Biographies et autobiographies·Romans

Donut girl, redonner le moral aux troupes avec des pâtisseries qui rappellaient le pays pendant la seconde guerre mondiale en Europe

Depuis quelques années, je suis avec attention les parutions romans de la maison d’édition Les escales. Ce printemps, j’ai repéré quatre romans parmi leurs nouveautés que j’ai envie de lire : Donut girl, Les secrets de cuisine de Mrs Smith, La splendeur des Stockton, et enfin Le plus bel été d’Elin Hilderbrand à paraître en juin.

Autant en littérature française qu’anglo-saxonne, j’aime leur sélection d’auteurs et les sujets qu’ils défendent alors que je suis très difficile pour choisir mes romans.

Je déteste les livres qui parlent de relations toxiques, de meurtres ou de trahisons, la société regorge de faits divers plus scabreux les uns que les autres. La littérature sert à nous évader avec de belles histoires romanesques.

En 2024, j’ai eu un vrai coup de coeur pour le roman La cuisinière des Kennedy écrit par Valérie Paturaud.

C’est l’histoire d’une femme Andrée Imbert, pupille de la Nation qui a cru en son don : la cuisine pour servir les plus belles tables de la bourgeoisie française avant de chouchouter la « famille royale » américaine : Les Kennedy avec ses bons petits plats français.

Ce roman historique a séduit plus de 100 000 lecteurs et a même donné naissance à un livre de recettes publié en 2025.

J’ai aimé ce livre car il s’appuie sur les archives d’une famille : des photos en noir et blanc, une correspondance riche et dense pour raconter ce destin extraordinaire et ce fossé gigantesque entre la gloire éclatante de cette famille branchée en Amérique et la ruralité dans laquelle vit la propre fille d’Andrée dans l’arrière pays drômois.

Alors, j’ai voulu lire Donut girl de Lauriane Bordenave.

C’est l’histoire d’une jeune femme américaine Jane qui s’engage au service de la Croix rouge américaine pour redonner le moral aux troupes à Londres qui s’entrainent pendant deux ans à débarquer sur le sol français pour gagner la guerre. Son rôle : distribuer des donuts et du café pour soutenir l’effort de guerre.

Le résumé :

Milwaukee, 1942. Les États-Unis viennent d’entrer en guerre. Jane Pearson, vingt-cinq ans, prend son courage à deux mains et s’engage dans la Croix-Rouge. Direction : Londres !
Là-bas, Jane et les autres volontaires ont pour mission de soutenir le moral des troupes américaines, jusqu’au Débarquement. Mais comment ? L’idée, pourtant simple, est brillante : en offrant aux soldats un peu de ce pays qui leur manque tant.
Voilà Jane et ses consoeurs chargées de sillonner les bases militaires pour distribuer du café, des cigarettes et… des donuts, qu’elles cuisinent elles-mêmes. Le succès est total, les soldats attendent les jeunes femmes avec impatience.
En pleine guerre, au coeur d’un Londres ravagé par les bombardements, Jane tissera des liens d’amitié profonds… et connaîtra le grand amour, qui la mènera jusqu’en France.

Ce roman a été écrit par Lauriane Bordenave, médecin et passionnée de littérature, elle vit à Paris. C’est à la suite d’une visite guidée en famille sur les plages du Débarquement qu’elle découvre l’histoire incroyable des  » donut girls ». Elle raconte cette anecdote en préambule de son roman.

Mon avis :

J’ai lu rapidement ce roman pendant le week-end de Pâques dans le train vers Cabourg. Le Calvados c’est la porte d’entrée vers les plages du Débarquement, on peut constater que les chars américains ont eu du mal à circuler à travers le bocage normand.

Donut girl raconte les trois années de guerre de Jane Pierson, un personnage fictif inspiré de la vie d’Elizabeth Ann Richardson, enterrée au cimetière américain de Colleville sur mer avec plus de 9000 hommes. Elle faisait partie des 250 femmes qui produisaient 8000 beignets par jour sur les lignes de front.

J’ai aimé ce roman pour la force de ses descriptions : l’horreur du débarquement pour ces soldats qui ont été criblés de balles sur la plage quand ils ne sont pas morts noyés dans l’eau gelée en posant le pied sur le sol français. Le 6 juin au matin, ce n’était pas La grande vadrouille pour ces malheureux.

Lauriane Bordenave raconte aussi l’arrivée des résistants français à Londres comme François, le personnage français mystérieux dont Jane va tomber éperdument amoureuse. Ses compagnons vont composer à l’aide d’une musicienne russe Le chant des partisans et c’était très émouvant de lire la genèse de sa composition.

J’ai également beaucoup apprécié la complicité entre ces trois coéquipières Maggie, Jacqueline et Jane qui seront logées dans un premier temps chez une institutrice anglaise dans un Londres ravagé par les bombardements.

Dorothy va leur expliquer son expérience pour se réfugier dans l’abri au quotidien face aux bombardements. Les petits écoliers anglais étaient aussi formés à se rouler en boule sous leur pupitre pendant le Blitz. J’avais lu un roman historique de Bobby Millie Brown que j’avais chroniqué ici : Dix-neuf marches.

Donut girl est un roman historique qui m’a permis de mettre en lumière des faits de la seconde guerre mondiale que je connaissais déja mais sans faire de rapprochement. J’ai lu dans ma jeunesse La bicyclette bleue de Régine Desforges, une fresque romanesque de la Résistance française. J’ai pu faire le lien avec les résistants français qui ont rejoint Londres pour acquérir une formation militaire plus approfondie afin de débarquer en 1944 avec les troupes alliées et laver l’affront de 1940.

Impossible de ne pas penser également au film Messagères de guerre, sur la plateforme Netflix (2024) avec Kerry Washington dans le rôle du major Charity Adams. Son régiment de soldates afro-américaines a été chargé de trier des millions de lettres non acheminées aux familles de soldats aux Etats-Unis.

Ce régiment a été victime de ségrégation et de sexisme de la part des autorités dont il dépendait. Les trois postières qui ont été tuées dans un accident font partie des trois femmes qui reposent au cimetière de Colleville avec la donut girl.

Quand le donut revient en Europe dans les valises des GI’s américains.

Le donut américain a été importé des Pays-Bas par les colons européens au 17eme siècle. C’est un dérivé du beignet mais il est de forme torique. Durant la première guerre mondiale, deux officières de l’Armée du Salut ont eu l’idée de confectionner ces pâtisseries pour redonner le moral aux militaires mais dans des quantités et une logistique bien moindre que celle développée par la Croix rouge à partir de 1943. L’armée du salut a été pionnière dans la mise en place d’une journée nationale du donut chaque premier vendredi de juin aux Etats-Unis.

Le donut est une institution aux Etats-Unis qui s’est industrialisée à partir des années 1950.

