Cinéma·Du livre à l'écran

J’écris ton nom, la suite épique et héroïque de La bataille De Gaulle.

Deux semaines après avoir vu L’âge de fer, le premier volet de La bataille de Gaulle, je me suis empressée d’aller voir sa suite J’écris ton nom, en référence au poème clandestin de Paul Eluard. Bon nombre de mes collègues ont également vu le premier film et on a débriefé plusieurs déjeuners de suite nos impressions saupoudrées d’un patriotisme inattendu.

Le second volet est beaucoup plus intense et dramatique que le premier volet où la musique grandiloquente jouait déjà un rôle majeur.

Reprenons le fil de l’Histoire : l’amiral Darland meurt assassiné à Alger par un jeune résistant, Fernand. Les Américains sous la houlette de leur président Franklin Roosevelt, le remplacent par un général de la vieille école : Giraud, sorte de mentor de Leclerc mais il s’est entouré de hauts dignitaires peu recommandables.

Il y a une scène très choquante où les hommes de Giraud vont rafler une famille de militants gaullistes à Alger. Contrairement aux hommes de Leclerc dans le premier volet, ceux-là ne font pas de cas de tuer leurs compatriotes français.

J’ai particulièrement aimé les scènes qui se déroulent dans des hôtels Art déco de Casablanca et d’Alger pour leur intensité dramatique. De Gaulle se trouve tenu en joue par les hommes de main du président américain, son allié supposé.

Comme dans le premier volet, De Gaulle se livre à des retournements de situations totalement inespérés qui mettent en valeur ses talents de stratège, c’est bien un diplomate de haut rang malgré ses colères homériques.

L’adaptation d’une biographie de De Gaulle écrite par un historien anglais.

Plus on avance dans la chronologie de la guerre et donc l’avancée du film, plus j’aurai du mal à chroniquer ce diptyque historique tant j’ai été saisie d’émotions. Dans le second volet, le personnage de Leclerc est beaucoup plus développé.

Catholique pratiquant comme le général de Gaulle, le général Leclerc a livré à ses hommes un vibrant discours déterminant :

« Certes, nous n’avons pas de nouvelles, mais nous avons tous un frère, une sœur, un cousin appuyé dans un mur dans une cave, qui essaie de couper la tête au sommeil pour essayer d’envoyer un renseignement à Londres. On a tous un ami chargé d’une mission de sabotage… »

« Voilà la diva » dixit le général Giraud pour désigner son rival qu’il appelle Gaulle pour le ridiculiser. Antonin Baudry a eu cette bonne idée de confier le rôle de Giraud à Thierry Lhermitte, qui jouait un ministre des affaires étrangères très exalté dans sa mission.

Ce film Quai d’Orsay est l’adaptation d’une BD autobiographique dans laquelle Antonin Baudry raconte son expérience de diplomate aux Etats-Unis. Il a aussi réalisé un second film très réussi Le chant du loup qui se déroule dans l’univers des sous-marins.

Un diptyque qui rend hommage à tous les héros de la France libre, pas seulement De Gaulle.

Ce beau diptyque m’a donné envie de lire des biographies historiques : celle de Félix Eboué, le gouverneur du Tchad qui a rejoint le général de Gaulle en tout premier. Ou bien l’incontournable Jean Moulin alias Rex. Ce film apporte une bonne piqure de rappel : Jean Moulin a fait preuve d’un courage sans limites puisqu’il a été torturé avec barbarie mais qu’il n’a rien dit à ses tortionnaires nazis alors que l’un de ses compagnons l’a trahi dans la banlieue de Lyon.

Des alliés par si fraternels que ça…

J’ai beaucoup aimé ce film, très critique vis à vis du gouvernement de Roosevelt. Ce fin stratège est un allié redoutable qui voit en la France un territoire économique à conquérir plutôt qu’à libérer. Le général de Gaulle a su être intraitable sur la souveraineté de notre pays. Un engagement qui résonne fort actuellement avec les critiques à peine voilées de la présidence Trump/ Vance qui se conduit comme des cow-boys avec la diplomatie européenne.

La fin du film m’a un peu frustrée car on est vite embarqué dans l’Histoire. Antonin Baudry a été un peu avare en scènes de liesse populaire : on aperçoit rapidement le général de Gaulle au balcon de l’Hôtel de ville alors que j’aurai aimé voir la fameuse scène où les cloches de Notre Dame sonnent le Te Deum mais que cela continue de tirer à feux nourris autour du général de Gaulle.

Ces musées parisiens dédiés à la seconde guerre mondiale à découvrir dans le prolongement des films La bataille de Gaulle :

Mémorial de la Shoah,17, rue Geoffroy l’Asnier, Paris 4eme. Ouvert du dimanche au vendredi. Entrée gratuite.

Ce beau musée situé en plein coeur du Marais a été inauguré en 2005. Sa « décoration » nous percute dès l’entrée : le mur des noms taillé dans des pierres qui viennent de Jérusalem. Il sert à frapper les esprits et surtout à garder mémoire des 75568 Juifs français et étrangers dont 11400 enfants déportés de France. Les noms sont classés par ordre alphabétique et chronologique de 1942 à 1944. Le mémorial qui se déploie sur plusieurs sites : Clermont-Ferrand, Orléans, Drancy, Le Chambon sur Lignon, Pithiviers… organise des ateliers de médiation culturelle de qualité notamment pour les lycéens.

