Romans

La splendeur des Stockton, derrière les mondanités, la cage dorée du népotisme des beaux quartiers new-yorkais

Habituée aux romans d’été d’Elin Hilderbrand qui tournent en ridicule les riches nantis de Nantucket, je m’attendais à un roman un peu léger, un peu frivole, racontant par le menu les mondanités d’une riche famille new-yorkais du quartier huppé de Brooklyn heights.

La splendeur des Stockton, Jenny Jackson, 352 pages 9782386980428, 22€

Et bien non, c’est même un roman assez militant qui détaille tout un système économique et social peu réjouissant : le népotisme ou héritage dynastique qui conditionne et aliène les Américains de bonne famille dès leur plus jeune âge. Et ce n’est guère reluisant.

En lisant ce livre, je me réjouis d’être française, dans un système plus méritocratique et égalitaire où l’on peut quand même faire de bonnes études même si on ne naît pas avec une cuillère d’argent dans la bouche.

Le résumé :

Îlot imprenable au coeur des quartiers chics de New York, l’impressionnante demeure des Stockton semble indifférente au passage du temps. Symbole de l’âge d’or, elle incarne le prestige d’une certaine aristocratie, un héritage heureux et lourd à porter pour les nouvelles générations.
Entre soirées fastueuses, brunchs dominicaux et week-ends en bord de mer, les trois enfants Stockton tentent de composer avec le poids des traditions familiales, leurs propres désirs et l’effervescence de l’époque.
Darley, l’aînée, a renoncé à ses privilèges pour suivre son coeur. Georgiana, la cadette, partagée entre son emploi dans l’humanitaire et sa fortune, cherche sa voie (et le grand amour). Cord, le fils unique, accorde ses pas sur ceux de son père jusqu’à l’arrivée de Sasha. Entrepreneuse, issue d’un milieu modeste, celle que l’on surnomme  » la Croqueuse de diamants  » va bousculer les codes et redonner des couleurs à cette famille au charme un brin suranné !
Une comédie pleine d’esprit et d’ironie qui pétille comme des bulles de champagne.

Mon avis :

J’avais déja lu quelques articles où des grandes fortunes mondiales comme Bill Gates ou Mark Zuckerberg expliquaient qu’ils avaient pris des dispositions pour ne pas léguer toute leur fortune à leurs enfants afin de leur apprendre le sens du travail et du mérite et surtout de répartir de manière plus équitable les richesses mondiales par le biais de fondations philanthropiques.

J’ai aussi lu des témoignages d’héritiers encore plus courageux et responsables qui décidaient de renoncer à leur fortune qui pesait trop sur leurs épaules : réussir par ses propres moyens étant une source de satisfaction bien plus épanouissante que de marcher dans les pas de ses parents.

La comédie des Stockton : richesse, népotisme et quête d’identité

L’intrigue de ce roman est racontée selon le point de vue des deux filles de la famille : Darley et Georgiana ainsi que la belle-fille Sasha, qui vient de se marier avec l’héritier Stockton alors qu’elle vient d’un milieu plus modeste et aussi plus pragmatique.

« Sasha s’était d’abord imaginé que […] sa belle-famille l’accueillerait à bras ouvert. Or pas du tout. Sa famille à elle était à l’image d’un coin banquette dans un restaurant : on pouvait toujours se serrer pour faire de la place à quelqu’un. Celle de Cord était comme une table entourée de chaises, et ces chaises étaient vissées au sol« .

Les jeunes mariés occupent l’ancienne maison des beaux-parents, Chip et Tilda, sur Pineapple street et cela crée de savoureuses frictions familiales. C’est une famille qui a fait fortune dans l’immobilier de luxe à New-York grâce à son appartenance à la vieille bourgeoisie new-yorkaise : leurs ancêtres étaient les premiers colons anglais à s’installer aux Etats-Unis à bord du bateau Mayflower. Darley est mariée avec Malcolm, un jeune banquier d’origine coréenne qui ne vient pas du sérail mais qui a su faire fortune grâce à son expertise.

