BD & romans graphiques

M’enfin ! Comment Dupuis a transformé un flemmard : Gaston Lagaffe en locomotive de l’édition.

Dans le train du retour de Trouville, Bd achetée à la librairie L’usage du papier, rue des bains à Trouville

20 ans après le décès de son créateur André Franquin, Gaston Lagaffe a fait un come back réussi en 2017 : Le retour de Lagaffe, éditions Dupuis (750 000 exemplaires vendus). Tiré à un million d’exemplaires, ce 23eme album : Des boum et des paf, installera t-il Gaston Lagaffe comme l’autre locomotive de la librairie en France en alternance avec Astérix ?.

Le résumé :

Gaston, c’est un des personnages les plus sympathiques de toute la bande dessinée franco-belge. Né il y a 69 ans sous le crayon d’André Franquin, Gaston est au début un antihéros paresseux qui très vite va devenir un personnage à l’imagination et à l’énergie débordantes (tant qu’il ne s’agit pas de travailler). La série comporte une galerie de personnages réjouissante : ‘Moiselle Jeanne, l’amoureuse transie de Gaston (qui ne capte aucun des signaux qu’elle envoie) ; M. De Mesmaeker, l’homme d’affaires irascible qui n’arrive jamais à signer des contrats ; Prunelle, le patron stressé de Gaston, victime favorite de ses inventions, etc. Gaston est sans conteste la série la plus drôle de l’histoire de la bande dessinée franco-belge, servie par un graphisme expressif et ultra dynamique.

Pour ce re-retour du plus célèbre gaffeur de la bande dessinée francophone, Delaf a fait appel à Lewis Trondheim pour le scénario. Le résultat est d’une totale fidélité au trait et à l’esprit de Franquin !.

Mon avis :

Pourquoi ce anti-héros flemmard a t’il autant de succès dans notre société qui prône la performance carriériste ?

Personnellement, j’aime beaucoup les BD de Gaston Lagaffe car j’ai consolidé mon apprentissage de la lecture avec ses gags alors que j’avais huit ou neuf ans. Comme lui, je m’occupe aussi du courrier des lecteurs d’une rédaction de presse mais je le fais beaucoup mieux que lui ! Je ne laisse pas les lettres s’entasser comme une cabane autour de moi.

Je continue à acheter ses albums maintenant que j’ai grandi pour transmettre cette œuvre BD à ma fille. Elle est assez sensible à ses facéties, elle aime beaucoup la mouette rieuse et sa vieille bagnole toute de guingois. Je trouve que lire Gaston Lagaffe, c’est une bonne manière d’appréhender le monde du travail et celui de l’entreprise en particulier.

Gaston Lagaffe m’a donné envie de travailler dans une rédaction : j’aime tous les seconds rôles de cette BD, Prunelle en tête. C’est un bureau joyeux avec ses dessinateurs, ses secrétaires, ses archivistes, Mademoiselle Jeanne, Monsieur de Mesmaeker qui revient toujours signer des contrats malgré les gaffes de Gaston…

Le retour de Lagaffe ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable comme je l’avais chroniqué ici. Mais j’ai bien aimé Des boum et des paf. Cette fois-ci, le dessinateur québécois Delaf s’est associé à Lewis Trondheim au scénario.

Les gags se déroulent sur une demie-page et j’ai bien aimé quelques running-gags attendrissants : quand Gaston demande à Prunelle d’aller le chercher au bord de la mer depuis Bruxelles.

Depuis 1957, Gaston Lagaffe garde le même uniforme : le col roulé vert, le jean et les espadrilles ou bien les baskets. Il ne portera jamais de costume cravate car c’est un beatnik pacifiste et cool.

Il est invirable car la rédaction ne lui a jamais fait signé de véritable contrat de travail, on ne sait pas vraiment quel est son rôle à part traiter le courrier des lecteurs. Il préfère consacrer son temps de travail à élaborer des inventions toutes aussi loufoques les unes que les autres et il est un génie dans ce domaine.

J’ai réalisé que j’aimais autant Gaston Lagaffe car il évolue dans un univers disparu : les années 1970 avec ses cabines téléphoniques, ses parcmètres et ce Bruxelles révolu dont on est forcément un peu nostalgique.

Mon plus beau souvenir de lecture c’est l’album où Gaston invente un instrument de musique très imposant : le gaffophone exposé au musée des beaux-arts de Charleroi.

J’espère qu’il y aura un jour l’ouverture d’un musée Franquin car je le considère comme un génie de la BD au même titre que Hergé et sa ligne claire. Franquin vient de l’école de Marcinelle : celle des gros nez et de la ligne sombre avec ses camarades Peyo, Uderzo, Walthéry mais aussi Roba.

Gaston Lagaffe : Des boum et des paf, 23eme album, dessiné par Delaf et scénarisé par Lewis Trondheim, 48 pages, éditions Dupuis, 12€95

Retrouvez ici d’autres héros de la BD franco-belge que j’affectionne dans cette série Icônes de l’enfance.

BD & romans graphiques

Blanche, une victorieuse : évangéliser le Paris de la Belle époque quand on vous prend pour une grenouille de bénitier.

J’aime passionnément les biopics et les romans graphiques de longue date. Comme plus de 500 000 lecteurs, j’avais apprécié le roman de Laetitia Colombani publié en 2019 par Grasset : Les victorieuses.

La valeur ajoutée de ce nouveau projet : un roman graphique Blanche, une victorieuse qui parait le 2 octobre aux éditions Biblio, c’est ce magnifique dossier iconographique qui retrace l’histoire de l’Armée du salut et du Palais de la femme qui fête son centenaire en 2026.

Le résumé :

À travers ce roman graphique de 125 planches, plongez au cœur du destin exceptionnel de Blanche Peyron, figure majeure de l’Armée du Salut et fondatrice du Palais de la Femme.