Un roman historique qui renforce l’amitié franco-américaine bien malmenée en 2026

Même si ce texte a des faiblesses (un déroulé chronologique sans relief, le portrait d’une jeune donut girl), je vous recommande cette lecture pour la force de ses descriptions et les faits historiques que ce roman met en lumière. D’une grande finesse psychologique, il montre la rudesse des conditions matérielles dans lesquelles ont vécu hommes et femmes de l’armée américaine et comment l’horreur de la guerre peut faire vriller chacun d’entre nous.

Les précédents romans que j’ai lu, publiés par les éditions Les escales.

Un été à Nantucket, entre conquête spatiale et guerre du Vietnam vécu par quatre femmes d’une même famille.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, le récit d’un miracle grâce à la foi d’une maman déterminée.

Traverser les montagnes et venir naître ici, un roman difficile à lire mais incontournable.

Carnets de voyages urbains·Romans·Sociologie

Le temps n’est jamais perdu à Cabourg en famille début avril

Pendant longtemps je ne connaissais que Trouville-Deauville où j’aimais particulièrement venir en hiver pour le calme de sa plage si revigorant même par temps gris.

Puis, j’ai découvert Cabourg. Nous n’avons pas de voiture personnelle et les stations balnéaires de Normandie sont souvent de vrais entonnoirs infernaux pour se garer et circuler. Alors on privilégie le train.

Je vous recommande le trajet en TER Trouville-Deauville/Cabourg qui dure 40 minutes et qui coûte 13€20 l’aller pour un adulte. C’est le plus beau trajet en TER que j’ai fait avec vue plongeante sur la plage d’Houlgate et cette Manche si proche.

La vue depuis notre studio dans la rue principale, avenue de la Mer

Une station balnéaire accessible en train depuis les années 1870.

La gare de Dives-Cabourg est minuscule, elle se trouve à quinze minutes à pied du centre-ville. On compte environ 3700 Cabourgeais qui vivent ici à l’année. Dans les années 1870, le chemin de fer a drainé les Parisiens les plus aisés qui venaient humer le meilleur air iodé sans encore se jeter à l’eau.

Cette manière d’apprivoiser la plage est très bien documentée par un petit film en noir et blanc diffusé en introduction de l’exposition permanente de la Villa du temps retrouvé.

Un cousin a retracé l’arbre généalogique de ma famille dans le Pas de Calais depuis le 17eme siècle. Je me demande bien si mes ancêtres nés dans les années 1870 allaient déja à la plage du côté de Merlimont et dans quelles tenues…

La villa du temps retrouvé ne m’a pas vraiment épatée par son architecture mais j’ai beaucoup aimé son exposition permanente et ses jardins. Son parti-pris est original : il s’agit d’un musée Belle époque qui se visite comme une maison avec une exposition qui se réinvente chaque année depuis son inauguration en 2021 grâce aux prêts de musées régionaux.

Renoir, Bonnard, Monet sont ainsi exposés dans la villa qui conserve aussi des objets d’époque comme un téléphone du 19eme siècle ou les premières machines de cinéma.

C’est très didactique pour les enfants. J’ai également beaucoup aimé l’exposition temporaire dédiée à l’Orient express, ce train de légende ! .Le musée a reconstitué un wagon restaurant en bois du mythique train. Tous les visiteurs disaient la même chose devant cette reconstitution : « Qu’est ce que c’est chic !. »

Une statue en bronze de Marcel Proust pour accueillir les visiteurs du musée.

Je connais très mal l’œuvre de Marcel Proust a part l’incippit du Côté de chez Swann que j’ai étudié à l’université : « Longtemps je me suis couché de bonne heure ».

Mais il faut reconnaître que Marcel Proust est l’ambassadeur de Cabourg comme Monet à Giverny. La promenade qui porte son nom est un lieu remarquable du littoral normand que nous avons beaucoup aimer arpenter pendant deux jours.

Je me souviens que l’un des personnages du film américain Little Miss Sunshine : l’oncle gay interprété par Steve Carell était un spécialiste de l’œuvre de Marcel Proust a l’université. Proust est tellement iconique qu’un anonyme a fait une mini mosaïque style manga de l’écrivain sur un des murs de l’entrée de la villa.

D’autres villas cossues du front de mer montrent l’opulence de Cabourg au 19eme siècle.

Cette station balnéaire réputée était le lieu de rendez-vous de la bourgeoisie européenne : française, suisse, anglaise, belge et russe entre 1870 et 1914, avant que la première guerre mondiale n’éclate. Il y a une villa qui m’a coupé le souffle par son faste. Il s’agit de la Villa Marie-Antoinette avec son porche en bois sculpté, ses épis faîtières en céramique, typiques du pays d’Auge, ses tourelles et ses colombages.

C’était aussi beau que l’hôtel Normandy à Deauville. Je réfléchirai à y réserver une nuit une prochaine fois. Si vous êtes un fana d’architecture balnéaire, je vous recommande le circuit de visite guidée des villas de Cabourg organisé par l’office du tourisme de la ville.

Cabourg, la reine des plages familiales.

Cabourg est la plage idéale pour les familles avec sa promenade-jetée très accessible pour les poussettes. C’est très différent des magasins de luxe de Deauville : ce sont les villas Belle époque cossues qui volent la vedette à Dior, Chanel ici…

Il y a une rue principale l’avenue de la Mer qui débouche sur le casino et le Grand- hôtel cher à Marcel Proust. Nous avons déjeuné au Café de la jetée, un des plus anciens cafés de Cabourg avec une très belle vue et un accueil très sympathique. Mais malheureusement, on ne s’est pas régalé avec nos plats: on s’est demandé si ce n’était pas industriel.

Par contre le soir, c’était bien meilleur ! Nous avons diné au restaurant La factory situé avenue de la Mer. Nous sommes restés deux nuits à Cabourg lors du week-end de Pâques. Nous étions logés avenue de la Mer dans un studio très lumineux qui donnait sur la rue. Heureusement, les restaurants de Cabourg ont une bonne capacité d’accueil lors des ponts de printemps.

Train Paris Saint-Lazare/ Dives-Cabourg via le TER Nomad, environ 2h57, correspondance à Trouville-Deauville et Lisieux. Achat personnel.

Il se trouve que pendant notre week-end à Cabourg, je lisais le roman Donut girl de Lauriane Bordenave, publié par les éditions Les escales. Il se déroule pendant le débarquement allié sur les plages de Normandie, non loin du Calvados.

Quand on traversait les paysages de bocages normands, on peut se rendre compte que les chars américains ont eu du mal à progresser les semaines suivants le 6 juin 1944.

Émerveillés par la vue sur la plage d’Houlgate en train, ce sera notre prochaine destination pour les beaux jours. Retrouvez ici nos précédentes excursions en famille, à moins de deux heures de Paris.

