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Bonheur comme une digue face aux tempêtes de la vie

Passionnée d’anthropologie et de sociologie depuis le lycée, j’ai lu Bonheur de la photojournaliste Stéfania Rousselle, publié par Actes Sud. Il s’agit d’une trentaine de portraits d’hommes et de femmes rencontrés entre janvier 2022 et juin 2025. Ils ont tous été publiés dans la série Le p’tit bonheur du journal Le Monde.

Le résumé :

Quatre ans après avoir abordé des gens au hasard pour leur demander “C’est quoi l’amour ?”, la journaliste Stefania Rousselle revient avec une nouvelle question, simple et vertigineuse…
Quand son père meurt du covid, Stefania veut savoir comment va son voisin, son voisin à lui et ainsi de suite. Elle prend alors la route et, dans sa nouvelle chronique pour Le Monde, elle demande aux Français et aux Françaises : “Êtes-vous heureux·se ?” Au fil de ces récits, elle dresse un tableau vivant de la France d’aujourd’hui – lucide, tendre, souvent dur, mais toujours profondément humain.
Alors c’est quoi le bonheur, leur p’tit bonheur ? On trouvera dans ces pages une infinité de réponses.

Bonheur, textes et photographies de Stéfania Rousselle, 232 pages, Actes Sud, à paraître le 7 octobre 2026,9782330226961, 28€

Mon avis :

C’est curieux mais j’ai été heureuse de retrouver deux portraits que j’avais déja lu dans cette série du Monde : celui de Rawane, la jeune Grenobloise d’origine algérienne qui veut faire des études de médecine et celui du jeune chauffeur de taxi Valentin dans le Cantal.

Ce recueil compte une trentaine de portraits d’hommes et de femmes de tous horizons : le Pas de Calais, le Tarn, l’Isère… Ils ont entre dix-huit et soixante-quinze ans. Certains ont eu une vie heureuse, une ascension sociale possible grâce à leur dur labeur dès le plus jeune âge et un couple solide où l’on s’entraide sur le long terme. D’autres ont eu un parcours chaotique avec des ruptures familiales, économiques lourdes à porter dès le départ.

Plusieurs fois, j’ai laissé échappé un cri d’indignation en lisant qu’une petite jeune fille de quatorze ans n’a pas pu continuer le lycée alors qu’elle était brillante car sa mère l’a placée comme domestique dans une famille aisée pour ramener de l’argent. Cela se passait dans les années 1960/1970, c’était il y a cinquante, soixante ans et c’est révoltant.

Je pèse bien mes mots pour éviter la caricature ou tout impair condescendant. La plupart des personnes interviewées viennent des classes moyennes qui ont vécu dans la pauvreté à différents moments de leur vie et qui ont soulevé des montagnes pour ne pas y retomber. Parfois, il y a des rechutes : une phrase intolérable d’un parent qui renvoie à des vieux traumatismes, une lassitude envers un emploi qui n’a pas de sens ou qui n’est pas valorisé par la société.

Tout le monde ne combat pas avec les mêmes armes la rudesse de la vie

Le livre s’appelle Bonheur mais le quotidien est loin d’être rose pour bon nombre de ces portraits. Ce n’est pas un recueil que l’on lit d’une traite, il y a certains portraits plus longs et plus intenses qui ont suscité chez moi compassion et empathie. Cela m’a même donné une bonne leçon de vie. J’ai lu ce livre tout au long de la semaine et il m’a fallu une petite pause d’un jour ou deux pour « digérer » ces histoires.

Questionner ses contemporains sur les piliers d’une vie : l’amour, le bonheur

J’aime beaucoup l’approche de Stéfania Rousselle, journaliste et réalisatrice indépendante franco-américaine pour écouter et témoigner des vies des autres. Je pense qu’il faut avoir beaucoup de curiosité et d’empathie pour le genre humain pour réaliser d’aussi beaux livres. Dans une interview, elle disait qu’après avoir couvert de nombreux sujets extrêmement difficiles, elle avait eu envie de contrebalancer la cruauté du monde. Son précédent ouvrage Amour paru en 2022, a connu un beau succès.

