Cinéma·Sociologie

En fanfare, fraterniser en musique dans une France fracturée mais qui veut rester unie.

Si vous aimez les histoires de fratrie et que vous avez envie de voir un film qui fait du bien dans le même genre qu’ Envole-moi, je vous recommande En fanfare.

On peut dire que les dix premières minutes du film démarrent… en fanfare (bon ce calembour idiot c’est bon c’est fait…). Il faut dire qu’il y a urgence vitale à rattraper le temps perdu. On sent qu’il y a une complicité immédiate et non feinte entre ces deux frères, ces deux acteurs.

Deux frères de cinéma qui portent le film sur leurs épaules.

Benjamin Lavernhe vient de la Comédie française, il a joué l’abbé Pierre mais aussi un pitoyable responsable de ressources humaines dans la brillante mini série Un entretien de Canal+. Pierre Lottin est immensément connu pour son rôle de Wilfried dans les Tuche. Mais il a aussi joué dans la série Lupin, le dernier film d’Ozon : Quand vient l’automne ou encore Notre Dame brûle de Jean-Jacques Annaud.

Je pense que Jimmy Lecoq dans ce film En fanfare est son plus beau rôle. On s’attache rapidement à ces deux frères pour qui l’annonce de leurs origines est un véritable tsunami émotionnel pour eux. Mais l’amour passionnée pour la musique va les aider à fraterniser tout de suite. Et même à aller de l’avant malgré la maladie et les difficultés professionnelles.

Les seconds rôles féminins de ce film lui apportent beaucoup : Sabrina en tête.

Sabrina c’est une des membres de la fanfare. Jimmy et elle se tournent autour dans la friend zone mais ils ont trop d’ennuis personnels pour se mettre ensemble. Et pourtant le fait de jouer dans une fanfare va les aider… à saisir leurs rêves.

Ensuite, il y a Claudine, la mère adoptive de Jimmy. Mon personnage préféré de ce film. Une dame toute simple de la classe moyenne avec un cœur en or. C’est elle qui va aider les deux frères à faire lien tout au long du film. Et enfin la maman et la sœur de Thibault sont d’une belle humanité elles aussi.

En fanfare, le film pansement de cette France si fracturée.

En fanfare est un grand film qui nous fait tous du bien vu à quel point le pays est fracturé. Il n’y a qu’une seule France et c’est possible d’y vivre ensemble sans s’y taper dessus. Le thème central de ce film c’est le déterminisme social.

Ces deux frères sont torturés par le résultat de la loterie : l’un a tiré le bon numéro en rejoignant une famille aisée dans une banlieue huppée. Il est devenu chef d’orchestre. L’autre a grandi en famille d’accueil. Heureusement, il a été adopté par un couple formidable qui participait à une fanfare. Mais il travaille dans une cantine et il rêve à d’autres horizons.

J’ai beaucoup aimé les références à d’autres films tous aussi sociologiques : ceux du britannique Ken Loach mais aussi Etienne Chatiliez : La vie est un long fleuve tranquille et celui du régional de l’étape Dany Boon : Bienvenue chez les Ch’tis.

En fanfare réunit la musique classique et la chanson populaire de Johnny, Sardou, Aznavour, les musiciens de jazz américains…En avril dernier, j’avais vu le biopic de la vie de Maurice Ravel : Boléro. Il se trouve que ce titre classique est le plus écouté au monde et il a été inspiré par les cadences infernales des machines industrielles dans les usines.

Les fanfares ou les harmonies musicales constituent le patrimoine immatériel de la vie ouvrière dans le Nord de la France. Voici une superbe vidéo de France 3 qui vous expliquera bien mieux que moi leur histoire.

Le film ne se termine pas du tout en queue de poisson comme c’est malheureusement le cas pour de nombreuses comédies françaises avec une bonne idée au début.

En fanfare se termine crescendo en apothéose avec les deux dernières scènes du film. Je ne vais pas vous les dévoiler pour que vous puissiez les savourer au cinéma. J’ai bien failli pleurer avec cette musique d’Aznavour tellement entraînante. Je n’avais pas réalisé de quel nord il parlait avec Emmenez-moi.

La magie du cinéma : l’accueil et l’engouement des spectateurs, la meilleure caisse de résonnance.

Et enfin, la magie de ce film réside sur son authenticité : Benjamin Lavernhe a travaillé d’arrache pied pour devenir chef d’orchestre en deux mois, Pierre Lottin a appris le trombone alors qu’il est un pianiste autodidacte. Les acteurs du film ont rejoint la véritable fanfare pour créer une harmonie musicale.

Cette fanfare joue un vrai rôle dans un coin de France qui s’est pris la désindustrialisation de plein fouet. On met des visages sur ces faits d’actualité un peu lointains au journal télévisé. La beauté du cinéma, c’est que des membres de la fanfare qui n’avaient jamais pris l’avion, sont allés présenter leur film au festival de Cannes.

Retrouvez-ici mes précédents articles consacrés au Nord de la France, d’où viennent mes grands-parents chéris.

-Les gaufres Rita, ma madeleine de Proust

-Les galériens de la SCNF au déconfinement de juin 2020 : un voyage rocambolesque au Touquet

Le vieux Lille en automne, la machine à remonter le temps

Du livre à l'écran·Romans

Du livre à l’écran : mes derniers coups de coeur lecture !