Dans le Paris de la Belle Époque, tandis que l’Europe célèbre le progrès, l’essor des sciences, des arts et de l’industrie, la pauvreté et les inégalités atteignent des sommets. Derrière les façades brillantes de la modernité, des milliers de femmes et d’enfants vivent dans une extrême précarité.

C’est dans ce contexte que naît la vocation de Blanche Peyron. Femme de conviction, portée par une foi profonde et une énergie hors du commun, elle choisit de consacrer sa vie aux plus vulnérables. Son engagement la conduit à rejoindre les pionniers de l’Armée du Salut et à participer à la création d’une œuvre sociale fondatrice : le Palais de la Femme, lieu d’accueil, de protection et de reconstruction pour les femmes en difficulté.

À la fois fresque historique, portrait de femme et récit d’engagement, cet ouvrage rend hommage à une personnalité visionnaire dont le combat résonne encore aujourd’hui. Il aborde avec force des thématiques profondément actuelles : égalité femmes-hommes, lutte contre la précarité, solidarité, accueil des femmes vulnérables et fraternité sociale.

Dans la lignée de l’émotion suscitée par Les Victorieuses de Laetitia Colombani, ce livre propose une immersion sensible dans une histoire vraie, inspirante et profondément humaine.

Un ouvrage qui éclaire le passé pour mieux interroger les combats du présent.

Mon avis :

Au fil des premières pages, je reconnais que j’ai eu du mal à m’attacher aux physionomies un peu sommaires des personnages en particulier, le visage de l’héroïne durant son enfance en Suisse. Mais cela s’est amélioré par la suite.

La référence à la Goulue, une danseuse de cabaret de Montmartre peinte par Toulouse Lautrec.

Le dessin est beaucoup plus précis pour illustrer l’architecture des immeubles haussmanniens de Paris et ses références artistiques du derniers tiers du 19eme siècle vers 1870. J’ai beaucoup aimé la manière dont des tableaux très connus de l’impressionisme, des pièces de monnaie ou alors des gravures sociétales s’intégraient si bien dans le scénario de ce roman graphique.

Je lis beaucoup de romans graphiques et je n’avais jamais vu une telle prouesse aussi originale. Les colonnes Morris, l’enseigne du chat noir exposée au musée Carnavalet, le cabaret de l’enfer photographié par Doisneau, on les connait tous. Mais c’est un vrai plaisir de les retrouver au fil de sa lecture.

Les uniformes des femmes soldats de l’armée du Salut sont bien réussies avec leurs chapeaux à rubans rouges. On les identifie bien parmi la faune de personnages hargneux, édentés, dont les visages déformés par la haine et l’anticléricalisme sont effrayants. La violence à laquelle ont été exposées Blanche Peyron et ses comparses est représentée de manière réaliste et authentique.

Ce que j’aime dans les romans graphiques, c’est spécifiquement le dossier iconographique qui approfondit le sujet avec des images d’archives, des cartes…Celui -ci est très documenté et prend appui sur les analyses d’historiens du protestantisme et de l’action sociale.

Nul besoin d’être familier du protestantisme pour être touché par l’action sociale de l’Armée du salut dans notre pays. Au moment de l’Avent 2025, j’ai été touchée par les témoignages de foi chrétienne des bénéficiaires de l’Armée du salut dans les premières pages du Nouvel Observateur.

Pour la petite histoire, j’ai été l’assistante commerciale et administrative des éditions Bibli’o pendant trois ans. On organisait tous les deux mois des séminaires des nouveautés à paraître en librairies religieuses et généralistes. C’est une émotion toute particulière de voir ce roman graphique publié après de nombreuses années de recherches éditoriales et iconographiques de la part de la scénariste Marie-Laure Marshall, du dessinateur Christophe Girard et de l’éditrice Coraline Fouquet.

Blanche, une victorieuse, écrit par Marie Laure Marshall, dessiné par Christophe Girard, Editions Biblio, 25€, 144 pages, parution le 2 octobre.

Retrouvez ici d’autres chroniques de livres publiés par les éditions Bibli’o :

– Deux pieds en Afrique, roman graphique de Manior

– Rendez-vous au puits

– Côte à côte, quand hommes et femmes cheminent ensemble

BD & romans graphiques·Expos·Ile de France et Paris

Expo Cling, la BD parle cash: huit archétypes de personnages de BD tous intéressés par l’argent à la Monnaie de Paris.

En mai dernier, j’ai visité avec ma fille l’exposition Flops au musée des arts et métiers. Gaston Lagaffe y était l’ambassadeur des inventions bidons voire dangereuses. À la Monnaie de Paris, Gaston est carrément affiché sur la façade de cette institution située quai de Conti dans le 6eme arrondissement.

L’exposition Cling, la BD parle cash regroupe plus de 200 œuvres : des planches originales, des couvertures d’albums, des œuvres patrimoniales… L’exposition met en lumière huit archétypes de personnages de BD, tous intéressés par l’argent à leur manière. Cette exposition destinée aux adultes et aux adolescents à partir de 14 ans, fermera ses portes le 6 septembre prochain.

La visite commence sous les lustres du salon d’honneur. La Monnaie de Paris a commandé à huit grands noms de la BD francophone de réaliser huit grands panneaux représentant ces fameux archétypes : les aventuriers et aventurières, les épargnants, les voleurs, les milliardaires (un Elon Musk zombie qui m’a bien fait flipper), les joueurs, les alchimistes, les faussaires, les marginaux…

Ici les BD sont en libre-accès pour les visiteurs, j’ai reconnu deux albums que je lisais enfant : Madame Adolphine de la série Benoit Brisefer et Spirou et Fantasio à New-York, éditions Dupuis. Je me suis surtout focalisée sur la BD jeunesse dans cette exposition. J’ai d’ailleurs crée une série Icônes d’enfance autour de la BD jeunesse belge et française.

