Du livre à l'écran·Romans

Les petites robes noires, chronique de la construction de la féminité par la mode.

Adapté au cinéma en 2018 (disponible sur la plateforme Netflix), Les petites robes noires est un feel good booking écrit par Madeleine Saint James, publié par Albin Michel. Je connaissais déjà l’existence du livre mais je n’avais pas forcément accroché à cette histoire pour me lancer dans sa lecture. Comme souvent, les adaptations de livres au cinéma me donnent envie ensuite de lire le livre. J’en ai même fait une rubrique ici : Du livre à l’écran.

J’ai bien aimé regarder cette comédie feel good qui m’a fait du bien, elle m’a détendue des informations anxiogènes sur les incendies en Gironde, fin juillet. L’histoire se déroule dans un grand magasin de Sydney en 1959.

Le résumé :
Ce roman historique se déroule dans un grand magasin de Sydney en 1959. Il raconte le parcours de trois vendeuses du magasin : Fay, Patty et Lisa qui sont chacune à leur âge à un carrefour de leur vie. L’influence de Magda, une réfugiée slovène qui s’occupe des robes haute couture va s’avérer déterminante pour l’évolution personnelle de Lisa et de Fay en particulier.

Ce roman a été écrit par Madeleine Saint James, une romancière australienne qui a étudié dans les grandes universités anglaises. Après le succès de son premier roman Rupture et conséquences, elle a refusé que ses romans suivants soient traduits à l’étranger. Ce sera finalement fait après sa mort en 2006.

Le film est très fidèle au roman. On sent que l’auteure règle un peu ses comptes en définissant le mari de Patty Williams comme étant un con de manière assez arbitraire. Le personnage du père de Lisa est fort intéressant également. C’est un homme très nationaliste qui ne comprend pas très bien ce que sa fille irait faire à l’université. Mais mère et fille vont habilement le manœuvrer en douceur.

Comment une robe peut transformer l’allure d’une jeune fille et l’aider à devenir une femme?. Voila le message de ce film un peu frivole mais qui vous apportera une bonne détente bienvenue en ces temps anxiogènes.

Je me suis régalée avec ce film car il résume bien ce que la mode représente pour moi. Il y a une scène où Magda prête une ceinture à Lisa mais aussi un foulard, elle lui retire ses lunettes et la maquille discrètement. J’ai trouvé cette scène sacrément efficace car elle montre le pouvoir de la mode même la plus courante avec des accessoires pour transformer l’allure et la démarche d’une personne et lui donner de l’assurance.

J’ai regardé des tonnes d’épisodes de Nouveau look pour une nouvelle vie animée par Christina Cordula sur M6 avec mon amie Karine. J’aime tellement dépareiller un look pour ne pas avoir l’air uniforme. J’ai eu une mamie qui n’avait pas un gros budget vêtements mais qui s’arrangeait toujours pour trouver le petit collier en toc ou le sac qui va bien pour habiller un look.

L’impact de la mode dans le film Les petites robes noires

Il y a un autre moment clé du film particulièrement réussi. Lisa a une maman un peu nunuche mais qui va faire de sacrés efforts pour laisser sa fille unique voler de ses propres ailes. Elle est touchante car elle a du mal à se rendre compte que sa petite lycéenne est en train de devenir une femme surtout au contact de ses collègues du grand magasin. Elle lui confectionne des robes rose bonbon, terriblement enfantines, limites avec des smocks.

Alors que Lisa rêve d’une robe du rayon haute couture de Magda avec des modèles uniques sur mannequins. Magda cite Jacques Fath, Christian Dior comme des références à l’approche des sixties. Le New look fut une vraie révolution mode même en Australie.

Le titre du roman et donc du film fait référence à l’uniforme des vendeuses du grand magasin mais aussi à cet incontournable de toute femme : la petite robe noire dessinée par Coco Chanel dans les années 1920, c’est aussi le nom d’un parfum de Guerlain ou encore la tenue de scène d’Edith Piaf.

La jeune Lisa me rappelle un peu Eilis, la jeune femme irlandaise qui travaille dans un grand magasin à New York : Brooklyn, l’un de mes livres préférés.

Pourquoi Les petites robes noires est un feel good movie.

Je ne me suis pas attardée sur la belle histoire d’amour que vit Fay, l’une des trois vendeuses de l’histoire avec Rudy, un jeune réfugié hongrois rencontré au nouvel An chez Magda et son mari. C’est attendrissant, cette jeune femme qui n’attirait que les hommes rasoirs et volages se retrouve avec un homme amoureux qui veut s’engager avec elle.

La fin du film est assez ennuyeuse, je trouve la scène du repas assez loupée et peu intéressante mais ce fut quand même un bon moment de détente autour de la mode et de son pouvoir magique pour aider l’estime de soi d’une jeune femme.

Dans un prochain article, je vais expliquer point par point pourquoi Le diable s’habille en Prada est un film iconique où une jeune fille transforme aussi son allure et prend le dessus sur une manager toxique.

Ce que j’ai appris de la mode grâce aux marques de prêt à porter françaises.

Romans

La splendeur des Stockton, derrière les mondanités, la cage dorée du népotisme des beaux quartiers new-yorkais

Habituée aux romans d’été d’Elin Hilderbrand qui tournent en ridicule les riches nantis de Nantucket, je m’attendais à un roman un peu léger, un peu frivole, racontant par le menu les mondanités d’une riche famille new-yorkais du quartier huppé de Brooklyn heights.

La splendeur des Stockton, Jenny Jackson, 352 pages 9782386980428, 22€

Et bien non, c’est même un roman assez militant qui détaille tout un système économique et social peu réjouissant : le népotisme ou héritage dynastique qui conditionne et aliène les Américains de bonne famille dès leur plus jeune âge. Et ce n’est guère reluisant.

En lisant ce livre, je me réjouis d’être française, dans un système plus méritocratique et égalitaire où l’on peut quand même faire de bonnes études même si on ne naît pas avec une cuillère d’argent dans la bouche.

Le résumé :

Îlot imprenable au coeur des quartiers chics de New York, l’impressionnante demeure des Stockton semble indifférente au passage du temps. Symbole de l’âge d’or, elle incarne le prestige d’une certaine aristocratie, un héritage heureux et lourd à porter pour les nouvelles générations.
Entre soirées fastueuses, brunchs dominicaux et week-ends en bord de mer, les trois enfants Stockton tentent de composer avec le poids des traditions familiales, leurs propres désirs et l’effervescence de l’époque.
Darley, l’aînée, a renoncé à ses privilèges pour suivre son coeur. Georgiana, la cadette, partagée entre son emploi dans l’humanitaire et sa fortune, cherche sa voie (et le grand amour). Cord, le fils unique, accorde ses pas sur ceux de son père jusqu’à l’arrivée de Sasha. Entrepreneuse, issue d’un milieu modeste, celle que l’on surnomme  » la Croqueuse de diamants  » va bousculer les codes et redonner des couleurs à cette famille au charme un brin suranné !
Une comédie pleine d’esprit et d’ironie qui pétille comme des bulles de champagne.