Je suis un animal étrange qui regarde le film adapté du roman avant de lire le livre. Et je n’ai pas de problème à relire un roman deux ou trois fois si j’ai aimé passionnément l’histoire. 

Ça a été le cas dernièrement avec Brooklyn et Pour un garçon. Il faut dire que Nick Hornby est le scénariste du film Brooklyn. Pour un garçon est une comédie avec Toni Colette, Hugh Grant et Rachel Weisz qui date de 2001. Je pense avoir vu toutes les comédies romantiques anglaises avec Hugh Grant et Colin Firth des années 2000 : Love Actually, Le journal de Bridget Jones, Coup de foudre à Noting Hill…

A propos d’un gamin, Nick Hornby, éditions 10/18, 316 pages, 8.60€

Le résumé de l’éditeur :

Rentier oisif, célibataire fier de son immaturité et séducteur invétéré, Will a une nouvelle idée de génie pour draguer : assister à des réunions de parents célibataires. Mais la rencontre décisive à laquelle va le mener ce stratagème sera en fait celle d’un gamin de douze ans, Marcus, son opposé absolu sur l’échelle du cool. Quand Will se goinfre de modernité, Marcus écoute des disques de baba cool et porte des vestes en mouton.
L’un et l’autre ont pourtant un point commun qui va les rapprocher : leur solitude. Au travers des pérégrinations de cet improbable duo, Nick Hornby poursuit avec humour et sensibilité son exploration des ressorts de la masculinité.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman qui est beaucoup plus profond qu’une comédie romantique. Il raconte deux solitaires qui vont s’entraider : ils n’ont aucun lien de parenté et ne se seraient jamais rencontré sans cette idée farfelue de s’inventer un enfant pour draguer des mères célibataires.

Marcus a saisi la supercherie et va s’en saisir comme la chance de sa vie d’avoir un modèle d’adulte qui connait les chanteurs et les dernières baskets à la mode pour se faire accepter au collège. Sa mère est une hippie pas si pacifique que ça qui lui impose son mode de vie alors qu’un ado veut rentrer dans le moule à son âge.

Will, dragueur invétéré qui fuit le grand amour et l’engagement va se laisser convaincre par Marcus qu’être amoureux est beaucoup plus puissant que ce qu’il imaginait. C’est un superbe roman qui parle d’une entraide réciproque dans un société de plus en plus individualiste où la famille n’est plus une valeur refuge. Et pourtant on en a sacrément besoin au quotidien.

Dans un tout autre genre, j’ai lu cet été la suite de La liste de nos envies 2 de Grégoire Delacourt.

Le titre est peu original mais on s’était vite attaché à Jocelyne, cette mercière d’Arras au coeur d’or. Elle a gagné au Loto mais aussi les ennuis qui vont avec. Dans le premier roman, elle subit les errements de son Jocelyn de mari, qui est un affreux jojo, il faut bien le dire.

J’ai préféré la suite car Jocelyne intègre un groupe de parole des gagnants du Loto. Chacun des participants va apporter sa pierre à l’édifice pour vivre au mieux ce tsunami dans une vie. Ce n’est pas de la grande littérature selon moi mais c’est un roman agréable à lire qui nous questionne sur l’impact de l’argent dans nos relations familiales et amicales.

La liste de mes envies 2, Grégoire Delacourt, éditions Albin Michel, 256 pages, 19.90€

Retrouvez ici mes dernières chroniques romans publiées ici :

-A la table avec les Kennedy, Gallimard et Camus pour goûter la littérature de Valérie Paturaud : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

-Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe le temps d’un été, éditions Les escales.

Du livre à l'écran·Romans

De Brooklyn à Long Island, un océan romanesque va séparer Eilis de son mari

En 2016, j’étais exposante au festival du livre de Paris. Les trajets en métro pour aller travailler étaient interminables. Ma lecture du roman Brooklyn a été un vrai échappatoire bienvenu : une belle histoire d’amour qui m’a permis une évasion littéraire totale.

Il faut dire que cette histoire a été adaptée au cinéma par un scénariste de génie : Nick Hornby. Il a écrit Pour un garçon lui aussi adapté au cinéma.

L’affiche du film Brooklyn est iconique, elle symbolise tellement la manière dont on peut rêver de New York : un couple qui s’embrasse au pied du Brooklyn bridge.

Long island est la suite de Brooklyn. Il se déroule entre Long Island et l’Irlande dans les années 1970, vingt ans après qu’ Eilis Lacey ait émigré aux Etats-Unis car il n’y avait pas d’avenir pour elle au pays.

Long Island, Colm Toibin, 400 pages, éditions Grasset, 24€

Le résumé :

Tony et Eilis sont désormais mariés depuis vingt ans avec deux grands enfants en âge d’aller à l’université. Leur couple italiano irlandais vit dans un village de Long Island avec comme voisins les parents de Tony, ses frères et leurs femmes. Tous sont italiens et leurs choix de vie sont vite commentés lors des réunions familiales.

Ils justifient les erreurs des membres de la famille par une solidarité sans failles quoi qu’il en coûte. Il se trouve que Tony a planté un sérieux coup de canif dans leur contrat conjugal.

