Cinéma·Du livre à l'écran

J’écris ton nom, la suite épique et héroïque de La bataille De Gaulle.

Deux semaines après avoir vu L’âge de fer, le premier volet de La bataille de Gaulle, je me suis empressée d’aller voir sa suite J’écris ton nom, en référence au poème clandestin de Paul Eluard. Bon nombre de mes collègues ont également vu le premier film et on a débriefé plusieurs déjeuners de suite nos impressions saupoudrées d’un patriotisme inattendu.

Le second volet est beaucoup plus intense et dramatique que le premier volet où la musique grandiloquente jouait déjà un rôle majeur.

Reprenons le fil de l’Histoire : l’amiral Darland meurt assassiné à Alger par un jeune résistant, Fernand. Les Américains sous la houlette de leur président Franklin Roosevelt, le remplacent par un général de la vieille école : Giraud, sorte de mentor de Leclerc mais il s’est entouré de hauts dignitaires peu recommandables.

Il y a une scène très choquante où les hommes de Giraud vont rafler une famille de militants gaullistes à Alger. Contrairement aux hommes de Leclerc dans le premier volet, ceux-là ne font pas de cas de tuer leurs compatriotes français.

J’ai particulièrement aimé les scènes qui se déroulent dans des hôtels Art déco de Casablanca et d’Alger pour leur intensité dramatique. De Gaulle se trouve tenu en joue par les hommes de main du président américain, son allié supposé.

Comme dans le premier volet, De Gaulle se livre à des retournements de situations totalement inespérés qui mettent en valeur ses talents de stratège, c’est bien un diplomate de haut rang malgré ses colères homériques.

L’adaptation d’une biographie de De Gaulle écrite par un historien anglais.

Plus on avance dans la chronologie de la guerre et donc l’avancée du film, plus j’aurai du mal à chroniquer ce diptyque historique tant j’ai été saisie d’émotions. Dans le second volet, le personnage de Leclerc est beaucoup plus développé.

Catholique pratiquant comme le général de Gaulle, le général Leclerc a livré à ses hommes un vibrant discours déterminant :

« Certes, nous n’avons pas de nouvelles, mais nous avons tous un frère, une sœur, un cousin appuyé dans un mur dans une cave, qui essaie de couper la tête au sommeil pour essayer d’envoyer un renseignement à Londres. On a tous un ami chargé d’une mission de sabotage… »

« Voilà la diva » dixit le général Giraud pour désigner son rival qu’il appelle Gaulle pour le ridiculiser. Antonin Baudry a eu cette bonne idée de confier le rôle de Giraud à Thierry Lhermitte, qui jouait un ministre des affaires étrangères très exalté dans sa mission.

Ce film Quai d’Orsay est l’adaptation d’une BD autobiographique dans laquelle Antonin Baudry raconte son expérience de diplomate aux Etats-Unis. Il a aussi réalisé un second film très réussi Le chant du loup qui se déroule dans l’univers des sous-marins.

Un diptyque qui rend hommage à tous les héros de la France libre, pas seulement De Gaulle.

Ce beau diptyque m’a donné envie de lire des biographies historiques : celle de Félix Eboué, le gouverneur du Tchad qui a rejoint le général de Gaulle en tout premier. Ou bien l’incontournable Jean Moulin alias Rex. Ce film apporte une bonne piqure de rappel : Jean Moulin a fait preuve d’un courage sans limites puisqu’il a été torturé avec barbarie mais qu’il n’a rien dit à ses tortionnaires nazis alors que l’un de ses compagnons l’a trahi dans la banlieue de Lyon.

Des alliés par si fraternels que ça…

J’ai beaucoup aimé ce film, très critique vis à vis du gouvernement de Roosevelt. Ce fin stratège est un allié redoutable qui voit en la France un territoire économique à conquérir plutôt qu’à libérer. Le général de Gaulle a su être intraitable sur la souveraineté de notre pays. Un engagement qui résonne fort actuellement avec les critiques à peine voilées de la présidence Trump/ Vance qui se conduit comme des cow-boys avec la diplomatie européenne.

La fin du film m’a un peu frustrée car on est vite embarqué dans l’Histoire. Antonin Baudry a été un peu avare en scènes de liesse populaire : on aperçoit rapidement le général de Gaulle au balcon de l’Hôtel de ville alors que j’aurai aimé voir la fameuse scène où les cloches de Notre Dame sonnent le Te Deum mais que cela continue de tirer à feux nourris autour du général de Gaulle.

Ces musées parisiens dédiés à la seconde guerre mondiale à découvrir dans le prolongement des films La bataille de Gaulle :

Mémorial de la Shoah,17, rue Geoffroy l’Asnier, Paris 4eme. Ouvert du dimanche au vendredi. Entrée gratuite.

Ce beau musée situé en plein coeur du Marais a été inauguré en 2005. Sa « décoration » nous percute dès l’entrée : le mur des noms taillé dans des pierres qui viennent de Jérusalem. Il sert à frapper les esprits et surtout à garder mémoire des 75568 Juifs français et étrangers dont 11400 enfants déportés de France. Les noms sont classés par ordre alphabétique et chronologique de 1942 à 1944. Le mémorial qui se déploie sur plusieurs sites : Clermont-Ferrand, Orléans, Drancy, Le Chambon sur Lignon, Pithiviers… organise des ateliers de médiation culturelle de qualité notamment pour les lycéens.

Musée de la libération de Paris, musée Jean Moulin, musée du général Leclerc, place Denfert Rochereau, Paris 14eme arrondissement. Collections permanentes gratuites. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18 heures.

Ce musée municipal a été inauguré en 2019 dans un quartier plus central que la gare Montparnasse où il été situé auparavant. Ce musée d’Histoire a l’avantage de se trouver tout près du poste de commandement du colonel Rol Tanguy. Il fut l’un des acteurs majeurs de l’insurrection de Paris. Ce haut fait historique est bien representé dans le film et j’ai bien envie d’en savoir plus en visitant ce musée. J’avais parcouru l’exposition Les Parisiens sous l’exode en 2020 qui m’avait beaucoup émue car la famille de ma grand-mère a fui le Pas de Calais en juin 1940.

Il y a une statue emblématique du général Leclerc, place de la porte d’Orléans où on le voit avec sa fameuse canne exposée au musée de la Libération.

Musée de l’armée et musée de l’ordre de la Libération, hôtel des Invalides, Paris 7eme arrondissement, ouvert tous les jours de 10 heures à 18 heures. Billet d’entrée pour six lieux d’expositions de l’hôtel des Invalides.

J’ai découvert le musée de l’armée en visitant l’exposition temporaire La haine des clans sur les guerres de religion du 16eme siècle. J’ai très envie de visiter les collections permanentes du musée. Il y a une robe exceptionnelle qui appartenait à la femme du général Dio avec des insignes de la France libre : des drapeaux français en veux-tu, en voila, une affiche A tous les français, signée par le général de Gaulle.

Cette robe très originale en soie s’est inspirée de la tradition des boubous africains où l’on porte des motifs identitaires pour faire passer un message politique. Cette robe est hautement symbolique : le général Louis Dio a succédé au général Leclerc en 1945 après l’avoir secondé dans toutes les batailles de la France libre en Afrique depuis juin 1940.

