Depuis cet été, j’ai voulu développer une rubrique Emballée par la couv’ dans mon blog. J’explique en quoi certaines couvertures de livres attirent mon œil sur les tables de librairies ou les réseaux sociaux et pourquoi.
J’ai trouvé le cas d’école dans le domaine de l’édition : Le journal de Bridget Jones, écrit par Helen Fielding, publié en 1996 et traduit en France en 1998 par Albin Michel.
J’ai pris en photo l’édition bulgare encore publiée trente ans plus tard à la librairie Helikon de Bourgas, Bulgarie. C’est écrit en alphabet cyrillique et pourtant c’est facile de reconnaître cette couverture iconique, reprise pour la sortie du film en 2001.
C’est un succès international car il décrit le quotidien de la bonne copine, la trentaine bien tassée mais éternelle célibataire. Cette couverture représente bien la thématique du roman : une jeune femme un peu ahuri, plus tout à fait une petit fille mais pas encore une vraie adulte.
Bridget Jones : une icône de la comédie romantique
Droits réservés Universal France, 2001
Elle tient un journal intime où elle couche ses bonnes résolutions pour réussir sa vie sur tous les tableaux : son poids, son activité sexuelle, sa consommation de cigarettes à bannir… Dans les années 2000, les ouvrages de développement personnel étaient peu critiques face aux injonctions de la société.
Je peux regarder les deux films une bonne dizaine de fois sans me lasser. Je trouve que les Anglais sont vraiment les meilleurs dans le domaine de la comédie romantique : Coup de foudre à Nothing Hill, Love Actually, The holiday…
Le journal de Bridget Jones a cette particularité de transposer avec génie l’intrigue d’un roman incontournable de la littérature anglaise : Orgueil et préjugés de Jane Austen. La mère de Bridget Jones est aussi gênante voire pire que celle d’Elisabeth Bennett, Monsieur Darcy est intemporellement beau (peut être parce que le rôle colle à la peau de Colin Firth) et Hugh Grant joue à la perfection le connard de première.
Retrouvez ici mes précédents articles dédiés à la culture du Royaume-Uni :
-Pourquoi j’ai eu un coup de cœur pour l’autobiographie et la série Call the midwife…
C’est le troisième article que je consacre à la série Lupin.
J’ai dévoré la troisième saison en quelques jours, fascinée par la qualité du scénario, les épisodes tous aussi intéressants les uns que les autres, le jeu des personnages qu’ils soient au premier rang ou des seconds rôles.
Dans le dernier épisode de la saison 2, Assane réussissait à faire coffrer Hubert Pellegrini à la fin d’une soirée grands donateurs au théâtre du Chatelet. La saison 3 est de toute beauté car Assane renoue avec sa mère Mariama trente ans plus tard.
J’ai énormément aimé cette saison car elle raconte la construction d’ Assane adolescent. A la mort de son père, il retourne chercher son courrier dans la tour HLM où il vivait à Montreuil. Il rencontre Bruno et sa sœur, deux orphelins de quinze ans, comme lui. Ils vont recréer ensemble une sorte de fratrie sous l’égide de Keller, l’entraineur de boxe de la salle du quartier. Mais est-ce que cet adulte sera si protecteur pour eux?
Le succès mondial de cette série s’explique par le fait qu’on n’imite pas Lupin en déguisant Omar comme lui. Assane est un personnage contemporain qui porte ses valeurs. Orphelin, il s’est construit une identité de gentlemen cambrioleur à travers ses romans.
Pour élaborer son personnage, les scénaristes se sont servis de la biographie personnelle de l’acteur français d’origine sénégalaise. Et ça fonctionne à fond ! J’ai eu l’impression de retrouver Doudou, Jean Bloguain le niais (SAV des émissions avec Fred Testot) ou encore le roublard Driss (Intouchables) qui taquine son complice flic Guedira.
Je me suis régalée quand Assane se déguise avec quantité de costumes et de perruques pas croyables pour brouiller les pistes…
Omar Sy est un immense acteur du cinéma français, récompensé par le César du meilleur acteur en 2012 pour son rôle d’aidant pas tout à fait conventionnel. Et je suis ravie que le monde entier découvre ainsi son talent, son rire et ses pas de danse tellement contagieux. Il nous donne du bonheur en cette actualité dramatique.
Enfin, cette série est la plus belle ambassadrice de la France dans le monde actuellement. Elle montre des plans aériens de la capitale de toute beauté mais aussi Etretat, Marseille (très furtivement dans la saison 3)et le Louvre évidemment !
Copyright Netflix
J’ai tellement aimé ces plans dans les bibliothèques du 5eme arrondissement ou à Saint-Etienne du Mont. C’est une très belle mise en abyme de ce qu’il se passe en librairies où les jeunes relisent les classiques de Maurice Leblanc grâce à la série ou font des escapes games autour de Lupin à l’Opéra Garnier.
Ca serait une bonne idée que les scénaristes de la série se chargent de la scénographie de la cérémonie des Jeux olympiques de Paris pour montrer la France de Lupin telle qu’elle est en 2024 : à la fois moderne et intemporelle !
La vie de château est un très beau film d’animation signé Clémence Madeleine-Perdrillat, scénariste et Nathaniel H’Limi, dessinateur, tous deux amis. Ensuite, il a été adapté en roman illustré pour les enfants de 7 à 9 ans. C’est une série en six livres publiés par la collection Neuf de l’Ecole des loisirs.
