BD & romans graphiques·Du livre à l'écran

Pourquoi les Schtroumpfs plaisent à toutes les générations d’enfants dans le monde entier?

Cette semaine, j’ai emmené ma fille voir le dernier film d’animation Les schtroumpfs.

Ce n’était pas le meilleur dessin animé que j’ai vu mais c’était plaisant de passer un bon moment en musique dans le village des Schtroumpfs.

C’est Rihanna qui prête sa voix à la Schtroumpfette et cela apporte de la modernité à cette oeuvre de BD créée par Peyo en 1958.

Les bandes-annonces faisaient la promotion d’autres dessins animés plus récents et bien plus médiocres. Même si les Schtroumpfs ont été repris en 3D par un studio d’animation beaucoup plus moderne, les traits au crayon de BD ont été conservés.

Cela fonctionne avec les nouvelles générations car il s’agit d’une véritable oeuvre qui cartonne depuis bientôt soixante-dix ans. Comme dit l’adage, c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures…

Nostalgie et transmission, deux ingrédients majeurs du succès populaire des Schtroumpfs.

Au départ, les Schtroumpfs étaient des personnages secondaires des aventures de Johan et Pirlouit, dessinées par Peyo dans les années 1950. Ils sont devenus de plus en plus récurrents, quitte à conquérir le haut de l’affiche avec leurs propres albums et même leur journal.

Peyo a continué de les faire évoluer dans un Moyen-âge mythifié avec le sorcier Gargamel qui les terrorise avec son chat Azraël pour s’emparer de la pierre philosophale. Les Schtroumpfs sont un peuple imaginaire avec une langue spécifique (inventée lors d’un dîner avec Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe).

Ce qui me plait avec ces petits hommes bleus, c’est cette douce utopie avec ce village bucolique et ses maisons champignons. Ils mangent de la salsepareille et vivent en communion avec la nature. Diverses interprétations circulent pour situer géographiquement le village des Schtroumpfs : est-ce dans les Ardennes, le Luxembourg ou même Aubenas en Ardèche comme indiqué dans un des quarante-deux albums des Schtroumpfs.

Je me souviens d’une aire de jeux sur l’A6 à Jugy avec ses champignons géants où je rêvais d’aller jouer avec mon frère. Walibi a même crée un temps un parc à thèmes autour du monde merveilleux des Schtroumpfs.

Les Schtroumpfs portent des bonnets phrygiens blancs très reconnaissables, celui du grand Schtroumpf est rouge pour montrer son autorité. Chaque Schtroumpf se définit par un métier ou un trait de caractère. Ils fondent ensemble une société utopique où il fait bon vivre.

Les personnages nous sont familiers : une seule femme vit au village des Schtroumpfs : la Schtroumpfette, on s’attache même aux gros méchants : Azraël et Gargamel.

Malgré la mort de leur créateur en 1992, la série continue, reprise par les héritiers de Peyo. Les Schtroumpfs continuent de plaire aux parents car ces personnages véhiculent une certaine idée de la fraternité, ils sont sécurisants.

L’héritage culturel des Schtroumpfs : un business florissant.

Depuis 1958, plus de 42 albums BD des aventures des Schtroumpfs ont été publiés tout d’abord dans le journal Spirou, puis aux éditions Dupuis, ensuite en autoédition et désormais aux éditions Le Lombard.

Les Schtroumpfs se sont également invités au rayon biscuits et bonbons des supermarchés : depuis 1981, Haribo commercialise les Schtroumpfs en gélatine bleue , rouge et jaune. Delacre a aussi crée une gamme de biscuits à leur effigie.

Les Schtroumpfs sont un peu les ambassadeurs de la Belgique dans le monde entier comme Tintin : on décore un avion à leur image, une exposition BD à Bruxelles réunit 240 000 visiteurs. A titre personnel, j’aimais beaucoup lire les albums des Schtroumpfs quand j’étais enfant car j’aime énormément leur village si bucolique.

Il se trouve que pendant nos vacances en Bulgarie, nous avons visité un parc publique dédié aux architectures du Hobbit avec une mini-maison catapultée du village des Schtroumpfs. Il s’agit du Golden park de Lukovit.

Il faut dire que la BD belge des années 1950 est particulièrement créative dans le domaine de la jeunesse. Walthéry, le créateur de Natacha, hôtesse de l’air fut l’assistant de Peyo dès ses débuts. Peyo a également crée les séries Johan et Pirlouit mais aussi Benoit Brisefer.

Dans la série Icônes de l’enfance, je vous invite à découvrir mes billets de blog consacrés à Martine, Natacha, Le Petit Nicolas, Ana Ana, Tintin et Gaston Lagaffe. Le but de cette rubrique est de célébrer les plus beaux succès de la littérature et de la BD jeunesse.

Analyser pourquoi ils se transmettent de générations en générations, pourquoi étaient-ils innovants dans leur contexte de création. Je travaille depuis plus de quinze ans dans les métiers du livre et de la presse, quelle est la recette d’un best-seller est une question que me passionne ! .

Cinéma

Pourquoi Les visiteurs est un film iconique pour la génération Y dont je fais partie ?

Il était grand temps de parler de mon attachement personnel à la comédie historique Les visiteurs dans ce blog. Un véritable coup de coeur que je partage avec bon nombre d’amis de ma génération qui connaissent aussi les dialogues par coeur.

Cette comédie est le 5eme succès populaire de l’histoire du cinéma français ( que des comédies, posez vous des questions l’Académie des Césars), il a réunit quatorze millions de spectateurs dans les salles obscures en 1993. Cette chouette comédie est portée par deux piliers de la troupe du Splendid : Marie-Anne Chazel et Christian Clavier mais aussi par Jean Reno et Valérie Lemercier.

Voici le résumé du film pour les rares personnes qui seraient passés à côté de ce film incontournable :

En l’an de grace 1123, le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, se retrouvent propulsés en l’an 1992 après avoir bu une potion magique fabriquée par l’enchanteur Eusaebius, censée leur permettre de se défaire d’un terrible sort.

Après les cassettes de chanson française et Alf, voici le troisième dessin dans mon carnet : la cassette VHS des Visiteurs de mon challenge dessin : Back to les années 1990.

Back to 1993 quand les moyen-ageux font rire des générations d’enfants.

J’ai une dizaine d’années : parfois on s’ennuie le dimanche après-midi avec mon frère car mon père est de garde. Alors on fouille dans les cassettes VHS à la recherche d’un film enregistré à la télé. Si on retrouve les Visiteurs à sa musique si reconnaissable, on n’hésite pas à le regarder, ce n’est que la douzième fois.

