Libraire et parisienne d'adoption depuis 2005. J'écris un blog culturel qui me ressemble pour transmettre ma passion pour les livres, Paris et ma foi en Jésus !
J’ai découvert les romans d’Elin Hilderbrand dans le magazine Elle en lisant Un été à Nantucket qui se déroule l’été 1969 sur une île aisée de la côte Est où se retrouve chaque été la bonne société américaine.
Puis, j’ai lu Un dernier été, un roman un peu original puisque l’héroïne de l’histoire meurt au début du roman et observe son entourage depuis le paradis avec une bonne fée qui l’accompagne.
Séduite par son écriture agréable et un peu mondaine ( je l’avoue), j’ai lu tous ses livres dans la foulée sauf Un couple parfait, adapté sur Netflix car la couverture glauque avec la mer couleur sang m’a rebutée.
J’ai aussi lu Eté après été paru en 2022 et Hôtel Nantucket l’an dernier que j’avais chroniqué ici.
Le 5 juin 2025, Elin Hilderbrand publie un nouveau roman qui, sans surprise, se déroule à Nantucket. Une adaptation en série est en cours de tournage avec Jennifer Garner dans le rôle principal.
Contrairement à la série Un couple parfait qui ne m’a pas convaincue, je pense que je serai au rendez- vous car l’intrigue d’Un week-end à Nantucket ressemble à celle d’un bon feel-good comme je les aime.
Un week-end à Nantucket, Elin Hilderbrand, traduit par Alice Delarbre, 448 pages, 23 €, parution le 5 juin 2025.
Le résumé :
Après une tragédie, la blogueuse culinaire Hollis Shaw décide de rassembler ses quatre meilleures amies pour passer un week-end inoubliable à Nantucket.
Créatrice d’ un blog culinaire à succès, Hollis est mariée à un séduisant chirurgien cardiaque. Mais après une violente dispute, son mari meurt dans un accident de voiture. Et, entre son mariage tendu et sa relation compliquée avec sa fille, la vie apparemment parfaite de Hollis révèle ses failles.
Hollis a besoin de retrouver le goût du bonheur. Elle réunit alors à Nantucket ses quatre plus proches amies, connues à des époques différentes de sa vie. Mais, surprise : Jack, son premier grand amour, est de la partie. Amitié et rivalité, amour et trahison, quête de soi et perte de repères : entre les secrets des unes et les problèmes des autres, le week-end qui promettait d`être idyllique est loin de se passer comme prévu.
Pourquoi un roman aussi mondain et frivole qu’ Un week-end à Nantucket m’a captivée durant tout un week-end ?
Parce qu’il est plus profond qu’il n’y parait…
J’ai beaucoup aimé les récits d’adolescence au lycée puis à l’université de l’héroïne, Hollis. Elle invite sa meilleure amie du lycée avec qui elle avait une relation très fusionnelle. Mais elle invite aussi, sa colocataire à l’université qui est devenue la marraine de sa fille.
Il y a de la rivalité entre ses deux amies car Hollis a voulu rompre avec sa condition sociale plus modeste en quittant Nantucket. Ce sont des évolutions personnelles que chacun connait dans son parcours même quand on n’a pas un tel niveau de vie à Nantucket.
A l’ombre des magnolias, une série Netflix un peu guimauve sur les amitiés féminines dans la société américaine
Car il montre une société américaine où il faut sans cesse rentrer dans le moule pour s’intégrer socialement.
Certaines pages sont assez futiles et ennuyeuses à force de décrire les plus belles plages, les petits amuse-bouches de homard et de pain portugais… Mais cela raconte aussi un certain art de vivre dicté par l’argent que l’on montre ostensiblement. Ce ne sont pas des vacances de continuer à maintenir son rang social tout l’été sur la plage.
Ces mondanités sont assez révélatrices de l’ère Trump en 2025 et même si c’est très superficiel, c’est assez jubilatoire à lire. Je me réjouis d’être française et que le choix de telle ou telle université ne détermine pas ma vie sur toute la ligne. Les passages où Hollis et une de ses amies de l’école fréquentent un certain cercle de femmes qui excluent de manière radicale et cruelle l’une d’elles m’a marquée.
Le seul reproche que je ferai à Elin Hilderbrand est son recours un peu répétitif aux mêmes arches narratives. Souvent, dans ses romans, le mari est volage et la mère de famille malheureuse. Mères et filles sont rivales et n’arrivent pas à se comprendre.
Les six femmes d’Un week-end à Nantucket ont des prénoms vraiment très originaux et un peu ridicules, les réseaux sociaux se mettent à déterminer leurs caractères et leurs personnalités… Par contre, j’ai beaucoup aimé la petite pique adressée à la cancel culture quand le personnage de Dru-Ann (Dru-Ann !) se révolte car une de ses protégées se sert de l’excuse de la santé mentale pour ne pas honorer ses obligations sportives.
Je me demande bien à quel moment ces mondanités à Nantucket vont me lasser car c’est quand même le quatrième roman que je lis avec de grandes similitudes narratives. Mais l’acuité d’Elin Hilderbrand à sonder la psychologie et les états d’âme de ses personnages, leurs aspirations les plus profondes, créent de belles lectures qui m’aident à m’évader et me divertir chaque été.
Je vous recommande également dans le même genre, les romans de J.C Sullivan : Maine, Les liens sacrés du mariage et Les anges et tous les saints, trois romans que j’ai beaucoup aimé. Ils parlent de cette société un peu huppée de Boston, d’origine irlandaise comme l’auteure.
Et vous, êtes-vous déjà allé à Nantucket ? Il est indéniable que cette région fait rêver les Français grâce aux pages people de Paris-Match. Cela a construit mon imaginaire…
Ces stations balnéaires : Nantucket, Martha’s vineyard, Cape Cod… sont réputées depuis les années 1960 car c’est le berceau historique de la famille Kennedy, la famille royale américaine. Je vous recommande la biographie très bien écrite par Valérie Paturaud :La cuisinière des Kennedy.
Elle raconte le destin extraordinaire d’une pupille de la Nation, petite cuisinière d’un bistrot dans la Drôme qui va partir à la conquête des bouchons lyonnais, puis des familles bourgeoises françaises avant d’être embauchés par Rose et Joe Kennedy, les illustres parents du président américain.
J’ai découvert dans le numéro de juin du Monde diplomatique un article passionnant consacré aux papiers décoratifs autour des agrumes : oranges, citrons… C’est d’ailleurs, l’objet d’une brillante exposition de société : Superbemarché qui se déroule au Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète du 11 avril 2025 au 8 mars 2026.
La force de cette exposition est de détailler tout le circuit économique du commerce mondialisé des agrumes : de l’agriculture, au transport et à la consommation.