La carte du Calvados, dans la gare de Trouville-Deauville

Romans·Sociologie

Ces livres que j’ai aimé lire en 2025

Cette année, j’ai quelque peu délaissé les romans car il était rare que je trouve mon bonheur. Il manque du rêve et de la féerie dans la littérature actuellement. C’est à l’image de la société pour dénoncer des abus de pouvoir mais c’est sacrément pesant. Le raz de marée de La Femme de ménage m’a beaucoup déprimée : c’est glauque, mal écrit et cela entame notre confiance en notre prochain.

Voici quelques pistes essais, romans et BD si vous cherchez quelque chose de joyeux et qui redonne espoir en l’humanité !

Des récits de vie écrits par des personnes courageuses qui aiment leur prochain

Mamie charge, Brigitte Lips avec Anne-Marie Taillandier, éditions Salvator, 16€

J’ai découvert ce très beau livre en janvier en débutant mon travail au journal La Vie à travers sa rubrique phare Les essentiels qui donnent la parole à des anonymes comme des célébrités pour expliquer en quoi leur spiritualité guide leur quotidien.

J’ai tellement aimé lire le parcours de cette retraitée qui se dévoue pour ouvrir son garage aux migrants qui tentent de traverser la manche. Elle met sa foi chrétienne en pratique chaque jour. J’ai retrouvé les valeurs du Pas de Calais chères à ma grand-mère, dans son parcours. L’histoire personnelle de Brigitte m’a fait penser à celle de Roseline Hamel qui vient aussi du Pas de Calais.

Sœurs de douleur, Roseline Hamel et Nacera Kermiche, XO éditions


Elle est la sœur du père Hamel assassiné pendant la messe dans son église : Roseline Hamel. Elle est la mère de l’un des deux terroristes tués lors de l’assaut : Nassera Kermiche. Elles sont devenues amies alors que le pire devait les séparer. Sœurs de douleur, on ne pouvait pas trouver meilleur titre pour résumer ce livre.

Il s’agit d’un récit à trois voix puisqu’un journaliste de Pèlerin magazine les accompagne dans ce récit d’une grande pudeur et sensibilité. En sept chapitres où s’alternent les récits de Roseline et de Nacera, Samuel Liéven retrace plus de huit années de deuil pour l’une et pour l’autre depuis l’attentat qui a eu un retentissement médiatique dans le monde entier.

Y’aura t’il un paradis pour moi, Frère Benoît Dubigeon, éditions Artège.

J’ai découvert ce formidable récit en lisant le dossier sur l’action de Robert Badinter dans les prisons, un dossier du journal La Vie à l’occasion de son entrée au Panthéon début octobre. Frère Benoit Dubigeon fut longtemps aumônier de prison à Fleury-Mérogis. Il raconte sa rencontre authentique avec Théo, un jeune homme qui a tué une mère de famille dont il été amoureux. Il n’a pas supporté qu’elle l’abandonne comme tous ses proches avant elle. Théo va vivre un très beau chemin de foi en expérimentant le pardon et la rédemption. Sans conteste, le livre le plus poignant que j’ai lu cette année ! .

Au château de l’ogre, Marie France Bokassa, Flammarion.

J’ai découvert son témoignage poignant dans l’émission Ça commence aujourd’hui de Faustine Bollaert sur France 2. C’est l’histoire de Marie-France, l’un des dix-sept enfants du dictateur de Centre-Afrique Bokassa. Elle a grandi un temps dans un pensionnat en Suisse avec un chauffeur et des domestiques mais elle a aussi connu la faim et les brimades. C’est une voisine du village qui l’a hébergé et l’a éduquée comme sa propre fille a qui elle doit son salut. Son récit m’a bouleversée car elle n’a jamais connu sa maman qui était asiatique et son géniteur l’a privé de tous contacts avec elle.

De beaux romans avec des histoires d’amour, une maman dévouée à son fils handicapé…

Rendez-vous ici, David Nicholls, Belfond

Au fil des chapitres, on se laisse rapidement embarquer par cette randonnée avec ses étapes interminables où ils terminent chaque jour trempés comme des soupes. Les personnages connexes à l’histoire vont rapidement abandonner le projet mais les deux solitaires de l’équipée n’ayant pas d’autres échappatoires vont persévérer ensemble car c’est très important pour eux.

Traverser les montagnes et venir naître ici, Marie Pavlenko, éditions Les escales

Un roman poignant et lumineux qui raconte le deuil, la solidarité et l’espoir. Astrid a tout perdu. A quarante ans, plus rien ne la retient, alors elle part. Elle achète sans l’avoir visitée une maison isolée dans la région montagneuse et sauvage du Mercantour. Parmi ses bagages, un carton marqué d’une croix rouge, ce qu’il lui reste de sa vie passée. Soraya a tout laissé derrière elle. Sa Syrie natale, sa famille, ses amis, son insouciance.
Elle traverse la montagne pour rejoindre la frontière française en se cachant de la police. Dans son ventre, une vie qu’elle déteste grandit.

Deux destins de femmes inoubliables. Deux douleurs indicibles qui se rencontrent et s’apprivoisent. Un roman magistral qui malmène nos émotions tout au long de l’histoire. J’ai été secouée par sa lecture car les épreuves traversées par ces deux femmes sont révoltantes. Mais on ne peut pas lire que des romans feel good, c’est la réalité actuelle de bon nombre de migrants.

La vie qui reste,Roberta Recchia, J’ai lu

J’ai tout de suite accroché à ce roman car la situation initiale est parfaitement écrite et accrocheuse. Condition sine qua non pour que je poursuive ma lecture. Pour un première roman, j’ai été impressionnée par le style de l’auteure : la force de la narration et de l’expression des émotions. Dès les premières pages, on plonge rapidement dans l’ambiance du roman. C’est un roman typiquement italien où l’on exprime pleinement ses sentiments sans détour.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Roland Perez, Les escales, 2021, 19€

C’est de loin mon plus beau coup de coeur cinématographique et littéraire de cette année. Je l’ai lu d’une traite car le personnage d’Esther, la maman juive m’a captivée. Son entêtement et ses mensonges éhontés m’ont fait éclater de rire. Ils sont le témoignage émouvant d’un amour maternel inconditionnel et d’une foi qui déplace les montagnes. J’ai eu la grande chance de rencontrer son auteur au festival du livre de Paris en avril.

J’espère que cette sélection de livres vous apportera espoir et inspiration pour 2026 !

Romans

J’ai lu La vie qui reste dans le cadre d’un book club de la box littéraire Kube.

Je lis en ce moment La vie qui reste, le premier roman écrit par Roberta Recchia, traduit dans plus de quatorze pays. Il se passe en Italie, entre Rome et Torre Domizia, une petite station balnéaire en Campanie.

C’est l’histoire d’une famille romaine, celle de Marisa, une petite épicière qui travaille avec ses parents. Dans les années 1950, elle a choisi le mauvais prince charmant et heureusement le commis du magasin, Stelvio, la dévore des yeux et il est prêt à partager sa faute même si les commères du quartier le feront passer pour un imbécile.