Et bien entendu un peu plus loin, la maison natale de Charles de Gaulle à Lille

Cinéma

Pourquoi le film La Bataille de Gaulle inspire fierté nationale en 2026

Fin juin 2026, de nombreux spectateurs sont venus s’abriter de la canicule dans les salles de cinéma climatisées et obscures avant même la fête du cinéma.

La remontada inattendue du nombre d’entrées de La bataille de Gaulle.

Ces mauvaises conditions météo ont boosté le nombre d’entrées du film La bataille de Gaulle : l’âge de fer puis J’écrirai ton nom, une fresque historique en deux épisodes, réalisée par Antonin Baudry.

Voir ce film historique m’a fait beaucoup de bien car il exprime une sorte de fierté nationale dont nous avons bien besoin actuellement. Je n’ai pas voulu voir le film Les rayons et les ombres où Jean Dujardin incarne un journaliste collabo Jean Luchaire.

Redécouvrir la seconde guerre mondiale alors que j’avais de bonnes connaissances historiques.

Depuis toujours, l’Histoire est la matière dans laquelle j’ai brillé tout au long de ma scolarité grâce à de brillants professeurs qui m’ont donné confiance en moi alors que je n’en ramais pas une dans les autres matières. Mon frère était aussi sensibilisé à cette matière puisqu’il a été de nombreuses fois lauréat du concours de la Résistance. Je suis persuadée que l’influence de nos grands-parents Jean et Annette qui étaient de fervents gaullistes, a été marquante.

Ils nous ont emmené faire mémoire au mémorial de La Chapelle en Vercors, mon grand-père avait des tomes et des tomes de livres d’Histoire sur le général de Gaulle qui venait du Nord comme lui et qui avait étudié dans le même lycée parisien que lui.

J’ai beaucoup aimé ce film parce que j’ai bien compris pourquoi mes grands-parents admiraient autant Charles de Gaulle : il a une forme de constance et d’intégrité hors du commun, toujours droit dans ses bottes quelques soient les circonstances. C’est un personnage à part dans l’Histoire de France.

Le résumé :

Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.

Mon avis :

Quand j’avais treize ans, j’ai regardé la mini-série en trois téléfilms La bicyclette bleue avec Laetitia Casta en 2000. Au Noël suivant, ma mère nous a offert les romans acheté chez France loisirs (RIP France Loisirs).

Ce roman historique très bien documenté raconte à la perfection le déroulé de la seconde guerre mondiale en France avec le départ des civils sur les routes de l’Exode (c’est l’histoire de ma propre famille), la mise en place de la collaboration sous le régime de Vichy, le rôle déterminant de l’amiral Darlan qui a considérablement compliqué la tâche de la France libre, les débarquements alliés en Afrique du Nord qui ont redonné du moral aux troupes et aux résistants de l’Hexagone…

Dernièrement, j’ai lu le précieux roman historique de Lauriane Bordenave, Donut girl qui explique toute la logistique de l’armée américaine qui préparait le débarquement de 1944 avec ses alliés anglais et français.

Ce roman raconte la génèse du formidable Chant des partisans composé par Anna Marly pour la musique, Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon pour les textes.

La bataille de Gaulle débute avec une chanson de Charles Trenet : Boum composée en 1938. On est saisi par l’intensité de la guerre dès les premières scènes du film. Lors de la bataille de Montcornet le 17 mai 1940, le général de Gaulle montre la pleine mesure de son caractère téméraire et déterminé en défiant un char allemand avec sa voiture. Malheureusement c’est la débâcle en France, la France du maréchal Pétain se déshonore à collaborer avec Hitler (le même qui a lu les livres du maréchal de Gaulle tout de même).

L’Angleterre est totalement catastrophée par la mise en place du régime de Vichy. Winston Churchill invite donc le général de Gaulle à Londres et l’autorise à lancer son appel du 18 juin 1940 à la BBC.

Churchill lui donne sa chance car il admire son panache de soldat, ils ont de nombreux points communs. Mais son cabinet souffle le chaud et le froid : L’Angleterre, cette grande île avec son empire colonial est vulnérable. Les Anglais attendent fébrilement le soutien des États Unis et le général de Gaulle vient jouer les perturbateurs : en fait c’est un fin stratège qui est capable de faire des choix cornéliens ou d’être stoïque sur ses positionnements. Charles de Gaulle va se confronter à la dureté de la diplomatie dans les salons feutrés de Londres.

Il ne parle pas anglais, à part son ordonnance de Courcel (l’oncle de Bernadette Chirac), il ne représente que lui. Les Français de Londres ne lui font pas de cadeaux car il a désobéi à Pétain ( il est même condamné à mort par contumace). Bref on le prend pour un guignol et pourtant il va persévérer avec droiture. J’ai été très touchée par la scène où il descend dans une cour et qu’il découvre une cinquantaine de pêcheurs bretons de l’île de Sein qui ont tous quitté leur île avec leurs bateaux pour venir le rejoindre. J’avais déjà entendu cette histoire édifiante qui concernait le père de Jane Birkin, un résistant anglais.

« N’oubliez jamais qu’ils (les Anglais) ont brûlé Jeanne d’Arc » De Gaulle répondant à sa femme durant son exil forcé dans une banlieue huppée de Londres.

Il y a eu deux ou trois films biographiques autour du général de Gaulle. Mais la force de ce nouveau long métrage totalement épique est d’avoir humanisé un monument national. Même quand on le ridiculise, je ne pouvais pas m’empêcher de l’admirer. Simon Abkarian l’incarne d’ailleurs avec brio. Je l’ai entendu raconter dans une interview que ses camarades de classe au Liban l’appelaient De Gaulle car il venait de France.

Un film historique burlesque qui reprend les codes de la BD

J’ai compris pourquoi ce nouveau film consacré au chef d’Etat français le plus populaire au monde plait autant au plus grand nombre. Le réalisateur du film, ancien diplomate devenu réalisateur de cinéma et auteur de BD a choisi de déboulonner la statue du commandeur avec des dialogues savoureux et drôles. Avec son épouse Bérénice Vila, qui est historienne, ils se sont basés sur la biographie anglaise de Julian Jackson pour rendre le général un peu gauche mais sacrément attachant.

L’une de mes scènes favorites du film est celle où le général anglais Spears sermonne vertement de Gaulle qui lui rétorque : « Les moustiques ne piquent pas le général de Gaulle » Et dans la scène d’après, comme la case de BD suivante, on voit de Gaulle au lit victime du paludisme.

Désormais, Bir Hakeim ne sera plus jamais une simple station de métro pour moi.

J’ai tout de même un petit reproche à faire à ce film : la musique magistrale tout au long du film devient quand même excessive pour décrire les seize jours de la bataille de Bir-Hakeim, dans le désert de Lybie. Je suis persuadée que les scénaristes de ce superbe film historique se sont considérablement inspirée de la série The crown sur Netflix qui raconte en six saisons le règne d’Elisabeth II d’Angleterre.

La bataille De Gaulle: savoureux comme un maxi épisode de The crown

Cette série anglaise est magistrale et elle m’a aidée à comprendre les ressorts de la seconde guerre mondiale à travers le personnage incontournable de Winston Churchill, ce fin stratège autant décevant qu’attachant. La bataille de Gaulle explique bien l’influence de son cabinet dont celle émergeante d’Anthony Eden, son successeur au 10 Downing street. Eden devra lui aussi porter la responsabilité de nombreux soldats de ses troupes lors de la nationalisation du canal de Suez en 1956 par Nasser.