Mon avis :

J’avais déja lu quelques articles où des grandes fortunes mondiales comme Bill Gates ou Mark Zuckerberg expliquaient qu’ils avaient pris des dispositions pour ne pas léguer toute leur fortune à leurs enfants afin de leur apprendre le sens du travail et du mérite et surtout de répartir de manière plus équitable les richesses mondiales par le biais de fondations philanthropiques.

J’ai aussi lu des témoignages d’héritiers encore plus courageux et responsables qui décidaient de renoncer à leur fortune qui pesait trop sur leurs épaules : réussir par ses propres moyens étant une source de satisfaction bien plus épanouissante que de marcher dans les pas de ses parents.

La comédie des Stockton : richesse, népotisme et quête d’identité

L’intrigue de ce roman est racontée selon le point de vue des deux filles de la famille : Darley et Georgiana ainsi que la belle-fille Sasha, qui vient de se marier avec l’héritier Stockton alors qu’elle vient d’un milieu plus modeste et aussi plus pragmatique.

« Sasha s’était d’abord imaginé que […] sa belle-famille l’accueillerait à bras ouvert. Or pas du tout. Sa famille à elle était à l’image d’un coin banquette dans un restaurant : on pouvait toujours se serrer pour faire de la place à quelqu’un. Celle de Cord était comme une table entourée de chaises, et ces chaises étaient vissées au sol« .

Les jeunes mariés occupent l’ancienne maison des beaux-parents, Chip et Tilda, sur Pineapple street et cela crée de savoureuses frictions familiales. C’est une famille qui a fait fortune dans l’immobilier de luxe à New-York grâce à son appartenance à la vieille bourgeoisie new-yorkaise : leurs ancêtres étaient les premiers colons anglais à s’installer aux Etats-Unis à bord du bateau Mayflower. Darley est mariée avec Malcolm, un jeune banquier d’origine coréenne qui ne vient pas du sérail mais qui a su faire fortune grâce à son expertise.

« Au lycée, Darley connaissait un groupe de filles avec lequelle elle déjeunait parfois quand ses copines étaient malades ou en voyage. On les appelait les « Rice Girls » parce qu’elles étaient blanches et restaient toujours agglutinées entre elles« .

Georgiana, la benjamine de la famille est le personnage le plus complexe de ce roman. D’abord immature et oisive, elle va considérablement évoluer au fil des pages du livre car elle va vivre un deuil terrible puis une histoire d’amour inattendue qui vont l’aider à trouver sa voie personnelle et son identité.

J’ai lu ce roman car je suis curieuse de la manière de vivre des new-yorkais à travers les séries : Gossip girl, Friends, Sex and the city, Une nounou d’enfer depuis toujours. Même si les séries ne sont pas du tout réalistes par rapport aux standards économiques et sociaux des personnages.

En septembre 2025, j’avais vu un film Matérialists qui m’avait fait froid dans le dos tellement c’était cynique. Il racontait le quotidien d’une chasseuse de têtes pour mariages entre-soi où hommes et femmes présentaient leurs atouts financiers non pas pour décrocher un crédit immobilier mais pour se marier. C’est une histoire vraie, pire, certains hommes très fortunés mais trop petits n’hésitent pas à subir une opération douloureuse pour allonger leurs tibias et ainsi être plus grands au bras d’une jolie femme très regardante sur le physique.

Ce roman est très intéressant car il m’a aidé à réaliser que l’éducation de ces enfants de milieux ultra privilégiés est codifiée et ne laisse aucune place à la liberté ni à la fantaisie.

Dans une scène du livre, Darley emmène ses deux enfants un peu turbulents à la piscine d’un club sportif privé. Le maître nageur les vire du bassin car ils s’éclaboussent un peu trop bruyamment, comme n’importe quels enfants. Leur mère est paniquée à l’idée que leur comportement un peu turbulent ne les conduise à être exclus de ce club sportif ultra-select. Les enfants riches n’ont pas le droit de faire des bombes dans le grand bassin ! Leur avenir en dépend !

Je vous recommande ce livre pour sa liberté de ton militante sur le népotisme et l’inégal partage des richesses aux Etats-Unis à l’heure où le président Donald Trump a annoncé la suppression de 90% des financements de l’USAID, pénalisant lourdement le continent africain.

Heureusement, qu’il y a des fondations privées comme celle de Georgiana Stockton dans la fiction, pour redistribuer les richesses de manière plus égalitaires dans le monde. Ou Dolly Parton, qui vient d’une famille très pauvre du Tennessee et qui a donné des millions de dollars pour lutter contre l’illettrisme. Merci Dolly !

Romans

Les secrets de cuisine de Mrs Quinn : Une pâtisserie au bon goût de nostalgie

Comme je l’ai déja indiqué ici, je scrute avec attention les parutions de printemps de littérature française et anglo-saxonne des éditions des Escales. Cette année, j’ai lu quatre livres des Escales, tous des coups de coeur : Donut girl de Lauriane Bordenave, Le plus bel été d’Elin Hilderbrand, La splendeur des Stockton et Les secrets de cuisine de Mrs Quinn !

J’ai passé un très bon moment avec ce premier roman : Les secrets de cuisine de Mrs Quinn car il mêle différents thèmes : dans le cadre d’un concours de pâtisserie en Angleterre, une femme d’un certain âge va se confronter à ses rêves et affronter les secrets du passé avec un courage et une détermination qui l’étonneront elle-même. Assister à la mue d’un personnage principal pétri par ses peurs et ses doutes est un vrai plaisir de lecture.

« Pendant un instant, l’avenir ne lui parut plus être une destination redoutée, un lieu ne promettant que vieillesse et disparition, mais au contraire un espace porteur d’espoir et de possibles. C’était devenu un endroit qu’elle désirait connaître…« .

Le résumé :

Les secrets de cuisine de Mrs Quinn, Olivia Ford, traduit par Emmanuelle Aronson, 9782365699082, 22€50, 400 pages.

Un roman délicieux et réconfortant qui célèbre l’amour à travers le temps et qui prouve que les rêves peuvent se réaliser à tout moment.

Jenny a 77 ans, un mari aimant… et un rêve à réaliser. Passionnée de pâtisserie, elle envoie en secret sa candidature à une émission culinaire populaire. Et elle est retenue !
Devant les caméras, Jenny prend son envol. Mais le stress de la compétition réveille des souvenirs enfouis. Des biscuits au chocolat garnis de meringue italienne lui rappellent une alliance qui n’était pas la sienne, et un simple pain de campagne le moment précis où sa vie a basculé pour toujours…
Avec le passé qui s’invite dans le présent et sa célébrité grandissante, Jenny peine à contenir un secret vieux de plusieurs décennies et qui menace aujourd’hui les fondations mêmes de son mariage. En se plaçant sous les feux de la rampe, Jenny a-t-elle créé la recette d’un désastre ?