Un jour sans crier gare, un homme irlandais assez intimidant vient lâcher une bombe dans le quotidien d’Eilis . Il lui apprend que son mari plombier a séduit sa propre femme. Elle est enceinte et le mari fou furieux déposera l’enfant sur le pas de la porte d’un Tony adultérin à sa naissance… Quelle décision radicale va prendre Eilis ?

Mon avis :

Long Island est un roman de grande littérature. L’auteur est réputé comme un maître de l’ellipse et des non dits. Ce roman démarre sur des chapeaux de roue en choquant ses lecteurs.

J’ai été happée dès les premiers chapitres par le rythme très soutenu avec des situations où les sentiments les plus violents s’entrechoquent : jusqu’ au point de rupture. J’ai abandonné ma lecture car l’attitude de deux personnages principaux m’a profondément heurté. Ce roman raconte avec brio un triangle amoureux et je déteste les histoires de triangle amoureux car il y a toujours une trahison à la clé.

Feuilletez ici un extrait du roman

Long Island est un excellent roman très bien écrit mais il m’a vraiment dérangée dans ma conception du romantisme et de la loyauté dans un couple. Autant les personnages de Brooklyn étaient chaleureux et attachants : le prêtre, Rose, la sœur dévouée, Tony…, autant les personnages de Long Island sont froids et sans aucune empathie les uns avec les autres.

Le seul personnage de Long Island qui m’a intéressée est Nancy Sheridan, l’amie d’enfance d’Eilis. Vingt ans plus tard, elle se retrouve veuve à tenir un débit de friture avec son fils, jeune adulte sur lequel elle ne peut pas vraiment compter. En raison de son commerce, elle peut être confrontée à la violence, l’insécurité à cause de l’alcool quand un samedi soir trop arrosé peut dégénérer.

Enfin, la couverture du livre est superbe. On dirait un tableau d’Hopper ou de Dali peignant sa muse Gala. Elle annonce un portrait de femme d’une grande froideur.

La note du bal littéraire des sardines : 4/5 sardines

J’aurai adoré mettre cinq sardines à ce roman tant j’aimé Brooklyn, l’un de mes cinq romans préférés. Mais l’ambiance polaire entre les personnages m’a sacrément refroidie.

J’ai une théorie bien établie comme quoi un roman c’est comme un travail thérapeutique avec un psy : il faut qu’une alliance thérapeutique se noue dans la situation initiale. Et cela n’a pas du tout été le cas dans ce roman. J’ai été plus choquée que séduite par cette histoire, qui est malgré tout, un roman de grande littérature.

Retrouvez ici mes précédentes chroniques de romans ici :

A table avec les Kennedy, Albert Camus et Gallimard : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

Les magnolias de Myrtle Lane : un roman réaliste et attachant

-Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe…

Cinéma

Quand te reverrais-je acteur merveilleux ? Hommage à Michel Blanc en cinq films marquants.

Vendredi matin, j’ouvre le site de Paris Match et là c’est le coup de massue : Michel Blanc est mort. J’ai réalisé avec sa mort à quel point j’aimais sa manière de jouer et je me rendais même pas compte que je choisissais un film car il jouait dedans.

Il est de la même génération que mon père et depuis une vingtaine d’années, ses rôles étaient emprunts de transmission et de bienveillance envers les générations suivantes. Il jouait un père, un prof comme dans Nos 18 ans… On a entendu les hommages de la chanteuse Louane, de Pierre Niney ou d’ Hakim Jemili car Michel Blanc a accompagné leurs premiers rôles au cinéma comme partenaire.

Depuis l’annonce de son décès, je ne cesse que de regarder des reportages qui lui rendent hommage. J’imagine la peine indéfinissable de ses amis de la troupe du Splendid car ils ont connu le succès ensemble depuis cinquante ans. Ils se connaissent depuis leurs 14 ans au lycée Pasteur à Neuilly.

Il se trouve que j’avais lu ce printemps la biographie de Josiane Balasko, une de mes actrices préférées. C’était très émouvant de les voir poser tous ensemble pour fêter les 75 ans de Paris Match. Cette troupe a marqué l’histoire du cinéma, tous sont devenus des vedettes ! Ils sont très touchants par leur amitié éternelle alors qu’ils ont des opinions politiques assez diverses, ils continuent de rire ensemble et de se vanner.

J’ai voulu lister cinq grands films dans lesquels Michel Blanc m’a émue.

Les Bronzés et Les bronzés font du ski par Patrice Leconte : 1978 et 1979 : Jean-Claude Dusse

Ce sont deux films patrimoniaux avec des répliques cultes qui se transmettent de générations en générations. Elles sont même entrées dans le langage commun : « Sur un malentendu », « Je sens que je vais conclure….  »

Michel Blanc était connu pour être le dialoguiste de la troupe du Splendid. Il est indéniable que Jean-Claude Dusse est le personnage le plus marquant des Bronzés avec ses déconvenues amoureuses ou bloqué sur un télésiège.

Il s’est efforcé de changer de registre vers le drame car le rôle de Jean-Claude Dusse tellement iconique était un peu trop encombrant et réducteur. Moi j’adore le début des Bronzés font du ski quand on suit Jean-Claude en train de prendre le métro dans Paris avec ses skis et ses batons vers la gare de Lyon pour rejoindre l’Alpe d’Huez…

Je vous trouve très beau, réalisé par Isabelle Mergault, 2006 : Aymé Pigrenet

J’ai beaucoup aimé cette comédie sociale qui a été tourné dans la Drôme, ma patrie. Elle raconte l’histoire d’un fermier, Aymé, qui se retrouve brutalement veuf et sacrément désappointé car ni la cuisine, ni la lessive ne sont ses points forts.

