Avec ma fille de sept ans, nous étions les derniers visiteurs de l’exposition Flops au musée des Arts et Métiers qui affichait complet depuis quinze jours.
Le musée des Arts et Métiers de Paris est l’un des plus vieux musées techniques et industriels au monde. Il a été fondé en 1794 pour documenter le progrès technique à travers plus de 80 000 objets.
Il se trouve dans le centre de Paris non loin de la place de la République et du Centre Pompidou. Ce musée est un symbole de la Révolution française qui glorifie le progrès scientifique. Il a investi une ancienne église : Saint Martin des champs et son prieuré. On se sent vraiment dans un lieu exceptionnel sous la charpente du dernier étage.
En ce moment, vous êtes accueillis à l’entrée du musée par Zeus, le cheval en acier articulé pour naviguer sur la scène lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024. L’œuvre est belle mais le symbole apocalyptique qui me paraît évident m’a donné envie de passer rapidement mon chemin pour entrer dans le musée.

Quelles sont les raisons de ce succès ?
Tout d’abord, le titre de l’expo et son affiche sont accrocheurs. On sent que cette visite sera drôle voire cocasse. Cela nous rappelle ces livres marrants dans les années 1990 qui compilaient les inventions folles de Géo Trouve tout…
J’ai voulu voir cette exposition car elle défend un propos original et rigolo. Nous vivons dans une société qui porte aux nues la réussite, la performance. Le sous-titre de l’exposition c’est oser, rater, innover. J’aime beaucoup son parti-pris d’expliquer que neuf inventions sur dix sont des échecs et que les échecs d’hier façonnent les réussites de demain.
Cette exposition porte un message philosophique qui peut être le départ d’une belle discussion avec ses enfants le soir à table. Et puis, en temps de forte fracture numérique, nous avons besoin de voir des objets matériels, d’en faire le tour comme une sculpture, s’interroger à quoi ils servent…


Un sujet d’exposition en or mais une scénographie totalement loupée.
Il faut souligner la participation à l’exposition Flops de Katerina Kamprani, designeuse grecque qui a volontairement saboté des objets du quotidien pour les rendre impratiques : la fourchette molle à chaînette, les bottes – claquettes qui laissent les pieds mouillés.


Cette installation artistique qui se trouve un peu isolée de nulle part dans le parcours permanent est pour moi, le clou de l’exposition mais le sens de la visite est très mal indiqué. Si je n’avais pas préparé ma visite et lu l’article dans le magazine jeunesse Toboggan, je serai passée à côté de ces objets hilarants.

Les planches de Bd qui détaillent les inventions farfelues de Gaston Lagaffe et ses dégâts sur son entourage sont aussi très mal exploitées alors que c’est une mine d’or comique pour le sujet de l’exposition.
Gaston Lagaffe comme son nom l’indique est l’inventeur incompris du lit-voiture ou de la poubelle télécommandé. À chaque fois qu’il se foire, les enfants se bidonnent. Il est l’ambassadeur de cette exposition !

Ce musée est vraiment riche en objets qui ont fait l’Histoire, sous une superbe charpente au dernier étage mais je trouve leur classement : les transports, les techniques un peu rébarbatif et ennuyeux.
Cela manque de fantaisie et d’éclectisme comme c’est le cas au musée de la Chasse et de la nature qui enrichit ses collections permanentes en laissant carte blanche à un artiste contemporain deux fois par an.
L’exposition Flops a fermé ses portes le 17 mai dernier.
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