Mon avis :

J’ai été bluffée par la qualité scientifique de cette exposition. Elle est le fruit de la collaboration entre un ancien commissaire priseur et un dessinateur de BD.

Même si ce n’est pas son but premier, j’ai trouvé qu’elle expliquait bien aux plus jeunes l’économie au quotidien, l’intérêt d’épargner avec ces fameuses tirelires- personnages de BD.

Il y a un autre musée récent : Citéco dans le 17eme arrondissement, le musée dédié à l’économie avec une exposition récente consacrée à Astérix et Obélix.

J’ai vraiment apprécié l’originalité de cette thématique si riche pour une exposition de société. Qu’importe le regard que l’on porte sur l’argent, que l’on soit cigale ou bien fourmi, capitaliste ou altermondialiste, le plus intéressant dans cette exposition, c’est le propos que transmet la Bd à travers des personnages très originaux. Que ce soit les Dalton qui braquent une banque ou Picsou qui saute dans sa piscine, les personnages de BD marquent l’imaginaire des enfants dans leur rapport à l’argent.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette exposition car elle a su susciter des souvenirs de lecture d’enfance pour moi. Et surtout les personnages de BD sont tellement inspirants pour parler d’argent, qu’ils soient pauvres ou riches. Par exemple, Les Rapetout ou Pat Hibulaire sont révélateurs dans la culture populaire d’affreux jojos avides d’argent.

Enfin, dans la rédaction où je travaille, je m’occupe du courrier des lecteurs. J’ai été très émue de lire que celui du journal de Spirou servait à cacher des messages codés de la Résistance en Belgique pendant la seconde guerre mondiale.

La Monnaie de Paris a organisé une belle programmation familiale autour de l’exposition avec un atelier de création de planche originale avec Macha, illustratrice de BD.

Mais aussi quatre projections de cinéma en plein air du 1er au 4 juillet : des films adaptés de bande dessinée tels que Persépolis, Astérix et Obélix : mission Cléopâtre, Le château ambulant ou encore OSS 117 : Le Caire, nid d’espions.

Cling ! L’expo BD parle cash, La Monnaie de Paris, quai de Conti, 75006, jusqu’au 6 septembre, gratuit pour les moins de 26 ans, tarif réduit : 10€ pour les porteurs du pass Navigo, du mardi au dimanche de 10h à 18 heures. Nocturne le mercredi soir jusqu’à 21 heures.

BD & romans graphiques·Cinéma

Pourquoi le Marsupilami captive autant les foules en 2026 à l’heure des comics Marvel…

Treize ans après Alain Chabat, Philippe Lacheau et sa bande partent en Palombie sur les traces du célèbre Marsupilami. En quoi ces nombreuses adaptations au cinéma et en dessins animés traduisent elles un besoin de tendresse, d’exotisme et de mignonnerie ?. Cet animal sauvage et imaginaire crée en 1952 par André Franquin. Il est, selon moi, le pape de la BD belge avec Hergé.

Au départ en 1952, le Marsupilami était un personnage secondaire des aventures de Spirou et Fantasio, scénarisées et dessinées par André Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe. A partir de 1987, Marsupilami devient un personnage principal avec sa propre série toujours en cours puisque 42 tomes de ses aventures continuent de divertir différentes générations de lecteurs.

Le marsupilami est la contraction des mots marsupial et ami. Mi-guépard, mi- singe, cet animal sauvage imaginaire doté d’une force surhumaine se sert de sa queue comme une longue liane pour venir en aide aux humains ou pour se sortir lui et sa famille des situations les plus catastrophiques dans sa Palombie natale.

Mon album favori, c’est Le nid du Marsupilami qui date de 1960 (cela ne nous rajeunit pas). Seccotine, la reporter intrépide mais aussi gaffeuse du journal Spirou, organise une conférence de presse pour y annoncer qu’elle a découvert une famille de marsupilamis dans la forêt palombienne. D’affreux jojos comme le chasseur Blackalive vont se lancer à leur poursuite pour leur belle fourrure tant recherchée.

J’aimais beaucoup regarder enfant les dessins animés du Marsupilami sur France 3 car c’était dynamique et joyeux, ses Houba houba avec Madame et les enfants qui le suivent partout. Le marsupilami est un père de famille comme les autres, ses bébés s’éloignent du nid pour faire des bêtises ou se mettre en danger, il les ramène manu militari au bercail..

Mais je trouve que les films d’animation d’ Alain Chabat : Sur la piste du Marsupilami (2012) et Marsupilami de Philippe Lacheau (2025) sont faits pour les adultes avec des blagues un peu olé olé peu compréhensives et osées pour les enfants.

Néanmoins, j’aime beaucoup le film d’Alain Chabat, on sent que c’est un passionné de BD qui a compris les univers créatifs de Franquin et du duo Goscinny/Uderzo quand il adapte leurs BD en films. Et puis Jamel Debbouze a cette âme d’enfant émerveillé devant le Marsupilami…

Franquin, élève de l’école de Marcinelle, celle des gros nez et de la ligne sombre.

André Franquin (1924-1997) est une référence de la bande dessinée belge au même titre que René Goscinny en France. Il fait partie de l’école de Marcinelle qui compte parmi elle Roba, le créateur de Boule et Bill mais aussi Morris, Peyo, Uderzo, Walthéry, le créateur de Natacha… Cette école se distingue de celle de Bruxelles et de la ligne claire menée par Hergé avec Tintin depuis 1929.

A quand une grande rétrospective Franquin dans un musée des Beaux-arts ? .

