Alice Fernay.

Carine Tardieu, la réalisatrice a su mettre en avant les moments de vérité et d’émotion de cette histoire d’entraide si particulière. Cécile, la voisine de Sandra (Valéria Bruni Tesdeschi) part à la maternité accoucher avec son mari Alex joué par Pio Marmai.

Et donc elle lui confie quelques jours son fils Eliott alors que Sandra n’a pas particulièrement la fibre maternelle. Hélas, l’issue sera tragique pour cette famille car Alex revient de la maternité avec un bébé dans les bras mais veuf.

Ce livre m’a beaucoup émue car il parle de compassion, d’entraide face au deuil. Le petit garçon du film est animé d’un tel instinct de vie et d’amour qu’il porte tout le film et les personnages qu’il entoure : sa voisine auquel il s’attache viscéralement, son beau-père avec lequel il vit, son père qui s’efface progressivement.

Le titre du roman est parfait : il révèle une notion de psychologie essentielle. C’est assez nouveau qu’on souligne son importance dans les relations familiales. Pio Marmaï est nominé dans la catégorie Meilleur acteur et je pense que c’est son année cette fois-ci !

Je suis aussi sensible aux nominations dans la catégorie films d’animation car j’aime leur créativité visuelle qui me reconnecte avec mon enfance (voila c’est dit !)

La vie de château, mon enfance à Versailles de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi, adapté de la série de romans jeunesse publiée par l’Ecole des loisirs.

La vie de château est un très beau film d’animation signé Clémence Madeleine-Perdrillat, scénariste et Nathaniel H’Limi, dessinateur, tous deux amis. Ensuite, il a été adapté en roman illustré pour les enfants de 7 à 9 ans. C’est une série en six livres publiés par la collection Neuf de l’Ecole des loisirs.

Je suis bien trop vieille pour faire partie du public cible de ces petits livres et pourtant… Le quotidien de cette petite Violette, pupille de la Nation qui doit aller vivre chez son oncle Régis au décès de ses parents, victimes des attentats, m’a beaucoup touchée.

Le secret des mésanges, film d’animation du studio Folimage, sortie le 22 octobre

J’ai beaucoup aimé la variété et la complémentarité des personnages humains comme animaliers. Le chien Mandrin joue un rôle important dans le film car il protège toujours la petite fille intrépide.

Les deux enfants Lucie et Yann n’ont pas le même âge mais ils vont former une bonne équipe pour aider Lucie dans la quête de ses origines. Un secret de famille douloureux éloigne Lucie de sa maman. Mais les mésanges du château vont être d’une aide précieuse. J’ai beaucoup aimé la manière dont sont représentés Lucie et sa maman comme une femme et une petite fille actives et débrouillardes.

Je vous invite à lire ici mon article pour débriefer la cérémonie l’an dernier : j’ai le souvenir du magnifique discours de Karim Leklou sur le pouvoir des gentils et le sketch hilarant de Franck Dubosc avec son Césarillo. D’ailleurs, il est nommé cette année dans la catégorie Meilleur scénario pour Un ours dans le Jura, sa comédie glauque.

Césars 2025 : Une cérémonie sous le signe de l’authenticité et de la vulnérabilité.

Carnets de voyages urbains·Moments de vie

Marseille jour 3 : le Vieux port et ses alentours

Le Vieux port, c’est vraiment le centre névralgique de Marseille, là où tout se passe surtout quand on vient en touriste. On cite souvent la Canebière comme l’équivalent des Champs-Elysées parisiens mais nous n’avons pas eu la curiosité d’y aller cette fois-ci.

Nous avons logés pendant cinq jours à coté de la place de Lenche dans le quartier du Panier. J’ai beaucoup aimé descendre chaque matin ces grands escaliers pour rejoindre le Vieux-port, là où se trouvent tous les bus. On ne se rend pas bien compte mais Marseille, ça grimpe pas mal !

Le Vieux Port se compose de deux quais : Le quai du port avec les terrasses de restaurants face à Notre Dame de la Garde pour la beauté de la vue et le quai Rive neuve qui tourne le dos à la basilique.

