BD & romans graphiques·Expos·Ile de France et Paris

Expo Cling, la BD parle cash: huit archétypes de personnages de BD tous intéressés par l’argent à la Monnaie de Paris.

En mai dernier, j’ai visité avec ma fille l’exposition Flops au musée des arts et métiers. Gaston Lagaffe y était l’ambassadeur des inventions bidons voire dangereuses. À la Monnaie de Paris, Gaston est carrément affiché sur la façade de cette institution située quai de Conti dans le 6eme arrondissement.

L’exposition Cling, la BD parle cash regroupe plus de 200 œuvres : des planches originales, des couvertures d’albums, des œuvres patrimoniales… L’exposition met en lumière huit archétypes de personnages de BD, tous intéressés par l’argent à leur manière. Cette exposition destinée aux adultes et aux adolescents à partir de 14 ans, fermera ses portes le 6 septembre prochain.

La visite commence sous les lustres du salon d’honneur. La Monnaie de Paris a commandé à huit grands noms de la BD francophone de réaliser huit grands panneaux représentant ces fameux archétypes : les aventuriers et aventurières, les épargnants, les voleurs, les milliardaires (un Elon Musk zombie qui m’a bien fait flipper), les joueurs, les alchimistes, les faussaires, les marginaux…

Ici les BD sont en libre-accès pour les visiteurs, j’ai reconnu deux albums que je lisais enfant : Madame Adolphine de la série Benoit Brisefer et Spirou et Fantasio à New-York, éditions Dupuis. Je me suis surtout focalisée sur la BD jeunesse dans cette exposition. J’ai d’ailleurs crée une série Icônes d’enfance autour de la BD jeunesse belge et française.

Mon avis :

J’ai été bluffée par la qualité scientifique de cette exposition. Elle est le fruit de la collaboration entre un ancien commissaire priseur et un dessinateur de BD.

Même si ce n’est pas son but premier, j’ai trouvé qu’elle expliquait bien aux plus jeunes l’économie au quotidien, l’intérêt d’épargner avec ces fameuses tirelires- personnages de BD.

Il y a un autre musée récent : Citéco dans le 17eme arrondissement, le musée dédié à l’économie avec une exposition récente consacrée à Astérix et Obélix.

J’ai vraiment apprécié l’originalité de cette thématique si riche pour une exposition de société. Qu’importe le regard que l’on porte sur l’argent, que l’on soit cigale ou bien fourmi, capitaliste ou altermondialiste, le plus intéressant dans cette exposition, c’est le propos que transmet la Bd à travers des personnages très originaux. Que ce soit les Dalton qui braquent une banque ou Picsou qui saute dans sa piscine, les personnages de BD marquent l’imaginaire des enfants dans leur rapport à l’argent.

J’ai eu un vrai coup de coeur pour cette exposition car elle a su susciter des souvenirs de lecture d’enfance pour moi. Et surtout les personnages de BD sont tellement inspirants pour parler d’argent, qu’ils soient pauvres ou riches. Par exemple, Les Rapetout ou Pat Hibulaire sont révélateurs dans la culture populaire d’affreux jojos avides d’argent.

Enfin, dans la rédaction où je travaille, je m’occupe du courrier des lecteurs. J’ai été très émue de lire que celui du journal de Spirou servait à cacher des messages codés de la Résistance en Belgique pendant la seconde guerre mondiale.

La Monnaie de Paris a organisé une belle programmation familiale autour de l’exposition avec un atelier de création de planche originale avec Macha, illustratrice de BD.

Mais aussi quatre projections de cinéma en plein air du 1er au 4 juillet : des films adaptés de bande dessinée tels que Persépolis, Astérix et Obélix : mission Cléopâtre, Le château ambulant ou encore OSS 117 : Le Caire, nid d’espions.

Cling ! L’expo BD parle cash, La Monnaie de Paris, quai de Conti, 75006, jusqu’au 6 septembre, gratuit pour les moins de 26 ans, tarif réduit : 10€ pour les porteurs du pass Navigo, du mardi au dimanche de 10h à 18 heures. Nocturne le mercredi soir jusqu’à 21 heures.

BD & romans graphiques

Que valent les retours en librairies de Gaston Lagaffe et Astérix?

Cet automne, l’actualité littéraire est marquée par les sorties en librairie des albums de deux locomotives du 9eme art : Astérix (tiré à 5 millions d’exemplaires) et Gaston Lagaffe (800 000 exemplaires édités par Dupuis.