Il va s’envoler pour la Roumanie avec une responsable d’agence matrimoniale pour trouver plus une fermière qu’une épouse. Il va trouver la perle rare : Elena, une jeune femme solaire qui a du mal à accepter que les sentiments ne feront pas partie de l’équation. L’un des plus beaux rôles de Michel Blanc, celui d’un fermier bourru qui va accepter de vivre la tendresse et l’affection.

Nos 18 ans, 2008, réalisé par Fréderic Berthe : Monsieur Martineau

J’aime énormément cette petite comédie générationnelle qui se déroule à Bordeaux dans les années 1990. C’est l’histoire d’un groupe d’adolescents qui passe le bac et qui vit ses premiers émois amoureux lors de soirées où retentissent les meilleurs sons de Téléphone, Manu Chao… Les petits jeunes de la bande ne sont pas très connus à part Pierre Niney. Ils vont être encadrés par deux belles figures du cinéma français : Michel Blanc et Bernadette Lafont, qui jouent une mère et un fils.

Michel Blanc est un professeur de philosophie un peu rigide, bête noire de l’un de ses élèves Théo. Manque de bol, Théo se ramasse aux rattrapages mais il va pouvoir bénéficier de la main tendue et inespérée de Monsieur Martineau.

Demi-sœur réalisé par Josiane Balasko, 2013 : Paul.

C’est un film très émouvant qui repose sur le duo Balasko/Blanc. Nénette est une petite fille de 60 ans qui retrouve par la force des choses son frère Paul qui est pharmacien et qui ignore tout de son existence. On ne peut pas dire que l’accueil va être des plus chaleureux tant Paul est psychorigide et peu empathique avec les handicapés mentaux.

Josiane Balasko et Michel Blanc sont les deux seuls de la troupe du Splendid à avoir vraiment cherché à jouer des rôles plus dramatiques. C’est un film tendre et profond.

Et enfin Docteur ? de Tristan Séguela, 2019 : Serge

Je l’ai vu avec mon mari et on a vraiment bien aimé cette comédie un peu grinçante qui se moque de l’uberisation de la médecine généraliste. C’est le soir de Noël et Michel Blanc joue un médecin proche de la retraite et un peu désocialisé. Il est débordé par ses gardes et il force sur la piquette pour tenir le coup.

Il a tellement chargé la mule qu’il se bloque le dos et il va devoir faire équipe avec Malek (Hakim Jemili) un livreur Uber eats, lui aussi de service, ce soir là… Ce duo comique qui réunit deux générations d’humoristes fonctionne très bien et on passe un bon moment de cinéma avec ces deux-là.

Jeudi 11 octobre, c’était les obsèques de Michel Blanc dans l’église Saint-Eustache. Un fan s’est présenté en tenue de skieur avec ses skis, ses gants et son masque de ski. Le plus bel hommage à Michel Blanc : Jean-Claude Dusse n’est pas seulement iconique, il est inoubliable dans nos cœurs !

Retrouvez ici d’autres hommages à des acteurs et des chanteurs qui m’ont marquée !

-Hommage à Belmondo, la Bebel mania, nostalgie d’une France où tout allait bien !

-Jane Birkin, la meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg dans le monde entier.

Du livre à l'écran

Emballée par la couv’ : l’édition bulgare du Journal de Bridget Jones.

Depuis cet été, j’ai voulu développer une rubrique Emballée par la couv’ dans mon blog. J’explique en quoi certaines couvertures de livres attirent mon œil sur les tables de librairies ou les réseaux sociaux et pourquoi.

J’ai trouvé le cas d’école dans le domaine de l’édition : Le journal de Bridget Jones, écrit par Helen Fielding, publié en 1996 et traduit en France en 1998 par Albin Michel.

J’ai pris en photo l’édition bulgare encore publiée trente ans plus tard à la librairie Helikon de Bourgas, Bulgarie. C’est écrit en alphabet cyrillique et pourtant c’est facile de reconnaître cette couverture iconique, reprise pour la sortie du film en 2001.

C’est un succès international car il décrit le quotidien de la bonne copine, la trentaine bien tassée mais éternelle célibataire. Cette couverture représente bien la thématique du roman : une jeune femme un peu ahuri, plus tout à fait une petit fille mais pas encore une vraie adulte.

Bridget Jones : une icône de la comédie romantique
Droits réservés Universal France, 2001

Elle tient un journal intime où elle couche ses bonnes résolutions pour réussir sa vie sur tous les tableaux : son poids, son activité sexuelle, sa consommation de cigarettes à bannir… Dans les années 2000, les ouvrages de développement personnel étaient peu critiques face aux injonctions de la société.

Je peux regarder les deux films une bonne dizaine de fois sans me lasser. Je trouve que les Anglais sont vraiment les meilleurs dans le domaine de la comédie romantique : Coup de foudre à Nothing Hill, Love Actually, The holiday…

Le journal de Bridget Jones a cette particularité de transposer avec génie l’intrigue d’un roman incontournable de la littérature anglaise : Orgueil et préjugés de Jane Austen. La mère de Bridget Jones est aussi gênante voire pire que celle d’Elisabeth Bennett, Monsieur Darcy est intemporellement beau (peut être parce que le rôle colle à la peau de Colin Firth) et Hugh Grant joue à la perfection le connard de première.

