J’ai découvert le travail très coloré de David Hockney au bureau grâce au hors-série de Télérama. J’aime énormément son dessin naïf qui donne espoir à tous ceux comme moi qui dessinent comme des élèves de maternelle.
David Hockney est un vieux monsieur anglais de 88 ans qui porte de petites lunettes rondes et qui a eu une carrière artistique bien remplie puisque sa rétrospective organisée par la fondation Louis Vuitton contient plus de 400 oeuvres réalisées entre 1955 et 2025 (70 ans de carrière).
Il a peint de nombreux portraits et paysages aux couleurs acidulées et attirantes en s’appuyant sur la photographie. Il est un peintre de l’hyper réel.
J’ai beaucoup aimé la vidéo d’introduction sur grand écran où il a tenu à accueillir les visiteurs de l’exposition. Il faut dire que la rétrospective n’a pas désempli entre le 9 avril et le 31 août. Nous attendons les chiffres définitifs (l’exposition termine demain dimanche).
Je n’avais jamais vu une telle affluence dans un musée, l’exposition attirait aussi les enfants. Dont ma fille de six ans qui a vraiment adhéré à son univers : elle a aimé les grands paysages du Grand canyon, l’installation vidéo avec les danseurs et surtout la grande salle à la fin qui mettait en scène les opéras illustrés par David Hockney. C’était encore plus complet que les expositions de l’Atelier des lumières.
Il faut dire que dans cette grande salle animée, nous pouvions nous allonger sur des grands coussins de la marque Fatboy et ce fut un moment privilégié avec ma fille. Je suis ravie de la voir être sensible si jeune à l’art et aux expositions comme je le suis moi même.
Cet été, nous sommes allées visiter la cité des Sciences avec ma fille pour découvrir la rénovation de la cité des enfants 5-10 ans. Et j’attendais beaucoup de cette visite ensemble, puisant dans mes propres souvenirs. J’ai été sacrément déçue car j’ai trouvé le propos muséographique complètement à coté de la plaque.
Heureusement, nous nous sommes bien rattrapés avec l’exposition Hockney, une rétrospective très riche qui a pris en compte le public jeunesse avec un livret de jeux exceptionnel.
En définitive, j’ai été sacrément impressionnée par la fondation Louis Vuitton. J’avais quelques a-priori car jusqu’à présent leur programmation ne m’ avait pas convaincue. Je trouvais le billet d’entrée cher compte tenu qu’il n’y a pas de collection permanente à visiter en supplément. En fin de compte, le fait que le billet d’entrée (18€) soit couplé avec une entrée au jardin d’Acclimatation (9€ par adulte) est une excellente opération.
La fondation Louis Vuitton est un joyau architectural qui a révolutionné le quartier des Sablons à Neuilly. C’est un musée qui compte dans le paysage culturel parisien et il serait vraiment dommage que vous passiez à côté de ce trésor ! .
Merci la RATP de m’avoir signalé la tenue de l’exposition de photographies d’Audrey Tautou intitulée Superfacial. Ainsi j’ai découvert que Quai de la photo était une vraie péniche amarrée Quai de la gare.
Cette exposition gratuite est très courte mais très riche.
En fin de compte, plus qu’une exposition photographique, je trouve qu’elle apporte une véritable réflexion sur la notoriété, la médiatisation dans l’industrie cinématographique. Il ne faudrait pas que les acteurs et les actrices deviennent des produits de l’industrie.
« CE QUI M’IMPORTE DANS TOUT ÇA, C’EST DE POUVOIR OBSERVER DES GENS SANS AVOIR À SUBIR LEUR REGARD. »
J’ai bien aimé le texte de présentation dans lequel Audrey Tautou se présente comme une star internationale. C’est la vérité. Elle est devenue un visage connu dans le monde entier grâce aux films Le fabuleux destin d’Amélie Poulain en 2001 puis le moins fabuleux Da Vinci code en 2006.
Il faut dire qu’ Amélie Poulain avec son petit visage poupin tout droit sorti de Montmartre est l’archétype de la Parisienne, la petite Française qui s’exporte partout dans le monde (pour ceux qui résument La France à Oui oui baguette !). Audrey a réunit un cabinet de curiosités avec les nombreuses lettres reçues de ses admirateurs et aussi d’un détracteur.
Je vous invite à consulter le dossier de presse de l’exposition où Audrey Tautou explique plus en détail sa démarche. Il y a une photographie assez marquante où l’actrice est couverte de sacs à main dans une grande pièce.
Cette photo est assez criante pour exprimer la main mise de la mode et du luxe dont les actrices et les acteurs deviennent des porte-manteaux ambulants. C’est un peu rude comme analyse de ma part mais il ne faudrait pas que la publicité, la promotion prenne le pas sur l’art du cinéma.
Je pense que j’aime beaucoup Audrey Tautou pour son visage poupin même si elle approche la cinquantaine. Elle ressemble beaucoup à Audrey Hepburn et son élégance naturelle lui permet de tout jouer.
Ces six films portés par Audrey Tautou que j’ai tant aimé, parmi les 40 dans lesquels elle a joué :
Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, 2001
J’aime beaucoup ce film iconique qui m’a fait aimer Montmartre avant de venir vivre à Paris quatre ans plus tard. Il y a un florilège de très bons acteurs qui portent ce film très poétique et bourré de références franchouillardes. Ce film s’est très bien exporté dans le monde entier. Il a changé la vie d’Audrey Tautou.