Quinze ans plus tard, ils partent en vacances avec leur adolescente de seize ans Betta et sa cousine Miriam à Torre Domizia en Campanie dans la région de Naples.

Le résumé :

Rome, années 50. Marisa et Stelvio Ansaldo tombent éperdument amoureux dans le commerce d’Etorre, le père de Marisa. De leur union naît Betta, qui devient vite une adolescente solaire, belle et libre. Un drame terrible va leur arracher leur fille. Le couple se délite, l’affection mutuelle et la complicité disparaissent, seul reste le chagrin. Personne ne sait que Miriam, la cousine de Betta a elle aussi été victime dans ce drame. Le secret de cette nuit lui devient insurmontable jusqu’à ce que, au bord du gouffre, elle rencontre Leo. Il va l’aider à remonter le fil. Alors seulement la résilience se fait.

Mon avis :
Cette pub qui me faisait rêver d’Italie à mes 15 ans, dans les années 2000… Le Martini est mon apéro préféré depuis !

J’ai tout de suite accroché à ce roman car la situation initiale est parfaitement écrite et accrocheuse. Condition sine qua non pour que je poursuive ma lecture. Pour un première roman, j’ai été impressionnée par le style de l’auteure : la force de la narration et de l’expression des émotions.

J’ai participé avec d’autres libraires au bookclub de Kube, orchestré avec talent par Aurore et Margaux. Elles ont crées un salon de lecture virtuel sur Messenger en découpant la lecture du roman en trois grandes parties. J’ai beaucoup aimé la partie moodboard où l’on pouvait poster une photographie inspirée par le roman.

Dès les premières pages, on plonge rapidement dans l’ambiance du roman. C’est un roman typiquement italien où l’on exprime pleinement ses sentiments sans détour.

Un roman d’amour et de résilience en Italie

Le personnage de la grand-mère des deux cousines, la mère de Marisa, est glaçant. Que ce soit avec sa fille ou ses petites-filles, elle est très avare en amour filial, elle fait passer les convenances avant toute solidarité féminine. Cela donne lieu à des scènes très dures avec les membres de sa famille. Heureusement, les hommes de la famille sont foncièrement bons et doux avec les malheurs des femmes : Ettore, le père de Marisa, Stelvio, son mari dévoué et surtout Léo, l’amoureux de sa nièce…

La vie qui reste, Roberta Recchia, Le livre de poche, 9782290415597,512 pages, 8.90€ * Ce livre a été reçu en service de presse, ce n’est pas un partenariat rémunéré avec la box Kube.

En toute transparence, je fais partie de l’équipe de libraires Kube depuis 2017. Chaque mois, je recommande des romans feel-good à des lecteurs du monde entier de la francophonie. Ils reçoivent des boxs littéraires en fonction de leurs envies de lecteur. Les maisons d’édition nous envoyent des services de presse car les libraires sont des prescripteurs de qualité.

Ces beaux romans que j’ai découvert grâce aux boxs des libraires Kube et qui m’ont fait voyager !

En Espagne : Bienvenue à la charmante pension de Cécilia Duenas, éditions Nami

Aux Etats-Unis : Retrouvailles à la librairie…, éditions Charleston.

Romans

Rendez-vous ici, ce roman au charme anglais fonctionne même quand la randonnée est pluvieuse et boueuse.

Ca y est ! ça y est ! J’ai enfin trouvé le roman qui me permets de m’évader pour la dernière semaine qu’ il me reste avant de boucler les valises et de m’envoler en famille pour la Bulgarie.

Vous savez ce roman qui vous captive toute une soirée, qui aurait pu m’emmener tout le long du RER A jusqu’à Marne-La Vallée car je n’avais pas envie de décrocher de ma lecture pour descendre…

Je l’ai découvert dans le cadre de mon travail à l’hebdomadaire La Vie. Il fait partie de leur sélection d’été que je vous invite à découvrir ici.

David Nicholls n’est pas un inconnu puisqu’il a écrit Un jour dans les années 2010 adapté au cinéma avec Anne Hathaway puis dans une série Netflix que j’ai trouvé géniale. Chaque épisode raconte un 15 juillet de chaque année : les filles défilent dans la vie de Dexter mais Emma, sa meilleure amie est toujours dans sa ligne de mire.

Mais revenons à Marnie et Michael, les personnages principaux de Rendez-vous ici, le dernier roman de David Nicholls paru le 7 mai dernier.

Rendez-vous ici, David Nicholl traduit par Sarah Tardy, éd.Belfond,9782714404329,420 pages, 21.90 €

Le résumé :

Ce roman raconte une histoire d’amour qui va éclore lors d’une randonnée entre amis qui relie les deux côtes de l’Angleterre : de la mer d’Irlande à la mer du Nord. Initiée par Cléo, une amie commune, sensible à la solitude de ses amis, cette randonnée boueuse et pluvieuse va se révéler un excellent moyen de questionner ses sentiments et de se remettre en marche pour reprendre sa vie en main.

L’avis du Bal littéraire des sardines :

Le démarrage de ma lecture a été un peu laborieuse les deux ou trois premiers chapitres car j’avais un peu de mal à cerner les personnages principaux au début et je suis très attachée à la qualité de la situation initiale d’un roman. C’est même un critère éliminatoire dans le choix de mes lectures.

La version originale en anglais

L’intrigue démarre fort car l’amie commune Cléo est très déterminée à jouer les entremetteuses dès les premières pages en organisant cette randonnée. Cette Cléo est un peu gonflée mais c’est une vraie amie qui prend soin de chacun et qui n’hésite pas à être franche et sans concession. Ce n’est pas la mère d’Elisabeth Bennett d’Orgueil et préjugés qui est vraiment lourde.

Au fil des chapitres, on se laisse rapidement embarquer par cette randonnée avec ses étapes interminables où ils terminent chaque jour trempés comme des soupes. Les personnages connexes à l’histoire vont rapidement abandonner le projet mais les deux solitaires de l’équipée n’ayant pas d’autres échappatoires vont persévérer ensemble car c’est très important pour eux.

Rendez-vous ici m’a fait penser au roman de Bill Bryson, Promenons nous dans les bois. Il raconte l’amitié entre deux seniors américains qui décident de faire une randonnée assez physique ensemble dans les Appalaches.

Rendez-vous ici est un formidable roman introspectif, très bien écrit. Chacun va confier ses angoisses, ses doutes, ses déceptions et il était passionnant de lire comment ils vont s’en relever et saisir cette seconde chance.

Dans la foulée, nous avons regardé en couple le film Un jour avec Anne Hathaway et je vous invite à découvrir la série Netflix également. Un jour a conquis plus d’un million de lecteurs. Je souhaite le même succès à Rendez-vous ici et pourquoi pas une adaptation au cinéma.

Retrouvez-ici mes articles dédiés à la culture anglaise à qui je voue une admiration sans bornes pour sa finesse et sa subtilité.