Ce n’est pas un hasard que cette exposition qui parle d’import-export ait lieu à Sète, important port de commerce français. J’aime beaucoup les ports de marchandises : Marseille, Le Havre, j’ai travaillé dans ce domaine et je suis incollable sur les containers désormais. J’ai même lu une trilogie littéraire qui se déroule au port du Havre : Souviens toi Angie de Marie-Aude Murail.
Mais revenons à nos oranges et nos agrumes. Aujourd’hui, on consomme au quotidien des oranges en grande quantité. On peut trouver à chaque coin de rue une supérette qui propose de presser des oranges pour un bon shot de vitamines, comme la potion magique d’Astérix avant d’aller au bureau. Mais ce fruit n’a pas toujours été si accessible que ça.
L’orange, un produit luxueux et rare venu d’un pays lointain et exotique.
Certes, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on ne trouve plus d’oranges au pied du sapin pour les enfants. Mais très longtemps, ce fruit a été considéré comme luxueux et rare.
A la fin du 19eme siècle, l’industrialisation des agrumes s’est intensifiée. On a alors emballé les oranges principalement dans des papiers de soie que l’on froisse facilement. Ces motifs à dominante circulaire ont été illustrés par les exploitations d’agrumes pour détailler leur provenance géographique mais aussi créer leur image de marque.
Des emballages publicitaires comme des cartes postales ensoleillées.
Les papiers d’agrumes pourraient tout à fait rejoindre le catalogue de mythologies du philosophe et sémiologue Roland Barthes. Ce papier travaillé artistiquement (le contenant) illustre son contenu : l’orange et sa mythologie ensoleillée.
Personnellement, cela me fait rêver comme une carte postale et j’ai envie de les coller dans mes carnets personnels. A l’ère des réseaux sociaux, je pense qu’on a besoin de revenir à ces esthétiques plus anciennes. C’est une exposition totalement instagrammable.
Fonds du MIAM
Papiers d’agrumes est une exposition de société comme je les aime. Elle retrace l’imagerie populaire, la mythologie des agrumes car c’est un commerce mondialisé qui a de belles heures devant lui.
L’usage de camions frigorifiques remet en cause le recours aux papiers de soie pour emballer les agrumes. On leur reproche de polluer, de coûter cher et donc on a recours au vilain filet de fruits bien moche. Heureusement, on continue d’en trouver et de les collectionner.
Les papiers d’agrumes, du marché au musée.
Avide de trouver de beaux imprimés pour mes collages dans mon bullet journal, je suis le compte de la dessinatrice @Julie adore qui collecte les étiquettes sur les bananes, les clémentines.
C’est beau aussi mais cela n’a pas la même esthétique que les superbes papiers de soie. J’en trouve sur les mandarines Orri Soculente qui viennent d’Espagne au moment de Noël.
J’aime éperduement les packaging dessinés sur les Pannetone, les petits bonbons russes que je trouve dans un supermarché à Bourgas, Bulgarie avec des iconographies intemporelles.
Je choisis les mandarines avec le papier de soie même si elles sont plus chères car le packaging les rend plus attractives. A travers leur esthétique chatoyante, elles sont la vitrine d’une industrie agroalimentaire mondialisée qui a bien besoin de cette publicité séduisante. Le recours au papier de soie revêt une dimension érotique : il cache le fruit défendu.
Je vous recommande de découvrir les musées de société qui retracent notre quotidien, les emballages publicitaires d’agrumes sont une belle source iconographique, porteuses d’Histoire et de mythologies.
Musée International des Arts Modestes, 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny, 34200 Sète. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h00. 5,60 euros par adulte, enfants et étudiants : 2,60 euros.
Il faut dire que je profite des avis éclairés de Laurene, mon amie experte des spectacles drôles parisiens. Elle les découvre sur Instagram, on se partage les vidéos mais je ne franchis pas le pas d’aller les voir en spectacle.
Cependant, les petites vidéos humoristiques captées sur Instagram me divertissent bien quand vient le fameux tunnel des parents : le combo du soir : dîner, bain et histoire du soir.
C’est vraiment l’algorithme d’Instagram qui me fait découvrir ces humoristes. Au début, c’était beaucoup l’humour sur les mamans au bout du rouleau qui me divertissait : Philippine Delaire, Diane Segard, Mélanie Sitbon…
Cette seconde sélection comporte plus d’humoristes masculins avec des critiques marrantes de la société actuelle.
Se servir de l’humour pour tourner le racisme et les situations humiliantes en ridicule.
Rebeu de poche : Walid Jabbari
Je l’ai découvert à l’occasion des législatives quand l’humeur du pays baignait dans la déprime. J’ai beaucoup ri avec sa parodie. Hakuna Matata rimait avec Jordan Bardella. Il s’est encore illustré récemment avec une vidéo humoristique sur les frères musulmans. Je trouve ça efficace cette manière de tourner en ridicule les paroles racistes avec un grand sourire. Ses copains et lui sont même allés à Disneyland Paris dans le land d’Aladin pour tourner leurs vidéos.
Dans un registre plus sérieux, j’ai beaucoup aimé sa vidéo quand il est allé voir le film L’ amour c’est surcoté. Il questionne alors ses parents sur leur vision de l’amour.
Mr Brahms : @BrahmsComedy
J’aime bien son concept de drapeaux rouges quand une situation est malaisante et inacceptable aujourd’hui. C’est souvent un couple qui est mis en scène avec un homme ou une femme qui a une attitude toxique ou décevante, voire carrément raciste ou misogyne. La musique de générique de l’émission Zone interdite s’enclenche. Un grand échalas surgit de nulle part pour tirer la personne de ce mauvais pas. C’est court, bref mais efficace et souvent renforcé par le texte en description .
Affirmer son identité avec humour
Mélissa et Fred : Parents
J’aime beaucoup ce couple qui est dans l’auto-dérision la plus totale. J’aime particulièrement leurs sketchs avant/ après où ils confrontent la parentalité des années 1980 à celle des années 2025. Dernièrement, j’ai découvert la grand-mère libanaise de la famille, toute de léopard vêtue avec sa fille Mélissa. Ce sketch sur la transmission et le Liban est truculent.
Coco Makmak : @cocomakmak
J’aime beaucoup les vidéos de cette jeune femme qui imite sa mère, les hommes ou les femmes de la communauté libanaise à la perfection. Son compte Instagram est vraiment d’une grande recherche sociologique qui donne envie de mieux connaître cette culture.
Se moquer des élites qui dominent le jeu et qui ferment les portes aux autres
Les folles furieuses : @Lesfollesfurieuses75
Je regarde seulement les déboires de Marie-Philomène dont je scrute les nouvelles vidéos avec impatience. Tout est réussi : les problèmes de riches qui se transforment en situations cocasses, la patate chaude et le langage condescendant totalement assumé. Anaïs a une manière talentueuse de se moquer des ultra riches totalement déconnectés de la réalité. Marie-Philomène ne sort pas beaucoup du 16eme arrondissement ou alors elle le fait en hélicoptère ou sous bonne escorte.
