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Respirer une bonne odeur de biscuit à l’exposition Lu à Nantes

J’aime beaucoup les expositions de société sur l’histoire d’une entreprise par exemple. Je ne suis jamais allée à Nantes, l’eldorado immobilier de tous les Parisiens exilés en ce moment.

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J’irai bien découvrir le château des ducs de Bretagne avec ma famille pour visiter l’exposition LU, un siècle d’innovation du 27 juin au 3 janvier 2021. Ce château abrite le musée d’Histoire de Nantes. C’est là où tout a commencé pour le 2eme géant mondial du biscuit, les usines Lu sont incontournables dans le paysage économique et culturel de la ville.

Cette marque de biscuits a marqué l’histoire de l’art avec ses réclames publicitaires réalisées par Alfons Mucha entre autres et le fait que l’enfance soit mise en avant comme argument marketing. Le petit dernier de la famille Lefèvre-Utile a sa bobine tamponnée sur des milliards de Petit-écolier depuis 1882.

Cette exposition me paraît être un bon rappel de l’actualité toute récente. On dénigre l’industrie agro-alimentaire à grands cris actuellement mais on peut surtout remercier Dieu de ne pas avoir vécu de pénurie alimentaire pendant ce confinement. Les biscuits m’ont été d’un grand réconfort (j’assume) quand je me demandais combien de temps cette assignation à résidence allait encore durer. Un livre Routiers publié par les éditions de l’Iconoclaste, rend hommage aux routiers qui nous nourrissent quotidiennement et qui ont été vraiment maltraités sur les aires d’autoroute.

Pendant ce confinement, les sacs de farine étaient aussi recherchés que des lingots d’or car la pâtisserie est une valeur refuge quand l’heure est à la peine. Le petit beurre c’est le biscuit universel de la petite enfance, un plaisir sain à l’image de son packaging simple mais terriblement efficace.

La prouesse technique est là : proposer une exposition en odorama. Moi renifler l’odeur des Paille d’or pendant ma visite, ça me motive à prendre le train. Chacun a un lien affectif avec les biscuits Lu. Mon frère et mes parents sont des fans des Figolu pour le sport et les randonnées. Il y a même eu une pétition quand Lu a retiré des grandes surfaces la recette d’origine des biscuits à la figue en 2015.

J’aime ces expositions de société qui rendent compte de notre vie quotidienne, il y a de la matière à étudier pour les musées sur les manières de vivre qui évoluent. Ce confinement nous l’a montré.

Je vous recommande d’autres belles expositions aussi populaires les unes que les autres :

– Les objets du confinement trouvent refuge au Mucem.

– Louis de Funès, meilleur remède contre la sinistrose, à l’honneur à la Cinémathèque française.

– René Goscinny, le génie de l’humour, trésor national français.

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Retourner au musée en compagnie de Louis de Funès.

Il a été l’amuseur de bon nombre d’après-midi télévision pendant le confinement, avec même des records d’audience.

Louis de Funès est un grand enfant qui plait à toutes les générations, même celles qui ne connaissent ni le Minitel, ni Georges Pompidou. C’est la réflexion que je me suis faite ce matin en visitant l’exposition de Funès à la Cinémathèque française.

Il y avait des enfants et ils n’avaient pas l’air de s’ennuyer comme moi quand on me traînait dans des galeries interminables pour regarder des céramiques antiques ou des tableaux barbants (j’en ai redemandé plus tard pendant cinq ans à l’Ecole du Louvre comme quoi…).

Ils avaient même l’air de bien s’amuser à faire des photographies dans la DS de Fantomas ou en regardant des extraits de La soupe aux choux ou bien la danse de Rabbi Jacob.

Cette exposition est une grande réussite populaire, elle touche toutes les tranches d’âge. Après avoir écrit un précédent article sur Louis de Funès, je récidive tellement cette exposition m’a plu pour sa scénographie très intelligente et actuelle.

La première salle est très dense, elle a même provoqué un bouchon en ces temps de distanciation sociale.

On est accueilli par les répliques phares de Louis : « Ma biche », « Foutez moi le camp », « Vous me le paierez« … La première salle fait grand honneur aux génies comiques du siècle dernier qui ont inspiré De Funès : Buster Keaton, Laurel et Hardy, Charlie Chaplin avec des citations du comédien sur les murs…

La deuxième salle très bien conçue met en scène des extraits de La traversée de Paris avec Jean Gabin et Bourvil, mais c’est en noir et blanc, un film légendaire certes mais qui ne m’a pas marquée.

