Expos

L’art Déco en régions célébré au musée de Valence

D’après Robert Bonfils, 1976. Lithographie en couleurs, 59,5 x 39,5 cm,  © Galerie N.C.A.G., Biarritz

L’art déco fête son centenaire en 2025. Grâce aux quotidiens La Croix et le Monde, j’ai ciblé deux expositions à voir : 1925-2025, cent ans d’Art déco au musée des arts décoratifs de Paris et L’art déco des régions au musée de Valence, la ville d’où je viens.

Longtemps pendant mes études d’histoire de l’art à l’école du Louvre, j’ai privilégié l’art Nouveau de la Belle époque car j’aimais énormément l’art de Klimt, Mucha, Hector Guimard et Gaudi vers 1900.

Mais depuis que j’ai suivi la série Downton Abbey qui se déroule en Angleterre, la période des années folles (avec Joséphine Baker au casino de Paris) me passionne beaucoup plus. J’aime tellement la modernité de ce style architectural mais aussi décoratif.

Le résumé :

Il y a un siècle, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes signait l’apogée d’un style nouveau, l’Art déco ! Organisée à Paris en 1925, la manifestation est aujourd’hui encore un jalon crucial dans l’histoire de l’art. Pour célébrer ce centenaire, le musée de Valence propose une exposition événement : « L’Art déco des régions. Modernités méconnues ».

Loin de la capitale, plusieurs mouvements artistiques régionalistes ont repris à leur compte le vocabulaire Art déco : géométrie des lignes, stylisation des motifs, couleurs vives. L’exposition révèle ainsi un pan méconnu mais non négligeable du style Art déco et met en lumière les artistes, architectes, décorateurs et artisans qui l’ont développé.

À travers près de 300 œuvres – photographies d’époque, porcelaines et émaux de Limoges, rubans de Saint-Étienne, faïences de Quimper, mobilier basque, plans, dessins, maquettes… –, le visiteur découvre un Art déco régional riche et audacieux. Le parcours se déploie en six séquences, offrant une immersion totale dans une modernité artistique fascinante.

Je vous recommande cette exposition assez succincte mais très dense et complète.

Elle détaille avec de nombreux plans et maquettes l’exposition universelle de 1925 avec ses pavillons régionaux entre les Invalides et le Grand palais. J’ai beaucoup aimé le mini film avec des photos d’architectures en couleurs.

Ensuite, l’exposition s’attache à détailler les styles régionaux en Bretagne, au Pays basque, à Nice en montrant des intérieurs typiques. J’ai repéré tout particulièrement le travail de Clément Goyenèche qui a réalisé des chalets de montagne pour les élites.

L’exposition révèle tout un art de vivre avec de nombreux tissus, des porcelaines mais aussi des réclames pour des gants. La scénographie est très bien étudiée puisque les équipes de conservation ont pensé aux enfants en mettant en place un atelier coloriage avec les motifs de l’art déco. Mais surtout avec un petit studio photo où l’on peut se déguiser avec des chapeaux et fourrures de l’époque.

Station-service Relais du Sud, années 1940, photographie numérisée, collection antarama.free.fr © Tous droits réservés

La dernière salle de l’exposition montre une maquette d’architecture d’une station service à Valence-sud devant laquelle je passais souvent quand j’étais enfant. C’est un vérotable complexe hôtelier avec un restaurant et un toi terrasse en béton armé. Les fenêtres en hublots donnent un style paquebot à cet édifice typique de l’art Déco.

Comme l’indique le dossier de presse du musée, c’est un véritable objet urbain structurant, un repère pour l’automobiliste qui emprunte la RN7 avec les congés payés de 1936 naissants.

L’Art déco, je l’ai eu sous mes yeux quand j’étais enfant avec l’ouverture en 1994 du centre commercial Victor Hugo qui a repris les murs des grands magasins Aux dames de France mais aussi le café Victor-Hugo ou encore des immeubles de la ville avec des balcons incurvés…

Dans un prochain article, je raconterai ma visite de l’exposition du musée des Arts décoratifs, j’ai hâte de visiter le wagon de l’Orient express totalement rénové.

L’art déco des régions. Modernités méconnues. Musée d’art de Valence, Drôme. 9€ plein tarif. Du 28 septembre 2025 au 11 janvier 2026.

Je vous recommande la revue Dada, c’est une revue d’art pour les enfants qui explique bien les caractéristiques du style Art déco.

Expos·Ile de France et Paris·Littérature jeunesse

Le Petit prince, un conte philosophique universel et intemporel à l’honneur à l’Atelier des lumières

L’Atelier des lumières n’est pas un musée comme les autres. Dédié à l’art numérique, il explose tous les codes de la muséographie et c’est la raison de son succès. Les planches de dessins des BD ou oeuvres de littérature jeunesse sont projetées en format XXL sur les différents murs et les sols de cette ancienne fonderie de 1500 m² dans le 11eme arrondissement de Paris.

Ce dimanche, il pleuvait très fort alors que nous espérions l’été indien en septembre à Paris.

Nous nous sommes donc réfugiés à l‘Atelier des lumières car c’était les derniers jours de l’exposition consacrée au Petit prince, le best-seller ambassadeur de la culture française à l’étranger depuis sa publication en avril 1943 à New York.

Après les expositions consacrées à Tintin puis à Astérix, c’était la troisième fois que nous nous rendions à l’ Atelier des Lumières et ce ne sera pas la dernière fois même si les billets d’entrée pour les enfants ne sont pas donnés (15 € à partir de 3 ans).

Je privilégie les expositions dédiées à la BD et aux romans de littérature jeunesse car ils révèlent tout un univers avec ses couleurs, ses personnages accompagnés par des musiques contemporaines. Pour l’exposition du Petit prince, nous avons entendu Stand by me et une chanson interprétée par M. Matthieu Chedid colle tellement à l’univers du Petit prince.