J’ai toujours la frousse quand Godefroy décapite l’Anglois ou quand il va déloger la sorcière et ses copines diaboliques. Mais ensuite on se marre comme des baleines quand Godefroy et Jacquouille boivent la potion magique pour actionner la machine à remonter le temps. Ou quand les forces de l’ordre doivent maîtriser le comte de Montmirail devant l’église.

Ce film, c’est ma madeleine de Proust des années 1990 avec ses looks un peu colorés, le Courtepaille en région parisienne et la camionnette jaune de La Poste.

Des placements de produits : Chanel, Renault, Courtepaille très efficaces pour renforcer les anachronismes.

Personnellement, le recours au placement de produits dans ce film ne me choque pas. Il est sacrément efficace puisque le film est drôle à cause des anachronismes et grâce aux références aux codes bourgeois. La scène où les deux moyen-âgeux prennent le deuxième bain de leur vie à grands renforts de Chanel numéro 5 est tellement réussie. Elle fait particulièrement rire les enfants.

Le film a été tourné en région parisienne dans les Yvelines : la caravane de Dame Ginette donne sur un superbe panorama de voie rapide et de pylônes électriques. Mais aussi sur les remparts de Carcassonne pour le début du film qui se déroule au Moyen-Age.

Le film s’appuie sur le patrimoine français familier mais aussi sur des oeuvres d’art : les reliques et les bijoux de famille volés au duc de Pouille, le tableau du Hardi est inspiré par un portrait de Della Francesca d’un chef local italien conservé au musée du Louvre.

Sur les traces du film Les visiteurs : les lieux emblématiques du tournage du film

Je pense que ce film a contribué à ma passion scolaire pour l’Histoire. Les Visiteurs exaltent l’identité française sans nationalisme. Le règne de Louis VI le Gros au 12eme siècle, c’est un peu l’âge d’or du Moyen-Age. Le recours au vieux français est l’un des ingrédients de la réussite de ce film. C’est crédible et on rit beaucoup. Les dialogues sont aussi savoureux que le comique de situations enrichi par les effets spéciaux.

« Longue vie à notre sire » grâce aux effets spéciaux de plus en plus performants en l’an de grâce 1992.

Les Visiteurs est une comédie réussie car elle se fonde sur l’imaginaire d’enfance du duo Poiré /Clavier. Le réalisateur a retrouvé des années plus tard, une petite histoire de quatre pages qu’il avait écrite à 17 ans en cours de mathématiques et qui se déroulait sur la Grand’place d’Arras.

Elle sera la trame du scénario retravaillé par Christian Clavier et lui-même.

Les Visiteurs est un film choral où tous les personnages ont un rôle important à jouer. Ils reconstituent en quelque sorte la société très hiérarchisée au Moyen-Age.

Bien évidemment tout repose sur le tandem Godefroy le hardi, le noble et son écuyer pas si fidèle Jacquouille la Fripouille. On rit de leurs déboires mais eux vivent un véritable drame : ils sont coincés à une autre époque parce qu’un mage incompétent a oublié une partie de sa formule. Heureusement, leur plongée dans le futur les rassure sur le fait qu’ils ont eu une descendance.

« Je suis Jacquouille la fripouille, son fidèle écuyer mais je ne sais pas quand je suis né « 

« Béatrice, pourquoi ton mari montre son fessard à une femme« 

« J’chante pas plus mal que Steph’ de Monac’ »

« Ma mère avait pour nom Gwendoline, elle est morte dévorée par les loups… parce que notre père qu’était parti pour boire à la taverne de Duchenot a crevé gelé dans l’étang à cause de son pied-bot.« 


Les femmes ont les rôles les plus louables du film : Dame Ginette se prend d’affection pour Jacquouille sans trop se poser de questions. Béatrice de Montmirail est une chrétienne exemplaire qui a le sens de la famille. Elle ouvre sa maison à ces deux moyen-ageux qui jurent comme des charretiers, ruinent sa maison et effrayent ses enfants.

Et enfin, les petits rôles annexes sont tout aussi importants : le mari dentiste de Béatrice qui est jaloux et méfiant envers Cousin Hubert, l’escadron de flics et les clients de l’hôtel. Mais surtout Jacquart, le nouveau riche tellement hautain avec son blazer jaune poussin. Quand Jacquouille rencontre son descendant, il se rend compte que l’époque dans laquelle il se retrouve coincé lui accorde beaucoup plus de libertés alors pourquoi ne pas y rester…

Je vous recommande la lecture du livre de Jean -Poiré : Rire est une fête, édité par Michel Lafon. Christian Clavier l’a préfacé. Je choisis les yeux fermés un film avec Christian Clavier que je considère comme l’héritier de Louis de Funès. J’ai écrit un article hommage à Michel Blanc en octobre, bientôt, j’écrirai un article sur cinq films marquants de Clavier.

Christian Clavier, héritier de Louis de Funès.

J’avais beaucoup aimé la rétrospective consacrée à Louis de Funès à la Cinémathèque en 2021.

A quand une vaste exposition dédiée à la troupe du Splendid et à Jean-Marie Poiré, le génial réalisateur de Papy fait de la résistance, Le père Noël est une ordure et Les visiteurs ? .

Cinéma·Lecture et autres challenges passionnants·Séries

Ces films, livres que j’ai lu, vu ou qui sont dans ma pile à livres et à films pour le dernier mois d’hiver

En janvier puis février, j’étais vraiment ravie car j’ai pu lire plein de livres et aller plusieurs fois au cinéma, retrouver des séries sur Netflix. Je me rends compte que lire dans l’après-midi pépouze dans mon lit pendant que ma fille regarde ses dessins animés est une sacrée bonne détente. Surtout quand le soleil est au rendez- vous dans mon appartement.

Voici un petit résumé de tout ce que j’ai vu ou lu en janvier et février :

Un parfait inconnu de James Mangold avec Timothy Chalamet, Elle Fanning…

Je ne connaissais pas du tout les chansons de Bob Dylan mais j’avais adoré l’histoire de Johnny Cash dans Walk the line que je ne connaissais pas non plus.

Johnny Cash était un chanteur de country. Bob Dylan a révolutionné la musique folk ainsi que Joan Baez. J’ai aimé suivre leur carrière à Greenwich village, ce quartier bohème de New York dans les années 1960. Ils parcouraient ensemble les festivals de musique folk comme Newport ou Monterey en Californie. Superbe prestation de notre cher Timmy Chalamet.

J’aime énormément les biopics de chanteurs : Monsieur Aznavour, Aline… car je trouve qu’ils savent montrer grâce à la magie du cinéma le moment de grâce quand une chanson marque un tournant dans la carrière d’un artiste car elle a touché au bon moment le public.

C’est d’ailleurs le cas de La Maritza, cette chanson mythique de Sylvie Vartan, amie de Bob Dylan dans les années 1960. A quand un biopic consacré à Sylvie ?