Musée de la libération de Paris, musée Jean Moulin, musée du général Leclerc, place Denfert Rochereau, Paris 14eme arrondissement. Collections permanentes gratuites. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18 heures.

Ce musée municipal a été inauguré en 2019 dans un quartier plus central que la gare Montparnasse où il été situé auparavant. Ce musée d’Histoire a l’avantage de se trouver tout près du poste de commandement du colonel Rol Tanguy. Il fut l’un des acteurs majeurs de l’insurrection de Paris. Ce haut fait historique est bien representé dans le film et j’ai bien envie d’en savoir plus en visitant ce musée. J’avais parcouru l’exposition Les Parisiens sous l’exode en 2020 qui m’avait beaucoup émue car la famille de ma grand-mère a fui le Pas de Calais en juin 1940.

Il y a une statue emblématique du général Leclerc, place de la porte d’Orléans où on le voit avec sa fameuse canne exposée au musée de la Libération.

Musée de l’armée et musée de l’ordre de la Libération, hôtel des Invalides, Paris 7eme arrondissement, ouvert tous les jours de 10 heures à 18 heures. Billet d’entrée pour six lieux d’expositions de l’hôtel des Invalides.

J’ai découvert le musée de l’armée en visitant l’exposition temporaire La haine des clans sur les guerres de religion du 16eme siècle. J’ai très envie de visiter les collections permanentes du musée. Il y a une robe exceptionnelle qui appartenait à la femme du général Dio avec des insignes de la France libre : des drapeaux français en veux-tu, en voila, une affiche A tous les français, signée par le général de Gaulle.

Cette robe très originale en soie s’est inspirée de la tradition des boubous africains où l’on porte des motifs identitaires pour faire passer un message politique. Cette robe est hautement symbolique : le général Louis Dio a succédé au général Leclerc en 1945 après l’avoir secondé dans toutes les batailles de la France libre en Afrique depuis juin 1940.

Et bien entendu un peu plus loin, la maison natale de Charles de Gaulle à Lille

Du livre à l'écran

De la ferme au plus grand cabaret du département : la belle revanche des Folies fermières.

Je dis merci à l’algorithme de Netflix. Il nous a proposé une charmante comédie française, Les folies fermières, adapté d’une histoire vraie dont j’avais vaguement ouï dire.

Le duo de comédie Alban Ivanov/ Sabrina Ouazani m’a convaincu et nous avons passé un bon moment divertissant. Compte tenu de la lourdeur de l’actualité, c’est appréciable.

Le résumé :

David, jeune paysan du Cantal, vient d’avoir une idée : pour sauver son exploitation de la faillite, il va monter un cabaret à la ferme. Le spectacle sera sur scène et dans l’assiette, avec les bons produits du coin. Il en est sûr, ça ne peut que marcher ! Ses proches, sa mère et surtout son grand-père, sont plus sceptiques.

Mon avis :

Une grande partie de la réussite de ce film repose sur les épaules d’Alban Ivanov. Il joue le rôle de David, un jeune agriculteur trentenaire du Cantal coincé entre son grand-père, fou à lier et sa mère qui est sacrément avare en encouragements. Pourtant porté par l’énergie du désespoir, il va se lancer dans un projet totalement fou : monter un cabaret au soin de sa ferme.

Il réussit à convaincre Bonnie, une danseuse de pole dance découragée par les mensonges de son ancien manager, de devenir la directrice artistique de son cabaret. Ce film est touchant car il montre une aventure humaine qui valorise le lien social et l’entraide,

Je ne connaissais pas du tout le potentiel dramatique d’Alban Ivanov et je dois avouer qu’il est vraiment authentique dans ce rôle d’agriculteur acculé face à ses difficultés. Il va même parvenir à reconquérir son ex avec ce projet fou de cabaret alors qu’elle le prenait pour un vrai toqué et n’hésitait pas à se moquer de lui avec la propre mère de David.

Cette jolie comédie s’appuie sur le fait qu’il s’agisse d’une histoire, une success-story dont on a bien besoin actuellement surtout dans les campagnes françaises. Cette réussite collective a été largement médiatisée au niveau national. David Caumette, l’agriculteur dont l’histoire a été portée à l’écran, a reçu plus de huit projets de films dont celui de Jean-Pierre Améris, entre autres réalisateur de la comédie Les émotifs anonymes.

Je n’ai absolument pas repéré ce film à sa sortie en salles en 2022 alors que le casting est quand même ambitieux avec des acteurs reconnus, Netflix m’a permis une séance de rattrapage bienvenue.

Cette semaine, c’est la fête du cinéma et je vous invite à découvrir de belles pépites comme La bataille de Gaulle par exemple. Les salles de cinéma ont pris une belle revanche sur les plateformes avec leurs salles climatisées et obscures prises d’assaut par ces temps caniculaires.

Cinéma·Du livre à l'écran·Ile de France et Paris

Ces films et séries que j’ai vu en 2025 : qui sera récompensé aux prochains Césars ?

Les nominations pour les prochains Césars viennent de tomber. La cérémonie de remise des prix aura lieu le jeudi 26 février à l’Olympia (un jeudi soir, quelle ineptie !) avec Benjamin Lavernhe en tant que maitre de cérémonie.

D’ailleurs, l’affiche de la cérémonie est une référence à la comédie Le sens de la fête de Nakache et Toledano dans lequel il jouait un marié particulièrement pénible en 2017.