Je suis bien trop vieille pour faire partie du public cible de ces petits livres et pourtant… Le quotidien de cette petite Violette, pupille de la Nation qui doit aller vivre chez son oncle Régis au décès de ses parents, m’a beaucoup touchée.
Les textes publiés par l’Ecole des loisirs ont cette grâce. Je me suis rappelée d’un de mes premiers émois littéraires quand j’ai appris à lire. J’avais cinq ans et j’ai découvert Olga de Geneviève Brisac, collection Mouche. Cela m’émeut de retrouver la couverture de ce livre paru en 1990.
Il ne faut jamais banaliser les petites histoires, le quotidien de l’enfance, c’est un terreau littéraire inépuisable : La gloire de mon père de Pagnol, Le petit Nicolas de Sempé et Goscinny…
Mais comme son titre l’indique, ce n’est pas la cour de l’école, le meilleur des terrains de jeux pour Violette mais bien le château de Versailles. Son oncle Régis avec qui ce n’est pas la folle entente, est agent d’entretien au château…
Il va lui faire découvrir ce lieu féerique pour panser ses maux et aussi rencontrer des gens merveilleux qui vont lui permettre d’entrevoir une fenêtre de ciel bleu malgré le décès de ses parents : Olga la collègue femme de ménage de Régis et ses enfants, Monsieur Ange, le conservateur de musée, Genevieve, l’assistante sociale qui s’occupe de Violette et surtout Malcolm, son meilleur ami, féru d’égyptologie.
J’ai eu envie de lire cette petite série car j’aime énormément le château de Versailles (pourtant je n’aime pas du tout la monarchie absolue, ni Louis XIV qui fut un vrai sadique avec les protestants, c’est Loulou les mains sales, le gars). C’est un lieu tellement raffiné et c’est un trésor de l’histoire de l’art en France.
Quand j’étais ado, j’ai eu un vrai crush pour le théâtre privé du roi que l’on visite en premier et pour les jardins avec les fontaines. Si vous aimez l’histoire de l’art, je vous recommande cette série de romans où le dessinateur a réalisé la prouesse de dessiner plus de 300 illustrations du château.
Vous pouvez accéder à un passionnant dossier pédagogique pour les classes de primaire avec des coloriages de cette architecture Grand siècle que nous envie le monde entier. Je remercie Clara qui s’occupe des réseaux sociaux de l’Ecole des loisirs pour cet envoi en service de presse.
Ce que j’aime avec cette série de romans, c’est le soin apporté à la fabrication, à la couverture. Chaque volume de la série de 96 pages coûte 11€50. Je travaille dans une maison d’édition et je sais reconnaître au toucher un papier de qualité (c’est du papier aquarelle avec des rabats). Cet éditeur considère ses petits lecteurs pour leur offrir ce qu’il y a de plus beau !
J’ai profité de ma pause déjeuner pour visiter la librairie Chantelivre, rue de Sèvres qui a été rénovée depuis peu. Enorme coup de coeur pour cette scénographie très parisienne.
Les fresques de la librairie sont signées Juliette Lagrange, illustratrice de l’Ecole des loisirs. Elle a proposé une promenade bucolique et poétique avec les colonnes Morris, les petits bateaux du jardin du Luxembourg voisin et surtout les toits de Paris avec leurs petites fenêtres mansardées.
J’ai lu que Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Culture avait fait la proposition de classer au patrimoine immatériel mondial de l’Unesco, les toits en zinc de Paris…
L’architecture de Paris m’a beaucoup fait rêver dans mes lectures d’enfant : Un lion à Paris de Béatrice Alemagna, Madeline de Ludwig Bemelmans …
Je me réjouis de faire découvrir bientôt à ma fille La maison des histoires, ce tiers-lieu tout à fait novateur qui enrichit la librairie. Je l’ai découvert grâce à Instagram et j’ai un peu épié l’intérieur à travers un hublot. Leur petit café a l’air tout à fait appétissant…
Cette visite à Chantelivre , rue de Sèvres m’a donné envie de reprendre mon tour des librairies. Retrouvez ici mon précédent article consacré au Renard doré, rue de Jussieu, dans le 5eme arrondissement.
Libraire et cinéphile, j’ai conseillé à de nombreux Kubers de lire Sur les chemins noirs, récit autobiographique de Sylvain Tesson publié en 2016 (535 000 exemplaires vendus, éditions Gallimard).
Ce roman raconte un périple à la quête de soi. Sylvain Tesson est un écrivain-aventurier qui a parcouru le monde notamment dans les terres arides de Sibérie. Il aime escalader des bâtiments et des immeubles pour faire rire ses amis les soirs de fête.
Sauf qu’un soir, il glisse et s’écrase huit mètres plus bas, face contre le trottoir. Pendant sa convalescence qui durera de longs mois, corseté et bien amoché, il décide d’entreprendre une randonnée de 1300 kms, seul le long de la diagonale du vide. Les nombreux flash-backs du film vont rapidement montrer aux spectateurs à quel point cette idée est risquée.