« Au lycée, Darley connaissait un groupe de filles avec lequelle elle déjeunait parfois quand ses copines étaient malades ou en voyage. On les appelait les « Rice Girls » parce qu’elles étaient blanches et restaient toujours agglutinées entre elles« .

Georgiana, la benjamine de la famille est le personnage le plus complexe de ce roman. D’abord immature et oisive, elle va considérablement évoluer au fil des pages du livre car elle va vivre un deuil terrible puis une histoire d’amour inattendue qui vont l’aider à trouver sa voie personnelle et son identité.

J’ai lu ce roman car je suis curieuse de la manière de vivre des new-yorkais à travers les séries : Gossip girl, Friends, Sex and the city, Une nounou d’enfer depuis toujours. Même si les séries ne sont pas du tout réalistes par rapport aux standards économiques et sociaux des personnages.

En septembre 2025, j’avais vu un film Matérialists qui m’avait fait froid dans le dos tellement c’était cynique. Il racontait le quotidien d’une chasseuse de têtes pour mariages entre-soi où hommes et femmes présentaient leurs atouts financiers non pas pour décrocher un crédit immobilier mais pour se marier. C’est une histoire vraie, pire, certains hommes très fortunés mais trop petits n’hésitent pas à subir une opération douloureuse pour allonger leurs tibias et ainsi être plus grands au bras d’une jolie femme très regardante sur le physique.

Ce roman est très intéressant car il m’a aidé à réaliser que l’éducation de ces enfants de milieux ultra privilégiés est codifiée et ne laisse aucune place à la liberté ni à la fantaisie.

Dans une scène du livre, Darley emmène ses deux enfants un peu turbulents à la piscine d’un club sportif privé. Le maître nageur les vire du bassin car ils s’éclaboussent un peu trop bruyamment, comme n’importe quels enfants. Leur mère est paniquée à l’idée que leur comportement un peu turbulent ne les conduise à être exclus de ce club sportif ultra-select. Les enfants riches n’ont pas le droit de faire des bombes dans le grand bassin ! Leur avenir en dépend !

Je vous recommande ce livre pour sa liberté de ton militante sur le népotisme et l’inégal partage des richesses aux Etats-Unis à l’heure où le président Donald Trump a annoncé la suppression de 90% des financements de l’USAID, pénalisant lourdement le continent africain.

Heureusement, qu’il y a des fondations privées comme celle de Georgiana Stockton dans la fiction, pour redistribuer les richesses de manière plus égalitaires dans le monde. Ou Dolly Parton, qui vient d’une famille très pauvre du Tennessee et qui a donné des millions de dollars pour lutter contre l’illettrisme. Merci Dolly !

Romans

Les secrets de cuisine de Mrs Quinn : Une pâtisserie au bon goût de nostalgie

Comme je l’ai déja indiqué ici, je scrute avec attention les parutions de printemps de littérature française et anglo-saxonne des éditions des Escales. Cette année, j’ai lu quatre livres des Escales, tous des coups de coeur : Donut girl de Lauriane Bordenave, Le plus bel été d’Elin Hilderbrand, La splendeur des Stockton et Les secrets de cuisine de Mrs Quinn !

J’ai passé un très bon moment avec ce premier roman : Les secrets de cuisine de Mrs Quinn car il mêle différents thèmes : dans le cadre d’un concours de pâtisserie en Angleterre, une femme d’un certain âge va se confronter à ses rêves et affronter les secrets du passé avec un courage et une détermination qui l’étonneront elle-même. Assister à la mue d’un personnage principal pétri par ses peurs et ses doutes est un vrai plaisir de lecture.

« Pendant un instant, l’avenir ne lui parut plus être une destination redoutée, un lieu ne promettant que vieillesse et disparition, mais au contraire un espace porteur d’espoir et de possibles. C’était devenu un endroit qu’elle désirait connaître…« .

Le résumé :

Les secrets de cuisine de Mrs Quinn, Olivia Ford, traduit par Emmanuelle Aronson, 9782365699082, 22€50, 400 pages.

Un roman délicieux et réconfortant qui célèbre l’amour à travers le temps et qui prouve que les rêves peuvent se réaliser à tout moment.

