Biographies et autobiographies

Monsieur Aznavour : ses amis, ses amours, ses emmerdes… en un biopic de grand cinéma

Ce biopic, j’attends sa sortie depuis au moins un an, mais je me rends compte que je ne connais pas si bien que cela ni la vie ni l’œuvre de Charles Aznavour.

J’aime les chansons d’Aznavour en souvenir de ma grand-mère Annette qui l’écoutait énormément comme tous les chanteurs à textes de sa génération. Elle avait vingt ans dans les années 1950 et elle allait écouter les chanteurs à la mode à Deauville-Trouville pendant ses vacances.

Je suis allée voir Charles Aznavour en concert avec ma mère qui fêtait ses 50 ans en 2011 à la halle Tony-Garnier à Lyon. Il avait à l’époque 80 ans bien tassés, mais il a réalisé un concert énergique qui a duré bien trois heures. Avec le film, je me rends compte que c’était vraiment un addict au travail dans la décennie 2010 (il est mort en 2018) puisqu’il donnait des concerts dans toutes les villes d’Europe.

Le résumé :

Fils de réfugiés, petit, pauvre, à la voix voilée, on disait de lui qu’il n’avait rien pour réussir. À force de travail, de persévérance et d’une volonté hors norme, Charles Aznavour est devenu un monument de la chanson, et un symbole de la culture française.

Monsieur Aznavour, biopic réalisé par Grand corps malade et Medhi Idir, avec Tahar RahimBastien BouillonMarie-Julie Baup, 2h13, sortie en salles le 23 octobre 2024

Mon avis :

Ce biopic dure deux heures et quart mais je l’ai trouvé très bien structuré avec une narration en cinq grandes parties. Chaque titre est noté au crayon dans ses fameux carnets rouges où il notait ses chansons. Aznavour a composé plus de 1400 chansons depuis 1940.

Ses années d’enfance avec sa sœur Aïda et ses parents restaurateurs m’ont beaucoup émue. Notamment ces scènes de fête qui se télescopent avec des images d’archives du génocide arménien. Ils ont vécu la pauvreté, le racisme mais ils sont restés sacrément unis. Le couple qui joue les parents de l’artiste sont très touchants.

Copyright Tukimuri

Ils n’ont pas hésité à cacher le couple Manouchian pendant la guerre dans leur appartement du 6eme arrondissement avec l’issue tragique que l’on connait. La scène de liesse à la Libération est un moment fort du film avec ses drapeaux bleu-blanc-rouge même si on voit de loin que les immeubles parisiens sont des décors de studio.

Son amitié avec Pierre Roche, un pianiste issu de la bourgeoisie va lui permettre de rencontrer Edith Piaf, qui se montrera autant de bons conseils que de mauvaise foi un peu méchante et acide. Piaf est superbement jouée par Marie-Julie Baup qui apporte une toute autre interprétation que Marion Cotillard. Plus tôt en octobre, j’avais lu la biographie très authentique de Piaf par sa sœur de rue Simone Berteaut. Charles Aznavour a vraiment été bien fait de lui servir d’homme à tout faire pendant huit ans. La scène où il s’émancipe de Piaf est fascinante.

La France s’est aznavourée dans les années 1960 après lui avoir ri au nez pendant vingt ans

Ce biopic montre sa tenacité face aux salles à moitié vides, aux critiques déplacées sur sa taille, son physique, ses origines. Puis un soir en 1960, il a écrit une chanson géniale Je me voyais déja et sa carrière a enfin décollé à 36 ans.

Aznavour inspire les jeunes générations notamment le rap et le slam. Dr Dre a samplé Parce que tu crois écrit en 1966 et c’est magnifiquement rendu dans le film pour illustrer les années de vaches grasses d’Aznavour après les nombreuses années de vaches maigres.

La série Lupin de Netflix se termine avec un morceau d’Aznavour pour illustrer des retrouvailles familiales : Hier encore.

J’ai découvert qu’une chanson que j’aime tout particulièrement She reprise dans un de mes films favoris Coup de foudre à Nothing Hill a été composé par Charles Aznavour alors que je pensais que c’était un crooner américain. A l’apogée de sa carrière Aznavour est parvenu à obtenir le même cachet que Sinatra.

Et enfin, la plus belle transmission de l’oeuvre d’Aznavour, c’était ce petit moment suspendu cet été où j’ai entendu des fillettes africaines dans mon quartier qui chantaient For me, formidable après la prestation d’ Aya Nakamura avec la garde républicaine lors de la cérémonie d’inauguration des Jeux olympiques de Paris 2024.

Pour moi la magie du cinéma , c’est de donner au spectateur une émotion unique, intemporelle et universelle quand il découvre le processus de création : la genèse d’une chanson mondialement connue. Une chanson est réussie quand elle rappelle des souvenirs, des émotions au monde entier. Le cas du Boléro de Ravel.

Les biopics qui m’ont le plus émue :

Ray, avec Jamie Foxx, 2005

Encore un chanteur dont la musique m’a été transmise par ma grand-mère. Je crois qu’elle l’a vu en concert une fois au casino du Touquet. Il est né en 1930 comme mon grand-père. J’ai beaucoup aimé ce biopic qui raconte l’ascension d’un jazzman aveugle dans un pays sacrément raciste. Ce biopic parle de ses addictions, de ses drames enfant et aussi de la manière dont son Etat d’origine : la Géorgie a fait amende honorable avec lui. On a tous le superbe chant Georgia on my mind en tête.