Retrouvez ici mes précédents articles dédiés à la culture du Royaume-Uni :

-Pourquoi j’ai eu un coup de cœur pour l’autobiographie et la série Call the midwife

-Un roman aussi dépaysant qu’un voyage en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew

– La piscine de Rosemary, un roman qui rend hommage aux piscines londoniennes

-Au revoir Elisabeth II, ambassadrice dans le monde entier d’une culture british iconique !

Cinéma·Sociologie

Un petit miracle : les gens reviennent au cinéma kiffer avec Artus et ses copains

Comme quatre millions de Français, je me dépêchée d’aller voir Un petit truc en plus au cinéma ce week-end. La plupart de mes collègues l’ont déjà vu et le bouche à oreille a joué son merveilleux et efficace rôle de prescription.

Le résumé du film :

Pour échapper à la police, un fils et son père en cavale sont contraints de trouver refuge dans une colonie de vacances pour jeunes adultes en situation de handicap, se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé. Le début des ennuis et d’une formidable expérience humaine qui va les changer à jamais.

Il y a plein de comédies sympas qui sortent sur les écrans : Chasse gardée, Ici et là-bas et pourtant le film d’Artus a un petit truc en plus (elle était facile, c’est vrai).

Je parlerai peu du film en lui même car je pense que la France entière connait un peu l’intrigue du film. J’avais surtout envie de parler du phénomène autour de ce film. C’est un film réconfortant en cette actualité effroyable et pesante.

On sent dans son discours l’envie de faire changer les perceptions collectives sur les handicapés aussi bien physiques que mentaux. J’ai lu dans le dossier de presse du film que quand il avait une dizaine d’années, il avait invité un de ses copains de classe autiste, à son anniversaire. La maman lui avait téléphoné pour s’assurer qu’il invitait son fils pour de bonnes raisons car elle craignait qu’on ne se moque de lui une fois de plus.

Ce film symbolise aussi la revanche de certains parents d’adultes trisomiques comme la maman d’Arnaud, un des acteurs du film. Arnaud travaille comme équipier au café Joyeux, il a 45 ans. Mais dans les années 1980-1990, ses parents ont subi les regards malveillants au restaurant, quand on s’arrête de manger et qu’on se donne un petit coup de coude car un enfant trisomique entre dans la salle.

Heureusement que la société française a beaucoup évolué depuis avec la création des Cafés Joyeux, l’émission Les rencontres du papotin ou encore le film Le huitième jour qui a reçu le prix d’interprétation masculine attribué à Daniel Auteuil et Pascal Duquenne en 1996.

Cette troupe de comédiens accompagnés de leurs éducateurs et de leurs parents sur le tournage ont réalisé quelque chose de grand. Ils ont appris leur texte avec une oreille ou selon la technique du perroquet alors qu’ils ont des difficultés d’élocution et que ça n’est pas leur métier. Mieux, ils ont remis au goût du jour une chanson aux paroles un peu idiotes mais sacrément sympa quand on part en colo !

Je pense que la spontanéité exprimée, le joyeux bazar et le fait de kiffer simplement leur réussite sur les marches du festival de Cannes a été leur meilleure carte pour donner envie aux spectateurs d’aller voir ce film. Ils sont beaucoup plus souriants que toutes ces stars impassibles qui contrôlent leur image.

Ce film est un petit miracle, une belle expérience humaine collective. On sent que les acteurs principaux : Artus Belaïdi, Clovis Cornillac pourtant habitués aux rouages du cinéma français ont vécu une aventure exceptionnelle bien plus intense que les films dans lesquels ils ont l’habitude de jouer.

Cette intensité émotionnelle se retrouve aussi dans les salles de cinéma : des gens qui ne se connaissent pas rient ensemble. On a applaudit l’équipe à la fin du film. Certes, les Français sont des râleurs mais quand on leur propose des comédies qui touchent au coeur, ils sont touchés. J’ai vécu une expérience similaire en allant voir au cinéma Intouchables ou Envole-moi.

Enfin, j’ai été personnellement touchée par ce film car il a été tourné à Valence, la ville dont je viens et le Vercors, que j’aime particulièrement. La fameuse route des Goulets est assez éprouvante en car. Le gîte sur les hauteurs est superbe, cela m’a rappelé mes colos chrétiennes quand j’étais collégienne. Surtout quand on leur sert des plâtrées de lasagnes peu ragoutantes.

Je suis même arrivée à convaincre mes parents d’aller au cinéma voir le film cette semaine. On souhaite à toute cette équipe de franchir le cap des dix millions de spectateurs. Ce serait une réussite bien méritée.

Retrouvez-ici mes précédents articles qui parlent de la trisomie 21 et comment la société doit changer son regard pour être à la page.

-L’extraordinaire Marcel, témoignage d’une famille qui a médiatisé son quotidien pour encourager les autres parents d’enfants porteurs de trisomie 21

Mongolien toi même, Chronique de la BD Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé

La différence invisible, chronique de l’autisme Asperger

-Une autre forme de convivialité, bien plus authentique au café Joyeux Opéra.