Derrière la bataille des chiffres de vente dont raffolent les journalistes, se cachent des générations de lecteurs comme moi qui ont découvert la passion de la lecture avec Gaston à 7 ans. Avec mon frère, on décalquait les dessins d’Obélix pour faire comme Uderzo…

La qualité du trait graphique : avantage Gaston.

Quand j’étais enfant, j’ai eu un vrai coup de coeur pour l’univers de Gaston Lagaffe : le petit chat tellement mignon, la mouette rieuse, Mademoiselle Jeanne l’amoureuse éperdue, la vieille voiture antique totalement foutraque, le gendarme fou Longtarin, son instrument de musique aux sonorités et aux vibrations insoutenables, ses inventions géniales…

Et surtout cette mise en abyme d’un bureau de dessinateurs de BD. Gaston et Spirou sont les meilleurs ambassadeurs de la BD belge dans le monde entier.

Je pense sincèrement que c’est la lecture de Gaston Lagaffe qui m’ a donné envie de travailler dans une maison d’édition.

André Franquin était réputé pour son sens du rythme pour que les gags qu’il dessinait aient une forme de dynamisme inégalée, sa ligne claire était reconnue dans le milieu de la BD. Cela donna à son successeur québécois Delaf une sacrée pression : quatre ans de travail pour quarante-quatre pages de gags.

Le retour de Lagaffe est donc une réussite : Delaf n’a pas commis d’impair mais cela reste quand même une succession de gags en entreprise tel une compilation d’anciens albums.

Cependant, j’ai bien aimé la chute de l’album avec ce personnage du dessinateur raté qui tire son épingle du jeu…

L’originalité du scenario : avantage Astérix avec ce nouveau album L’iris blanc.

Enfant, je lisais comme tout le monde Astérix mais sans réel attachement aux personnages comme celui que j’avais pour Le petit Spirou, Les Tuniques bleues, Gaston Lagaffe, Natacha, Benoit Brisefer…

J’ai redécouvert le plaisir de lire Astérix il y a quelques années avec les albums de Jean-Yves Ferri et Fab Caro. Pourtant les premières pages de l’Iris blanc. Je trouve sa palette chromatique un peu moche, le César de Vincent Cassel au cinéma avait un port beaucoup plus altier.

Mais la qualité du scénario de l’Iris blanc m’a bluffée. On retrouve totalement le regard critique de Goscinny et Uderzo sur la société de leur temps et les travers de leurs contemporains. Ce nouveau album s’amuse de la parole bienveillante totalement galvaudée au détriment de l’esprit critique et de l’authenticité.

Cet album promet bien des rires mais il apporte une vraie réflexion de fond sur la bienveillance à tout prix. C’est une très bonne étude des relations humaines. Astérix est la BD marquante de mon année 2023 !.

En écrivant cet article, j’ai voulu faire des recherches un peu plus poussées sur ces deux phénomènes éditoriaux que sont Astérix et Gaston Lagaffe. Crées respectivement à la fin des années 1950, Gaston Lagaffe et Astérix cumulent des chiffres de ventes tout à fait démentiels.

La BD est une industrie du livre aussi dynamique que la littérature. Il a été vendu entre 1957 et 1996, date de la mort de Franquin, plus de 32 millions d’exemplaires des 21 albums de Gaston Lagaffe, traduits en 27 langues.

Astérix est la bande dessinée la plus vendue au monde puisque son 40eme volume L’iris blanc, va lui permettre de franchir bientôt la barre des 400 millions d’exemplaires vendus. Cocorico, Astérix vend mieux que le voisin belge Tintin et ses 220 millions d’albums.

Commercialement parlant, c’est donc une très bonne idée de lancer un nouvel album de Gaston Lagaffe en même temps qu’un nouvel Astérix, cela permet des ventes additionnelles !

Les derniers albums de Gaston Lagaffe et Astérix, symboles de la BD francophone vont rejoindre l’Australie pour garnir le sapin de Noël de mon frère et sa famille, installés à Melbourne. Ce sont des souvenirs d’enfance inégalables.

D’autres articles qui célèbrent le 9eme art dans ce blog :

-On a testé l’exposition Tintin, une aventure immersive à l’Atelier des lumières.

Asterix fête ses soixante ans