Maxime Rocheman : @MaximeRocheman
Ce garçon qui sait jouer le benêt du village va vite vous paraître très sympathique. J’aime beaucoup quand il se moque des Parisiens à la campagne ou son fameux sketch de coach love (c’est ok). Ses sketchs sur l’application Strava sont également savoureux. Il sait étudier avec beaucoup de subtilité la société actuelle pour en tirer des caricatures à mourir de rire. C’est mon dernier coup de coeur humour.
J’ai hésité à citer également Guillaume Guisset qui écrit aussi des sketchs pointus de justesse sur la société actuelle. Mais son personnage trop sur de lui (c’est fait exprès et réussi) m’est totalement antipathique. Dans l’humour, on aime les bons cons mais pas les cons méchants.
Dans la même veine, j’ai découvert qu’un documentaire Vis comica se profile à l’horizon 2025. Dans un précédent article consacré aux Visiteurs ce film iconique, j’avais déja parlé de mon admiration sans bornes pour Christian Clavier.
Dans ce documentaire, il va se confier sur sa carrière prolifique en tant qu’acteur, scénariste et producteur, partageant son travail, son parcours, et ses réflexions sur l’art de la comédie. Pour la première fois, Christian Clavier se livre entièrement sur son métier de la comédie populaire dont il est l’un des plus grands ambassadeurs.
L’humour français compte de nombreuses générations avec les troupes du Splendid, puis les Nuls, la bande de Fifi que l’on découvre sur les scènes de stand-up et qui font la conquête du cinéma plus tard !
Comme 88% des Français, vous êtes restés sur votre faim en octobre 2024 à la fin de la saison 4 de HPI... La fine équipe du SRPJ de Lille revient pour une cinquième année, l’ultime saison.
Les efforts de Morgane pour obtenir un meilleur karma semblent enfin avoir payé : Karadec s’est avéré être le père de son bébé, comme elle l’espérait, et alors qu’elle a (encore) perdu sa maison, il a gracieusement accepté de l’héberger… Mais tenter une histoire d’amour quand on est déjà co-parents, collègues et colocs… est-ce une idée de génie ? Ou une excellente manière de tout foutre en l’air ?
Suite à la naissance de Léo, Morgane a emménagé avec ses quatre enfants chez Karadec avec qui elle est désormais coparent et colocataire, en plus d’être collègue ! Et après un congé parental à base de nuits blanches et de camping dans le salon, c’est le jour de la reprise pour nos deux héros. Mais, entre la fatigue, les éternels problèmes de garde et un crime mystérieux qui tourne vite à la crise de nerfs… Cette journée de 24 heures chrono pourrait bien être la plus longue de leur vie !
Je ne connais pas la série 24H chrono mais il faut bien dire que cette idée de structure narrative est sacrément efficace. Durant une journée infernale, on voit Morgane et Karadec devenus co-parents (mais ils se vouvoient toujours) complètement accablés de fatigue. On va assister tout au long de cette saison à une inversion des rôles puisque Karadec si carré dans ses enquêtes va complétement perdre pied en devenant papa.
NICOLAS ROUCOU / SEPTEMBRE PRO
Morgane va alors devenir le repère raisonnable de ce drôle de tandem : mais deviendront -ils un couple à la fin de la saison ? En tout cas, Morgane n’a rien perdu de sa superbe à l’image de ses tenues hautes en couleurs. Elle est capable de se montrer tour à tour pétocharde lors de la prise d’otages dans la superette mais aussi complètement inconsciente l’instant d’après. C’est là tout le génie de cette comédie policière difficile à quitter.
Les titres des épisodes d’HPI sont toujours en lien une enquête en cours mais ils sont énigmatiques. Du grave vers l’aigu se rapporte à une histoire d’accent selon les langues dans lesquelles pleurent les bébés. Cela vous en bouche un coin n’est-ce pas ? Morgane vous expliquera cela plus en détail dans une de ses énièmes démonstrations à rallonges dont elle use et abuse.
Décidément Morgane et Karadec ne font rien comme tout le monde. Ils sont coparents depuis quelques mois et on les voit enfin tomber amoureux sous les radars des trois enfants de Morgane. Ce second épisode est encore plus réussi que le précédent. Morgane raisonne Karadec qui a beaucoup de mal à confier Léo à la crèche. Ils se retrouvent à enquêter sur un accident de voiture qui est en réalité un meurtre déguisé. Comme toujours, l’intrigue est parfois tirée par les cheveux. Mais on se laisse convaincre par les déductions de Morgane qui vont faire mouche.
NICOLAS ROUCOU / ITINERAIRE PRODUCTIONS / SEPTEMBRE PRODUCTIONS / TF1
Les ressorts comiques sont de plus en plus efficaces, la scène où Morgane et Karadec se retrouvent coincés dans une cage dans un refuge pour chiens est hilarante. Cette fois-ci, le titre Galatée renvoie aux dieux et déesses de la mythologie grecque. Une des suspectes de l’affaire utilise ce pseudo mythologique pour faire du co-voiturage. C’est ainsi qu’elle va rencontrer son futur complice…
Episode 3 : L’ effet Barnum
Difficile pour moi de résumer cet épisode. J’ai coupé le son des scènes qui prenaient le chemin du spiritisme car je hais profondément l’ésotérisme et l’occultisme. La réalité du monde est suffisamment sombre comme cela, pas besoin d’aller chercher les ennuis en invoquant des esprits pas bien inspirés. Cependant, ce troisième épisode est tout de même sacrément réussi, je dirais même qu’il est militant.
Morgane et Karadec se rendent chez une jeune femme victime d’un viol et ils font preuve de beaucoup d’empathie et d’écoute pour recueillir son témoignage. Comme toujours, Karadec est classe sur toute la ligne. Le suspens reste entier si Morgane et lui vont se mettre bientôt en couple. Il semblerait que Karadec regrette un peu ses petites manies de vieux célibataire, ce qui va totalement décontenancer Morgane.
On ne sait pas si ces deux-là vont un jour former un couple. En tout cas, il est certain qu’ils vivent une belle amitié ponctuée de hauts et de bas.
Episode 4 : L’homme au soda à moitié plein
Tous mes amis scotchés à HPI étaient unanimes : pas de tout repos cet épisode qui se déroule dans un train ! Morgane vient de perdre son père Serge, qui lui a apporté son lot d’ennuis la saison précédente. Elle le tenait donc à distance quand il cherchait à la joindre et elle culpabilise beaucoup quand on lui annonce sa mort.