Je n’aime pas forcément ni la marche ni la randonnée car quand j’étais ado, mon père marchait toujours 50 mètres devant donc c’était une vraie corvée (solitaire en plus) pour moi. Je me suis bien reconnue quand Jean Dujardin explique que c’est compliqué de marcher avec quelqu’un qui n’a pas le même rythme. Mais je suis allée voir Sur les chemins noirs pour Jeannot et pour la beauté de la France hyper rurale.
«La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer»
La campagne me terrifie un peu, j’ai peur de m’y ennuyer, je suis une vraie citadine. Mais avec les confinements, la campagne a pris une sacrée revanche dans le cœur de beaucoup de Français… Même dans le mien. Le livre est paru en 2016. Entre-temps, cette pandémie mondiale a bouleversé tous nos repères, nous conduisant à revoir nos priorités, redonner un sens à notre vie.
Le sujet de ce film ce n’est pas la marche. Elle est un prétexte à l’introspection, la quête de soi. Ce film parle du deuil, de l’attachement, du couple aussi. Celui qui se délite, il n’arrive pas à retenir son amoureuse car il est coincé dans son lit d’hôpital après avoir brûlé la vie par tous les bouts… Grâce au cinéma, on aborde aussi le corps, de la douleur et du plaisir qu’il éprouve. Avec ce film, j’ai compris que dans la société actuelle, on fait taire son corps car on a mille préoccupations. C’est une belle connerie car quand le corps flanche, on ne vaut pas tripette.
C’est d’ailleurs ce que lui rappellent ceux qui l’accompagnent à un moment à un autre du film : sa sœur, sa tante, son ami et même le jeune Dylan qu’il rencontre à Vallon Pont d’arc. Les scènes où ils cheminent ensemble sont savoureuses.
J’aime énormément les adaptations littéraires au cinéma. Ensuite je compare le roman au film pour comprendre les choix ou les raccourcis pour transposer une œuvre littéraire à l’écran. Dans un tout autre genre, j’ai beaucoup apprécié Couleurs de l’incendie de Clovis Cornillac qui se passe totalement en ville avec Benoit Poelvoorde, mon autre acteur favori.
Dans la famille, nous aimons tous Jean Dujardin. Avec ma mère et mon frère, on se régalait le soir avant le journal télé avec Un gars, une fille sur France 2 avec Alexandra Lamy. Avec mon mari, qui a des goûts ciné très différents des miens, on se rejoint pour apprécier Un homme à la hauteur, Le retour du héros… On s’est bien marrés en famille devant le film I feel good où il interprète un crétin fini.
Je ne voyais pas d’autre acteur que lui pour jouer le rôle de Sylvain Tesson. Il l’incarne tout simplement avec sobriété et précision. Ils ont le même âge et partagent une passion pour la randonnée même si Jean Dujardin n’escalade ni des immeubles ni des gouttières.
Jean Dujardin est un acteur international, Sylvain Tesson est un écrivain reconnu. Ils sont familiers des milieux mondains filmés par flash backs dans le film et pourtant ce sont de vrais caméléons capables de se fondre dans le décor de la France rurale, de se dépouiller de tous ces artifices pour vivre un temps le plus simple possible.
Jean Dujardin est un immense acteur qui exprime beaucoup par ses silences, son souffle quand il marche dans les gravats et qu’il peine.
C’est son plus beau rôle selon moi et je lui souhaite enfin d’être récompensé par un César cette année… J’aime autant son jeu de taiseux solitaire ici que quand il fait le pitre dans OSS 117, Le Caire nid d’espion en poussant la chansonnette…
Merci C’est à vous pour ce moment suspendu, avec de la belle musique qui tranche avec l’actualité particulièrement morose et terrifiante pour notre pays. Visiblement Les Innocents et Jean Dujardin ont l’air assez complices. J’ai écouté en boucle ce tube Finistère qui décrit assez bien le film.
Même si j’avais peur de m’ennuyer de regarder un film qui parle d’une longue marche de 1300 kilomètres pendant deux heures, ce film m’a fait beaucoup de bien. Il m’a encouragée dans ma démarche de détox digitale les week-ends et il m’a permit de réfléchir sur de nombreux sujets très philosophiques : la modernité, comment consacrer son temps à ce qui est vraiment important.
Et surtout ce film m’a apporté l’essentiel : je chéris mon lit, ma couette et mon matelas moelleux après avoir vu des scènes et des scènes de bivouac à la belle étoile. On aurait presque dit que c’est moi qui ai randonné 1300 kilomètres… par procuration.
Je pense que si on écoutait les critiques de cinéma, on passerait à côté de bon nombre de comédies françaises ! J’y suis allée le premier samedi des vacances de février donc hier, avec mon mari, au cinéma Le Vincennes. C’était la séance des familles avec des enfants de sept- huit ans et ils avaient l’air de passer un bon moment.
La bande de Guillaume Canet : Gilles Lellouche, Marion Cotillard, Jérôme Commandeur avoisine désormais la cinquantaine. Ils sont devenus parents comme moi. Après Les petits mouchoirs et Les infidèles, ils varient désormais leur registre avec ce film très grand public. Avec Astérix, on retourne tous en enfance.
Alors certes, le scénario connait de nombreuses lacunes car ce n’est pas une adaptation d’un album de BD des aventures d’Astérix et Obélix. Mais la magie opère quand même. Astérix est une œuvre patrimoniale depuis soixante ans.
Chacun a lu les albums de BD en vacances au fond du grenier quand il était petit. Comme cette BD a été traduite dans des milliers de langues, elle a aussi séduit d’autres enfants du monde entier comme Zlatan ou mon mari.