Au centre, se trouve la canopée avec ses miroirs réalisée en 2013 quand Marseille fut ville européenne de la culture. C’est le lieu le plus emblématique de Marseille : l’étal des vendeurs de poissons à la criée. Il se situe à coté des navettes de bateaux qui partent toutes les 45 minutes vers les îles du Frioul ou l’Estaque.

Quai Rive neuve (en bas de Notre Dame de la garde)

En circulant avec le bus 83 qui vous mènera à la plage des Catalans et à la corniche Kennedy, vous pouvez apercevoir le théatre national de la Criée mais aussi le fameux bar de la Marine qui inspira à Marcel Pagnol sa tragédie familiale César-Fanny- Marius, quai Rive neuve. Mais aussi l’abbaye Saint Victor qui date de l’ère mérovingienne, une des premières églises de France.

Les Incontournables du Vieux Port de Marseille

Je suis moins emballée par ce quai du Vieux port mais je vous recommande la place Estienne d’Orves. Surtout la librairie des Arcenaulx pour sa qualité d’accueil et la brasserie L’esquinade. L’accueil y était parfait et les plats copieux, on apprécié l’excellent rapport qualité-prix et j’ai même pu manger un panaché de fruits de mer avec ses incontournables bulots.

Cet hiver, j’avais lu l’autobiographie poignante de maître Béatrice Zavarro dont le cabinet d’avocats se trouve rue Sainte et j’avais beaucoup aimé son amour authentique pour sa ville.

Je vous recommande aussi les petites rues du centre ville comme la rue Paradis pour ses très beaux magasins, non loin de là, j’ai découvert une pizzéria Pinocchio avec de très beaux parasols. Vous pouvez également faire une pause bien méritée au café Joyeux, 14 place du général de Gaulle et promettre un tour de manège à vos enfants en bas de la Canebière.

Pendant ces cinq jours de congés, nous avons pris un pass 72 heures auprès de l’Office du tourisme de Marseille afin de profiter au maximum des transports en commun marseillais , du petit train touristique pour monter à Notre Dame de la Garde, du bus Hop-on, hop off, du MUCEM et enfin des navettes pour les îles du Frioul. Mais nous avons fait l’impasse sur la grotte Cosquer cette fois-ci.

Quai du Port (face à Notre Dame de la garde) : Du Panier vers la rue de la République.

Nous prenions souvent la Grande rue, parallèle au Vieux-port avec ses boulangeries, ses coffee-shop et ses concepts store de décoration. J’ai particulièrement aimé une mini place du Panier avec un restaurant qui s’appelait La table d’Augustine en hommage à la mère de Marcel Pagnol (mon écrivain favori) et le bar du Platane. Nous n’avons jamais déjeuné là-bas mais un jour, nous avons vu un ténor qui chantait pour les clients de la terrasse couverte. Un souvenir sympa.

Cette fois-ci, nous avons eu la chance de visiter le magasin de décoration de Sophie Ferjani que nous suivions avec plaisir dans Maison à vendre sur M6. Nous avons beaucoup aimé sa sélection de fauteuils, coussins et canapés très originale par rapport à ce que l’on peut trouver sur le marché. On sent que ce sont des professionnels de l’architecture d’intérieur.

Un peu plus loin vers le cours Belsunce, se trouve la bibliothèque municipale : L’Alcazar qui a conservé sa façade d’origine. Cet ancienne salle de concert a accueilli les plus grandes vedettes du music-hall comme Yves Montand, émigré italien qui a posé ses valises à Marseille avec sa famille.

Il est indéniable que depuis 2013, Marseille vit une véritable mue culturelle et touristique avec un musée particulièrement emblématique : le MUCEM, le point d’orgue du Vieux-port dans le fort Saint-Jean.

Le MUCEM et ses passerelles entre les quartiers de Marseille : le Panier, le bassin de la Joliette

En 2013, le président de la République de l’époque, François Hollande a inauguré le Musée des arts et civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Ce musée national occupe deux sites : l’un est très ancien, c’est le fort Saint Jean qui date du 12eme siècle. Cet immense bloc de calcaire rose abritait à l’époque une mini ville, une garnison dédiée à la protection de la seconde ville de France.