Walk the line avec Joaquin Phenix, Reese Witherspoon, 2006

J’ai découvert ce biopic par hasard car je connaissais Johnny Cash et June Carter Cash que par leurs rôles dans les séries Docteur Quinn femme médecin et La petite maison dans la prairie. J’aime beaucoup la musique country et cette belle histoire d’amour avec une chanteuse country m’a beaucoup fait rêver. Comme Ray Charles, Johnny Cash a vécu une enfance difficile et précaire avec un accident dramatique qui a tué son frère. Longtemps, Johnny a été dépendant à la drogue pour exorciser son passé puis il a découvert la foi en Jésus qui sauve et restaure…

La môme avec Marion Cotillard, Sylvie Testud, 2007

Edith Piaf est une légende française par son histoire personnelle et sa voix qui a bouleversé le monde entier comme l’indique sa plaque de lieu de naissance rue de Belleville. J’ai vécu pendant cinq ans dans son quartier d’origine.

On pourrait la qualifier aujourd’hui de personne toxique mais elle reste tout de même assez attachante pour la manière dont elle vivait ses chansons. Elle ne trichait pas et elle a su faire aimer son Paris populaire dans le monde entier : Etats-Unis en tête.

Cloclo avec Jérémie Rénier et Benoit Magimel en 2012,

Ce biopic je l’ai vu avec mon frère, grand fan des chansons de Claude François. Avec ce film on a réalisé que l’homme était vraiment imbuvable et zinzin. Mais c’est un très beau film qui commence par un exil forcé, le revers de fortune du papa en Egypte.

La famille sera obligée de revenir en France sans rien. La performance de danseur et de chanteur de l’acteur est exceptionnelle, elle aurait mérité un César.

Boléro avec Raphaël Personnaz, 2024

C’est plutôt l’histoire du Boléro qui est intéressante ici que celle de Maurice Ravel. C’est l’un des morceaux de musique classique le plus écouté au monde. Sa lente élaboration tout au long du film m’a passionnée.

J’ai vraiment hâte de voir les deux biopics consacrés à Johnny Hallyday . D’ailleurs, Johnny fait une courte apparition dans le film Monsieur Aznavour.

Et vous quelle est votre chanson favorite de Charles Aznavour?

Retrouvez ici mes précédents articles de la rubrique Toute la musique que j’aime et autres hommages :

Le loup, la biche et le chevalier d’Henri Salvador dans la playlist de ma fille

-Hommage à Jane Birkin, la meilleure ambassadrice de la poésie de Gainsbourg

-La Bébel mania, la nostalgie d’une France où tout allait bien

Du livre à l'écran·Romans

De Brooklyn à Long Island, un océan romanesque va séparer Eilis de son mari

En 2016, j’étais exposante au festival du livre de Paris. Les trajets en métro pour aller travailler étaient interminables. Ma lecture du roman Brooklyn a été un vrai échappatoire bienvenu : une belle histoire d’amour qui m’a permis une évasion littéraire totale.

Il faut dire que cette histoire a été adaptée au cinéma par un scénariste de génie : Nick Hornby. Il a écrit Pour un garçon lui aussi adapté au cinéma.

L’affiche du film Brooklyn est iconique, elle symbolise tellement la manière dont on peut rêver de New York : un couple qui s’embrasse au pied du Brooklyn bridge.

Long island est la suite de Brooklyn. Il se déroule entre Long Island et l’Irlande dans les années 1970, vingt ans après qu’ Eilis Lacey ait émigré aux Etats-Unis car il n’y avait pas d’avenir pour elle au pays.

Long Island, Colm Toibin, 400 pages, éditions Grasset, 24€

Le résumé :

Tony et Eilis sont désormais mariés depuis vingt ans avec deux grands enfants en âge d’aller à l’université. Leur couple italiano irlandais vit dans un village de Long Island avec comme voisins les parents de Tony, ses frères et leurs femmes. Tous sont italiens et leurs choix de vie sont vite commentés lors des réunions familiales.

Ils justifient les erreurs des membres de la famille par une solidarité sans failles quoi qu’il en coûte. Il se trouve que Tony a planté un sérieux coup de canif dans leur contrat conjugal.

Un jour sans crier gare, un homme irlandais assez intimidant vient lâcher une bombe dans le quotidien d’Eilis . Il lui apprend que son mari plombier a séduit sa propre femme. Elle est enceinte et le mari fou furieux déposera l’enfant sur le pas de la porte d’un Tony adultérin à sa naissance… Quelle décision radicale va prendre Eilis ?

Mon avis :

Long Island est un roman de grande littérature. L’auteur est réputé comme un maître de l’ellipse et des non dits. Ce roman démarre sur des chapeaux de roue en choquant ses lecteurs.

J’ai été happée dès les premiers chapitres par le rythme très soutenu avec des situations où les sentiments les plus violents s’entrechoquent : jusqu’ au point de rupture. J’ai abandonné ma lecture car l’attitude de deux personnages principaux m’a profondément heurté. Ce roman raconte avec brio un triangle amoureux et je déteste les histoires de triangle amoureux car il y a toujours une trahison à la clé.

Feuilletez ici un extrait du roman

Long Island est un excellent roman très bien écrit mais il m’a vraiment dérangée dans ma conception du romantisme et de la loyauté dans un couple. Autant les personnages de Brooklyn étaient chaleureux et attachants : le prêtre, Rose, la sœur dévouée, Tony…, autant les personnages de Long Island sont froids et sans aucune empathie les uns avec les autres.

Le seul personnage de Long Island qui m’a intéressée est Nancy Sheridan, l’amie d’enfance d’Eilis. Vingt ans plus tard, elle se retrouve veuve à tenir un débit de friture avec son fils, jeune adulte sur lequel elle ne peut pas vraiment compter. En raison de son commerce, elle peut être confrontée à la violence, l’insécurité à cause de l’alcool quand un samedi soir trop arrosé peut dégénérer.

Enfin, la couverture du livre est superbe. On dirait un tableau d’Hopper ou de Dali peignant sa muse Gala. Elle annonce un portrait de femme d’une grande froideur.