Dépassée par ses émotions, elle tient à distance Karadec. Morgane prend le train avec ses deux enfants les plus grand pour disperser les cendres de Serge à Boulogne sur mer. Dans ce train régional, elle comprend qu’un jeune homme vient d’être enlevé et mobilise tout le wagon dans son enquête mais en multipliant ses mauvaises manières habituelles. Morgane scandalise tout le monde, ses enfants, ses collègues au commissariat et même les téléspectateurs devant leur écran.
Mais elle résout l’enquête et sauve le jeune homme d’une mort certaine. Karadec la félicite chaleureusement au téléphone et commence à se faire à la vie de famille nombreuse. Jusqu’au moment où ….patatras Morgane a bien merdé en fuyant son domicile avec leur bébé sous le bras. Cet épisode m’a mise en colère car je suis une fan inconditionnelle de Karadec, il est bien plus charismatique que Pedro Pascal !
Dans toute l’équipe de policiers, Morgane est la seule mère de famille avec… la commissaire Hazan dont le fils va revenir à Lille lui causer quelques tracas dans quelques épisodes.
Episode 5 : Crack, Pschiiitt, Haaaaa ( de pire en pire leurs titres ! )
J’ai bien aimé l’intrigue de l’enquête policière. Elle dénonce un peu les folies de l’e-sport et comment des jeunes adultes coupent les ponts avec leur famille pour entrer dans une autre dimension loin de la réalité. Les jeunes gamers et leur manageuse Paola jouent vraiment bien leur rôle, on est happé par cette enquête. Mais sur le plan perso, tout part à vau l’eau dans la vie de Morgane.
Elle a embarqué ses quatre enfants dans un camping-car vétuste où sortent une multitude de fils électriques bien dangereux, un logement totalement inadapté pour élever des enfants. Il y a une scène cocasse où ses deux ex Karadec et Ludo se retrouvent pour récupérer leurs enfants respectifs. Mais aucun d’entre eux n’arrive à lui mettre des limites.
Le ressort comique choisi par les scénaristes était de garder continuellement Morgane dans un état de précarité de logement, de travail et dorénavant d’énergie mais là la coupe est pleine, cela devient pesant. Chaque spectateur aimerait bien qu’elle trouve stabilité et sérénité en s’appuyant sur Karadec qui n’attend que cela visiblement.
C’est la très bonne idée du week-end ! L’équipe du tournage d’HPI a décidé d’organiser un grand vide-grenier à l’occasion de la braderie de Lille. Pour 15 € environ, chacune peut repartir avec un look panthère ou aux couleurs criardes pour devenir une Morganette pour l’éternité.
Cette vente caritative et populaire lors de la braderie de Lille, la plus grande braderie d’Europe est au profit de la fondation des Femmes afin de lutter contre les violences conjugales et les discriminations.
Je m’attache de plus en plus au personnage de la commissaire Céline Hazan. Elle est marrante quand elle est en compétition avec Morgane et qu’elle se foire sur toute la ligne. Elle était déja très rigolote dans l’épisode Cheval de Troie.
Episode 6 : Tequila sunrise.
Les ennuis s’accumulent à la DIPJ de Lille : Morgane a complètement foiré son écrit au concours de police, Karadec se trouve bien malgré lui associé à la mort accidentelle de la belle-mère de Morgane, et pour couronner le tout le fils de Céline est accusé de meurtre sur l’affaire en cours ! Dessaisie, la commissaire tente le tout pour le tout pour innocenter son fils : une Murder party avec toute l’équipe !
J’ai beaucoup aimé cet épisode qui contient une murder party en costume (une grande partie de Cluedo si vous préférez). L’intrigue policière nous tient aussi en haleine avec Emilie Caen qui joue une mystérieuse styliste qui semble avoir truandé l’assurance décès de manière totalement incongrue.
Nous nous avançons à grands pas vers le grand final de la série avec l’espoir que Morgane va enfin se décider à faire les bons choix et accorder sa confiance à Karadec. Je dénonce souvent l’attitude de l’explosive consultante mais son évolution dépend totalement des choix désastreux des scénaristes. On a bien compris que leur ressort comique est de montrer constamment Morgane la tête sous l’eau avec ses difficultés. Mais est-ce que c’est si comique ?
Par ailleurs, les scénaristes semblent effrayés par les happy-end avec le pavillon familial, la famille nucléaire et le labrador. C’est beau de montrer une famille recomposée dans laquelle ça déménage mais un peu de stabilité et d’engagement ne feraient pas de mal. Cela me fait mal au coeur de voir Morgane trimballer ses quatre enfants dans des logements de plus en plus précaires…
Episode 7 : Il faut qu’on parle
Morgane et Karadec sont confrontés à une affaire complexe à la frontière belge. La victime, décédée en France, n’est autre que le directeur d’un prestigieux hôtel de luxe à Bruges. Alors que le torchon semble définitivement brûler entre eux, voilà nos héros embarqués dans une escapade flamande qui pourrait bien leur réserver quelques surprises…
C’est le plus bel épisode de la saison 5 et il est bien difficile à commenter. Morgane et Karadec sont dans un bon cul de sac pour communiquer. Ils ne se font plus confiance du tout et pourtant ils se retrouvent dans une suite nuptiale avec les cygnes sur le lit conjugal. Ils sont chargés d’enquêter sur la mort suspecte d’un directeur d’hôtel de luxe à Bruges.
L’enquête est très intéressante et bien menée. Les seconds rôles sont savoureux en particulier Awa, la femme de chambre ivoirienne et l’influenceuse totalement égocentrée.
Mais le vrai sel de cet épisode est la manière dont Morgane et Karadec vont arriver à tomber l’armure et à retrouver leur complicité.
Je suis très pessimiste sur leur avenir conjugal car ils sembleraient que leurs retrouvailles se limitent à l’horizontale sur l’oreiller. Ils sont constamment comme chien et chat, leurs pulsions les mènent au plumard mais pourquoi ils ne font pas équipe pour la vie ? Ensemble, ils révèlent le meilleur d’eux mêmes, ils se comprennent intimement l’un l’autre pourquoi tout gâcher bêtement ?
Les dernières scènes de cet épisode sont tellement jolies ! Ils vont se tutoyer brièvement ! Morgane va enfin comprendre à quel point Karadec l’aime vu les risques inconsidérés qu’il a pris pour la protéger. Mais vraiment quel gâchis qu’ils ne communiquent pas et que la confiance ne soit pas le pilier de leur relation.
Episode 8 : Supernova
Ce dernier épisode n’est pas le meilleur de la série mais je l’ai bien aimé tout de même. Morgane passe l’épreuve d’oral pour devenir gardien de la paix. Elle quitte un peu ses mauvaises habitudes prétentieuses de clamer sous tous les toits qu’elle est la meilleure de son équipe au commissariat pour faire preuve d’humilité et de reconnaissance envers ses coéquipiers.