Ensemble c’est tout, 2007
J’ai tellement aimé ce roman d’Anna Gavalda et je trouve qu’Audrey Tautou joue à la perfection Camille, ce personnage douée mais sacrément torturée. Son idylle avec Franck joué par Guillaume Canet est très jolie et cette belle histoire d’entraide m’a fait beaucoup de bien pendant mes études.
Un long dimanche de fiançailles en 2004, adaptation du roman de Sébastien Japrisot.
C’est pour moi le plus beau rôle d’Audrey Tautou. Cette jeune femme qui boite et qui traine sa peine dans les tranchées à la recherche de son amoureux. J’ai vraiment aimé passionnément ce film quand j’avais la vingtaine. Il raconte vraiment l’impact de la guerre de 14/18 sur des générations de familles françaises. Audrey y joue Mathilde une femme amoureuse et déterminée.
L’auberge espagnole, Poupées russes, Casse-tête chinois de Cedric Klapisch en 2002-2005 et 2013.
Elle joue Martine, l’amoureuse intermittente de Xavier. Autant dans L’auberge espagnole, son personnage est assez lénifiant à toujours râler. Autant, elle est drôle et lumineuse dans la suite Les poupées russes. Son duo avec Romain Duris fonctionne très bien.
Coco avant Chanel, le biopic de Gabrielle Chanel, en 2009.
Celui-ci, je ne l’ai pas encore vu mais c’est évident qu’Audrey Tautou était l’actrice idéale pour l’interpréter. Elles viennent toutes les deux d’Auvergne. Audrey a une forme de beauté androgyne et c’est naturellement que la maison Chanel la choisie comme égérie.
La délicatesse, 2011 : adaptation du roman éponyme de David Foenkinos.
C’est un beau film qui raconte le deuil d’une jeune femme, Nathalie. Elle va rencontrer un collègue de travail terne et maladroit qu’elle va un jour embrasser de manière irrésistible. Encore une fois, Audrey Tautou était l’actrice idéale pour jouer la délicatesse mais aussi la subtilité.
Exposition Superfacial, jusqu’au 10 septembre, 9 port Quai de la Gare, 75013 Paris, de 12 h à 01 heure. Entrée gratuite.
Mercredi soir, j’ai profité d’une nocturne à l’Institut du monde arabe pour visiter l’expositionLe mystère Cléopâtre qui vient d’ouvrir le 11 juin dernier.
C’était une drôle de sensation d’assister à cette exposition car Cléopâtre est à la fois une figure familière : on connait son histoire d’amour contrariée avec Jules César à travers la BD et la comédie d’Alain Chabat mais aussi totalement étrangère : on ne connait que trop peu son rôle fort réussi de cheffe d’Etat de l’Antiquité.
A travers les collections de musées : peintures, sculptures, estampes, manuscrits, objets archéologiques, bijoux et monnaies, costumes, projections, photographies, cette exposition thématique cherche à répondre à une problématique.
Pourquoi Cléopâtre fascine t-elle encore deux mille ans plus tard ?
Je vous recommande cette exposition passionnante que l’on peut visiter avec des enfants à partir de neuf ans. L’exposition est très complète sans être trop longue ni ennuyeuse.
La première partie est consacrée à l’archéologie avec des pièces de monnaie, des miroirs pour signifier à quel point Cléopâtre a marqué son temps. Son règne de vingt ans a été florissant malgré la légende noire bâtie de toutes pièces par des auteurs romains bien misogynes et racistes.
Cette image sulfureuse a également été reprise par les peintres orientalistes du 19eme siècle comme Gérôme ou Cabanel. Cléopâtre considérée comme une sorte d’Eve pécheresse, est souvent dénudée. Son suicide retentissant l’a élevée au rang de mythe et a provoqué des répercussions hasardeuses sur son rôle de Cheffe d’Etat.
Cette exposition a aussi voulu rétablir les faits historiques. Les 250 oeuvres présentées viennent du musée du Louvre, de la Bibliothèque nationale, du château de Versailles, d’autres musées de France et d’Espagne, des États-Unis, d’Italie et de Suisse.
Du théatre au cinéma : Cléopâtre, une icône de mode avec ses bijoux, ses parfums, ses onguents et un maquillage caractéristiques.
Cléopâtre fut une reine grecque et égyptienne, ambassadrice d’une civilisation millénaire. On la reconnait rapidement grâce au fard à paupières turquoise très couvrant et au khôl si caractéristique. Le maquillage est l’une des plus belles inventions de l’Egypte antique, bien entendu que Cléopâtre en fut l’ambassadrice comme l’analyse très justement ce billet de blog.
Ce trait esthétique a été repris au théâtre et au cinéma car le bain de la reine est un élément très cinématographique. La sortie du film avec Liz Taylor sous les traits de Cléopâtre en 1963 a fait accroitre sa popularité à travers les frontières. La reine est réputée pour sa beauté et sa sensualité mais elle représente un stéréotype kitsch de l’Egypte antique.
Deux ans après la sortie du film, Goscinny et Uderzo publient une nouvelle aventure d’Astérix le gaulois qui se déroule en Egypte pour venir en aide à l’architecte Numérobis : Astérix et Cléopâtre. La couverture de l’album est une référence directe au péplum hollywoodien dans la posture des personnages.
Cet album de BD s’est venu à 350 000 exemplaires, Astérix étant devenu un phénomène de société depuis sa création en 1959. D’ailleurs, Cléopâtre et Jules César sont des personnages récurrents de la série Astérix avec des références au fils adultérin du couple qu’il faut souvent secourir.
Ce qui m’a particulièrement plu c’est que cette exposition fait appel à la culture populaire que l’on connait tous : le cinéma, la publicité, la bande dessinée…
J’ai été émue de me retrouver devant les costumes et le trône de Monica Bellucci, inoubliable Cléopâtre de l ‘adaptation de la BD en comédie: Astérix et Obélix, mission Cléopâtre.