Quand je travaillais il y a quinze ans à la librairie jeunesse du musée du Louvre, je conseillais des touristes du monde entier avec leurs enfants. Le Petit prince a été traduit dans plus de 600 langues et dialectes dans le monde entier. C’est le plus beau succès de la langue française hors de l’Hexagone depuis plus de 80 ans !

L’atelier des lumières, 38 rue Saint-Maur, réservation conseillée. Ouvert le dimanche de 10 heures à 18 heures.

Cr photos: © Culturespaces / C. de la Motte Rouge

J’aime bien l’univers de ce conte d’apprentissage, les aquarelles de Saint-Exupéry pour représenter les planètes, la rose, le désert sont belles mais je n’aime pas particulièrement le trait grossier pour représenter les expressions du Petit prince et du renard roux. Par contre, j’ai beaucoup aimé la relation du petit Prince avec l’aviateur et leurs écharpes qui volent au vent dans le désert. C’est une superbe oeuvre autobiographique où l’auteur a mis toute sa poésie aussi bien dans ses textes que dans ses dessins.

Je n’ai pas lu le roman du Petit prince en entier (sacrilège) mais je me souviens bien du billet de 50 francs à l’effigie d’Antoine de Saint-Exupéry ou encore du spectacle dédié à son oeuvre au cinéma à 360 degrés de la Géode en 1997.

Comme il était un écrivain-aviateur de l’Aéropostale, le spectacle de la Géode montrait des loopings au dessus de la cordillère des Andes, et ce n’est pas mon meilleur souvenir d’enfance car je n’ai pas passé un excellent moment, cela m’a vraiment donné le vertige.

L’expérience avec Saint-Exupéry à l’Atelier des lumières était beaucoup plus sereine et agréable !

Le Petit prince, un phénomène d’édition jamais égalé depuis 1943

On doit ce long seller à un éditeur américain qui avait commandé à Antoine de Saint-Exupéry ce conte philosophique pour les fêtes de Noël. Le livre sera ensuite publié en France par Gallimard en 1946, deux ans après la mort de Saint-Ex dont l’avion a été abattu en mer non loin de Marseille.

On compte plus de 200 millions d’exemplaires du livre vendus à travers le monde, dont douze millions en France. Je ne suis même plus étonnée de découvrir ce livre dans les librairies des pays étrangers que je visite : Italie, Espagne, Bulgarie… et autant de produits dérivés comme de la vaisselle en plastique pour enfants , des trousses, des livres-audio (130 millions de produits dérivés ont été vendus).

En France, l’oeuvre de Saint Exupéry aurait dû tomber dans le domaine public en 2015 mais comme Guillaume Apollinaire, Saint-Exupéry est mort pour la France, alors son oeuvre littéraire est protégée jusqu’en 2032.

Saint-Exupéry, figure iconique française comme Charles de Gaulle

Le général et l’écrivain ont dix ans d’écart. Tous deux viennent d’un milieu bourgeois même noble pour l’écrivain lyonnais. Ils sont tous les deux soldats pendant la seconde guerre mondiale et sont connus pour leur amour des lettres.

Antoine de Saint Exupéry est l’auteur de certaines citations humanistes que l’on retrouve sur des cartes d’anniversaire ou de mariage : « On ne voit bien qu’avec le coeur » , « Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction  » …

Il est mort à l’âge de 44 ans car son avion aurait été abattu par l’ennemi nazi non loin de Marseille et on a mis un certain temps à retrouver l’épave de son avion en mer.

Droits réservés Guilhem Vellut

Sur le chemin du retour pour retrouver le métro à la station Saint-Ambroise, nous avons traversé le square Maurice Gardette qui est d’une grande quiétude. L’Atelier des lumières a dynamisé le quartier avec des coffee-shops et des petits restaurants sympathiques. Le quartier n’est sensiblement plus le même depuis 2018, date d’ouverture du lieu par Culturespaces.

Ce centre d’art numérique a attiré lors de sa première année d’ouverture un million de visiteurs. En rejoignant le métro, nous avons été ébloui par une autre forme d’art : les deux clochers hauts de 68 m de l’église néo-byzantine Saint Ambroise du 19 eme siècle !

Retrouvez mes précédents articles consacrés à des sorties musées en famille !

-J’ai enfin découvert la fondation Louis Vuitton en famille : l’expo David Hockney

-La Cité des sciences en famille : back to mon enfance

Expos·Ile de France et Paris

J’ai enfin découvert en famille la fondation Louis Vuitton et David Hockney

J’ai découvert le travail très coloré de David Hockney au bureau grâce au hors-série de Télérama. J’aime énormément son dessin naïf qui donne espoir à tous ceux comme moi qui dessinent comme des élèves de maternelle.

David Hockney est un vieux monsieur anglais de 88 ans qui porte de petites lunettes rondes et qui a eu une carrière artistique bien remplie puisque sa rétrospective organisée par la fondation Louis Vuitton contient plus de 400 oeuvres réalisées entre 1955 et 2025 (70 ans de carrière).

Il a peint de nombreux portraits et paysages aux couleurs acidulées et attirantes en s’appuyant sur la photographie. Il est un peintre de l’hyper réel.

J’ai beaucoup aimé la vidéo d’introduction sur grand écran où il a tenu à accueillir les visiteurs de l’exposition. Il faut dire que la rétrospective n’a pas désempli entre le 9 avril et le 31 août. Nous attendons les chiffres définitifs (l’exposition termine demain dimanche).