Sa petite tirade où elle se compare à une voiture de course qui a besoin de la commissaire et de l’autorité pour la cadrer sinon c’est le crash était bien trouvée. Mais surtout le plus bel hommage de l’évolution de Morgane est à rendre au commandant Karadec car c’est véritablement lui qui a fait de Morgane une véritable flic et ce n’était pas du tout gagné.
L’enquête policière de cet épisode ne me laissera pas un grand souvenir même si elle était intéressante. L’heure tourne au cours de l’épisode et on se raisonne que nous n’aurons pas un grand final avec french kiss entre Karadec et Morgane. Mais le précédent épisode était tellement beau que j’étais bien rassasiée ! J’ai bien aimé cette fin grotesque et lunaire à l’image de Morgane.
Elle va faire évader Karadec de prison contre son gré. La référence à Thelma et Louise est flagrante et c’est assez réussi. J’ai enfin compris le décalage des tenues de Morgane et de Karadec. Lui il s’habille de manière sobre et terne, elle est bariolée à outrance. Et ils sont sacrément complémentaires.
Alors vivement l’épisode de Noël ou autres pour les retrouver avec plaisir : Gilles et Daphné tombent dans les bras l’un de l’autre, c’est la bonne surprise qui fait plaisir !
J’inaugure une nouvelle rubrique dans ce blog : Moi lectrice. Elle me tient à coeur depuis longtemps ici. Je remarque que l’on s’attache personnellement à une maison d’édition quand on est lecteur.
Dans mon cas, je me suis attachée aux livres de l’Ecole des loisirs quand j’avais cinq ans et je m’en souviens précisément. J’avais découvert une petite série de premières lectures :Olga écrite par Geneviève Brisac et illustrée par Michel Gay. C’est un sentiment difficile à écrire mais l’auteure et le dessinateur sont arrivés ensemble à saisir la beauté éphémère de l’enfance de manière très poétique.
J’ai retrouvé d’autres livres d’Olga avec d’autres dessins de couverture mais le charme était rompu. J’aimais cette collection car ma cousine s’appelle Olga et je savais exactement où retrouver ces petits livres de la collection Mouche au rayon jeunesse. Depuis, l’ancienne médiathèque de Valence, un couvent auparavant, a été détruite pour construite une maison de retraite en plein centre-ville.
Les collections Mouche, Neuf et Médium, les équivalents de la collection Blanche de Gallimard pour les enfants.
Geneviève Brisac a longtemps été une éditrice emblématique de l’Ecole des loisirs et auteure phare de la maison. Les collections Mouche, Neuf, Médium sont exigeantes car la ligne éditoriale de l’Ecole des loisirs c’est d’apporter le meilleur de la littérature aux enfants.
Puis en primaire, j’ai eu un vrai coup de coeur pour l’album de Rascal : Le voyage d’Oregon que nous avons étudié en classe en CM1-CM2. Il m’a fait rêver de voyager un jour aux Etats-Unis (un jour peut-être à la retraite) .Les road-trip en littérature jeunesse sont assez rare et on comprenait rapidement l’influence de la littérature de Jack Kerouac dans cet album.
J’aime les livres de l’Ecole des loisirs car c’est une maison d’édition qui prend les enfants au sérieux avec des lectures exigeantes sans être intellos. Ils suscitent l’imaginaire et c’est précieux.
Je me souviens aussi du roman La sixième de Susie Morgenstern. J’adore sa couverture tellement iconique et efficace : elle représente ce rite de passage universel dans la vie d’un enfant. L’héroïne s’appelle aussi Margot, ma mère avait demandé à l’auteure une dédicace au salon jeunesse de Saint-Paul Trois Chateaux dans la Drôme.
Je pense que ma mère était plus fan du livre que moi mais j’ai toujours une tendresse de lire un article dans la presse ou de voir cette chère Susie avec ses lunettes roses coeur à la Grande librairie par exemple.
Je rencontre l’illustrateur Frédéric Stehr au salon du livre jeunesse de Montreuil. C’est émouvant car je lui demande de dédicacer mon album Calinours va faire les courses publié en 1987, vingt ans plus tard. Ce grand album, je l’ai gardé précieusement au cours de mes nombreux déménagements à Paris. Je l’ai d’ailleurs confié à ma fille dans sa bibliothèque d’enfant. Je compte lui transmettre un jour en espérant qu’elle en prendra bien soin.
Transmettre ses livres doudous à ses enfants.
Ma fille de six ans et ma nièce sont de grandes fans de Simon le lapin. On a lu ensemble les albums de Stéphanie Blake et elles regardent les dessins animés. J’avais même fait une chronique dans le blog car Caca boudin est un classique de la littérature jeunesse des années 2000. Les couvertures des aventures de Simon sont sacrément efficaces : elles attirent l’œil des petits de loin à la médiathèque.
Dans un autre genre, j’ai découvert les albums de Juliette Lagrange qui a décoré la rénovation de la librairie historique de l’Ecole des loisirs rue de Sèvres. J’aime énormément son dessin architectural à travers Paris découvert dans Hulotte et Léon, le récit d’un voyage scolaire entre le Louvre, l’Opéra et les Buttes-Chaumont.
Juliette Lagrange sait aussi bien nous entrainer dans la nature qu’en ville avec les aventures d’Hulotte. Ses albums ont séduit toute la famille.
Lire pour soi une fois adulte.
Et enfin, je continue à lire les romans de l’Ecole des loisirs une fois adulte. Mon auteure favorite est de loin Marie-Aude Murail dont je dévore les romans : Sauveur et fils, Simple, Papa et Maman sont dans un bateau, La fille du docteur Baudoin, la trilogie avec la petite ado intrépide Angie qui se déroule au Havre.
J’ai détaillé dans plusieurs articles de blog pourquoi sa littérature sociétale et réaliste me touche autant. Je me souviens que j’ai dévoré le tome 2 de Sauveur et fils, un après-midi au parc Monceau quand j’étais au chômage et que je me suis précipitée dans une librairie de mon quartier pour acheter le tome 3, c’est dire…
Dans la même veine psychologique, j’aime aussi beaucoup le roman Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh que j’ai également lu en BD adapté par la brillante Cati Baur.
Je me suis également prise d’affection pour la série Ma vie de chateau qui sera bientôt adaptée en dessin animé par France TV.
L’école des loisirs est un éditeur militant ayant une place privilégiée dans le paysage éditorial français.
La transmission d’albums de générations en générations fait toute sa force. Je n’ai même pas parlé des longsellers Max et les maxi monstres de Maurice Sendak et Les trois brigands de Tomi Ungerer. L’école des loisirs fête en 2025 ses 60 ans avec plus de 6000 titres dans son fonds et plus d’un millier d’auteurs publiés.