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Roland Perez, éditions Les escales.

J’ai vraiment adoré ce petit roman qui se lit très vite. J’ai ri à gorge déployée avec Esther, la mère du narrateur qui est la véritable héroïne de cette histoire. Elle est souvent drôle malgré elle, elle ne doute de rien et sait mettre tout le monde dans sa poche en préparant des cigares au miel pour amadouer une assistante sociale et parvenir à ses fins.

C’est un superbe roman qui se déroule dans une famille juive séfarade avec sept enfants entassés dans un HLM parisien dans les années 1960. Le petit garçon qui a un pied bot trompe l’ennui de ne pas pouvoir aller à l’école en rêvant grâce aux chansons de Sylvie Vartan. J’ai embrayé avec Bonne fête des mères Papa qui cloture cette trilogie autobiographique. Esther y est toujours aussi époustouflante. Ce sont deux très beaux romans sur l’amour inconditionnel mais un peu encombrant d’une mère.

Série Frotter frotter avec Eye Haïdara, Emilie Caen, Karole Rocher, France 2, mini-série de quatre épisodes.

C’est une belle réussite du service public : France 2 d’avoir adapté cette histoire vraie : la grève illimitée de femmes de ménage d’un hôtel en une série humaniste très réussie. Toutes jouent très justement : les actrices connues comme les plus anonymes.

Eye Haïdara et Emilie Caen forment un duo efficace pour montrer cette aventure humaine exceptionnelle. Frotter frotter montre que les femmes de toutes conditions doivent encore se bagarrer pour que l’égalité soient respectées dans tous les métiers. Cela me rappelle la chouette chanson de Stromae, Santé sur les personnes qui ont des métiers un peu méprisés par les puissants.

Rosa, Rosa. Quand on fout le bordel, tu nettoies
Et toi, Albert. Quand on trinque, tu ramasses les verres
Céline (céli) ‘bataire (‘bataire). Toi, tu t’prends des vestes au vestiaire
Arlette, arrête. Toi, la fête tu la passes aux toilettes

Stromae, Santé, 2022

Le comte de Monte Cristo avec Pierre Niney, Anais Demoustier, Bastien Bouillon.

Ce film historique dont on connaît tous un peu l’histoire même si on n’a pas lu le roman d’Alexandre Dumas ( comme moi) est un vrai chef d’œuvre. Il dure trois heures mais nous n’avons pas vu le temps passe tant le suspens de l’intrigue a été maintenu du début à la fin. On se prend rapidement d’affection pour le jeune Edmond Dantès. Les scènes de son évasion du Château d’If puis la découverte du trésor de l’abbé Faria sont de superbes moments de cinéma. Dommage que le film n’ait pas été mieux récompensé lors des derniers Césars.

Deux livres pour faire triompher l’espoir malgré l’horreur.

Les filles de Birkenau avec Esther Senot, Ginette Kolinka, Isabelle Choko, Judith Elan-Hervé, éditions Les escales.

J’ai beaucoup aimé ce livre avec une couverture qui montre trois rescapées des camps de la mort dans un jardin bucolique en région parisienne. C’est un livre de dialogue sur leur enfance, leur arrestation, leur quotidien en déportation et leur libération, agrémenté d’albums de photographies. J’ai offert ce livre à mon amie qui a été longtemps médiatrice culturelle dans un musée important pour le devoir de mémoire.

Soeurs de douleur écrit par Samuel Lieven avec Roselyne Hamel et Nassera Kermiche, XO éditions.

J’appréhendais la lecture de ce livre car c’est angoissant de lire la détresse de deux femmes endeuillées au plus profond de leur âme. C’est un livre où l’amour et le pardon gagnent sur le fanatisme. Roselyne Hamel, la sœur de Jacques Hamel, le prêtre qui a été égorgé dans son église par deux jeunes terroristes a souhaité rencontré la femme qui été aussi malheureuse qu’elle : la mère de l’un des terroristes.

Je vous recommande ce livre qui est une leçon de vie sur le pardon. J’ai beaucoup aimé les biographies croisées de ces deux femmes, deux Françaises qui viennent de deux milieux différents et qui vont devenir amies face à l’horreur et le deuil.

Se réfugier dans la richesse des relations familiales : L’attachement, ce si beau film.

En janvier, j’ai beaucoup regardé les interviews d’Anna Roy lors de la sortie de son témoignage Enorme. Elle y raconte son arrêt forcé du sucre qui l’avait surchargée de soixante kilos. J’aime énormément cette sage-femme qui intervient dans La maison des Maternelles. Elle a une voix très douce et une manière vraiment gentille d’apaiser les peurs et les doutes des futures mamans avec ses conseils d’une grande sensibilité.

J’ai beaucoup été touchée par son témoignage et sa vision de son métier de sage-femme. Il y a un superbe film : L’attachement que je n’ai pas eu le temps de voir. Je le garde précieusement dans ma pile à films.

Les rencontres du papotin avec Omar Sy sur France 2

Je ne regarde pas chaque samedi les rencontres du Papotin car il faut vraiment que je sois une fan de l’invité. J’ai beaucoup aimé ces trente minutes d’échange toujours en sincérité et en simplicité entre une personnalité et une trentaine de journalistes porteurs d’handicap mental ou physique. Omar rigolait tout le long avec son rire si contagieux mais il s’est aussi livré avec franchise. C’est toujours un bon moment cette émission, personne ne s’embarrasse avec des faux-semblants.

Un dimanche à la campagne, présenté par Frédéric Lopez avec Manu Payet, Pauline Deroulède et Lara Fabian, France 2.

J’ai beaucoup aimé cette émission en particulier tout comme j’avais aimé la rencontre avec Virginie Grimaldi, Kendji Girac et Dany Boon cet hiver. Manu Payet a raconté à quel point ses parents étaient sacrément sévères avec lui. Il a passé quatre ans dans un pensionnat en Afrique du Sud où il a trouvé sa vocation d’humoriste.

Lara Fabian a vendu plus de 20 millions d’albums dans le monde entier mais elle a beaucoup galéré avant le succès en enchainant les petits boulots pour lutter contre la précarité. Même quand elle est devenue connue, elle a souffert de la moquerie récurrente des Guignols de l’info qui avaient créer une marionnette hurleuse à son effigie.

Et enfin, j’ai découvert Pauline Déroulède, athlète paralympique. A l’âge de 27 ans, elle a été amputée d’une jambe à cause d’un accident. Elle raconte avec beaucoup d’émotion sa rencontre avec la personne âgée responsable de son accident. Elle milite depuis 2019 pour la fin du permis à vie.