Chaque année, j’écris un article pour débriefer la cérémonie : les robes, les discours des remettants, les sketchs plus ou moins drôles et inspirés, les moments d’émotion quand ça pleure, ça remercie…

Cette soirée de remise des prix, c’est ma tradition chaque année depuis que je suis au lycée. Alors si jamais quelqu’un veut m’y inviter une année, ce sera la consécration d’une vie..

Je trouve que cette année la sélection des nommés est particulièrement qualitative et je vais être sacrément tiraillée quand viendra le moment de récompenser la meilleure actrice.

J’ai énormément aimé deux films en 2025. Il s’agit de Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan ainsi que L’attachement. Ce sont deux adaptations de livres et traitent tout deux de l’amour maternel qu’il soit biologique ou non.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan écrit par Roland Perez, éditions Les escales en 2021

C’est l’histoire vraie d’une famille nombreuse juive originaire de Tunisie. Les parents ne roulent pas sur l’or et le petit-dernier des six enfants naît avec un pied-bot dans les années 1960.

Sa mère Esther, dotée d’une foi extraordinaire et d’un bagout incommensurable va remuer ciel et terre quitte à se mettre à dos les voisins du quartier, les assistances sociales et les enseignants pour faire en sorte que son fils marche un jour.

Et le miracle va avoir lieu grâce aux chansons d’une certaine chanteuse yéyé : Sylvie Vartan. Le petit Roland, totalement déscolarisé va être instruit par ses frères et sœurs avec ses chansons. Et un jour, il deviendra même son avocat.

Je vous recommande le livre et cette comédie familiale si vous avez le cafard. Le personnage haut en couleur et en repartie d’Esther m’ a fait rire aux éclats de nombreuses fois. Et son amour maternel inconditionnel m’a émue aux larmes…

Dans un autre registre, j’ai eu un vrai coup de cœur pour le film L’attachement alors que j’ai eu bien du mal à lire le roman éponyme d’ Alice Fernay.

Carine Tardieu, la réalisatrice a su mettre en avant les moments de vérité et d’émotion de cette histoire d’entraide si particulière. Cécile, la voisine de Sandra (Valéria Bruni Tesdeschi) part à la maternité accoucher avec son mari Alex joué par Pio Marmai.

Et donc elle lui confie quelques jours son fils Eliott alors que Sandra n’a pas particulièrement la fibre maternelle. Hélas, l’issue sera tragique pour cette famille car Alex revient de la maternité avec un bébé dans les bras mais veuf.

Ce livre m’a beaucoup émue car il parle de compassion, d’entraide face au deuil. Le petit garçon du film est animé d’un tel instinct de vie et d’amour qu’il porte tout le film et les personnages qu’il entoure : sa voisine auquel il s’attache viscéralement, son beau-père avec lequel il vit, son père qui s’efface progressivement.

Le titre du roman est parfait : il révèle une notion de psychologie essentielle. C’est assez nouveau qu’on souligne son importance dans les relations familiales. Pio Marmaï est nominé dans la catégorie Meilleur acteur et je pense que c’est son année cette fois-ci !

Je suis aussi sensible aux nominations dans la catégorie films d’animation car j’aime leur créativité visuelle qui me reconnecte avec mon enfance (voila c’est dit !)

La vie de château, mon enfance à Versailles de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi, adapté de la série de romans jeunesse publiée par l’Ecole des loisirs.

La vie de château est un très beau film d’animation signé Clémence Madeleine-Perdrillat, scénariste et Nathaniel H’Limi, dessinateur, tous deux amis. Ensuite, il a été adapté en roman illustré pour les enfants de 7 à 9 ans. C’est une série en six livres publiés par la collection Neuf de l’Ecole des loisirs.

Je suis bien trop vieille pour faire partie du public cible de ces petits livres et pourtant… Le quotidien de cette petite Violette, pupille de la Nation qui doit aller vivre chez son oncle Régis au décès de ses parents, victimes des attentats, m’a beaucoup touchée.

Le secret des mésanges, film d’animation du studio Folimage, sortie le 22 octobre

J’ai beaucoup aimé la variété et la complémentarité des personnages humains comme animaliers. Le chien Mandrin joue un rôle important dans le film car il protège toujours la petite fille intrépide.

Les deux enfants Lucie et Yann n’ont pas le même âge mais ils vont former une bonne équipe pour aider Lucie dans la quête de ses origines. Un secret de famille douloureux éloigne Lucie de sa maman. Mais les mésanges du château vont être d’une aide précieuse. J’ai beaucoup aimé la manière dont sont représentés Lucie et sa maman comme une femme et une petite fille actives et débrouillardes.

Je vous invite à lire ici mon article pour débriefer la cérémonie l’an dernier : j’ai le souvenir du magnifique discours de Karim Leklou sur le pouvoir des gentils et le sketch hilarant de Franck Dubosc avec son Césarillo. D’ailleurs, il est nommé cette année dans la catégorie Meilleur scénario pour Un ours dans le Jura, sa comédie glauque.

Césars 2025 : Une cérémonie sous le signe de l’authenticité et de la vulnérabilité.

Du livre à l'écran

Marcel et Monsieur Pagnol : un biopic animé éblouissant dédié à un formidable conteur

C’est l’ évènement culturel de cet automne : Marcel et Monsieur Pagnol, le film d’animation signé Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville et de L’illusionniste, nominé quatre fois aux Oscars.

Le résumé du film :

A l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours…

En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain. Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire.