Charles de Gaulle a une histoire personnelle tellement romanesque qu’il aurait été judicieux de créer toute une série historique autour de lui. Chaque ville même minuscule compte une rue à son nom. Quand je suis rentrée chez moi après le film, mon bus municipal annonçait la station Général de Gaulle…

Je vous recommande la visite de sa maison natale, rue Princesse à Lille. C’est l’une des plus belles maisons bourgeoises avec une multitude d’objets que j’ai visité.

Du livre à l'écran

De la ferme au plus grand cabaret du département : la belle revanche des Folies fermières.

Je dis merci à l’algorithme de Netflix. Il nous a proposé une charmante comédie française, Les folies fermières, adapté d’une histoire vraie dont j’avais vaguement ouï dire.

Le duo de comédie Alban Ivanov/ Sabrina Ouazani m’a convaincu et nous avons passé un bon moment divertissant. Compte tenu de la lourdeur de l’actualité, c’est appréciable.

Le résumé :

David, jeune paysan du Cantal, vient d’avoir une idée : pour sauver son exploitation de la faillite, il va monter un cabaret à la ferme. Le spectacle sera sur scène et dans l’assiette, avec les bons produits du coin. Il en est sûr, ça ne peut que marcher ! Ses proches, sa mère et surtout son grand-père, sont plus sceptiques.

Mon avis :

Une grande partie de la réussite de ce film repose sur les épaules d’Alban Ivanov. Il joue le rôle de David, un jeune agriculteur trentenaire du Cantal coincé entre son grand-père, fou à lier et sa mère qui est sacrément avare en encouragements. Pourtant porté par l’énergie du désespoir, il va se lancer dans un projet totalement fou : monter un cabaret au soin de sa ferme.

Il réussit à convaincre Bonnie, une danseuse de pole dance découragée par les mensonges de son ancien manager, de devenir la directrice artistique de son cabaret. Ce film est touchant car il montre une aventure humaine qui valorise le lien social et l’entraide,

Je ne connaissais pas du tout le potentiel dramatique d’Alban Ivanov et je dois avouer qu’il est vraiment authentique dans ce rôle d’agriculteur acculé face à ses difficultés. Il va même parvenir à reconquérir son ex avec ce projet fou de cabaret alors qu’elle le prenait pour un vrai toqué et n’hésitait pas à se moquer de lui avec la propre mère de David.

Cette jolie comédie s’appuie sur le fait qu’il s’agisse d’une histoire, une success-story dont on a bien besoin actuellement surtout dans les campagnes françaises. Cette réussite collective a été largement médiatisée au niveau national. David Caumette, l’agriculteur dont l’histoire a été portée à l’écran, a reçu plus de huit projets de films dont celui de Jean-Pierre Améris, entre autres réalisateur de la comédie Les émotifs anonymes.

Je n’ai absolument pas repéré ce film à sa sortie en salles en 2022 alors que le casting est quand même ambitieux avec des acteurs reconnus, Netflix m’a permis une séance de rattrapage bienvenue.

Cette semaine, c’est la fête du cinéma et je vous invite à découvrir de belles pépites comme La bataille de Gaulle par exemple. Les salles de cinéma ont pris une belle revanche sur les plateformes avec leurs salles climatisées et obscures prises d’assaut par ces temps caniculaires.

Cinéma

JR et Agnès Varda : Un duo créatif à la rencontre des Français en périphéries, portraiturer et rendre hommage.

Quarante ans après Christo et Jeanne-Claude, le génial JR emballe de nouveau le pont-Neuf avec une caverne monumentale. L’ouverture de ce lieu atypique est reportée car une récente tempête l’a considérablement endommagé. En attendant cet événement phare, j’ai eu envie de regarder son documentaire Visages villages coréalisé avec la réalisatrice star de la Nouvelle Vague, Agnès Varda en 2017.

J’ai beaucoup aimé l’aspect transgénérationnel de ce film (Il a 33 ans, elle 88 ans). Leur choix d’aller à la rencontre des gens de la campagne m’a rappelé la démarche photographique de Raymond Depardon qui a publié en 2010, le livre La France de Depardon, éditions Le Seuil.

Agnès Varda et JR ont sillonnés ensemble les campagnes, la France périphérique à bord du camion photomaton de l’artiste qui est une œuvre d’art en lui même. Avec ce drôle d’engin, JR réalise des collages monumentaux qu’il développe et qu’il colle sur une grange, une façade d’immeubles, en noir et blanc, la plupart du temps. Le résultat est très graphique et sacrément esthétique.

Moi qui suis une passionnée de collages depuis mes quinze ans, j’ai été émerveillée par ce beau documentaire.

Le résumé :

Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer. Agnès a choisi le cinéma. JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air.

Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR. Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés.

Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.

Mon avis :

Le film débute dans le Pas de Calais, à la rencontre de Jeannine, l’une des dernières habitantes d’un coron qui logeait toute une communauté de mineurs. Cela tombe à pic, je venais d’écrire un article sur la beauté de la victoire si symbolique du RC Lens en Coupe de France. L’émotion de cette femme qui découvre son portrait sur sa maison m’a beaucoup touchée.

Film Visages villages. DR Le pacte.

Ce documentaire est efficace car il croise le témoignage d’anciens mineurs avec des cartes postales d’époque intitulées La toilette du mineur, précieusement conservées par Agnès Varda, chez elle, rue Daguerre.

Puis ce fameux duo créatif se dirige vers le Sud de la France dans le Vaucluse. Nathalie, une serveuse de bar accepte de poser pour eux, elle devient un personnage poétique avec une ombrelle, pieds nus. JR réalise un pochoir noir et blanc à son effigie qui occupe toute la longueur d’un immeuble. Ses enfants sont fiers d’elle mais cette célébrité un peu soudaine, effraie la grande timide qu’elle est.

Un agriculteur qui gère tout seul 800 hectares de récoltes avec ses machines dernier cri est mis à l’honneur sur la façade de sa grange.

Dans une usine à risque industriel, on célèbre le travail collectif par une gigantesque mêlée de travailleurs dont un qui part à la retraite. Ailleurs, ce sont un facteur ou les femmes de dockers du port du Havre qui sont magnifiés par des portraits à échelle monumentale.

Ce magnifique documentaire m’a permis de découvrir la personnalité d’Agnès Varda, que je connaissais très mal alors que c’est une icône du cinéma français : une des rares femmes réalisatrices de l’époque de la Nouvelle vague.

Les plages d’Agnès, film de 2008

Moi aussi, j’aime passionnément faire des collages mais je préfère la couleur et les petits formats que je colle dans des carnets tous les ans. En ce moment, Paris fait honneur aux artistes qui excellent dans les collages : l’exposition Matisse jusqu’au 26 juillet au Grand Palais, JR et sa caverne au Pont-neuf qui mêle collages et land art.

Vous pouvez retrouver ici mes différents articles consacrés aux collages.

-Exceller dans les collages à l’image de Braque, Matisse ou Picasso

J’ai testé le challenge Februllage ce mois-ci

Cinéma·Musique

Moi qui t’aimais, analyse d’une histoire d’amour sous le feu des projecteurs : le couple Signoret/Montand iconique dans les années 1950.