Jenny a 77 ans, un mari aimant… et un rêve à réaliser. Passionnée de pâtisserie, elle envoie en secret sa candidature à une émission culinaire populaire. Et elle est retenue !
Devant les caméras, Jenny prend son envol. Mais le stress de la compétition réveille des souvenirs enfouis. Des biscuits au chocolat garnis de meringue italienne lui rappellent une alliance qui n’était pas la sienne, et un simple pain de campagne le moment précis où sa vie a basculé pour toujours…
Avec le passé qui s’invite dans le présent et sa célébrité grandissante, Jenny peine à contenir un secret vieux de plusieurs décennies et qui menace aujourd’hui les fondations mêmes de son mariage. En se plaçant sous les feux de la rampe, Jenny a-t-elle créé la recette d’un désastre ?

Mon avis :

J’ai voulu lire ce premier roman qui me rappelait beaucoup Julie and Julia, 2005, un film que j’affectionne énormément avec Meryl Streep, Stanley Tucci et Amy Adams. Il raconte le défi d’une blogueuse culinaire new-yorkaise qui se lance à réaliser les recettes de Julia Child, une célèbre cuisinière qui avait sa propre émission de télévision dans les années 1960 aux Etats-Unis.

J’ai trouvé de nombreuses similitudes entre Julia Child et Jenny Quinn, l’héroïne de ce roman : elles n’ont pas élevé d’enfant, leur mari dans la force de l’âge fut un soutien inconditionnel à leurs projets face à leurs doutes, et enfin elles ont toutes les deux réussi un exploit personnel qui les a transformé en tant que femmes grâce à la cuisine.

Un réseau de personnages attachants qui gravitent autour de Jenny

J’ai particulièrement aimé ce roman parce qu’il décrit avec justesse et tendresse le quotidien d’un couple âgé qui n’a pas accueilli d’enfant sous son toit. Jenny et Bernard jouent un peu le rôle de grands-parents de substitution pour les enfants de leur nièce Rose, Poppy et Max. Mais on perçoit ce décalage social avec leurs voisins Ann et Fred qui ont leur âge et de nombreux petits-enfants.

Ce couple de voisins est savoureux à lire dans ses maladresses et surtout les reparties de la voisine Ann. Elle est pleine de bonne volonté mais elle manque parfois de tact avec Jenny et on sent une forme de comparaison entre les deux femmes, fort intéressante à cerner pour comprendre les richesses et les lacunes humaines.

Jenny va également rencontrer des personnes marquantes lors du concours de pâtisserie, Carys, la productrice de l’émission qui va avoir un coup de coeur pour elle et surtout Azeez, l’un de ses concurrents du concours qui est bien plus jeune qu’elle et qui va aider Jenny à « accoucher » d’un secret qui la tourmente depuis plus de cinquante ans.

Des recettes de pâtisseries qui convoquent des souvenirs du passé.

Les secrets de Mrs Quinn, c’est un gros pavé de 400 pages comme je les affectionne. La narration se structure en trente-quatre chapitres qui portent le titre d’une recette de cuisine. Chaque recette de cuisine rappelle un souvenir de Jenny plus ou moins récent, heureux ou malheureux. Tout au long du roman, on observe à chaque chapitre une alternance entre le passé de Jenny signifié en italique au début du chapitre puis sa vie quotidienne pendant sa participation au concours Passion pâtisserie.

Ce procédé est particulièrement efficace surtout pour un premier roman. Olivia Ford est une productrice de télévision qui habite à Londres, elle a su décrire avec brio un environnement familier pour elle : le concours de pâtisserie, de la télé-réalité bienveillante et familiale décliné dans tous les pays. On s’attendrait même à voir surgir Mercotte et Cyril Lignac, de l’émission Le meilleur pâtissier sur M6.

Les secrets de Mrs Quinn est un excellent feel good roman car il raconte l’intimité affective d’un couple âgé, à l’automne de sa vie.

La douceur des pâtisseries, le meilleur des remèdes face aux traumatismes du passé.