Une surprenante passerelle le relie à un véritable cube de dentelle conçu par l’architecte varois Rudy Ricciotti. Ce bâtiment tout neuf abrite les collections du musée et les expositions temporaires.

J’ai bien aimé celle consacrée au chef d’œuvre de la littérature hispanique : Don Quichotte de Cervantès. Mais j’ai trouvé les salles du musée très sombres. Le revêtement en dentelles est très beau de l’extérieur mais il a aussi ses inconvénients.

En tout cas, les aménagements autour du MUCEM ont révolutionné la manière de déambuler entre le Vieux port et le bassin de la Joliette avec l’esplanade de la Major un peu plus loin.

Ile de France et Paris·Sociologie

Un dimanche après midi au musée de la chasse et de la nature dans le Marais

Je suis ravie de ma découverte : le musée de la chasse et de la nature, rue des Archives dans le Marais. C’est un musée de taille moyenne très bien mis en valeur par une scénographie élégante et réfléchie. Je suis d’autant plus récompensée de mes modestes efforts car cette visite a emballé toute la famille dont ma fille de six ans !

Les hôtels particuliers Guenegaud et Mongelas, écrins d’exception du musée

Ce musée a été inauguré par André Malraux en 1957 dans un hôtel particulier réalisé par Mansart au 17eme siècle. En 2007, il a été agrandi dans l’hôtel Mongelas du 18eme siècle. Et enfin en 2019, un étage mansardé a été ajouté. J’aime énormément les poutres apparentes, les boiseries et les papiers peints de ce lieu très chaleureux. Comme en témoigne cette salle ci dessous où l’on peut s’asseoir dans de moelleux canapés verts.

© Musée de la Chasse et de la Nature – David Giancatarina

Cela ressemble plus à une douillette demeure bourgeoise qu’à un musée académique et c’est sans doute pour cela que l’on se sent si bien dans cet endroit. Ce musée rend hommage à deux de ses mécènes et collectionneurs les plus importants : le couple Sommer qui a crée une fondation dans les Ardennes en 1966.

Cette fondation oeuvre à la construction d’un discours apaisé d’une saine utilisation de la nature entre chasseurs et non chasseurs, dans le cadre d’une écologie humaniste.

J’ai beaucoup aimé la reconstitution de leur cabane en bois grandeur nature dans une des salles du musée. Mes grands-parents avaient construit une cabane de chasse non loin d’un étang de Montcavrel dans le Pas de Calais et c’était un lieu privilégié pour eux.

L’effet cabinet de curiosités est vraiment très réussi notamment les petits coffrages en bois qui présentent les principaux animaux sauvages : les plus connus de la littérature comme le loup, le renard, le hibou… Un tiroir vitré conserve leurs crottes. Cela plait beaucoup aux enfants.

Ce serait génial si ce musée organisait une belle exposition mettant en scène l’imaginaire populaire dans les livres jeunesse, la publicité avec le loup d’Intermarché ou Roule galette qui met en scène un renard.

Trois fois par an, le musée de la chasse et de la nature fait appel à des artistes contemporains pour enrichir le propos et dialoguer avec les œuvres de la collection permanente.

L’exposition La licorne, l’étoile et la lune de Lamarche-Ovize jusqu’au 8 mars 2026

Je ne connaissais pas l’univers de ce couple d’artistes mais j’ai vraiment été emballée par leur univers onirique, coloré et foisonnant que je vous recommande de découvrir !.

Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, c’est un couple des plasticiens qui allient dessin, céramique, lithographie, textile et objet dans un esprit de collages. Un univers qui m’a séduite d’emblée. On perçoit dans leur travail un héritage artistique solide : les papiers peints de William Morris, décorateur anglais de la seconde moitié du 19eme siècle.

Pour préparer cette belle exposition poétique, les deux artistes ont relu Le bestiaire de l’amour écrit par Richard de Fournival vers 1250 et Grenouilles, un texte d’Aristophane (5eme siècle avant JC)

J’ai beaucoup aimé leur microcosme tellement poétique notamment leurs lithographies très colorées dans une salle carrée. Puis, soixante-dix œuvres ont investis les collections permanentes du musée de la chasse et de la nature. J’aime beaucoup ce dialogue récurrent entre tradition et modernité, art académique et art contemporain. Dans ce musée, j’ai découvert l’art cynégétique même si je ne suis pas admiratrice de la chasse, j’ai apprécié l’aspect naturaliste de ce beau musée.