Il serait dommage de passer à coté de ce film Moi qui t’aimais de Diane Kurys. Il raconte l’histoire d’amour vieillissante entre Simone Signoret (Marina Foïs) et Yves Montand (Roschdy Zem), sorti en salles en octobre 2025.

Ce n’est pas un biopic de deux légendes mais le récit intime d’une histoire d’amour douloureuse mais qui tient, malgré les phrases vachardes et les infidélités.

Le film se déroule dans les années 1970 quand le cinéma français a un peu tourné le dos à Simone Signoret alors que Montand multiplie tournages et tours de chant. Elle écrit ses mémoires à cette période pour raconter son engagement international au parti communiste français et les désillusions politiques que le couple Montand connaîtra en URSS dans les années 1950.

Je n’ai vu aucun de ses films en entier mais j’ai dévoré la biographie de Signoret car elle est une des actrices les plus talentueuses des années 1950-1960, reconnue par les plus grandes récompenses du cinéma mondial.

Et surtout, elle formait un couple mythique avec Yves Montand, l’un des plus grands chanteurs et acteurs du patrimoine culturel français.

Simone Signoret a été d’une beauté éblouissante dans sa jeunesse, elle a gagné l’Oscar de la meilleure actrice en 1960 et pourtant elle se morfond chez elle dans son lit en s’étourdissant dans les volutes de cigarettes et les verres d’alcool. Le film de Diane Kurys égratigne un peu Yves Montand et pourtant c’est elle, Signoret, que je ne comprends pas.

Le couple Montand/Signoret ne vieillit pas pareil et les remarques sont cruelles.

Autant lui peut se montrer rustre et jaloux de sa femme quand elle reçoit un César pour son rôle emblématique de Madame Rosa dans La vie devant soi en 1978, mais Yves Montand croit en son talent et celui de sa femme alors qu’elle tombe dans une dépression sans fond.

J’ai ressenti de la compassion pour elle quand elle souffre terriblement de son déclin physique, son visage bouffi par l’alcool et sa vue qui décline. La fameuse phrase sans doute prononcée par son mari Yves Montand ne lui laisse aucune chance de se relever de ses blessures d’âme : «C’était facile de coucher avec Casque d’or, moins de se réveiller avec Madame Rosa

La dignité de Simone Signoret qui a défendu Marilyn Monroe même quand elle lui vole son mari.

J’ai beaucoup aimé le début du film très original où l’on voit les deux acteurs principaux qui passent à la table de maquillage pour investir leurs personnages. C’est saisissant comme Marina Foïs ressemble à Signoret et ses yeux de chat grâce à un subtil trait d’eye liner bien dessiné. La scène suivante montre une interview de Simone Signoret et de son mari pas très naturelle où l’on questionne le couple sur son actualité : Montand tourne avec Marilyn Monroe Le milliardaire en 1960.

Le journaliste demande si Marilyn n’est pas trop capricieuse (la question con bien misogyne) et Simone Signoret qui est aussi jolie que Marilyn la défend. Elle continuera à la défendre quand Marilyn séduira son mari et que cette infidélité sera reprise par les journaux du monde entier.

Film Moi qui t’aimais. Copyright David Koskas/New Light Films

Tout au long du film Moi qui t’aimais, on sent que Simone Signoret se compare à Marilyn, la star hollywoodienne morte toute seule dans son lit à 36 ans en août 1962. Il se trouve que j’ai visité récemment la rétrospective consacrée à Marilyn Monroe à la Cinémathèque française.

Je me rend compte que c’est difficile d’être une actrice car il faut s’affranchir du regard des autres surtout quand le corps vieillit, personne ne leur fait de cadeaux.

Moi qui t’aimais était un beau film qui m’a donné matière à réflexion sur la confiance en soi qui est une denrée rare à chérir absolument. Est-ce que c’est plus facile pour les hommes ? Je me pose la question.

J’aime éperdument les biopics surtout ceux dédiés aux chanteurs comme Ray, Clo-Clo, Monsieur Aznavour ou encore Aline qui rend hommage à Céline Dion.

Comme mes grands-parents, Annette et Jean, j’ai une vraie tendresse pour les chansons d’Yves Montand. J’aime beaucoup sa voix, les paroles de ses chansons racontent un Paris d’autrefois dont je suis nostalgique même si je ne l’ai jamais connu.

Montand et Signoret sont nés la même année : 1921 mais ils viennent de milieux très différents. Simone Signoret est issue d’une famille juive bourgeoise, elle était la camarade de Corinne Luchaire, mais aussi l’élève de Lucie Aubrac au lycée. Elle vient d’un milieu privilégié parisien alors qu’Yves Montand est un immigré italien dont la famille très pauvre s’est installée à Marseille pour fuir le fascisme.

Yves Montand deviendra l’amant d’Edith Piaf qui le prendra sous son aile dans les années 1940 mais son talent fera rapidement de l’ombre à La môme. Montand va connaître une ascension sociale fulgurante en se liant d’amitié avec Jacques Prévert, le grand poète français, l’auteur des Feuilles mortes en 1949. D’ailleurs, le titre du film Moi qui t’aimais est un extrait de cette chanson emblématique :

C’est une chanson qui nous ressemble.
Toi, tu m’aimais et je t’aimais
Et nous vivions tous deux ensemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s’aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Il y a deux scènes du film très touchantes où Simone Signoret voit répéter Yves Montand pour son tour de chant alors qu’il n’est plus aussi alerte qu’antan pour danser avec des claquettes.

Elle ne se rend pas à l’Olympia alors qu’il chante à guichets fermés, mais on sent toute l’admiration et l’amour qu’elle lui porte en l’écoutant à la radio sur son lit. Elle se terre chez elle dans sa maison de campagne à Autheuil car elle se déteste et se détruit à petits feux.

Quelle carrière pour Yves Montand aussi bien acteur que chanteur, engagé politiquement sur tous les fronts : il défendra les réfugiés chiliens face à la dictature de Pinochet et deviendra l’ami de Coluche.

Il s’était éloigné du music-hall à partir de 1963 à cause de tornade Johnny Hallyday qui monopolisait la scène française. Mais il triomphera à de nombreuses reprises à l’Olympia avec des chansons iconiques : A Paris, C’est si bon, A bicyclette en 1968.

Yves Montand magistral dans le rôle du Papet, personnage de Pagnol.

C’est rare un tel artiste qui excelle au cinéma mais aussi dans le domaine de la chanson, la danse… Yves Montand a joué dans trente-neuf films dont le fameux La folie des grandeurs avec Louis de Funès. Mais aussi son rôle emblématique du Papet de Pagnol dans le dyptique tragique Jean de Florette et Manon des sources réalisé par Claude Berri avec Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart dans les rôles d’Ugolin et Manon.

Yves Montand y est particulièrement méchant et odieux dans ce rôle taillé pour lui. Ses mauvais sentiments vont se retourner contre lui dans les dernières années de sa vie. La détresse de César Soubeyran quand il découvre la vérité est l’un des grands moments de cette tragédie comme Pagnol sait les écrire. Yves Montand a su capter la noirceur de ce personnage.

Il tourne ces deux films très importants de sa carrière en 1985 et 1986. Entre temps, sa femme Simone Signoret meurt d’un cancer généralisé qu’elle lui avait longtemps dissimulé comme il tournait en Provence. Elle avait 64 ans.