Ce film iconique datant de 2002 a réalisé 24.8 millions d’entrées dans les cinémas du monde entier. Je l’ai vu quand j’étais au collège, la plus grande salle du Pathé Valence était bondée de collégiens comme moi pour qui ce film est un souvenir inoubliable.
Cléopâtre, reine du marketing contemporain
En lisant le dossier de presse de l’exposition, j’ai réalisé à quel point Cléopâtre était une figure familière grâce à la publicité et au marketing. C’est un peu le même cas de figure avec le Boléro de Ravel à la télévision même si Cléopâtre est une figure bien plus ancienne.
Il existe plus de 1500 marques déposées avec le nom de cette reine d’Egypte incontournable : de l’huile d’olive, des sachets de riz, des cigarettes, du savon. L’exemple le plus évident pour moi, c’est la colle Cléopâtre avec son fameux logo.
Cette colle française au parfum amande existe depuis 1930. On la reconnait de loin avec son bouchon orange et son pinceau pour coller les feuilles. On la surnomme la reine des colles et le choix de Cléopâtre n’est pas anodin : on enseigne l’Antiquité à l’école et Cléopâtre est un personnage historique emblématique comme Napoléon, Jules César, Clovis…
Cléopatra’s kiosk, Shourouk Rhalem, 2025, objets du quotidien recouverts de cristaux Swarovski
Cléopâtre, une reine puissante et érudite dont se réclament les mouvements féministes aujourd’hui
Cléopâtre, un rêve de puissance, Maurice Sartre, éditions Taillandier
On confond souvent Cléopâtre avec Nefertiti dont le fameux buste a été envoyé à Berlin en 1912. Or Néfertiti a vécu au 14eme siècle avant JC, c’était la femme du pharaon Akhenaton qui a eu un règne marquant dans l’histoire de l’Egypte. Alors que Cléopâtre fut l’un des derniers pharaons.
Au 20 eme siècle, l’Egypte a voulu s’ emparer son passé antique, exploité par les colons anglais. En 1954, le président Nasser décide de nationaliser les entreprises et de leur donner des noms de pharaons pour rappeler la gloire de son pays. Ainsi, l’image de Cléopâtre est utilisée pour revendiquer une puissante identité égyptienne.
Aux Etats-Unis, la communauté afro-américaine se reconnait en elle car elle était une cheffe d’Etat africaine. Son image a été utilisée pendant la guerre de Sécession dans la lutte contre l’esclavagisme. Et bien entendu, elle est une figure incontournable du féminisme international.
J’ai passé un excellent moment à l’Institut du monde arabe car cette exposition très concise et efficace m’a apporté un bon souvenir de mes études à l’Ecole du Louvre sans tomber dans l’exposition universitaire et académique. En faisant appel à la culture populaire, cette exposition est accessible au grand public. Un excellent moment de culture au milieu de ma semaine de travail grâce aux nocturnes du mercredi.
La programmation de l’Institut du monde arabe autour de l’exposition Le mystère Cléopâtre.
Chaque jeudi, auront lieu des tables-rondes réunissant des conservateurs de musées et des universitaires pour débattre de débattre de l’importance de Cléopâtre dans l’Antiquité.
Ne loupez pas le photomaton thématique avec l’IA qui propose des mises en scène sympathiques avec costumes d’époque. C’est une chouette photo souvenir de l’expo pour 3€.
N’oubliez pas de vous hisser en fin de visite en haut de l’Institut du monde arabe sur la terrasse qui offre une vue imprenable sur le chevet de Notre Dame de Paris et l’île Saint-Louis. Jamel Debbouze s’est associé à Laurent de Gourcuff pour créer un restaurant oriental tenu par sa maman : Dar Mima- Ziryab.
Le mystère Cléopâtre, Institut du monde arabe, 11 juin 2025 au 11 janvier 2026, nocturne le mercredi soir, 15 € (plein tarif),7€ pour les 12-26 ans.
Le Mystère Cléopâtre,catalogue de l’expostion, SKIRA, 240 p., 29 €
Retrouvez-ici d’autres idées de visites de musées :
J’ai découvert dans le numéro de juin du Monde diplomatique un article passionnant consacré aux papiers décoratifs autour des agrumes : oranges, citrons… C’est d’ailleurs, l’objet d’une brillante exposition de société : Superbemarché qui se déroule au Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète du 11 avril 2025 au 8 mars 2026.
La force de cette exposition est de détailler tout le circuit économique du commerce mondialisé des agrumes : de l’agriculture, au transport et à la consommation.
Ce n’est pas un hasard que cette exposition qui parle d’import-export ait lieu à Sète, important port de commerce français. J’aime beaucoup les ports de marchandises : Marseille, Le Havre, j’ai travaillé dans ce domaine et je suis incollable sur les containers désormais. J’ai même lu une trilogie littéraire qui se déroule au port du Havre : Souviens toi Angie de Marie-Aude Murail.
Mais revenons à nos oranges et nos agrumes. Aujourd’hui, on consomme au quotidien des oranges en grande quantité. On peut trouver à chaque coin de rue une supérette qui propose de presser des oranges pour un bon shot de vitamines, comme la potion magique d’Astérix avant d’aller au bureau. Mais ce fruit n’a pas toujours été si accessible que ça.
L’orange, un produit luxueux et rare venu d’un pays lointain et exotique.
Certes, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on ne trouve plus d’oranges au pied du sapin pour les enfants. Mais très longtemps, ce fruit a été considéré comme luxueux et rare.