La note du bal littéraire des sardines : 4/5 sardines

J’aurai adoré mettre cinq sardines à ce roman tant j’aimé Brooklyn, l’un de mes cinq romans préférés. Mais l’ambiance polaire entre les personnages m’a sacrément refroidie.

J’ai une théorie bien établie comme quoi un roman c’est comme un travail thérapeutique avec un psy : il faut qu’une alliance thérapeutique se noue dans la situation initiale. Et cela n’a pas du tout été le cas dans ce roman. J’ai été plus choquée que séduite par cette histoire, qui est malgré tout, un roman de grande littérature.

Retrouvez ici mes précédentes chroniques de romans ici :

A table avec les Kennedy, Albert Camus et Gallimard : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

Les magnolias de Myrtle Lane : un roman réaliste et attachant

-Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe…

Cinéma

Quand te reverrais-je acteur merveilleux ? Hommage à Michel Blanc en cinq films marquants.

Vendredi matin, j’ouvre le site de Paris Match et là c’est le coup de massue : Michel Blanc est mort. J’ai réalisé avec sa mort à quel point j’aimais sa manière de jouer et je me rendais même pas compte que je choisissais un film car il jouait dedans.

Il est de la même génération que mon père et depuis une vingtaine d’années, ses rôles étaient emprunts de transmission et de bienveillance envers les générations suivantes. Il jouait un père, un prof comme dans Nos 18 ans… On a entendu les hommages de la chanteuse Louane, de Pierre Niney ou d’ Hakim Jemili car Michel Blanc a accompagné leurs premiers rôles au cinéma comme partenaire.

Depuis l’annonce de son décès, je ne cesse que de regarder des reportages qui lui rendent hommage. J’imagine la peine indéfinissable de ses amis de la troupe du Splendid car ils ont connu le succès ensemble depuis cinquante ans. Ils se connaissent depuis leurs 14 ans au lycée Pasteur à Neuilly.

Il se trouve que j’avais lu ce printemps la biographie de Josiane Balasko, une de mes actrices préférées. C’était très émouvant de les voir poser tous ensemble pour fêter les 75 ans de Paris Match. Cette troupe a marqué l’histoire du cinéma, tous sont devenus des vedettes ! Ils sont très touchants par leur amitié éternelle alors qu’ils ont des opinions politiques assez diverses, ils continuent de rire ensemble et de se vanner.

J’ai voulu lister cinq grands films dans lesquels Michel Blanc m’a émue.

Les Bronzés et Les bronzés font du ski par Patrice Leconte : 1978 et 1979 : Jean-Claude Dusse

Ce sont deux films patrimoniaux avec des répliques cultes qui se transmettent de générations en générations. Elles sont même entrées dans le langage commun : « Sur un malentendu », « Je sens que je vais conclure….  »

Michel Blanc était connu pour être le dialoguiste de la troupe du Splendid. Il est indéniable que Jean-Claude Dusse est le personnage le plus marquant des Bronzés avec ses déconvenues amoureuses ou bloqué sur un télésiège.

Il s’est efforcé de changer de registre vers le drame car le rôle de Jean-Claude Dusse tellement iconique était un peu trop encombrant et réducteur. Moi j’adore le début des Bronzés font du ski quand on suit Jean-Claude en train de prendre le métro dans Paris avec ses skis et ses batons vers la gare de Lyon pour rejoindre l’Alpe d’Huez…

Je vous trouve très beau, réalisé par Isabelle Mergault, 2006 : Aymé Pigrenet

J’ai beaucoup aimé cette comédie sociale qui a été tourné dans la Drôme, ma patrie. Elle raconte l’histoire d’un fermier, Aymé, qui se retrouve brutalement veuf et sacrément désappointé car ni la cuisine, ni la lessive ne sont ses points forts.

Il va s’envoler pour la Roumanie avec une responsable d’agence matrimoniale pour trouver plus une fermière qu’une épouse. Il va trouver la perle rare : Elena, une jeune femme solaire qui a du mal à accepter que les sentiments ne feront pas partie de l’équation. L’un des plus beaux rôles de Michel Blanc, celui d’un fermier bourru qui va accepter de vivre la tendresse et l’affection.

Nos 18 ans, 2008, réalisé par Fréderic Berthe : Monsieur Martineau

J’aime énormément cette petite comédie générationnelle qui se déroule à Bordeaux dans les années 1990. C’est l’histoire d’un groupe d’adolescents qui passe le bac et qui vit ses premiers émois amoureux lors de soirées où retentissent les meilleurs sons de Téléphone, Manu Chao… Les petits jeunes de la bande ne sont pas très connus à part Pierre Niney. Ils vont être encadrés par deux belles figures du cinéma français : Michel Blanc et Bernadette Lafont, qui jouent une mère et un fils.

Michel Blanc est un professeur de philosophie un peu rigide, bête noire de l’un de ses élèves Théo. Manque de bol, Théo se ramasse aux rattrapages mais il va pouvoir bénéficier de la main tendue et inespérée de Monsieur Martineau.

Demi-sœur réalisé par Josiane Balasko, 2013 : Paul.

C’est un film très émouvant qui repose sur le duo Balasko/Blanc. Nénette est une petite fille de 60 ans qui retrouve par la force des choses son frère Paul qui est pharmacien et qui ignore tout de son existence. On ne peut pas dire que l’accueil va être des plus chaleureux tant Paul est psychorigide et peu empathique avec les handicapés mentaux.

Josiane Balasko et Michel Blanc sont les deux seuls de la troupe du Splendid à avoir vraiment cherché à jouer des rôles plus dramatiques. C’est un film tendre et profond.

