Ile de France et Paris

On débriefe ensemble la cérémonie des JO de Paris 2024? La première médaille d’or pour Céline.

Hier soir, nous étions en famille devant la télévision pour un moment historique : la cérémonie des Jeux olympiques de Paris. C’était important de partager cela avec ma fille qui a cinq ans.

Ses animateurs du centre de loisirs se sont décarcassés pendant un mois à proposer des activités de qualité sur l’olympisme : le drapeau, les médailles, la flamme olympique… Ce sont les enfants qui sont les meilleurs pour s’émerveiller.

Et c’était un vrai réconfort de pouvoir enfin participer à la fête devant sa télévision après des mois à être un peu fébriles, à se demander comment on aller s’organiser au quotidien avec la perte de nos repères…

Voir tous ces gens aux balcons des chambres de bonnes pour saluer avec des banderoles et des drapeaux, les délégations olympiques sur les bateaux mouches, m’a fait beaucoup de bien. Nous avons besoin de communion au milieu de cette actualité politique et internationale pesante.

Un clip d’inauguration drôle et hyper contemporain grâce au duo irrésistible : Jamel et Zidane

Le début de la cérémonie était parfait, bien rythmé. Jamel Debouzze et Zinédine Zidane nous ont fait rire dans le stade de France vide. Cette cérémonie olympique est la première qui se déroule en dehors d’un stade.

Zizou avec son immense sourire et sa fausse timidité se révèle être un bon acteur de comédie. Son tableau avec la course-poursuite effrénée dans les rues de Saint-Denis fait référence à la série Emily in Paris. Ce clip montre la réalité : la panne du métro, les rats mais aussi l’arrivée en barque des enfants qui apportent la flamme olympique jusqu’au Trocadéro.

Le plus beau tableau de ce spectacle c’est celui de Lady Gaga qui a repris la mythique chanson de Zizi Jeanmaire qui date de 1961 : Mon truc en plumes. Elle a su en faire quelque chose de terriblement moderne en respectant la tradition du music-hall.

La scénographie est tout simplement parfaite : ce grand escalier doré avec les boys qui tiennent de grandes plumes roses pour la cacher. Tout le monde est habillé de noir avec des grandes plumes roses et blanches. Cela swingue, Lady Gaga parle parfaitement le français et elle a l’air de beaucoup d’amuser. Ils ont tourné cette séquence sur la pointe de l’Ile Saint Louis. Un lieu particulier dans mon coeur car j’ai vécu dans un foyer de filles là-bas entre 2005 et 2007.

Avec mon mari, on a fait preuve d’ouverture d’esprit avec le tableau de metal qui se déroulait à la Conciergerie parce que c’était sacrément bien mis en scène. Mais bon la référence à Marie-Antoinette captive dans cette prison puis décapitée, ce n’était pas bien adroit de rappeler cette période peu glorieuse pour la démocratie française. Le passage de Guillaume Diop avec des danseurs de ballet de toute la France était superbe.

J’ai revisionné par la suite le passage d’Aya Nakamura sur le pont des Arts depuis l’Académie française. Avec toute la bonne volonté du monde, j’ai vraiment du mal avec la pauvreté de ses textes. Moi j’aime les paroles de Stromae, de Gainsbourg… car cela a du sens, cela procure de l’émotion. Trop de verlan, je n’ai rien compris. J’ai bien aimé sa tenue signé Dior et le feat avec la Garde républicaine qui a vraiment enrichi sa prestation. Curieusement, mon père qui aime bien les bals folks en Auvergne a bien aimé sa prestation. Elle a réussi une prouesse et la Garde Républicaine lui a fait un très beau cadeau inoubliable.

Les tableaux subversifs m’ont poussé à faire une pause télé pendant ce long marathon télévisuel

Je choisis de ne pas m’attarder sur le ventre mou de la cérémonie qui a commencé avec la séquence sur les Minions. Je comprends bien qu’on ait voulu valoriser les studios d’animation français mais quel rapport avec le sport? Idem pour les statues des femmes en or qui étaient très réussies mais je n’ai pas compris le lien avec les jeux olympiques.