© David Hockney

Je n’avais jamais vu une telle affluence dans un musée, l’exposition attirait aussi les enfants. Dont ma fille de six ans qui a vraiment adhéré à son univers : elle a aimé les grands paysages du Grand canyon, l’installation vidéo avec les danseurs et surtout la grande salle à la fin qui mettait en scène les opéras illustrés par David Hockney. C’était encore plus complet que les expositions de l’Atelier des lumières.

Il faut dire que dans cette grande salle animée, nous pouvions nous allonger sur des grands coussins de la marque Fatboy et ce fut un moment privilégié avec ma fille. Je suis ravie de la voir être sensible si jeune à l’art et aux expositions comme je le suis moi même.

Cet été, nous sommes allées visiter la cité des Sciences avec ma fille pour découvrir la rénovation de la cité des enfants 5-10 ans. Et j’attendais beaucoup de cette visite ensemble, puisant dans mes propres souvenirs. J’ai été sacrément déçue car j’ai trouvé le propos muséographique complètement à coté de la plaque.

Heureusement, nous nous sommes bien rattrapés avec l’exposition Hockney, une rétrospective très riche qui a pris en compte le public jeunesse avec un livret de jeux exceptionnel.

© David Hockney

En définitive, j’ai été sacrément impressionnée par la fondation Louis Vuitton. J’avais quelques a-priori car jusqu’à présent leur programmation ne m’ avait pas convaincue. Je trouvais le billet d’entrée cher compte tenu qu’il n’y a pas de collection permanente à visiter en supplément. En fin de compte, le fait que le billet d’entrée (18€) soit couplé avec une entrée au jardin d’Acclimatation (9€ par adulte) est une excellente opération.

La fondation Louis Vuitton est un joyau architectural qui a révolutionné le quartier des Sablons à Neuilly. C’est un musée qui compte dans le paysage culturel parisien et il serait vraiment dommage que vous passiez à côté de ce trésor ! .

Expos

Tautou malgré tout : Superfacial, quand l’actrice redevient artiste

Merci la RATP de m’avoir signalé la tenue de l’exposition de photographies d’Audrey Tautou intitulée Superfacial. Ainsi j’ai découvert que Quai de la photo était une vraie péniche amarrée Quai de la gare.

Cette exposition gratuite est très courte mais très riche.

En fin de compte, plus qu’une exposition photographique, je trouve qu’elle apporte une véritable réflexion sur la notoriété, la médiatisation dans l’industrie cinématographique. Il ne faudrait pas que les acteurs et les actrices deviennent des produits de l’industrie.

« CE QUI M’IMPORTE DANS TOUT ÇA, C’EST DE POUVOIR OBSERVER DES GENS SANS AVOIR À SUBIR LEUR REGARD. »

J’ai bien aimé le texte de présentation dans lequel Audrey Tautou se présente comme une star internationale. C’est la vérité. Elle est devenue un visage connu dans le monde entier grâce aux films Le fabuleux destin d’Amélie Poulain en 2001 puis le moins fabuleux Da Vinci code en 2006.

Il faut dire qu’ Amélie Poulain avec son petit visage poupin tout droit sorti de Montmartre est l’archétype de la Parisienne, la petite Française qui s’exporte partout dans le monde (pour ceux qui résument La France à Oui oui baguette !). Audrey a réunit un cabinet de curiosités avec les nombreuses lettres reçues de ses admirateurs et aussi d’un détracteur.

Je vous invite à consulter le dossier de presse de l’exposition où Audrey Tautou explique plus en détail sa démarche. Il y a une photographie assez marquante où l’actrice est couverte de sacs à main dans une grande pièce.

Cette photo est assez criante pour exprimer la main mise de la mode et du luxe dont les actrices et les acteurs deviennent des porte-manteaux ambulants. C’est un peu rude comme analyse de ma part mais il ne faudrait pas que la publicité, la promotion prenne le pas sur l’art du cinéma.

Superfacial, le catalogue d’exposition, éditions Fisheye, 9791097326265, 38€

Je pense que j’aime beaucoup Audrey Tautou pour son visage poupin même si elle approche la cinquantaine. Elle ressemble beaucoup à Audrey Hepburn et son élégance naturelle lui permet de tout jouer.

Ces six films portés par Audrey Tautou que j’ai tant aimé, parmi les 40 dans lesquels elle a joué :

Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, 2001

J’aime beaucoup ce film iconique qui m’a fait aimer Montmartre avant de venir vivre à Paris quatre ans plus tard. Il y a un florilège de très bons acteurs qui portent ce film très poétique et bourré de références franchouillardes. Ce film s’est très bien exporté dans le monde entier. Il a changé la vie d’Audrey Tautou.

Ensemble c’est tout, 2007

J’ai tellement aimé ce roman d’Anna Gavalda et je trouve qu’Audrey Tautou joue à la perfection Camille, ce personnage douée mais sacrément torturée. Son idylle avec Franck joué par Guillaume Canet est très jolie et cette belle histoire d’entraide m’a fait beaucoup de bien pendant mes études.

Un long dimanche de fiançailles en 2004, adaptation du roman de Sébastien Japrisot.

C’est pour moi le plus beau rôle d’Audrey Tautou. Cette jeune femme qui boite et qui traine sa peine dans les tranchées à la recherche de son amoureux. J’ai vraiment aimé passionnément ce film quand j’avais la vingtaine. Il raconte vraiment l’impact de la guerre de 14/18 sur des générations de familles françaises. Audrey y joue Mathilde une femme amoureuse et déterminée.

L’auberge espagnole, Poupées russes, Casse-tête chinois de Cedric Klapisch en 2002-2005 et 2013.

Elle joue Martine, l’amoureuse intermittente de Xavier. Autant dans L’auberge espagnole, son personnage est assez lénifiant à toujours râler. Autant, elle est drôle et lumineuse dans la suite Les poupées russes. Son duo avec Romain Duris fonctionne très bien.