Nous avons vu ce film d’animation en famille en avant-première au Grand Rex cet après-midi. Marcel Pagnol est un écrivain immensément populaire, ambassadeur de la francophonie dans les écoles du monde entier un peu comme Le petit prince de Saint -Exupéry.

J’ai lu La gloire de mon père et Le chateau de ma mère qui font partie de la trilogie Souvenirs d’enfance publiés en 1957. C’est Hélène Lazareff, la patronne du magazine Elle qui a commandé à Pagnol alors dans le creux de la vague, un feuilleton de Noël sur le thème de la famille. Ce sera un succès immédiat puisque 50 000 exemplaires de cette autobiographie provençale seront vendus le mois suivant sa parution.

Le roman Le chateau de ma mère est de loin mon favori car il raconte une ascension sociale contrariée par une entorse au règlement. Le chef de famille entraine les siens à traverser de riches propriétés pour leur économiser des kilomètres de marche jusqu’à leur résidence secondaire. Il est en tort mais ses bons sentiments lui rendront justice. Je rêve de visiter un jour La bastide neuve sur les hauteurs d’Allauch un jour.

Ma critique du film d’animation Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet

Il s’agit d’un biopic chronologique et biographique qui raconte l’enfance de Marcel Pagnol vers 1900 dans le Marseille de la Belle époque jusqu’en 1974 date de la mort de l’académicien à Paris. Ce biopic animé montre aussi les doutes du créateur génial : il est devenu romancier à 61 ans quand il doutait de sa créativité.

Comme Sylvain Chomet le remarque dans le dossier de presse de son film, Pagnol est souvent juste. Il sait faire vibrer la bonne corde. Il raconte des tragédies avec des familles qui s’affrontent, des situations dures comme des filles-mères rejetées par leur famille (La fille du puisatier, la trilogie Marius-César-Fanny) ou des rivalités de village qui mènent à la mort (Jean de Florette et Manon des sources) .

Pagnol, l’ambassadeur de Marseille et de la Provence dans le monde entier.

C’est Laurent Laffite, acteur parisien de la Comédie française qui prête sa voix à Marcel Pagnol. A la différence des précédents films de Sylvain Chomet, la voix humaine fait son grand retour car elle a une importance dans l’oeuvre de Pagnol.

L’accent chantant méridional des clients du bar de la Marine fait pleinement partie de la carte postale même caricaturale. Jules Raimu et Fernandel font partie des amis proche de Pagnol, ils viennent tous de la même région : Marseille et Toulon, tous trois ont triomphé à Paris.

Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban, couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune.

Incippit de La Gloire de Mon père, éditions Fortunio, 1957.

Je vous recommande de visiter le site officiel de Marcel Pagnol en attendant l’ouverture de son musée en 2026 dans une ancienne usine d’électricité à Allauch !

Le château de la Buzine, 56 Trav. de la Buzine, 13011 Marseille : le chateau de la mère de Pagnol près du canal de Marseille.

La bastide neuve : 115 Chem. des Bellons, 13190 Allauch

Retrouvez ici mes précédents articles consacrées aux adaptations littéraires : du livre à l’écran mais aussi un carnet de voyages urbain consacré à Marseille.

Cinéma·Du livre à l'écran

Toutes ces adaptations de romans au cinéma que j’ai aimé pour rendre hommage à Robert Redford

Robert Redford, acteur américain bien aimé de son public français, s’est éteint le 16 septembre 2025 à l’âge de 89 ans dans ses montagnes de l’Utah.

Je me souviens que ma grand-mère Annette avait mis une affiche de cinéma qui couvrait tout le mur dans son escalier : Out of Africa de Sydney Pollack (1985) avec Meryl Streep et Robert Redford. C’est l’adaptation ciné du roman mythique Une ferme africaine de Karen Blixen. Je sais que Robert Redford etait l’un de ses acteurs préférés.

Son mari (mon grand-père) aimait tout particulièrement Et au milieu coule une rivière avec Brad Pitt réalisé par Robert Redford en 1992. C’est également une adaptation d’un roman : deux frères du Montana qui ont une éducation très stricte au début du 20eme siècle et qui sont passionnés de chasse à la mouche. Comme Papy était un passionné de chasse à la mouche, ce film avait ses faveurs et la télévision française l’a rediffusé quelques fois.

John Kelly/Getty Images

J’ai listé trois films que j’ai particulièrement aimé pour rendre hommage à Robert Redford. Ce sont tous des adaptations de romans au cinéma : du livre à l’écran. Et ils ont été partagés en famille devant notre télévision. C’est assez rare de tels films aussi fédérateurs.

L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998) réalisé par Robert Redford à partir du roman éponyme de Nicholas Evans.

J’ai vu ce film au cinéma avec mes parents quand j’avais onze ans. Le début du film avec l’accident de la route, la mort de la meilleure amie, l’amputation de l’ado et le cheval qui devient fou, comme je suis émotive, cela m’avait quelque peu traumatisée. Mais c’est un film marquant avec un beau message.

Le combat de cette maman, bourgeoise new-yorkaise, qui fait des pieds et des mains pour redonner goût à la vie à sa fille et à son cheval m’a beaucoup plu. Il est indéniable que ce film m’a fait aimer le continent américain : il se déroule dans le Montana car il montre les contrastes géographiques et sociologiques entre les différents Etats. Robert Redford porte le film, il met en lumière le rôle des chuchoteurs qui conjuguent des compétences d’éthologie et d’équitation. Un beau film qui réconcilie l’Homme et l’animal.