Et enfin Docteur ? de Tristan Séguela, 2019 : Serge

Je l’ai vu avec mon mari et on a vraiment bien aimé cette comédie un peu grinçante qui se moque de l’uberisation de la médecine généraliste. C’est le soir de Noël et Michel Blanc joue un médecin proche de la retraite et un peu désocialisé. Il est débordé par ses gardes et il force sur la piquette pour tenir le coup.

Il a tellement chargé la mule qu’il se bloque le dos et il va devoir faire équipe avec Malek (Hakim Jemili) un livreur Uber eats, lui aussi de service, ce soir là… Ce duo comique qui réunit deux générations d’humoristes fonctionne très bien et on passe un bon moment de cinéma avec ces deux-là.

Jeudi 11 octobre, c’était les obsèques de Michel Blanc dans l’église Saint-Eustache. Un fan s’est présenté en tenue de skieur avec ses skis, ses gants et son masque de ski. Le plus bel hommage à Michel Blanc : Jean-Claude Dusse n’est pas seulement iconique, il est inoubliable dans nos cœurs !

Retrouvez ici d’autres hommages à des acteurs et des chanteurs qui m’ont marquée !

-Hommage à Belmondo, la Bebel mania, nostalgie d’une France où tout allait bien !

-Jane Birkin, la meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg dans le monde entier.

Foi chrétienne

Un lancement convivial et joyeux pour A table avec la Bible à la Maison du protestantisme.

Mercredi soir, j’avais une soirée pro à la Maison du protestantisme, 47 rue de Clichy, Paris 9eme pour assister au lancement d’un livre de notre programme d’automne : À table avec la Bible.

Sous les moulures et les dorures de la salle de réception donnant sur un superbe petit jardin, Jean-Luc nous accueillait avec son four à pizzas et ses condiments car il y a eu une partie dégustation de prévue dans la soirée et c’était vraiment top ! .

Le ton du livre était donné : place à la convivialité et au partage, deux valeurs centrales de la Bible. J’ai rencontré Jean Luc Gadreau quand j’étais libraire et j’aime beaucoup sa plume sensible et authentique. Il est passionné de cinéma, de musique et de cuisine. Il a écrit une biographie réussie d’Aretha Franklin : Sister soul, publiée par Ampelos que j’ai chroniqué ici.

Le vieux livre de cuisine
chez mes parents

A table avec la Bible est un beau livre à offrir pour les fêtes de fin d’année. J’aime sa couverture efficace qui respecte les codes du livre de cuisine de mon enfance : les Ginette Mathiot, les Julia Child tout en modernisant le genre.

Saluons le remarquable travail d’édition de Sara Landes, directrice éditoriale de Bibli’o, ma collègue. Mais aussi les photos et les illustrations de qualité de Tiphaine Birotheau, photographe. Jean Luc Gadreau s’est bien entouré pour écrire son livre car il a fait appel à Ludovic Bisot, fromager, meilleur ouvrier de France, Lucas Spinelli, champion du monde de patisserie et François Moutot, expert des vins.

C’était un lancement très convivial où le relationnel avait une grande place.

Jean-Luc Gadreau a parlé de l’héritage culinaire de sa maman italienne mais aussi de son père qui était pasteur. Sa soeur Françoise Caron, présidente des associations familiales protestantes était aussi présente. J’avais lu son témoignage passionnant en 2019 : La famille chevillée au coeur, éditions Première partie.

J’ai été touchée par le témoignage de Jean-Luc qui a raconté que la cuisine avait pris une part plus importante dans son quotidien car sa femme avait un travail prenant à une époque de leur vie ou quand ils ont été confrontés à des soucis de santé.

Jean-Luc Gadreau n’est pas un cuisinier professionnel mais il a suivi une formation de pizzaïolo par passion pour monter un projet solidaire pendant le confinement de 2020 dans la région de Poitiers. C’est un pasteur épicurien et un journaliste doté d’une belle plume. La valeur ajoutée de ce livre est de savoir transmettre des ressentis, des émotions à travers la Bible et la cuisine.

 » La Bible fait partie de ma vie« 

J’ai beaucoup aimé son discours sur l’importance des repas communautaires dans les églises ou les agapes entre amis. Jean-Luc a raconté qu’il avait mené de nombreux entretiens pastoraux autour d’une table pour les moments de vérité que la cuisine peut aider à apporter.

La soirée a commencé par la présentation d’une dizaine d’extraits de films majoritairement français ou des dessins animés Disney se déroulant autour de la table. Il y avait un extrait de La passion de Dodin Bouffant, de Délicieux, La cuisine au beurre, La belle et le clochard pour ses spaghettis, Ratatouille bien évidemment …

Moi j’ajoute un de mes films fétiches : Julie and Julia.

Prochaines rencontres autour du livre A table avec la Bible : 📌vendredi 4 octobre | 19h30 | Eglise EceM – rue de la Grattine 29 à 7140 Morlanwelz – réservations via SMS 0495.301505

📌samedi 5 octobre | 11h | librairie UOPC – avenue Gustave Demey 16 à 1160 Bruxelles – réservations via https://www.uopc.be/events/

📌dimanche 6 octobre | 10h | Eglise EPEC – rue Emile Vandervelde 13 à 6010 Charleroi

Rencontre prévue à la Librairie La procure Paris, rue de Mézières 75006 Paris, le jeudi 5 décembre à 18 heures.

A table avec la Bible, Jean-Luc Gadreau, éditions Bibli’o, 38€, parution le 4 octobre 2024.

BD & romans graphiques

Dali avant les moustaches, un biopic surréaliste en BD

Quelle joie pour moi de découvrir que le duo de talent Birmant/Oubrerie s’est lancé dans l’écriture d’un biopic BD de la vie de Salvator Dali, douze ans après la série consacrée à Pablo Picasso. Les peintres avant-gardistes espagnols ont la côte !

