Ile de France et Paris

Se ressourcer au bois de Vincennes quand le temps est caniculaire.

Profitant d’un jour de congé, j’ai appris de mes erreurs. J’ai décidé de fuir le bruit, la foule et la chaleur du bitume parisien pour aller m’abriter sous les arbres du lac Daumesnil lire un bon roman aux derniers jours de mai.

Ils étaient en train de démonter les manèges de la Foire du Trône sur les pelouses de Reuilly voisines.

C’était vraiment la meilleure idée que j’ai eu comme il faisait très chaud des le matin. J’ai croisé au moins trois classes d’enfants qui fuyaient leurs salles d’école surchauffées.

Du coté de Vincennes

Le bois de Vincennes d’une superficie de 8km2 est le plus grand espace naturel de la capitale. Les rois de France aimaient y chasser : une légende retracée par différents tableaux montre Saint Louis rendre la justice sous un chêne du Bois de Vincennes.

Au 14eme siècle, le roi Charles IX y construit même le château de Vincennes avec sa propre chapelle privée. Mais au 17eme siècle, Louis XIV se désintéresse de Vincennes pour s’installer à Versailles.

Le château-fort comme on le voit dans les livres d’école

Vincennes restera toujours une ville de garnison avec son fort militaire à proximité du donjon. Pour tous les amateurs du Moyen-âge, c’est une visite incontournable même si le donjon a été vidé de ses meubles d’époque il y a bien longtemps. C’est bien dommage car cela aide à visualiser la vie quotidienne à l’époque.

L’esplanade qui mène au donjon et à la chapelle royale ne sont pas du tout ombragés. Mais à partir du 10 juillet jusqu’au 2 août, Vincennes estival club se met en place. C’est vraiment génial de pouvoir faire du padel, du trampoline au pied de ce monument historique si magistral.

Le château de Vincennes, gratuit pour les moins de 26 ans, 11€50 pour les porteurs d’un titre Navigo ou d’un billet TGV Inoui de moins de cinq jours. Ouvert tous les jours.

Non loin de la gare routière de Vincennes, je vous recommande le parc floral inauguré en 1969. C’est un superbe jardin botanique payant, un lieu un peu hybride qui accueille des événements commerciaux éphémères, un théâtre de guignols, un mini golf, de l’accrobranche mais surtout une aire de jeux immense. Le parc floral c’est beaucoup moins cher que Disneyland Paris et tout à fait compétitif pour s’amuser quand on est enfant.

Le zoo de Vincennes n’est peut-être pas l’endroit le plus ombragé du parc mais sans doute le plus dépaysant. C’est le plus beau zoo que j’ai vu : mention spéciale pour le bassin aux otaries. Tous les âges étaient subjuguées par ces animaux marins qui nageaient si bien. Nous nous sommes retrouvées avec un groupe de personnes âgées en sortie qui avaient l’air de beaucoup apprécier ce moment. Le zoo est très vaste avec de nombreuses aires de pique-nique.

Parc zoologique de Paris, ouvert tous les jours, Croisement de l’avenue Daumesnil et Route de la Ceinture du Lac, Paris 12eme.

S’aventurer dans les sentiers boisés en vélo.

Je vous conseille de louer des Vélib’ à coté de la gare routière de Vincennes. Cela permet de vous retrouver au milieu du bois de Vincennes et de pouvoir ainsi vous diriger vers le lac des Minimes, les bords de Marne ou bien le lac de Saint-Mandé et le lac Daumesnil. Le bois de Vincennes compte quatre lacs dont deux où il est possible de faire de la barque en famille.

Il y a plusieurs stations dans le bois de Vincennes. Je vous recommande de choisir des vélos mécaniques et non électriques car il faut souvent s’arrêter et manoeuvrer dans les chemins entre les coureurs et les piétons.

Location de barques au lac Daumesnil et lac des Minimes, 12€ la demi-heure.

Du côté de Paris

Le 12eme arrondissement est vraiment marqué par l’exposition coloniale de 1931 à travers ses infrastructures temporaires ou permanentes. Il faudra que j’aille bientôt admirer les peintures murales de la mairie du 12eme arrondissement.

Il faut aussi s’approcher de l’immense stèle de pierre de 10 mètres de long qui représente la mission Marchand. Elle représente des militaires français et des tirailleurs sénégalais. Cette sculpture est inspirée de la colonne Trajanne à Rome durant l’Antiquité.

Mais le plus beau joyau qui glorifie la colonisation française est sans conteste le palais de la porte Dorée.

Le palais de la Porte Dorée

Construit en 1928 et 1931, il se construit d’un imposant péristyle inspiré par les temples grecs. Ses immenses bas-reliefs taillés dans la pierre sont l’œuvre du sculpteur Janniot qui a également exercé ses talents au palais de Tokyo quelques années plus tard.

Le musée de l’Histoire de l’immigration

Inauguré en 2014, j’ai toujours repoussé la visite de ce musée car je n’étais pas du tout à l’aise avec le passé colonial de mon pays. Il faut dire que ce musée est né en plein débat un peu nauséabond sur l’identité nationale. Un terme qui ne veut rien dire d’après moi.

Je me suis décidée à y aller pour la beauté architecturale du lieu, un joyau de l’Art déco aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les bas-reliefs exotiques qui exaltent le labeur des travailleurs des colonies mais aussi les animaux de la jungle luxuriante.

L’entrée du musée est saisissante car est exposée une grande barque très sommaire qui transporte les migrants qui traversent les mers au péril de leurs vies.

J’ai beaucoup aimé la variété des objets présentés : des photographies, des tableaux peints, des disques de musique, des installations d’art et même des marionnettes des Guignols de l’info. Elles représentent trois joueurs de football de France 98 immigrés : Zinédine Zidane d’origine kabyle, David Trézéguet de père argentin et Marcel Desailly né au Ghana.

Finalement, cette exposition permanente m’a plu car comme le revendique une affiche, je crois fermement que « La France est comme une mobylette, pour avancer, il lui faut du mélange ».

Palais de la porte dorée,293 avenue Daumesnil, 75012 Paris, métro Porte dorée, fermé le lundi, 12€ plein tarif, 9€ tarif réduit.

Retrouvez ici les précédents articles sur les sorties en famille à faire dans le Val-de Marne, notre patrie depuis 2020.

-Un samedi de mai à se marrer dans les manèges de la foire du Trône

-Fontenay sous bois, ma nouvelle patrie

-Une virée à Vincennes, le bois sacré.

Expos·Ile de France et Paris

Un dimanche de printemps entre 8eme et 16e pour rendre hommage au talent de Lee Miller

J’ai bien envie d’inaugurer dans ce blog un nouveau type de billet : une promenade dans un quartier de Paris à travers deux ou trois monuments emblématiques qui racontent son histoire.