Mon avis :

J’ai voulu lire ce premier roman qui me rappelait beaucoup Julie and Julia, 2005, un film que j’affectionne énormément avec Meryl Streep, Stanley Tucci et Amy Adams. Il raconte le défi d’une blogueuse culinaire new-yorkaise qui se lance à réaliser les recettes de Julia Child, une célèbre cuisinière qui avait sa propre émission de télévision dans les années 1960 aux Etats-Unis.

J’ai trouvé de nombreuses similitudes entre Julia Child et Jenny Quinn, l’héroïne de ce roman : elles n’ont pas élevé d’enfant, leur mari dans la force de l’âge fut un soutien inconditionnel à leurs projets face à leurs doutes, et enfin elles ont toutes les deux réussi un exploit personnel qui les a transformé en tant que femmes grâce à la cuisine.

Un réseau de personnages attachants qui gravitent autour de Jenny

J’ai particulièrement aimé ce roman parce qu’il décrit avec justesse et tendresse le quotidien d’un couple âgé qui n’a pas accueilli d’enfant sous son toit. Jenny et Bernard jouent un peu le rôle de grands-parents de substitution pour les enfants de leur nièce Rose, Poppy et Max. Mais on perçoit ce décalage social avec leurs voisins Ann et Fred qui ont leur âge et de nombreux petits-enfants.

Ce couple de voisins est savoureux à lire dans ses maladresses et surtout les reparties de la voisine Ann. Elle est pleine de bonne volonté mais elle manque parfois de tact avec Jenny et on sent une forme de comparaison entre les deux femmes, fort intéressante à cerner pour comprendre les richesses et les lacunes humaines.

Jenny va également rencontrer des personnes marquantes lors du concours de pâtisserie, Carys, la productrice de l’émission qui va avoir un coup de coeur pour elle et surtout Azeez, l’un de ses concurrents du concours qui est bien plus jeune qu’elle et qui va aider Jenny à « accoucher » d’un secret qui la tourmente depuis plus de cinquante ans.

Des recettes de pâtisseries qui convoquent des souvenirs du passé.

Les secrets de Mrs Quinn, c’est un gros pavé de 400 pages comme je les affectionne. La narration se structure en trente-quatre chapitres qui portent le titre d’une recette de cuisine. Chaque recette de cuisine rappelle un souvenir de Jenny plus ou moins récent, heureux ou malheureux. Tout au long du roman, on observe à chaque chapitre une alternance entre le passé de Jenny signifié en italique au début du chapitre puis sa vie quotidienne pendant sa participation au concours Passion pâtisserie.

Ce procédé est particulièrement efficace surtout pour un premier roman. Olivia Ford est une productrice de télévision qui habite à Londres, elle a su décrire avec brio un environnement familier pour elle : le concours de pâtisserie, de la télé-réalité bienveillante et familiale décliné dans tous les pays. On s’attendrait même à voir surgir Mercotte et Cyril Lignac, de l’émission Le meilleur pâtissier sur M6.

Les secrets de Mrs Quinn est un excellent feel good roman car il raconte l’intimité affective d’un couple âgé, à l’automne de sa vie.

La douceur des pâtisseries, le meilleur des remèdes face aux traumatismes du passé.

Jenny a perdu sa mère jeune et elle a dû supporter le caractère difficile de sa tante qui s’est occupée d’elle en essayant de remplacer sa mère de façon très maladroite : elle portait même l’un des cardigans de la défunte. Jenny travaillait dans un boutique alors qu’elle était au lycée et elle est tombée sous le charme d’un beau parleur qui l’a mené tout droit à la chambre à coucher alors qu’il était marié.

La manière dont il accueille la nouvelle de sa grossesse surprise est écœurante : il lui fait bien comprendre qu’elle a fait une sacrée erreur tout en la laissant lâchement tomber.

Jenny va se retrouver dans un pensionnat pour filles-mères totalement inhospitalier quelques mois le temps de préparer le trousseau pour son futur bébé et d’y accoucher sans aucun accompagnement humain de la part du personnel de ce pensionnat. Pire, on évitait de soulager leur douleur quand il était possible de le faire comme pour les « punir » de leur « faute ». Personne ne cherchait à blâmer celui qui était aussi à l’origine d’une naissance et qui n’avait pas assumé ses responsabilités. Olivia Ford a mis en lumière avec ce roman la situation de 185 000 filles mères qui vécurent ce traumatisme en Angleterre et au Pays de Galles entre 1949 et 1976.

Enfin, j’ai passé un excellent moment de lecture cet été grâce à ce beau roman qui m’a un peu réconciliée avec la télé-réalité quand elle prône de bons sentiments conviviaux. Il s’agit d’un très beau portrait de femme et plus largement d’une belle vision de l’amour quand le couple vieillit ensemble après cinquante ans de mariage.

« Je dirais que ma véritable réussite, c’est mon union avec mon mari Bernard – nous célébrons cette année nos noces de diamant et je l’aime de tout mon cœur. Cependant, alors qu’il s’achemine dignement vers le crépuscule de sa vie, j’ai commencé à me demander ce que j’avais accompli. Quand l’heure sonnera, que laisserai-je derrière moi sur cette terre ? Rien, sinon peut-être quelques recettes dans le placard de ma cuisine « .

Extrait du livre Les secrets de cuisine de Mrs Quinn.

Une liste de tous les romans et les films que j’aime qui se déroulent en Angleterre :

La dernière conquête du major Pettigrew, tomber amoureux à n’importe quel âge

Rendez-vous ici, comment une randonnée boueuse fait éclore une histoire d’amour.

Romans

Lire un bon livre, mon meilleur remède pour fuir la canicule

Plus il fait chaud, plus je lis des romans. C’est un excellent moyen de s’évader dans la rame de transports qui ressemble à une étuve. Et puis contrairement aux smartphones ou aux ordinateurs pour regarder un film, le livre ne surchauffe pas. Revenons aux fondamentaux !.

Grâce à mon métier (assistante de rédaction dans un média national), je trie une vingtaine de livres par jour et donc j’ai la vraie chance de découvrir une grande partie de la production littéraire avant parution.

Les dangers des thématiques littéraires morbides en 2026

Je déplore tout de même un manque d’originalité des thématiques littéraires : les abus de toutes sortes dans les familles, les cosy murders alors que les homicides n’ont rien de cosy… Oui la société est sinistre et révoltante mais la littérature doit nous permettre de nous évader, d’élever notre esprit voire notre âme.

Je ressens une grande colère envers ces romans écrits à la va-vite dans le sillage du best-seller La femme du ménage qui incite à la suspicion et brise à petits feux le lien social dont nous avons tant besoin pour faire société.

J’ai eu une belle surprise avec ce premier roman Où est Paula ? publié par la maison d’édition suisse Favre, à mi-chemin entre le roman policier de qualité et le feel-good.

Où est Paula, Déborah Porret, éditions Favre, 312 pages, 9782828923570, grand format, 20€

Le résumé :

Quatre inconnus. Une femme de ménage disparue. Une enquête qui va tout changer.

Amandine, maman au bord de l’épuisement, Julia, bourgeoise énergique, Valentin, retraité solitaire, et Zoé, jeune directrice d’hôtel ambitieuse, n’ont rien en commun… si ce n’est leur femme de ménage, Paula.