Prochainement, L’école des loisirs ouvrira une nouvelle maison des histoires, un musée à jouer pour les 0-6 ans.
*Cet article de blog ne fait l’objet d’aucun partenariat commercial. C’est une nouvelle rubrique de mon blog où je raconte mon parcours de lectrice et les choix éditoriaux des éditeurs qui m’ont convaincue.
Prochain article de la série :
Moi lectrice des éditions des Escales depuis que je suis devenue maman.
Le 19eme arrondissement de Paris est un vrai trésor car c’est le Paris authentique et populaire qui m’a vraiment plu enfant. Je lisais les enquêtes policières de Lapoigne, clochard des Buttes Chaumont, dans des petits romans jeunesse écrits par Thierry Jonquet, éditions Nathan.
Le quartier de la Villette c’est le canal de l’Ourcq avec les magasins généraux de Pantin, la rotonde de la Villette. On a construit des grandes tours dans le quartier de Stalingrad mais le charme demeure grâce aux canaux et à la volonté des pouvoirs publics de créer un grand parc de l’est parisien. Le parc de la Villette est le plus grand parc de Paris : plus de 25 hectares.
Dans le quartier de la Villette, il n’y a pas que la cité des Sciences à découvrir. Certes, c’est un lieu emblématique qui abritait pendant très longtemps les abattoirs de Paris. Il y a une multitude de lieux culturels à découvrir autour de la fontaine aux lions : le zénith, le Cabaret sauvage, la cité de la Musique, la Philharmonie depuis 2015…
Le parc de la Villette : un trésor parisien à explorer
Le belvédère, accessible en ascenseur offre un très beau panorama sur le Nord-est parisien avec la Tour Eiffel et la Géode à l’horizon. Ce dimanche, nous avons profité de l’ouverture du belvédère de la Philharmonie pour aller visiter la cité de la Musique et l’exposition Ravel.
J’ai tellement aimé le film En fanfare qui revisite l’histoire du boléro avec la préparation d’un concert dans une usine du Nord de la France. Ravel s’est inspiré des cadences infernales de l’industrie pour créer son oeuvre.
Le Boléro de Ravel : entre art et industrie
C’est d’ailleurs très bien expliqué dans l’exposition avec des tableaux cubistes qui représentent des usines ou des machines d’usines comme ceux de Fernand Léger. L’exposition retrace également l’influence du flamenco en Espagne avec le superbe tableau d’Edouard Manet : Lola de Valence, qui vient du musée d’Orsay.
Boléro, Christophe Beaucarne DOP
L’exposition est assez succincte. Elle montre une malle avec des pantalons sur un portant car Ravel a vécu des tournées internationales : aux Etats-Unis notamment. Elle compte aussi des photographies en noir et blanc de sa famille. Ma fille de six ans a été très intéressée par la projection d’un orchestre qui joue le Boléro, qui dure dix-sept minutes.
Le Boléro de Ravel a été conçu à l’origine pour un ballet de danse. Il a été commandé par Ida Rubinstein, une danseuse russe célèbre dans les années folles. Maurice Béjart l’a repris en 1961 avant que la publicité ne s’en empare à son tour. Il s’agit de l’oeuvre classique la plus écoutée au monde.
La cité de la musique, le musée de société à découvrir en famille
Grâce à notre billet d’exposition, nous avons pu avoir accès aux collections permanentes de la Cité de la Musique qui compte tout de même six étages. Le parcours est chronologique et thématique.
J’ai beaucoup aimé l’esprit cabinet de curiosités pour commencer la visite. Le recours à cette photographie en noir et blanc mondialement connue signée Robert Doisneau interpelle directement le spectateur. Il s’agit de deux chanteuses de rue dans le quartier de la Villette dans les années 1950.
Ensuite, le parcours de visite s’articule en cinq grands thèmes : Polyphonie, Musique et pouvoir, L’imaginaire des Lumières, L’empire de la musique et Explorer l’inouï. Les salles sont faiblement éclairées mais c’était très beau et reposant d’observer tous ces instruments de musique.
La Cité de la musique fête ses trente ans cette année, mais je suis persuadée que bon nombre d’entre nous ne connaissaient pas ce musée.
Cité de la musique, Porte de Pantin, du mardi au vendredi : 12h00 à 18h00, samedi et dimanche : 10h00 à 18h00.
Cette semaine, j’ai regardé deux documentaires de grande qualité sur France tv : La réparation dans l’émission Infrarouge qui retraçait le parcours d’un groupe de parole de justice réparative. La réalité de la fiction chef-d’oeuvreJe verrai toujours vos visages de Jeanne Herry.
Mais aussi le documentaire de Laetitia Gaudin- Le Puil : Trois semaines et un jour qui m’a beaucoup émue. J’ai même pleuré deux fois au cours de ce documentaire d’une heure.
Il se trouve que ce documentaire a été mis en valeur dans les pages Espérance du journal La vie, où je travaille. Véronique Durand, journaliste est allée à la rencontre de cette famille unie dont la réalisatrice est la fille ainée.
Le résumé :
Yona avait trois semaines et un jour quand elle a été placée chez Maryvonne, assistante familiale à Lanvénégen, petite commune du Centre-Bretagne. Le bébé est devenu une jeune fille bien dans ses pompes, portée par l’amour et le soutien de sa famille d’accueil. Si ceux qu’elle appelle Tata et Tonton sont comme ses parents, elle a aussi une maman… et un papa auquel elle se heurte, armée d’un sens inné de la répartie. Mais à l’aube de sa vie d’adulte, Tonton tombe malade. Yona va alors prendre soin de lui comme il a pris soin d’elle vingt ans plus tôt.
Je suis sensible à ces belles histoires de familles d’accueil car j’aime énormément les récits où les liens affectifs se créent malgré les circonstances, les manques de moyens. On suit Yona qui a une vingtaine d’années. Elle est apaisée par l’équilibre qu’elle a pu mettre en place car elle est entourée d’adultes intelligents.
Elle discute de ses projets d’avenir avec ses deux copines. On la voit tour à tour avec sa famille d’accueil qui se réjouit avec elle de ses bons résultats scolaires, puis elle est dans sa famille biologique en compagnie de son père et de ses tantes qui lui tressent les cheveux. De ce parcours de vie un peu particulier, elle tire une conclusion philosophique : « j’ai beaucoup de monde dans mon arbre généalogique ». Elle est arrivée à concilier ses origines et ses parents d’adoption.
Ce documentaire ne parle pas seulement des placements d’enfants en familles d’accueil. Il traite aussi de la maladie de Charcot dont souffre Tonton et dont il va succomber en octobre 2023.
Yona va ainsi devenir une aidante avec Maryvonne. Ce n’est pas un renvoi d’ascenseur, c’est de la réciprocité. Je vous invite à regarder le documentaire formidable de Stéphanie Pillonca : Invincible été avec Olivier Goy.