A la fin du 19eme siècle, l’industrialisation des agrumes s’est intensifiée. On a alors emballé les oranges principalement dans des papiers de soie que l’on froisse facilement. Ces motifs à dominante circulaire ont été illustrés par les exploitations d’agrumes pour détailler leur provenance géographique mais aussi créer leur image de marque.
Des emballages publicitaires comme des cartes postales ensoleillées.
Les papiers d’agrumes pourraient tout à fait rejoindre le catalogue de mythologies du philosophe et sémiologue Roland Barthes. Ce papier travaillé artistiquement (le contenant) illustre son contenu : l’orange et sa mythologie ensoleillée.
Personnellement, cela me fait rêver comme une carte postale et j’ai envie de les coller dans mes carnets personnels. A l’ère des réseaux sociaux, je pense qu’on a besoin de revenir à ces esthétiques plus anciennes. C’est une exposition totalement instagrammable.
Fonds du MIAM
Papiers d’agrumes est une exposition de société comme je les aime. Elle retrace l’imagerie populaire, la mythologie des agrumes car c’est un commerce mondialisé qui a de belles heures devant lui.
L’usage de camions frigorifiques remet en cause le recours aux papiers de soie pour emballer les agrumes. On leur reproche de polluer, de coûter cher et donc on a recours au vilain filet de fruits bien moche. Heureusement, on continue d’en trouver et de les collectionner.
Les papiers d’agrumes, du marché au musée.
Avide de trouver de beaux imprimés pour mes collages dans mon bullet journal, je suis le compte de la dessinatrice @Julie adore qui collecte les étiquettes sur les bananes, les clémentines.
C’est beau aussi mais cela n’a pas la même esthétique que les superbes papiers de soie. J’en trouve sur les mandarines Orri Soculente qui viennent d’Espagne au moment de Noël.
J’aime éperduement les packaging dessinés sur les Pannetone, les petits bonbons russes que je trouve dans un supermarché à Bourgas, Bulgarie avec des iconographies intemporelles.
Je choisis les mandarines avec le papier de soie même si elles sont plus chères car le packaging les rend plus attractives. A travers leur esthétique chatoyante, elles sont la vitrine d’une industrie agroalimentaire mondialisée qui a bien besoin de cette publicité séduisante. Le recours au papier de soie revêt une dimension érotique : il cache le fruit défendu.
Je vous recommande de découvrir les musées de société qui retracent notre quotidien, les emballages publicitaires d’agrumes sont une belle source iconographique, porteuses d’Histoire et de mythologies.
Musée International des Arts Modestes, 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny, 34200 Sète. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h00. 5,60 euros par adulte, enfants et étudiants : 2,60 euros.
Le 19eme arrondissement de Paris est un vrai trésor car c’est le Paris authentique et populaire qui m’a vraiment plu enfant. Je lisais les enquêtes policières de Lapoigne, clochard des Buttes Chaumont, dans des petits romans jeunesse écrits par Thierry Jonquet, éditions Nathan.
Le quartier de la Villette c’est le canal de l’Ourcq avec les magasins généraux de Pantin, la rotonde de la Villette. On a construit des grandes tours dans le quartier de Stalingrad mais le charme demeure grâce aux canaux et à la volonté des pouvoirs publics de créer un grand parc de l’est parisien. Le parc de la Villette est le plus grand parc de Paris : plus de 25 hectares.
Dans le quartier de la Villette, il n’y a pas que la cité des Sciences à découvrir. Certes, c’est un lieu emblématique qui abritait pendant très longtemps les abattoirs de Paris. Il y a une multitude de lieux culturels à découvrir autour de la fontaine aux lions : le zénith, le Cabaret sauvage, la cité de la Musique, la Philharmonie depuis 2015…
Le parc de la Villette : un trésor parisien à explorer
Le belvédère, accessible en ascenseur offre un très beau panorama sur le Nord-est parisien avec la Tour Eiffel et la Géode à l’horizon. Ce dimanche, nous avons profité de l’ouverture du belvédère de la Philharmonie pour aller visiter la cité de la Musique et l’exposition Ravel.
J’ai tellement aimé le film En fanfare qui revisite l’histoire du boléro avec la préparation d’un concert dans une usine du Nord de la France. Ravel s’est inspiré des cadences infernales de l’industrie pour créer son oeuvre.
Le Boléro de Ravel : entre art et industrie
C’est d’ailleurs très bien expliqué dans l’exposition avec des tableaux cubistes qui représentent des usines ou des machines d’usines comme ceux de Fernand Léger. L’exposition retrace également l’influence du flamenco en Espagne avec le superbe tableau d’Edouard Manet : Lola de Valence, qui vient du musée d’Orsay.
Boléro, Christophe Beaucarne DOP
L’exposition est assez succincte. Elle montre une malle avec des pantalons sur un portant car Ravel a vécu des tournées internationales : aux Etats-Unis notamment. Elle compte aussi des photographies en noir et blanc de sa famille. Ma fille de six ans a été très intéressée par la projection d’un orchestre qui joue le Boléro, qui dure dix-sept minutes.
Le Boléro de Ravel a été conçu à l’origine pour un ballet de danse. Il a été commandé par Ida Rubinstein, une danseuse russe célèbre dans les années folles. Maurice Béjart l’a repris en 1961 avant que la publicité ne s’en empare à son tour. Il s’agit de l’oeuvre classique la plus écoutée au monde.
La cité de la musique, le musée de société à découvrir en famille
Grâce à notre billet d’exposition, nous avons pu avoir accès aux collections permanentes de la Cité de la Musique qui compte tout de même six étages. Le parcours est chronologique et thématique.