Puis, c’est une avalanche de couleurs dans les salles suivantes avec une large chronologie qui montre en quoi Louis de Funès fut le héros des Trente Glorieuses. Le musée a été généreux en objets et c’est la vraie valeur ajoutée de l’exposition. J’ai étudié au Mucem et j’aime vraiment les objets : le costume extra-terrestre de Jacques Villeret dans La soupe aux choux, les casques de soldats allemands de La Grande Vadrouille, la 2CV toute déglinguée du film Le corniaud. La plus belle pièce est bien sûr la voiture de Fantomas transformée en divan pour les spectateurs…

« J’ai toujours joué ma mère  » Louis de Funès

C’est une exposition très moderne qui se sert des écrans numériques pour toucher les jeunes générations : un écran tactile propose au spectateur de découvrir toutes les expressions du visage de Louis (c’est vraiment une idée de génie), un autre compare les costumes de scène de La folie des grandeurs avec les tableaux de Velasquez, au siècle d’or.

Je me suis vraiment régalée avec cette exposition. Il y avait même une équipe de tournage pour filmer un reportage.

En sortant de l’exposition, je me suis dis que c’était bien dommage de ne pas l’avoir visité avec mon petit frère Ugo. Quand nous étions à l’école primaire, on avait le droit de regarder chaque veille de jour férié un film de Louis de Funès. Et on ne faisait pas les fines bouches à chaque rediffusion, même lycéens, on regardait encore ses films.

Puis, je suis sortie du musée par la rue de Bercy. Les pavillons en pierre meulière étaient superbes et imposants. Je me suis dis qu’il faudrait vite revenir dans le cour, visiter le parc de Bercy et retourner au cours Saint-Emilion depuis le temps.

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Les objets du confinement au Mucem

J’ai trouvé cette idée vraiment géniale et même indispensable compte tenu de cette période historique mais néanmoins assez traumatisante : récolter les objets du quotidien pendant le confinement. Elle émane du MUCEM, un musée de société national qui se trouve à Marseille, dans un lieu unique !

Pendant mes études à l’école du Louvre, les conservateurs du musée furent mes professeurs de la spécialité Anthropologie sociale et culturelle de l’Europe. C’est peu dire que je suis restée à l’Ecole malgré mes nombreux redoublements et échecs parce que cette spécialité me passionnait.

J’ai même eu la chance de faire un stage pour collaborer à l’élaboration de l’exposition Masculin /féminin, le bazar du genre à la caserne du Muy et au fort Saint-Jean en juillet 2011.

Lors de ce stage, j’ai eu la chance d’assister au feu d’artifice du 14 juillet en haut de la tour du roi-René.

Droits réservés. Office de tourisme de Marseille.

Moi, ce que j’aimais étudier c’était les comportements sociaux, les modes de vie tout court. On prend à la rigolade les anthropologues généralement; mais cette discipline s’est révélée vraiment indispensable pour affronter le choc sociétal du confinement.

J’imagine que le Mucem va recevoir une collection d’attestations de déplacement, des casseroles comme instruments de musique pour communier ensemble à 20 heures, des banderoles artisanales pour remercier les soignants, des masques et du gel hydro-alcoolique. Mais aussi des témoignages moins glorieux comme les lettres anonymes des voisins des soignants par exemple.

Le rôle d’un musée de société comme je l’ai compris lors de mes études, c’est de témoigner d’un fait historique particulièrement marquant (le confinement à l’échelle mondiale) en exprimant les mouvements de peur ou de rejets mais aussi les manifestations de solidarité, l’ entraide. Ce n’est pas une mince affaire de sélectionner des objets à la fois esthétiques et porteurs de sens.

Il y a un article de blog qui m’a particulièrement aidée pendant ce confinement, c’est celui écrit par Antoine Nouis, théologien protestant. Il explique que danser et applaudir les soignants, c’est une forme de protestation contre le virus et contre la mort.

Retrouvez ici mon article sur le MUCEM, il y a bien longtemps !

Une banderole de soignants en Dordogne qui remercient les gens qui les applaudissent.

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Deux belles expositions en 2020 pour contrer la froidure de l’hiver

Sans titre (32)Au début de ma carrière de libraire, j’ai eu la chance de remplacer pendant ses congés une des libraires du musée du Louvre chargée des catalogues des expositions à Paris, en France et en Europe.