Le documentaire se termine par une visite chez le notaire ou la juge des affaires familiales, je n’ai pas bien saisi. Maryvonne et Yona s’y rendent ensemble pour finaliser l’adoption de Yona.
Je trouve que la protection de l’enfance n’est pas assez subventionnée en France mais que le droit français est bien fait. Il permet à la personne adoptée de faire entrer dans sa généalogie ses parents adoptifs sans oublier ses parents biologiques.
J’ai été vraiment émue par la complicité entre Yona et son assistante familiale Maryvonne Herpe qu’elle appelle Tata. Seulement, 5% des enfants placés en famille d’accueil obtiennent le baccalauréat (dont Yona qui fait des études supérieures d’infirmière). On les catalogue vite comme cas sociaux car ils vivent des parcours de vie chaotiques.
Yona a été ballotée de ville en ville quand il a été décidé qu’elle retournerait vivre chez son père entre 10 ans et 14 ans. Alors qu’ils sont d’autant plus méritants qu’ils s’accrochent à leurs rêves. Et que des adultes les aiment au point de croire en eux et de les valoriser.
France 3 a longtemps diffusé une série familiale formidable Famille d’accueil avec Virginie Lemoine. Elle racontait une famille qui accueillait temporairement des enfants placés par l’ASE et comment l’assistante familiale conjuguait son métier avec l’éducation de ses propres enfants, comment ses supérieurs l’encadraient dans son travail en fonction des règlements de lois…
Cela me rappelle un très beau témoignage que j’ai lu : La petite fille à la balançoire de Frédérique Bedos, éditions Les arènes. C’est l’histoire d’une petite fille métisse qui vit toute seule avec sa maman qui a de lourds problèmes de santé mentale.
Elle va alors être recueillie dans une famille d’accueil extraordinaire dans le Nord de la France. Ses parents adoptifs, chrétiens engagés, ont pris soin d’une dizaine d’enfants avec des parcours de vie très douloureux : des enfants immigrés d’Afrique, d’Asie avec les boat people mais aussi des infirmes…
J’ai retenu de ce livre que c’est l’amour qui sauve quelqu’un, la tolérance ne suffit pas.
Retrouvez ici d’autres articles consacrés aux adolescents :
–Thérapie de groupe, la série Sauveur et fils de Marie-Aude Murail, L’école des Loisirs
–Youth Bible, Vivre sa foi chrétienne quand on est adolescent.
Le mois d’avril a filé sans crier gare. Il a été très inégal du point de vue de la météo à Paris. On a eu très chaud sous les verrières du Grand Palais pour le festival du livre le 12 avril et la pluie était aussi au rendez-vous.
Je suis très contente que ma fille découvre les joies de la tradition du poisson d’avril en grande section de maternelle. Elle s’est amusée à mettre à profit ses progrès au théâtre pour nous faire des farces. Elle a même innové avec le poisson de mai le premier mai.
Dans le blog, je me suis régalée à analyser un des films iconiques de mon enfance que j’ai enfin partagé avec mon mari. Les visiteurs c’est un joyau de la comédie française qui a séduit plus de 14 millions de spectateurs dans les salles de cinéma et autant d’enregistrements sur cassettes VHS !
Mais j’ai aussi lu un livre très émouvant : Soeurs de douleur, écrit par Nassera Kermiche et Roseline Hamel, éditions Xo. C’est un très beau livre de témoignage sur le deuil et le pardon. Ce livre retrace un évènement très médiatisé : l’assassinat du père Jacques Hamel dans une église à Saint Etienne du Rouvray en juillet 2016.
Ces deux femmes racontent avec beaucoup de pudeur comment le terrorisme a fait volé leur vie de famille en éclats. Mais le terrorisme n’a pas le dernier mot, ces deux femmes ont choisi de s’emparer des mots pour raconter leur histoire, leur intégration dans la société française.
Avril est indissociable du festival du livre où je me rends chaque année. Quarante ans plus tard le festival du livre retrouve le Grand Palais et ses superbes verrières 1900.
Quelle joie de retrouver ce monument parisien emblématique où le judo français nous a fait vibrer cet été durant les JO. J’ai beaucoup aimé ce festival du livre où j’ai aperçu Amélie Nothomb, Brigitte Macron et ses gardes du corps dans les allées…
J’ai particulièrement apprécié d’échanger avec Roland Perez, l’auteur du roman autobiographique Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan qui a réunit 1.6 million de spectateurs émus par l’histoire de cette mère qui a eu une foi indestructible pour son fils qui avait un pied bot. Car son pied s’est redressé, le miracle a eu lieu. C’est un très beau film qui parle de foi.
Puis, nous sommes partis en vacances en famille dans le Diois, la région de la Clairette de Die et de la forêt millénaire de Saou. Le lundi de Pâques, de retour à Paris, nous avons appris la mort du pape François alors que nous étions au musée de Montmartre entourés d’Italiens.
Le musée avait organisé une chasse aux œufs dans le jardin de la balançoire peinte par Renoir.
Et enfin en fin de mois, j’ai visité avec mes collègues l’époustouflante exposition dédiée à l’univers de Tolkien, au collège des Bernardins.
La cité internationale de la tapisserie d’ Aubusson a réalisé dix-sept tapisseries en grand format pour mettre en valeur l’oeuvre du Hobbit qui date de 1937.
J’ai découvert Lebensborn, ce roman graphique autobiographique dans les dernières pages du magazine La Croix l’hebdo. Mais c’était difficile de suivre le fil de l’histoire car il était divisé en extraits comme un feuilleton. Je viens de l’emprunter à la médiathèque de ma ville pour le lire en entier cette fois-ci : c’est un vrai joyau à la fois au niveau du dessin mais aussi pour la force du récit inter-générationnel.
Lebensborn, c’est l’histoire de la dessinatrice : Isabelle Maroger. Elle grandit dans les années 1990, à une époque où les relations avec l’Allemagne sont idylliques : c’est l’Europe. Sa maman va alors lui révéler que leur grand-mère qui les a tant choyé l’a adoptée toute petite.
Elle vient de Norvège, issue d’une histoire d’amour entre une jeune norvégienne et un officier allemand. Il n’adhérait pas aux idées raciales des nazis mais il suivait le mouvement. Leur bébé est donc né dans une maternité nazie dans laquelle on lui traçait toute une trajectoire funeste. Heureusement, sa mère biologique a retrouvé ses esprits et elle a fui en traineau grâce à sa soeur en 1945.
Ce beau roman graphique de 200 pages, est une succession de flash-backs qui raconte comment une mère et sa fille sont parties ensemble en famille à la recherche de leurs origines entre Norvège et Allemagne.