Dimanche, j’ai vu des Parisiens qui lézardaient sur les quais de Seine avec un bon livre. J’ai réalisé que c’était une sacré bonne idée de détente à expérimenter ce printemps. J’ai envie de lire sur une chaise transat du jardin du Luxembourg ou des Tuileries au bord d’une fontaine avec un excellent roman…

Cinéma

Une cérémonie des Césars 2025 sous le signe de la sincérité et de la vulnérabilité.

Vendredi dernier, c’était la cérémonie des Césars. Interminable comme d’habitude mais avec de beaux moments forts. Je la commente chaque année dans ce blog parce que j’aime ce petit cérémonial de février depuis que je suis au lycée.

J’allume la télévision une trentaine de minutes avant la cérémonie pour voir leur arrivée sur le tapis rouge, je me pâme d’admiration devant les belles robes ou je déplore le manque de style. Bref, je kiffe mon moment.

Jean-Pascal Zadi, un maître de cérémonie désarmant de sincérité

Jean-Pascal Zadi ne s’est pas foulé avec sa fanfare qui joue un air d’Astérix et Obélix mission Cléopâtre devant Julia Roberts à l’Olympia. Mais c’est peut -être cela qui fait son charme. Il est désarmant de sincérité, vanneur mais surtout authentique : « Le plus important c’est de partager des émotions avec le public  »

« Le cinéma m’a sauvé la vie, il m’a fait changer de condition, j’espère que ma présence ce soir pourra donner de l’espoir à tous ceux qui se disent que le cinéma ce n’est pas pour eux « .

Il est le second acteur noir à remporter le césar du meilleur acteur après Omar Sy. J’ai aimé son rôle de maître de cérémonie car il est conscient, même reconnaissant de la manière dont le cinéma a changé sa condition : « Niveau BTS, quelle réussite » .

Le discours d’ Abou Sangare récompensé pour son rôle dans L’histoire de Souleymane, a été l’un des plus beaux moments de la cérémonie. C’est un jeune homme de 23 ans qui vient de Guinée par l’un des chemins les plus dangereux qu’il soit. Il travaille dans un garage à Amiens et il vient de recevoir un titre de séjour d’un an. Il a livré à l’Olympia un vibrant discours qui célèbre la magie du cinéma quand l’espoir est rare quand on vit dans la précarité et la clandestinité.

Le César du meilleur espoir féminin a été attribué à Maïwène Barthélémy, pour son rôle d’agricultrice dans Vingt dieux. Comme Abou Sangare, elle débute totalement au cinéma car elle étudie dans un lycée agricole. Ce beau film qui se déroule dans le Jura a été récompensé du César du meilleur premier film. Il raconte un jeune un peu désœuvré qui se décide à participer à un concours agricole suite à la mort de son père.

Le bémol qui me vient à l’esprit : parfois les remettants de César ou les nommés sont vraiment pas bons dans l’exercice des remerciements ou de la remise des prix. Pio Marmaï et Raphaël Quenard ont été particulièrement lourdeaux alors qu’ils sont brillants dans le film L’attachement de Carine Tardieu.

Bouli Lanners et Alice Belaïdi mériteraient le César des meilleurs remettants car ils ont été à la fois tout en drolerie et en sobriété. C’est également Alice qui avait la plus belle robe de la cérémonie. Franck Dubosc s’est aussi particulièrement illustré avec la remise exceptionnelle du César de celui qui n’a jamais reçu de César (on dirait un titre d’épisode de Friends).

Un sketch hilarant qui se moque avec beaucoup de talent de l’Académie des Césars qui boude chaque année les comédies et leurs réalisateurs au profit de films plus intellectuels. Franck Dubosc est un acteur et réalisateur vraiment doué notamment dans la comédie Tout le monde debout. C’est un humoriste reconnu mais il a su varier les genres en devenant réalisateur et aussi en démontrant qu’il a aussi des talents d’acteur dramatique.

« J’ai aussi fait des comédies qui n’étaient pas drôles « .

Julia Roberts a été très bon public toute la soirée à rire et à sourire aux blagues bien françaises. Chapeau à Julia et son charme naturel, la girl’s next door que l’on aime tant depuis quarante ans de carrière. Coup de foudre à Nothing Hill, Le sourire de Mona Lisa, Erin Brokovitch, Pretty woman ce sont des films marquants des années 1990-2000.

La dernière heure des Césars est bien évidemment la plus intéressante selon moi car elle couronne les catégories meilleurs acteur, actrice, réalisateur et film.

Le discours de Karim Leklou, récompensé pour son rôle de Aymeric dans Le roman de Jim était un des moments forts de la cérémonie. Il y joue un homme qui prend soin dès sa grossesse d’une femme qu’il va aimer et chérir tout au long de l’enfance de cet enfant qui n’est pas le sien. Et un jour, son père biologique va ressurgir…

Karim Leklou est un acteur emblématique du cinéma français actuel : il jouait aussi un second rôle dans L’amour ouf ou la série Hippocrate. Il a eu l’élégance de saluer ses partenaires d’une autre équipe mais aussi ses concurrents au prix dont son ami Tahar Rahim, magistral cette année dans Monsieur Aznavour.

« Je dédie ce César à tous les gentils« . Ce genre de déclaration, nous y sommes tous très sensibles actuellement. Elle est tellement nécessaire dans cette société où on valorise de moins en moins la loi du plus fort (il était temps) mais où ceux qui forcent la main aux autres sont encore puissants.

J’ai aussi bien aimé le discours d’Hafsia Herzi, sacrée meilleure actrice cette année. Elle avait déjà reçu le césar du meilleur espoir féminin il y a douze ans pour le film La graine et le mulet. Depuis, elle est devenue réalisatrice et elle a tourné une quarantaine de films depuis.

Le cinéma français a de gros défauts mais il faut reconnaître aussi qu’il est un formidable ascenseur social pour les jeunes issus de l’immigration : Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, Tahar Rahim, Jean-Pascal Zadi, Roschdy Zem… Et leurs discours de remerciements nous redonnent de l’espoir tout de même.

Une journée historique pour la réouverture de Notre Dame de Paris

On débriefe ensemble la cérémonie d’ouverture des JO de Paris

© Cyril Moreau/Bestimage

Cinéma·Romans

Paddington et Bridget Jones, ambassadeurs de Londres

En février, deux ambassadeurs de la culture anglaise : Paddington et Bridget Jones effectuent un retour gagnant dans les salles de cinéma. Je ne comprends pas bien pourquoi le premier ministre de Love actually (interprété par Hugh Grant) n’a pas parlé d’eux dans son célèbre discours vantant les personnages illustres de la culture anglaise : William Shakespeare, Harry Potter, David Beckham….