Jenny a perdu sa mère jeune et elle a dû supporter le caractère difficile de sa tante qui s’est occupée d’elle en essayant de remplacer sa mère de façon très maladroite : elle portait même l’un des cardigans de la défunte. Jenny travaillait dans un boutique alors qu’elle était au lycée et elle est tombée sous le charme d’un beau parleur qui l’a mené tout droit à la chambre à coucher alors qu’il était marié.

La manière dont il accueille la nouvelle de sa grossesse surprise est écœurante : il lui fait bien comprendre qu’elle a fait une sacrée erreur tout en la laissant lâchement tomber.

Jenny va se retrouver dans un pensionnat pour filles-mères totalement inhospitalier quelques mois le temps de préparer le trousseau pour son futur bébé et d’y accoucher sans aucun accompagnement humain de la part du personnel de ce pensionnat. Pire, on évitait de soulager leur douleur quand il était possible de le faire comme pour les « punir » de leur « faute ». Personne ne cherchait à blâmer celui qui était aussi à l’origine d’une naissance et qui n’avait pas assumé ses responsabilités. Olivia Ford a mis en lumière avec ce roman la situation de 185 000 filles mères qui vécurent ce traumatisme en Angleterre et au Pays de Galles entre 1949 et 1976.

Enfin, j’ai passé un excellent moment de lecture cet été grâce à ce beau roman qui m’a un peu réconciliée avec la télé-réalité quand elle prône de bons sentiments conviviaux. Il s’agit d’un très beau portrait de femme et plus largement d’une belle vision de l’amour quand le couple vieillit ensemble après cinquante ans de mariage.

« Je dirais que ma véritable réussite, c’est mon union avec mon mari Bernard – nous célébrons cette année nos noces de diamant et je l’aime de tout mon cœur. Cependant, alors qu’il s’achemine dignement vers le crépuscule de sa vie, j’ai commencé à me demander ce que j’avais accompli. Quand l’heure sonnera, que laisserai-je derrière moi sur cette terre ? Rien, sinon peut-être quelques recettes dans le placard de ma cuisine « .

Extrait du livre Les secrets de cuisine de Mrs Quinn.

Une liste de tous les romans et les films que j’aime qui se déroulent en Angleterre :

La dernière conquête du major Pettigrew, tomber amoureux à n’importe quel âge

Rendez-vous ici, comment une randonnée boueuse fait éclore une histoire d’amour.

Romans

15 idées de romans pour ce printemps semi-confiné !

Au fil de ces confinements et plus particulièrement en mars quand j’ai dû m’isoler dix jours à cause de cet affreux variant anglais, j’ai constaté à quel point la lecture de romans était le meilleur moyen d’évasion face aux couvre-feux, aux gestes barrières, aux attestations de sortie et tout le tintouin…

Même quand vous êtes parqués à dix kilomètres de votre domicile, en rêvassant aux valises à préparer, aux couloirs d’aéroport ou de gare à arpenter… Un chouette bouquin dans votre nouveau canapé, vous envoie à New-York, dans la jungle ou sur une île déserte. La littérature a ce pouvoir et il n’a pas de prix surtout en ce moment.

Les librairies ont rejoint la liste des commerces essentiels fin février, preuve que le livre est un produit de première nécessité.

J’ai voulu vous lister quinze romans qui m’ont marqué et pourquoi. Je n’ai sélectionné que les romans que je relirai volontiers ou que j’ai déja relu deux ou trois fois…

Les romans young adult de l’Ecole des loisirs

Sauveur et fils, les six épisodes de la série, Marie-Aude Murail, Ecole des loisirs

Je lis les romans de Marie-Aude Murail depuis longtemps : Oh boy ! , La fille du docteur Beaudoin, Papa et Maman sont dans un bateau… car j’aime son acuité à analyser la société française et surtout les relations familiales, les non-dits et les sentiments enfouis. Son apogée est atteinte avec cette série Sauveur et fils à laquelle je ne trouve aucun défaut et que je relis avec plaisir à chaque confinement.