Lorsqu’elle disparaît sans explication, ce groupe mal assorti décide d’unir ses forces et de partir à sa recherche. Rapidement, ils se rendent compte qu’ils ne savent presque rien de cette femme fiable et discrète, présence indispensable dans leur quotidien.

D’abord méfiants les uns envers les autres, ils vont peu à peu dévoiler leurs failles et en découvrir autant sur eux-mêmes que sur l’histoire de Paula. Il en naîtra une amitié inattendue, de celles qui transforment et réorientent les trajectoires.

Qui est l’auteure ?

Deborah Porret est diplômée en relations internationales. Après des stages dans le journalisme et au sein de l’administration fédérale, elle a travaillé pour de grands groupes dans les domaines de la communication et des relations institutionnelles. Elle a également travaillé et vécu dans cinq pays.

Polyglotte et grande lectrice, elle aime raconter des histoires qui permettent de s’évader tout en abordant des thématiques qui nous touchent tous. Ce premier roman permet de découvrir son talent pour les dialogues et sa sensibilité pour l’humain.

Mon avis :

Je le reconnais j’avais de sacrés préjugés en commençant cette lecture. Tout d’abord, la couverture ultra marketée n’augurait rien de bon. Et pourtant, elle a été efficace car elle m’a tout de même convaincue de lire ce roman. J’aime bien les romans choraux qui parlent d’un métier qui valorise le lien social.

Ce roman reprend des grosses ficelles que l’on retrouve dans de nombreux feel-good : le mari adultère, la mère de famille qui s’est oubliée en chemin, la fille dévouée à sa carrière qui a peur de s’attacher à un homme. Mais ce roman m’a convaincu car l’auteure a su humaniser ses personnages, on s’attache à eux même s’ils paraissent caricaturaux au début.

Enfin, j’ai beaucoup aimé ce premier roman car il parle du soutien conjugal inégal quand on vit une chimiothérapie éreintante pour le corps et la confiance en soi. De tous les romans que je vois passer chaque jour dans les colis que nous recevons, peu traitent de ce thème qui est pourtant la réalité de beaucoup de femmes. Une femme sur cinq est quittée par son conjoint quand elle souffre d’un cancer.

J’ai également lu Des choux et des reines de Katherine Pancol, éditions Albin Michel, 192 pages, 9782226512499, 19€90.

C’est l’histoire d’une femme brisée qui saisit sa chance de fuir l’emprise d’un affreux jojo qui la fait suivre par un de ses sbires. J’ai bien aimé l’innovation narrative de l’auteure qui a écrit un texte incisif et efficace.

L’écriture de Katherine Pancol a été une bonne surprise même si le sujet du livre n’est pas des plus joyeux.

Romans

Analyse d’un roman choral : un été agité à Nantucket sous la plume d’ Elin Hilderbrand

J’ai découvert les romans d’Elin Hilderbrand par hasard dans le magazine Elle il y a environ cinq ans. Je me régale à les lire été après été même si on ne peut pas dire qu’Elin se casse trop la tête dans le choix des titres de ses romans : Un été à Nantucket, Le dernier été, Le plus bel été…

De prime abord, je trouvais ses romans un peu superficiels avec ces descriptions de boissons et de mets tous aussi délicieux les uns que les autres : du homard par ci, des cocktails hors de prix par là, des tenues très codifiées aussi bien pour les hommes que pour les femmes…

Mais Elin Hilderbrand a ce talent hors pair de bien cerner ses personnages qui mettent une énergie folle à contrôler leur image sociale sans qu’aucun cheveu ne dépasse d’un brushing parfait ou d’une tenue tirée à quatre épingles. Et pourtant, les conventions sociales sont intenables dans cet environnement aussi superficiel. Chacun va sortir de ses gonds dans ce roman choral qui regroupe une vingtaine de personnages. Cette dégringolade sociale est une vraie délectation pour nous lecteurs.

Le plus bel été, écrit par Elin Hilderbrand, traduit par Alice Delarbre, éditions Les escales, 432 pages, 22€90,

Le résumé :

Des fêtes étourdissantes, un incendie destructeur et une disparition troublante : l’été sera mouvementé sur l’île de Nantucket.
Lorsque les Richardson, un couple richissime et mystérieux, achètent une maison à 22 millions de dollars, les passions se déchaînent sur l’île de Nantucket. Qui sont-ils ? D’où vient leur argent ? Leurs fêtes tapageuses fascinent autant qu’elles dérangent. Leur fortune ostentatoire attire autant qu’elle éveille la suspicion.
Mais alors que les Richardson se trouvent sur leur yacht, leur demeure est réduite en cendres par un incendie. Et au moment où ils ont le plus besoin d’elle, leur fidèle assistante personnelle disparaît sans laisser de traces. Entre les secrets des uns et les mensonges des autres, la vérité sera-t-elle révélée au grand jour et l’harmonie rétablie sur l’île paradisiaque ?.

Au départ, le résumé de ce roman ne m’a guère emballée. J’avais peur que le fameux couple tapageur soit du même tonneau qu’un certain couple criminel qui a fait dernièrement la une de Society… Mais non, même si elle raconte des histoires rocambolesques d’infidélité et d’humiliation sociale, Elin Hilderbrand reste toujours du coté de la décence.

Mon avis :

Comme je l’ai dit, ce roman choral se regroupe autour d’une vingtaine de personnages importants de l’île : le chef de la police locale, deux agents immobiliers, des dames influentes du country club…

Mais l’intrigue se joue entre Coco, une jeune femme issue d’un milieu très populaire qui joue son avenir en acceptant de devenir la concierge privée d’un couple flamboyant et flambeur : Leslee et Butch Richardson. Leurs noms et prénoms ridicules ont été volontairement choisis je pense.

Coco est un personnage très attachant qui est née du mauvais côté de la barrière sociale. C’était très agréable de lire comment ce boulot de rêve dans une cage dorée va lui permettre de s’élever socialement, s’acheter de beaux habits luxueux, au volant de sa mythique voiture de fonction. Mais le revers de la médaille se fera rapidement et violemment ressentir.

Coco va vite se rendre compte que ses patrons sont de vrais sociopathes qui frisent avec le danger pour se faire des amis à tout prix. Ils organiseront au cours de l’été au moins quatre ou cinq fêtes toutes aussi clinquantes et décadentes les unes que les autres. Heureusement, ce roman se termine bien avec de beaux sentiments et même une morale en fin de compte.

J’ai tout de même un bémol à ce coup de coeur : la chronologie des faits est un peu difficile à suivre tant il y a des flash-back réguliers entre les chapitres. Rien de trop déroutant mais c’est tout de même une petite gymnastique pour comprendre le déroulé des faits. J’ai quand même lu les 400 pages de ce roman en deux jours de canicule. La lecture était tout de même plaisante et divertissante.

Finalement, on peut considérer ce roman comme le scénario initial d’une série en cours d’adaptation par la plateforme Netflix. J’ai hâte de découvrir qui jouera l’effroyable Leslee Richardson.