Cinéma

Boléro, un ballet à la fois érotique et mécanique raconté au cinéma

Au départ, j’avais peu envie d’aller voir ce film car j’ai toujours un peu peur des biopics un peu longuets. Mais une interview de Raphaël Personnaz dans l’émission C’est à vous sur France 5 m’a fait changé d’avis.

J’aime beaucoup cet acteur dans ses précédents films : Quai d’Orsay, Au bonheur des ogres… Les autres acteurs du film sont aussi talentueux : Vincent Perez, Doria Tillier, Emmanuelle Devos… Mention spéciale à Jeanne Balibar qui joue Ida Rubinstein

Alors, j’ai parcouru le dossier pédagogique du film et je me suis documentée sur ce fameux boléro de dix-sept minutes qui est la musique classique la plus écoutée au monde. Cocorico ! C’est un Français du pays basque, Maurice Ravel qui l’a composée .

Le résumé :

En 1928, alors que Paris vit au rythme des années folles, la danseuse Ida Rubinstein commande à Maurice Ravel la musique de son prochain ballet. Tétanisé et en panne d’inspiration, le compositeur feuillette les pages de sa vie – les échecs de ses débuts, la fracture de la Grande Guerre, l’amour impossible qu’il éprouve pour sa muse Misia Sert… Ravel va alors plonger au plus profond de lui-même pour créer son oeuvre universelle, le Bolero.

Ce film historique est donc un biopic (une biographie filmée) d’un des plus grands compositeurs du 20eme siècle. J’ai beaucoup aimé le générique qui retrace toute la postérité de ce boléro avec des reprises en japonais, en bossa nova, aux Antilles… Avant d’aller voir le film, il y avait même une publicité à la télé pour du taboulé qui utilisait le boléro en fond sonore.

La réalisatrice a même noté quelques lignes dans son film pour expliquer aux spectateurs, qu’on entend le boléro de Ravel quelque part dans le monde toutes les quinze minutes.

Ce boléro, je l’écoute en boucle depuis deux semaines pour comprendre en quoi il est aussi envoutant. Il m’a même donné goût à la musique classique alors que ce n’était pas gagné.

Sans surprise, j’ai trouvé le film un peu longuet. Il est beaucoup axé sur la psychologie de Maurice Ravel, un fils à maman, très complexé par l’art de la séduction. Mais l’intérêt de ce film réside dans la conception d’une oeuvre aussi géniale que le boléro.

Les scènes les plus mordantes sont celles où Maurice Ravel se confronte à sa commanditaire. Le rapport de force pendant leurs disputes est sacrément moderne pour l’époque.

Jeanne Balibar tire sans conteste son épingle du jeu avec ce rôle tellement savoureux. Elle lui secoue le cocotier avec provocation et douce folie et puis ensuite elle prend le pouvoir en le mettant au pied du mur.

Pendant les années folles, les femmes deviennent de plus en plus puissantes à l’image de Misia Sert, la muse de Maurice dans le film. Son mari est un sacré lourdaud qui la trompe sans souci et en toute transparence.

Mais elle est surtout connue pour son rôle de mécène pour les Impressionnistes et les ballets russes. Une exposition du musée d’Orsay organisée en 2012 lui rendait hommage.


Droits réservés PASCAL CHANTIER / CINEFRANCE STUDIOS

Il s’est servi de sa propre histoire pour créer une oeuvre universelle avec cette caisse claire qui le soutient de bout en bout. Il se sert du rythme des machines d’une usine, des cris des oiseaux, du bruit de la pluie sur les tuiles…

Ce film m’a donné envie d’aller visiter sa maison d’artiste à Montfort l’Amaury dans les Yvelines. Sans particulièrement se concerter, ma collègue Laurène m’a envoyé des photos de sa maison natale à Ciboire dans le pays basque et surtout du baptistère où il a été baptisé…

Ce film n’est pas mon biopic préféré. Je l’ai trouvé bien moins rythmé que La môme d’Olivier Dahan sur la vie d’Edith Piaf ou Cloclo qui raconte Claude François. Mais c’est tout de même un film réussi qui montre la génèse d’un tube planétaire car il touche les gens par des émotions universelles.

Je parie que le film va inciter de nombreux curieux comme moi à visiter ses deux maisons à Montfort l’Amaury et à Ciboire.

Et vous sinon, quelles émotions vous procure ce fameux boléro si envoutant, ce tube planétaire depuis bientôt un siècle?

Retrouvez ici d’autres biographies du siècle passé sur le blog Le bal littéraire des sardines

-Helena Rubinstein, faire fortune en misant sur la beauté des femmes

Joséphine Baker et Vivian Maier, deux Américaines en tête d’affiche dans le quartier Panthéon/ Luxembourg

Cinéma

Quand les actrices et les réalisatrices font exploser la chape de plomb aux Césars 2024

Vendredi soir, j’étais bien évidemment devant Canal+ pour suivre la 49eme cérémonie des Césars. J’aime énormément la chanson française, pourtant je ne suis jamais les Victoires de la musique. La cérémonie des Césars se déroule toujours dans un beau théâtre dans le centre de Paris : l’Olympia depuis quelques années.

