
Comme toujours dans ce musée dédié au cinéma, j’ai passé un excellent moment à l’heure du déjeuner en visitant l’exposition Belmondo, le magnifique qui vient d’ouvrir à la Cinémathèque le 7 octobre dernier.
Quel plaisir de découvrir ses costumes de scène, les affiches de ses films… Ce sont autant de souvenirs d’un cinéma populaire et familial, maintes fois rediffusé à une époque où l’on regardait encore la télévision en famille.
J’ai un souvenir précis du film L’as des as où Belmondo confie le volant d’un bolide au petit garçon qui l’accompagne (interprété par Rachid Ferrache). Je regrette beaucoup qu’à l’heure des réseaux sociaux et des plateformes, on ne se retrouve plus en famille devant la télévision pour rire des mêmes films iconiques comme ceux de Belmondo, de Funès, l’équipe du Splendid…
J’ai beaucoup aimé cette sortie qui a bien distrait une journée automnale sans soleil. Je ressors souvent frustrée voire excédée d’une exposition parisienne : Renoir au musée d’Orsay ou Martin Parr au jeu de Paume dernièrement à cause de l’affluence qui nous empêche d’apprécier les œuvres dans un cadre confortable.
Je vous recommande cette astuce : visiter une exposition populaire dès les premières semaines d’ouverture, de préférence en semaine, à l’heure du déjeuner dans un musée parisien. La scénographie de la Cinémathèque est toujours très travaillée et elle permet une circulation assez fluide pour ne jamais se marcher sur les pieds. C’est vraiment agréable comme expérience de visite.

Jean-Paul Belmondo, fils d’artistes

J’ai lu son autobiographie : Mille vies valent mieux qu’une, publiée en 2018. Visiblement, ce cher Jean-Paul n’a pas eu une vie facile pendant la seconde guerre mondiale où il a côtoyé la mort des autres de près.
Ce livre montre son attachement particulier à sa maman Madeleine Raynaud-Richard qui était artiste peintre. Son père, Paul Belmondo, sculpteur renommé, souffrira d’une baisse de commandes durant l’Occupation. Un musée lui est dédié à Boulogne-Billancourt. J’ai retenu de son témoignage, que privé d’une enfance insouciante à cause de la guerre, il s’est donné comme objectif de toujours déconner, faire des blagues les plus cocasses à ses amis pour vivre le plus intensément possible : à travers ses cascades par exemple.


L’expo le souligne, Belmondo est sans doute l’acteur le plus sympathique et le plus attachant du cinéma français. La preuve, il s’est autorisé tout au long de sa carrière à rester éternellement un enfant. Qu’il joue Michel Poiccard, le voyou au grand coeur ou Le guignolo en caleçon à pois rouge, il a ce naturel gouailleur et fougueux qui lui assure pendant plus de soixante ans la sympathie du public.
Jean-Paul Belmondo a joué dans 90 films dont une trentaine entre 1960 et 1965. Il a été l’ambassadeur de la Nouvelle vague devant la caméra de Jean-Paul Godard avec A bout de souffle, Pierrot le fou. Il a joué un prêtre dans le chef d’œuvre Léon Morin, prêtre adapté du roman de Beatrix Beck.

Puis il s’est spécialisé dans le cinéma de divertissement avec L’homme de Rio, Le professionnel, L’as des as. Surtout Belmondo est devenu un acteur majeur du cinéma français qui en avait compris les rouages : il sortait ses films les plus populaires chaque année le troisième week-end d’octobre pour capter le plus de spectateurs.
Belmondo a su révolutionner le jeu d’acteur pour incarner l’homme moderne au cinéma. Ses choix n’ont pas toujours été applaudis par le milieu du cinéma français mais le public l’a toujours adoubé : la tournée internationale de Cyrano de Bergerac, le césar du meilleur acteur en 1988 du film Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch…
Belmondo a été une référence cinématographique pour les cinéastes américains : Martin Scorsese, Quentin Tarantino, Steven Spielberg… Et l’un des rares acteurs à recevoir un hommage international à sa mort en 2021 aux Invalides. Comme le souligne le communiqué de presse de l’exposition : Belmondo est immortel.

La librairie boutique de la Cinémathèque, le lieu idéal pour faire un petit cadeau souvenir d’un bon moment lors d’une exposition.
J’aime beaucoup la librairie boutique de la Cinémathèque où il y a toujours un merch’ de qualité : des tee-shirts à l’effigie de Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo, les acteurs du film A bout de souffle par exemple. Il y a un photomaton IA vraiment génial à chaque exposition pour garder un souvenir. La photo que j’avais fait en vamp blonde pour l’expo Marilyn Monroe ne m’avait guère convaincue. Mais j’ai conservé celle avec la fausse affiche du film Le professionnel.


Une astuce à retenir : la librairie boutique vous offre un badge de l’exposition sur présentation de votre storie pour raconter votre expérience de visite à l’#expositionBelmondo. J’aime beaucoup cette initiative participative à laquelle je me plie à chaque fois de bonne grâce.
Les rétrospectives de la Cinémathèque dédiés à des acteurs très populaires, voire iconiques sont toujours de belles sorties culturelles : j’ai visité l’expo Marilyn en avril 2026 pour fêter le centenaire de sa naissance. Mais aussi l’expo Louis de Funès en 2021. Ces expositions sont de qualité car les scénographies en mettent plein les yeux car de nombreux objets sont exposés avec la projection d’extraits de films.


La prochaine fois, j’irai visiter la collection permanente de la Cinémathèque : le musée Méliès. J’ai continué ma balade le long du parc de Bercy en direction du cours Saint-Emilion, les anciens chais de Paris. J’ai découvert une salle d’escalade de blocs couplée avec un café : Le triangle. Le parc de Bercy est un endroit très agréable et peu fréquenté, on peut traverser la Seine à la hauteur de la passerelle Simone de Beauvoir.