Biographies et autobiographies·Romans

Donut girl, redonner le moral aux troupes avec des pâtisseries qui rappellaient le pays pendant la seconde guerre mondiale en Europe

Depuis quelques années, je suis avec attention les parutions romans de la maison d’édition Les escales. Ce printemps, j’ai repéré quatre romans parmi leurs nouveautés que j’ai envie de lire : Donut girl, Les secrets de cuisine de Mrs Smith, La splendeur des Stockton, et enfin Le plus bel été d’Elin Hilderbrand à paraître en juin.

Autant en littérature française qu’anglo-saxonne, j’aime leur sélection d’auteurs et les sujets qu’ils défendent alors que je suis très difficile pour choisir mes romans.

Je déteste les livres qui parlent de relations toxiques, de meurtres ou de trahisons, la société regorge de faits divers plus scabreux les uns que les autres. La littérature sert à nous évader avec de belles histoires romanesques.

En 2024, j’ai eu un vrai coup de coeur pour le roman La cuisinière des Kennedy écrit par Valérie Paturaud.

C’est l’histoire d’une femme Andrée Imbert, pupille de la Nation qui a cru en son don : la cuisine pour servir les plus belles tables de la bourgeoisie française avant de chouchouter la « famille royale » américaine : Les Kennedy avec ses bons petits plats français.

Ce roman historique a séduit plus de 100 000 lecteurs et a même donné naissance à un livre de recettes publié en 2025.

J’ai aimé ce livre car il s’appuie sur les archives d’une famille : des photos en noir et blanc, une correspondance riche et dense pour raconter ce destin extraordinaire et ce fossé gigantesque entre la gloire éclatante de cette famille branchée en Amérique et la ruralité dans laquelle vit la propre fille d’Andrée dans l’arrière pays drômois.

Alors, j’ai voulu lire Donut girl de Lauriane Bordenave. J’aime énormément les romans historiques qui racontent comment des inconnus ont tutoyé la grande Histoire.

C’est l’histoire d’une jeune femme américaine Jane qui s’engage au service de la Croix rouge américaine pour redonner le moral aux troupes à Londres qui s’entrainent pendant deux ans à débarquer sur le sol français pour gagner la guerre. Son rôle : distribuer des donuts et du café pour soutenir l’effort de guerre.

Le résumé :

Milwaukee, 1942. Les États-Unis viennent d’entrer en guerre. Jane Pearson, vingt-cinq ans, prend son courage à deux mains et s’engage dans la Croix-Rouge. Direction : Londres !
Là-bas, Jane et les autres volontaires ont pour mission de soutenir le moral des troupes américaines, jusqu’au Débarquement. Mais comment ? L’idée, pourtant simple, est brillante : en offrant aux soldats un peu de ce pays qui leur manque tant.
Voilà Jane et ses consoeurs chargées de sillonner les bases militaires pour distribuer du café, des cigarettes et… des donuts, qu’elles cuisinent elles-mêmes. Le succès est total, les soldats attendent les jeunes femmes avec impatience.
En pleine guerre, au coeur d’un Londres ravagé par les bombardements, Jane tissera des liens d’amitié profonds… et connaîtra le grand amour, qui la mènera jusqu’en France.

Ce roman a été écrit par Lauriane Bordenave, médecin et passionnée de littérature, elle vit à Paris. C’est à la suite d’une visite guidée en famille sur les plages du Débarquement qu’elle découvre l’histoire incroyable des  » donut girls ». Elle raconte cette anecdote en préambule de son roman.

Mon avis :

J’ai lu rapidement ce roman pendant le week-end de Pâques dans le train vers Cabourg. Le Calvados c’est la porte d’entrée vers les plages du Débarquement, on peut constater que les chars américains ont eu du mal à circuler à travers le bocage normand.

Donut girl raconte les trois années de guerre de Jane Pierson, un personnage fictif inspiré de la vie d’Elizabeth Ann Richardson, enterrée au cimetière américain de Colleville sur mer avec plus de 9000 hommes. Elle faisait partie des 250 femmes qui produisaient 8000 beignets par jour sur les lignes de front.

J’ai aimé ce roman pour la force de ses descriptions : l’horreur du débarquement pour ces soldats qui ont été criblés de balles sur la plage quand ils ne sont pas morts noyés dans l’eau gelée en posant le pied sur le sol français. Le 6 juin au matin, ce n’était pas La grande vadrouille pour ces malheureux.

Lauriane Bordenave raconte aussi l’arrivée des résistants français à Londres comme François, le personnage français mystérieux dont Jane va tomber éperdument amoureuse. Ses compagnons vont composer à l’aide d’une musicienne russe Le chant des partisans et c’était très émouvant de lire la genèse de sa composition.

Dossier De Presse Donut Girl

J’ai également beaucoup apprécié la complicité entre ces trois coéquipières Maggie, Jacqueline et Jane qui seront logées dans un premier temps chez une institutrice anglaise dans un Londres ravagé par les bombardements.

Dorothy va leur expliquer son expérience pour se réfugier dans l’abri au quotidien face aux bombardements. Les petits écoliers anglais étaient aussi formés à se rouler en boule sous leur pupitre pendant le Blitz. J’avais lu un roman historique de Bobby Millie Brown que j’avais chroniqué ici : Dix-neuf marches.

Donut girl est un roman historique qui m’a permis de mettre en lumière des faits de la seconde guerre mondiale que je connaissais déja mais sans faire de rapprochement. J’ai lu dans ma jeunesse La bicyclette bleue de Régine Desforges, une fresque romanesque de la Résistance française. J’ai pu faire le lien avec les résistants français qui ont rejoint Londres pour acquérir une formation militaire plus approfondie afin de débarquer en 1944 avec les troupes alliées et laver l’affront de 1940.

Impossible de ne pas penser également au film Messagères de guerre, sur la plateforme Netflix (2024) avec Kerry Washington dans le rôle du major Charity Adams. Son régiment de soldates afro-américaines a été chargé de trier des millions de lettres non acheminées aux familles de soldats aux Etats-Unis.

Ce régiment a été victime de ségrégation et de sexisme de la part des autorités dont il dépendait. Les trois postières qui ont été tuées dans un accident font partie des trois femmes qui reposent au cimetière de Colleville avec la donut girl.

Quand le donut revient en Europe dans les valises des GI’s américains.

Le donut américain a été importé des Pays-Bas par les colons européens au 17eme siècle. C’est un dérivé du beignet mais il est de forme torique. Durant la première guerre mondiale, deux officières de l’Armée du Salut ont eu l’idée de confectionner ces pâtisseries pour redonner le moral aux militaires mais dans des quantités et une logistique bien moindre que celle développée par la Croix rouge à partir de 1943. L’armée du salut a été pionnière dans la mise en place d’une journée nationale du donut chaque premier vendredi de juin aux Etats-Unis.

Le donut est une institution aux Etats-Unis qui s’est industrialisée à partir des années 1950.