J’ai trouvé des exemplaires d’Astérix en bulgare dans une brocante à Sozopol, Bulgarie cet été. C’était marrant car Sozopol c’est vraiment une ancienne cité antique. La boucle était bouclée !
Ce film réussit son pari : celui de nous faire vivre un bon moment de détente au cinéma. Chacun imagine le village gaulois comme il le veut. Moi j’étais curieuse de voir la poissonnière, la femme d’Ordralphabetix : Ielosubmarine jouée par un visage très connu du cinéma français. C’est la boulangère parisienne d’Emily in Paris.
C’est un film choral qui réunit bon nombre de célébrités de l’humour, du sport, de la chanson : Big Flo et Oli, M, Angèle, Florent Manaudou, Zlatan… Je ne comprends pas pourquoi les critiques du film critiquent cela alors que c’est l’essence du film.
Tous ces personnages secondaires avec des noms marrants enrichissent le jeu comique. Les deux petits généraux chinois Dancing queen et Riqi qi sont les deux méchants de l’aventure. César joué par Vincent Cassel est parfait !
Les deux actrices asiatiques qui jouent la princesse chinoise et sa garde du corps sont très élégantes dans leur jeu, leurs gestes de kung fu. Leur noblesse tranche avec ces deux vieux garçons gaulois bien lourdeaux flanqués de Graindemaïs, marchand phénicien aussi veule que bête.
Même si Uderzo et Goscinny n’ont pas envoyé leurs héros de papier en Chine, c’était une bonne idée d’inventer une histoire d’Astérix dans l’empire du Milieu.
La bataille finale en costumes, avec les chevaux et l’impératrice qui débarque avec toute son armée (comme dans Astérix et Obélix, mission Cléopâtre). Tout fonctionne pour nous plonger dans l’époque antique.
Il y a vingt ans sortait au cinéma Astérix et Obélix, mission Cléopâtre. J’avais quinze ans. Tous les ados de Valence étaient dans la salle 12 du Pathé flambant neuf de la ville. L’humour Canal+ associé à l’Egypte fonctionnait à fond avec les ados.
En 2023, Guillaume Canet touche les enfants avec un conte qui se déroule dans l’empire du Milieu. C’est la magie intemporelle d’Astérix depuis plus de soixante ans !
Retrouvez ici mes précédents articles consacrés à Astérix mais aussi Tintin, mes deux titres BD favoris depuis trente-cinq ans !
En mars 2020, confinement mondiale, une série Netflix crève l’écran : Le jeu de la dame, adaptation du roman de Walter Tevis, paru en 1983 .
Deux amies qui partagent mes gouts en matière de séries Netflix un peu guimauve, me recommandent de regarder Le jeu de la dame. Je traine des pieds car je trouve le personnage principal trop névrosé et le contexte général ne m’encourage guère à regarder une série sur les addictions.
Cet été 2021, je pars en Bulgarie et je retrouve le livre sur toutes les tables des librairies de Bourgas, ou dans une vitrine de la rue Soufflot à Paris. Le trouver à la médiathèque de ma ville finit de me convaincre de le lire.
Mais voilà, je m’ennuie énormément les cent premières pages et j’hésite vraiment à laisser tomber ce roman alors qu’une bonne lecture pour moi, cela ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.
Copyright Netflix
Je suis très difficile en manière de littérature, voire franchement têtue. Alors je vous donne un conseil complètement barjo pour éviter un abandon de lecture : n’hésitez pas à sauter cent pages d’un livre, quitte à les lire plus tard. Si vous êtes capables de prendre une série en cours de route et de raccrocher les wagons, alors lancez-vous !
Le résumé
Beth Harmon est une jeune orpheline qui vit son enfance dans un orphelinat de l’Amérique profonde dans les années 1950. Son quotidien s’illumine grâce à l’employé des services généraux du lieu qui lui apprend les échecs. Une famille dysfonctionnelle décide de l’adopter, provoquant la jalousie de sa camarade de chambrée, Jolene, une jeune afro-américaine aussi déroutante qu’attachante.
Rapidement, seule la mère adoptive de Beth s’intéressera à elle. Ainsi Beth et Alma vont rapidement parcourir le pays au gré des tournois d’échecs. Les chambres d’hôtel avec mini-bar et razzias dans les pharmacies locales deviendront leur quotidien.
Car Beth n’est pas qu’une petite prodige aux échecs, elle est aussi totalement accro aux petites pilules vertes données dès son plus jeune âge à l’orphelinat. Cette addiction a une incidence directe sur son psychisme et ses fortes émotions quand elle pratique ce sport intellectuel et psychologique…
Mon avis :
J’ai énormément aimé ce roman car c’est un portrait psychologique d’une rare qualité. Il décrit la descente aux enfers d’une jeune femme qui a tout pour réussir. Elle fait la une des journaux pour son talent, signe des autographes, et se vautre chez elle dans l’auto destruction. J’ai vu la mini-série après avoir lu le livre.
La manière dont l’auteur raconte son mal-être est vraiment talentueuse. Il faut aussi vous expliquer que ce roman a une part largement autobiographique car Walter Tevis, joueur d’échecs amateur, a beaucoup souffert de son addiction à l’alcool. Cela lui a même couté la vie et il n’a pas pu publié d’autres romans après celui-ci. Grâce à ce livre, j’ai appris à mieux comprendre la douleur morale que vivent les alcooliques.