J’ai vécu dans différents quartiers de Paris en fonction des chambres de bonne que je trouvais. C’est donc plus facile de décrire des quartiers dans lesquels j’ai vécu. J’ai habité de 2007 à 2011 dans le 8eme arrondissement, je prenais chaque matin le bus 72 qui longe les quais de Seine, le palais de Tokyo, le Trocadéro avec vue imprenable sur la Tour Eiffel.

J’ai voulu y retourner ce dimanche pour visiter l’exposition de photographies en noir et blanc de Lee Miller, une photographe américaine amoureuse de Paris depuis les années 1920. C’est la plus importante rétrospective depuis vingt ans, elle se déroule au musée d’art moderne, l’ancêtre du musée Pompidou.

Le palais de Tokyo, imposante architecture Art Déco.

J’ai toujours été captivée par le palais de Tokyo non loin du Trocadéro. Il comporte de nombreux points communs avec le palais de la Porte Dorée construit en 1931 : un plan de temple grec avec un immense péristyle, des bas-reliefs vertigineux réalisés par le même sculpteur Janniot. Le lieu est un très bel écrin architectural pour une exposition d’exception.

L’exposition Lee Miller, musée d’art moderne jusqu’au 2 août 2026.

C’est l’exposition photo dont tous les hebdomadaires (Les mille vies de Lee Miller, Stéphanie Gallet, journal La Vie) parlent en ce moment. On ne peut cantonner Lee Miller, mannequin américain née en 1907 à un rôle d’égérie, de muse surréaliste de Man Ray. Elle fut à la fois modèle et photographe dans le magazine de mode américain Vogue.

L’exposition est composée de neuf sections avec des tirages de moyen format des photographies de Lee Miller. Il y a un avertissement fait au public pour les clichés qui ont été pris au camp de concentration de Dachau pour la section bien nommée Il faut le croire.

Face à l’affluence record de cette exposition, j’aurai préféré parcourir un épais catalogue d’exposition de son œuvre car il était difficile d’observer les détails de ses photos parmi la foule présente le dimanche midi.

Elle me fait beaucoup penser à Marie-Claude Vaillant-Couturier qui travaillait avec son père Lucien Vogel pour le magazine Vu. Cette exposition donne bien envie de mieux connaître la vie de Lee Miller à travers une autobiographie et le biopic interprété par Kate Winslet. J’ai bien aimé que l’exposition parle des séquelles et des traumatismes ressentis par cette reporter de guerre hors-pair.

Musée d’art moderne de Paris, 11 Avenue du Président Wilson 75016 Paris, ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h30

Je vous invite à continuer votre balade du quartier avec le square du jardin du palais Galliera, le temple de la mode à Paris. Une scène du film Le diable s’habille en Prada a été tournée dans le musée. Un peu plus loin, à la station de métro Iéna, se trouve le musée Guimet, dédié aux arts asiatiques. Il faudra que j’aille tester son rooftop qui vient de ré ouvrir aux beaux jours.

Promenade parisienne : musées, Histoire et églises modernes.

J’ai voulu rejoindre les Champs-Elysées à pied par la rue de Chaillot. Tous les samedis matins quand j’étais étudiante, je me chargeais mes sept kilos de linge comme une malheureuse jusqu’à la laverie d’une rue adjacente, qui semble avoir disparu. La Poste, rue de Chaillot a même été remplacée ou réduite par une boutique de mode huppée.

Je me suis engouffrée par curiosité par une porte latérale de l’église Saint-Pierre de Chaillot. J’ai été époustouflée par les volumes extraordinaires de cette église construite entre 1931 et 1938.

L’ église Saint Pierre de Chaillot, classicisme et modernité du béton

C’est un lieu unique qui allie classicisme et modernité car le béton est largement employé dans cette structure très massive. L’église adopte un plan en croix grecque, propre à l’architecture byzantine mais elle comporte également des éléments de style roman, propres au Moyen-âge : un clocher haut de 65 mètres, une église haute et une crypte…

Je me félicite d’avoir fait une telle découverte, en osant pousser la porte de l’église. Les joies de la déambulation dans un quartier que je croyais connaître.

La façade monumentale de l’église donne sur l’avenue de Marceau par laquelle on peut rejoindre en dix minutes de marche les Champs-Elysées. C’est une avenue sans âme avec beaucoup de trafic où l’on n’a pas bien envie de s’attarder. Heureusement, le Publicis drugstore n’est pas bien loin !.

Le Publicis drugstore : le plus beau tabac-presse de Paris.

La beauté des Champs Elysées depuis les hauteurs d’un immeuble voisin.

J’aime beaucoup ce magasin très conceptuel alors que je ne saurai pas bien définir ce qu’est un drugstore. C’est un magasin unique en France qui réunit une pharmacie, un débit de tabac-presse, un restaurant, un cinéma…

Le Publicis drugstore, c’est une vitrine de Paris et j’aime beaucoup y flâner sans forcément acheter quelque chose. Il faut dire que les prix sont très prohibitifs à l’image du quartier : le magasin est le plus proche voisin de l’Arc de Triomphe sur les Champs-Elysées.

« L’idée du drugstore faisait partie du trésor de concepts neufs que j’avais ramené de mon dernier voyage aux Etats-Unis. Il apporte aux parisiens un ensemble de services inédits : de la presse à la pharmacie ouverte jour et nuit, du restaurant à la librairie, de l’épicerie fine aux disques. C’est le lieu de rendez-vous des parisiens de tout âge et de toute condition.« 

Maurice Bleustein-Blanchet, Mémoires d’un lion, 1989

De Lee Miller au Publicis drugstore, la boucle est bouclée : Vogue est partout même à Paris.

Dans un prochain article de blog, j’ai envie d’analyser pourquoi Le diable s’habille en Prada est un film iconique qui s’appuie sur la renommée historique et internationale du magazine Vogue.

D’autres idées de balades dans les quartiers de Paris :

– Sous le ciel de Paris : L’île Saint-Louis et le 4eme arrondissement

Vincennes : le bois sacré en gaulois, haut lieu de la royauté française

Carnets de voyages urbains·Ile de France et Paris·Sociologie

Comment le RC Lens m’a réconciliée avec le football lors de la finale de la Coupe de France.

J’ai suivi avec ma fille et mon père la demi-finale de la coupe de France qui opposait le RC Lens à Toulouse le 21 avril alors que je me suis beaucoup désintéressée du football français ces dernières années.

J’aime bien le RC Lens, c’est un club assez authentique avec le meilleur public de France. A la fin du match, j’ai écouté l’interview de Florian Thauvin, l’attaquant star du club et champion du monde 2018.