Un roman historique qui renforce l’amitié franco-américaine bien malmenée en 2026

Même si ce texte a des faiblesses (un déroulé chronologique sans relief, le portrait d’une seule donut girl), je vous recommande cette lecture pour la force de ses descriptions et les faits historiques que ce roman met en lumière. D’une grande finesse psychologique, il montre la rudesse des conditions matérielles dans lesquelles ont vécu hommes et femmes de l’armée américaine et comment l’horreur de la guerre peut faire vriller chacun d’entre nous.

Les précédents romans que j’ai lu, publiés par les éditions Les escales.

Un été à Nantucket, entre conquête spatiale et guerre du Vietnam vécu par quatre femmes d’une même famille.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, le récit d’un miracle grâce à la foi d’une maman déterminée.

Traverser les montagnes et venir naître ici, un roman difficile à lire mais incontournable.

Romans·Sociologie

Ces livres que j’ai aimé lire en 2025

Cette année, j’ai quelque peu délaissé les romans car il était rare que je trouve mon bonheur. Il manque du rêve et de la féerie dans la littérature actuellement. C’est à l’image de la société pour dénoncer des abus de pouvoir mais c’est sacrément pesant. Le raz de marée de La Femme de ménage m’a beaucoup déprimée : c’est glauque, mal écrit et cela entame notre confiance en notre prochain.

Voici quelques pistes essais, romans et BD si vous cherchez quelque chose de joyeux et qui redonne espoir en l’humanité !

Des récits de vie écrits par des personnes courageuses qui aiment leur prochain

Mamie charge, Brigitte Lips avec Anne-Marie Taillandier, éditions Salvator, 16€

J’ai découvert ce très beau livre en janvier en débutant mon travail au journal La Vie à travers sa rubrique phare Les essentiels qui donnent la parole à des anonymes comme des célébrités pour expliquer en quoi leur spiritualité guide leur quotidien.

J’ai tellement aimé lire le parcours de cette retraitée qui se dévoue pour ouvrir son garage aux migrants qui tentent de traverser la manche. Elle met sa foi chrétienne en pratique chaque jour. J’ai retrouvé les valeurs du Pas de Calais chères à ma grand-mère, dans son parcours. L’histoire personnelle de Brigitte m’a fait penser à celle de Roseline Hamel qui vient aussi du Pas de Calais.

Sœurs de douleur, Roseline Hamel et Nacera Kermiche, XO éditions


Elle est la sœur du père Hamel assassiné pendant la messe dans son église : Roseline Hamel. Elle est la mère de l’un des deux terroristes tués lors de l’assaut : Nassera Kermiche. Elles sont devenues amies alors que le pire devait les séparer. Sœurs de douleur, on ne pouvait pas trouver meilleur titre pour résumer ce livre.

Il s’agit d’un récit à trois voix puisqu’un journaliste de Pèlerin magazine les accompagne dans ce récit d’une grande pudeur et sensibilité. En sept chapitres où s’alternent les récits de Roseline et de Nacera, Samuel Liéven retrace plus de huit années de deuil pour l’une et pour l’autre depuis l’attentat qui a eu un retentissement médiatique dans le monde entier.

Y’aura t’il un paradis pour moi, Frère Benoît Dubigeon, éditions Artège.

J’ai découvert ce formidable récit en lisant le dossier sur l’action de Robert Badinter dans les prisons, un dossier du journal La Vie à l’occasion de son entrée au Panthéon début octobre. Frère Benoit Dubigeon fut longtemps aumônier de prison à Fleury-Mérogis. Il raconte sa rencontre authentique avec Théo, un jeune homme qui a tué une mère de famille dont il été amoureux. Il n’a pas supporté qu’elle l’abandonne comme tous ses proches avant elle. Théo va vivre un très beau chemin de foi en expérimentant le pardon et la rédemption. Sans conteste, le livre le plus poignant que j’ai lu cette année ! .

Au château de l’ogre, Marie France Bokassa, Flammarion.

J’ai découvert son témoignage poignant dans l’émission Ça commence aujourd’hui de Faustine Bollaert sur France 2. C’est l’histoire de Marie-France, l’un des dix-sept enfants du dictateur de Centre-Afrique Bokassa. Elle a grandi un temps dans un pensionnat en Suisse avec un chauffeur et des domestiques mais elle a aussi connu la faim et les brimades. C’est une voisine du village qui l’a hébergé et l’a éduquée comme sa propre fille a qui elle doit son salut. Son récit m’a bouleversée car elle n’a jamais connu sa maman qui était asiatique et son géniteur l’a privé de tous contacts avec elle.

De beaux romans avec des histoires d’amour, une maman dévouée à son fils handicapé…

Rendez-vous ici, David Nicholls, Belfond

Au fil des chapitres, on se laisse rapidement embarquer par cette randonnée avec ses étapes interminables où ils terminent chaque jour trempés comme des soupes. Les personnages connexes à l’histoire vont rapidement abandonner le projet mais les deux solitaires de l’équipée n’ayant pas d’autres échappatoires vont persévérer ensemble car c’est très important pour eux.

Traverser les montagnes et venir naître ici, Marie Pavlenko, éditions Les escales

Un roman poignant et lumineux qui raconte le deuil, la solidarité et l’espoir. Astrid a tout perdu. A quarante ans, plus rien ne la retient, alors elle part. Elle achète sans l’avoir visitée une maison isolée dans la région montagneuse et sauvage du Mercantour. Parmi ses bagages, un carton marqué d’une croix rouge, ce qu’il lui reste de sa vie passée. Soraya a tout laissé derrière elle. Sa Syrie natale, sa famille, ses amis, son insouciance.
Elle traverse la montagne pour rejoindre la frontière française en se cachant de la police. Dans son ventre, une vie qu’elle déteste grandit.

Deux destins de femmes inoubliables. Deux douleurs indicibles qui se rencontrent et s’apprivoisent. Un roman magistral qui malmène nos émotions tout au long de l’histoire. J’ai été secouée par sa lecture car les épreuves traversées par ces deux femmes sont révoltantes. Mais on ne peut pas lire que des romans feel good, c’est la réalité actuelle de bon nombre de migrants.

La vie qui reste,Roberta Recchia, J’ai lu

J’ai tout de suite accroché à ce roman car la situation initiale est parfaitement écrite et accrocheuse. Condition sine qua non pour que je poursuive ma lecture. Pour un première roman, j’ai été impressionnée par le style de l’auteure : la force de la narration et de l’expression des émotions. Dès les premières pages, on plonge rapidement dans l’ambiance du roman. C’est un roman typiquement italien où l’on exprime pleinement ses sentiments sans détour.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Roland Perez, Les escales, 2021, 19€

C’est de loin mon plus beau coup de coeur cinématographique et littéraire de cette année. Je l’ai lu d’une traite car le personnage d’Esther, la maman juive m’a captivée. Son entêtement et ses mensonges éhontés m’ont fait éclater de rire. Ils sont le témoignage émouvant d’un amour maternel inconditionnel et d’une foi qui déplace les montagnes. J’ai eu la grande chance de rencontrer son auteur au festival du livre de Paris en avril.

J’espère que cette sélection de livres vous apportera espoir et inspiration pour 2026 !