En toute franchise, j’ai découvert l’ours Paddington à travers une vidéo humoristique avec la reine Elisabeth II herself pour lancer son jubilé en 2022. Puis, nous avons regardé les deux films sur Netflix avec ma fille et c’était un excellent moment de cinéma ensemble.

J’ai découvert à travers le brillant article du Courrier international : Paddington, une mascotte so british que ce petit ours d’origine péruvienne est un véritable ambassadeur de la culture anglaise.

On le retrouve sur des carnets de timbres, des pièces de monnaie, des statues dans tout le pays le représentent. La famille anglaise l’a prénommé ainsi à cause du nom d’une station de métro de Londres où elle l’a recueilli.

Paddington est né de l’imagination de Michael Bond, cameraman de de la BBC. A la veille de Noël en 1956, il a découvert cet ours en peluche dans une vitrine de magasin et il lui a inventé des origines péruviennes. Une série de 29 livres a vu le jour depuis bientôt 70 ans mais aussi trois films en prises de vue réelles dont le dernier opus est sorti en salles le 5 février dernier.

Plus de 27 millions d’ours en peluches à son effigie se sont vendus à travers le monde. C’est d’ailleurs, le cadeau offert à ceux qui ont construit le tunnel sous la Manche à la fin des années 1980.

L’auteur Michael Bond a mis beaucoup de lui-même dans ce personnage si attachant : le vieux chapeau et le duffle coat bleu sont des vêtements de son enfance, il a transmis à ce jeune ours son sens de la gentillesse, ses valeurs morales et sa gourmandise comme l’indiquait sa fille dans l’article du Courrier international.

Dans ce blog, j’aime bien analyser les success-story de l’édition mondiale comme Babar, Martine, Tintin, Gaston Lagaffe… Paddington me fait beaucoup penser à l’univers très londonien de Mary Poppins ou de Peter Pan. Londres a fait rêver de nombreux enfants à travers sa littérature jeunesse…

Paddington et Bridget Jones ont pour de nombreux points communs : ils vivent à Londres et sont de formidables ambassadeurs de la ville. Ils sont gaffeurs mais sacrément attachants. La nostalgie est un excellent levier pour encourager les spectateurs à aller dans les salles obscures découvrir un énième film quand on aime de manière inconditionnelle le personnage.

Retour gagnant pour Bridget Jones ?

Le 4eme opus de Bridget Jones : Folle de lui est plus profond que les trois films précédents. La thématique principale est le deuil du père de famille : Mark Darcy. Bridget Jones est une mère de cinquante-deux ans qui n’a pas repris son travail de productrice de télévision car elle est débordée par son quotidien.

Elle est aussi sacrément engluée dans son chagrin dans un fameux pyjama (bien connu dans les deux premiers films). Sa gynécologue (la brillante Emma Thompson) va l’enjoindre sans ménagements à abandonner sa léthargie.

J’ai bien aimé que Bridget Jones devienne plus mature (c’était déjà amorcé dans le 3eme film quand elle attend un bébé) et qu’elle ose enfin mettre un stop à un relation sans avenir sans se ridiculiser. Ses échanges avec le professeur d’école de son film sont profonds et on se laisse convaincre qu’il pourrait remplacer l’irremplaçable Mark Darcy.

25 ans plus tard, Bridget Jones n’est toujours pas une retraitée de l’amour

Mais en toute honnêteté, j’ai trouvé ce 4eme opus vraiment trop sérieux mais si j’ai ri à quelques reprises avec mon amie Alix à gorge déployée, d’un rire gras et bête qui défoule beaucoup dans cette actualité pesante. Je suis nostalgique de cet humour des années 2000 avec cette culotte gainante mythique, les bagarres grotesques de Darcy et Clever.

Bridget Jones, folle de lui reprend également les codes d’Orgueil et préjugés comme les précédents films qui ont fait son succès. Heureusement que Daniel Clever est revenu vivant d’Amazonie car il nous régale avec ses bêtises graveleuses : « Là où il est tombé, la forêt est un peu moins vierge » Bridget Jones’s baby.

Richard Curtis, le réalisateur du Journal de Bridget Jones , Love Actually ou encore Coup de foudre à Nothing Hill est un peu décrié pour ses blagues dignes des années 2000 sur le poids ou encore des relations hommes/femmes un peu trop sexistes à la lumière de 2025.

Mais qui depuis peut se vanter d’avoir fait des comédies romantiques aussi réussies. Moi ce que j’aime particulièrement avec Bridget Jones, c’est que c’est une fille des classes populaires qui se moquent des snobs dont elle rejoint le rang à l’aube de ses cinquante ans.

Elle a quitté son mythique appartement près de Borough Market pour rejoindre une banlieue plus huppée.

D’ailleurs, les institutions ne s’y sont pas trompées puisque le site touristique Great Britain diffusait avant la projection de Bridget Jones, un spot promotionnel pour montrer à quel point le pays inspirait les films et séries comme lieu de tournage.

Mes précédents articles sur la culture anglaise dans les films, les séries, les romans…

Londres out the box

Charlie monte le son ou l’adolescence 2.0

Un roman aussi dépaysant qu’un trajet en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew

La véritable piscine de Brockwell à Londres
Cinéma·Sociologie

En fanfare, fraterniser en musique dans une France fracturée mais qui veut rester unie.

Si vous aimez les histoires de fratrie et que vous avez envie de voir un film qui fait du bien dans le même genre qu’ Envole-moi, je vous recommande En fanfare.

On peut dire que les dix premières minutes du film démarrent… en fanfare (bon ce calembour idiot c’est bon c’est fait…). Il faut dire qu’il y a urgence vitale à rattraper le temps perdu. On sent qu’il y a une complicité immédiate et non feinte entre ces deux frères, ces deux acteurs.

Deux frères de cinéma qui portent le film sur leurs épaules.

Benjamin Lavernhe vient de la Comédie française, il a joué l’abbé Pierre mais aussi un pitoyable responsable de ressources humaines dans la brillante mini série Un entretien de Canal+. Pierre Lottin est immensément connu pour son rôle de Wilfried dans les Tuche. Mais il a aussi joué dans la série Lupin, le dernier film d’Ozon : Quand vient l’automne ou encore Notre Dame brûle de Jean-Jacques Annaud.

Je pense que Jimmy Lecoq dans ce film En fanfare est son plus beau rôle. On s’attache rapidement à ces deux frères pour qui l’annonce de leurs origines est un véritable tsunami émotionnel pour eux. Mais l’amour passionnée pour la musique va les aider à fraterniser tout de suite. Et même à aller de l’avant malgré la maladie et les difficultés professionnelles.

Les seconds rôles féminins de ce film lui apportent beaucoup : Sabrina en tête.