Coco avant Chanel, le biopic de Gabrielle Chanel, en 2009.

Celui-ci, je ne l’ai pas encore vu mais c’est évident qu’Audrey Tautou était l’actrice idéale pour l’interpréter. Elles viennent toutes les deux d’Auvergne. Audrey a une forme de beauté androgyne et c’est naturellement que la maison Chanel la choisie comme égérie.

La délicatesse, 2011 : adaptation du roman éponyme de David Foenkinos.

C’est un beau film qui raconte le deuil d’une jeune femme, Nathalie. Elle va rencontrer un collègue de travail terne et maladroit qu’elle va un jour embrasser de manière irrésistible. Encore une fois, Audrey Tautou était l’actrice idéale pour jouer la délicatesse mais aussi la subtilité.

Exposition Superfacial, jusqu’au 10 septembre, 9 port Quai de la Gare, 75013 Paris, de 12 h à 01 heure. Entrée gratuite.

Expos·Ile de France et Paris

Le mystère Cléopâtre : pourquoi cette reine antique nous parait si familière 2000 ans plus tard ?

Mercredi soir, j’ai profité d’une nocturne à l’Institut du monde arabe pour visiter l’exposition Le mystère Cléopâtre qui vient d’ouvrir le 11 juin dernier.

C’était une drôle de sensation d’assister à cette exposition car Cléopâtre est à la fois une figure familière : on connait son histoire d’amour contrariée avec Jules César à travers la BD et la comédie d’Alain Chabat mais aussi totalement étrangère : on ne connait que trop peu son rôle fort réussi de cheffe d’Etat de l’Antiquité.

A travers les collections de musées : peintures, sculptures, estampes, manuscrits, objets archéologiques, bijoux et monnaies, costumes, projections, photographies, cette exposition thématique cherche à répondre à une problématique.

Pourquoi Cléopâtre fascine t-elle encore deux mille ans plus tard ?

Je vous recommande cette exposition passionnante que l’on peut visiter avec des enfants à partir de neuf ans. L’exposition est très complète sans être trop longue ni ennuyeuse.

La première partie est consacrée à l’archéologie avec des pièces de monnaie, des miroirs pour signifier à quel point Cléopâtre a marqué son temps. Son règne de vingt ans a été florissant malgré la légende noire bâtie de toutes pièces par des auteurs romains bien misogynes et racistes.

Jean André Rixens (1846-1925), La Mort de Cléopâtre, 1874. Huile sur toile, 200×290 cm.© Mairie de Toulouse, Musée des Augustins. Photo Daniel Martin

Cette image sulfureuse a également été reprise par les peintres orientalistes du 19eme siècle comme Gérôme ou Cabanel. Cléopâtre considérée comme une sorte d’Eve pécheresse, est souvent dénudée. Son suicide retentissant l’a élevée au rang de mythe et a provoqué des répercussions hasardeuses sur son rôle de Cheffe d’Etat.

Cette exposition a aussi voulu rétablir les faits historiques. Les 250 oeuvres présentées viennent du musée du Louvre, de la Bibliothèque nationale, du château de Versailles, d’autres musées de France et d’Espagne, des États-Unis, d’Italie et de Suisse.

Du théatre au cinéma : Cléopâtre, une icône de mode avec ses bijoux, ses parfums, ses onguents et un maquillage caractéristiques.

Cléopâtre fut une reine grecque et égyptienne, ambassadrice d’une civilisation millénaire. On la reconnait rapidement grâce au fard à paupières turquoise très couvrant et au khôl si caractéristique. Le maquillage est l’une des plus belles inventions de l’Egypte antique, bien entendu que Cléopâtre en fut l’ambassadrice comme l’analyse très justement ce billet de blog.

Ce trait esthétique a été repris au théâtre et au cinéma car le bain de la reine est un élément très cinématographique. La sortie du film avec Liz Taylor sous les traits de Cléopâtre en 1963 a fait accroitre sa popularité à travers les frontières. La reine est réputée pour sa beauté et sa sensualité mais elle représente un stéréotype kitsch de l’Egypte antique.

Deux ans après la sortie du film, Goscinny et Uderzo publient une nouvelle aventure d’Astérix le gaulois qui se déroule en Egypte pour venir en aide à l’architecte Numérobis : Astérix et Cléopâtre. La couverture de l’album est une référence directe au péplum hollywoodien dans la posture des personnages.

Cet album de BD s’est venu à 350 000 exemplaires, Astérix étant devenu un phénomène de société depuis sa création en 1959. D’ailleurs, Cléopâtre et Jules César sont des personnages récurrents de la série Astérix avec des références au fils adultérin du couple qu’il faut souvent secourir.

Ce qui m’a particulièrement plu c’est que cette exposition fait appel à la culture populaire que l’on connait tous : le cinéma, la publicité, la bande dessinée…

J’ai été émue de me retrouver devant les costumes et le trône de Monica Bellucci, inoubliable Cléopâtre de l ‘adaptation de la BD en comédie: Astérix et Obélix, mission Cléopâtre.

Ce film iconique datant de 2002 a réalisé 24.8 millions d’entrées dans les cinémas du monde entier. Je l’ai vu quand j’étais au collège, la plus grande salle du Pathé Valence était bondée de collégiens comme moi pour qui ce film est un souvenir inoubliable.

Cléopâtre, reine du marketing contemporain

En lisant le dossier de presse de l’exposition, j’ai réalisé à quel point Cléopâtre était une figure familière grâce à la publicité et au marketing. C’est un peu le même cas de figure avec le Boléro de Ravel à la télévision même si Cléopâtre est une figure bien plus ancienne.