Des joueurs de foot chrétiens : Thauvin, Aguilar, Doué qui ont la faveur de Dieu car ils ont foi en Lui.

Il remerciait Dieu pour la qualification de son club en finale de la coupe de France avec une anecdote édifiante.

Le jour du match, il est allé prier dans une église non loin du stade pour allumer un cierge et sans se concerter un autre de ses coéquipiers Ruben Aguilar a eu la même démarche puisqu’ils se sont retrouvés dans l’église.

J’attends avec impatience la finale de la Ligue des champions PSG/ Arsenal car l’an dernier, Désiré Doué avait aussi remercié le Seigneur pour ses buts et la victoire de son équipe.

Une finale et une fête dans le Pas de Calais qui se sont déroulées sans heurts

La finale du Stade de France a eu lieu le 22 mai avec 55 000 supporters lensois qui ont envahi les allées de la Gare du Nord et les TER régionaux avec leurs chants de supporters et leurs tenues sang et or.

On ne pouvait pas les louper, cela apportait une fièvre régionale bienvenue à Paris. Malheureusement, la veille, une centaine de supporters niçois ont fait preuve d’une violence inacceptable dans le 19eme arrondissement pour un motif inconnu. Peut-être, ils ne le savaient pas eux-mêmes.

Des hymnes régionaux emblématiques joués par la Garde républicaine

La finale de la Coupe de France a été un très beau spectacle qui dépassait le cadre du football. La garde républicaine, cette institution, a joué Emmenez-moi de Charles Aznavour puis l’hymne du RC Lens : Les corons de Pierre Bachelet puis Nissa la Bella, l’hymne de l’OGC Nice.


La finale de la Coupe de France : émotions et fraternité au Stade de France

Le président de la République, Emmanuel Macron, jamais le dernier pour les embrassades, est descendu sur la pelouse saluer les joueurs. Les enfants qui accompagnent les joueurs ont été sacrément sympas et authentiques en le saluant gentiment.

Il y a eu un beau moment de fraternité à la 86eme minute du match avec une belle Marseillaise entonnée avec force par 55 000 Lensois et 12 000 Niçois pour rendre hommage aux 86 victimes de l’attentat de Nice en juillet 2016.

Mais une chanson tire son épingle du jeu : Les corons de Pierre Bachelet, 1982

Les corons, c’est un peu comme la Maritza de Sylvie Vartan. C’est une chanson hautement autobiographique qui saisit d’émotion le public même s’il n’est pas mineur de fond ou bien bulgare. La famille de Bachelet ne travaillait pas dans les mines mais elle a été obligée de venir vivre à Paris car elle était confrontée à la précarité à Calais.

C’est la chanson la plus connue de son répertoire : Pierre Bachelet a vendu plus d’un million d’exemplaires de ce disque. Elle est même chantée par les deux clubs quand Lens rencontre Saint-Etienne (d’autres mineurs) au stade.

J’ai découvert cette chanson à part dans le patrimoine français avec le film Bienvenue chez les Ch’tis, réalisé par Dany Boon, l’enfant du pays en 2008.

C’est très touchant de voir l’enracinement de ces milliers de supporters. Les journalistes ont interviewés de nombreux supporters qui parlaient de leurs grands-parents mineurs. Le RC Lens fête cette année ses 120 ans d’existence (1906).

 » Nous avons la chance de faire un métier qui peut rendre les gens heureux avec un match de foot  » Pierre Sage, entraîneur du RC Lens en 2026.

Je me souviens bien de leur victoire en coupe de la Ligue en 1999 avec Tony Vairelles, le capitaine et Gervais Martel, l’ancien président du club. On sent que les joueurs et leur entraineur Pierre Sage sont portés par les valeurs d’authenticité de leur club surtout quand ils font la chenille avec leurs supporters à quatre heures du matin dans leur propre stade, construit sur le modèle des stades anglais.

D’ailleurs, le logo du club c’est une lampe de mineur. Cela me rappelle beaucoup le beau succès populaire du film En fanfare qui raconte une chorale liée à une ancienne mine dans un village ouvrier du Nord.

Les gens du Nord, un documentaire de qualité qui montre un bel état d’esprit collectif.

J’avais déja vu un documentaire de France 3 consacré à l’histoire de Marseille. Je viens de voir celui consacré aux gens du Nord pour reprendre la chanson d’Enrico Macias, chanteur juif algérien touché par leur gentillesse en 1967. C’est un beau documentaire raconté par Valérie Bonneton, qui vient du Nord.

Il m’a beaucoup brassée (la famille de ma mère vient de là-bas) car il raconte les difficiles conditions de vie des mineurs dans les fameux corons, les risques qu’ils prenaient à descendre au fond de la mine et les sévères destructions matérielles que cette région de France a vécu durant les deux guerres mondiales.

Je prévois un prochain voyage à Roubaix pour visiter la Piscine, ce musée emblématique qui organise une exposition consacrée à La Redoute, ce catalogue de vente par correspondance emblématique.

Il faudra que j’aille également au Louvre-Lens où sera exposée la coupe de France 2026 ainsi que visiter cette chouette ville de l’Arthois. Je pense sans bien me tromper que de nombreux François vont vouloir aller assister à un match du RC Lens au stade Bollaert pour vivre cette ambiance extraordinaire qui a impressionné l’ensemble du pays pendant ce week-end de Pentecôte.

Expos·Ile de France et Paris

Les échecs innovants : l’expo Flops au musée des arts et métiers à Paris, une belle leçon philosophique.

Avec ma fille de sept ans, nous étions les derniers visiteurs de l’exposition Flops au musée des Arts et Métiers qui affichait complet depuis quinze jours.

Le musée des Arts et Métiers de Paris est l’un des plus vieux musées techniques et industriels au monde. Il a été fondé en 1794 pour documenter le progrès technique à travers plus de 80 000 objets.

Il se trouve dans le centre de Paris non loin de la place de la République et du Centre Pompidou. Ce musée est un symbole de la Révolution française qui glorifie le progrès scientifique. Il a investi une ancienne église : Saint Martin des champs et son prieuré. On se sent vraiment dans un lieu exceptionnel sous la charpente du dernier étage.

En ce moment, vous êtes accueillis à l’entrée du musée par Zeus, le cheval en acier articulé pour naviguer sur la scène lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024. L’œuvre est belle mais le symbole apocalyptique qui me paraît évident m’a donné envie de passer rapidement mon chemin pour entrer dans le musée.

Quelles sont les raisons de ce succès ?