Beth Harmon est un personnage de fiction mais les joueurs d’échecs qu’elle rencontre en compétition sont des champions qui ont marqué l’Histoire. Notamment, une joueuse géorgienne Nona Gaprin-Dachvili, qui accuse Netflix de l’avoir mise au placard.
Le sujet du Jeu de la dame, ce n’est ni la guerre froide, ni le sexisme, ni même les échecs même si on en parle beaucoup. Ce roman traite avec beaucoup de subtilité la détresse psychologique que vit une jeune orpheline, prodige des échecs malgré sa réussite professionnelle et sociale.
Au fil des 400 pages du roman (je n’aime que les gros pavés en littérature), on voit cette jeune fille gagner des trophées, bien garnir son compte en banque et améliorer son style vestimentaire et esthétique, vitesse grand V. Il faut dire que sa coupe de cheveux dans le genre épouvantail et ses socquettes blanches lui donne un drôle d’air tout au long de son adolescence. Ce roman montre comment son talent l’aide à évoluer, se faire des amis alors qu’elle est très solitaire.
Copyright Netflix
J’ai été émue par les passages où elle retrouve Jolene et comment son amie l’aide à sortir de ce naufrage émotionnel. On devine facilement que Beth a besoin de se sentir aimée et étreinte physiquement comme une petite fille qu’elle était et qui a eu des sacrées carences affectives. Sa relation aux hommes est très problématique mais elle va trouver une issue plus heureuse du côté de l’amitié et de la camaraderie masculine.
Ce livre m’a immédiatement fait penser à La fenêtre panoramique de Richard Yates, un roman lui aussi adapté au cinéma avec Léo di Caprio et Kate Winslet. Comme quoi, l’American way of life est un champ de ronces qui cache bien des névroses.
C’est d’ailleurs, ce qui est montré sur la couverture du livre et sur un compte Instagram génial d’une illustratrice (_annateur) inspirée par la mini-série : le poids de l’alcool et les fameuses pilules sur l’échiquier.
Je vais rompre pour une fois avec l’habitude de ce blog de mettre des sardines pour noter ce livre. J’ai vraiment aimé cette lecture pour sa profondeur psychologique mais les tourments décrient dans ce livre me laissent un goût aussi amer dans la bouche qu’un cachet avalé de travers et sans eau.
Finalement, j’ai lu les cent premières pages qu’il me manquait et j’ai ressenti un effroi bien désagréable de lire comment cette petite fille a été mise à la drogue par son orphelinat. Ils leur distribuaient des tranquillisants pour les rendre plus dociles.
La lecture de ce roman a été l’occasion idéale une discussion fort intéressante avec le grand-père bulgare de mon mari. Il m’a expliqué que c’était moins le cas maintenant, mais que dans les années 1950, les hommes bulgares d’un certain âge jouaient aussi beaucoup aux échecs dans le jardin maritime de Bourgas.
Pourquoi le peuple russe a autant pris les échecs au sérieux au 20eme siècle ?
Il semblerait que la réponse soit toute simple : à partir de 1917 et l’instauration du régime communiste, le peuple a été encouragé à jouer aux échecs partout. Que ce soit à la maison, à l’école, à l’usine avec une passion grandissante pour ce sport intellectuel. Le bloc communiste était connu pour sa discipline de fer , tutoyer la perfection avec élitisme dans la conquête de l’espace, les sports comme la natation, la gymnastique ou encore les échecs…
Les scènes où Beth Harmon se rend incognito dans les parcs de Moscou pour rencontrer des joueurs d’échecs du dimanche sont vraiment d’une grande émotion. Cette jeune fille vient d’un orphelinat et elle a trouvé en Russie les accolades des joueurs d’échecs russes. Dans le roman Le jeu de la dame, les hommes russes semblent beaucoup chaleureux que les Américains froids et austères.
Dans le domaine des adaptations littéraires au cinéma, c’est désormais Netflix le maître du jeu. La série Lupin a relancé de manière fulgurante l’intérêt des jeunes pour l’œuvre de Maurice Leblanc et il est évident que je n’aurai jamais trouvé seule cet auteur sans Netflix.
Le risque est que les romans initiaux deviennent des produits dérivés des séries télévisées. Dans un tout autre genre, je vous parlerai de ma passion inexpliquée pour Downton Abbey et les livres que j’ai lu autour de cette fresque historique.
Retrouvez ici mes précédentes chroniques de mes coups de cœur séries et adaptations littéraires.
Elle était sacrément attendue cette seconde partie de la série Lupin. Tout le monde autour de moi en parle : la jeune fille dans le RER A avec son smartphone, mes cousines de quatorze ans et leurs parents, ma grande copine cinéphile et son fils ado, mon beau-frère bulgare qui a regardé les cinq épisodes en deux nuits….
Pas besoin de faire de publicité dans Paris, tout le monde est conquis par Omar.
Netflix s’est même débrouillé pour avancer sa date de sortie. Autant, j’avais regardé distraitement la première partie, autant la seconde partie m’a captivée et je vous explique pourquoi.
Les cinq épisodes sont scénarisés de manière très fluide et cohérant. Les idées sont beaucoup plus originales que Ocean ‘s eleven pour raconter un casse de bijoux ou d’argent.