Il existe plus de 1500 marques déposées avec le nom de cette reine d’Egypte incontournable : de l’huile d’olive, des sachets de riz, des cigarettes, du savon. L’exemple le plus évident pour moi, c’est la colle Cléopâtre avec son fameux logo.

Cette colle française au parfum amande existe depuis 1930. On la reconnait de loin avec son bouchon orange et son pinceau pour coller les feuilles. On la surnomme la reine des colles et le choix de Cléopâtre n’est pas anodin : on enseigne l’Antiquité à l’école et Cléopâtre est un personnage historique emblématique comme Napoléon, Jules César, Clovis…

Cléopatra’s kiosk, Shourouk Rhalem, 2025, objets du quotidien recouverts de cristaux Swarovski
Cléopâtre, une reine puissante et érudite dont se réclament les mouvements féministes aujourd’hui

Cléopâtre, un rêve de puissance, Maurice Sartre, éditions Taillandier

On confond souvent Cléopâtre avec Nefertiti dont le fameux buste a été envoyé à Berlin en 1912. Or Néfertiti a vécu au 14eme siècle avant JC, c’était la femme du pharaon Akhenaton qui a eu un règne marquant dans l’histoire de l’Egypte. Alors que Cléopâtre fut l’un des derniers pharaons.

Au 20 eme siècle, l’Egypte a voulu s’ emparer son passé antique, exploité par les colons anglais. En 1954, le président Nasser décide de nationaliser les entreprises et de leur donner des noms de pharaons pour rappeler la gloire de son pays. Ainsi, l’image de Cléopâtre est utilisée pour revendiquer une puissante identité égyptienne.

Aux Etats-Unis, la communauté afro-américaine se reconnait en elle car elle était une cheffe d’Etat africaine. Son image a été utilisée pendant la guerre de Sécession dans la lutte contre l’esclavagisme. Et bien entendu, elle est une figure incontournable du féminisme international.

J’ai passé un excellent moment à l’Institut du monde arabe car cette exposition très concise et efficace m’a apporté un bon souvenir de mes études à l’Ecole du Louvre sans tomber dans l’exposition universitaire et académique. En faisant appel à la culture populaire, cette exposition est accessible au grand public. Un excellent moment de culture au milieu de ma semaine de travail grâce aux nocturnes du mercredi.

La programmation de l’Institut du monde arabe autour de l’exposition Le mystère Cléopâtre.

Chaque jeudi, auront lieu des tables-rondes réunissant des conservateurs de musées et des universitaires pour débattre de débattre de l’importance de Cléopâtre dans l’Antiquité.

Ne loupez pas le photomaton thématique avec l’IA qui propose des mises en scène sympathiques avec costumes d’époque. C’est une chouette photo souvenir de l’expo pour 3€.

N’oubliez pas de vous hisser en fin de visite en haut de l’Institut du monde arabe sur la terrasse qui offre une vue imprenable sur le chevet de Notre Dame de Paris et l’île Saint-Louis. Jamel Debbouze s’est associé à Laurent de Gourcuff pour créer un restaurant oriental tenu par sa maman : Dar Mima- Ziryab.

Le mystère Cléopâtre, Institut du monde arabe, 11 juin 2025 au 11 janvier 2026, nocturne le mercredi soir, 15 € (plein tarif),7€ pour les 12-26 ans.

Le Mystère Cléopâtre, catalogue de l’expostion, SKIRA, 240 p., 29 €

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-Croisière sur la Loire: Aventures à Blois, la capitale de la Renaissance sous François 1er

L’exposition Ravel à la Philharmonie de Paris

-Le canal de Suez en Egypte, un carrefour géopolitique et culturel majeur.

Expos·Sociologie

Les papiers d’agrumes, de la cagette du marché au musée

J’ai découvert dans le numéro de juin du Monde diplomatique un article passionnant consacré aux papiers décoratifs autour des agrumes : oranges, citrons… C’est d’ailleurs, l’objet d’une brillante exposition de société : Superbemarché qui se déroule au Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète du 11 avril 2025 au 8 mars 2026.

La force de cette exposition est de détailler tout le circuit économique du commerce mondialisé des agrumes : de l’agriculture, au transport et à la consommation.

Ce n’est pas un hasard que cette exposition qui parle d’import-export ait lieu à Sète, important port de commerce français. J’aime beaucoup les ports de marchandises : Marseille, Le Havre, j’ai travaillé dans ce domaine et je suis incollable sur les containers désormais. J’ai même lu une trilogie littéraire qui se déroule au port du Havre : Souviens toi Angie de Marie-Aude Murail.

Mais revenons à nos oranges et nos agrumes. Aujourd’hui, on consomme au quotidien des oranges en grande quantité. On peut trouver à chaque coin de rue une supérette qui propose de presser des oranges pour un bon shot de vitamines, comme la potion magique d’Astérix avant d’aller au bureau. Mais ce fruit n’a pas toujours été si accessible que ça.

L’orange, un produit luxueux et rare venu d’un pays lointain et exotique.

Certes, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on ne trouve plus d’oranges au pied du sapin pour les enfants. Mais très longtemps, ce fruit a été considéré comme luxueux et rare.

A la fin du 19eme siècle, l’industrialisation des agrumes s’est intensifiée. On a alors emballé les oranges principalement dans des papiers de soie que l’on froisse facilement. Ces motifs à dominante circulaire ont été illustrés par les exploitations d’agrumes pour détailler leur provenance géographique mais aussi créer leur image de marque.

Des emballages publicitaires comme des cartes postales ensoleillées.

Les papiers d’agrumes pourraient tout à fait rejoindre le catalogue de mythologies du philosophe et sémiologue Roland Barthes. Ce papier travaillé artistiquement (le contenant) illustre son contenu : l’orange et sa mythologie ensoleillée.