Depuis quelques années, Yves Montand entretenait une relation cachée avec une jeune femme beaucoup plus jeune que lui qui lui donnera son premier enfant à 67 ans. Il décède d’une crise cardiaque sur le tournage d’un film en 1991 à l’âge de 70 ans. C’était à la fois un chanteur, un danseur et un acteur : un artiste engagé politiquement.

Retrouvez-ici les autres articles de la série Toute la musique que j’aime.

Hommage à Belmondo, la Bébelmania ou la France où tout allait bien.

Cinéma·Sociologie

Juste une illusion, une autobiographie nostalgique de l’adolescence aussi réussie que La boum

Pour la fête du travail, mon mari et moi avons voulu nous récompenser de notre dur labeur de l’année avec une sortie ciné que nous attendions impatiemment : la comédie Juste une illusion, le nouveau film de Nakache et Toledano qui se déroule en 1985.

Nous avons passé un magnifique voyage dans le temps avec un film à la fois drôle et émouvant, léger et profond. Cette comédie familiale dure presque deux heures pendant lesquelles les rires fusaient scènes après scènes : le canular du grand frère pour l’exposé d’histoire est particulièrement savoureux. Pas sûr que j’aurai autant ri avec le film concurrent cette semaine : Le diable s’habille en Prada,suite.

Je pense que j’ai aimé passionnément ce film car il est inspiré des souvenirs de famille des deux réalisateurs qui sont des enfants de la seconde génération pied-noir. Ils avaient douze et quatorze ans en 1985. Cela me fait beaucoup pensé à Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, l’autobiographie de Roland Perez,

Le résumé :

Nous sommes en 1985. Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et « pas encore » un adulte, nous partageons ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux. Une comédie douce-amère sur cette période de l’enfance où l’espoir de changer le monde n’était peut-être… juste une illusion.

Mon avis :

C’est vraiment satisfaisant de visionner une comédie française qui frise l’excellence comparée à d’autres films qui retombent comme un souffle passés les quinze premières minutes.

Mon mari et moi avons des goûts cinéma assez différents et souvent les films de Nakache et Toledano constituent un bon dénominateur commun : leurs films sont fédérateurs, ils montrent des gens qui s’engueulent pas mal et qui pourtant vont parvenir à trouver une certaine harmonie.

© 2026 ADNP – TEN CINEMA – GAUMONT – TF1 FILMS PRODUCTION -QUAD+TEN

Les rires fusent scènes après scènes car les situations sont cocasses, les dialogues sont savoureux entre les amoureux qui se chamaillent ou les deux frères qui s’attrapent par les cheveux.

Au départ, on était un peu inquiets de la tournure qu’allait prendre le film car les parents Dayan se frittent constamment, l’ambiance est particulièrement tendue les dix premières minutes du film. A tel point que le jeune Simon se réfugie chez son camarade de classe Nino où la maman toute gentille lui prépare des lasagnes dans un calme reposant.

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Il y a un malentendu qui perdure dans la famille Dayan : le père, Yves est au chômage et il joue la comédie pour donner le change face à ses enfants. Louis Garrel excelle dans ce rôle de papa paumé par la montée massive du chômage. Le running gag de sa place de parking perdue symbolise la perte de son standing social qu’il essaye de faire perdurer coûte que coûte face au gardien de la résidence : Berger, le talentueux Pierre Lottin.

Cette comédie prend une tournure romanesque quand Simon décide de séduire sa camarade de classe Anne-Karine. J’ai retrouvé les mêmes émotions que les deux films de La Boum : c’est attendrissant et les deux jeunes acteurs Simon Boublil et Jeanne Lamartine sont radieux.

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Le grand frère de Simon, Arnaud qui ne lui faisait pas de cadeau au début du film va lui être d’une précieuse aide pour le sortir de sa mélancolie amoureuse. La scène qui évoque le grand concert de 1985 au profit de l’association SOS racisme avec le logo bien connu Touche pas à mon pote est la plus belle du film.

Compte Instagram de Gaumont

Juste une illusion est sans doute la comédie française la plus attendue de l’année, il y a des tonnes de journalistes cinéma et musique qui feront des analyses au cordeau de ce film autobiographique teinté des meilleurs tubes de l’époque : Just an illusion, I’m so excited, Supreme…

Moi, ce que j’ai le plus aimé c’est la référence à la doudoune Chevignon avec le canard dans le dos qui est encore une valeur sûre des ados quarante ans plus tard. Ou encore le gag hilarant avec la VHS du vidéo-club qui joue sur le jeu de mots entre La ruée vers l’or de Charlie Chaplin et La ruée vers Laure, un film beaucoup plus confidentiel et largement oubliable…

Les références au film de Claude Lelouch, Un homme et une femme sont savoureuses : sa musique iconique Chabadabada va bien aider Simon dans sa quête de séduction de sa camarade de classe.

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Pourquoi le cinéma de Nakache et Toledano est si populaire en France ?

Eric Toledano et Olivier Nakache sont amis depuis leurs seize ans, ils ont réalisé ensemble neuf films qui ont réunis plus de 30 millions de spectateurs dans les salles obscures.

J’aime autant Nos jours heureux que Tellement proches, Intouchables ou Le sens de la fête. Même Une année difficile qui a été boudé par les spectateurs est un film intéressant avec ses punchlines sur l’engagement politique.

On le sait moins mais le duo de réalisateurs est aussi à l’origine des Rencontres du papotin sur France 2, une rédaction de journalistes porteurs du spectre autistique qui posent des questions atypiques. Ils ont également réalisé un documentaire racontant l’aventure du Café Joyeux, ces cafés qui emploient des personnes trisomiques aidés par leurs encadrants. Il est grand temps que je voie leur film Hors-normes qui a ému de nombreux spectateurs.

Le duo Nakache/Toledano c’est un peu le même cas de figure qu’avec les films de Jeanne Hery (Pupille, Je verrai toujours vos visages). Ces films nous font du bien car ils sont fédérateurs dans une société française de plus en plus clivante. On attend avec impatience quel sera le sujet de leur prochain film car ça sera forcément bien.

Cinéma·Expos

Rétrospective Marilyn Monroe à la Cinémathèque, l’artiste derrière l’image

La Cinémathèque française organise une grande rétrospective dédiée à Marilyn Monroe pour fêter le centenaire de sa naissance le 1er juin 1926. On pourrait se dire, encore une exposition dédiée à Marilyn Monroe comme c’est original ?.

Et bien oui ! cette exposition orchestrée par Florence Tissot, commissaire d’exposition de la Cinémathèque s’applique courageusement à dénoncer l’instrumentalisation du glamour par les studios de Hollywood. Dominé par des hommes au regard souvent libidineux, cette industrie du cinéma considérait les actrices comme des produits de consommation : les pin-up et non des personnes à considérer. Marilyn Monroe en est l’exemple le plus frappant.

Célébrer la star, exposer l’actrice

L’exposition s’ouvre sur ses photos de jeunesse avec son petit visage juvénile. Norma Jean Baker est née en Californie la même année que la reine Elisabeth en juin 1926. De père inconnu avec une maman fragile mentalement, elle vit de foyers d’accueil en foyers d’accueil avec ce fameux trouble de l’ attachement qui la fera souffrir toute sa vie.

En 1945, elle divorce de son premier mari qu’elle a épousé de manière très précoce et elle quitte sa condition d’ouvrière. En 1946, elle signe son premier contrat de mannequin avec la Fox qui en fera une petite starlette dont les hommes punaisent les posters comme Joan Harlow, Rita Hayworth avant elle : ce sont les fameuses pin-up.