La dernière conquête du major Pettigrew , un roman dépaysant sans prendre l’Eurostar.

-Bridget Jones et Paddington, deux ambassadeurs de l’Angleterre

Biographies et autobiographies·Romans

Joe Dassin, l’homme en costume blanc qui captait si bien la lumière…

J’ai redécouvert les chansons de Joe Dassin grâce à la coupe du monde de rugby en 2023 mais aussi grâce aux jeux olympiques de Paris 2024. Ses chansons les plus populaires comme Les Champs-Elysées ou encore Les yeux d’Emilie étaient repris en coeur dans les stades pour le grand bonheur des touristes qui les connaissent par coeur sans parler français.

D’ailleurs, mon beau-père bulgare nous chante les chansons de Joe dans la voiture en été car cela lui rappelle son adolescence dans les années 1970. Joe Dassin fut l’artiste français le plus exporté en Europe de l’est. En seize ans de carrière, il a vendu plus de 25 millions d’albums. Une gloire stoppée en pleine apogée car il est mort subitement d’une crise cardiaque à quarante ans.

Comme les textes de Marcel Pagnol, on apprend les chansons de Joe Dassin à l’école

Comme beaucoup d’enfants, je crois que sa chanson Les Champs-Elysées fut l’une des premières du répertoire de la chanson française que j’ai appris grâce aux autres enfants. Et d’ailleurs, je l’ai transmise à ma fille. On ne l’apprend pas vraiment en classe mais dans les cours d’école. C’est une mélodie entrainante, une carte postale de la capitale qui fait rêver au delà de l’Hexagone.

J’aime beaucoup L’Amérique, Le petit pain au chocolat, Siffler La haut sur la colline, Et si tu n’existais pas. Je sais que mon frère connait par coeur L’été indien et qu’il aimait bien faire semblant de se prendre au sérieux pour nous faire marrer.

Dans ce blog, j’ai consacré une rubrique à la chanson française que j’aime tant. Elle s’appelle Toute la musique que j’aime en honneur à notre Johnny national à qui je consacrerai un article quand son biopic sortira en 2026. Cette rubrique analyse l’oeuvre de grands chanteurs et chanteuses dont les parcours m’inspirent : Sylvie Vartan, Jane Birkin, Stromae, Florent Pagny, Charles Aznavour…

« Je fais des chansons pour aider les gens à vivre »

Joe Dassin est donc un chanteur incontournable pour cette rubrique dédiée à la chanson française. Je vais d’ailleurs regarder rapidement le documentaire Un jour, une histoire de Laurent Delahousse sur France 2. Je pense que Joe Dassin est si apprécié car il était l’ambassadeur d’une France où tout allait bien dans les années 1970, il avait la même popularité que Jean- Paul Belmondo au cinéma.

Des chansons solaires : Joe a un climat dans la voix.

Ses plus beaux succès : Joe Dassin les doit à Pierre Delanoe, le plus grand parolier de la chanson française. Il a composé plus de 5000 chansons dont La Maritza pour Sylvie Vartan, Les lacs du Connemara pour Sardou, Nathalie interprétée par Gilbert Bécaud… Ces chansons restent dans le panthéon de la chanson française car elles portent des exils géographiques, racontent des histoires dans lesquelles les gens se reconnaissent.

Jules et Joe, Alexis Salatko, Éditions Denoël, Roman, 230 p., 18 €

J’ai emprunté ce roman biographique à la médiathèque de Vincennes. Il date de la rentrée littéraire 2023. J’ai beaucoup aimé la structure assez originale de ce livre assez court et facile à lire. Il raconte en partie la relation père-fils entre le chanteur et le cinéaste. Joe Dassin est mort le 20 août 1980, ce roman est composé de quarante chapitres qui racontent chaque 20 août de la vie de son fils entre 1938 et 1980.

Joe Dassin n’est pourtant pas le personnage principal de ce roman. Le récit se concentre plutôt sur le couple entre Joe Dassin et sa seconde femme Mélina Mercouri, une actrice grecque passionnée et engagée contre la dictature dans son pays. Intellectuels de gauche, ils ont connu ensemble leur lot d’épreuves et d’humiliations. Joe Dassin, cinéaste reconnu à Hollywood a dû s’exiler avec sa famille en 1950 en Europe à cause de la chasse aux sorcières décidée par le sénateur Maccarthy car il a été un temps encarté au parti communiste.

J’ai ainsi découvert Mélina Mercouri (une des héroïnes de ma grand-mère Annette pour ses engagements politiques), une belle-mère sous le charme de Joe Dassin quand il venait chanter en Grèce pour la soutenir politiquement. Elle deviendra par la suite ministre de la Culture dans son pays.

Le résumé :

« Souvent la nuit je rêve de toi, mon Joe. Nous marchons côte à côte sur une plage de Californie, sur un sentier en Crète, le long d’un trottoir de New York, à Paris au jardin des Tuileries jusqu’à cette statue représentant l’homme et sa Misère. Tu te voyais comme un « divertisseur » qui, à défaut de pouvoir changer le monde, s’était fixé …

« Souvent la nuit je rêve de toi, mon Joe. Nous marchons côte à côte sur une plage de Californie, sur un sentier en Crète, le long d’un trottoir de New York, à Paris au jardin des Tuileries jusqu’à cette statue représentant l’homme et sa Misère. Tu te voyais comme un « divertisseur » qui, à défaut de pouvoir changer le monde, s’était fixé pour mission d’apporter un peu de joie et de légèreté. J’avais une conception différente du métier d’artiste.
Pour moi, la fonction première d’un film, d’un livre ou d’une chanson était de dénoncer les outrages et les injustices ». Hollywood Forever Cemetery, 20 août 1981. Un vieil homme cherche la tombe de son fils. L’homme est Jules Dassin, grand cinéaste américain qui, un an plus tôt, a enterré ici Joe Dassin, chanteur au succès planétaire emporté par un infarctus à l’âge de quarante ans. Au crépuscule de sa carrière, Jules a une idée de documentaire : pour rendre hommage à Joe, il évoquera tous les 20 août de sa vie trop brève.
Portrait croisé de deux artistes farouchement indépendants, ce roman est avant tout une exploration poignante d’une relation père-fils et un voyage nostalgique à travers le XXeme siècle.
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Joe Dassin a inspiré les chanteurs plus contemporains comme Garou ou Hélène Ségara qui a composé un album avec douze duos virtuels avec Joe Dassin. Il existe une comédie musicale et l’un de ses fils prépare un biopic, que je regarderai avec attention bien entendu…

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Romans

Moi lectrice des éditions des Escales depuis que je suis devenue maman…

Lire de bons romans dans le RER A le matin et le soir en revenant du travail est devenu une drogue, je suis addict à la lecture, si possible de gros pavés de 400 pages, c’est mieux. D’autant plus depuis que je suis devenue maman car les écrans en tous genres ne sont pas une très bonne détente.