Tout d’abord, le titre de l’expo et son affiche sont accrocheurs. On sent que cette visite sera drôle voire cocasse. Cela nous rappelle ces livres marrants dans les années 1990 qui compilaient les inventions folles de Géo Trouve tout

J’ai voulu voir cette exposition car elle défend un propos original et rigolo. Nous vivons dans une société qui porte aux nues la réussite, la performance. Le sous-titre de l’exposition c’est oser, rater, innover. J’aime beaucoup son parti-pris d’expliquer que neuf inventions sur dix sont des échecs et que les échecs d’hier façonnent les réussites de demain.

Cette exposition porte un message philosophique qui peut être le départ d’une belle discussion avec ses enfants le soir à table. Et puis, en temps de forte fracture numérique, nous avons besoin de voir des objets matériels, d’en faire le tour comme une sculpture, s’interroger à quoi ils servent…

Un sujet d’exposition en or mais une scénographie totalement loupée.

Il faut souligner la participation à l’exposition Flops de Katerina Kamprani, designeuse grecque qui a volontairement saboté des objets du quotidien pour les rendre impratiques : la fourchette molle à chaînette, les bottes – claquettes qui laissent les pieds mouillés.

Cette installation artistique qui se trouve un peu isolée de nulle part dans le parcours permanent est pour moi, le clou de l’exposition mais le sens de la visite est très mal indiqué. Si je n’avais pas préparé ma visite et lu l’article dans le magazine jeunesse Toboggan, je serai passée à côté de ces objets hilarants.

Les planches de Bd qui détaillent les inventions farfelues de Gaston Lagaffe et ses dégâts sur son entourage sont aussi très mal exploitées alors que c’est une mine d’or comique pour le sujet de l’exposition.

Gaston Lagaffe comme son nom l’indique est l’inventeur incompris du lit-voiture ou de la poubelle télécommandé. À chaque fois qu’il se foire, les enfants se bidonnent. Il est l’ambassadeur de cette exposition !

Ce musée est vraiment riche en objets qui ont fait l’Histoire, sous une superbe charpente au dernier étage mais je trouve leur classement : les transports, les techniques un peu rébarbatif et ennuyeux.

Cela manque de fantaisie et d’éclectisme comme c’est le cas au musée de la Chasse et de la nature qui enrichit ses collections permanentes en laissant carte blanche à un artiste contemporain deux fois par an.

L’exposition Flops a fermé ses portes le 17 mai dernier.

Retrouvez ici d’autres idées de sorties en famille à Paris :

Ile de France et Paris

Un samedi de mai à la Foire du Trône à se marrer dans les manèges en famille

Nous avons planifié une sortie en famille pour clôturer les vacances de Pâques : la foire du Trône. D’habitude, c’est un lieu que je fuis à toute jambes à cause du bruit et du monde.

Mais comme ma fille a bien grandi (elle a sept ans), je me suis dit que c’était une bonne occasion de se divertir tous ensemble. Et nous nous sommes éclatés : de quoi faire de bons souvenirs en famille. Les joies simples en ce moment, c’est précieux.

On a vraiment passé un super moment et donc je voulais vous donner quelques conseils pour que la fête ne vire pas à la corvée pour vous.

La foire du Trône ouvre ses portes dès midi mais la plupart des manèges n’ouvrent que vers 13h30. Nous avons pris le bus 46 depuis la gare routière de Vincennes. Cette ligne de bus est fantastique car elle permet de découvrir le parc zoologique avec son fameux rocher mais aussi le lac Daumesnil.

La porte Dorée, vestige de l’exposition coloniale de 1931

A la station porte Dorée, vous pouvez admirer une statue toute dorée entourée de palmiers. Il s’agit d’une allégorie de la France qui apporte paix et prospérité aux colonies, sculptée par Drivier. Elle se trouve non loin du Palais de la porte dorée qui abrite le musée de l’histoire de l’immigration et l’aquarium tropical. C’est un joyau de l’Art déco que je n’ai encore jamais visité alors que je vis à Paris depuis vingt ans (quelle honte !).

Le square Van Vollenhoven, le havre de paix avant le tumulte des manèges.

Nous avons mangé dans le square Van Vollenhoven crée en 1937. Il abrite une fontaine conçue pour l’exposition coloniale de 1931. Ce square de 3600 m² est un véritable havre de paix pour les familles. C’est l’occasion pour les enfants de bien se dépenser dans l’aire de jeux avant la fête foraine. Nous voulions manger sain et bon marché car les stands de la Foire du trône ne sont pas donnés et les pelouses du Lac Daumesnil sont vites bondées quand il fait beau.

Apprendre à son enfant que les loisirs c’est un budget à prendre en compte.

Nous avions donné un budget de vingt euros à notre fille pour faire trois manèges et ensuite elle complétait avec sa tirelire si elle voulait faire d’autres loisirs. ce fut une bonne occasion de lui apprendre à gérer son argent.

Les trois manèges choisis resteront des super souvenirs : le palais du rire (6€ par enfant), la grande roue (6€ par adulte, 4€ par enfant) et Kongo (la promenade en rondins qui éclaboussent) que nous avons fait tous les trois (5€ par personne).

La grande roue gérée par Montalétang et fils est très généreuse car nous avons pu faire huit tours de grande roue sans station au sommet (mon angoisse récurrente). La vue sur le bois de Vincennes et le château d’un côté, Paris de l’autre est un enchantement.

Chaque année, la foire du Trône attire trois millions de personnes, le long du lac Daumesnil, on voit des voitures des plaques d’immatriculation de la France entière garées sur au moins deux kilomètres. Il faut vraiment privilégier les transports en commun pour vivre une bonne journée en famille.

Pour la première fois, j’ai été un peu attentive à la vie quotidienne des forains qui travaillent ici. On voit leurs caravanes juste à coté des manèges et nous avons même repéré une église sous une tente à côté d’un manège.

Au départ, c’était la foire aux pains d’épices au Moyen-Age, avenue du Trône…

Au Moyen-âge, il n’y avait pas de grand-huit ni de churros, la première foire du Trône s’appellait la foire aux pains d’épices organisée par une abbaye du 12eme arrondissement, avenue du Trône pendant la semaine sainte. La mairie de Paris qui l’organise chaque année a décidé de la déplacer sur les pelouses de Reuilly en 1964.

Jusque dans les années 1980, avant l’essor des parcs d’attraction comme Disneyland Paris ou le parc Astérix, c’était les fêtes foraines qui proposaient des attractions sensationnelles exclusivement.

La fête foraine c’est vraiment une ambiance intemporelle, très esthétique avec des couleurs, des musiques, des saveurs de barbes à papa qui collent aux dents…Je me suis régalée à faire de belles photos avec de chouettes compositions. Le bois de Vincennes est un bel écrin de verdure qui s’y prête tellement au printemps. Ce serait tellement dommage de délocaliser la foire plus loin.