Leur projet s’est même sacrément étoffé et il a gagné en qualité puisque les couvertures des deux premiers tomes de Dali sont saisissantes de beauté et d’efficacité. Bien évidemment, je vais leur consacrer un petit encart dans ma nouvelle rubrique Emballée par la couv.

Revenons pourtant à Salvador !. Cette série BD est exceptionnelle car on le reconnait tout de suite même sans ses moustaches dans sa jeunesse. Le génie de ces biographies BD que ce soit pour Picasso ou Dali est de montrer l’évolution psychologique de l’homme, artiste en devenir.

Ils sont géniaux et précurseurs mais ils sont surtout sacrément fougueux et exaltés. Ce sont leurs emportements permanents, leurs tourments qui rendent leur vie romanesque.

J’aime ces biographies BD pour le trait génial de Clément Oubrerie. On reconnait tout de suite les peintres des avant-gardes. La palette chromatique est tellement belle.

Ce dessinateur sait magnifier le Paris perdu entre 1900 et 1930 avec ses monuments des expositions universelles disparus, sa vie de bohême entre Montmartre et Montparnasse…

J’ai étudié l’histoire de l’art au lycée puis à l’Ecole du Louvre. Dali et Picasso sont des peintres avant -gardistes mais aussi des célébrités du star-system. On les connait pour leurs innovations picturales mais aussi pour leurs personnalités volcaniques, leurs muses et leurs coups d’éclat.

Ces albums plairont au grand public comme aux connaisseurs d’histoire de l’art. C’est un vrai régal de lire une BD qui magnifie nos imaginaires, qui fait référence à des connaissances apprises pendant notre scolarité.

Droits réservés éditions Dargaud

Et puis ce duo Birmant/Oubrerie donne aussi de l’importance aux personnages de l’ombre comme Fernande Olivier, la première femme de Picasso ou bien Gala, la muse de Dali.

Dali, tome 1 : Avant Gala, Julie Birmant et Clément Oubrerie, 88 pages, septembre 2023, 20.00€

Le résumé :

Nous sommes en 1930 dans l’atelier de Picasso de la rue de la Boétie. Arrive Éluard, radieux. Dali dîne enfin avec sa femme, Gala. « Éluard n’est pas jaloux ? ? Non. », répond le poète.

Picasso est sidéré et met en garde son ami : pour lui, Salvador Dali, du haut de ses 25 ans, est un drôle de coco, vieux et jeune à la fois, un peintre au talent sidérant, à l’intelligence vrombissante, prêt à tout…

Et Picasso de croquer Dali en chat Mephisto, un chat qui prend vie, se frotte aux jambes d’une Gala qui se baisse et le caresse, et le chat aussitôt de l’emmener avec lui dans son passé, sa jeunesse, et pour commencer à Figueras, ville de Catalogne.

Feuilletez l’album ici

Dali, tome 2 : Gala, Julie Birmant et Clément Oubrerie, 88 pages, août 2024, 20€

Le résumé :

Paris. 1929. Salvador Dali s’enfuit avant la projection du « Chien Andalou » qu’il a co-écrit avec son ami Buñuel. Ignorant tout du succès retentissant du film, il quitte Paris, en quête de gloire et de femmes, et embarque ses angoisses avec lui pour retrouver sa catalogne natale. Cet été là, à Cadaquès, il fait la rencontre de Gala Eluard dont l’obsédante existence va changer sa vie.

Feuilletez l’album ici

J’espère que cet article vous aura permis de belles découvertes BD qui se prolongeront par une visite du musée de Montmartre. En 2014, le musée avait organisé une superbe exposition Picasso à Montmartre autour de l’univers de la BD. J’avais beaucoup aimé la maquette du quartier et les crayonnés de la BD. L’exposition se terminait par un audio d’époque où Fernande Olivier, très âgée racontait ses souvenirs de 1900.

Et puis je pense qu’une visite en Catalogue va bientôt s’imposer à nous pour notre prochaine escapade en famille. J’ai visité le musée Dali de Figueras il y a une vingtaine d’années et c’était une visite inoubliable en raison de l’architecture exceptionnelle du lieu.

A quand une série BD sur l’oeuvre d’Antoni Gaudi, un autre génie de l’histoire de l’art en Espagne ?

Retrouvez ici mes précédentes chroniques BD :

Guernica, un plaidoyer pour la paix, éditions La boite à bulles

-Ana Ana, la poésie de l’enfance, éditions Dargaud.

Droits réservés La boite à bulles
Romans

Retrouvailles à la librairie de Wellfleet : on ne naît pas mère, on le devient.

Il y a beaucoup de témoignages écrits ou à la télévision de femmes qui ont du mal à créer un lien avec leur bébé à la naissance. Quand l’instinct maternel n’est pas au rendez-vous.

Je viens de finir le roman Retrouvailles à la librairie de Wellfleet. La couverture et le titre sont trompeurs : ce n’est pas un énième feel good qui parle de biblio thérapie.

Le résumé :

C’est un texte fort qui raconte l’histoire d’une mère célibataire tout juste sortie de l’adolescence. Elle a fait le bon choix de confier son bébé Matthew à un couple américano indien formidable quelques jours après sa naissance. Pourtant ce bon choix est tout de même un abandon de ce qu’elle avait de plus précieux et cet événement va la faire tanguer quotidiennement les années qui suivront. Surtout quand son fils biologique décide de se pointer à la librairie qu’elle possède à Cape cod sans crier gare l’été de ses dix huit ans.

”Maintenant, tu vas m’écouter. J’étais terrifiée à l’idée de te garder et terrifiée à l’idée de te faire adopter. J’ai choisi tes parents parmi plus d’une centaine de couples. Ils ont fait du bien meilleur boulot que moi car c’étaient des adultes. Ils voulaient un enfant et ils avaient des économies. J’avais dix-sept ans. Tu te sentirais prêt à élever un enfant à dix-sept ans ?