Avec le défilé de mode sur la passerelle Debilly, j’ai senti que la propagande woke allait être sur le devant de la Seine. J’ai donc fait une pause salutaire en quittant mon écran. Je pense que la subversion gratuite et blasphématoire a toujours un effet boomerang bien douloureux. J’aime bien Philippe Katerine comme acteur et chanteur, mais j’aurais aimé ne pas tomber sur la vue de ses testicules peintes en bleue en revenant m’asseoir.

Je préfère saluer le superbe travail des forces de l’ordre et la résilience des commerçants parisiens.

J’ai beaucoup aimé le discours vibrant et sincère de Tony Estanguet pour couronner un travail de dix années. J’ai lu dans l’édition week-end du Parisien un très beau reportage photo sur les jeux Olympiques de Paris en 1924.

La fin de la cérémonie a été magique avec les derniers relayeurs de la flamme olympique : j’ai beaucoup aimé cette diversité avec ces sportifs de tous horizons, ces légendes comme Serena Williams, Carl Lewis, Nadia Comaneci, Zidane, Rafa Nadal... ainsi que les athlètes paralympiques.

C’était l’occasion d’honorer d’anciens champions olympiques français comme Félicia Ballanger, Laura Flessel, David Douillet. Quelle émotion de les voir parcourir l’esplanade du jardin des Tuileries pour rejoindre le plus vieux champion olympique français en fauteuil roulant et les derniers relayeurs : Marie- José Perec et Teddy Riner. Quelle fierté pour les Antilles : des triple champions olympiques.

L’allumage de la vasque olympique avec l’envol de la montgolfière était vraiment féerique. J’ai envie d’aller voir cela de plus près bientôt dans le jardin des Tuileries.

Une tendresse particulière et universelle pour notre Céline Dion, internationale

Et puis, entendre Céline Dion clôturer la cérémonie au premier étage de la Tour Eiffel avec l’Hymne à l’amour était très émouvant. Certes la chanson n’est pas toute jeune (1950) et un peu trop connue pour être originale, mais le parallèle entre les vies de Piaf et de Céline est saisissant. Toutes les deux ont été usées par ce métier de la scène si éprouvant et pourtant elles sont puissantes dans l’expression de leur chant.

Elle en a fait du chemin la petite Céline qui venait à 14 ans poser devant la Tour Eiffel avec René et sa maman en attendant l’enregistrement de l’émission de Michel Drucker…

Aujourd’hui, c’est le jour d’après. Place à la compétition et mettons à l’honneur les sportifs. Je laisse le mot de la fin à Céline Dion, qui force l’admiration pour son endurance face à la maladie : « Soyez fiers, nous savons combien vous avez travaillé pour être les meilleurs des meilleurs. Restez concentrés, mon cœur est avec vous. »

Romans

Emballée par la couv’ des romans de l’été que je lis en juillet…

En juillet, j’ai cette chance de trouver plusieurs livres d’affilée que je dévore les uns après les autres et en plus leurs couvertures m’inspirent pour lancer une nouvelle rubrique dans le blog.

Cela s’appelle Emballée par la couv’. C’est une petite rubrique sur le marketing et le packaging. Une modeste analyse de ces couvertures qui draguent mon œil sur les tables de librairies ou sur les réseaux sociaux…

Une belle vie, Virginie Grimaldi, Le livre de poche, 384 pages, 11.90€

J’ai lu d’une traite le dernier roman de Virginie Grimaldi : Une belle vie. Le titre n’est pas très recherché mais efficace. Il raconte l’histoire de deux sœurs Agathe et Emma. Elles se sont perdues de vue pendant des années mais elles se donnent rendez vous pour vider la maison de leur grand mère Mima qui les a élevé à Anglet, au pays basque.

Ce roman se structure en chapitres au présent et d’autres au passé. Ils font des sauts dans le temps pour raconter l’enfance et l’adolescence des deux filles. Je trouve que c’est le meilleur roman de Virginie Grimaldi. Il raconte les réussites et les échecs de ces deux sœurs pour renforcer leur lien familial au milieu du deuil et de la maladie. Merci à ma collègue Marine, qui me fournit de bons livres à lire l’été. 