J’affectionne l’univers de Franquin pour la qualité de son humour, des références poétiques que l’on perçoit dans les albums de Gaston Lagaffe mais aussi le Marsupilami : la luxuriance de la jungle en Palombie par exemple. J’ai beaucoup aimé approfondir mon amour de la lecture avec ses albums entre 7 ans et 9 ans.

On reproche un peu à Franquin de représenter une Amérique du Sud d’opérette mais c’est aussi ça qui me plait !. C’est fantasque et exotique, on s’évade grâce à la BD. André Franquin a été fortement influencé par les dessins animés de Walt Disney mais aussi ceux de Tex Avery.

Je ne comprends pas pourquoi le Grand Palais qui a organisé une vaste rétrospective dédiée à Walt Disney en 2007 puis qui honora Hergé en 2017, ne célèbre pas bientôt l’art d’André Franquin.

La cité des sciences avait pourtant proposé une exposition Le monde de Franquin en 2005 mais elle est passée relativement inaperçue.

Trois albums représentatifs de la ligne sombre de l’école de Marcinelle.

BD & romans graphiques

La plus belle autobiographie que j’ai lu: Rendez-vous dans la forêt- Origine tome 2 d’Alain Auderset

Depuis 2013, j’ai un vrai coup de coeur pour les romans graphiques d’Alain Auderset : Rendez-vous dans la forêt. Il s’agit de recueils de ses plus belles lettres de nouvelles issues de son blog.

Elles sont mises en valeur par des photographies des environs de Saint-Imier, la superbe campagne dans laquelle vit Alain, sa famille et son atelier. Mais aussi de ses meilleurs dessins car Alain Auderset est un dessinateur de BD reconnu et primé par le festival de la BD chrétienne d’Angoulême.

Je dévore ce type d’ouvrages à mi chemin entre le carnet de voyages et l’autobiographie. En l’espace de treize années, Alain Auderset a publié six volumes de Rendez-vous dans la forêt dont deux volumes plus autobiographiques : Origine dont le second volet vient de paraître en décembre 2025.

Droits réservés Atelier Auderset

Le résumé :

Seul ? “En 15 ans d’existence, je n’ai croisé aucun ami de Jésus ! Suis-je donc le seul à avoir vécu une telle rencontre avec Dieu !?” finit par se demander Alain.

Seul et le coeur rempli d’amour pour les gens, ce jeune va s’efforcer de partager à tout le monde l’immense trésor qu’il a eu la chance de trouver dans une poubelle oubliée de son village. Il ne récolte alors qu’oppositions, moqueries, brisements et renoncements. Paradoxalement, cela ne fera qu’accroître son dévouement sans faille pour son Ami invisible.

En parallèle, il entame une enquête insolite et des plus cocasses pour retrouver ses frères dans la foi. Il les découvrira parfois endormis ou chelous, voire incohérents. La vision de cet ado, bien que très drôle, équivaut à une baffe, propre à nous remettre en question face à un monde en train de se perdre.
Beaucoup d’humour, de bêtises, de beauté, d’authenticité, d’amour et de larmes dans cette quête au cours de laquelle Alain apprendra à se réconcilier avec ses parents et à voir la main de Dieu agir de manière spectaculaire.

Rendez-vous dans la forêt – Origine 2, Alain Auderset, Atelier Auderset, 415 pages, 9782940487721, 25€

Droits réservés Ateliers Auderset

L’atelier Auderset n’est pas un simple studio de dessin, c’est un véritable champ de mission pour l’évangélisation du plus grand nombre à travers la bande dessinée. Alain Auderset vit dans une grande maison, une ancienne église rénovée. Il a une famille nombreuse avec sa femme Lilou et ses enfants travaillent avec lui dans son atelier ou dans son groupe de musique.

Un voyage graphique dans la foi

Il se met en scène dans des spectacles qui voyagent dans la francophonie. Et surtout il accueille des bénévoles pour un temps plus au moins long pour venir se former en bande dessinée ou pour donner un coup de main pour fermer des enveloppes, passer un coup de balai dans l’atelier ou tenir la comptabilité…

C’est une belle aventure humaine qui est racontée à travers ses différents recueils de Rendez-vous dans la forêt qui est intéressante à lire. C’est authentique, les expériences spirituelles avec le Seigneur se font dans le quotidien et révèlent l’extraordinaire bonté de Dieu aussi dans les petits riens.

J’aime ces livres car la Suisse est un pays qui me fascine pour sa beauté géographique et sa richesse culturelle. Je suis tellement peinée pour eux qui vivent un traumatisme national avec la tragédie de Crans-Montana. Je vais surveiller la prochaine newsletter de l’atelier Auderset à ce sujet.

Chaque année, j’achète pour ma maison ce superbe calendrier mensuel avec des illustrations tellement créatives et originales. J’aime énormément ce motif récurrent de maison arbre inspiré par l’illustratrice jeunesse anglaise Jill Barklem dans les années 1980.

En 2025, j’ai également commandé un cahier de coloriages à partir de ses dessins. Ce cahier est très bien fait car les motifs sont gros et c’est idéal à colorier. Les dessins ont tellement de sens que le coloriage est un vrai plaisir inspiré.

J’ai aussi découvert un livre jeunesse par un membre de l’atelier : Ric Rac Roc écrit par Carlo Vairet. C’est une histoire de pierres précieuses polies par le Créateur. Sans tomber dans le prosélytisme chrétien, c’est un livre bien écrit et intelligent pour montrer aux enfants leur valeur.

Enfin, j’achète les BD et les romans graphiques de cet atelier pour les soutenir financièrement car j’apprécie leur travail qui est celui d’un grand studio artistique avec beaucoup de talent. Alain Auderset aime faire le rigolo dans ses vidéos Youtube mais c’est un incroyable bosseur qui peaufine ses dessins pour faire mouche : percuter son lecteur grâce à la Parole de Dieu.