Je trouve souvent mon compte avec les romans des éditions des Escales car désormais je connais leur ligne éditoriale : Inviter au voyage par le seul pouvoir des mots, offrir une pause le temps d’un roman, faire découvrir un univers grâce à la force d’une écriture.

On choisit souvent ses romans en fonction du nom de l’auteur, de l’éditeur qui nous est familier. Une relation de lecture se crée alors et on guette la prochaine sortie d’un auteur apprécié.

Surtout, j’ai découvert que je choisissais mes lectures en fonction du lieu géographique de l’histoire. J’aime particulièrement les romans qui se déroulent sur la côte est des Etats-Unis, en Europe : en France bien entendu, mais aussi en Espagne pour cette culture solaire et authentique.

Un roman historique aura de grandes chances de me plaire à condition qu’il se déroule à partir de 1900.

Finalement, je me rends compte que je lis toujours le même genre littéraire : des fictions qui magnifient le réel donc je rejette de lire des thrillers, des romans fantastiques, des romans policier car je veux rester dans ma bulle au pays des Bisounours : lire des romans feel- good.

Je suis sortie de ma zone de confort avec cette lecture :

Traverser les montagnes et venir naître, Marie Pavlenko, éditions Les escales

Le résumé :

Un roman poignant et lumineux qui raconte le deuil, la solidarité et l’espoir. Astrid a tout perdu. A quarante ans, plus rien ne la retient, alors elle part. Elle achète sans l’avoir visitée une maison isolée dans la région montagneuse et sauvage du Mercantour. Parmi ses bagages, un carton marqué d’une croix rouge, ce qu’il lui reste de sa vie passée. Soraya a tout laissé derrière elle. Sa Syrie natale, sa famille, ses amis, son insouciance.
Elle traverse la montagne pour rejoindre la frontière française en se cachant de la police. Dans son ventre, une vie qu’elle déteste grandit.

Deux destins de femmes inoubliables. Deux douleurs indicibles qui se rencontrent et s’apprivoisent.

Un roman magistral qui malmène nos émotions tout au long de l’histoire. J’ai été secouée par sa lecture car les épreuves traversées par ces deux femmes sont révoltantes. Mais on ne peut pas lire que des romans feel good, c’est la réalité actuelle de bon nombre de migrants.

Une maison d’édition qui ouvre de nouveaux horizons, le passé en ligne de mire

Ce roman est le coup de coeur unanime d’un sacré nombre de bibliothécaires, libraires et de blogueurs littéraires. C’est l’un des titres phare de la maison d’édition. Les éditions des Escales ont été fondées en 2012. Son fonds compte plus de 240 titres : de la littérature française mais aussi étrangère, des polars avec une large part de romans historiques.

C’est d’ailleurs, leur domaine de prédilection le roman historique avec des auteures phares comme Victoria Hislop, Catherine Bardon…

Moi, je suis une bonne cliente des romans mondains d’ Elin Hilderbrand : Un été à Nantucket, Un dernier été, Hôtel Nantucket que j’ai découvert grâce au magazine Elle.

La plupart des personnages de ces romans cherchent par un certain art de vivre dicté par l’argent à montrer sa réussite ostensiblement. Ce ne sont pas des vacances de continuer à maintenir son rang social tout l’été sur la plage. Ces mondanités sont assez révélatrices de l’ère Trump en 2025 et même si c’est très superficiel, c’est assez jubilatoire à lire. Je me réjouis d’être française et que le choix de telle ou telle université ne détermine pas ma vie sur toute la ligne.

Je me demande bien à quel moment ces mondanités à Nantucket vont me lasser car c’est quand même le quatrième roman que je lis avec de grandes similitudes narratives.

Mais l’acuité d’Elin Hilderbrand à sonder la psychologie et les états d’âme de ses personnages, leurs aspirations les plus profondes, créent de belles lectures qui m’aident à m’évader et me divertir chaque été.

Ces stations balnéaires : Nantucket, Martha’s vineyard, Cape Cod… sont réputées depuis les années 1960 car c’est le berceau historique de la famille Kennedy, la famille royale américaine.

La cuisinière des Kennedy, Valérie Paturaud

Valérie Paturaud a rencontré un grand succès en racontant le parcours exceptionnel d’Andrée Imbert, cuisinière drômoise, pupille de la Nation, au service d’Albert Camus, Gallimard puis de l’illustre famille Kennedy aux Etats-Unis. Son livre s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires.

C’est un roman totalement hagiographique avec la famille Kennedy. Valérie Paturaud ne parle pas des mauvais côtés de Joe Kennedy et de ses accointances avec la mafia. Cette biographie est romancée à partir des archives de la famille d’Andrée Imbert.

Mais les lettres et les photographies le prouvent, une belle relation dépassant les rapports hiérarchiques s’est nouée entre la famille de Ted Kennedy et Andrée Imbert.

Le dernier chapitre où les enfants de Ted Kennedy rendent visite à leur ancienne nounou en France est très touchant. C’est un bon roman qui sera être une belle détente pour vous cet été. Il raconte le parcours d’une femme partie de rien qui a cru en ses rêves et en son talent.

J’ai aussi découvert la plume de Roland Perez, un auteur français des éditions des Escales qui excelle dans le domaine autobiographique avec son histoire personnelle. Il est né avec un pied bot et sa mère Esther a fait preuve d’une détermination sans faille et un miracle s’est produit : il a pu marcher comme tout le monde et s’intégrer dans la société.

Ce beau roman qui célèbre l’amour inconditionnel d’une mère a été adapté en film. Il a séduit 1.6 millions de spectateurs dans les salles de cinéma.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Roland Perez

C’est un superbe roman qui se déroule dans une famille juive séfarade avec sept enfants entassés dans un HLM parisien dans les années 1960. Le petit garçon qui a un pied bot trompe l’ennui de ne pas pouvoir aller à l’école en rêvant grâce aux chansons de Sylvie Vartan.

J’ai continué avec Bonne fête des mères Papa qui cloture cette trilogie autobiographique. Esther y est toujours aussi époustouflante. Ce sont deux très beaux romans sur l’amour inconditionnel mais un peu encombrant d’une mère.

J’espère que ce billet vous aidera à choisir une lecture passionnante qui avoisine les 500 pages pour vous évader en attendant les congés d’été ou en les vivant, détendus sur une chaise longue dans un jardin ou à bord d’une piscine.

Précédent billet de la série Moi lectrice : lectrice de l’Ecole des loisirs depuis 1987

*Cet article de blog ne fait l’objet d’aucun partenariat commercial. C’est une nouvelle rubrique de mon blog où je raconte mon parcours de lectrice et les choix éditoriaux des éditeurs qui m’ont convaincue.

Romans

Se divertir avec les mondanités de la société américaine à Nantucket chaque été : les romans d’Elin Hilderbrand, Les escales.