J’ai beaucoup aimé l’esprit cabinet de curiosités pour commencer la visite. Le recours à cette photographie en noir et blanc mondialement connue signée Robert Doisneau interpelle directement le spectateur. Il s’agit de deux chanteuses de rue dans le quartier de la Villette dans les années 1950.
Ensuite, le parcours de visite s’articule en cinq grands thèmes : Polyphonie, Musique et pouvoir, L’imaginaire des Lumières, L’empire de la musique et Explorer l’inouï. Les salles sont faiblement éclairées mais c’était très beau et reposant d’observer tous ces instruments de musique.
La Cité de la musique fête ses trente ans cette année, mais je suis persuadée que bon nombre d’entre nous ne connaissaient pas ce musée.
Cité de la musique, Porte de Pantin, du mardi au vendredi : 12h00 à 18h00, samedi et dimanche : 10h00 à 18h00.
Epiphanies, c’est l’exposition phare de ce début d’année 2025. J’en ai même entendu parler sur Instagram par des créateurs de contenus spécialisés Paris, pas forcément croyants. Nul besoin d’avoir suivi le catéchisme pour être touchés par la beauté de cette Bonne nouvelle. Epiphanies au pluriel signifient apparitions et révélations, c’est un mot d’origine grecque.
L’exposition se déroule majoritairement dans l’ancienne sacristie du collège des Bernardins. Elle réunit dix-sept toiles de différents formats.
L’exposition se compose de différentes séries picturales : La forêt était devenue une immense basilique. Puis l’auteur est accueilli par une étoile. C’est cette étoile qui mène le spectateur vers l’oeuvre monumentale : l’adoration des mages, le point culminant de cette exposition après avoir découvert les séries : Les sept jours de la création, Esprit et les noces de Cana.
Je me suis littéralement pâmée d’admiration devant ce quadriptyque gigantesque qui représente une adoration des mages éblouissante.
C’est une iconographie biblique à la fois moderne et ancestrale. Le génie de l’artiste c’est d’avoir su combiner une composition audacieuse : la superposition de différents plans avec des techniques de peinture et de sculpture multiples.
Il utilise les encres mais aussi la peinture acrylique et la peinture à l’huile pour créer une sorte de glacis. Cela apporte de la profondeur à ses oeuvres grâce aussi à l’usage de la feuille d’or.
Cette exposition est contenue dans une petite salle mais elle est monumentale par l’intensité picturale et la charge symbolique que portent ces dix-sept tableaux. Elle est le fruit d’un long travail de deux ans de résidence artistique au collège des Bernardins. La force de cette exposition est que les tableaux forment une composition tout à fait audacieuse avec le lieu : les colonnes gothiques du collège des Bernardins, joyau de l’architecture cistercienne.
Le comptoir de librairie est celui deLa procure, libraires depuis 1898. Le catalogue d’exposition était en rupture de stock (3eme réimpression de son éditeur Klincksieck) mais j’ai pu acheter une superbe affiche de petite taille au prix de 4.80€. Cela m’a donné envie de découvrir son oeuvre à travers une monographie qui date de 2022.
Je vous invite à suivre tout le making-of de l’exposition sur Instagram : la visite de l’atelier de l’artiste dans le Lot et Garonne, les techniques artistiques qu’il emploie…
Epiphanies, Augustin Frison-Roche, du 9 janvier au 26 février, rue de Poissy, 75005 Paris, entrée libre de 10 heures à 18 heures.
Retrouvez les précédents articles du blog consacrés à la foi en Jésus ici !
J’aime énormément la photographie humaniste de Willy Ronis que j’ai découvert en 2005 à mon arrivée à Paris quand la mairie de Paris organisa pour lui une grande rétrospective de son œuvre. Elle a réunit plus de 500 000 visiteurs.
Droits réservés Le Parisien
Le musée est un peu excentré par rapport au centre-ville mais il se trouve juste à côté de la médiathèque de la ville et surtout son entrée est gratuite, ce qui était une belle surprise ! L’exposition est assez courte mais elle est introduite par une salle avec de nombreux tableaux, affiches de music-hall qui célèbrent les plaisirs de l’eau en bord de Marne depuis le 19eme siècle.
C’est véritablement à partir de 1947, après-guerre, que les Parisiens se laisseront gagner par l’euphorie de la liberté dans les guinguettes des bords de Marne. Les plus belles photos humanistes de Willy Ronis datent des années 1950 : Le petit Parisien avec sa baguette de pain, Chez Maxe à Joinville le Pont…
Cette exposition de qualité s’est efforcée de mettre en valeur l’histoire d’amour de Willy et sa femme Marie-Anne Lansieux, artiste plasticienne. Willy Ronis a beaucoup photographié les rives de Nogent-sur-Marne vers 1986 car sa femme est alors entrée en maison de retraite dans cette ville.
L’ affiche de l’exposition est particulièrement efficace. Elle illustre bien la luxuriance de la nature des bords de Marne. Cette possibilité d’évasion nature est d’ailleurs pleinement exploitée par l’office du tourisme dont le solgan du site Cap sur la Marne est le Paris du grand air.
D’ailleurs, quand nous avons pu enfin dé-confiner en mai 2020 mais qu’il restait des restrictions de kilomètres, la première idée que nous avons eu est d’aller se balader en famille sur les berges de Marne entre Joinville le Pont et Nogent sur Marne.