BD & romans graphiques

Icônes de l’enfance : Boule et Bill, fresque de l’harmonie familiale grâce à un facétieux cocker

Une fresque street- art du parcours BD : rue du Chevreuil à Bruxelles

A l’occasion de la parution d’un nouvel album de sketchs de Boule et Bill, je me suis replongée dans ma propre enfance.

Mes parents conservent précieusement dans leur garage quelques albums de Boule et Bill que nous lisions mon frère et moi. En grandissant, j’ai un peu renié Boule et Bill car je trouvais leur vie très classique voire un peu ennuyeuse, heureusement que leur chien Bill vient mettre un peu de pagaille dans cette maison très proprette.

Mais en devenant maman, je me suis rendue compte que j’étais assez attachée à cette BD et que j’avais envie de la transmettre à ma fille. Elle aime beaucoup la série Martine, un autre long seller du patrimoine de la littérature jeunesse belge.

« Boule & Bill, c’est comme un album de photos de famille : on n’y range que le bonheur » Roba

Une œuvre largement autobiographique : une famille classique qui parle au plus grand nombre

Boule et Bill est une série familiale et largement autobiographique créee par Jean Roba en 1959 (la même année qu’Astérix ). Boule est un petit garçon qui vit avec ses parents, son cocker et sa tortue de compagnie dans un pavillon de banlieue. Ses parents font partie de la classe moyenne qui est en train de s’enrichir pendant les Trente Glorieuses avec une maison individuelle, un chien de race et du temps pour les loisirs.

Le père (le double de papier de Roba) travaille dans une agence de publicité avec un patron Mr Coupon Dubois, pas bien commode qui ressemble un peu à Mr de Mesmaeker dans l’univers de Gaston Lagaffe. Mais heureusement, on ne parle pas beaucoup du travail du papa de Boule, la plupart des gags montrent Boule et Bill en train de jouer tous les deux ou avec leurs copains respectifs.

Roba, élève de Franquin va suivre une voie très personnelle au sein de l’école de Marcinelle

Jean Roba (1930-2006) est un ancien publicitaire qui rejoint un studio de dessinateurs de BD sous la houlette du célèbre André Franquin pour contribuer au fameux journal Spirou. Ils feront ainsi partie de l’école de Marcinelle qui pratique une ligne sombre à l’opposée de la ligne claire d’Hergé.

Cette ligne se caractérise par des dessins caricaturaux, un gros nez et des bulles de BD arrondies. C’est particulièrement remarquable dans le travail de Peyo , auteur des Schtroumpfs mais aussi de Johan et Pirlouit, Franquin créateur de Gaston Lagaffe, Roba, Albert Uderzo ou encore François Walthéry, assistant de Peyo et créateur de Natacha…

Je trouve que Roba a suivi une voie très personnelle en choisissant la veine autobiographique. Propriétaire de sept cockers roux, Roba a puisé dans sa propre histoire pour créer un personnage emblématique de la BD belge depuis bientôt 70 ans.

Bill, Gaston Lagaffe des anti-héros gaffeurs qui plaisent aux enfants

Je pense que c’est ce qui m’a attiré quand j’étais enfant : cet univers rassurant dans lequel ont vécu mes grands- parents. Je n’ai pas connu les années 1970 et cette époque l’intéressait. J’ai appris à lire avec Boule et Bill mais aussi Gaston Lagaffe qui proposaient des univers passionnants pour les enfants : un chien malin et facétieux qui révolutionne la vie d’une famille tranquille, une rédaction de presse où Gaston, l’employé le plus paresseux met sans dessus dessous une entreprise sérieuse…

A travers la quarantaine d’albums de Boule et Bill, on a appris à apprécier (ou non) leur entourage proche ou lointain : la voisine acariâtre et son chat Sénéchal, l’agent de police, le voleur, le facteur, Mr Coupon-Dubois, les copains de l’école de Boule dont Pouf, les copains chiens de Bill…

Moi j’aime beaucoup les mésanges bleues, véritables alliées de Bill et la tortue Caroline. Dans cette série BD très familiale, les animaux prennent leur revanche sur l’Homme.

Comment Bill, le cocker facétieux a séduit le 7eme art

Boule et Bill, c’est une série BD à succès : une quarantaine d’albums, 21 millions d’exemplaires vendus et traduits en une quinzaine de langues.

Boule et Bill ont été adaptés deux fois au cinéma en 2013 et 2017 avec des acteurs français : Franck Dubosc et Marina Foïs puis Mathilde Seigner pour jouer le rôle des parents de Boule.

Je trouve ça un peu dommage que ce ne soit pas des acteurs belges comme François Damiens, Benoit Poelvooerde, Marie Gillain ou Cécile de France pour interpréter ces parents.

Je note que dans l’adaptation ciné, la maman de Boule travaille car la répartition d’origine : le père de famille qui lit son journal pendant que maman est aux fourneaux dans la cuisine n’est plus possible au 21eme siècle.

Les parents de Boule, un couple très stéréotypé, tout sauf moderne

J’ai vu un sacré contraste entre les parents de Boule, assez conservateurs et le couple un peu hippie sur les bords de la BD Les beaux étés de Zidrou et Jordi Lefèvre. Tous belges mais des couples sacrément différents.

Il y a un album de Boule et Bill que j’ai particulièrement aimé car sa couverture est très réussie. Contrairement aux autres albums, Globe-trotters est une histoire complète et non une succession de gags.

Le résumé :

Boule et Bill ont remporté un voyage autour du monde. Ils embarquent avec Papa et Maman et un employé de la société ayant organisé le concours, John-Cadre d’Hinnamich, alias J.C. Mais le voyage ne se déroule pas comme prévu et après quelques escales, Boule, Bill et J.C. se retrouvent séparés des parents de Boule. L’employé va alors tout faire pour réunir la famille et terminer le voyage dans les temps.