J’ai découvert les romans d’Elin Hilderbrand dans le magazine Elle en lisant Un été à Nantucket qui se déroule l’été 1969 sur une île aisée de la côte Est où se retrouve chaque été la bonne société américaine.

Puis, j’ai lu Un dernier été, un roman un peu original puisque l’héroïne de l’histoire meurt au début du roman et observe son entourage depuis le paradis avec une bonne fée qui l’accompagne.

Séduite par son écriture agréable et un peu mondaine ( je l’avoue), j’ai lu tous ses livres dans la foulée sauf Un couple parfait, adapté sur Netflix car la couverture glauque avec la mer couleur sang m’a rebutée.

J’ai aussi lu Eté après été paru en 2022 et Hôtel Nantucket l’an dernier que j’avais chroniqué ici.

Le 5 juin 2025, Elin Hilderbrand publie un nouveau roman qui, sans surprise, se déroule à Nantucket. Une adaptation en série est en cours de tournage avec Jennifer Garner dans le rôle principal.

Contrairement à la série Un couple parfait qui ne m’a pas convaincue, je pense que je serai au rendez- vous car l’intrigue d’Un week-end à Nantucket ressemble à celle d’un bon feel-good comme je les aime.

Un week-end à Nantucket, Elin Hilderbrand, traduit par Alice Delarbre, 448 pages, 23 €, parution le 5 juin 2025.

Le résumé :

Après une tragédie, la blogueuse culinaire Hollis Shaw décide de rassembler ses quatre meilleures amies pour passer un week-end inoubliable à Nantucket.

Créatrice d’ un blog culinaire à succès, Hollis est mariée à un séduisant chirurgien cardiaque. Mais après une violente dispute, son mari meurt dans un accident de voiture. Et, entre son mariage tendu et sa relation compliquée avec sa fille, la vie apparemment parfaite de Hollis révèle ses failles.

Hollis a besoin de retrouver le goût du bonheur. Elle réunit alors à Nantucket ses quatre plus proches amies, connues à des époques différentes de sa vie. Mais, surprise : Jack, son premier grand amour, est de la partie. Amitié et rivalité, amour et trahison, quête de soi et perte de repères : entre les secrets des unes et les problèmes des autres, le week-end qui promettait d`être idyllique est loin de se passer comme prévu.

Pourquoi un roman aussi mondain et frivole qu’ Un week-end à Nantucket m’a captivée durant tout un week-end ?

Parce qu’il est plus profond qu’il n’y parait…

J’ai beaucoup aimé les récits d’adolescence au lycée puis à l’université de l’héroïne, Hollis. Elle invite sa meilleure amie du lycée avec qui elle avait une relation très fusionnelle. Mais elle invite aussi, sa colocataire à l’université qui est devenue la marraine de sa fille.

Il y a de la rivalité entre ses deux amies car Hollis a voulu rompre avec sa condition sociale plus modeste en quittant Nantucket. Ce sont des évolutions personnelles que chacun connait dans son parcours même quand on n’a pas un tel niveau de vie à Nantucket.

A l’ombre des magnolias, une série Netflix un peu guimauve sur les amitiés féminines dans la société américaine

Car il montre une société américaine où il faut sans cesse rentrer dans le moule pour s’intégrer socialement.

Certaines pages sont assez futiles et ennuyeuses à force de décrire les plus belles plages, les petits amuse-bouches de homard et de pain portugais… Mais cela raconte aussi un certain art de vivre dicté par l’argent que l’on montre ostensiblement. Ce ne sont pas des vacances de continuer à maintenir son rang social tout l’été sur la plage.

Ces mondanités sont assez révélatrices de l’ère Trump en 2025 et même si c’est très superficiel, c’est assez jubilatoire à lire. Je me réjouis d’être française et que le choix de telle ou telle université ne détermine pas ma vie sur toute la ligne. Les passages où Hollis et une de ses amies de l’école fréquentent un certain cercle de femmes qui excluent de manière radicale et cruelle l’une d’elles m’a marquée.

Le seul reproche que je ferai à Elin Hilderbrand est son recours un peu répétitif aux mêmes arches narratives. Souvent, dans ses romans, le mari est volage et la mère de famille malheureuse. Mères et filles sont rivales et n’arrivent pas à se comprendre.

Les six femmes d’Un week-end à Nantucket ont des prénoms vraiment très originaux et un peu ridicules, les réseaux sociaux se mettent à déterminer leurs caractères et leurs personnalités… Par contre, j’ai beaucoup aimé la petite pique adressée à la cancel culture quand le personnage de Dru-Ann (Dru-Ann !) se révolte car une de ses protégées se sert de l’excuse de la santé mentale pour ne pas honorer ses obligations sportives.

Je me demande bien à quel moment ces mondanités à Nantucket vont me lasser car c’est quand même le quatrième roman que je lis avec de grandes similitudes narratives. Mais l’acuité d’Elin Hilderbrand à sonder la psychologie et les états d’âme de ses personnages, leurs aspirations les plus profondes, créent de belles lectures qui m’aident à m’évader et me divertir chaque été.

Je vous recommande également dans le même genre, les romans de J.C Sullivan : Maine, Les liens sacrés du mariage et Les anges et tous les saints, trois romans que j’ai beaucoup aimé. Ils parlent de cette société un peu huppée de Boston, d’origine irlandaise comme l’auteure.

Et vous, êtes-vous déjà allé à Nantucket ? Il est indéniable que cette région fait rêver les Français grâce aux pages people de Paris-Match. Cela a construit mon imaginaire…

Ces stations balnéaires : Nantucket, Martha’s vineyard, Cape Cod… sont réputées depuis les années 1960 car c’est le berceau historique de la famille Kennedy, la famille royale américaine. Je vous recommande la biographie très bien écrite par Valérie Paturaud : La cuisinière des Kennedy.

Elle raconte le destin extraordinaire d’une pupille de la Nation, petite cuisinière d’un bistrot dans la Drôme qui va partir à la conquête des bouchons lyonnais, puis des familles bourgeoises françaises avant d’être embauchés par Rose et Joe Kennedy, les illustres parents du président américain.

Un régal de lecture pour cet été !

Romans

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, quand le déni de réalité d’une mère produit des miracles…

Ce dimanche, il pleuvait à Paris. J’avais prévu le coup avec une sortie ciné pour le Printemps du cinéma. J’attendais ce film de longue date depuis que j’avais lu d’une traite le roman autobiographique de Roland Perez : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, éditions Les escales.

J’ai découvert ce roman en m’intéressant tout particulièrement à la belle carrière de Sylvie Vartan qui vient de prendre sa retraite artistique à 80 ans cette année. Je lis énormément de romans de la maison d’édition Les escales car ils savent mettre en valeur les beaux textes bien écrits, qui transmettent des émotions à leurs lecteurs.

J’ai à la fois ri aux éclats et versé une petite larme à la lecture de ce roman autobiographique découpé en une trilogie. Il faut dire que Roland Perez est un homme fort attachant, doué d’une acuité particulière pour la psychologie et les relations.