Personnellement, cela me fait rêver comme une carte postale et j’ai envie de les coller dans mes carnets personnels. A l’ère des réseaux sociaux, je pense qu’on a besoin de revenir à ces esthétiques plus anciennes. C’est une exposition totalement instagrammable.

Fonds du MIAM

Papiers d’agrumes est une exposition de société comme je les aime. Elle retrace l’imagerie populaire, la mythologie des agrumes car c’est un commerce mondialisé qui a de belles heures devant lui.

L’usage de camions frigorifiques remet en cause le recours aux papiers de soie pour emballer les agrumes. On leur reproche de polluer, de coûter cher et donc on a recours au vilain filet de fruits bien moche. Heureusement, on continue d’en trouver et de les collectionner.

Les papiers d’agrumes, du marché au musée.

Avide de trouver de beaux imprimés pour mes collages dans mon bullet journal, je suis le compte de la dessinatrice @Julie adore qui collecte les étiquettes sur les bananes, les clémentines.

C’est beau aussi mais cela n’a pas la même esthétique que les superbes papiers de soie. J’en trouve sur les mandarines Orri Soculente qui viennent d’Espagne au moment de Noël.

J’aime éperduement les packaging dessinés sur les Pannetone, les petits bonbons russes que je trouve dans un supermarché à Bourgas, Bulgarie avec des iconographies intemporelles.

Je choisis les mandarines avec le papier de soie même si elles sont plus chères car le packaging les rend plus attractives. A travers leur esthétique chatoyante, elles sont la vitrine d’une industrie agroalimentaire mondialisée qui a bien besoin de cette publicité séduisante. Le recours au papier de soie revêt une dimension érotique : il cache le fruit défendu.

Je vous recommande de découvrir les musées de société qui retracent notre quotidien, les emballages publicitaires d’agrumes sont une belle source iconographique, porteuses d’Histoire et de mythologies.

Musée International des Arts Modestes, 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny, 34200 Sète. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h00. 5,60 euros par adulte, enfants et étudiants : 2,60 euros.

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Le chocolat Menier qui employait toute une cité ouvrière à Noisiel

Expos·Ile de France et Paris

Un dimanche de printemps pour découvrir la Philharmonie et la cité de la musique à la Villette, Paris 19eme

Le 19eme arrondissement de Paris est un vrai trésor car c’est le Paris authentique et populaire qui m’a vraiment plu enfant. Je lisais les enquêtes policières de Lapoigne, clochard des Buttes Chaumont, dans des petits romans jeunesse écrits par Thierry Jonquet, éditions Nathan.

Le quartier de la Villette c’est le canal de l’Ourcq avec les magasins généraux de Pantin, la rotonde de la Villette. On a construit des grandes tours dans le quartier de Stalingrad mais le charme demeure grâce aux canaux et à la volonté des pouvoirs publics de créer un grand parc de l’est parisien. Le parc de la Villette est le plus grand parc de Paris : plus de 25 hectares.

Chaîne Youtube de Margot Benoist

Dans le quartier de la Villette, il n’y a pas que la cité des Sciences à découvrir. Certes, c’est un lieu emblématique qui abritait pendant très longtemps les abattoirs de Paris. Il y a une multitude de lieux culturels à découvrir autour de la fontaine aux lions : le zénith, le Cabaret sauvage, la cité de la Musique, la Philharmonie depuis 2015…


Le parc de la Villette : un trésor parisien à explorer

Le belvédère, accessible en ascenseur offre un très beau panorama sur le Nord-est parisien avec la Tour Eiffel et la Géode à l’horizon. Ce dimanche, nous avons profité de l’ouverture du belvédère de la Philharmonie pour aller visiter la cité de la Musique et l’exposition Ravel.

Le Boléro de Ravel, une oeuvre à la fois érotique et mécanique, racontée au cinéma.

J’ai tellement aimé le film En fanfare qui revisite l’histoire du boléro avec la préparation d’un concert dans une usine du Nord de la France. Ravel s’est inspiré des cadences infernales de l’industrie pour créer son oeuvre.

Le Boléro de Ravel : entre art et industrie

C’est d’ailleurs très bien expliqué dans l’exposition avec des tableaux cubistes qui représentent des usines ou des machines d’usines comme ceux de Fernand Léger. L’exposition retrace également l’influence du flamenco en Espagne avec le superbe tableau d’Edouard Manet : Lola de Valence, qui vient du musée d’Orsay.

Boléro, Christophe Beaucarne DOP

L’exposition est assez succincte. Elle montre une malle avec des pantalons sur un portant car Ravel a vécu des tournées internationales : aux Etats-Unis notamment. Elle compte aussi des photographies en noir et blanc de sa famille. Ma fille de six ans a été très intéressée par la projection d’un orchestre qui joue le Boléro, qui dure dix-sept minutes.

Le Boléro de Ravel a été conçu à l’origine pour un ballet de danse. Il a été commandé par Ida Rubinstein, une danseuse russe célèbre dans les années folles. Maurice Béjart l’a repris en 1961 avant que la publicité ne s’en empare à son tour. Il s’agit de l’oeuvre classique la plus écoutée au monde.

Maison-musée de Maurice Ravel, 5 rue Maurice Ravel, 78490 Montfort l’Amaury, uniquement en visite guidée sur réservation, 11€ par adulte, 5€ par enfant à partir de 12 ans.

La cité de la musique, le musée de société à découvrir en famille

Grâce à notre billet d’exposition, nous avons pu avoir accès aux collections permanentes de la Cité de la Musique qui compte tout de même six étages. Le parcours est chronologique et thématique.