Romans

J’ai lu La vie qui reste dans le cadre d’un book club de la box littéraire Kube.

Je lis en ce moment La vie qui reste, le premier roman écrit par Roberta Recchia, traduit dans plus de quatorze pays. Il se passe en Italie, entre Rome et Torre Domizia, une petite station balnéaire en Campanie.

C’est l’histoire d’une famille romaine, celle de Marisa, une petite épicière qui travaille avec ses parents. Dans les années 1950, elle a choisi le mauvais prince charmant et heureusement le commis du magasin, Stelvio, la dévore des yeux et il est prêt à partager sa faute même si les commères du quartier le feront passer pour un imbécile.

Quinze ans plus tard, ils partent en vacances avec leur adolescente de seize ans Betta et sa cousine Miriam à Torre Domizia en Campanie dans la région de Naples.

Le résumé :

Rome, années 50. Marisa et Stelvio Ansaldo tombent éperdument amoureux dans le commerce d’Etorre, le père de Marisa. De leur union naît Betta, qui devient vite une adolescente solaire, belle et libre. Un drame terrible va leur arracher leur fille. Le couple se délite, l’affection mutuelle et la complicité disparaissent, seul reste le chagrin. Personne ne sait que Miriam, la cousine de Betta a elle aussi été victime dans ce drame. Le secret de cette nuit lui devient insurmontable jusqu’à ce que, au bord du gouffre, elle rencontre Leo. Il va l’aider à remonter le fil. Alors seulement la résilience se fait.

Mon avis :
Cette pub qui me faisait rêver d’Italie à mes 15 ans, dans les années 2000… Le Martini est mon apéro préféré depuis !

J’ai tout de suite accroché à ce roman car la situation initiale est parfaitement écrite et accrocheuse. Condition sine qua non pour que je poursuive ma lecture. Pour un première roman, j’ai été impressionnée par le style de l’auteure : la force de la narration et de l’expression des émotions.

J’ai participé avec d’autres libraires au bookclub de Kube, orchestré avec talent par Aurore et Margaux. Elles ont crées un salon de lecture virtuel sur Messenger en découpant la lecture du roman en trois grandes parties. J’ai beaucoup aimé la partie moodboard où l’on pouvait poster une photographie inspirée par le roman.

Dès les premières pages, on plonge rapidement dans l’ambiance du roman. C’est un roman typiquement italien où l’on exprime pleinement ses sentiments sans détour.

Un roman d’amour et de résilience en Italie

Le personnage de la grand-mère des deux cousines, la mère de Marisa, est glaçant. Que ce soit avec sa fille ou ses petites-filles, elle est très avare en amour filial, elle fait passer les convenances avant toute solidarité féminine. Cela donne lieu à des scènes très dures avec les membres de sa famille. Heureusement, les hommes de la famille sont foncièrement bons et doux avec les malheurs des femmes : Ettore, le père de Marisa, Stelvio, son mari dévoué et surtout Léo, l’amoureux de sa nièce…

La vie qui reste, Roberta Recchia, Le livre de poche, 9782290415597,512 pages, 8.90€ * Ce livre a été reçu en service de presse, ce n’est pas un partenariat rémunéré avec la box Kube.

En toute transparence, je fais partie de l’équipe de libraires Kube depuis 2017. Chaque mois, je recommande des romans feel-good à des lecteurs du monde entier de la francophonie. Ils reçoivent des boxs littéraires en fonction de leurs envies de lecteur. Les maisons d’édition nous envoyent des services de presse car les libraires sont des prescripteurs de qualité.

Ces beaux romans que j’ai découvert grâce aux boxs des libraires Kube et qui m’ont fait voyager !

En Espagne : Bienvenue à la charmante pension de Cécilia Duenas, éditions Nami

Aux Etats-Unis : Retrouvailles à la librairie…, éditions Charleston.

Romans

Rendez-vous ici, ce roman au charme anglais fonctionne même quand la randonnée est pluvieuse et boueuse.

Ca y est ! ça y est ! J’ai enfin trouvé le roman qui me permets de m’évader pour la dernière semaine qu’ il me reste avant de boucler les valises et de m’envoler en famille pour la Bulgarie.

Vous savez ce roman qui vous captive toute une soirée, qui aurait pu m’emmener tout le long du RER A jusqu’à Marne-La Vallée car je n’avais pas envie de décrocher de ma lecture pour descendre…

Je l’ai découvert dans le cadre de mon travail à l’hebdomadaire La Vie. Il fait partie de leur sélection d’été que je vous invite à découvrir ici.

David Nicholls n’est pas un inconnu puisqu’il a écrit Un jour dans les années 2010 adapté au cinéma avec Anne Hathaway puis dans une série Netflix que j’ai trouvé géniale. Chaque épisode raconte un 15 juillet de chaque année : les filles défilent dans la vie de Dexter mais Emma, sa meilleure amie est toujours dans sa ligne de mire.

Mais revenons à Marnie et Michael, les personnages principaux de Rendez-vous ici, le dernier roman de David Nicholls paru le 7 mai dernier.

Rendez-vous ici, David Nicholl traduit par Sarah Tardy, éd.Belfond,9782714404329,420 pages, 21.90 €

Le résumé :

Ce roman raconte une histoire d’amour qui va éclore lors d’une randonnée entre amis qui relie les deux côtes de l’Angleterre : de la mer d’Irlande à la mer du Nord. Initiée par Cléo, une amie commune, sensible à la solitude de ses amis, cette randonnée boueuse et pluvieuse va se révéler un excellent moyen de questionner ses sentiments et de se remettre en marche pour reprendre sa vie en main.

L’avis du Bal littéraire des sardines :

Le démarrage de ma lecture a été un peu laborieuse les deux ou trois premiers chapitres car j’avais un peu de mal à cerner les personnages principaux au début et je suis très attachée à la qualité de la situation initiale d’un roman. C’est même un critère éliminatoire dans le choix de mes lectures.

La version originale en anglais

L’intrigue démarre fort car l’amie commune Cléo est très déterminée à jouer les entremetteuses dès les premières pages en organisant cette randonnée. Cette Cléo est un peu gonflée mais c’est une vraie amie qui prend soin de chacun et qui n’hésite pas à être franche et sans concession. Ce n’est pas la mère d’Elisabeth Bennett d’Orgueil et préjugés qui est vraiment lourde.

Au fil des chapitres, on se laisse rapidement embarquer par cette randonnée avec ses étapes interminables où ils terminent chaque jour trempés comme des soupes. Les personnages connexes à l’histoire vont rapidement abandonner le projet mais les deux solitaires de l’équipée n’ayant pas d’autres échappatoires vont persévérer ensemble car c’est très important pour eux.

Rendez-vous ici m’a fait penser au roman de Bill Bryson, Promenons nous dans les bois. Il raconte l’amitié entre deux seniors américains qui décident de faire une randonnée assez physique ensemble dans les Appalaches.

Rendez-vous ici est un formidable roman introspectif, très bien écrit. Chacun va confier ses angoisses, ses doutes, ses déceptions et il était passionnant de lire comment ils vont s’en relever et saisir cette seconde chance.