Le résumé :

Le récit tendre et détonnant d’une enfance pas comme les autres, bercée par la voix de Sylvie Vartan. Un roman drôle et chaleureux sur la famille et sur la différence. A cinq ans, Roland ne marche toujours pas. Il vit dans un HLM du XIIIe arrondissement de Paris avec sa famille juive séfarade d’origine marocaine. Un appartement plein de vie d’où Roland ne peut sortir, si ce n’est dans les bras de sa mère.


La religion et la culture juives tiennent dans sa vie une place primordiale. Très croyante et surprotectrice, elle le garde à l’écart du monde extérieur. L’appartement est devenu son territoire, d’où il observe avec fascination les va-et-vient de ses frères et sours et de leurs amis. Mais c’est en regardant la télévision qu’il découvre le monde. Il se passionne pour les émissions de variétés et pour Sylvie Vartan,  » étoile parmi les étoiles « . Un jour, alors qu’il a six ans, un miracle se produit : il réussit enfin à marcher. Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est un roman tendre et loufoque, aux personnage drôles et attachants.
Une histoire vraie, lumineuse et pleine d’espoir.

 » Dieu ne pouvait être partout, alors il a crée les mères » Proverbe juif

Mon avis :

Ce film ne vous laissera pas insensible. On rit et on pleure grâce à cette maman haute en couleurs jouée avec brio par Leïla Bekhti. C’est également l’un des plus beaux rôles de Jonathan Cohen, qui est le narrateur de sa propre histoire.

J’ai préféré le roman même si le film est réussi. Dans le roman, Roland Perez détaille très bien toute la fantaisie et les excès de sa mère. La première partie du film qui raconte l’enfance de Roland Perez dans les années 1960 est très rythmée par une bande originale de qualité. Mais cela se fait aussi au détriment de l’émotion. Esther fait la surprise à ses autres enfants quand le petit dernier se met à marcher à huit ans. La musique est tonitruante et alors on perd l’émotion qui culmine dans cette scène.

Mais par contre, la scène où tous les membres de la famille Perez chantonnent dans leur coin La Maritza, c’est une belle réussite. Mention spéciale au grand frère qui fume dans son bain. Cette chanson est universelle, elle parle d’un fleuve bulgare, les racines de Sylvie en exil, et pourtant elle va comme un gant à cette famille séfarade.

Copyright Marie-Camille Orlando – 2024 Gaumont – Egérie Productions – 9492-2663 Québec Inc. (filiale de Christal Films Productions Inc.) – Amazon MGM Studios

Leïla Bekhti a aimé ce rôle car on lui offrait de jouer une conviction. C’est une mère qui veut le meilleur pour son enfant quitte à l’étouffer un peu même quand il a la trentaine. Elle sera même médaillée pour son dévouement par Jacques Chirac à l’Hôtel de ville de Paris.

C’est aussi un film qui parle de la foi chevillée au corps qui se concrétise avec ces miracles car le jeune Roland n’a pas seulement été guéri de son pied bot, il deviendra aussi l’avocat des célébrités comme Sylvie Vartan.

Je vous laisse découvrir la superbe chronique de Jean-Luc Gadreau, critique de cinéma et pasteur à propos de ce film beaucoup plus profond sur la spiritualité qu’il n’y parait.

Ile de France et Paris·Romans

Le Hobbit, plus de 80 ans d’inspiration pour la littérature, la décoration et la tapisserie, exposé au collège des Bernardins.

Le mois dernier, j’ai visité l’exposition Epiphanies au collège des Bernardins avec mes parents de passage à Paris. Ainsi, j’ai découvert le travail magistral d’Augustin Frison-Roche. L’exposition suivante est toute aussi passionnante et superbe : quinze tapis et tapisseries inspirées par l’oeuvre de Tolkien.

La programmation 2025 du collège des Bernardins en fait un lieu culturel incontournable à Paris. Et surtout l’entrée est gratuite !

Il y a cinq ans pendant le confinement de 2020, j’ai découvert dans un magazine de décoration, une de ces tapisseries d’Aubusson.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette oeuvre car elle raconte un moment phare du film Le hobbit : quand les nains fuient une rivière dans des tonneaux. J’en ai fait un collage avec une caravane tellement cet univers et ses couleurs m’ont plu.

Je précise que je ne connais rien de rien à la trilogie du Seigneur des anneaux. Je ne suis pas une grande fan des films fantastiques mais je ne sais pas pourquoi j’ai eu un vrai coup de coeur pour Le hobbit.

J’aime énormément sa petite maison qui ressemble à un tumulus. En Bulgarie, nous nous rendons chaque année dans un endroit génial : le golden park à Lukovit avec des habitations en bois et en pierre inspirées par le roman. Mille mercis à mon beau-frère Alexandre d’avoir découvert le lieu !

Cette année, c’est l’anniversaire des 70 ans de la parution du Seigneur des anneaux. Le hobbit a conquit plus de cent millions de lecteurs à travers le monde. Sa popularité a pris un vrai virage quand la suite Le Seigneur des anneaux a été publiée en 1954.

J’aime bien offrir comme cadeau de Secret santa une édition collector du roman édité par Le livre de poche. C’est un bel objet à conserver dans sa bibliothèque.

J’aime particulièrement l’univers de Tolkien car il reflète aussi une époque : l’Angleterre des années 1920 à 1940 avec ses manuscrits tapés à la machine à écrire à Oxford, ses propres aquarelles de la Terre du milieu. Il a écrit de nombreuses lettres du Père Noël pour divertir ses enfants.

Cela me fait penser à Jean et Cécile de Brunhoff, leurs contemporains français qui ont aussi écrit et illustré Babar pour leurs enfants.

C’est l’exposition phare de ce printemps. Elle célèbre le savoir-faire de la cité internationale de la tapisserie qui a su valoriser ce fonds iconographique inestimable. Comme le détaille Stéphane Jarno de Télérama dans son article La tapisserie du « Milieu  » : les tapisseries d’Aubusson sont le fruit d’une écriture textile, ses techniques font vibrer les couleurs, suggèrent le mouvement, feignent le relief…

C’est l’exposition idéale à montrer aux enfants à partir de huit ans pour leur faire découvrir une oeuvre littéraire fantastique. Elle repose sur un univers indémodable pour des générations de lecteurs.

Vous pouvez retrouver ici toutes les informations pratiques pour visiter cette belle exposition à ne pas manquer ce printemps !

Comme son nom l’indique, Le bal littéraire des sardines se spécialise dans un domaine bien précis des métiers du livre : les succès éditoriaux qui deviennent patrimoniaux pour des générations de lecteurs.

-Martine fête ses 70 ans en 2024 à la galerie Gallimard

– Natacha, hôtesse de l’air part à la conquête du cinéma en avril prochain

-Ba ba bar, mon ami Babar, souvenir de mon plus beau carnaval en maternelle…