Cependant, je commence quand même à me lasser des éditions précédentes où l’on coupait la parole aux récompensés au bout d’une minute avec une musique d’ascenseur. Mais avec Valérie Lemercier comme présidente de cérémonie, la soirée a été un bon moment de télévision, et même un moment historique pour les femmes actrices et réalisatrices.

J’ai vraiment aimé sa belle robe noire longue en velours ainsi que sa coiffure. C’était drôle et très à propos quand elle a poussé la chansonnette sur du Gérard Lenormand. Valérie Lemercier n’est pas qu’une rigolote, c’est une actrice et réalisatrice maintes fois récompensée par les Césars. Elle a réalisé un film marquant Aline, inspiré par la carrière magistrale de Céline Dion. J’ai aimé qu’elle ait une parole forte pour la vague Me-too qui secoue le cinéma français :

« Je ne quitterai pas ce plateau sans louer celles et ceux qui font bouger les us et coutumes d’un très vieux monde où les corps des uns étaient implicitement à la disposition des corps des autres »

Puis le premier César de la soirée : celui de la meilleure actrice dans un second rôle a été remis à Adèle Exarchopoulos. Elle qui a joué cette année le personnage qui m’ a le plus touchée dans le film Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry.

Chloé a été victime d’inceste de la part de son grand-frère et elle entame un parcours de justice restaurative avec une juriste jouée par Elodie Bouchez. J’ai vu ce film lors d’un ciné-débat avec des aumoniers de prison et c’est un des moments forts de mon année.

Les journalistes désignent le discours de cinq minutes d’émotion de Judith Godrèche comme le plus marquant de l’histoire des Césars et je pense que cela n’est pas exagéré. J’ai trouvé cette prise de parole très digne et courageuse.

J’admire son sang-froid pour ne pas flancher compte tenu des violences psychologiques terribles qu’elle a vécu dans son adolescence : «L’image de nos pères idéalisés s’écorche. Mais ne faut-il pas regarder la vérité en face ? (…) Depuis quelque temps, je parle mais je ne vous entends pas, ou à peine. Où êtes-vous, que dites-vous ? Un chuchotement, un demi-mot, ce serait déjà ça. Je sais que ça fait peur, moi aussi j’ai peur. J’ai arrêté l’école à 15 ans, je n’ai pas le bac, rien. Ce serait compliqué d’être black listé de tout»

Les ministres Aurore Bergé et Rachida Dati ont bondi de leurs sièges à la fin de son discours pour lancer une nouvelle standing ovation car il fallait avoir la bonne réaction face à un pareil message. Vanessa Springora, auteure du livre Le consentement, était également dans la salle.

Je ne peux m’empêcher de penser également à l’histoire de Flavie Flament qui a été abusée adolescente par un photographe de mode célèbre : histoire racontée dans le livre La consolation, adapté à la télévision.

La conclusion du discours de Judith Godrèche était parfaite et pose réflexion sur notre attitude à chacun dans un cadre amical, professionnel : « Cette fois, cela ne se passera pas comme ça » !.

Ce discours constitue un véritable tournant idéologique pour le cinéma français. En septembre 2022, cette couverture de revue professionnelle 100 % masculine faisait scandale pour sa maladresse et son impunité flagrante.

Depuis, Justine Triet a raflé toutes les récompenses : Palme d’or à Cannes, César du meilleur scénario, de la meilleure réalisation, du meilleur film, les Bafta et peut être les Oscars dans 17 dodos comme le disait si bien Valérie Lemercier.

Je n’ai pas vu Anatomie d’une chute, le sujet glauque du film m’a beaucoup rebuté. Mon coup de coeur de l’année, je l’ai déjà dit c’est Je verrai toujours vos visages pour le travail de reconstruction possible et l’humanité de Jeanne Herry.

Mais j’ai beaucoup aimé le discours de Justine Triet : « Je voudrais dédier ce César à toutes les femmes (…) à celles qui réussissent et celles qui ratent, celles qu’on a blessées et qui se libèrent en parlant, et celles qui n’y arrivent pas ».

L’académie des Césars a également récompensé les carrières d’ Agnès Jaoui et Christopher Nolan par un César d’honneur. Le discours de Jamel Debbouze était parfait, il m’a beaucoup ému contrairement à l’année dernière où il avait fait de la provoc’ un peu inutile à mon goût en temps que maître de cérémonie en 2023.

Gageons que la cérémonie de l’an prochain sera enfin égalitaire pour assister à une réelle compétition de réalisateurs entre Jacques Audiard, Justine Triet, Cedric Klapisch et Jeanne Herry…

Retrouvez-ici mes précédents articles sur ce blog :

-Quelle fraternité pour notre siècle ?

-Dix-neuf marches, un roman young adult efficace pour raconter le Blitz à Londres.

Biographies et autobiographies·Cinéma

Reprendre le gouvernement de sa vie : Bernadette, mon icône féministe !

Pour finir en beauté ce beau week-end d’automne, je suis allée voir la biographie Bernadette de Léa Domenach avec l’incontournable Catherine Deneuve, Michel Vuillermoz, Sara Giraudeau, Denis Podalydès…

J’avais un peu peur que toutes les bonnes idées du film soient concentrées dans la bande annonce et que le film retombe comme le brushing de Bernadette au bout de quinze minutes. Mais non, on passe un excellent moment pendant 1h32 à revivre les deux mandats de Jacques Chirac.