Le lac Daumesnil est un lac artificiel de douze hectares qui comporte deux îles accessibles en barques en bois depuis 1904, date de début du canotage. Ce loisir fait le charme du lieu. La location d’une barque pour quatre personnes durant une heure coûte quinze euros. Le bois de Vincennes compote quatre lacs : le lac Daumesnil, le lac de Gravelle, le lac de Saint Mandé et le lac des Minimes.

Ce poumon vert indispensable à la capitale a été crée sous le second Empire par l’ingénieur Alphand à qui on doit également le jardin d’Acclimatation ou le parc des Buttes-Chaumont vers 1860. A l’époque, l’industrialisation prenait tout son essor et les Parisiens avaient grand besoin d’aller s’oxygéner en bord de Seine et de Marne mais aussi dans les parcs les plus proches de Paris.

Prochaine sortie en famille pour l’un des ponts du mois de mai : le parc zoologique dans le bois de Vincennes.

Expos·Ile de France et Paris

Renoir et l’amour, la modernité heureuse. Le déjeuner des canotiers revient en terre natale, le temps d’une exposition évènement

C’est l’exposition phare de ce printemps pour célébrer les quarante ans du musée d’Orsay. Il s’agit d’une grande rétrospective consacrée à Renoir, le peintre du bonheur et de l’amour. La dernière exposition d’envergure qui lui fut consacrée date de 1985.

Je suis un peu partagée au sujet de l’œuvre de Renoir. Pour moi, ce peintre impressionniste, mondialement connu, s’est retrouvé associé aux boites à gâteaux de mamies avec ses scènes de genre un peu surannées.

Mais c’est aussi un des chefs de file de l’impressionniste dont les tableaux sont partis dans les plus grands musées du monde ou dans les collections privées car leur prix se sont envolés sur le marché de l’art. On évalue la production artistique de Renoir à plus de 4000 tableaux, il était également sculpteur et dessinateur.

Je n’étais pas la seule à aller voir l’expo Renoir et l’amour, un vendredi midi…

Comme je le craignais, j’ai visité l’exposition Renoir et l’amour dès les premiers jours d’ouverture, un vendredi à la pause déjeuner avec 250 paires d’yeux qui se posaient sur les mêmes tableaux que moi, au même moment. Nous n’avons pas joué des coudes (on est civilisés tout de même) mais je ressens vraiment une sorte de frustration face à ce surtourisme constant dans les musées.

J’ai voulu aller voir cette exposition car Renoir est le peintre du bonheur, la joie de vivre exprimée dans les guinguettes et les bals populaires. Dès le 19eme siècle, Renoir a su capter la solitude croissante de la vie urbaine, un des effets néfastes de l’industrialisation de la société.

J’ai donc choisi deux tableaux emblématiques de cette exposition pour analyser en quoi ils sont révélateurs de cette modernité heureuse, revendiquée par Renoir les vingt premières années de sa carrière (1865-1885).

La grenouillère (1869)

J’aime beaucoup ce tableau qui se déroule sur une petite île de Croissy sur Seine, non loin de Chatou. La composition est vraiment audacieuse et la manière dont sont représentés les mouvements de l’eau sont ingénieux : c’est le génie de l’impressionnisme. Ce tableau est révélateur d’une société parisienne qui vient s’amuser sur les bords de Seine : les fameuses guinguettes !

Le déjeuner des canotiers, 1880-1881 : la plus belle scène de genre de l’histoire de l’art selon moi.

Il fait bon vivre du coté de l’ile des impressionnistes à Chatou, sur les bords de Seine. Le restaurant Fournaise où cette mythique scène a été peinte est toujours en activité, on peut même visiter le hangar à canots et autres yoles, comme à l’époque.

Intense émotion pour moi de l’avoir vu en vrai de vrai tout de même !

Renoir en révait depuis longtemps d’un tableau avec des canotiers. Lui qui aime tant les fêtes galantes peintes par ses ainés du 18eme siècle : Watteau, Fragonard et Boucher. Parmi les treize convives de la plus belle scène de genre de l’histoire de l’art selon moi, on reconnait Aline Charigot, la maîtresse du peintre avec son petit chien, mais aussi Gustave Caillebotte

Ce tableau me fascine depuis le film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Amélie a pour voisin Raymond Dufayel, un homme retranché chez lui à Montmartre car il souffre de la maladie des os de verre. Il reproduit chaque année le tableau Le déjeuner des canotiers, conservé à Washington dans une collection privée américaine. Amélie se lie d’amitié avec lui et il va l’aider à briser sa carapace grâce aux personnages du tableau, prétextes pour évoquer l’enfance et les sentiments d’Amélie.

Je voudrais écrire une thèse en quarante pages sur le film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain tant il est représentatif du Montmartre de carte postale que nous aimons tant.

Mais le sujet c’est Renoir ! Je pense que Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur du film a choisi un tableau de Renoir car il a longtemps vécu une vie de bohème à Montmartre à l’image de l’un de ses tableaux les plus connus : Le bal du moulin de la galette, conservé au musée d’Orsay. Par ailleurs, la balançoire qui a inspiré son tableau du même nom est conservée au musée de Montmartre dans le jardin.

2026, c’est aussi l’année du centenaire de la mort de Claude Monet. Renoir et Monet étaient de la même génération, ils ont tous les deux connus cette gloire sur le tard. Ils étaient amis et Auguste Renoir a réalisé de nombreux portraits de la famille de Claude Monet.

En fin de compte, je réalise que même si je trouve souvent qu’une énième exposition sur l’impressionnisme manque d’originalité, je m’y déplace quand même, c’est affectif. Ce sont des scènes du quotidien familières qui nous rassurent et qui continuent tout de même de nous émerveiller.

Je vous recommande la visite de la maison de Monet à Giverny dès les premiers jours d’ouverture quand le printemps pointe tout juste son nez.

Renoir et l’amour, La modernité heureuse (1865-1885), Musée d’Orsay, du 17 mars au 19 juillet 2026. Nocturnes le jeudi soir jusqu’à 21h45 : tarif réduit 12€.

Ces expositions parisiennes que j’ai vu durant l’hiver 2025 :

Expos·Ile de France et Paris

J’ai parcouru en 2,30 minutes l’expo Martin Parr au Jeu de Paume : le surtourisme est aussi au musée !

C’est l’une des expos évènement de ce début d’année : la rétrospective hommage à Martin Parr, décédé le 5 décembre 2025. Ce fut un photographe anglais, emblématique de l’agence Magnum. Né en 1953, il s’est fait photographe de la banalité, captant avec audace et humour la classe moyenne britannique sous l’ère de Margaret Thatcher dans les années 1980.