J’ai beaucoup aimé l’esprit cabinet de curiosités pour commencer la visite. Le recours à cette photographie en noir et blanc mondialement connue signée Robert Doisneau interpelle directement le spectateur. Il s’agit de deux chanteuses de rue dans le quartier de la Villette dans les années 1950.

Ensuite, le parcours de visite s’articule en cinq grands thèmes : Polyphonie, Musique et pouvoir, L’imaginaire des Lumières, L’empire de la musique et Explorer l’inouï. Les salles sont faiblement éclairées mais c’était très beau et reposant d’observer tous ces instruments de musique.

La Cité de la musique fête ses trente ans cette année, mais je suis persuadée que bon nombre d’entre nous ne connaissaient pas ce musée.

Cité de la musique, Porte de Pantin, du mardi au vendredi : 12h00 à 18h00, samedi et dimanche : 10h00 à 18h00.

Expos

Derniers jours : une vraie claque artistique et spirituelle au collège des Bernardins : Epiphanies !

Epiphanies, c’est l’exposition phare de ce début d’année 2025. J’en ai même entendu parler sur Instagram par des créateurs de contenus spécialisés Paris, pas forcément croyants. Nul besoin d’avoir suivi le catéchisme pour être touchés par la beauté de cette Bonne nouvelle. Epiphanies au pluriel signifient apparitions et révélations, c’est un mot d’origine grecque.

L’exposition se déroule majoritairement dans l’ancienne sacristie du collège des Bernardins. Elle réunit dix-sept toiles de différents formats.

L’exposition se compose de différentes séries picturales : La forêt était devenue une immense basilique. Puis l’auteur est accueilli par une étoile. C’est cette étoile qui mène le spectateur vers l’oeuvre monumentale : l’adoration des mages, le point culminant de cette exposition après avoir découvert les séries : Les sept jours de la création, Esprit et les noces de Cana.

Je me suis littéralement pâmée d’admiration devant ce quadriptyque gigantesque qui représente une adoration des mages éblouissante.

C’est une iconographie biblique à la fois moderne et ancestrale. Le génie de l’artiste c’est d’avoir su combiner une composition audacieuse : la superposition de différents plans avec des techniques de peinture et de sculpture multiples.

Il utilise les encres mais aussi la peinture acrylique et la peinture à l’huile pour créer une sorte de glacis. Cela apporte de la profondeur à ses oeuvres grâce aussi à l’usage de la feuille d’or.

Cette exposition est contenue dans une petite salle mais elle est monumentale par l’intensité picturale et la charge symbolique que portent ces dix-sept tableaux. Elle est le fruit d’un long travail de deux ans de résidence artistique au collège des Bernardins. La force de cette exposition est que les tableaux forment une composition tout à fait audacieuse avec le lieu : les colonnes gothiques du collège des Bernardins, joyau de l’architecture cistercienne.

Le collège des Bernardins se trouve en plein centre de Paris à deux pas de la cathédrale Notre-Dame de Paris et l’île de la Cité.

Le comptoir de librairie est celui de La procure, libraires depuis 1898. Le catalogue d’exposition était en rupture de stock (3eme réimpression de son éditeur Klincksieck) mais j’ai pu acheter une superbe affiche de petite taille au prix de 4.80€. Cela m’a donné envie de découvrir son oeuvre à travers une monographie qui date de 2022.

Je vous invite à suivre tout le making-of de l’exposition sur Instagram : la visite de l’atelier de l’artiste dans le Lot et Garonne, les techniques artistiques qu’il emploie…

Epiphanies, Augustin Frison-Roche, du 9 janvier au 26 février, rue de Poissy, 75005 Paris, entrée libre de 10 heures à 18 heures.

Retrouvez les précédents articles du blog consacrés à la foi en Jésus ici !

Expos

Les bords de Marne sublimés par Willy Ronis au musée de Nogent

Hier, j’ai visité avec ma compatriote dromoise Marion, l’exposition Willy Ronis : La banlieue-est sous l’oeil du maître, au musée intercommunal de Nogent sur Marne. J’ai découvert cette expo et donc ce musée grâce à l’office de tourisme du Val de Marne qui se trouve à Vincennes.

J’aime énormément la photographie humaniste de Willy Ronis que j’ai découvert en 2005 à mon arrivée à Paris quand la mairie de Paris organisa pour lui une grande rétrospective de son œuvre. Elle a réunit plus de 500 000 visiteurs.

Droits réservés Le Parisien

Le musée est un peu excentré par rapport au centre-ville mais il se trouve juste à côté de la médiathèque de la ville et surtout son entrée est gratuite, ce qui était une belle surprise ! L’exposition est assez courte mais elle est introduite par une salle avec de nombreux tableaux, affiches de music-hall qui célèbrent les plaisirs de l’eau en bord de Marne depuis le 19eme siècle.

C’est véritablement à partir de 1947, après-guerre, que les Parisiens se laisseront gagner par l’euphorie de la liberté dans les guinguettes des bords de Marne. Les plus belles photos humanistes de Willy Ronis datent des années 1950 : Le petit Parisien avec sa baguette de pain, Chez Maxe à Joinville le Pont…

Cette exposition de qualité s’est efforcée de mettre en valeur l’histoire d’amour de Willy et sa femme Marie-Anne Lansieux, artiste plasticienne. Willy Ronis a beaucoup photographié les rives de Nogent-sur-Marne vers 1986 car sa femme est alors entrée en maison de retraite dans cette ville.

L’ affiche de l’exposition est particulièrement efficace. Elle illustre bien la luxuriance de la nature des bords de Marne. Cette possibilité d’évasion nature est d’ailleurs pleinement exploitée par l’office du tourisme dont le solgan du site Cap sur la Marne est le Paris du grand air.