Stefania Rousselle présentera son dernier livre Bonheur à la librairie L’arbre à lettres, 52 rue du faubourg Saint-Antoine, à Bastille, le jeudi 8 octobre à 18 heures.

Ce week-end, c’est le festival du journal Le monde avec des conférences animées par des journalistes de la rédaction de ce très beau journal, crée en 1944 par Hubert Beuve-Méry. Je vous recommande par exemple les rubriques Une époque et Intimités dans laquelle sont publiées les séries photographiques de Stéfania Rousselle.

Sociologie

Ces cinq rubriques de société qui m’incitent à lire Le Monde au quotidien.

Chaque année, à l’occasion des Journées du patrimoine, le journal Le Monde organise un festival sur son parvis avec un grand nombre de conférences, concerts et visites guidées de son siège situé près de la gare d’Austerlitz.

A travers cet article de blog, j’ai voulu revenir sur les multiples raisons qui me font aimer ce quotidien de référence qui a fêté en 2024 ses 80 ans.

Le Monde a été fondé en 1944 par Hubert Beuve-Méry dont le bureau a été conservé dans le lobby du pilier sud du siège du groupe. Ce quotidien est considéré comme la référence de la presse française à l’étranger. Mon frère qui vit en Australie est abonné au site depuis des années car c’est le moyen le plus synthétique de s’informer pour lui.

Enseigne d’un restaurant à Sozopol (Bulgarie) : le rayonnement du journal Le Monde en Europe…

Quand j’étais au lycée, je lisais plutôt Le Nouvel observateur car mes parents étaient abonnés. Mais depuis vingt ans et le début de mes études à l’université, l’algorithme des réseaux sociaux -Facebook et Instagram confondus- a bien compris mon intérêt pour les questions de société en me proposant des articles du Monde que j’enregistre dans mes favoris pour les lire quand j’ai le temps.

Savoir comment l’Homme fonctionne dans ses relations sociales, les tendances et les modes qui sont les plus populaires sur le long terme, sont autant de problématiques qui me fascinent.

Je pense que vous vous en êtes un peu aperçus en lisant ce blog. Bon nombre d’articles de mon blog ont pu être inspirés par ma lecture du Monde.

Saisir les moments de vérité lors des grands procès médiatiques

Les premiers articles du Monde que j’ai lu sont les récits de procès de Pascale Robert-Diard. J’aime énormément sa manière de raconter les moments de vérité qui se dénouent lors d’audiences très médiatiques et sa manière de montrer l’humanité des victimes comme des accusés, des avocats et des juges. On en apprend beaucoup sur les relations humaines à travers ses articles.

Je les lis avec avidité en ce moment comme elle suit le procès Jubillar. J’ai beaucoup aimé son papier sur le procès des papys braqueurs de Kim Kardashian. Je ne lis pas ses romans car je les trouve trop glauques. Mais j’ai lu que Pascale Robert Diard animait un cours du soir en cinq sessions sur les coulisses des procès et je trouve cela fascinant.

J’ai gardé les coupures de journaux de la série « 1945, un été français » où Pascale Robert-Diard a recensé cent nouvelles minuscules des journaux d’après-guerre pour saisir l’air du temps et les préoccupations des Français. J’ai beaucoup aimé cette série car elle collait beaucoup à tous les souvenirs d’après guerre que m’a raconté ma grand-mère née en 1937. Un filet de la chronique parle de la fin de la pénurie de cacao, une anecdote racontée par la guide de la chocolaterie Menier à Noisiel.

L’analyse de phénomènes de société suscités par le tourisme mondialisé.