Quatre soeurs, Malika Ferdjouhk, Ecole des loisirs

J’ai découvert ce roman graphique en quatre ou cinq épisodes à la bibliothèque Baudoyer du 4eme arrondissement. J’ai dévoré cette série géniale qui s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux jeunes adultes. Elle décrit une belle fratrie de filles qui habite un grand manoir en bord de mer. Cela parle de deuil, d’entraide et d’amour familial.

Les romans young adult de l’Ecole des loisirs sont ma référence ultime depuis de très nombreuses années, je n’en découvre pas assez à mon goût. Il faut que je creuse leur fonds.

Les feel good ou romans générationnels à la française

L’odeur de la colle en pot, Adèle Breau, J-C Lattès

J’ai découvert cette auteure assez connue dans un recueil de nouvelles : Orgueil et Préjugés version moderne à Noël, un couple enfermé dans un magasin de jouets. Son écriture m’a bien plu, j’ai eu une belle émotion avec son roman qui m’a rapidement fait penser à mon film phare La boum avec Sophie Marceau mais la comparaison était bien agréable. L’auteure m’a cueillie à la fin du livre, je ne vous en dit pas plus.

La vie rêvée des chaussettes orphelines et tous les romans de Marie Vareille, Charleston

J’ai découvert cette auteure grâce à la Kube qui m’a offert une box des libraires fantastique alors que je désespérais du genre feel good que je commençais à juger trop marketing. J’aime la manière dont Marie Vareille dépeint avec beaucoup de finesse la psychologie et les drames intimes de ses personnages. C’est drôle, léger et générationnel mais c’est très subtil.

Droits réservés Café Powell

Les stagiaires et Indéterminés de Samantha Bailly, éditions J-C Lattès.

Dans un autre genre générationnel, mon vrai coup de cœur pour cette trilogie qui se passe dans une entreprise de jeux vidéos autour d’un groupe de stagiaires.

Ce sont des jeunes adultes qui vivent dans l’oisiveté ou la précarité mais tous cherchent un sens à leur vie, trouver le grand amour même si la manière dont ils cèdent à leurs pulsions, papillonnent sentimentalement me heurte de plus en plus dans mes choix de films ou de lectures.

Les auteurs anglo-saxons vendent des histoires d’amour et des relations beaucoup plus loyales et fidèles que dans la culture française. Cela me saute de plus en plus aux yeux.

Les auteurs anglo-saxons qui parlent des relations avec plus de fidélité que l’amour rabelaisien

Brooklyn, Colm Toibin, 10/18

Mon plus beau coup de cœur de cette liste : une histoire d’amour tellement belle et profonde. J’ai découvert ce roman grâce à une affiche du film, son adaptation littéraire au cinéma.

Ce roman qui parle d’exil et de quête identitaire quand on est jeune adulte, je l’ai lu trois fois et je pourrais le relire encore et encore. Il m’a accompagné une semaine de travail assez harassante au salon du livre de Paris en 2016, quand je n’étais pas très motivée par les deux heures de trajet quotidienne entre la porte de Versailles et chez moi.

La chorale des dames de Chilbury,Jennifer Ryan, Albin Michel

Ce livre m’a accompagné une semaine de canicule où j’étais malade à cause de la chaleur, de la climatisation et de la pollution à Paris. J’ai bien aimé ce roman historique anglais qui raconte les bombardements dans un petit village pendant la seconde guerre mondiale et comment les femmes du village ont résisté à la guerre en montant une chorale.

La dernière conquête du major Pettigrew, Helen Simonson, éditions 10/18

Déjà lu deux fois, ce premier roman m’a beaucoup inspirée pour mieux connaître l’Angleterre et notamment son ancien empire colonial auquel le roman fait souvent référence. Il raconte l’histoire d’un major aristocrate et d’une épicière pakistanaise qui vont lier amitié, écœurés par la bêtise humaine et l’opportunisme de leurs descendants.

Une excellente critique du jeunisme à la fois tendre et piquante.

La couleur des sentiments, Kathryn Stockett, Jacqueline Chambron

Mon crush lecture de longue date. J’ai découvert le jeu d’Emma Stone, Octavia Spencer et Jessica Chastain dans ce film de bonnes femmes. Je le dis avec sympathie, les femmes sont omniprésentes dans ce roman et elles ont un choix à faire : l’amour ou la bêtise.