Une beauté très normée par les hommes où l’on met en rivalité les actrices : la blonde, la rousse…

Sa transformation physique ne se fait pas sans douleur. Cette énorme machine à permanente exposée judicieusement pourrait s’apparenter à un outil de torture, on demandait aux jeunes femmes de se faire replanter la racine des cheveux ou on leur fracturait volontairement la mâchoire selon des critères de beauté très normés.

Ne manquez pas l’extrait vidéo où Jane Fonda et Kim Novak toutes jeunes à l’époque racontent comment on a instrumentalisé leur beauté naturelle pour en faire des poupées. S’en suit un extrait de la série Madmen, datée de 2006, totalement édifiant…

La série se déroule dans une agence publicitaire à New-York où les hommes classent le physique des femmes qui travaillent avec eux comme des Jackie ou bien des Marilyn. Ils aiment bien les seins en forme d’obus.

J’utilise volontairement cette métaphore à l’artillerie lourde car l’armée aura une grande incidence pour la notoriété à vitesse grand V de Marilyn. En 1954, en plein voyage de noces avec Joe di Maggio (il devait être content, le pauvre), elle se rend en Corée pour remonter le moral des troupes américaines en chantant ses meilleurs tubes devant des milliers de soldats dont Diamonds are a girl’s best friend.

C’est un standard de jazz américain issu du film musical Les hommes préfèrent les blondes dans lequel jouait Marilyn en 1953. L’Histoire retiendra sa célèbre robe rose avec des diamants Tiffany’s ou Harry Winston. Par la suite, elle sera reprise par Madonna avec son iconique clip Material girl en 1985 ou encore Nicole Kidman qui jouera la courtisane Satine dans le film Moulin rouge en 2001.

Une amitié avec Ella Fitzgerald fondée sur la solidarité féminine.

Marilyn a tous les talents car elle est aussi chanteuse. Elle deviendra l’amie d‘Ella Fitzgerald, une légende de la musique jazz noire-américaine dont ma grand-mère Annette m’a rabattu les oreilles pendant des années tellement elle la trouvait talentueuse. Malheureusement, la voix d’Ella n’est pas reconnue à sa juste valeur, elle souffre du racisme et de la misogynie des directeurs de cabarets. Ils la boycottent à cause de son poids et de sa couleur de peau.

Marilyn Monroe qui était tout sauf une blonde idiote prit son téléphone pour leur proposer un arrangement avantageux : elle leur offre sa notoriété en assistant aux concerts au premier rang. Cette belle anecdote de solidarité féminine est décrite dans le beau roman que je suis en train de lire Marilyn et Ella,éditions Harper collins.

Pourquoi j’ai de l’affection pour Marilyn Monroe

Mon premier souvenir de Marilyn Monroe remonte à mes dix ans, en cours de gravure à l’école des Beaux-arts de Valence. J’ai découvert son visage lors d’une initiation au pop art d’Andy Warhol et à la technique de la sérigraphie. Puis dans mon adolescence, j’ai collectionné les produits dérivés de l’icône Marilyn, en particulier un sac à main avec une photographie en noir et blanc de l’actrice que j’avais acheté à Magic system, un magasin de vêtements à la mode à Valence.

Je connais un peu sa filmographie mais j’étais incollable sur ses photographies et ses robes, j’avais l’impression de retrouver de vieux souvenirs. La scénographie du lieu est très réussie : les rideaux rose poudré associés à la moquette dans certaines pièces pour créer une ambiance d’alcôve féminine avec ses photos et ses objets fétiches comme une bouteille de parfum Chanel n°5.

Je me suis attachée à elle car je la trouve marrante avec ses mimiques, c’est une bonne actrice de comédie.

Elle me touche beaucoup dans ses photographies où elle arbore un look sage de new-yorkaise branchée. On aurait tellement envie qu’elle s’en sorte.

Malheureusement, malgré la notoriété et l’argent qui coulait à flots, l’histoire de cette légende du cinéma va se finir tragiquement : un suicide sans doute lié à la pression de vilains bonhommes louches du clan Kennedy.

Oui les mêmes que ceux qui étaient encensés dans la biographie historique La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales. Comme quoi, on peut être adorable avec sa cuisinière française qui prépare des bons petits plats et les plus gros mufles du monde avec une maîtresse que l’on se partage.

La société américaine dans son ensemble était totalement schizophrénique dans les années 1950 : très puritaine mais totalement obsédée par la sexualité après la seconde guerre mondiale. C’est très bien expliqué dans le roman historique Donut girl de Lauriane Bordenave que je viens de lire, éditions Les escales.

Portrait de Marilyn Monroe par Richard Avedon,

Les actrices victimes du male gaze : le regard libidineux voire lubrique des hommes qui rapportent des sommes astronomiques aux médias et aux studios.

Cette exposition m’a fait longuement réfléchir au sujet des pièges de la beauté physique, de la starification des femmes sur leur apparence. Etre très belle ne suffit pas, c’est l’intelligence, la répartie et la confiance en soi qui permettent à une femme d’être prise au sérieux surtout dans la société patriarcale.

Dans l’Ancien testament, il est dit « Ton cœur s’est enorgueilli à cause de ta beauté. » (Ezékiel 28.17) : la beauté morale prime sur la beauté physique. Même quand ce sont de gentilles personnes avec les autres, on les cantonne à leur apparence.

J’ai beaucoup pensé à Loana Pétrucciani disparue fin mars ou encore à Brigitte Bardot ou Lady Diana qui ont de nombreux points communs avec Marilyn Monroe. Elles ont été harcelées car elles ont vécu une notoriété soudaine où l’on se permettait de faire des critiques sur leurs corps, leurs émotions. Quel lourd fardeau d’être star, il faut avoir un mental d’acier pour ne pas sombrer.

Expo Marilyn Monroe, Cinémathèque française jusqu’au 26 juillet 2026, rue de Bercy, fermeture les mardis et le 1er mai, 14 € plein tarif, 11€ tarif réduit, programmation spéciale pour la nuit des musées le 23 mai.

Cinéma·Sociologie

Je verrai toujours vos visages, retrouver foi en l’humanité

Mardi soir, j’ai assisté à un ciné-débat animé par Jean-Luc Gadreau, pasteur et animateur de l’émission Solae sur France Culture. Cela s’est déroulé au cinéma de L’épée de bois, rue Mouffetard.

Je ne connaissais rien à la justice restaurative et franchement les films qui se déroulent en prison… Mais j’avais vu le précédent film Pupille, un film à la fois fort et émouvant qui célèbre lui aussi le triomphe du collectif.

Jeanne Herry s’est inspirée d’un podcast et d’une histoire qu’elle a un peu connu enfant. Quand elle était à l’école, on lui a parlé d’une femme qui était devenue visiteuse de prison suite à l’assassinat de sa fille. J’avais peur de voir Je verrais toujours vos visages tant je suis horrifiée par tous ces faits-divers atroces qui s’enchainent ces derniers temps.

Je suis sortie de ce film apaisée et un peu plus optimiste envers la société en général. Alors oui il y aura des grincheux pour dire que la justice restaurative c’est bon pour les bisounours. Mais les faits sont là, ils aident à la réparation des victimes et des auteurs. Je l’ai constaté en regardant l’émission Ca commence aujourd’hui de Faustine Bollaert sur France 2.