Après plusieurs péripéties, Boule et Bill sont enfin réunis avec les parents, et J.C., sa mission accomplie, démissionne et se fait engager dans la légion étrangère. C’est mon album favori de Boule et Bill.

Le chien Bill, de loin mon personnage de BD favori.

Dès que je vois un cocker roux dans la rue, j’ai une tendresse particulière pour lui car il me fait penser à Bill. Une année, j’ai ramené à mon frère qui avait la vingtaine bien tassée, des goodies du festival du livre de Paris : des oreilles de cocker en tissu pour fêter les 60 ans de la BD. Il était fin heureux. Ce Bill est à la fois sacrément cabot et facétieux. Il a mauvais caractère et prend facilement la mouche mais il tombe aussi facilement amoureux. C’est de loin mon personnage de BD favori !

Le chercheur Nicolas Tellop explique que Jean Roba s’est inspiré du beagle américain Snoopy pour créer Bill, son personnage fétiche.

Autant je trouve le couple des parents de Boule très classique et peu intéressant, autant je trouve le héros Bill à la fois cabot, drôle et sacrément moderne !

BD & romans graphiques

Que vaut le dernier Astérix ? En Lusitanie, le coq gaulois rencontre l’emblème du Portugal

C’est l’évènement éditorial de l’année : depuis le 23 octobre, Astérix et Obélix sont de retour dans la totalité des librairies et des hypermarchés français.

Mieux, cette nouvelle aventure en BD a été imprimée en 5 millions d’exemplaires dans dix-neuf langues. Deux millions d’exemplaires pour le marché français et le reste pour le marché international.

C’est un record dans le domaine de l’édition BD. Astérix est une véritable locomotive pour l’édition et la librairie française.

C’est surtout l’ambassadeur de la culture française à l’étranger puisque Astérix est la BD la plus lue dans le monde, 400 millions d’exemplaires vendus depuis 1957 (loin devant Tintin ou les Schroumpfs). De quoi redonner de la vigueur à tous ceux qui désespèrent du rayonnement de la France depuis le vol des bijoux de la Couronne au musée du Louvre dimanche 19 octobre ! .

Cet excellent article du Téléphone sonne, l’émission de France Inter explique l’amour inconditionnel et intergénérationnel des Français envers Astérix, l’anti-héros.

Les ingrédients de la potion magique Astérix : nostalgie, autodérision et heureux anachronismes.

Fabrice Caro, le scénariste à la suite de René Goscinny explique que son tandem alterne les albums de village et les albums de voyage. Après l’Iris blanc où un pseudo gourou de développement personnel mettait un sacré bazar dans le village gaulois, on retrouve nos trois compères Astérix, Obélix et Idéfix appelés à l’aide en Lusitanie.

Cet album se moque gentiment de la mondialisation en abordant les échanges commerciaux en Méditerranée autour du garum (une sauce salée de poissons) aussi recherchée que le chocolat Dubaï aujourd’hui.

Le résumé :

Du bateau du Phénicien Epidemais, déjà croisé dans Astérix et Cléopâtre, débarque Boulquiès. Ce personnage d’origine portugaise vient demander l’aide d’Astérix et Obélix. Chez lui, un de ses amis producteurs de garum (une sauce salée de poissons) est accusé d’avoir voulu empoisonner César… Les célèbres Gaulois embarquent pour le Portugal afin de résoudre cette affaire.

« Les ennemis de nos ennemis sont nos amis« 

J’ai beaucoup aimé cet album Astérix en Lusitanie car il poursuit le message de ses fondateurs Goscinny et Uderzo. Le village des irréductibles gaulois n’est pas marxiste mais il est toujours d’accord pour jouer des coudes et castagner afin de venir en aide aux peuples persécutés par l’empire romain.

C’est toujours le foutoir monstre dans le village avec leur chef sur son bouclier qui a du mal à canaliser ses ouailles qui sont bagarreurs, envieux, de mauvaise foi les hommes comme les femmes et pourtant il y a une harmonie entre eux, ils sont solidaires et communient toujours avec un grand banquet composé de bonnes bières et de sangliers. Les banquets des Gaulois et de leurs alliés sont fédérateurs et bon enfant, ceux de la Rome antique sont individualistes et ostentatoires.

Droits réservés Editions Albert René
Un tandem qui n’a pas voulu jouer le jeu du body shaming
Droits réservés Editions Albert René

Le tandem Conrad/Fabcaro a mis un soin tout particulier à évacuer les clichés racistes en faisant évoluer en un clin d’œil le personnage de Baba, le pirate africain.

lls ont manié les stéréotypes sur le Portugais avec bienveillance en insistant sur le patrimoine portugais immatériel : le fado, la saudade cette douce nostalgie, les pasteis de nata, les azulejos… mais les clichés sur l’accent portugais ou la pilosité prononcée ont été heureusement abandonnés. Obélix est un peu lourd avec la morue mais il est pleinement dans son rôle.

J’ai beaucoup aimé le couple de Parisiens retraités au Portugal qui aident les deux héros en leur vantant les mérites de pasteis de nata qui seront employées de manière non conventionnelle pour semer les Romains. Ils vont aussi les aider à parcourir le pays de manière incognito, ce qui est une première dans la saga Astérix mais je ne vais rien vous divulgacher.

Astérix : une BD indémodable qui rassemble les générations

Au prochain printemps, j’ai bien envie d’aller visiter le parc Astérix en famille car je n’y suis encore jamais allée. Plus que pour les attractions, j’ai envie de voir comment l’oeuvre artistique de Goscinny et Uderzo a été adaptée en parc d’attractions. Je m’attends à une toute autre expérience que Disneyland Paris qui regroupe des dessins animés et des univers bien différents des uns des autres.