Le Val de Marne est un trésor qui regorge de bonnes idées de balades nature, de découvertes culturelles que nous allons nous employer à visiter en 2025. Dimanche dernier, nous sommes allés à une journée découverte pour les familles de l’hippodrome de Vincennes. Aux beaux jours, nous retournerons surement du côté de Noisiel et de la chocolaterie Meunier tellement c’est un bel endroit !
Et vous quels sont les coins du Val de Marne que vous aimez particulièrement?
Retrouvez ici mes derniers articles consacrés aux excursions nature en Ile de France :
L’intimité, de la chambre aux réseaux sociaux, c’est une exposition à la fois anthropologique et philosophique comme le musée des Arts décoratifs sait les faire. J’ai visité l’exposition Goudemalion, la rétrospective de l’oeuvre de Jean-Paul Goude dans ce musée mais aussi celle consacrée à Babar en 2012.
Autant, j’ai beaucoup aimé la première partie de cette exposition, autant la suite après les parfums, m’a complètement désorientée.
Cette exposition montre l’évolution de la notion de vie privée et d’intimité à partir du 18eme siècle en Occident avec des tableaux de Fragonard comme le fameux Le verrou prêté par le musée du Louvre voisin. La scénographie très efficace à l’entrée de l’exposition est d’ailleurs construite autour de ce fameux verrou.
J’aime beaucoup les expositions de société avec des objets forts qui racontent une époque. Dans cette exposition, sont montrés des lits cages mais aussi des bidets, des produits de beauté, des photographies de qualité et même des livres d’anthropologie sur le corps et l’intimité…
Je me suis régalée avec les tableaux de Vuillard, Degas qui racontent si bien le quotidien du 19eme siècle. J’ai aussi beaucoup aimé le panneau avec des parfums emblématiques du 20eme siècle comme CK one de Calvin Klein, Opium d’YSL, J’adore de Dior, Anaïs Anaïs de Cacharel... que l’on pouvait sentir grâce à un capteur.
J’aurai bien dû mal à parler de la suite de l’exposition qui montrait des lits très design, des panneaux d’alarme et des écrans avec le compte Instagram de Léna Situations. Je trouve cela très bien que Léna entre au musée dans le cadre de cette exposition de société.
Elle a réussi à ouvrir la porte de sa chambre à ses abonnés sans tomber dans le voyeurisme type Loft story. La seconde partie de l’exposition ne montrait plus des objets emblématiques, c’était très fourre-tout et j’ai totalement perdu le fil …
Il faut dire aussi que mes conditions de visite n’étaient pas les meilleures : beaucoup de monde le vendredi vers 17 heures..J’avais le poids d’un âne mort dans mon sac à dos et pas de vestiaire à l’horizon. Et j’avais plus envie d’aller dans la rue admirer les lumières entre chien et loup du côté du jardin des Tuileries…comme il fait exceptionnellement beau ce jour-là.
Le lendemain, toute autre expérience beaucoup plus agréable à vivre ! J’avais réservé un créneau pour 11 heures avec ma fille. Nul besoin de faire la queue contrairement à notre précédente visite de l’exposition Tintin (on y était allé le dernier jour de visite aussi).
Tout est bien prévu pour les familles, un vestiaire surveillé pour les poussettes et un vestiaire à casiers qui ferment à clé pour les manteaux et tout le barda.
Il y avait du monde mais ce n’était pas un problème. Alors que j’avais noté cette exposition comme prioritaire dans mon bullet journal, j’ai failli écouter les mauvaises critiques comme quoi c’était un dessin animé insipide de vingt minutes. C’est complètement faux !
Bien sûr que c’est un film animé d’une vingtaine de minutes mais les effets sur les murs sont époustouflants. Le billet d’entrée est un peu cher mais il est mérité. Vous avez la possibilité de rester autant de temps que vous voulez si vous avez envie de voir le film deux ou trois fois d’affilée (je pense que deux fois suffiront).
L’atelier des lumières, le musée numérique qui met en valeur la BD comme oeuvre d’art
Je vous recommande cette expérience immersive car je trouve qu’elle révolutionne le statut du musée : les enfants peuvent toucher sans problème les murs car les oeuvres sont projetées au mur et sur les sols.
C’est une sortie culturelle très populaire, pas du tout élitiste dans laquelle toutes les générations peuvent retrouver leurs souvenirs de lecture. Je ne me déplace pas particulièrement pour les expositions de peinture à l’Atelier des lumières car les oeuvres d’art en deux dimensions me racontent moins de chose qu’une oeuvre de bande dessinée en mouvement.
Attention, l’exposition Astérix se termine le dimanche 5 janvier, Atelier des lumières, 38 rue Saint Maur, 75011 Paris
Je suis une enfant des années 1990 et quand j’étais petite, je me rappelai de Jane Birkin qui chantait La gadoue avec un délicieux accent anglais, plaisant pour les enfants.
Il y avait une blague un peu nulle sur sa petite poitrine qui circulait : » des œufs sur le plat comme Jane Birkin »…
Mes parents n’étaient pas des grands fans de Serge Gainsbourg mais ils appréciaient sa poésie comme tout le monde. Ses chansons font partie du patrimoine culturel français et on regardait avec plaisir les images d’archives des émissions de variétés chez Drucker ou dans l’émission d’Arthur Les enfants de la télé.
Mais dernièrement avec #Metoo, l’étoile de Gainsbourg a pâli. Ses grossièretés envers la regrettée Whitney Houston ne font plus rire, elles sont même gênantes.
Jane Birkin vient de nous quitter et bon nombre de médias féministes s’offusquent qu’on la réduise à un statut de muse de Gainsbourg, qu’on ne montre que ses photos de jeunesse pour illustrer sa beauté…
Gala était la muse de Salvator Dali, Fernande Olivier celle de Picasso… Jane Birkin était une artiste complète qui a su mettre en valeur la poésie des textes de Serge Gainsbourg. Ils étaient un vrai duo artistique.