Cette rétrospective au musée du jeu de Paume à Paris intitulée Global warning réunit 180 clichés de son catalogue photographique. Malheureusement, je n’imprime plus face à son travail et je vous l’explique en trois bonnes raisons :

Martin Parr est sans doute l’un des photographes les plus connus au monde au 21eme siècle. A force de photographier la mondialisation touristique, elle l’a rattrapée.

Photographier le tourisme de masse que l’on subit de plus en plus, n’est plus esthétique, c’est devenu anxiogène pour moi. Je considère la photographie comme un art qui permet de s’élever vers la beauté, s’évader grâce à de beaux paysages, un cadrage harmonieux.

Les couleurs criardes des univers artificiels que Martin Parr photographie me font désormais fuir en courant. Je reconnais que ses photographies étaient une référence pour dénoncer le surtourisme dans mes manuels d’histoire géographie au lycée, mais j’ai besoin de rêve désormais.

Photographie et surtourisme

Je pense que les réseaux sociaux ont considérablement banalisé le travail de Martin Parr : un selfie n’a plus rien d’original. Je préfère de loin quand Martin Parr utilise son esthétique au service de la beauté plutôt que pour dénoncer la médiocrité d’une société.

J’aime beaucoup la pochette de l’album de la chanteuse Louane, réalisée par Martin Parr. Il l’a mise en scène devant le club de plage Joie de vivre, dans un lieu que je connais bien : la plage de sable du Touquet, dans le Pas de Calais. C’est autobiographique car Louane vient du Nord de la France et elle fréquentait ce club de plage quand elle était enfant.

Le musée du Jeu de Paume est un centre d’art dédié à la photographie du 19eme au 21eme siècle. Il a accueilli des rétrospectives de grands artistes internationaux tels que Diane Arbus, Richard Avedon, Robert Capa, Dorothea Lange, Sally Mann, Vivian Maier, Martin Parr, Cindy Sherman

Ce lieu emblématique situé dans le jardin des Tuileries, non lieu de la place de la Concorde et du musée du Louvre, a été un espace de stockage des collections d’art spoliées par les nazis durant la seconde guerre mondiale. Rose Valland, conservatrice réputée entra en résistance contre l’occupant allemand en recensant tous ces trésors. Elle va ainsi permettre à de nombreuses familles juives de retrouver leurs biens.

C’est donc un musée emblématique du centre de la capitale avec une superbe entrée qui donne sur la plus belle place du monde d’après moi : la place de la Concorde avec son obélisque doré et ses deux fontaines magistrales.

Même si je m’attendais à une pareille affluence un vendredi après-midi, j’étais tout de même dépitée de constater que désormais toutes sorties culturelles au Petit Palais, au musée du Jeu de Paume se déroulent de la même manière : une affluence fleuve dans des salles de musées exiguës.

La librairie Smith and Son : une belle découverte culturelle et historique

Heureusement, je me suis consolée avec une bonne surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout. J’ai redécouvert avec passion la librairie historique Smith and son, située rue de Rivoli, sous les arcades.

Cette librairie anglaise existe depuis 1870 et elle a été rénovée récemment. Depuis la rue, on aperçoit une sorte de petite alcôve avec un papier peint qui rappelle ceux de William Morris et un beau portrait photo de la reine Elisabeth II encadré.

Cela a suscité une telle curiosité chez moi que je me suis régalée à monter les étages. Cette librairie regorge d’idées cadeaux géniales et originales au goût si british. En particulier, les peluches Jelly cat de Londres à l’effigie de cannelés bordelais ou de pigeons parisiens. A l’étage, il y a un tea time jusque 18h30 avec un pianiste de bar à des prix beaucoup plus raisonnables que ceux d’Angélina, le salon de thé voisin.

Et si ma plus belle visite culturelle ce n’était pas finalement cette si belle librairie ce jour là ?

Retrouvez ici d’autres parcours de flâneries urbaines dans Paris :

Cinéma·Du livre à l'écran·Ile de France et Paris

Ces films et séries que j’ai vu en 2025 : qui sera récompensé aux prochains Césars ?

Les nominations pour les prochains Césars viennent de tomber. La cérémonie de remise des prix aura lieu le jeudi 26 février à l’Olympia (un jeudi soir, quelle ineptie !) avec Benjamin Lavernhe en tant que maitre de cérémonie.

D’ailleurs, l’affiche de la cérémonie est une référence à la comédie Le sens de la fête de Nakache et Toledano dans lequel il jouait un marié particulièrement pénible en 2017.

Chaque année, j’écris un article pour débriefer la cérémonie : les robes, les discours des remettants, les sketchs plus ou moins drôles et inspirés, les moments d’émotion quand ça pleure, ça remercie…

Cette soirée de remise des prix, c’est ma tradition chaque année depuis que je suis au lycée. Alors si jamais quelqu’un veut m’y inviter une année, ce sera la consécration d’une vie..

Je trouve que cette année la sélection des nommés est particulièrement qualitative et je vais être sacrément tiraillée quand viendra le moment de récompenser la meilleure actrice.

J’ai énormément aimé deux films en 2025. Il s’agit de Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan ainsi que L’attachement. Ce sont deux adaptations de livres et traitent tout deux de l’amour maternel qu’il soit biologique ou non.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan écrit par Roland Perez, éditions Les escales en 2021

C’est l’histoire vraie d’une famille nombreuse juive originaire de Tunisie. Les parents ne roulent pas sur l’or et le petit-dernier des six enfants naît avec un pied-bot dans les années 1960.

Sa mère Esther, dotée d’une foi extraordinaire et d’un bagout incommensurable va remuer ciel et terre quitte à se mettre à dos les voisins du quartier, les assistances sociales et les enseignants pour faire en sorte que son fils marche un jour.

Et le miracle va avoir lieu grâce aux chansons d’une certaine chanteuse yéyé : Sylvie Vartan. Le petit Roland, totalement déscolarisé va être instruit par ses frères et sœurs avec ses chansons. Et un jour, il deviendra même son avocat.

Je vous recommande le livre et cette comédie familiale si vous avez le cafard. Le personnage haut en couleur et en repartie d’Esther m’ a fait rire aux éclats de nombreuses fois. Et son amour maternel inconditionnel m’a émue aux larmes…

Dans un autre registre, j’ai eu un vrai coup de cœur pour le film L’attachement alors que j’ai eu bien du mal à lire le roman éponyme d’ Alice Fernay.

Carine Tardieu, la réalisatrice a su mettre en avant les moments de vérité et d’émotion de cette histoire d’entraide si particulière. Cécile, la voisine de Sandra (Valéria Bruni Tesdeschi) part à la maternité accoucher avec son mari Alex joué par Pio Marmai.

Et donc elle lui confie quelques jours son fils Eliott alors que Sandra n’a pas particulièrement la fibre maternelle. Hélas, l’issue sera tragique pour cette famille car Alex revient de la maternité avec un bébé dans les bras mais veuf.