D’ailleurs, quand nous avons pu enfin dé-confiner en mai 2020 mais qu’il restait des restrictions de kilomètres, la première idée que nous avons eu est d’aller se balader en famille sur les berges de Marne entre Joinville le Pont et Nogent sur Marne.

Le Val de Marne est un trésor qui regorge de bonnes idées de balades nature, de découvertes culturelles que nous allons nous employer à visiter en 2025. Dimanche dernier, nous sommes allés à une journée découverte pour les familles de l’hippodrome de Vincennes. Aux beaux jours, nous retournerons surement du côté de Noisiel et de la chocolaterie Meunier tellement c’est un bel endroit !

Et vous quels sont les coins du Val de Marne que vous aimez particulièrement?

Retrouvez ici mes derniers articles consacrés aux excursions nature en Ile de France :

-Fontainebleau : une parenthèse enchantée à l’Ascension.

-Cinq endroits nature pour s’évader autour de Paris

Expos

Un marathon d’expositions à Paris en fin d’année.

Cette semaine, je me suis sacrément motivée pour planifier quelques expositions que je n’avais pas eu le temps de voir au cours de l’hiver.

J’en ai ciblé deux : L’intimité, de la chambre aux réseaux sociaux au musée des Arts décoratifs le vendredi. Et le lendemain, c’est à dire le samedi matin, Astérix, l’expérience immersive à l’Atelier des lumières. J’ai choisi ces deux expositions car elles sont très populaires et concernent toutes les générations.

L’intimité, de la chambre aux réseaux sociaux, c’est une exposition à la fois anthropologique et philosophique comme le musée des Arts décoratifs sait les faire. J’ai visité l’exposition Goudemalion, la rétrospective de l’oeuvre de Jean-Paul Goude dans ce musée mais aussi celle consacrée à Babar en 2012.

Autant, j’ai beaucoup aimé la première partie de cette exposition, autant la suite après les parfums, m’a complètement désorientée.

Cette exposition montre l’évolution de la notion de vie privée et d’intimité à partir du 18eme siècle en Occident avec des tableaux de Fragonard comme le fameux Le verrou prêté par le musée du Louvre voisin. La scénographie très efficace à l’entrée de l’exposition est d’ailleurs construite autour de ce fameux verrou.

J’aime beaucoup les expositions de société avec des objets forts qui racontent une époque. Dans cette exposition, sont montrés des lits cages mais aussi des bidets, des produits de beauté, des photographies de qualité et même des livres d’anthropologie sur le corps et l’intimité…

Je me suis régalée avec les tableaux de Vuillard, Degas qui racontent si bien le quotidien du 19eme siècle. J’ai aussi beaucoup aimé le panneau avec des parfums emblématiques du 20eme siècle comme CK one de Calvin Klein, Opium d’YSL, J’adore de Dior, Anaïs Anaïs de Cacharel... que l’on pouvait sentir grâce à un capteur.

J’aurai bien dû mal à parler de la suite de l’exposition qui montrait des lits très design, des panneaux d’alarme et des écrans avec le compte Instagram de Léna Situations. Je trouve cela très bien que Léna entre au musée dans le cadre de cette exposition de société.

Elle a réussi à ouvrir la porte de sa chambre à ses abonnés sans tomber dans le voyeurisme type Loft story. La seconde partie de l’exposition ne montrait plus des objets emblématiques, c’était très fourre-tout et j’ai totalement perdu le fil …

Il faut dire aussi que mes conditions de visite n’étaient pas les meilleures : beaucoup de monde le vendredi vers 17 heures..J’avais le poids d’un âne mort dans mon sac à dos et pas de vestiaire à l’horizon. Et j’avais plus envie d’aller dans la rue admirer les lumières entre chien et loup du côté du jardin des Tuileries…comme il fait exceptionnellement beau ce jour-là.

Astérix, le voyage immersif à l’Atelier des Lumières.

Le lendemain, toute autre expérience beaucoup plus agréable à vivre ! J’avais réservé un créneau pour 11 heures avec ma fille. Nul besoin de faire la queue contrairement à notre précédente visite de l’exposition Tintin (on y était allé le dernier jour de visite aussi).

Tout est bien prévu pour les familles, un vestiaire surveillé pour les poussettes et un vestiaire à casiers qui ferment à clé pour les manteaux et tout le barda.

Il y avait du monde mais ce n’était pas un problème. Alors que j’avais noté cette exposition comme prioritaire dans mon bullet journal, j’ai failli écouter les mauvaises critiques comme quoi c’était un dessin animé insipide de vingt minutes. C’est complètement faux !

Bien sûr que c’est un film animé d’une vingtaine de minutes mais les effets sur les murs sont époustouflants. Le billet d’entrée est un peu cher mais il est mérité. Vous avez la possibilité de rester autant de temps que vous voulez si vous avez envie de voir le film deux ou trois fois d’affilée (je pense que deux fois suffiront).

L’atelier des lumières, le musée numérique qui met en valeur la BD comme oeuvre d’art

Je vous recommande cette expérience immersive car je trouve qu’elle révolutionne le statut du musée : les enfants peuvent toucher sans problème les murs car les oeuvres sont projetées au mur et sur les sols.

C’est une sortie culturelle très populaire, pas du tout élitiste dans laquelle toutes les générations peuvent retrouver leurs souvenirs de lecture. Je ne me déplace pas particulièrement pour les expositions de peinture à l’Atelier des lumières car les oeuvres d’art en deux dimensions me racontent moins de chose qu’une oeuvre de bande dessinée en mouvement.

Attention, l’exposition Astérix se termine le dimanche 5 janvier, Atelier des lumières, 38 rue Saint Maur, 75011 Paris

Walt Disney, le génial inventeur du concept de parc d’attraction