Les chiffres de ventes des nouveaux albums qui paraissent tous les ans et des autres titres du fonds sont tellement exceptionnels qu’il faudra veiller à ce qu’Astérix reste avant tout une oeuvre littéraire et non une marque, un produit marketing.

Astérix le gaulois a évidemment toute sa place dans la série Icônes de l’enfance de ce blog ! C’est une rubrique qui me tient à coeur dans ce blog. J’aime analyser les recettes de succès comme ces long sellers : Le Petit prince, Babar, Le petit Nicolas , Les Schroumpfs, Natacha, Martine qui se transmettent de générations en générations…

BD & romans graphiques

Le drame du cheveu qui frisotte : le roman graphique Racines, éditions Delcourt

Ce titre d’article peut paraître risible. Pourtant dans mon cas personnel, à l’approche de la quarantaine, le cheveu qui frisotte sur le haut de ma tête me sape le moral. J’avais entendu parler de cette BD grâce au compte Instagram de Mariel intitulé Le blog de Néroli.

Il est important de l’avoir en main cette BD car la fabrication granulée de la couverture qui reprend la texture d’une chevelure de femme est exceptionnelle.

Ceci n’est pas une autobiographie mais un vaste documentaire de 200 pages qui donne une voix à toutes les femmes qui ont des cheveux atypiques au vu de la norme occidentale qui glorifie le cheveu lisse et le brushing au cordeau.

Lou Lubie est réunionnaise. Elle vient de l’univers du jeu vidéo et elle a publié de nombreux livres et BD notamment  Et à la fin ils meurent (Delcourt), un ouvrage de vulgarisation très documenté au ton humoristique sur les contes de fées traditionnels en 2021.

Le résumé :

On n’est jamais content de ses cheveux : Rose, qui a les cheveux crépus, rêve de les avoir lisses. Pour se conformer aux normes sociales, elle sera prête à tout, quitte à gommer son identité métissée. Entre enquête de société et récit de vie, une BD riche et touchante qui parle de sexisme, de racisme, d’héritage et d’acceptation de soi.

Racines, roman graphique de Lou Lubie, 216 pages, éditions Delcourt, parue en mai 2024, 25.50€

Je vous recommande ce roman graphique qui a reçu le Prix France Info BD d’actualité et de reportage entre autres. Le sujet du cheveu est bien moins futile qu’il n’ y parait. Il révèle toute une perception de la féminité et de la masculinité dominée par le cheveu lisse occidental.

Grâce à ce roman graphique, j’ai vraiment pris conscience de l’étroitesse d’esprit que j’ai par rapport à ma propre coiffure. Je rêve d’avoir tous les jours les cheveux lisses et soyeux depuis que ma fantastique coiffeuse Claudia m’a expliqué sa technique du brushing. J’ai eu une claque en lisant les mauvaises expériences de lissage racontées par Lou Lubie avec des produits chimiques fort agressifs pour le cuir chevelu. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Ce roman graphique m’a fait tout de suite penser au succès fulgurant de Kelly Massol qui a fondé sa marque Les secrets de Lolly pour les cheveux texturés. Mais aussi à la série Netflix Self-made avec Octavia Spencer qui raconte l’histoire vraie d’une femme noire, Madame CJ Walker, qui a fondé sa marque de cosmétiques aux Etats-Unis vers 1900.


Cheveux crépus et normes sociales : analyse de Racines

 « Stress, complexes, dysmorphophobie, discriminations sociales et professionnelles, coût et risques sanitaires des produits utilisés pour se conformer à la dictature du cheveu lisse : le sujet de Racines n’a en dépit des apparences rien de léger et aborde nombre de thèmes (mode, normes, race, identité) au cœur des débats contemporains. Un écheveau dense et complexe que Lou Lubie a le talent de démêler, de rendre fluide, drôle et passionnant, même – et surtout – si l’on ne se sent pas a priori directement concerné ». Stéphane Jarno, Télérama

J’ai beaucoup aimé la polysémie du titre du livre Racines qui renvoie aussi à l’identité d’une personne, ses origines.

Ce roman graphique a aussi beaucoup renseigné mon ignorance sur les origines géographiques et les types de cheveux. Rose, le personnage de La Réunion a les cheveux bouclés et non crépus comme Axelle de Saint Cirel, la magnifique chanteuse lyrique des JO.

Ce printemps, une comédie marrante avec Kev Adams et Michael Youn est sortie sur les écrans : Certains l’aiment chauve. Ils ont fait sensation au dernier festival de Cannes en montant les marches de la Croisette en feignant la calvitie. C’était très bien joué étant donné le poids de l’apparence à cet évenement médiatique planétaire.

Compte tenu des drames que les réseaux sociaux suscitent : les greffes de barbes ou de cheveux que subissent les hommes chauves et qui tournent mal, un roman graphique consacré au cheveu masculin serait une idée en or !

Ce roman graphique confirme une certitude que je partageais ici dans un précédent article : les romans graphiques supplantent l’album de BD et l’essai de société. Il combine les deux genres avec beaucoup de réussite, avec une portée universelle !

BD & romans graphiques·Littérature jeunesse

Icônes de l’enfance, cette série d’articles qui célèbrent les trésors qui se transmettent de générations en générations…

Cette série Icônes de l’enfance me tenait beaucoup à coeur.

J’ai redécouvert des livres et albums jeunesse que j’aimais énormément quand j’étais enfant et que j’ai envie de transmettre à ma fille !

J’aime beaucoup Roule galette pour le rythme assez entrainant de cette ritournelle, la stylisation des dessins totalement intemporels, la mise en page en médaillons et l’usage des doubles pages qui sert à captiver les enfants et leurs parents. Comme le souligne les journalistes de France Inter, « la façon dont la narration de l’image est amenée renforce la portée émotionnelle du texte « .