J’aime aussi lire les articles de Jessica Gourdon. Sa spécialité est de détailler comment les excès du tourisme contemporain ont des effets directs sur la géographie et la sociologie des villes et des campagnes. Récemment, je me suis régalée à lire ses derniers articles consacrés au Giverny business ou encore à la disneylandisation de Montmartre. Nous étions sur la Butte lors du dernier lundi de Pâques et nous avons vu les banderoles des habitants excédés par le surtourisme dans leur quartier.

Depuis, je guette ses articles comme celui qui traitait des donuts, cookies et autres gaufres qui concurrencent sacrément la restauration traditionnelle. Comme je suis quelques comptes lifestyle qui parlent des quartiers de Paris : Le paris food d’Alex, Salut Brian, Florin de France… ces questions de société me passionnent.

J’ai beaucoup aimé suivre sa série de l’été intitulée En croisière. En cinq épisodes, Jessica Gourdon détaille la vie quotidienne des passagers mais aussi de ceux qui travaillent sur ces énormes paquebots entre Marseille et Barcelone. Un large état des lieux qui m’a fait réaliser que la croisière ne s’amusait pas tant que cela en 2025…

Cet été, j’ai également lu au bord de la piscine, Successions 1 et 2, les recueils de portraits de familles de grands industriels français : Ricard, Arnault, Pinault, Lagardère, Bolloré, Hermès,etc…

Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider, journalistes au Monde ont retracé leurs enquêtes dans les séries d’été du journal. J’aime beaucoup les petites histoires people mais j’ai trouvé ces portraits très profonds et révélateurs de la société française en cols blancs.

C’est Albin Michel qui a publié ces deux livres de qualité. Edition et presse font souvent bon ménage puisque les journalistes du Monde sont souvent sollicités pour écrire des livres et c’est une caution de sérieux quand je lis un essai pour moi.

Ils aident aussi les sportifs ou les personnalités à accoucher de leurs mémoires ou leurs souvenirs. C’est d’ailleurs le cas de Violette Dorange, la benjamine du Vendée globe qui publie son premier livre : Mon premier Vendée Globe chez Gallimard le 9 octobre prochain.

Les séries de l’été du Monde : un autre regard plus doux sur l’actualité.

Enfin, la dernière série de l’été 2025 que j’ai énormément apprécie s’intitule Exils. Il s’agit d’une trentaine de portraits d’hommes et femmes de tous âges qui ont quitté leur pays pour s’adapter tant bien que mal en France. Rédigés par une équipe de journalistes d’horizons différents, j’espère que cette série sera adaptée en livre. Ces témoignages seraient un beau moyen de faire obstacle au racisme ambiant dans notre pays à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.

J’aime aussi lire le magazine du Monde même si je goûte peu à la mode qui est omniprésente selon les numéros. J’ai beaucoup aimé le numéro consacré à l’héritage culturel de Marcel Pagnol et les remous que cela suscite avec la mairie de Marseille. Il y a eu aussi un vaste article consacré aux deux avocats de Gisèle Pélicot après le procès de Mazan.

Chaque lundi matin, je guette le supplément papier L’époque pour ses rubriques tourisme et ses témoignages du quotidien. Comme j’ai beaucoup les anecdotes people, je suis avec attention la rubrique Un apéro avec. Dernièrement, j’ai beaucoup aimé l’interview de Mayane, actrice porteuse de trisomie 21 qui a cartonné dans l’émission Danse avec les stars.

Je vous recommande la rubrique Intimités sur le site internet qui aborde la parentalité, l’amour et l’amitié. Je ne rate aucun article de séries comme Comment je me suis disputée, S’aimer comme on se quitte, Amours de jeunesse… car c’est le meilleur reflet de la société française contemporaine dans sa diversité selon moi.

Et vous quels journaux suivez-vous depuis longtemps? Est-ce que ce sont des titres que vos parents vous ont transmis ?

La Vie, Le Monde, Elle, Le Parisien, ces journaux patrimoniaux nés après guerre.