Dans la foulée, nous avons regardé en couple le film Un jour avec Anne Hathaway et je vous invite à découvrir la série Netflix également. Un jour a conquis plus d’un million de lecteurs. Je souhaite le même succès à Rendez-vous ici et pourquoi pas une adaptation au cinéma.

Retrouvez-ici mes articles dédiés à la culture anglaise à qui je voue une admiration sans bornes pour sa finesse et sa subtilité.

La dernière conquête du major Pettigrew , un roman dépaysant sans prendre l’Eurostar.

-Bridget Jones et Paddington, deux ambassadeurs de l’Angleterre

Biographies et autobiographies·Romans

Joe Dassin, l’homme en costume blanc qui captait si bien la lumière…

J’ai redécouvert les chansons de Joe Dassin grâce à la coupe du monde de rugby en 2023 mais aussi grâce aux jeux olympiques de Paris 2024. Ses chansons les plus populaires comme Les Champs-Elysées ou encore Les yeux d’Emilie étaient repris en coeur dans les stades pour le grand bonheur des touristes qui les connaissent par coeur sans parler français.

D’ailleurs, mon beau-père bulgare nous chante les chansons de Joe dans la voiture en été car cela lui rappelle son adolescence dans les années 1970. Joe Dassin fut l’artiste français le plus exporté en Europe de l’est. En seize ans de carrière, il a vendu plus de 25 millions d’albums. Une gloire stoppée en pleine apogée car il est mort subitement d’une crise cardiaque à quarante ans.

Comme les textes de Marcel Pagnol, on apprend les chansons de Joe Dassin à l’école

Comme beaucoup d’enfants, je crois que sa chanson Les Champs-Elysées fut l’une des premières du répertoire de la chanson française que j’ai appris grâce aux autres enfants. Et d’ailleurs, je l’ai transmise à ma fille. On ne l’apprend pas vraiment en classe mais dans les cours d’école. C’est une mélodie entrainante, une carte postale de la capitale qui fait rêver au delà de l’Hexagone.

J’aime beaucoup L’Amérique, Le petit pain au chocolat, Siffler La haut sur la colline, Et si tu n’existais pas. Je sais que mon frère connait par coeur L’été indien et qu’il aimait bien faire semblant de se prendre au sérieux pour nous faire marrer.

Dans ce blog, j’ai consacré une rubrique à la chanson française que j’aime tant. Elle s’appelle Toute la musique que j’aime en honneur à notre Johnny national à qui je consacrerai un article quand son biopic sortira en 2026. Cette rubrique analyse l’oeuvre de grands chanteurs et chanteuses dont les parcours m’inspirent : Sylvie Vartan, Jane Birkin, Stromae, Florent Pagny, Charles Aznavour…

« Je fais des chansons pour aider les gens à vivre »

Joe Dassin est donc un chanteur incontournable pour cette rubrique dédiée à la chanson française. Je vais d’ailleurs regarder rapidement le documentaire Un jour, une histoire de Laurent Delahousse sur France 2. Je pense que Joe Dassin est si apprécié car il était l’ambassadeur d’une France où tout allait bien dans les années 1970, il avait la même popularité que Jean- Paul Belmondo au cinéma.

Des chansons solaires : Joe a un climat dans la voix.

Ses plus beaux succès : Joe Dassin les doit à Pierre Delanoe, le plus grand parolier de la chanson française. Il a composé plus de 5000 chansons dont La Maritza pour Sylvie Vartan, Les lacs du Connemara pour Sardou, Nathalie interprétée par Gilbert Bécaud… Ces chansons restent dans le panthéon de la chanson française car elles portent des exils géographiques, racontent des histoires dans lesquelles les gens se reconnaissent.

Jules et Joe, Alexis Salatko, Éditions Denoël, Roman, 230 p., 18 €

J’ai emprunté ce roman biographique à la médiathèque de Vincennes. Il date de la rentrée littéraire 2023. J’ai beaucoup aimé la structure assez originale de ce livre assez court et facile à lire. Il raconte en partie la relation père-fils entre le chanteur et le cinéaste. Joe Dassin est mort le 20 août 1980, ce roman est composé de quarante chapitres qui racontent chaque 20 août de la vie de son fils entre 1938 et 1980.

Joe Dassin n’est pourtant pas le personnage principal de ce roman. Le récit se concentre plutôt sur le couple entre Joe Dassin et sa seconde femme Mélina Mercouri, une actrice grecque passionnée et engagée contre la dictature dans son pays. Intellectuels de gauche, ils ont connu ensemble leur lot d’épreuves et d’humiliations. Joe Dassin, cinéaste reconnu à Hollywood a dû s’exiler avec sa famille en 1950 en Europe à cause de la chasse aux sorcières décidée par le sénateur Maccarthy car il a été un temps encarté au parti communiste.

J’ai ainsi découvert Mélina Mercouri (une des héroïnes de ma grand-mère Annette pour ses engagements politiques), une belle-mère sous le charme de Joe Dassin quand il venait chanter en Grèce pour la soutenir politiquement. Elle deviendra par la suite ministre de la Culture dans son pays.

Le résumé :

« Souvent la nuit je rêve de toi, mon Joe. Nous marchons côte à côte sur une plage de Californie, sur un sentier en Crète, le long d’un trottoir de New York, à Paris au jardin des Tuileries jusqu’à cette statue représentant l’homme et sa Misère. Tu te voyais comme un « divertisseur » qui, à défaut de pouvoir changer le monde, s’était fixé …

« Souvent la nuit je rêve de toi, mon Joe. Nous marchons côte à côte sur une plage de Californie, sur un sentier en Crète, le long d’un trottoir de New York, à Paris au jardin des Tuileries jusqu’à cette statue représentant l’homme et sa Misère. Tu te voyais comme un « divertisseur » qui, à défaut de pouvoir changer le monde, s’était fixé pour mission d’apporter un peu de joie et de légèreté. J’avais une conception différente du métier d’artiste.
Pour moi, la fonction première d’un film, d’un livre ou d’une chanson était de dénoncer les outrages et les injustices ». Hollywood Forever Cemetery, 20 août 1981. Un vieil homme cherche la tombe de son fils. L’homme est Jules Dassin, grand cinéaste américain qui, un an plus tôt, a enterré ici Joe Dassin, chanteur au succès planétaire emporté par un infarctus à l’âge de quarante ans. Au crépuscule de sa carrière, Jules a une idée de documentaire : pour rendre hommage à Joe, il évoquera tous les 20 août de sa vie trop brève.
Portrait croisé de deux artistes farouchement indépendants, ce roman est avant tout une exploration poignante d’une relation père-fils et un voyage nostalgique à travers le XXeme siècle.
« 

Joe Dassin a inspiré les chanteurs plus contemporains comme Garou ou Hélène Ségara qui a composé un album avec douze duos virtuels avec Joe Dassin. Il existe une comédie musicale et l’un de ses fils prépare un biopic, que je regarderai avec attention bien entendu…

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