Même quand on est raciste et qu’on vit dans un état du Sud bas de plafond, on s’attache à sa bonne noire qui transmet de l’amour aux enfants blancs avec naturel.

Je comprend pas la polémique qui accuse ce roman de racisme alors qu’il est vraiment formidable : tout est dit dans le titre. Ras le bol de la cancelled culture !

Les personnages des romans de Mitch Albom, Pocket

Une fois n’est pas coutume, c’est mon mari qui m’a fait découvrir cet auteur à la médiathèque Marguerite Duras. Pendant tout un été, trajets Bla bla car, voyage caniculaire en Toscane et transit en Bulgarie, j’ai lu ses cinq livres de poche les plus connus.

Mitch Albom est un auteur très connu aux Etats-Unis, un peu en France aussi. Il écrit des livres très autobiographiques ou très fantastiques pour aborder le thème de la foi chrétienne avec beaucoup de style. Ses personnages sont tous très travaillés et apportent une réflexion sur le sens de la vie. Des livres qui ont intégré notre bibliothèque familiale à jamais.

Nos âmes la nuit, Kent Haruf, Robert Laffont

J’ai découvert ce roman grâce au film, adapté du livre avec Robert Redford et Jane Fonda. Encore une fois, les Américains n’ont pas de tabou à aborder les relations amicales et même sexuelles des seniors alors qu’en France, on envoie les anciens en Ephad comme les salariés au placard : on ne les voit plus, on n’en parle plus.

Dans ce roman, les deux protagonistes approchent les quatre-vingt ans et on leur donne une voix pour parler désir, déceptions familiales, regrets et même projets d’avenir. Un roman qui donne un bon coup de pied aux fesses aux préjugés.

Les anges et tous les saints et Maine de Sullivan, Livre de poche

J’ai lu tous les romans de cette auteure américaine irlandaise que j’ai découvert par hasard dans les rayons de la médiathèque Marguerite Duras dans le 20eme.

A l’époque, j’allais régulièrement rendre visite à une amie Karine, qui était en convalescence chez elle à Choisy-le Roi.

Le trajet en bus et en tramway était un peu long mais passionnant avec ses romans de familles très bien dépeintes sur le plan psychologique. Un régal de littérature !

Les romans français qui me plaisent tout de même

Venise n’est pas en Italie, Ivan Calbérac, Livre de poche

Un bon roman poilade qui m’a bien fait rigoler en imaginant Benoit Poelvoorde et Valérie Bonneton comme les parents déjantés de ce pauvre garçon blond qui veut intégrer un cercle un peu plus distingué que celui de sa famille qui voyage en caravane jusqu’à Venise. Un joli clin d’oeil à Johnny Clegg et à mon enfance !

Le prince à la petite tasse, Emilie de Turckheim, Calmann-Levy

Un récit de vie puissant, une expérience humaine de l’accueil de l’autre avec beaucoup de poésie. Ce n’est pas mon style littéraire habituel mais l’auteure m’a beaucoup touchée par son humanité et sa simplicité à verbaliser l’amour du prochain même quand il n’est pas toujours évident à manifester.

Je vous invite à me recommander vos derniers coups de coeur littéraires car je suis dans un désert de lectures depuis janvier.

N’allez pas croire que je me régale chaque semaine avec un bon roman comme je suis libraire. Je m’avère être une redoutable et intransigeante lectrice qui se décourage vite d’un livre si le style et les thèmes abordés ne me convainquent pas dès les dix premières pages.

J’admire les courageux lecteurs qui persévèrent au bout de 150, 200 pages. Je suis bien embêtée parce que lire chaque semaine un bon roman est tellement agréable pour divertir au mieux mes trajets répétitifs quotidiens en RER.

La routine de la semaine est beaucoup plus agréable à vivre avec un bon pavé passionnant.

Pour trouver une pépite, je sonde le blog de Fiona, bibliothécaire et blogueuse littéraire reconnue de Pretty little books, que j’ai découvert dans Livres Hebdo mais je manque de temps pour faire des recherches plus approfondies.