Quand il a été élu en 1995, j’avais huit ans et je ne connaissais rien du tout à la politique. Dans la cour de récréation, mes copines me demandaient pour qui on votait à la maison. Moi comme j’étais en admiration béate devant mon grand-père qui était un fervent gaulliste, j’ai répété bêtement Chirac. J’ai vite compris en primaire qu’être de droite c’était mal vu et ma popularité à l’école est un peu revenue quand j’ai rassuré mes copines en leur disant que ma mère votait aussi pour Lionel Jospin.

Qu’importe qu’on soit de gauche ou de droite, cette Bernadette incarnée par Catherine Deneuve rassemble tout le monde autour de la nostalgie de la décennie 1990-2000. Quel plaisir de se souvenir des 2Be3, des Musclés et de leur Merguez party, des téléphones portables gros comme des cabines téléphoniques…

Droits réservés Bernadette

Le véritable couple de cette comédie ce n’est pas Chirac et sa femme mais véritablement Bernadette et son conseil en communication, Bernard Niquet (de manière platonique cependant). C’est beau de voir la revanche de ces deux loosers que l’on a relégué dans un bureau placard dans les greniers de l’Elysée. Denis Podalydès joue tellement bien dans ce film.

Copyright Warner Bros. France

On rit beaucoup dans ce film mais il y a des moments qui sont franchement gênants et où Bernadette suscite vraiment compassion et admiration pour toutes les couleuvres que son mari et sa fille lui ont fait avaler.

Bernadette Chirac et Catherine Deneuve sont les deux grandes gagnantes de cette comédie populaire : elles ont 80 ans bien tassées et pourtant elles crèvent l’écran par leur répartie. Je vous recommande cet excellent moment de cinéma !

Retrouvez-ici mes précédents articles de blog :

-Les aventures (rocambolesques) de Margot en Guyane

-Carnet de voyages à Lille, la perle des Hauts de France

-Hommage à Belmondo et cette France quand tout allait bien.

Du livre à l'écran

Assane Diop, Driss, Samba… toutes les facettes d’Omar Sy que l’on aime réunies dans la saison 3 de Lupin sur Netflix

Copyright Netflix

C’est le troisième article que je consacre à la série Lupin.

J’ai dévoré la troisième saison en quelques jours, fascinée par la qualité du scénario, les épisodes tous aussi intéressants les uns que les autres, le jeu des personnages qu’ils soient au premier rang ou des seconds rôles.

Dans le dernier épisode de la saison 2, Assane réussissait à faire coffrer Hubert Pellegrini à la fin d’une soirée grands donateurs au théâtre du Chatelet. La saison 3 est de toute beauté car Assane renoue avec sa mère Mariama trente ans plus tard.

J’ai énormément aimé cette saison car elle raconte la construction d’ Assane adolescent. A la mort de son père, il retourne chercher son courrier dans la tour HLM où il vivait à Montreuil. Il rencontre Bruno et sa sœur, deux orphelins de quinze ans, comme lui. Ils vont recréer ensemble une sorte de fratrie sous l’égide de Keller, l’entraineur de boxe de la salle du quartier. Mais est-ce que cet adulte sera si protecteur pour eux?

Le succès mondial de cette série s’explique par le fait qu’on n’imite pas Lupin en déguisant Omar comme lui. Assane est un personnage contemporain qui porte ses valeurs. Orphelin, il s’est construit une identité de gentlemen cambrioleur à travers ses romans.

Pour élaborer son personnage, les scénaristes se sont servis de la biographie personnelle de l’acteur français d’origine sénégalaise. Et ça fonctionne à fond ! J’ai eu l’impression de retrouver Doudou, Jean Bloguain le niais (SAV des émissions avec Fred Testot) ou encore le roublard Driss (Intouchables) qui taquine son complice flic Guedira.

Je me suis régalée quand Assane se déguise avec quantité de costumes et de perruques pas croyables pour brouiller les pistes…

Omar Sy est un immense acteur du cinéma français, récompensé par le César du meilleur acteur en 2012 pour son rôle d’aidant pas tout à fait conventionnel. Et je suis ravie que le monde entier découvre ainsi son talent, son rire et ses pas de danse tellement contagieux. Il nous donne du bonheur en cette actualité dramatique.

Enfin, cette série est la plus belle ambassadrice de la France dans le monde actuellement. Elle montre des plans aériens de la capitale de toute beauté mais aussi Etretat, Marseille (très furtivement dans la saison 3)et le Louvre évidemment !

Copyright Netflix

J’ai tellement aimé ces plans dans les bibliothèques du 5eme arrondissement ou à Saint-Etienne du Mont. C’est une très belle mise en abyme de ce qu’il se passe en librairies où les jeunes relisent les classiques de Maurice Leblanc grâce à la série ou font des escapes games autour de Lupin à l’Opéra Garnier.

Ca serait une bonne idée que les scénaristes de la série se chargent de la scénographie de la cérémonie des Jeux olympiques de Paris pour montrer la France de Lupin telle qu’elle est en 2024 : à la fois moderne et intemporelle !

Retrouvez mes précédents articles ici :

– Lupin, hommage à la beauté de Paris et au patrimoine littéraire français

Quand Lupin devient le nouveau blaze d’Omar Sy sur Netflix.

Hommage à Belmondo, La Bébel mania ou « la nostalgie de cette France qui allait bien ». « 

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