Musée de la chasse et de la nature, 62 rue des Archives, ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18 heures, plein tarif : 13€ exposition et collections permanentes, 11€: tarif réduit. Gratuit pour les moins de 18 ans et le premier dimanche du mois.

Retour en images sur mes précédentes sorties culturelles en famille à Paris.

Carnets de voyages urbains

Marseille, jour 2 : les îles du Frioul

Cette excursion aux îles du Frioul, c était un peu le point d’orgue de notre séjour hivernal à Marseille. Quelques semaines auparavant, j’avais repéré les horaires des navettes, les lieux à visiter sur des blogs lifestyle car je ne me souvenais pas avoir visité ces îles.

Nous avons pris la navette au Vieux port un lundi matin à 9h50 sous un soleil naissant et fort agréable. J’ai payé 11€10 la traversée aller-retour. Il y a une centaine d’habitants à l’année sur les îles du Frioul donc des navettes circulent toutes les 45 minutes pour parcourir les six kilomètres qui séparent les îles du Frioul du continent.

Un archipel qui a inspiré un des plus beaux romans de la littérature : Le comte de Monte-Cristo

Nous ne nous sommes pas arrêtés au château d’If mais nous avons eu l’occasion d’admirer son architecture de près en bateau. D’ailleurs, notre navire s’appelait Edmond Dantès. Je vous recommande de visionner si ce n’est pas déjà fait Le comte de Monte Cristo avec Pierre Niney. Son plongeon pour s’échapper de sa prison est une scène emblématique de la littérature française. Le château d’If a été construit au 16eme siècle sous le règne de François 1er.

L’archipel du Frioul est composé de deux îles principales : l’île de Pomègues et l’île Ratonneau séparées par une digue.

Nous avons logé la digue du Berry construite en 1822 pour rejoindre l’île Pomegues. Nous ne sommes pas des enragés de la randonnée mais le sentier était très facile d’accès et surtout il n’y avait pas foule.

Une randonnée idéale et facile pour toute la famille.

C était un vrai régal de rejoindre le premier fort à pied. On se sent vraiment seuls au monde au milieu de cet archipel. Les gabians ne sont vraiment pas farouches le long des falaises de calcaire.

Notre fille avait eu l’ idée saugrenue de mettre une vingtaine de pierres dans ses poches. On n’avait pas prévu de randonner jusqu’ au bout de l’île mais nous reviendrons !.

Tranquillité et Histoire au large de Marseille

Cette visite des îles du Frioul a vraiment été le plus beau moment de nos vacances marseillaises. C’était génial de finir l’année par un pique nique en famille au soleil. L’archipel du Frioul a eu pendant des siècles un rôle de défense militaire majeur comme le montre ses fortifications réalisées par Vauban. On y mettait en quarantaine les pestiférés au 18eme siècle à l’hôpital Caroline qui ne se visite pas sur l’île Ratonneau.

Se sentir presque seuls au monde en hiver alors que 5000 personnes arrivent par jour en été

J’aime beaucoup l’architecture civile insulaire du Frioul. Elle s’accorde bien à la géologie du lieu. Ici, il n’y a pas d’école ni de supermarché. Une caserne de pompiers s’entraine l’hiver pour protéger les 5000 touristes hebdomadaires qui viendront passer la journée sur l’archipel pendant la saison touristique. Il s’agit du parc national des calanques crée en 2012 à proximité de la seconde ville de France. Cela nécessite alors de faire preuve de civisme et de bon sens écologique afin de le préserver.

C’était la sortie idéale pour se reconnecter avec la nature, la lumière nous a fait autant de bien qu’une ampoule de vitamine D. Et surtout c’était d’un calme et d’une beauté salutaire ! .

Retrouvez ici le premier épisode de notre road trip ici à Marseille entre Noël et le jour de l’an : La Major et le Panier