Couronne et préjugés, Sylvie Tellier, Fayard, 23.90€

Tout le monde a rigolé au bureau à la pause déjeuner quand j’ai raconté que j’allais lire la biographie de Miss France. C’est people certes mais c’est un autoportrait tout sauf superficiel. 

Sylvie Tellier raconte son parcours, élevée par une maman célibataire aux Sables d’Olonne dans les années 1970. Ensuite, elle va passer toute une année aux côtés de Geneviève de Fontenay pour vivre son année de Miss alors que la dame au chapeau n’était pas la plus agréable des chaperonnes.

Ce qui m’a plu dans cette autobiographie est sa manière de défendre son bilan de présidente de la société Miss France. Elle explique comment elle a su prendre la succession de Genevieve de Fontenay en modernisant le concours de beauté sans le trahir. J’ai surtout beaucoup aimé la manière dont elle parle de sa mère, son modèle.

Les goûts et les couleurs, film de Michel Leclerc avec Félix Moati et Rebecca Marder, Judith Chemla, Artus, 2022.

Coup de coeur pour ce drôle de couple : le mariage de la carpe et du lapin. Marcia est chanteuse, elle vit sur une péniche à Paris. Anthony est placier sur les marchés à Saint-Remy les Chevreuse.

La musique de Daredjane, icône rock des années 1970 va les réunir. Anthony est son ayant-droit et il aime peu la personnalité de cette grand-tante qui a coupé les ponts avec sa famille.

Un film drôle et mordant sur la lutte des classes, le fossé entre Paris et sa banlieue, un propos qui résonne fort avec le résultat des dernières élections législatives…

Retrouvez ici les précédents articles de blog que j’ai écrit sur les romans de l’été ou bien de l’hiver ou de l’automne…

-Se préparer au mood de l’automne avec ces livres et ces séries

Les livres et les films qui ont animé mes vacances de Noël

Ile de France et Paris·Parentalité

Walt Disney, le génial conteur d’histoires qui apporte de la féérie au monde entier à Disneyland Paris

Samedi, je suis allée pour la première fois à Disneyland Paris, en famille le lieu le plus visité d’Europe. On remercie chaleureusement notre amie R. qui travaille à Disney dans la parade pour ce beau cadeau.

Je ne regrette pas d’y être allée en pleine saison car nous avons côtoyé le monde entier : des familles américaines, des retraités indiens, mais aussi des jeunes adultes qui faisaient leur pèlerinage en enfance …

Moi même, j’ai aimé cette féerie qui vous étreint rapidement, Disneyland est un monde à part avec de la musique en continu. J’étais vraiment aux anges de retrouver l’univers d’Aladin car c’est un dessin animé que j’ai beaucoup aimé quand j’étais en CP.

Cette journée à Disneyland a brisé pas mal de mes idées-reçues…

Je précise que j’aime modérément l’univers Disney : j’ai vu la moitié des dessins animés mais je suis assez hermétique à cette cash-machine qu’est le parc à thèmes.

Pourtant, j’ai été enchantée par ma visite. Je loue le professionnalisme de tous les corps de métier : les décorateurs, les fleuristes et surtout le personnel qui s’occupe des manèges pour respecter les cadences… La parade ainsi que les spectacles sont d’un haut niveau. Disneyland c’est onéreux mais les prestations sont à la hauteur du prix du billet d’entrée.

Un parc à thèmes qui demande l’excellence à chacun de ses corps de métiers.

J’ai beaucoup aimé les costumes de tous les membres du personnel : les salopettes de mécaniciens des chefs de gare, les canotiers et les marinières rouges des placeuses de l’attraction des tasses colorées… Disney habille 9000 personnes avec plus de 200 000 vêtements disponibles qui doivent être impeccables aux yeux du grand public.