Mon avis :

Ce roman se structure selon trois points de vue qui alternent selon les chapitres : celui d’Harlow, la mère biologique, Monica, la maman adoptive et Cynthia, l’employée revêche d’Harlow et accessoirement cousine lointaine…

Le temps d’un été, Harlow va se confronter à son passé dont sa famille ignore tout, ce qui va créer des tensions mais aussi des retrouvailles très émouvantes. Seul sa meilleure amie Rose était au courant depuis l’université.

J’ai eu un énorme coup de coeur pour ce roman car il évoque les émotions contradictoires que ressentent ces trois femmes au fil du récit. Peut-être est ce lié au fait que je suis aussi maman mais j’ai trouvé les réflexions d’Harlow sur la parentalité d’une grande justesse.

J’ai éprouvé beaucoup de sympathie pour cette jeune fille qui entre dans l’âge adulte et la sexualité avec beaucoup de brutalité. Elle tombe enceinte lors de sa première fois et son soupirant est vraiment un con fini, méchant de surcroit, qui va lâchement l’abandonner quand elle va lui annoncer sa grossesse.

Feuilletez ici un extrait du roman

Les flash-backs qui nous ramènent dix-huit ans en arrière sont très émouvants surtout quand sa meilleure amie se rend compte qu’elle part vraiment à la dérive psychiquement et comment elle va la secourir…

J’aimerai tellement qu’on abandonne l’étiquette feel-good en littérature. Elle est tellement usée qu’elle est totalement galvaudée.

J’ai pensé à ce roman tout l’été. Je suis très chanceuse d’avoir pu lire les épreuves non corrigées grâce à Margaux de l’équipe de la box littéraire Kube. J’ai vraiment adoré la structure du livre selon les points de vue de ces trois femmes : Harlow, Monica et Cynthia.

Seul bémol : j’ai trouvé la famille nombreuse d’ Harlow un peu caricaturale et niaise. L’auteure aurait pu se passer de deux ou trois personnages un peu secondaires pour s’en tenir aux parents un peu immatures d’Harlow, le grand-père même s’il a un surnom ridicule et la meilleure amie d’université qui m’a beaucoup touchée pour sa vulnérabilité.

C’est sans nul doute le plus beau roman sur l’adoption et l’instinct maternel que j’ai jamais lu. J’ai bien envie de lire d’autres romans de cette auteure aux deux millions de lecteurs aux USA.

C’est peu dire que je suis une grande fan des romans qui se déroulent aux États Unis. Retrouvez ici d’autres chroniques de romans ici.

Toujours là pour toi, superbe roman d’amitié où les hippies ne sont pas si sympathiques que ça.

Hotel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe

Les magnolias de Myrtle Lane, un roman réaliste et attachant

Maine, quand la maison de vacances est le théâtre de rivalités familiales.

Toujours là pour toi, droits réservés Netflix
Lifestyle

Un weekend à Valence sous le signe de la gastronomie et de l’architecture

La maison mauresque, rue Gaston Rey à Valence, Drôme

Cela fait bientôt vingt ans que j’ai quitté Valence après la terminale pour rejoindre la capitale et l’Ecole du Louvre. Pourtant, je ressens toujours une pointe de nostalgie quand je croise des lycéens valentinois à l’arrêt de bus au moment du déjeuner. C’était aussi mon quotidien, il y a bien longtemps.

On est venues chercher le soleil pour une prolongation de l’été ce week-end en Drome Ardèche. Mais nous avons surtout récolté de sacrées rafales de vent.

Pendant quatre jours, Valence fêtait la gastronomie sur l’esplanade du Champs de Mars. C était l’occasion de déambuler sur les stands où la clairette de Die, les vins des Côtes du Rhône, le nougat et la lavande étaient à l’honneur…

La Drôme est toujours bien représentée au salon international de l’agriculture. Dans les rues de Valence, on peut voir défiler différentes confréries, tout en costumes : le suisse, le picodon…

Droits réservés Le dauphiné libéré

A Valence, une maison est reconnue pour sa fabrication de pognes, suisses et brioches de Saint-Genix. C’est la maison Nivon, située avenue Pierre-Semard, près de la gare de Valence-ville.

J’en ai profité pour faire ma balade habituelle dans les rues du centre-ville. Le passage à la boulangerie Serres dans la grand rue était obligatoire tant j’aime les viennoiseries avec des pralines : la fameux Saint Genix.

Longtemps, j’ai cru que le Saint-Genix était une spécialité de Valence. Grossière erreur ! C’est une spécialité de Savoie, très répandue dans tout le Dauphiné. C’est une brioche à la fleur d’oranger et aux pralines qui a été inventée vers 1880 dans le village de Saint Genix-sur-Guiers.

La boulangerie Serres se situe dans la rue piétonne juste à côté de la maison mauresque. Sa superbe façade de style orientaliste a été rénovée en 2019. Elle mesure 40 mètres de long. Ses arcs outrepassés, ses arabesques sinueuses, ses entrelacs rendent cette façade exceptionnelle à Valence.

Le rez de chaussée est en pierre de taille très dure mais les étages supérieurs, plus faciles à sculpter sont en pierre tendre. Il y a deux gargouilles et la polychromie d’ocre rouge et vert clair est superbe. Cette pépite d’architecture a été réalisée en 1860, épargnée par les bombardements de 1944 qui ont dynamité la porte Saint Ruf, voisine (description de qualité rédigée par le service culture de la ville de Valence)

En face du palais de justice, se trouve un autre bâtiment remarquable : le palais consulaire. La grande fierté du centre-ville de Valence, c’est d’avoir accueilli le tournage de la comédie Un p’tit truc en plus réalisée par Artus. Elle a séduit plus de 10 millions de spectateurs au cinéma avec ses belles images de colonie de vacances à Valence, dans le Vercors et dans le Royans.