Sabrina c’est une des membres de la fanfare. Jimmy et elle se tournent autour dans la friend zone mais ils ont trop d’ennuis personnels pour se mettre ensemble. Et pourtant le fait de jouer dans une fanfare va les aider… à saisir leurs rêves.

Ensuite, il y a Claudine, la mère adoptive de Jimmy. Mon personnage préféré de ce film. Une dame toute simple de la classe moyenne avec un cœur en or. C’est elle qui va aider les deux frères à faire lien tout au long du film. Et enfin la maman et la sœur de Thibault sont d’une belle humanité elles aussi.

En fanfare, le film pansement de cette France si fracturée.

En fanfare est un grand film qui nous fait tous du bien vu à quel point le pays est fracturé. Il n’y a qu’une seule France et c’est possible d’y vivre ensemble sans s’y taper dessus. Le thème central de ce film c’est le déterminisme social.

Ces deux frères sont torturés par le résultat de la loterie : l’un a tiré le bon numéro en rejoignant une famille aisée dans une banlieue huppée. Il est devenu chef d’orchestre. L’autre a grandi en famille d’accueil. Heureusement, il a été adopté par un couple formidable qui participait à une fanfare. Mais il travaille dans une cantine et il rêve à d’autres horizons.

J’ai beaucoup aimé les références à d’autres films tous aussi sociologiques : ceux du britannique Ken Loach mais aussi Etienne Chatiliez : La vie est un long fleuve tranquille et celui du régional de l’étape Dany Boon : Bienvenue chez les Ch’tis.

En fanfare réunit la musique classique et la chanson populaire de Johnny, Sardou, Aznavour, les musiciens de jazz américains…En avril dernier, j’avais vu le biopic de la vie de Maurice Ravel : Boléro. Il se trouve que ce titre classique est le plus écouté au monde et il a été inspiré par les cadences infernales des machines industrielles dans les usines.

Les fanfares ou les harmonies musicales constituent le patrimoine immatériel de la vie ouvrière dans le Nord de la France. Voici une superbe vidéo de France 3 qui vous expliquera bien mieux que moi leur histoire.

Le film ne se termine pas du tout en queue de poisson comme c’est malheureusement le cas pour de nombreuses comédies françaises avec une bonne idée au début.

En fanfare se termine crescendo en apothéose avec les deux dernières scènes du film. Je ne vais pas vous les dévoiler pour que vous puissiez les savourer au cinéma. J’ai bien failli pleurer avec cette musique d’Aznavour tellement entraînante. Je n’avais pas réalisé de quel nord il parlait avec Emmenez-moi.

La magie du cinéma : l’accueil et l’engouement des spectateurs, la meilleure caisse de résonnance.

Et enfin, la magie de ce film réside sur son authenticité : Benjamin Lavernhe a travaillé d’arrache pied pour devenir chef d’orchestre en deux mois, Pierre Lottin a appris le trombone alors qu’il est un pianiste autodidacte. Les acteurs du film ont rejoint la véritable fanfare pour créer une harmonie musicale.

Cette fanfare joue un vrai rôle dans un coin de France qui s’est pris la désindustrialisation de plein fouet. On met des visages sur ces faits d’actualité un peu lointains au journal télévisé. La beauté du cinéma, c’est que des membres de la fanfare qui n’avaient jamais pris l’avion, sont allés présenter leur film au festival de Cannes.

Retrouvez-ici mes précédents articles consacrés au Nord de la France, d’où viennent mes grands-parents chéris.

-Les gaufres Rita, ma madeleine de Proust

-Les galériens de la SCNF au déconfinement de juin 2020 : un voyage rocambolesque au Touquet

–Le vieux Lille en automne, la machine à remonter le temps

Du livre à l'écran·Romans

Du livre à l’écran : mes derniers coups de coeur lecture !

Je suis un animal étrange qui regarde le film adapté du roman avant de lire le livre. Et je n’ai pas de problème à relire un roman deux ou trois fois si j’ai aimé passionnément l’histoire. 

Ça a été le cas dernièrement avec Brooklyn et Pour un garçon. Il faut dire que Nick Hornby est le scénariste du film Brooklyn. Pour un garçon est une comédie avec Toni Colette, Hugh Grant et Rachel Weisz qui date de 2001. Je pense avoir vu toutes les comédies romantiques anglaises avec Hugh Grant et Colin Firth des années 2000 : Love Actually, Le journal de Bridget Jones, Coup de foudre à Noting Hill…

A propos d’un gamin, Nick Hornby, éditions 10/18, 316 pages, 8.60€

Le résumé de l’éditeur :

Rentier oisif, célibataire fier de son immaturité et séducteur invétéré, Will a une nouvelle idée de génie pour draguer : assister à des réunions de parents célibataires. Mais la rencontre décisive à laquelle va le mener ce stratagème sera en fait celle d’un gamin de douze ans, Marcus, son opposé absolu sur l’échelle du cool. Quand Will se goinfre de modernité, Marcus écoute des disques de baba cool et porte des vestes en mouton.
L’un et l’autre ont pourtant un point commun qui va les rapprocher : leur solitude. Au travers des pérégrinations de cet improbable duo, Nick Hornby poursuit avec humour et sensibilité son exploration des ressorts de la masculinité.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman qui est beaucoup plus profond qu’une comédie romantique. Il raconte deux solitaires qui vont s’entraider : ils n’ont aucun lien de parenté et ne se seraient jamais rencontré sans cette idée farfelue de s’inventer un enfant pour draguer des mères célibataires.

Marcus a saisi la supercherie et va s’en saisir comme la chance de sa vie d’avoir un modèle d’adulte qui connait les chanteurs et les dernières baskets à la mode pour se faire accepter au collège. Sa mère est une hippie pas si pacifique que ça qui lui impose son mode de vie alors qu’un ado veut rentrer dans le moule à son âge.

Will, dragueur invétéré qui fuit le grand amour et l’engagement va se laisser convaincre par Marcus qu’être amoureux est beaucoup plus puissant que ce qu’il imaginait. C’est un superbe roman qui parle d’une entraide réciproque dans un société de plus en plus individualiste où la famille n’est plus une valeur refuge. Et pourtant on en a sacrément besoin au quotidien.

Dans un tout autre genre, j’ai lu cet été la suite de La liste de nos envies 2 de Grégoire Delacourt.

Le titre est peu original mais on s’était vite attaché à Jocelyne, cette mercière d’Arras au coeur d’or. Elle a gagné au Loto mais aussi les ennuis qui vont avec. Dans le premier roman, elle subit les errements de son Jocelyn de mari, qui est un affreux jojo, il faut bien le dire.

J’ai préféré la suite car Jocelyne intègre un groupe de parole des gagnants du Loto. Chacun des participants va apporter sa pierre à l’édifice pour vivre au mieux ce tsunami dans une vie. Ce n’est pas de la grande littérature selon moi mais c’est un roman agréable à lire qui nous questionne sur l’impact de l’argent dans nos relations familiales et amicales.