Promenons-nous dans les bois adapté du récit autobiographique de Bill Bryson en 2015

C’est une comédie basée sur l’amitié entre deux retraités qui ont parcouru l’Europe ensemble dans leur jeunesse. Ils décident de se lancer dans une randonnée ardue de 3500 kms : le sentier des Appalaches qui relie la Géorgie au Maine. Leur condition physique n’est pas au top mais cette aventure rocambolesque va leur permettre de consolider leur amitié.

Ce film, c’est mon mari qui me l’a fait découvrir. Je l’ai regardé car il est assez fidèle à la personnalité de Robert Redford qui a été un militant écologiste mondialement connu pour son engagement également. J’ai un vrai problème avec la culture américaine très citadine et matérialiste qui montre son argent et démontre son statut social à travers le cinéma. Ainsi la personnalité de Robert Redford m’a bien plu car il était cohérent avec ses rôles : il a fondé un festival de cinéma indépendant à Sundance dans l’Utah et il était très critique face aux sirènes trompeuses d’Hollywood.

Et enfin, un de mes films favoris : Nos âmes la nuit avec Jane Fonda, adapté du roman de Kent Haruf sur Netflix en 2017.

Cette fois-ci, c’est moi qui ai fait découvrir un nouveau film avec Robert Redford à mes parents. C’est l’histoire de deux veufs qui décident de dormir ensemble la nuit pour rompre leur solitude dans une petite ville du Colorado. Cette intimité du lit sans pourtant passer à la casserole va faire sacrément jaser leur entourage.

Ce film m’a fait beaucoup réfléchir sur la manière dont la société française considérait les personnes âgées et j’en ai même profité pour écrire un article sur le jeunisme. Il s’appelle Bannir Ok boomer de notre vocabulaire. A Hollywood, des acteurs comme Robert Redford ou Jane Fonda ne sont pas mis au placard à cause de leur âge, on les valorise. Alors qu’en France, on aurait tendance à les stigmatiser, la sexualité du 3eme âge est taboue. On ressent une tendresse pour ce couple de cinéma car il se trouve qu’ils avaient déja joué un couple cinquante ans auparavant dans le film Pieds nus dans le parc en 1967.

Je vous invite à lire la nécrologie de Robert Redford dans le quotidien Le Monde, spécialiste du domaine. En 2019, il avait reçu un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Kad Merad, le maître de cérémonie avait fait une boutade comme quoi c’était la plus belle gueule du cinéma.

Cet acteur charismatique n’avait pas seulement un physique, il avait aussi un message qui a touché des générations d’amoureux du cinéma.

Retrouvez-ici les précédents hommages du blog aux acteurs de cinéma

-Hommage à Belmondo : La Bébel mania ou cette nostalgie de la France qui allait bien

-Quand je te reverrais- je acteur merveilleux : hommage à Michel Blanc

BD & romans graphiques·Du livre à l'écran

Pourquoi les Schtroumpfs plaisent à toutes les générations d’enfants dans le monde entier?

Cette semaine, j’ai emmené ma fille voir le dernier film d’animation Les schtroumpfs.

Ce n’était pas le meilleur dessin animé que j’ai vu mais c’était plaisant de passer un bon moment en musique dans le village des Schtroumpfs.

C’est Rihanna qui prête sa voix à la Schtroumpfette et cela apporte de la modernité à cette oeuvre de BD créée par Peyo en 1958.

Les bandes-annonces faisaient la promotion d’autres dessins animés plus récents et bien plus médiocres. Même si les Schtroumpfs ont été repris en 3D par un studio d’animation beaucoup plus moderne, les traits au crayon de BD ont été conservés.

Cela fonctionne avec les nouvelles générations car il s’agit d’une véritable oeuvre qui cartonne depuis bientôt soixante-dix ans. Comme dit l’adage, c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures…

Nostalgie et transmission, deux ingrédients majeurs du succès populaire des Schtroumpfs.

Au départ, les Schtroumpfs étaient des personnages secondaires des aventures de Johan et Pirlouit, dessinées par Peyo dans les années 1950. Ils sont devenus de plus en plus récurrents, quitte à conquérir le haut de l’affiche avec leurs propres albums et même leur journal.

Peyo a continué de les faire évoluer dans un Moyen-âge mythifié avec le sorcier Gargamel qui les terrorise avec son chat Azraël pour s’emparer de la pierre philosophale. Les Schtroumpfs sont un peuple imaginaire avec une langue spécifique (inventée lors d’un dîner avec Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe).

Ce qui me plait avec ces petits hommes bleus, c’est cette douce utopie avec ce village bucolique et ses maisons champignons. Ils mangent de la salsepareille et vivent en communion avec la nature. Diverses interprétations circulent pour situer géographiquement le village des Schtroumpfs : est-ce dans les Ardennes, le Luxembourg ou même Aubenas en Ardèche comme indiqué dans un des quarante-deux albums des Schtroumpfs.

Je me souviens d’une aire de jeux sur l’A6 à Jugy avec ses champignons géants où je rêvais d’aller jouer avec mon frère. Walibi a même crée un temps un parc à thèmes autour du monde merveilleux des Schtroumpfs.

Les Schtroumpfs portent des bonnets phrygiens blancs très reconnaissables, celui du grand Schtroumpf est rouge pour montrer son autorité. Chaque Schtroumpf se définit par un métier ou un trait de caractère. Ils fondent ensemble une société utopique où il fait bon vivre.