C’est en automne, que les expositions les plus prestigieuses se déroulent et j’ai ainsi voyagé par les livres : le Victoria and Albert museum de Londres, le musée des tissus de Lyon, le Louvre-Lens, l’ouverture du département des arts de l’Islam au Louvre en 2012…

Depuis que je ne suis plus étudiante, j’ai beaucoup moins de temps pour visiter les expositions, il faut dire que le tarif plein qui avoisine à chaque fois  quinze euros désormais (adieu gratuité totale avec la carte de l’Ecole du Louvre) m’a fait douloureusement redescendre sur terre.

[Au passage, je redis ici mon opposition à la gratuité totale dans les musées, un petit tarif réduit à 4€-5€ pour alléger le plein tarif, ça serait une bonne idée !].

Je délaisse de plus en plus les expositions de peinture, lassée par le manque d’imagination des musées parisiens qui ont épuisé les rétrospectives d’impressionnistes et autres artistes célèbres : ça tourne toujours autour de quelques gros blockbusters comme Léonard de Vinci au musée du Louvre , Picasso, Renoir, Monet, Degas….

Alors je privilégie les musées moins connus comme l’exposition Goscinny au musée d’art juif que j’avais bien aimé il y a deux ans ou encore cette exposition formidable consacrée à la peinture américaine des années 1930 en 2015 au musée de l’Orangerie.

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Je vous recommande donc les expositions consacrées à des auteurs de BD ou des écrivains, des architectes comme des sculpteurs…

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Tolkien, voyage en Terre du Milieu, BNF François-Mitterrand, jusqu’ au 16 février 2020

C’est mon amie Alix qui me l’a recommandée et la BNF conseille à ses visiteurs de réserver compte tenu de la forte affluence. Alors que les films de l’imaginaire ne sont pas du tout ma tasse de thé (j’arrive mal à lâcher mon quotidien et mes petits repères confortables, il faudra que j’en parle à ma psy), j’ai vraiment adoré Le Hobbit au cinéma.

Mon mari n’a pas compris comment je suis arrivée à suivre le second épisode sans avoir vu le premier mais ça m’a vraiment plu : sa petite maison végétale, la course poursuite dans des tonneaux le long d’une rivière….

Comme C. S Lewis, son ami, Tolkien proclamait publiquement sa foi chrétienne et cela se voit dans son oeuvre littéraire. Cette exposition est donc l’occasion de mieux connaître un écrivain majeur de la littérature du 20eme siècle à travers 300 œuvres exposées à la BNF dont de nombreux manuscrits originaux.

Otto Wagner, maître de l’art viennois, Cité de l’architecture et du patrimoine, esplanade du Trocadéro, jusqu’au 16 mars 2020.

Jottowagner‘ai repéré son affiche dans le métro. Je ne connais pas du tout Otto Wagner mais j’aime tellement l’Art Nouveau et la Sécession viennoise que je vais aller à la découverte ! Notre prochain voyage en Europe (avec bébé !) sera surement Vienne ou Prague depuis que nous avons été emballés par Budapest !

Il faut dire que l’oeuvre de Klimt et la Sécession viennoise en particulier marque de son empreinte ce blog depuis sa création puisque c’est mon article le plus consulté depuis plus de trois ans  : Adèle Bloch-Bauer inspire autant la littérature que le cinéma !

Je ne suis pas une fana d’architecture mais la Cité de l’architecture et du patrimoine est un musée formidable. J’aime beaucoup ses reconstitutions de portails gothiques des grandes cathédrales françaises et son cadre géographique (tout près du Trocadéro) vaut le détour.

J’ai repéré dans Elle son café extraordinaire avec sa terrasse unique. Cela s’appelle Girafe et j’ai très envie d’ aller aux beaux jours ! 

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Girafe, le restaurant de la Cité de l’architecture

Et vous dans quel musée aimeriez- vous être enfermé une nuit?

Quelle exposition-phare vous a marqué cet hiver?

D’autres articles consacrés à l’histoire de l’art publiés précédemment  dans ce blog :

– Un biopic formidable consacré au facteur Cheval et son palais à Hauterives

– Adèle Bloch-Bauer inspire la littérature et le cinéma

– Monet, ambassadeur de Giverny dans le monde entier

– René Goscinny, un génie de la bande dessinée

– Guernica, un plaidoyer pour la paix en BD.

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