La liste de mes envies 2, Grégoire Delacourt, éditions Albin Michel, 256 pages, 19.90€

Retrouvez ici mes dernières chroniques romans publiées ici :

-A la table avec les Kennedy, Gallimard et Camus pour goûter la littérature de Valérie Paturaud : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

-Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe le temps d’un été, éditions Les escales.

Du livre à l'écran·Romans

De Brooklyn à Long Island, un océan romanesque va séparer Eilis de son mari

En 2016, j’étais exposante au festival du livre de Paris. Les trajets en métro pour aller travailler étaient interminables. Ma lecture du roman Brooklyn a été un vrai échappatoire bienvenu : une belle histoire d’amour qui m’a permis une évasion littéraire totale.

Il faut dire que cette histoire a été adaptée au cinéma par un scénariste de génie : Nick Hornby. Il a écrit Pour un garçon lui aussi adapté au cinéma.

L’affiche du film Brooklyn est iconique, elle symbolise tellement la manière dont on peut rêver de New York : un couple qui s’embrasse au pied du Brooklyn bridge.

Long island est la suite de Brooklyn. Il se déroule entre Long Island et l’Irlande dans les années 1970, vingt ans après qu’ Eilis Lacey ait émigré aux Etats-Unis car il n’y avait pas d’avenir pour elle au pays.

Long Island, Colm Toibin, 400 pages, éditions Grasset, 24€

Le résumé :

Tony et Eilis sont désormais mariés depuis vingt ans avec deux grands enfants en âge d’aller à l’université. Leur couple italiano irlandais vit dans un village de Long Island avec comme voisins les parents de Tony, ses frères et leurs femmes. Tous sont italiens et leurs choix de vie sont vite commentés lors des réunions familiales.

Ils justifient les erreurs des membres de la famille par une solidarité sans failles quoi qu’il en coûte. Il se trouve que Tony a planté un sérieux coup de canif dans leur contrat conjugal.

Un jour sans crier gare, un homme irlandais assez intimidant vient lâcher une bombe dans le quotidien d’Eilis . Il lui apprend que son mari plombier a séduit sa propre femme. Elle est enceinte et le mari fou furieux déposera l’enfant sur le pas de la porte d’un Tony adultérin à sa naissance… Quelle décision radicale va prendre Eilis ?

Mon avis :

Long Island est un roman de grande littérature. L’auteur est réputé comme un maître de l’ellipse et des non dits. Ce roman démarre sur des chapeaux de roue en choquant ses lecteurs.

J’ai été happée dès les premiers chapitres par le rythme très soutenu avec des situations où les sentiments les plus violents s’entrechoquent : jusqu’ au point de rupture. J’ai abandonné ma lecture car l’attitude de deux personnages principaux m’a profondément heurté. Ce roman raconte avec brio un triangle amoureux et je déteste les histoires de triangle amoureux car il y a toujours une trahison à la clé.

Feuilletez ici un extrait du roman

Long Island est un excellent roman très bien écrit mais il m’a vraiment dérangée dans ma conception du romantisme et de la loyauté dans un couple. Autant les personnages de Brooklyn étaient chaleureux et attachants : le prêtre, Rose, la sœur dévouée, Tony…, autant les personnages de Long Island sont froids et sans aucune empathie les uns avec les autres.

Le seul personnage de Long Island qui m’a intéressée est Nancy Sheridan, l’amie d’enfance d’Eilis. Vingt ans plus tard, elle se retrouve veuve à tenir un débit de friture avec son fils, jeune adulte sur lequel elle ne peut pas vraiment compter. En raison de son commerce, elle peut être confrontée à la violence, l’insécurité à cause de l’alcool quand un samedi soir trop arrosé peut dégénérer.

Enfin, la couverture du livre est superbe. On dirait un tableau d’Hopper ou de Dali peignant sa muse Gala. Elle annonce un portrait de femme d’une grande froideur.

La note du bal littéraire des sardines : 4/5 sardines

J’aurai adoré mettre cinq sardines à ce roman tant j’aimé Brooklyn, l’un de mes cinq romans préférés. Mais l’ambiance polaire entre les personnages m’a sacrément refroidie.

J’ai une théorie bien établie comme quoi un roman c’est comme un travail thérapeutique avec un psy : il faut qu’une alliance thérapeutique se noue dans la situation initiale. Et cela n’a pas du tout été le cas dans ce roman. J’ai été plus choquée que séduite par cette histoire, qui est malgré tout, un roman de grande littérature.

Retrouvez ici mes précédentes chroniques de romans ici :

–A table avec les Kennedy, Albert Camus et Gallimard : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

–Les magnolias de Myrtle Lane : un roman réaliste et attachant

-Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe…

Cinéma

Quand te reverrais-je acteur merveilleux ? Hommage à Michel Blanc en cinq films marquants.

Vendredi matin, j’ouvre le site de Paris Match et là c’est le coup de massue : Michel Blanc est mort. J’ai réalisé avec sa mort à quel point j’aimais sa manière de jouer et je me rendais même pas compte que je choisissais un film car il jouait dedans.

Il est de la même génération que mon père et depuis une vingtaine d’années, ses rôles étaient emprunts de transmission et de bienveillance envers les générations suivantes. Il jouait un père, un prof comme dans Nos 18 ans… On a entendu les hommages de la chanteuse Louane, de Pierre Niney ou d’ Hakim Jemili car Michel Blanc a accompagné leurs premiers rôles au cinéma comme partenaire.

Depuis l’annonce de son décès, je ne cesse de regarder des reportages qui lui rendent hommage. J’imagine la peine indéfinissable de ses amis de la troupe du Splendid car ils ont connu le succès ensemble depuis cinquante ans. Ils se connaissent depuis leurs 14 ans au lycée Pasteur à Neuilly.

Il se trouve que j’avais lu ce printemps la biographie de Josiane Balasko, une de mes actrices préférées. C’était très émouvant de les voir poser tous ensemble pour fêter les 75 ans de Paris Match. Cette troupe a marqué l’histoire du cinéma, tous sont devenus des vedettes ! Ils sont très touchants par leur amitié éternelle alors qu’ils ont des opinions politiques assez diverses, ils continuent de rire ensemble et de se vanner.

J’ai voulu lister cinq grands films dans lesquels Michel Blanc m’a émue.