La preuve, elle a continué de composer d’autres chansons après sa mort en 1991. Elle a eu une très belle carrière internationale alors qu’elle était bien malade.
Jane Birkin était aussi une femme engagée, un excellente comédienne sachant jouer aussi bien la comédie que le drame classique. Et puis elle a eu trois filles qui excellent toutes les trois dans les domaines artistiques : la photographie, le cinéma et la chanson…
En lisant pas mal d’articles et en visionnant un superbe documentaireJane Birkin et nous, j’ai réalisé à quel point les Français se sont attachés à elle. J’étais bien peinée devant ma télévision de la découvrir si diminuée à la dernière cérémonie des Césars avec sa fille et sa petite-fille.
Serge et Jane, une famille à laquelle on s’attache.
Serge Gainsbourg et Jane Birkin ont vingt ans d’écart. Mais ils ont tous les deux une histoire personnelle marquée par la seconde guerre mondiale. Serge Ginsburg vient d’une famille juive qui a perdu sa nationalité française, il a dû se cacher quand il était petit, une pleine nuit en forêt car l’internat dans lequel il était caché, fut fouillé par les nazis.
Jane Birkin est la fille d’un officier de la Navy qui a aidé des milliers de Français à rejoindre l’Angleterre depuis la Bretagne en traversant dangereusement la Manche la nuit.
Serge Gainsbourg était un pianiste classique renommé dans les pianos-bar du Touquet. Jane a épousé très jeune le compositeur John Barry mais ça n’a pas collé entre eux.
En 1969 (la fameuse année…), elle s’enfuit en France avec sa petite fille Kate et rencontre Serge. Ils vont former une famille recomposée qui attirera tous les regards pendant une dizaine d’années. Andrew, son frère, va publier un très bel album de famille chez Albin Michel…
La France va rapidement adopter cette petite Anglaise éprise de liberté qui va inventer une nouvelle féminité, à mi chemin entre Londres et Paris. Dans les années 1960, Londres attire tous les regards dans le domaine de la mode mais aussi de la musique…
Jane Birkin, figure de style, Vanity fair
J’ai lu un excellent article écrit par Anne Bouley dans Vanity fair, intitulé « Jane Birkin, figure de style » : « Jane B a invité le bohême cool en misant sur de belles matières comme le lin ou le cachemire. Elle a revisité des basiques comme le marcel blanc, la chemise d’homme trop grande et surtout les marier avec des couleurs douces comme le vert d’eau, le marine, le gris et toujours du noir. Jamais de couleurs vives qui à mon sens vieillissent les gens. Elle a revisité le vestiaire masculin de son homme pour lui donner du style : le total look denim et les Repetto blanches, c’est elle ».
Elle, la petite anglaise des sixties a su se créer un style tout particulier, renouvelant ainsi l’image de la Parisienne devant le monde entier. Le plus fou c’est qu’elle avait toujours une mode d’avance entre ses vingt et quarante ans. Monter les marches de Cannes en robe de soirée et panier en osier portugais, c’est tellement novateur et original.
Vu sur le site Nana Toulouse
Il fallait me voir devant le documentaire à plisser les yeux pour scanner tous ses looks entre 20 et 70 ans. Jane Birkin a misé toute sa vie sur le look androgyne qui se révèle être sexy contre toute attente.
Son première concert sur scène au Bataclan en 1987 à 40 ans est vraiment saisissant. Elle a choisi de se débarrasser de tous les artifices féminins comme le maquillage, elle a taillé ses longs cheveux pour que le public ne se concentre que sur les chansons de Gainsbourg… Et pourtant elle a une présence scénique incroyable…
Dernièrement j’ai lu un recueil de nouvelles Un jeudi saveur chocolatavec un personnage japonais très intéressant. Une femme publicitaire qui portait un sac Birkin crée par Hermès. Ce sac symbolise le luxe mais aussi la France.
Birkin c’est la France. Elle est plus connue ici que dans son pays d’origine. Avec son interprétation joyeuse et sensible des chansons de Serge Gainsbourg, elle a su conquérir le cœur de plusieurs générations de Français.
Gainsbourg, un grand cynique qui créait de si belles chansons d’amour
Les chansons un peu provoc de Birkin et Gainsbourg sont marrantes (et encore) : Je t’aime moi non plus, 1969, année érotique… mais c’est de l’esbrouffe ! Moi j’aime leurs chansons d’amour superbes comme Fuir le bonheur avant qu’il ne se sauve, La javanaise, Je suis venu te dire que je m’en vais… Même Couleur café est une chanson d’amour !
Jane Birkin était une fausse ingénue qui chantait des paroles simplistes mais divertissantes à la télévision comme avec Jacques Dutronc ou La Gadoue qui lui va comme un gant. Et puis il y a aussi des chansons où sa voix proche de la fêlure est aussi puissante que celle de Johnny Hallyday dans l’extrême inverse.
J’aime beaucoup Ex fan des sixties, petite baby doll, qui est toute simple mais qui donne autant d’émotions qu’une diva… Il faut que je mette la main sur son disque Arabesque où elle allie les textes de Serge Gainsbourg avec des mélodies orientales…
J’ai eu du mal à écrire cet article cette semaine tant la personnalité en question était fantastique. Avec son décès, j’ai découvert à quel point l’artiste me fascinait. Ses engagements politiques et sociétaux sont tout aussi louables et représentatifs d’une femme qui se soucie des autres.