J’ai aussi découvert Au petit bonheur, un dépôt-vente de vêtements de qualité, rue Vernoux . La propriétaire du magasin, Fanny est vraiment sympathique pour donner de bons conseils mode ! Je lui ai acheté un superbe tee-shirt Etam, assez habillé, à 10 euros. Quand j’étais au lycée, j’adorais m’habiller à Valence pour ses petites boutiques de qualité.

Au petit bonheur, rue Vernoux, Valence

J’ai aussi fait la découverte de la boulangerie Lopez qui fait des tropéziennes exceptionnelles et généreuses pour 13 euros. La crème pâtissière à la fleur d’oranger et la vanille de Madagascar, nous a laissé un souvenir impérissable. Parfait pour fêter l’anniversaire de mon père.

Le week-end s’est terminé par un passage au festival de la gastronomie, où était organisée une dictée sous le kiosque Peynet avec des extraits de la biographie La cuisinière des Kennedy à l’honneur.

On a repris le train TER à la gare de Valence ville toute rénovée avec des arrêts enchanteurs au bord du Rhône et au pied des vignes : Tain l’Hermitage, le paradis sur terre.

La prochaine fois que nous reviendrons chez mes parents, je compte bien nous organiser une petite visite à la cité du chocolat Valrhona à Tain l’Hermitage ou au palais idéal du facteur Cheval à Hauterives.

Retrouvez ici mes précédents articles consacrés à la Drôme, ma patrie.

Se régaler en Drôme-Ardèche, le temps d’un week-end

-La fabrique givrée, des saveurs venues de Drôme-Ardèche, aux pieds du Panthéon à Paris

Littérature jeunesse

Ana Ana ou la poésie de l’enfance

Septembre marque la rentrée des classes pour les écoliers et leurs parents.

Alors j’ai eu envie de faire un petit shooting photo avec les billes, les seaux et les pelles au bac à sable, les marrons…

Rien n’est trop beau pour mettre en scène les albums d’ Ana Ana et ses doudous, série écrite par Dominique Roques (la mère) et illustrée par Alexis Dormal (le fils) , éditions Dargaud.

C’est la marraine de ma fille qui nous a fait découvrir cette série avec un album de toute beauté : Une virée à la mer. C’est un format à l’italienne avec des illustrations très classiques à l’aquarelle et pourtant, on est vite happé par les petites histoires du quotidien de cette joyeuse petite bande.

J’aime beaucoup la littérature jeunesse notamment la ligne éditoriale de l’Ecole des loisirs en général. Mais la lecture de l’histoire du soir, c’est souvent une corvée pour moi. Je passe pourtant un bon moment de lecture avec ma fille de cinq ans le soir avec cette série BD.

Les histoires sont assez bien rythmées, avec du suspens. On se demande quels types de bêtises les doudous ont bien pu inventer et comment Ana Ana et ses amis vont se sortir de cette situation. Dans cette série, les parents et le grand-frère Pico Bogue sont totalement absents, Ana Ana anime ses aventures avec ses doudous .

Par le recours à l’aquarelle et le classicisme des illustrations, l’univers d’Ana Ana me fait un peu pensé à Sempé, mais Ana Ana et Pico Bogue sont bien différents du Petit Nicolas. Ce sont des enfants très réfléchis dans lequel l’auteure et l’illustrateur ont mis des traits de personnalités de leurs enfants ou frères et sœurs.

« Avec Ana Ana et ses doudous, j’ai recréé le microcosme d’une société, dans une chambre d’enfant »

Alexis Dormal, Le nouvel Observateur, 16 août 2024

Les séries Pico Bogue et Ana Ana sont de belles histoires dans le domaine de l’édition. C’est une mère et son fils qui travaillent ensemble pour mettre en scène des petites chroniques de l’enfance vivantes et profondes qui suscitent les émotions de leurs lecteurs.

La mère d’Alexis Dormal : Dominique Roques a decidé de lui donner un coup de pouce en lui apportant des histoires à illustrer, connaissant la précarité du métier de son fils. Leur complicité créative a convaincu les éditeurs de Dargaud puisqu’ils ont crée deux séries à succès Pico Bogue (16 albums depuis 2008) et Ana Ana, sa petite soeur (25 albums depuis 2012).

Les éditions Dargaud proposent aux parents un plein d’idées d’activités pour occuper les enfants autour des personnages de leurs univers BD, sur leur site Internet.

Retrouvez-ici d’autres succès d’édition qui m’ont marquée et que j’ai envie de partager avec vous :

-Martine, icône intemporelle, fête ses 70 ans à la galerie Casterman

-Roule galette : un album jeunesse tout sauf ringard

Emballée par la couv’ : l’édition bulgare du journal de Bridget Jones

Du livre à l'écran

Emballée par la couv’ : l’édition bulgare du Journal de Bridget Jones.

Depuis cet été, j’ai voulu développer une rubrique Emballée par la couv’ dans mon blog. J’explique en quoi certaines couvertures de livres attirent mon œil sur les tables de librairies ou les réseaux sociaux et pourquoi.

J’ai trouvé le cas d’école dans le domaine de l’édition : Le journal de Bridget Jones, écrit par Helen Fielding, publié en 1996 et traduit en France en 1998 par Albin Michel.

J’ai pris en photo l’édition bulgare encore publiée trente ans plus tard à la librairie Helikon de Bourgas, Bulgarie. C’est écrit en alphabet cyrillique et pourtant c’est facile de reconnaître cette couverture iconique, reprise pour la sortie du film en 2001.

C’est un succès international car il décrit le quotidien de la bonne copine, la trentaine bien tassée mais éternelle célibataire. Cette couverture représente bien la thématique du roman : une jeune femme un peu ahuri, plus tout à fait une petit fille mais pas encore une vraie adulte.