C’est un processus encadré par la loi du 15 août 2014 et mise en place par Christine Taubira, garde des sceaux de l’époque. J’ai appris grâce aux intervenants présents après la rencontre, qu’ un suivi des détenus est obligatoire même s’ils refusent la justice restaurative ou de parler à un aumonier, un psychothérapeute. Même condamnés, personne n’est oublié de la société.

Sans vouloir donner de leçons, ce serait une bonne chose que les journalistes de faits divers plus ou moins sensationnalistes voient ce film pour informer l’opinion publique au lieu de jeter de l’huile sur le feu avec les multirécidivistes.

Ce film dure deux heures mais on ne s’ennuie pas un seul instant malgré que ça soit presque un huit clos. Jeanne Herry a structuré son scénario avec différents temps forts : la formation des animateurs, les entretiens avec les auteurs et les victimes et enfin l’aboutissement de la médiation ou du groupe de parole.

La médiation entre Chloé (Adèle Exarchopoulos ) et son frère qui l’a violé pendant dix ans est menée par Judith (Elodie Bouchez) : c’est un crescendo. La difficile reconstruction de cette jeune femme est filmée avec beaucoup de pudeur et de respect. Par exemple, Jeanne Herry la filme toute joyeuse de préparer une quiche pour une fête et elle se paralyse au téléphone quand quelqu’un lui apprend que son frère est revenu vivre dans la même ville…

Alors que le groupe de parole en prison est un climax. Il réunit trois victimes : Sabine (Miou-Miou), Nawelle (Leïla Bekti) et Grégoire (Gilles Lellouche) face à des auteurs de braquage : Nassim (Dali Benssalah), Issa (Birane Ba) et Thomas (Fred Testot). C’est fabuleux de voir comment se noue une véritable alliance thérapeutique faite de moments de vérité. On se demande jusqu’au bout si cela va échouer ou faire fleurir des renaissances…

Je suis allée voir le film avec mon amie Valérie. Voici son avis : « Au travers de la parole, les blocages des uns et des autres tombent. La première des réparations est celle de l’interaction avec autrui. Les échanges donnent la capacité à chacun d’entrer dans le vécu de l’autre. »

Après la projection du film de Jeanne Herry, Je verrai toujours vos visages, nous avons eu la chance de partager avec Diane Clémence-Barrero, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation, Lydwine Jaulin, animatrice de médiation restaurative et de Rencontre Détenus Victimes /Rencontre Condamnés Victimes et le Père Marc Génin, aumônier de prison orthodoxe.

Ce dernier a raconté qu’un prisonnier lui a confié que rencontrer une victime du type d’infraction qu’il avait commis l’avait totalement bouleversé alors qu’il était suivi de nombreux psychothérapeutes depuis des années. Cela ne veut pas dire que le travail de thérapie n’avait servi à rien, il a préparé le terrain. Une autre animatrice a raconté que lors d’un groupe de parole autour du viol (l’infraction la plus traumatisante selon elle), ses membres ont souhaité se revoir dans un an pour prendre des nouvelles des uns et des autres.

D’ailleurs, le titre du film est très efficace, c’est une des réplique prononcée par un des auteurs de braquage. Il sort de prison et se remémorer les visages du groupe de parole va l’aider à ne pas récidiver. Cette histoire de faire tomber la carapace grâce à la parole m’a bien travaillée. Cela fait écho à une question que j’avais posé sur le site 1001 questions.fr.

Les trois intervenants ont salué la justesse du propos de Jeanne Herry et surtout son travail très rigoureux. La réalisatrice est allée jusqu’à suivre les formations de justice restaurative comme ses personnages à l’écran.

Les questions aux professionnels de la justice restauratrice fusaient. Le public était aussi bien féminin que masculin, ils avaient entre 20 ans et 80 ans. Totale réussite pour mes collègues Ana et Laurène de l’Alliance biblique française.

Copyright Christophe Brachet – 2022 –

D’habitude, nous avons un peu de mal à mobiliser les jeunes générations pour nos soirées débat. C’était très encourageant de voir un public aussi diversifié. Cela s’explique parce que l’explosion de la violence dans la société concerne tout le monde et que cultiver notre empathie est notre meilleure force pour la contrer.

J’espère que cette année l’Académie des Césars récompensera ce film, ses acteurs et sa réalisatrice pour le service qu’il rend à la société civile : restaurer un lien social bien maltraité aujourd’hui.

Cinéma·Lifestyle

Retraitées à la plage : une vie de liberté au Bain des dames, une anse idyllique de la baie de Marseille

© Margaux Fournier / Caviar / Les Films de Nout

J’ai découvert ce court-métrage savoureux et déroutant : Au bain des dames lors de la cérémonie des César qui a récompensé sa cinéaste marseillaise Margaux Fournier. Le titre m’a tout de suite intéressée parce que c’est un court-métrage sociologique sur un des loisirs que j’affectionne le plus : la plage ! .

Au bain des dames montre qu’à Marseille, la plage c’est plus qu’un loisir, c’est un mode de vie pour certaines retraitées délurées.

Il se trouve que pendant les vacances de Noël, nous avions fait un superbe road-trip à Marseille en famille. Je t’invite à le lire ici si tu avais manqué ça !

J’avais fait une carte des anses de Marseille le long de la corniche Kennedy. Mais je découvre cette plage du Bain des dames qui se trouve après la Pointe rouge en direction des Goudes (une navette maritime nous y emmènera lors d’un prochain voyage à Marseille).

Le résumé :

Tous les jours, Joëlle rejoint ses amies retraitées sur la plage du Bain des Dames, à Marseille. Comme dans un théâtre à ciel ouvert, elles rient, parlent d’amour, de sexe, de corps qui changent, et refont le monde avec la liberté de celles qui n’ont plus rien à prouver.

Mon avis :

J’ai trouvé ce court-métrage sacrément déroutant. Ces septuagénaires ont une vie très différente d’autres retraités de France : ils profitent chaque minute de la mer et de la plage. Leurs corps sont sacrément bronzés: est-ce bien esthétique une exposition aussi extrême au soleil ?.

Sur une des affiches de film, Joëlle, une des retraitées du Bain des dames porte ces mini-lunettes anti-UV comme cette dame anglaise photographiée comme Martin Parr à l’honneur au musée du Jeu de Paume actuellement. Cet accessoire est vraiment représentatif d’un bronzage à un stade intensif.

« Internet, c’est pas pour les vieilles comme nous »

Le corps, la séduction à tout âge, sont au centre des discussions au Bain des dames. Les rires fusent dans le petit groupe d’amies, à un moment l’une d’elles emballe un homme de son âge sur l’une des terrasses qui surplombe la plage et elles rient comme des adolescentes. Puis l’instant se fait plus grave avec cette Joëlle si solaire qui raconte l’enfer que lui a fait vivre son mari cogneur et jaloux.

Ce film m’a permis de découvrir Margaux Fournier, une jeune cinéaste de 28 ans qui a puisé son inspiration dans sa ville natale : Marseille après une année sabbatique ponctuée de petits boulots éloignés du cinéma. J’ai bien aimé son discours aux César rappelant que le fameux sculpteur du Nouveau réalisme qui a réalisé ces prix compressés en or vient de Marseille.