J’ai voulu rédiger cet article sous l’angle du patrimoine plutôt que celui du divertissement car des tonnes d’articles ont été écrits sur les attractions de Disneyland. Le mois dernier, j’ai eu la chance de visiter Roland Garros, le temple du tennis avec ses statues de joueurs légendaires, ses stades…

Walt Disney n’était pas seulement un réalisateur de dessins animés. C’était un visionnaire qui a crée le concept de parc à thèmes.

En 2007, j’ai visité une exposition marquante intitulée Il était une fois Walt Disney au Grand Palais. J’ai bien envie dans cet article de questionner ses inspirations artistiques, ses innovations… car il a construit un empire dans l’industrie du cinéma depuis 1929.

Disneyland Paris ou la rencontre entre le vieux continent et l’Eldorado du nouveau monde : les Etats-Unis de 1900.

Ce qui me marque le plus à Disneyland, c’est le syncrétisme entre le rêve américain des Européens et la manière un peu édulcorée dont Walt Disney voyait l’Europe, le vieux continent. Pour l’anecdote, Walt Disney a été ambulancier de la Croix rouge en 1918, en France.

Il a visité l’Europe a maintes reprises dont un voyage en 1935 où il a rapporté un vaste répertoire des plus grands classiques de la littérature européenne dont les fables d’Esope, Le livre de la jungle de Rudyard Kipling mais aussi les contes de Grimm (Blanche-Neige et les sept nains), Collodi (Pinocchio), Perrault (Cendrillon, La Belle au bois dormant) et Lewis Caroll (Alice au pays des merveilles).

J’ai beaucoup aimé la visite du château de la Belle au bois dormant qui est beaucoup plus petit que ce que je pensais. L’intérieur avec ses colonnes arborées et ses vitraux m’a beaucoup fait pensé à la Sagrada Familia de Gaudi à Barcelone. Ce chateau est inspiré par les chateaux de Louis II en Bavière. Les enluminures des Très riches heures du duc de Berry ont aussi inspiré Walt Disney.

Autant Fantaisyland est un royaume européen avec ses petites tourelles, ses fontaines et la fameuse épée d’Excalibur au centre de la place, autant Main Street est le stéréotype de la petite ville américaine qui nous a fait rêver dans les BD de Lucky Luke.

Main street représente la ville natale de Walt Disney vers 1900 quand son père Elias cherchait à faire fortune à la campagne.

Les petits immeubles d’un étage de style victorien sont vraiment superbes. Je n’ai visité que le glacier et le Cable Car Bake Shop en partenariat avec la marque Kiri pour des cheese cake magnifiques.

J’ai vraiment aimé ce café décoré de A à Z avec ses compartiments en bois, on se croirait dans un train ou dans un épisode de La petite maison dans la prairie.

Ce qui m’a le plus époustouflée à Disneyland Paris c’est cette gare tout en fer forgé avec ce magnifique train d’époque qui fait le tour du parc.

J’avais déjà compris que Walt Disney vouait une passion aux trains et qu’il a crée des voies de chemins de fer dans les parcs américains qu’il a crée dans les années 1950 et 1960. J’aime Disneyland car c’est un univers artistique tout entier capable de faire rêver même les plus Grincheux.

C’est d’ailleurs un biopic à la gloire de Walt Disney qui m’a donné envie de visiter Disneyland.

En 2013, est sorti un excellent film A l’ombre de Mary qui raconte la difficile collaboration artistique entre Pamela L. Travers (Emma Thompson) et Walt Disney (Tom Hanks) dans les années 1960 en Californie.

La romancière australienne se rend aux Etats-Unis dans les studios Disney pour participer à l’adaptation en dessin animé de son roman jeunesse un peu autobiographique Mary Poppins.

Walt Disney est joué avec brio par Tom Hanks, notre Forrest Gump international. C’est bien entendu un film Disney qui montre son fondateur sous son plus beau jour. Walt Disney était un homme anxieux et colérique avec ses employés. Il a eu une enfance difficile.

Je viens de terminer la lecture de cette biographie que les éditions Perrin m’ont généreusement procuré. Ecrite par un historien du cinéma d’animation, j’ai aimé la précision documentaire pour retracer un florissant parcours.