Jane Birkin est allée à Sarajevo pendant la guerre civile, elle est allée chanter pour les sinistrés de la centrale nucléaire au japon en 2011…
Cet automne, j’ai hâte de visiter l’exposition Johnny à la porte de Versailles, ou encore la Maison Gainsbourg, rue de Verneuil. J’aime beaucoup le street-art mais cette façade d’hôtel particulier dans le 7eme arrondissement est sacrément repoussante.
Je comprends pas bien au nom de quel art, les fans de Serge Gainsbourg viennent apposer leurs graffitis. Faites au moins une œuvre d’art collective !
Dans ce blog, j’aimerai accorder une plus grande place à la chanson française que j’aime tant… Je suis quelqu’un qui aime beaucoup lire les biographies des chanteurs, des acteurs. Je lis Paris-Match chaque semaine.
J’ai commencé à écrire quelques articles dans le domaine de la chanson et du cinéma :
Même quand on travaille dans un bureau, on peut avoir droit à une sortie de fin d’année avec ses collègues. Un grand merci à mon employeur L’ Alliance biblique française d’avoir organisé avecl’Observatoire Pharos, nos coworkers une visite guidée de l’exposition La haine des clans, au musée de l’armée.
J’en ai visité un paquet des musées parisiens durant mes études à l’Ecole du Louvre mais je découvrais leurs collections dans ce si beau lieu : l’hôtel des Invalides. Tout Parisien sait reconnaître ce fameux dôme doré de loin mais connait-on vraiment son histoire ?.
Il s’agit d’un hôtel du 17eme siècle qui accueillait les invalides de guerre. D’ailleurs, ce matin dans la cour d’honneur, nous avons assisté en sortant de l’exposition à l’hommage rendu à Léon Gautier, l’un des derniers soldats du bataillon Kieffer, ayant participé au débarquement en Normandie en 1944. Le personnel soignant qui s’occupe des invalides de guerre était présent.
Aux Invalides, il y a au moins trois musées à visiter : le musée de l’armée, le musée des plans reliefs et la chapelle qui abrite le tombeau de Napoléon 1er. Depuis que je suis petite, j’aime énormément l’histoire/géographie et cette exposition de société sur les guerres de religion m’a tout de suite rappelé mon année de CM2.
J’avais raconté dans ce blog comment je suis devenue protestante à l’école primaire. Je viens de Valence dans la Drôme. Situé entre les Cévennes et la Suisse, ce département a vu passer de nombreux Huguenots en direction des pays du Refuge. A l’Alliance biblique française, nous conservons des Bibles de chignon, des femmes protestantes les cachaient sous leurs cheveux lors des dragonnades.
Je salue la qualité de la scénographie. C’est ce à quoi je reconnais une expo réussie. Les objets sont choisis avec soin et mis en scène de manière théâtrale avec des moyens numériques complémentaires.
L’ échiquier des jeux de pouvoirs entre les différents protagonistes des huit guerres de religion est limpide comme de l’eau de roche.
Cette exposition me parait accessible aux enfants à partir de 10 ans même si les massacres représentés sur les tableaux grand format sont assez insoutenables car il s’agit d’une histoire vraie malheureusement, absurde et délirante mais bien vraie.
J’étais loin de me douter que j’apprécierai autant cette exposition qui fait la part belle aux armures, aux monnaies, aux armes, aux textes de loi… C’est ce que j’aime le plus les expositions des musées de société car elles sont comme des machines à remonter le temps.
Cela me rappelle mes cours à l’Ecole du Louvre en partenariat avec le MUCEM à Marseille, les TD au chateau d’Ecouen qui appartenait au connétable Anne de Montmorency, l’un des grands belligérants des guerres de religion.
La manière dont les armes sont mises en scène pour montrer l’impact psychologique d’un massacre urbain est saisissante.
Je ne pensais pas que voir en vrai l’édit de Nantes, l’édit de Fontainebleau le révoquant et le texte de loi de la séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, serait émouvant. Ces trois textes majeurs de l’identité française viennent des Archives nationales.
Je peste souvent contre le prix de plus en plus élevé des expositions à Paris. Mais vu la qualité intellectuelle et la mise en scène de l’exposition qui a nécessité le concours de nombreux corps de métiers, le prix du billet d’entrée est justifié.
Surtout pour quinze euros vous pouvez accéder à l’exposition et aux collections permanentes, à l’église des Invalides, au tombeau de Napoléon 1er, au musée de l’ordre de la Libération et celui des plans reliefs. La perspective d’une excellente journée familiale et culturelle !
J’ai bien envie d’y retourner pour visiter le musée de l’ordre de la Libération. Les Invalides mettent en valeur trois grandes personnalités françaises sur leur façade : ce bon vieux Nap, Louis XIV et aussi Charles de Gaulle, le héros de mes grands parents Annette et Jean.
RMN-Grand Palais / Emilie Cambier
J’ai découvert dans les collections permanentes du musée de l’armée cette robe France libre de l’épouse du général Dio. Il y aura une exposition intitulée Victoire organisée au musée de l’Armée en octobre prochain. Une thématique bien plus réjouissante que les sanglantes guerres de religion.
Comme quoi après plus de quinze ans de vie à Paris, je découvre encore de nouveaux lieux extraordinaires comme les Invalides.
Le site du musée de l’armée présente les Invalides comme une cité citoyenne où chaque citoyen est chez lui : j’ai trouvé ça assez juste à l’image de l’hommage de la Nation à Jean-Paul Belmondo ou aux victimes des attentats du 13 novembre 2015.
Retrouvez ici mes articles consacrés aux expositions qui m’ont inspiré dans ce blog :