Cocorico pour cette série française réalisée par Xavier Gélin qui emprunte de nombreux codes américains sans renier son identité française. Il faut dire que Paris, ville Lumière est un personnage à part entière dans cette série.
J’aime comment Paris est filmée avec une esthétique qui fait rêver : les puces de Saint-Ouen, les Buttes-Chaumont, le pont Royal, le théâtre du Chatelet, les Catacombes…. Paris a beaucoup souffert avec la pandémie, elle ne fait plus rêver avec tous ces musées, ces restaurants et ces terrasses fermées. Lupin redonne de la magie et du rêve, c’est la meilleure raison pour expliquer le succès de cette série selon moi.
C’est une chouette série qui joue sur la nostalgie et les émotions avec ces flash-backs dans les années 1995. Le cœur d’Assane, ce grand séducteur, balance entre deux filles, Claire et Juliette. C’est toujours le cas vingt-cinq ans plus tard. Son meilleur ami, Benjamin est toujours à ses côtés. Il est devenu antiquaire à Saint-Ouen et complice de cambrioleur…
Leurs uniformes de collégiens peinent à me convaincre tant ça ne colle pas à la culture française mais cela marche pour rappeler leur camaraderie au sein de leur école de riches. Le jeune Assane joué par Mamadou Haïdara est très convaincant. Il joue avec justesse le gamin sensible qui va perdre son père de manière injuste.
L’émotion est à son comble dans le dernier épisode de la saison quand Assane atteint son but, aidé par une équipe de policiers intègres et attachants. Ensemble, ils arrivent à faire tomber le commissaire ripou et le milliardaire corrompu. On se croirait dans le film Micmacs à tire larigot de Jean-Pierre Jeunet avec un certain Omar Sy…
Copyright Emmanuel Guimier/Netflix
Personnalité préférée des Français, je trouve qu’Omar joue de mieux en mieux. Il a gagné une stature internationale un peu comme Jean Dujardin, son rival aux Césars. Ils ont de nombreux points communs : ce sont des outsiders qui viennent de la télévision, leur jeu d’acteurs vient de leur carrure et de l’expressivité de leurs visages. J’aimerai bien voir un film qui les réunirait.
Lupin prouve que le cinéma français joue dans la cour des grands : un épisode final magistral avec de belles bagarres bien rythmés par le concert de musique classique au même moment. Les scénaristes savent doser leurs recours aux cliffhangers. Je vous laisse le soin d’en découvrir la définition mais les accros aux séries savent de quoi je parle.
Enfin, j’ai bien aimé la référence à la chanson de Jacques Dutronc : Gentleman cambrioleur.
Lupin est une série qui fait du bien au rayonnement de Paris et à l’image de la police nationale.
Début janvier, j’ai regardé la saison 1 de Lupin avec notre Omar Sy national. Oui car n’en déplaisent aux affreux qui trouvent qu’il était un peu trop foncé pour le rôle : Omar Sy comme Arsène Lupin font partie du patrimoine culturel français et ils forment un très beau duo.
Omar n’interprète pas Arsène Lupin mais Assane Diop, un jeune émigré sénégalais qui veut venger la mort de son père Babakar, accusé d’un délit qu’il n’a pas commis. Il est fortement inspiré par les romans de Maurice Leblanc dont il essaie de transmettre la passion à son fils Raoul.
Omar ne porte pas la cape et le haut de forme, ce n’est pas Mardi gras mais une casquette de titi parisien et un manteau long très urbain. C’est une série très dense qui ne comporte que cinq épisodes pour cette première partie. La seconde partie sera diffusée en fin d’année 2021.
La fin de la première partie se clôture en beauté avec un final tout en suspens à Etretat avec une plage hors du temps, peuplée d’hommes en hauts de forme comme au 19eme siècle. L’effet cinématographique est très réussi.
J’ai beaucoup aimé cette série française financée par Netflix. J’avais très peur que des cinéastes américains caricaturent notre Paris dans le même genre qu‘ Emily in Paris (cette série m’a traumatisée en 2020). Tous les acteurs jouent bien, surtout les flics rebeus de la nouvelle génération qui essaient de mettre la main sur Lupin.
C’est assez agréable de voir ce genre de films et de séries : Intouchables, L’ascension, Lupin qui montrent les jeunes des cités de banlieue sous un jour plus favorable : la réalité finalement.
Omar Sy est le premier artiste noir à recevoir un César…. en 2012 ! Il l’a obtenu grâce à deux réalisateurs géniaux : Eric Toledano et Olivier Nakache qui savent donner une intensité dramatique à leurs comédies.
Omar Sy le leur rend bien puisque c’est leur acteur fétiche depuis Nos jours heureux, Tellement proches, Intouchables, Samba...
Dans un prochain article, je vous parlerai de leur série En thérapie diffusée sur Arte actuellement. J’aime le cinéma de ces deux réalisateurs pour la part autobiographique qui parle à chacun qu’ils mettent dans leurs films : la colonie de vacances, la belle-famille insupportable…
Dans cet article, je vais peu parler de Lupin, d’autres commeJean-Luc Gadreau ont écrit des chroniques très réussies sur cette série relayées par Regards protestants. Moi, j’ai envie de vous parler de mes meilleurs souvenirs qui sont remontés à la surface en regardant Lupin.