Les Bronzés et Les bronzés font du ski par Patrice Leconte : 1978 et 1979 : Jean-Claude Dusse

Ce sont deux films patrimoniaux avec des répliques cultes qui se transmettent de générations en générations. Elles sont même entrées dans le langage commun : « Sur un malentendu », « Je sens que je vais conclure….  »

Michel Blanc était connu pour être le dialoguiste de la troupe du Splendid. Il est indéniable que Jean-Claude Dusse est le personnage le plus marquant des Bronzés avec ses déconvenues amoureuses ou bloqué sur un télésiège.

Il s’est efforcé de changer de registre vers le drame car le rôle de Jean-Claude Dusse tellement iconique était un peu trop encombrant et réducteur. Moi j’adore le début des Bronzés font du ski quand on suit Jean-Claude en train de prendre le métro dans Paris avec ses skis et ses batons vers la gare de Lyon pour rejoindre l’Alpe d’Huez…

Je vous trouve très beau, réalisé par Isabelle Mergault, 2006 : Aymé Pigrenet

J’ai beaucoup aimé cette comédie sociale qui a été tourné dans la Drôme, ma patrie. Elle raconte l’histoire d’un fermier, Aymé, qui se retrouve brutalement veuf et sacrément désappointé car ni la cuisine, ni la lessive ne sont ses points forts.

Il va s’envoler pour la Roumanie avec une responsable d’agence matrimoniale pour trouver plus une fermière qu’une épouse. Il va trouver la perle rare : Elena, une jeune femme solaire qui a du mal à accepter que les sentiments ne feront pas partie de l’équation. L’un des plus beaux rôles de Michel Blanc, celui d’un fermier bourru qui va accepter de vivre la tendresse et l’affection.

Nos 18 ans, 2008, réalisé par Fréderic Berthe : Monsieur Martineau

J’aime énormément cette petite comédie générationnelle qui se déroule à Bordeaux dans les années 1990. C’est l’histoire d’un groupe d’adolescents qui passe le bac et qui vit ses premiers émois amoureux lors de soirées où retentissent les meilleurs sons de Téléphone, Manu Chao… Les petits jeunes de la bande ne sont pas très connus à part Pierre Niney. Ils vont être encadrés par deux belles figures du cinéma français : Michel Blanc et Bernadette Lafont, qui jouent une mère et un fils.

Michel Blanc est un professeur de philosophie un peu rigide, bête noire de l’un de ses élèves Théo. Manque de bol, Théo se ramasse aux rattrapages mais il va pouvoir bénéficier de la main tendue et inespérée de Monsieur Martineau.

Demi-sœur réalisé par Josiane Balasko, 2013 : Paul.

C’est un film très émouvant qui repose sur le duo Balasko/Blanc. Nénette est une petite fille de 60 ans qui retrouve par la force des choses son frère Paul qui est pharmacien et qui ignore tout de son existence. On ne peut pas dire que l’accueil va être des plus chaleureux tant Paul est psychorigide et peu empathique avec les handicapés mentaux.

Josiane Balasko et Michel Blanc sont les deux seuls de la troupe du Splendid à avoir vraiment cherché à jouer des rôles plus dramatiques. C’est un film tendre et profond.

Et enfin Docteur ? de Tristan Séguela, 2019 : Serge

Je l’ai vu avec mon mari et on a vraiment bien aimé cette comédie un peu grinçante qui se moque de l’uberisation de la médecine généraliste. C’est le soir de Noël et Michel Blanc joue un médecin proche de la retraite et un peu désocialisé. Il est débordé par ses gardes et il force sur la piquette pour tenir le coup.

Il a tellement chargé la mule qu’il se bloque le dos et il va devoir faire équipe avec Malek (Hakim Jemili) un livreur Uber eats, lui aussi de service, ce soir là… Ce duo comique qui réunit deux générations d’humoristes fonctionne très bien et on passe un bon moment de cinéma avec ces deux-là.

Jeudi 11 octobre, c’était les obsèques de Michel Blanc dans l’église Saint-Eustache. Un fan s’est présenté en tenue de skieur avec ses skis, ses gants et son masque de ski. Le plus bel hommage à Michel Blanc : Jean-Claude Dusse n’est pas seulement iconique, il est inoubliable dans nos cœurs !

Retrouvez ici d’autres hommages à des acteurs et des chanteurs qui m’ont marquée !

-Hommage à Belmondo, la Bebel mania, nostalgie d’une France où tout allait bien !

-Jane Birkin, la meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg dans le monde entier.

Du livre à l'écran

Emballée par la couv’ : l’édition bulgare du Journal de Bridget Jones.

Depuis cet été, j’ai voulu développer une rubrique Emballée par la couv’ dans mon blog. J’explique en quoi certaines couvertures de livres attirent mon œil sur les tables de librairies ou les réseaux sociaux et pourquoi.

J’ai trouvé le cas d’école dans le domaine de l’édition : Le journal de Bridget Jones, écrit par Helen Fielding, publié en 1996 et traduit en France en 1998 par Albin Michel.

J’ai pris en photo l’édition bulgare encore publiée trente ans plus tard à la librairie Helikon de Bourgas, Bulgarie. C’est écrit en alphabet cyrillique et pourtant c’est facile de reconnaître cette couverture iconique, reprise pour la sortie du film en 2001.

C’est un succès international car il décrit le quotidien de la bonne copine, la trentaine bien tassée mais éternelle célibataire. Cette couverture représente bien la thématique du roman : une jeune femme un peu ahuri, plus tout à fait une petit fille mais pas encore une vraie adulte.

Bridget Jones : une icône de la comédie romantique
Droits réservés Universal France, 2001

Elle tient un journal intime où elle couche ses bonnes résolutions pour réussir sa vie sur tous les tableaux : son poids, son activité sexuelle, sa consommation de cigarettes à bannir… Dans les années 2000, les ouvrages de développement personnel étaient peu critiques face aux injonctions de la société.

Je peux regarder les deux films une bonne dizaine de fois sans me lasser. Je trouve que les Anglais sont vraiment les meilleurs dans le domaine de la comédie romantique : Coup de foudre à Nothing Hill, Love Actually, The holiday…

Le journal de Bridget Jones a cette particularité de transposer avec génie l’intrigue d’un roman incontournable de la littérature anglaise : Orgueil et préjugés de Jane Austen. La mère de Bridget Jones est aussi gênante voire pire que celle d’Elisabeth Bennett, Monsieur Darcy est intemporellement beau (peut être parce que le rôle colle à la peau de Colin Firth) et Hugh Grant joue à la perfection le connard de première.

Retrouvez ici mes précédents articles dédiés à la culture du Royaume-Uni :

-Pourquoi j’ai eu un coup de cœur pour l’autobiographie et la série Call the midwife…

-Un roman aussi dépaysant qu’un voyage en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew

– La piscine de Rosemary, un roman qui rend hommage aux piscines londoniennes

-Au revoir Elisabeth II, ambassadrice dans le monde entier d’une culture british iconique !