Margaux Fournier a répondu à une interview de Vanity fair qui résume au mieux son court-métrage. Ce documentaire montre un autre visage de la vieillesse beaucoup plus déroutant de l’image d’Epinal de la Mamie gâteaux avec les bas de contention.

Ce sujet m’avait déjà inspiré un article dans le blog après avoir vu le documentaire : La révolte des vieux. Les réseaux sociaux ont bien des défauts mais ils ont eu le mérite de mettre en avant les seniors : Valérian et ses grands-parents Claude et Josette, Studio Danielle… quand le cinéma et la télévision ont tendance à les mettre au placard.

En toute franchise, j’ai eu du mal à m’attacher à ce groupe de copines très gouailleuses car je ne comprends pas cette obsession du regard des autres quand Joëlle et ses amies parlent de chirurgie esthétique pour un nez, des paupières… Mais quand Joëlle creuse un peu son histoire personnelle avec la réalisatrice, on comprend les ressorts psychologiques qui se cachent derrières les caricatures.

Dans cet article, je vais m’abstenir de qualifier Marseille, cette ville hybride aux 111 villages. Mais je trouve que la scène finale du documentaire est à son image. Joëlle alpague les jeunes qui fréquentent aussi la plage vers les cabanons. On se demande même si ce n’est pas eux qui ont taggué Soutif obligatoire les vieilles sur le mur.

© Margaux Fournier / Caviar / Les Films de Nout

Ils écoutent Jul et cela lui déplait : elle réclame L’envie de Johnny Hallyday sans ménagement. Ils vont se mettre à brailler tous ensemble. C’est un moment de communion intergénérationnelle assez cocasse qui pourtant démarrait mal…

Cette scène finale est un joli pied de nez à une proposition de campagne sidérante. Celle d’un candidat RN aux municipales à Marseille : restreindre l’accès à la plage des Catalans aux familles et aux seniors en privant l’accès aux jeunes sans enfants certaines heures de la journée.

Cinéma·Foi chrétienne

Le film d’animation David : la preuve adressée aux enfants qu’une foi indestructible en Dieu peut neutraliser tous les Goliath dans nos vies

Depuis quelques mois, je commence à vraiment apprécier les films d’animation qui m’ennuyaient jusqu’à présent.

J’ai passé un bon moment avec ma fille un samedi après midi pluvieux pour visionner Le secret des mésanges réalisé par le studio Folimage. Et puis il y a eu ce beau conte de Noël : Le loup mal-aimé. D’accord, c’est une publicité pour le supermarché Intermarché mais elle a été conçue par un studio d’animation français : Illogik. Elle apporte féérie dans une époque mouvementée, sans repères…

Et puis, j’ai vu David, ce film d’animation chrétien qui m’a donné une belle claque spirituelle pour les émotions de foi qu’il procure.

Bientôt trente ans après Le prince d’Egypte des studios Dreamworks, la Bible s’adapte à nouveau en dessin animé avec l’histoire du roi David, produit en France par Saje.

Le résumé :

David est un jeune berger drôle et pétillant, dont la voix envoutante émerveille sa famille et le roi Saül. Lorsque le géant Goliath vient terroriser son peuple, David, armé uniquement d’une fronde, de quelques pierres et d’une foi inébranlable, s’avance. S’ouvre alors le destin extraordinaire d’un simple berger devenu roi, qui par sa loyauté et son courage, sauva l’âme d’un Royaume.

Mon avis :

Dès les premières scènes du film, j’ai été captivée par cette histoire de la Bible qui est souvent citée en exemple dans les églises et les synagogues. David a aussi sa place dans le Coran : Daoud. La première scène du film montre le jeune David, berger qui surveille ses brebis et les protège des lions. Son histoire est racontée dans l’Ancien Testament dans le premier livre de Samuel.

La dextérité de David à neutraliser Goliath, la terreur de l’armée des Philistins ne vient pas de nulle part. Elle vient de ses longues heures d’ennui à défendre ses brebis contre des lions, il savait choisir les meilleures pierres les plus pointues pour sa fronde. Bref, il avait une solide expérience du combat malgré son jeune âge… et surtout une foi indestructible en Dieu.

Sa relation de proximité avec le roi Saül qui deviendra rapidement dingo et parano est très bien retracée pour les jeunes enfants à partir de 5 ans. On comprend vite que les sautes d’humeur du roi Saül vont vite monter au clash avec le jeune David.

Au début, David l’apaise avec ses chants mais rapidement l’aura du jeune garçon va lui faire de l’ombre et Saül va sortir de ses gonds. Il y a une scène où David doit fuir la mort certaine qui l’attend à cause de la jalousie de Saül qui me rappelle beaucoup Moïse dans le Prince d’Egypte, film d’animation que j’ai vu en 1998.

David est un film d’animation très réussi dans le souci du détail : le rendu des paysages d’Israël mais aussi le rendu des armures, les intérieurs de palais et surtout les barbes et les cheveux des hommes totalement époustouflantes. J’étais totalement scotchée à observer chaque personnage masculin.

J’ai été très émue par ce film d’animation qui m’a mis une vraie claque spirituelle : il m’a encouragé dans ma foi chrétienne. C’est touchant d’entendre les paroles des chansons du film, associées à ce que l’on connait de David dans la Bible. Il est un personnage majeur de l’Ancien testament avec Abraham, Moïse, Joseph…

Un personnage emblématique de l’Ancien testament qui a inspiré l’histoire de l’art.

Certes, David n’a pas été un enfant de coeur tout au long de sa vie, il a commis des erreurs catastrophiques avec des répercussions tragiques mais il a toujours été proche de Dieu et repentant.

Le roi David a inspiré l’art occidental notamment les statues réalisées à différents âges de sa vie : celle de Donatello, de Michel-Ange ou l’une de ses répliques sur le rond-point du Prado à Marseille. Il y a aussi ce tableau emblématique de Rembrandt : Bethsabée au bain….

David la convoite donc il envoie son mari au casse-pipe…

Une sortie en famille mémorable : l’expérience d’une avant-première en présence de l’équipe du film.

Nous avons eu la belle opportunité d’assister en famille à l’avant-première du film en présence de l’équipe de comédiens : Elie Semoun, Fabienne Carat, Timéo mais aussi Valentin de Carbonnières qui prête sa voix à Goliath. Georges Costa, le directeur de la musique de nombreux Disney a également supervisé la musique de ce film chrétien adapté en français et cela se ressent : « Il y a de l’émotion, du rythme « .

C’était une belle fête pour laquelle l’équipe de Saje production avait mis le paquet : des coloriages pour les enfants, un atelier maquillage, un magicien et un photo call avec toute l’équipe de film.

Nous allons rarement au cinéma tous les trois et cette sortie du dimanche était un très bon souvenir. Ma fille m’a bien fait rire quand elle a fait le rapprochement entre Elie Semoun et le film Ducobu que nous avions vu ensemble cet été sur Netflix.

L’affiche de l’évènement est très moche mais je vous recommande de profiter du Printemps du cinéma du 22 mars au 24 mars pour visionner ce beau film d’animation en famille.

David est un film d’animation très réussi dans le rendu des détails : il est d’une grande précision archéologique et c’est une merveilleuse occasion pour les enfants d’approfondir, grâce au dessin animé, les histoires bibliques qu’ils écoutent le soir avec leurs parents.

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