Copyright Emmanuel Guimier/Netflix
Moi aussi, j’avais un badge du Louvre pour travailler dans la ville-musée !
Dans le premier épisode de Lupin, Omar Sy badge pour aller nettoyer les salles du musée du Louvre la nuit. Moi, j’ai travaillé trois ans pendant les vacances scolaires à la librairie du musée du Louvre (mon job d’été préféré). J’ai gardé précieusement ce précieux sésame en souvenir. Il m’ouvrait les portes du plus beau musée du monde.
C’est une vraie ville le musée du Louvre pour aller rendre sa caisse à la régie, aller manger à la cantine… J’avais chroniqué une BD formidable L‘île Louvre de Florent Chavouet, éditions Futuropolis dans mon ancien blog si vous voulez lire ma chronique, c’est ici !
J’aime cette série Lupin car elle donne envie à beaucoup d’entre nous de retourner au musée du Louvre et aussi de se plonger dans les dix-huit romans de Maurice Leblanc. Les aventures du gentleman-cambrioleur ont été crées en 1905 et connaissent une popularité qui ne s’est jamais vraiment tarie compte tenu des nombreuses adaptations au cinéma et les lectures imposées au collège-lycée.
Enfin, Arsène Lupin a redonné envie à de nombreux touristes d’aller faire un tour à Etretat et son aiguille creuse, titre d’un de ses romans. Maurice Leblanc vient du plus beau département de France selon moi : la Seine-Maritime (76). Il a situé son intrigue à Tancarville, à l’abbaye de Jumièges près de Rouen, sa ville natale…
Que des endroits que je connais pour les avoir visité avec mes grands-parents. Ils avaient une maison à colombages noirs et blancs près de Dieppe.
Pour conclure, Lupin est une agréable série à regarder pour se divertir pendant le couvre-feu. Omar Sy y est pour beaucoup.
C’est l’un de mes acteurs favoris et j’ai profité de l’écriture de cet article pour revoir d’anciens sketchs du SAV des émissions sur Canal + entre 2005 et 2012 (j’aime le téléphone sans fil saumon des années 2000).
Intouchables a été un carton dans les salles de cinéma il y a déjà dix ans et Omar continue de nous redonner le sourire avec son rire tonitruant et ses pas de danse contagieux. Vive Omar ! Vive la France d’Arsène Lupin.
Dimanche dernier, j’ai commencé une nouvelle série sur Netflix et j’en suis déja à la moitié : Toujours là pour toi compte dix épisodes. Je l’ai découverte via Facebook et 95 % de la série repose sur les épaules de Katherine Heigl.
Ce n’est pas mon actrice américaine favorite : elle joue trop avec son visage à écarquiller les yeux et sa filmographie compte un certain nombre de rôles de nunuches. Mais cette série m’a permis de la découvrir sous un autre angle et de mieux apprécier son jeu.
Le résumé :
Tully Hart est une star du petit écran. Elle confesse les Américaines moyennes (je déteste cette expression ) sur son canapé à la manière de Sophie Davant, Evelyne Thomas ou Faustine Bollaert.
Mais derrière la splendide jeune femme, se cache une petite fille au cœur brisé, livrée à elle même dans une manifestation peace and love. Sa mère qui se fait appeler Cloud, est venue la chercher mais on ne sait pas bien pourquoi. A quinze ans, Tully se retrouve à supporter les amants de sa mère dans une maison bordélique où flotte continuellement une odeur de beuh persistante.
Copyright Netflix
Heureusement, elle va faire la rencontre déterminante de Kate, sa voisine du même âge et future meilleure amie. Kate a des lunettes triple foyer, subit les moqueries des garçons mais elle vient d’un foyer stable et aimant où ses parents veillent sur son équilibre qu’elle soit ringarde ou non.
Cette série est structurée par des flash-backs incessants entre trois époques différentes : l’adolescence des deux filles dans les années 1970, leurs années d’études et leur premier boulot dans un studio de télévision de Seattle dans les années 1980 et enfin les années 2020 quand elles entament une quarantaine sexuellement libérée mais assez triste.
Mon avis :
Je suis très partagée pour juger au mieux cette série, une création originale Netflix. Je la trouve à la fois géniale et passablement décevante dans le message qu’elle porte. A plus de quarante ans, Kate et Tully attirent des hommes dans leur lit mais au lieu que cette victoire « féministe » – brandie comme un soutien-gorge en étendard (elle était facile, je vous l’accorde)- soit source d’épanouissement personnel, elle ne leur apporte que confusion émotionnelle.
Et elles ne s’en rendent même pas compte, elles ne pensent qu’à allonger le tableau de chasse. Si le trophée en question a dix ans de moins , c’est encore mieux.
Copyright Netflix
Cela me fait penser à une autre série Netflix que j’ai vraiment aimé :Never have I ever. Ravi et ses copines ne cherchent qu’à tomber le plus beau mec du lycée, Paxton, peu importe qu’il soit intéressant, cultivé ou intelligent. Tant qu’il a de beaux abdominaux et qu’il permet à Ravi de perdre sa virginité pour devenir populaire, c’est l’essentiel. A force de proposer des scènes de sexe délurées avec des MILF et des toyboys, on devient sexistes…. envers les hommes. Bonjour la modernité !
