
20 ans après le décès de son créateur André Franquin, Gaston Lagaffe a fait un come back réussi en 2017 : Le retour de Lagaffe, éditions Dupuis (750 000 exemplaires vendus). Tiré à un million d’exemplaires, ce 23eme album : Des boum et des paf, installera t-il Gaston Lagaffe comme l’autre locomotive de la librairie en France en alternance avec Astérix ?.
Le résumé :
Gaston, c’est un des personnages les plus sympathiques de toute la bande dessinée franco-belge. Né il y a 69 ans sous le crayon d’André Franquin, Gaston est au début un antihéros paresseux qui très vite va devenir un personnage à l’imagination et à l’énergie débordantes (tant qu’il ne s’agit pas de travailler). La série comporte une galerie de personnages réjouissante : ‘Moiselle Jeanne, l’amoureuse transie de Gaston (qui ne capte aucun des signaux qu’elle envoie) ; M. De Mesmaeker, l’homme d’affaires irascible qui n’arrive jamais à signer des contrats ; Prunelle, le patron stressé de Gaston, victime favorite de ses inventions, etc. Gaston est sans conteste la série la plus drôle de l’histoire de la bande dessinée franco-belge, servie par un graphisme expressif et ultra dynamique.
Pour ce re-retour du plus célèbre gaffeur de la bande dessinée francophone, Delaf a fait appel à Lewis Trondheim pour le scénario. Le résultat est d’une totale fidélité au trait et à l’esprit de Franquin !.
Mon avis :
Pourquoi ce anti-héros flemmard a t’il autant de succès dans notre société qui prône la performance carriériste ?
Personnellement, j’aime beaucoup les BD de Gaston Lagaffe car j’ai consolidé mon apprentissage de la lecture avec ses gags alors que j’avais huit ou neuf ans. Comme lui, je m’occupe aussi du courrier des lecteurs d’une rédaction de presse mais je le fais beaucoup mieux que lui ! Je ne laisse pas les lettres s’entasser comme une cabane autour de moi.
Je continue à acheter ses albums maintenant que j’ai grandi pour transmettre cette œuvre BD à ma fille. Elle est assez sensible à ses facéties, elle aime beaucoup la mouette rieuse et sa vieille bagnole toute de guingois. Je trouve que lire Gaston Lagaffe, c’est une bonne manière d’appréhender le monde du travail et celui de l’entreprise en particulier.

Gaston Lagaffe m’a donné envie de travailler dans une rédaction : j’aime tous les seconds rôles de cette BD, Prunelle en tête. C’est un bureau joyeux avec ses dessinateurs, ses secrétaires, ses archivistes, Mademoiselle Jeanne, Monsieur de Mesmaeker qui revient toujours signer des contrats malgré les gaffes de Gaston…
Le retour de Lagaffe ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable comme je l’avais chroniqué ici. Mais j’ai bien aimé Des boum et des paf. Cette fois-ci, le dessinateur québécois Delaf s’est associé à Lewis Trondheim au scénario.
Les gags se déroulent sur une demie-page et j’ai bien aimé quelques running-gags attendrissants : quand Gaston demande à Prunelle d’aller le chercher au bord de la mer depuis Bruxelles.
Depuis 1957, Gaston Lagaffe garde le même uniforme : le col roulé vert, le jean et les espadrilles ou bien les baskets. Il ne portera jamais de costume cravate car c’est un beatnik pacifiste et cool.
Il est invirable car la rédaction ne lui a jamais fait signé de véritable contrat de travail, on ne sait pas vraiment quel est son rôle à part traiter le courrier des lecteurs. Il préfère consacrer son temps de travail à élaborer des inventions toutes aussi loufoques les unes que les autres et il est un génie dans ce domaine.
Mon plus beau souvenir de lecture c’est l’album où Gaston invente un instrument de musique très imposant : le gaffophone exposé au musée des beaux-arts de Charleroi.
J’espère qu’il y aura un jour l’ouverture d’un musée Franquin car je le considère comme un génie de la BD au même titre que Hergé et sa ligne claire. Franquin vient de l’école de Marcinelle : celle des gros nez et de la ligne sombre avec ses camarades Peyo, Uderzo, Walthéry mais aussi Roba.
Gaston Lagaffe : Des boum et des paf, 23eme album, dessiné par Delaf et scénarisé par Lewis Trondheim, 48 pages, éditions Dupuis, 12€95
Retrouvez ici d’autres héros de la BD franco-belge que j’affectionne dans cette série Icônes de l’enfance.