Roule galette, le long seller des albums du Père Castor

Je vous invite à découvrir mes billets de blog consacrés à Martine, Natacha, Le Petit Nicolas, Ana Ana, Tintin et Gaston Lagaffe, Babar...Le but de cette rubrique est de célébrer les plus beaux succès de la littérature et de la BD jeunesse.

Analyser pourquoi ils se transmettent de générations en générations, pourquoi étaient-ils innovants dans leur contexte de création. Je travaille depuis plus de quinze ans dans les métiers du livre et de la presse, quelle est la recette d’un best-seller est une question que me passionne ! .

BD & romans graphiques·Du livre à l'écran

Pourquoi les Schtroumpfs plaisent à toutes les générations d’enfants dans le monde entier?

Cette semaine, j’ai emmené ma fille voir le dernier film d’animation Les schtroumpfs.

Ce n’était pas le meilleur dessin animé que j’ai vu mais c’était plaisant de passer un bon moment en musique dans le village des Schtroumpfs.

C’est Rihanna qui prête sa voix à la Schtroumpfette et cela apporte de la modernité à cette oeuvre de BD créée par Peyo en 1958.

Les bandes-annonces faisaient la promotion d’autres dessins animés plus récents et bien plus médiocres. Même si les Schtroumpfs ont été repris en 3D par un studio d’animation beaucoup plus moderne, les traits au crayon de BD ont été conservés.

Cela fonctionne avec les nouvelles générations car il s’agit d’une véritable oeuvre qui cartonne depuis bientôt soixante-dix ans. Comme dit l’adage, c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures…

Nostalgie et transmission, deux ingrédients majeurs du succès populaire des Schtroumpfs.

Au départ, les Schtroumpfs étaient des personnages secondaires des aventures de Johan et Pirlouit, dessinées par Peyo dans les années 1950. Ils sont devenus de plus en plus récurrents, quitte à conquérir le haut de l’affiche avec leurs propres albums et même leur journal.

Peyo a continué de les faire évoluer dans un Moyen-âge mythifié avec le sorcier Gargamel qui les terrorise avec son chat Azraël pour s’emparer de la pierre philosophale. Les Schtroumpfs sont un peuple imaginaire avec une langue spécifique (inventée lors d’un dîner avec Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe).

Ce qui me plait avec ces petits hommes bleus, c’est cette douce utopie avec ce village bucolique et ses maisons champignons. Ils mangent de la salsepareille et vivent en communion avec la nature. Diverses interprétations circulent pour situer géographiquement le village des Schtroumpfs : est-ce dans les Ardennes, le Luxembourg ou même Aubenas en Ardèche comme indiqué dans un des quarante-deux albums des Schtroumpfs.

Je me souviens d’une aire de jeux sur l’A6 à Jugy avec ses champignons géants où je rêvais d’aller jouer avec mon frère. Walibi a même crée un temps un parc à thèmes autour du monde merveilleux des Schtroumpfs.

Les Schtroumpfs portent des bonnets phrygiens blancs très reconnaissables, celui du grand Schtroumpf est rouge pour montrer son autorité. Chaque Schtroumpf se définit par un métier ou un trait de caractère. Ils fondent ensemble une société utopique où il fait bon vivre.

Les personnages nous sont familiers : une seule femme vit au village des Schtroumpfs : la Schtroumpfette, on s’attache même aux gros méchants : Azraël et Gargamel.

Malgré la mort de leur créateur en 1992, la série continue, reprise par les héritiers de Peyo. Les Schtroumpfs continuent de plaire aux parents car ces personnages véhiculent une certaine idée de la fraternité, ils sont sécurisants.

L’héritage culturel des Schtroumpfs : un business florissant.

Depuis 1958, plus de 42 albums BD des aventures des Schtroumpfs ont été publiés tout d’abord dans le journal Spirou, puis aux éditions Dupuis, ensuite en autoédition et désormais aux éditions Le Lombard.

Les Schtroumpfs se sont également invités au rayon biscuits et bonbons des supermarchés : depuis 1981, Haribo commercialise les Schtroumpfs en gélatine bleue , rouge et jaune. Delacre a aussi crée une gamme de biscuits à leur effigie.

Les Schtroumpfs sont un peu les ambassadeurs de la Belgique dans le monde entier comme Tintin : on décore un avion à leur image, une exposition BD à Bruxelles réunit 240 000 visiteurs. A titre personnel, j’aimais beaucoup lire les albums des Schtroumpfs quand j’étais enfant car j’aime énormément leur village si bucolique.

Il se trouve que pendant nos vacances en Bulgarie, nous avons visité un parc publique dédié aux architectures du Hobbit avec une mini-maison catapultée du village des Schtroumpfs. Il s’agit du Golden park de Lukovit.

Il faut dire que la BD belge des années 1950 est particulièrement créative dans le domaine de la jeunesse. Walthéry, le créateur de Natacha, hôtesse de l’air fut l’assistant de Peyo dès ses débuts. Peyo a également crée les séries Johan et Pirlouit mais aussi Benoit Brisefer.

Dans la série Icônes de l’enfance, je vous invite à découvrir mes billets de blog consacrés à Martine, Natacha, Le Petit Nicolas, Ana Ana, Tintin et Gaston Lagaffe. Le but de cette rubrique est de célébrer les plus beaux succès de la littérature et de la BD jeunesse.

Analyser pourquoi ils se transmettent de générations en générations, pourquoi étaient-ils innovants dans leur contexte de création. Je travaille depuis plus de quinze ans dans les métiers du livre et de la presse, quelle est la recette d’un best-seller est une question que me passionne ! .