Après ce petit esclandre (la guerre idéologique actuelle entre les sexes me révolte, c’est dit!), passons à pourquoi cette série mérite un article dans ce blog : sa finesse psychologique ! En particulier, le personnage de Tully enfant et adolescente.
La scène où elle est abandonnée dans la manifestation pacifiste et qu’elle se retrouve toute seule sur un banc public a failli me faire pleurer tant elle est intense, dramatiquement bien filmée. Tully se retrouve face à un parent totalement immature, cela la laisse dans une insécurité affective permanente même quand elle devient adulte.
Voilà pourquoi cette série est intéressante à regarder ! Le personnage de Kate est aussi intéressant mais il devient vite caricatural quand elle commence à vieillir. Elle m’exaspère avec ses pleurnicheries parce qu’elle divorce et qu’elle hésite entre trois hommes différents en un week-end ( son ex-mari, un parent d’élève et un jeune photographe sexy). Finalement, elle passe ses soirées toute seule dans sa maison de la banlieue de Seattle totalement démente. Kate et Tully sont deux Américaines très riches mais pas très épanouies ! J’ai bien envie de lire ce roman Firefly Lane, adapté par Netflix.
Je vous recommande donc cette série, bien jouée par Katherine Heigel principalement. Elle parle avec beaucoup de justesse des traumatismes psychologiques qui empêchent de se construire en tant qu’ adultes. La presse féminine tire à boulets rouges sur le personnage de Tully.
Copyright Netflix
On la trouve trop égocentrique, écrasant totalement sa copine Kate. Il est juste de dire que leur amitié n’est pas toujours très constructive (cela coûte même à Kate son mariage) mais c’est un peu exagéré de parler d’amitié toxique. De mon point de vue, je trouve que cette Tully a bien de la chance d’avoir une telle amie depuis le collège, qui l’a surement aidée à ne pas sombrer totalement.
Cela m’a fait pensé à une interview de Joey Starr sur France 5 où il racontait son enfance vraiment chaotique à cause de l’instabilité émotionnelle totale qui régnait chez lui. Il expliquait qu’il se sentait plus en sécurité dehors dans sa cité du 93 que chez lui où les coups dégringolaient avant même les demandes d’ explications de son père.
Cela n’excuse pas les actes du personnage mais cela nous éclaire sur l’origine et les causes de comportements auto-destructeurs.
Hier soir, nous avons regardé un superbe film avec mon mari. Il faut dire que nous n’avons pas du tout les mêmes goûts cinématographiques et que je m’ennuie vite devant un film, le format des séries m’intéresse beaucoup plus.
C’est une adaptation d’un livre que je recommande souvent dans la box littéraire Kube à laquelle je collabore. Le livre s’appelle Un tocard sur le toit du monde de Nadir Dendoune, édité par Pocket.
C’est un vrai feel good encore plus enchanteur qu’il est tiré d’histoire vraie. Il montre la Seine Saint-Denis sous un tout autre jour. Nadir Dendoune est joué par Ahmed Sylla, qui interprète Samy un jeune sénégalais qui prend au mot une fille. Il va gravir l’Everest pour conquérir son cœur. Le romantisme éxiste encore au 21eme siècle.
C’est un très beau film, joué avec brio par tous les acteurs, que ce soit les premiers comme les seconds rôles. Mention spéciale à Jeff, le guide d’alpinisme de Samy et Johnny, son sherpa népalais. Ils se rendent rapidement de l’imposture du garçon mais ils vont l’aider à conquérir son but.
Copyright Mars Films
J’ai vraiment bien aimé les scènes où Samy lit un roman à l’eau de rose à Johnny, son sherpa, un deal entre eux pour que le jeune Népalais lui apprenne à se servir d’un piolet et des crampons.
Tous les dialogues sont de qualité, pas de vulgarité inutile ou de blagues graveleuses, place aux sentiments et aux apprentissages. Le héros du film a une forme de candeur qui attendrit les spectateurs : quand il amadoue un yack avec des Krema.
C’est même un film avec du suspens parce qu’on veut qu’il réussisse son défi avec tous ceux qui le soutiennent.
Le message de ce film est qu’on peut bousculer les idées reçues, faire mentir les stéréotypes que les jeunes de banlieue ne vont pas plus loin que leur canapé en bas de la cité des 4000. Samy a d’ailleurs une jolie famille avec des parents qui s’aiment et qui le soutiennent.
Ce film est aux antipodes de La haine, il se moque gentiment des inégalités sociales et des idées reçues avec les trois copains de Samy qui ont quelques répliques bien choisies.
Copyright Mars Films
Ahmed Sylla est un jeune acteur fort talentueux, capable de porter tout un film sur ses épaules. Il a une bouille juvénile qui a l’air de plaire au cinéma français. Je l’ai découvert avec ce film et je vais le suivre attentivement. Le couple qu’il forme à l’écran avec Alice Belaïdi envoie du rêve mais elle fait plus âgée que son rôle je trouve.
Elle était vraiment drôle dans son dernier film Terrible jungle que j’ai vu en septembre. Elle jouait une cheffe de cartel vraiment peu distinguée, limite caricaturale.
Je vous recommande ce film si votre moral n’est pas au beau fixe. Vous avez bien le droit avec cette année particulièrement compliquée pour tous. Prenez soin de vous, lisez, matez des films. Votre imaginaire a le droit d’être nourri et encouragé !