Bridget Jones : une icône de la comédie romantique
Droits réservés Universal France, 2001

Elle tient un journal intime où elle couche ses bonnes résolutions pour réussir sa vie sur tous les tableaux : son poids, son activité sexuelle, sa consommation de cigarettes à bannir… Dans les années 2000, les ouvrages de développement personnel étaient peu critiques face aux injonctions de la société.

Je peux regarder les deux films une bonne dizaine de fois sans me lasser. Je trouve que les Anglais sont vraiment les meilleurs dans le domaine de la comédie romantique : Coup de foudre à Nothing Hill, Love Actually, The holiday…

Le journal de Bridget Jones a cette particularité de transposer avec génie l’intrigue d’un roman incontournable de la littérature anglaise : Orgueil et préjugés de Jane Austen. La mère de Bridget Jones est aussi gênante voire pire que celle d’Elisabeth Bennett, Monsieur Darcy est intemporellement beau (peut être parce que le rôle colle à la peau de Colin Firth) et Hugh Grant joue à la perfection le connard de première.

Retrouvez ici mes précédents articles dédiés à la culture du Royaume-Uni :

-Pourquoi j’ai eu un coup de cœur pour l’autobiographie et la série Call the midwife

-Un roman aussi dépaysant qu’un voyage en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew

– La piscine de Rosemary, un roman qui rend hommage aux piscines londoniennes

-Au revoir Elisabeth II, ambassadrice dans le monde entier d’une culture british iconique !

Romans

J’ai lu Les magnolias de Myrtle Lane : deuil, introspection et secrets de famille.

Cette semaine, j’ai lu le premier roman de Cat Shook, Les magnolias de Myrtle Lane. J’aime énormément les romans des éditions Les escales : Hôtel Nantucket d’Elin Hilderbrand ou encore La cuisinière des Kennedy que j’ai lu en juin. Je les remercie pour l’envoi de ce service de presse.

Les magnolias de Myrtle Lane, écrit par Cat Shook, éditions Les escales,368 pages, parution le 6 juin 2024, 22€

C’est un roman très contemporain qui raconte une famille américaine avec ses forces et ses failles. Les enfants et les petits-enfants du couple Williams se réunissent autour d’Ellen, la veuve de Gerry. Il vient de mourir après soixante ans de mariage à ses côtés. Ils vivaient dans une ville de Géorgie : Eulalia où tout le monde se connaît.

Pendant une semaine mouvementée, chaque membre de la famille va faire sa propre introspection sur ses souvenirs et la manière dont ils veulent mener leur vie après ce moment de deuil. Il faut dire que l’enterrement du grand-père a été assez explosif. Son meilleur ami de toujours Fred a fait une révélation fracassante lors de l’éloge funèbre…

Mon avis :

J’ai failli abandonner ce roman au bout d’une centaine de pages. L’histoire était intéressante mais pas passionnante. Et surtout je n’arrivais pas à mémoriser les liens de parenté entre les personnages et à les différencier. Puis la romancière a mieux développé le personnage de la grand-mère qui devient veuve et les tourments que ce changement majeur dans sa vie aller provoquer.

Cela m’ a fait penser aux personnages de Nos âmes la nuit, un roman que j’ai aimé passionnément. Alors, cette profondeur psychologique m’a tenue en haleine pour finir le roman et l’apprécier.

Je suis persuadée que cette auteure saura en écrire d’autres meilleurs par la suite. Elle vient de Géorgie, et elle s’est inspirée de sa complicité avec sa grand-mère pour écrire ce premier roman. Cat Shook a su montrer l’état d’esprit un peu étriqué de cet État du sud.

Ce roman parle de deuil mais aussi de coming out et de conformisme matériel. Certains petits-enfants ont une véritable phobie de l’engagement comme Grant ou sa cousine Alice, d’autres comme Dellia souffrent d’une rupture douloureuse à surmonter.

J’ai voulu connaître l’avis d’une autre critique littéraire : Luciole in books sur Youtube

J’ai beaucoup aimé les personnages des deux sœurs Wilma et Carol Anne, les filles d’Ellen. Il y en a une qui est raisonnable et empathique avec les autres tandis que l’autre est totalement autocentrée. Certains personnages comme JJ ou son fils Grant sont traités de manière très superficielle. Cette auteur sait mieux faire vivre de ses mots les maux féminins.

Ce roman était une bonne surprise mais pas non plus la lecture de l’année. La littérature est un art mais je ne doute pas que l’auteure va monter en puissance par la suite. Je vais suivre son actualité comme celle de Kristin Hanna, JC Sullivan, Elin Hilderbrand ou encore Kristan Higgins qui a écrit Retrouvailles à la librairie de Wellflet.

Forcément, le titre du roman m’a fait pensé à cette bleuette Netflix que je regarde avec cynisme mais fidélité : A l’ombre des magnolias. Cela se déroule aussi dans un état du Sud des Etats-Unis avec ses valeurs religieuses un peu bigotes.

Droits réservés Netflix

J’attribue à ce roman Les magnolias de Myrtle Lane la note de 3.5 sardines. C’était agréable à lire pendant l’été mais certains personnages masculins étaient vraiment traités de manière caricaturaux. Il y a eu de sacrées longueurs les cent premières pages. Mais je n’ai pas abandonné ma lecture car ensuite, la relation familiale entre des petits-enfants et leurs grands-parents a été bien mise en valeur par la littérature. C’est d’ailleurs le premier roman de l’auteure et je lui accorderai ma lecture sans souci pour un prochain roman.

Ces coups de cœur que j’ai lu cet été :

Emballée par la couverture des romans de l’été

A la table des Kennedy, Gallimard et Camus : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

– Hôtel Nantucket, quand des individualités se regroupent autour d’un challenge commun, éditions Les escales