Le résumé :
Un jour, Isabelle Maroger se promène avec son fils sur le ventre et elle se fait interpeller par une femme qui la complimente pour ce bel enfant blond aux yeux bleus et ajoute « ça devient rare comme race » … Un choc pour Isabelle, qui réalise qu’il est temps pour elle de raconter son histoire. Car si elle est, elle aussi, grande, blonde et aux yeux bleus, c’est parce qu’elle est à moitié norvégienne. Sa mère est née, pendant la guerre, dans un Lebensborn, ces maternités mises en place par les nazis pour produire à la chaîne de bons petits aryens. « Un roman graphique d’une rare puissance sur son histoire familiale, une enquête bouleversante sur les maternités nazies ».
Mon avis :
J’ai beaucoup aimé ce roman graphique très dense en petits dessins, en émotions. Sa lecture m’a donné matière à réflexion les semaines suivantes en pensant à cette chronique que j’avais très envie d’écrire. L’auteure montre comment leur histoire familiale s’est retrouvée prisonnière d’un grand délire racial façonné par ces fous furieux nazis. Mais ce n’est pas une BD historique avec une chronologie linéaire.
La force de cette BD est de montrer les sentiments, les émotions d’une famille à la recherche de ses origines. L’histoire commence très fort avec cette discussion terriblement gênante autour des traits physiques d’un nourrisson dans un bus en 2014. Le vrai sujet de cette BD, c’est avant tout la transmission des souvenirs, d’une histoire bien plus que la génétique. Cette histoire parle d’adoption, de retrouvailles avec des frères et soeurs quarante ans plus tard…
Le style graphique d’Isabelle Maroger est très graphique, contemporain et même féminin. J’ai beaucoup aimé les petits dessins pour illustrer un changement de chapitres. Les vignettes sont foisonnantes : on peut en compter trois sur une même page. Elle se sert de la couleur alternée au noir et blanc pour définir le temps du récit et ceux des souvenirs.
D’autres BD et films qui traitent de la seconde guerre mondiale :
Pensant profiter d’un temps printanier, nous avons pris la direction de Luc en Diois dans la Drôme pour les vacances de Pâques. J’étais déjà venue ici quand j’avais une dizaine d’années et le fameux saut de la Drôme m’avait laissé un souvenir impérissable.
Je vous recommande de visiter le Diois aux beaux jours en mai/ juin ou en septembre/ octobre car il s’agit d’une zone assez touristique à trois heures de TGV de Paris.
Luc en Diois est accessible en TER depuis Valence ville et Valence TGV mais la voiture est tout de même le moyen de transport le plus indiqué pour rejoindre les villes voisines : Gap, Die et même Saou. Toutefois, il est possible de rejoindre le fameux claps et le saut de la Drôme à pied : il se trouve à 2.5 kilomètres de Luc en Diois.
Le saut de la Drôme : un trésor naturel à explorer
On appelle claps l’éboulement rocheux qui a eu lieu en 1442. C’est un lieu remarquable, prisé par les vacanciers qui ont envie de se baigner dans l’eau de la Drôme d’une belle couleur verte aux beaux jours.
Nous avons logé dans l’un des gîtes du camping des Foulons. L’isolation de la maison n’était pas idéale mais le prix de la location en basse saison et l’accueil chaleureux de la gérante du camping ont fait la différence. Nous avons payé 300 euros en basse saison pour un gîte de 5 personnes. La literie était sommaire mais le gîte était bien équipé : télévision, lave-vaisselle et machine à laver. Le gîte était également bien localisé : proche du village et de ses commerces.
Nous avons pu prendre le TER pour aller à Gap et fréquenter la bibliothèque un jour de pluie.
Die, la ville qui pétille grâce à sa clairette
Impossible de visiter le Diois sans faire une halte à Die, le berceau de la fameuse clairette. C’est l’un des vignobles les plus hauts de France (700 mètres d’altitude). L’AOC existe depuis 1942 et les cuves de Jaillance dominent le marché français. Nous n’avons pas pu visiter le musée Muséo’bulles mais il était possible d’acheter des bouteilles à la boutique de l’usine.
Le centre-ville de Die est charmant avec de belles boutiques comme la maison Achard-Verdurand, une confiserie qui date de 1839, un chouette coffee-shop dans une rue piétonne qui utilisait le chocolat Valrhona pour ses pâtisseries. Nous avons mangé un inoubliable moelleux à la châtaigne dans une pâtisserie de la place de la cathédrale.
Parlons-en de cette cathédrale : un véritable vaisseau de calcaire de style roman. Les fenêtres sont très hautes et l’intérieur vaut le détour. Le clocher-porche est aussi très impressionnant.
J’ai bien aimé qu’il y ait des petites chaises pour les enfants avec un coin coloriage. J’observe plutôt cela dans les églises réformées et les églises évangéliques. C’est une bonne chose de se mettre à la portée des enfants.
A la sortie de la ville en direction de Luc en Diois, il y a une chouette sortie familiale à faire : la ferme aux papillons. Cette serre surchauffée réunit plus de 400 espèces de papillons dont beaucoup viennent de pays exotiques : Guyane, Costa Rica…
Je me suis étonnée à me passionner pour cette visite tant les espèces étaient superbes : leurs couleurs, les motifs de leurs ailes, on aurait dit des bijoux ou des motifs de mode. Le tarif est de 8€ pour les adultes et 5€ pour les enfants de 4 à 12 ans. Les chèques vacances sont acceptés.
Visiter la Forêt de Saou et ses joyaux : une aventure familiale
Trente cinq ans après mon premier voyage scolaire en maternelle, je suis retournée dans la forêt de Saou. C’est un majestueux vaisseau de calcaire, boisé qui existe depuis la Préhistoire. Nous en avons profité pour visiter l’auberge des Dauphins, musée qui appartient au département de la Drôme.
C’est une auberge qui a été crée durant les années folles par un industriel alsacien, Maurice Burrus vers 1920.
Il s’est décidé à se lancer dans le tourisme vert en créant toute une piste de circulation autour du domaine et en installant des tables de pique-nique. Il a crée sur le modèle du Trianon de Versailles, un restaurant de luxe récompensé par le guide Michelin. Malheureusement, toute cette exaltation festive dans la forêt de Saou a été stoppée nette par la seconde guerre mondiale.
Je vous recommande cette chouette visite à faire en famille. Le billet d’entrée est de cinq euros par adulte. Les expositions autour de la nature sont interactives et ont suscité l’intérêt de ma fille de six ans. On a bien ri ensemble car l’équipe d’accueil nous a prêté des masques en feutrine sur le thème des animaux de la forêt de Saou.
L’auberge des dauphins, forêt de Saou, Drôme, du samedi 5 avril au dimanche 2 novembre 2025, entrée : 5 € par adulte.
Des idées de destinations pour des vacances en famille :