Les personnages nous sont familiers : une seule femme vit au village des Schtroumpfs : la Schtroumpfette, on s’attache même aux gros méchants : Azraël et Gargamel.

Malgré la mort de leur créateur en 1992, la série continue, reprise par les héritiers de Peyo. Les Schtroumpfs continuent de plaire aux parents car ces personnages véhiculent une certaine idée de la fraternité, ils sont sécurisants.

L’héritage culturel des Schtroumpfs : un business florissant.

Depuis 1958, plus de 42 albums BD des aventures des Schtroumpfs ont été publiés tout d’abord dans le journal Spirou, puis aux éditions Dupuis, ensuite en autoédition et désormais aux éditions Le Lombard.

Les Schtroumpfs se sont également invités au rayon biscuits et bonbons des supermarchés : depuis 1981, Haribo commercialise les Schtroumpfs en gélatine bleue , rouge et jaune. Delacre a aussi crée une gamme de biscuits à leur effigie.

Les Schtroumpfs sont un peu les ambassadeurs de la Belgique dans le monde entier comme Tintin : on décore un avion à leur image, une exposition BD à Bruxelles réunit 240 000 visiteurs. A titre personnel, j’aimais beaucoup lire les albums des Schtroumpfs quand j’étais enfant car j’aime énormément leur village si bucolique.

Il se trouve que pendant nos vacances en Bulgarie, nous avons visité un parc publique dédié aux architectures du Hobbit avec une mini-maison catapultée du village des Schtroumpfs. Il s’agit du Golden park de Lukovit.

Il faut dire que la BD belge des années 1950 est particulièrement créative dans le domaine de la jeunesse. Walthéry, le créateur de Natacha, hôtesse de l’air fut l’assistant de Peyo dès ses débuts. Peyo a également crée les séries Johan et Pirlouit mais aussi Benoit Brisefer.

Dans la série Icônes de l’enfance, je vous invite à découvrir mes billets de blog consacrés à Martine, Natacha, Le Petit Nicolas, Ana Ana, Tintin et Gaston Lagaffe. Le but de cette rubrique est de célébrer les plus beaux succès de la littérature et de la BD jeunesse.

Analyser pourquoi ils se transmettent de générations en générations, pourquoi étaient-ils innovants dans leur contexte de création. Je travaille depuis plus de quinze ans dans les métiers du livre et de la presse, quelle est la recette d’un best-seller est une question que me passionne ! .

Du livre à l'écran·Romans

Du livre à l’écran : mes derniers coups de coeur lecture !

Je suis un animal étrange qui regarde le film adapté du roman avant de lire le livre. Et je n’ai pas de problème à relire un roman deux ou trois fois si j’ai aimé passionnément l’histoire. 

Ça a été le cas dernièrement avec Brooklyn et Pour un garçon. Il faut dire que Nick Hornby est le scénariste du film Brooklyn. Pour un garçon est une comédie avec Toni Colette, Hugh Grant et Rachel Weisz qui date de 2001. Je pense avoir vu toutes les comédies romantiques anglaises avec Hugh Grant et Colin Firth des années 2000 : Love Actually, Le journal de Bridget Jones, Coup de foudre à Noting Hill…

A propos d’un gamin, Nick Hornby, éditions 10/18, 316 pages, 8.60€

Le résumé de l’éditeur :

Rentier oisif, célibataire fier de son immaturité et séducteur invétéré, Will a une nouvelle idée de génie pour draguer : assister à des réunions de parents célibataires. Mais la rencontre décisive à laquelle va le mener ce stratagème sera en fait celle d’un gamin de douze ans, Marcus, son opposé absolu sur l’échelle du cool. Quand Will se goinfre de modernité, Marcus écoute des disques de baba cool et porte des vestes en mouton.
L’un et l’autre ont pourtant un point commun qui va les rapprocher : leur solitude. Au travers des pérégrinations de cet improbable duo, Nick Hornby poursuit avec humour et sensibilité son exploration des ressorts de la masculinité.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman qui est beaucoup plus profond qu’une comédie romantique. Il raconte deux solitaires qui vont s’entraider : ils n’ont aucun lien de parenté et ne se seraient jamais rencontré sans cette idée farfelue de s’inventer un enfant pour draguer des mères célibataires.

Marcus a saisi la supercherie et va s’en saisir comme la chance de sa vie d’avoir un modèle d’adulte qui connait les chanteurs et les dernières baskets à la mode pour se faire accepter au collège. Sa mère est une hippie pas si pacifique que ça qui lui impose son mode de vie alors qu’un ado veut rentrer dans le moule à son âge.

Will, dragueur invétéré qui fuit le grand amour et l’engagement va se laisser convaincre par Marcus qu’être amoureux est beaucoup plus puissant que ce qu’il imaginait. C’est un superbe roman qui parle d’une entraide réciproque dans un société de plus en plus individualiste où la famille n’est plus une valeur refuge. Et pourtant on en a sacrément besoin au quotidien.

Dans un tout autre genre, j’ai lu cet été la suite de La liste de nos envies 2 de Grégoire Delacourt.

Le titre est peu original mais on s’était vite attaché à Jocelyne, cette mercière d’Arras au coeur d’or. Elle a gagné au Loto mais aussi les ennuis qui vont avec. Dans le premier roman, elle subit les errements de son Jocelyn de mari, qui est un affreux jojo, il faut bien le dire.