Ce livre m’a beaucoup émue car il parle de compassion, d’entraide face au deuil. Le petit garçon du film est animé d’un tel instinct de vie et d’amour qu’il porte tout le film et les personnages qu’il entoure : sa voisine auquel il s’attache viscéralement, son beau-père avec lequel il vit, son père qui s’efface progressivement.

Le titre du roman est parfait : il révèle une notion de psychologie essentielle. C’est assez nouveau qu’on souligne son importance dans les relations familiales. Pio Marmaï est nominé dans la catégorie Meilleur acteur et je pense que c’est son année cette fois-ci !

Je suis aussi sensible aux nominations dans la catégorie films d’animation car j’aime leur créativité visuelle qui me reconnecte avec mon enfance (voila c’est dit !)

La vie de château, mon enfance à Versailles de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi, adapté de la série de romans jeunesse publiée par l’Ecole des loisirs.

La vie de château est un très beau film d’animation signé Clémence Madeleine-Perdrillat, scénariste et Nathaniel H’Limi, dessinateur, tous deux amis. Ensuite, il a été adapté en roman illustré pour les enfants de 7 à 9 ans. C’est une série en six livres publiés par la collection Neuf de l’Ecole des loisirs.

Je suis bien trop vieille pour faire partie du public cible de ces petits livres et pourtant… Le quotidien de cette petite Violette, pupille de la Nation qui doit aller vivre chez son oncle Régis au décès de ses parents, victimes des attentats, m’a beaucoup touchée.

Le secret des mésanges, film d’animation du studio Folimage, sortie le 22 octobre

J’ai beaucoup aimé la variété et la complémentarité des personnages humains comme animaliers. Le chien Mandrin joue un rôle important dans le film car il protège toujours la petite fille intrépide.

Les deux enfants Lucie et Yann n’ont pas le même âge mais ils vont former une bonne équipe pour aider Lucie dans la quête de ses origines. Un secret de famille douloureux éloigne Lucie de sa maman. Mais les mésanges du château vont être d’une aide précieuse. J’ai beaucoup aimé la manière dont sont représentés Lucie et sa maman comme une femme et une petite fille actives et débrouillardes.

Je vous invite à lire ici mon article pour débriefer la cérémonie l’an dernier : j’ai le souvenir du magnifique discours de Karim Leklou sur le pouvoir des gentils et le sketch hilarant de Franck Dubosc avec son Césarillo. D’ailleurs, il est nommé cette année dans la catégorie Meilleur scénario pour Un ours dans le Jura, sa comédie glauque.

Césars 2025 : Une cérémonie sous le signe de l’authenticité et de la vulnérabilité.

Ile de France et Paris·Sociologie

Un dimanche après midi au musée de la chasse et de la nature dans le Marais

Je suis ravie de ma découverte : le musée de la chasse et de la nature, rue des Archives dans le Marais. C’est un musée de taille moyenne très bien mis en valeur par une scénographie élégante et réfléchie. Je suis d’autant plus récompensée de mes modestes efforts car cette visite a emballé toute la famille dont ma fille de six ans !

Les hôtels particuliers Guenegaud et Mongelas, écrins d’exception du musée

Ce musée a été inauguré par André Malraux en 1957 dans un hôtel particulier réalisé par Mansart au 17eme siècle. En 2007, il a été agrandi dans l’hôtel Mongelas du 18eme siècle. Et enfin en 2019, un étage mansardé a été ajouté. J’aime énormément les poutres apparentes, les boiseries et les papiers peints de ce lieu très chaleureux. Comme en témoigne cette salle ci dessous où l’on peut s’asseoir dans de moelleux canapés verts.

© Musée de la Chasse et de la Nature – David Giancatarina

Cela ressemble plus à une douillette demeure bourgeoise qu’à un musée académique et c’est sans doute pour cela que l’on se sent si bien dans cet endroit. Ce musée rend hommage à deux de ses mécènes et collectionneurs les plus importants : le couple Sommer qui a crée une fondation dans les Ardennes en 1966.

Cette fondation oeuvre à la construction d’un discours apaisé d’une saine utilisation de la nature entre chasseurs et non chasseurs, dans le cadre d’une écologie humaniste.

J’ai beaucoup aimé la reconstitution de leur cabane en bois grandeur nature dans une des salles du musée. Mes grands-parents avaient construit une cabane de chasse non loin d’un étang de Montcavrel dans le Pas de Calais et c’était un lieu privilégié pour eux.

L’effet cabinet de curiosités est vraiment très réussi notamment les petits coffrages en bois qui présentent les principaux animaux sauvages : les plus connus de la littérature comme le loup, le renard, le hibou… Un tiroir vitré conserve leurs crottes. Cela plait beaucoup aux enfants.

Ce serait génial si ce musée organisait une belle exposition mettant en scène l’imaginaire populaire dans les livres jeunesse, la publicité avec le loup d’Intermarché ou Roule galette qui met en scène un renard.

Trois fois par an, le musée de la chasse et de la nature fait appel à des artistes contemporains pour enrichir le propos et dialoguer avec les œuvres de la collection permanente.

L’exposition La licorne, l’étoile et la lune de Lamarche-Ovize jusqu’au 8 mars 2026

Je ne connaissais pas l’univers de ce couple d’artistes mais j’ai vraiment été emballée par leur univers onirique, coloré et foisonnant que je vous recommande de découvrir !.

Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, c’est un couple des plasticiens qui allient dessin, céramique, lithographie, textile et objet dans un esprit de collages. Un univers qui m’a séduite d’emblée. On perçoit dans leur travail un héritage artistique solide : les papiers peints de William Morris, décorateur anglais de la seconde moitié du 19eme siècle.

Pour préparer cette belle exposition poétique, les deux artistes ont relu Le bestiaire de l’amour écrit par Richard de Fournival vers 1250 et Grenouilles, un texte d’Aristophane (5eme siècle avant JC)

J’ai beaucoup aimé leur microcosme tellement poétique notamment leurs lithographies très colorées dans une salle carrée. Puis, soixante-dix œuvres ont investis les collections permanentes du musée de la chasse et de la nature. J’aime beaucoup ce dialogue récurrent entre tradition et modernité, art académique et art contemporain. Dans ce musée, j’ai découvert l’art cynégétique même si je ne suis pas admiratrice de la chasse, j’ai apprécié l’aspect naturaliste de ce beau musée.

Musée de la chasse et de la nature, 62 rue des Archives, ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18 heures, plein tarif : 13€ exposition et collections permanentes, 11€: tarif réduit. Gratuit pour les moins de 18 ans et le premier dimanche du mois.

Retour en images sur mes précédentes sorties culturelles en famille à Paris.