J’ai préféré la suite car Jocelyne intègre un groupe de parole des gagnants du Loto. Chacun des participants va apporter sa pierre à l’édifice pour vivre au mieux ce tsunami dans une vie. Ce n’est pas de la grande littérature selon moi mais c’est un roman agréable à lire qui nous questionne sur l’impact de l’argent dans nos relations familiales et amicales.

La liste de mes envies 2, Grégoire Delacourt, éditions Albin Michel, 256 pages, 19.90€

Retrouvez ici mes dernières chroniques romans publiées ici :

-A la table avec les Kennedy, Gallimard et Camus pour goûter la littérature de Valérie Paturaud : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

-Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe le temps d’un été, éditions Les escales.

Du livre à l'écran·Romans

De Brooklyn à Long Island, un océan romanesque va séparer Eilis de son mari

En 2016, j’étais exposante au festival du livre de Paris. Les trajets en métro pour aller travailler étaient interminables. Ma lecture du roman Brooklyn a été un vrai échappatoire bienvenu : une belle histoire d’amour qui m’a permis une évasion littéraire totale.

Il faut dire que cette histoire a été adaptée au cinéma par un scénariste de génie : Nick Hornby. Il a écrit Pour un garçon lui aussi adapté au cinéma.

L’affiche du film Brooklyn est iconique, elle symbolise tellement la manière dont on peut rêver de New York : un couple qui s’embrasse au pied du Brooklyn bridge.

Long island est la suite de Brooklyn. Il se déroule entre Long Island et l’Irlande dans les années 1970, vingt ans après qu’ Eilis Lacey ait émigré aux Etats-Unis car il n’y avait pas d’avenir pour elle au pays.

Long Island, Colm Toibin, 400 pages, éditions Grasset, 24€

Le résumé :

Tony et Eilis sont désormais mariés depuis vingt ans avec deux grands enfants en âge d’aller à l’université. Leur couple italiano irlandais vit dans un village de Long Island avec comme voisins les parents de Tony, ses frères et leurs femmes. Tous sont italiens et leurs choix de vie sont vite commentés lors des réunions familiales.

Ils justifient les erreurs des membres de la famille par une solidarité sans failles quoi qu’il en coûte. Il se trouve que Tony a planté un sérieux coup de canif dans leur contrat conjugal.

Un jour sans crier gare, un homme irlandais assez intimidant vient lâcher une bombe dans le quotidien d’Eilis . Il lui apprend que son mari plombier a séduit sa propre femme. Elle est enceinte et le mari fou furieux déposera l’enfant sur le pas de la porte d’un Tony adultérin à sa naissance… Quelle décision radicale va prendre Eilis ?

Mon avis :

Long Island est un roman de grande littérature. L’auteur est réputé comme un maître de l’ellipse et des non dits. Ce roman démarre sur des chapeaux de roue en choquant ses lecteurs.

J’ai été happée dès les premiers chapitres par le rythme très soutenu avec des situations où les sentiments les plus violents s’entrechoquent : jusqu’ au point de rupture. J’ai abandonné ma lecture car l’attitude de deux personnages principaux m’a profondément heurté. Ce roman raconte avec brio un triangle amoureux et je déteste les histoires de triangle amoureux car il y a toujours une trahison à la clé.

Feuilletez ici un extrait du roman

Long Island est un excellent roman très bien écrit mais il m’a vraiment dérangée dans ma conception du romantisme et de la loyauté dans un couple. Autant les personnages de Brooklyn étaient chaleureux et attachants : le prêtre, Rose, la sœur dévouée, Tony…, autant les personnages de Long Island sont froids et sans aucune empathie les uns avec les autres.

Le seul personnage de Long Island qui m’a intéressée est Nancy Sheridan, l’amie d’enfance d’Eilis. Vingt ans plus tard, elle se retrouve veuve à tenir un débit de friture avec son fils, jeune adulte sur lequel elle ne peut pas vraiment compter. En raison de son commerce, elle peut être confrontée à la violence, l’insécurité à cause de l’alcool quand un samedi soir trop arrosé peut dégénérer.

Enfin, la couverture du livre est superbe. On dirait un tableau d’Hopper ou de Dali peignant sa muse Gala. Elle annonce un portrait de femme d’une grande froideur.

La note du bal littéraire des sardines : 4/5 sardines

J’aurai adoré mettre cinq sardines à ce roman tant j’aimé Brooklyn, l’un de mes cinq romans préférés. Mais l’ambiance polaire entre les personnages m’a sacrément refroidie.

J’ai une théorie bien établie comme quoi un roman c’est comme un travail thérapeutique avec un psy : il faut qu’une alliance thérapeutique se noue dans la situation initiale. Et cela n’a pas du tout été le cas dans ce roman. J’ai été plus choquée que séduite par cette histoire, qui est malgré tout, un roman de grande littérature.

Retrouvez ici mes précédentes chroniques de romans ici :

A table avec les Kennedy, Albert Camus et Gallimard : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

Les magnolias de Myrtle Lane : un roman réaliste et attachant

-Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe…

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Emballée par la couv’ : l’édition bulgare du Journal de Bridget Jones.

Depuis cet été, j’ai voulu développer une rubrique Emballée par la couv’ dans mon blog. J’explique en quoi certaines couvertures de livres attirent mon œil sur les tables de librairies ou les réseaux sociaux et pourquoi.

J’ai trouvé le cas d’école dans le domaine de l’édition : Le journal de Bridget Jones, écrit par Helen Fielding, publié en 1996 et traduit en France en 1998 par Albin Michel.