Expos·Ile de France et Paris·Lifestyle

Un samedi de janvier ensoleillé sur les Champs Élysées entre musées et théâtre.

De retour de Marseille, je me suis planifiée une sortie solo à Paris avant de reprendre le travail lundi.

J’ai réservé une place de théâtre pour aller me gondoler avec le seule en scène de Valérie Lemercier. Comme le spectacle commençait à 17 heures et que je viens rarement dans ce quartier de Paris, je me suis organisée une grande virée culturelle sur les Champs-Élysées.

Au départ, je comptais visiter la galerie Dior non loin de l’avenue Montaigne mais engouement touristique évident, il n’y avait plus de créneau horaire disponible. Alors je suis allée au Petit palais ! Il me faudra revenir avant fin février pour la rétrospective du peintre de la neige finlandais car c’était complet. Mais j’ai beaucoup aimé la carte blanche à Bilal Hamdad et son exposition Paname.

J’étais persuadée en regardant de loin l’affiche que c’était de la photographie. J’ai été stupéfaite de découvrir de la peinture à l’huile ultra réaliste.

Ce jeune artiste algérien né en 1987 réalise principalement des portraits et des scènes de café parisiens mais aussi des instantanés sur un quai de métro ou dans la rue.

Ses tableaux sont de grands formats qui mettent en scène nos contemporains en train de discuter, de regarder leur portable en attendant de retrouver un ami, ou bien de télé travailler à la terrasse d’un café. Cela pourrait être l’un d’entre nous.

Ses tableaux ont toute leur place au Petit Palais car ils se placent dans la tradition de la peinture naturaliste du 19eme siècle dans la lignée de Courbet, Pelez ou encore Degas qui peignaient aussi la vie des cafés.

Le Paris du 21eme siècle est bien plus cosmopolite et métissé. On le voit avec les vêtements colorés des gens à la sortie du métro Barbes Rochechouart, c’est mon tableau favori de cette série d’une vingtaine de toiles !

Cette exposition était la bonne surprise de mon après-midi pour me consoler de ne pas avoir pu voir la rétrospective du peintre finlandais. Les salles d’exposition un peu bondées ne sont pas plaisantes à vivre. Je l’ai expérimenté dernièrement avec l’exposition Art Déco au musée des Arts décoratifs.

Paname, Bilal Hamdad, Petit Palais, avenue Winston Churchill, jusqu’au 8 février 2026. Entrée libre.

Au spectacle de Valérie Lemercier, honorer trente ans d’admiration pour une rigolote bien barrée.

C’était salle comble également pour le nouveau spectacle de Valérie Lemercier. J’étais vraiment placée dans les combles du théâtre (22 euros la place) mais avec mes voisines, nous avons eu l’idée de génie de prendre les réhausseurs rouges, utilisés d’habitude par les enfants.

Valérie Lemercier seule en scène, jusqu’au 3 janvier 2026, théâtre Marigny

J’ai passé un bon moment à me gondoler comme une baleine sans interruption pendant 1h30 de spectacle. Valérie Lemercier dépeint avec énergie une quinzaine de personnages ultra contemporains. Ce sont en majorité des femmes, de tous âges et de tous milieux sociaux. Enfin, à Paris, les admirateurs de Valoche attendent avec impatience le moment où les grandes bourgeoises vont apparaitre. La fameuse Renardière a été léguée aux Monuments de France pour en tirer plus de profit au détriment des pigeons… euh des touristes.

La mère de famille nombreuse est tout aussi savoureuse dans ses reparties quand elle se plaint de la chambre de ses enfants qui ressemble à une porcherie. Elle essaie de les convaincre de prendre exemple sur Antoine de Saint Exupéry, un aristocrate comme eux.

« C’est pas en bouffant du Galak devant Youtubeur que tu finiras sur un billet de 50 balles« 

Un seule en scène c’est comme un tour de chant, il y a des sketchs incontournables.

Qu’ importe que certains sketches ne soient pas inédits, un spectacle de Valérie Lemercier, c’est un peu comme un tour de chant de Sylvie Vartan. La Renardière c’est l’équivalent de la Maritza, on est forcément déçu si ce n’est pas au programme.

Et puis il y a des nouveaux personnages comme cette grande bourgeoise obnubilée par le lombric-composteur de l’immeuble et qui passe pour la rabat-joie auprès de tous les voisins. Valerie Lemercier est habillée tout en noir avec comme seuls accessoires une écharpe et un colis.

Cette écharpe a damiers indique à différents moments du spectacle les runnings gags efficaces de cette emmerdeuse moderne qui contraint tout son immeuble à s’abonner aux paniers de légumes de l’entreprise bien nommée Mais qu’as-tu donc dans ton panier ?.

Et puis il y a des personnages qui ne font pas rire du tout comme l’agricultrice cauchoise au tout début du spectacle. Elle raconte avec beaucoup de verve ses nouveaux voisins dealers de drogue qui déstabilisent toute la vie quotidienne de sa campagne. C’est drôle mais grinçant quand on réalise que c’est malheureusement une réalité sociale fort préoccupante actuellement.

J’ai été bien inspirée de prendre une place pour ce seule en scène car son précédent spectacle datait de 2015 au théâtre du Châtelet. Devant le succès populaire de ce nouveau spectacle qui comme les autres n’a pas de nom, Valérie Lemercier prolonge les festivités avec onze dates à l’Olympia en janvier 2026.

Ce nouveau spectacle pourrait s’intitulait Gênante 2.0 à mon avis. J’ai aimé retrouver cette actrice et humoriste que j’aime inconditionnellement depuis bientôt trente ans. Même quand un de ses sketchs me heurte et que je pense en mon intérieur : « Rhoooh quand même elle abuse ». Elle ose aller loin mais son acuité à observer les autres, à capter l’air du temps est tellement juste et sensible qu’elle arrive à faire passer les pires blagounettes de quéquettes pour de l’art lyrique.

Je recommande la critique de son spectacle par Stéphanie Blanchard dans Le Monde. L’énergie d’une petite gamine qui virevolte, fière de ses bêtises y est très bien décrit. Valérie Lemercier nous épate car malgré l’âge qui avance (61 ans cette année), la voix, le ton, l’énergie corporelle restent intacts au service du sens du détail.

C’est une constante dans son travail : on se souvient forcément de ses rôles marquants au cinéma : Aline alias Céline Dion, Agathe Cléry, Béatrice de Montmirail, Armelle de Palais royal, la princesse un peu gourde qui va prendre la revanche sur sa famille, la maman de Boule et Bill ou encore quand elle imite à la perfection Léna situations pour teaser son futur spectacle au théâtre Marigny…

Ces sorties culturelles à Paris en 2025 :