J’ai pris en photo l’édition bulgare encore publiée trente ans plus tard à la librairie Helikon de Bourgas, Bulgarie. C’est écrit en alphabet cyrillique et pourtant c’est facile de reconnaître cette couverture iconique, reprise pour la sortie du film en 2001.

C’est un succès international car il décrit le quotidien de la bonne copine, la trentaine bien tassée mais éternelle célibataire. Cette couverture représente bien la thématique du roman : une jeune femme un peu ahuri, plus tout à fait une petit fille mais pas encore une vraie adulte.

Bridget Jones : une icône de la comédie romantique
Droits réservés Universal France, 2001

Elle tient un journal intime où elle couche ses bonnes résolutions pour réussir sa vie sur tous les tableaux : son poids, son activité sexuelle, sa consommation de cigarettes à bannir… Dans les années 2000, les ouvrages de développement personnel étaient peu critiques face aux injonctions de la société.

Je peux regarder les deux films une bonne dizaine de fois sans me lasser. Je trouve que les Anglais sont vraiment les meilleurs dans le domaine de la comédie romantique : Coup de foudre à Nothing Hill, Love Actually, The holiday…

Le journal de Bridget Jones a cette particularité de transposer avec génie l’intrigue d’un roman incontournable de la littérature anglaise : Orgueil et préjugés de Jane Austen. La mère de Bridget Jones est aussi gênante voire pire que celle d’Elisabeth Bennett, Monsieur Darcy est intemporellement beau (peut être parce que le rôle colle à la peau de Colin Firth) et Hugh Grant joue à la perfection le connard de première.

Retrouvez ici mes précédents articles dédiés à la culture du Royaume-Uni :

-Pourquoi j’ai eu un coup de cœur pour l’autobiographie et la série Call the midwife

-Un roman aussi dépaysant qu’un voyage en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew

– La piscine de Rosemary, un roman qui rend hommage aux piscines londoniennes

-Au revoir Elisabeth II, ambassadrice dans le monde entier d’une culture british iconique !

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Assane Diop, Driss, Samba… toutes les facettes d’Omar Sy que l’on aime réunies dans la saison 3 de Lupin sur Netflix

Copyright Netflix

C’est le troisième article que je consacre à la série Lupin.

J’ai dévoré la troisième saison en quelques jours, fascinée par la qualité du scénario, les épisodes tous aussi intéressants les uns que les autres, le jeu des personnages qu’ils soient au premier rang ou des seconds rôles.

Dans le dernier épisode de la saison 2, Assane réussissait à faire coffrer Hubert Pellegrini à la fin d’une soirée grands donateurs au théâtre du Chatelet. La saison 3 est de toute beauté car Assane renoue avec sa mère Mariama trente ans plus tard.

J’ai énormément aimé cette saison car elle raconte la construction d’ Assane adolescent. A la mort de son père, il retourne chercher son courrier dans la tour HLM où il vivait à Montreuil. Il rencontre Bruno et sa sœur, deux orphelins de quinze ans, comme lui. Ils vont recréer ensemble une sorte de fratrie sous l’égide de Keller, l’entraineur de boxe de la salle du quartier. Mais est-ce que cet adulte sera si protecteur pour eux?

Le succès mondial de cette série s’explique par le fait qu’on n’imite pas Lupin en déguisant Omar comme lui. Assane est un personnage contemporain qui porte ses valeurs. Orphelin, il s’est construit une identité de gentlemen cambrioleur à travers ses romans.

Pour élaborer son personnage, les scénaristes se sont servis de la biographie personnelle de l’acteur français d’origine sénégalaise. Et ça fonctionne à fond ! J’ai eu l’impression de retrouver Doudou, Jean Bloguain le niais (SAV des émissions avec Fred Testot) ou encore le roublard Driss (Intouchables) qui taquine son complice flic Guedira.

Je me suis régalée quand Assane se déguise avec quantité de costumes et de perruques pas croyables pour brouiller les pistes…

Omar Sy est un immense acteur du cinéma français, récompensé par le César du meilleur acteur en 2012 pour son rôle d’aidant pas tout à fait conventionnel. Et je suis ravie que le monde entier découvre ainsi son talent, son rire et ses pas de danse tellement contagieux. Il nous donne du bonheur en cette actualité dramatique.

Enfin, cette série est la plus belle ambassadrice de la France dans le monde actuellement. Elle montre des plans aériens de la capitale de toute beauté mais aussi Etretat, Marseille (très furtivement dans la saison 3)et le Louvre évidemment !

Copyright Netflix

J’ai tellement aimé ces plans dans les bibliothèques du 5eme arrondissement ou à Saint-Etienne du Mont. C’est une très belle mise en abyme de ce qu’il se passe en librairies où les jeunes relisent les classiques de Maurice Leblanc grâce à la série ou font des escapes games autour de Lupin à l’Opéra Garnier.

Ca serait une bonne idée que les scénaristes de la série se chargent de la scénographie de la cérémonie des Jeux olympiques de Paris pour montrer la France de Lupin telle qu’elle est en 2024 : à la fois moderne et intemporelle !

Retrouvez mes précédents articles ici :

– Lupin, hommage à la beauté de Paris et au patrimoine littéraire français

Quand Lupin devient le nouveau blaze d’Omar Sy sur Netflix.

Hommage à Belmondo, La Bébel mania ou « la nostalgie de cette France qui allait bien ». « 

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