Walt Disney, L’homme qui rêvait d’être un enfant, Olivier Cotte, Perrin, 416 pages, paru en mai 2024, 24€

On découvre à quel point Walt Disney a su constituer un empire avec son frère Roy alors qu’ils venaient d’une famille pauvre. Leur père maniait le martinet pour les faire travailler dès leur plus jeune âge, il les exploitait sans vergogne.

L’ouvrage est fort intéressant mais je l’ai trouvé bien trop technique. J’aurai vraiment aimé que cette biographie de Walt Disney explore beaucoup plus ses ressorts psychologiques comme le promettait le sous-titre : L’homme qui rêvait d’être un enfant.

Walt Disney fait partie avec Charlie Chapin, Hergé, et René Goscinny de la longue liste de mes artistes favoris pour les univers artistiques qu’ils ont crée et qui ont perduré au travers des décennies dans le monde entier. D’ailleurs, René Goscinny avait pour modèle Walt Disney. On peut dire qu’il a bien réussi car son oeuvre a lui aussi inspiré un parc à thèmes en France.

Les limites de la cash-machine : quand les produits dérivés lassent…

Je mesure la richesse picturale de Walt Disney mais je voulais aussi mentionner les ravages culturels de l’industrie Disney en matière de littérature jeunesse. Autant les dessins animés comme Vice versa sont formidables et profonds, autant les albums livres sont peu qualitatifs.

Je rencontre des institutrices de maternelle en zone d’éducation prioritaire mais aussi des éditrices qui dénoncent le manque de qualité intellectuelle des livres Disney qui ne sont que des produits dérivés et qui inondent les grandes surfaces culturelles. Disney mérite mieux.

Retrouvez mes articles consacrés à des succès littéraires pour des générations d’enfants :

Martine, icône intemporelle fête ses 70 ans à la galerie Gallimard

-Babar, l’éléphant qui a révolutionné la littérature jeunesse dans les années 1930

La féerie de l’exposition immersive Tintin à l’Atelier des lumières

Bullet journal

L’été, le moment opportun pour se planifier une pause grâce à son bullet journal

Depuis 2017, je tiens un bullet journal et curieusement, il reflète mes aspirations à lézarder au bord d’une piscine, lire de bons bouquins de manière détendue, lister tous les films de l’année que je n’ai pas eu le temps de voir.

Cette année, j’ai du mal à me projeter et faire des projets pour mes vacances mais mon cerveau commence sérieusement à s’évader.

Depuis fin mai, j’utilise à qui mieux mieux cette magnifique photo du cercle des nageurs, près de la Corniche Kennedy à Marseille car elle m’inspire beaucoup.

En 2017, pour mon premier carnet, j’ai réalisé un chouette carnet de voyage miniature. Nous sommes partis en Toscane en amoureux : à Pise, Sienne et Florence. De loin notre pire voyage en couple à cause de la chaleur et du manque d’hospitalité locale. Mais je suis bien contente d’en avoir gardé un souvenir dans mon bujo. J’ai aussi lu quatre romans de Mitch Albom durant l’été. lire beaucoup est l’un de mes grands plaisirs de l’été.

En 2020, je me souviens avoir beaucoup dessiné pendant l’été. Il faisait très chaud et on attendait avec ma fille que mon mari soit enfin en vacances pour partir en Bulgarie. Pendant sa sieste, je dessinais des verres de margarita inspirés par les dessins du compte Les astuces de Margaux. J’avais vu la série Netflix A l’ombre des magnolias. On vivait l’enfer à cause du ravalement de façade début août et on était cloitrées dans notre appartement. Une vraie fournaise.

Dessin inspiré par le compte Youtube Les astuces de Margaux

En 2021, je me suis disciplinée pour mettre en cases et en collages les 31 jours du mois d’août. Le résultat est assez satisfaisant d’un point de vue pictural mais ce n’était pas de la détente comme le dessin.

En 2022, on a fêté en famille les 90 ans de ma grand-mère Mamie Eveline sur le plateau ardéchois. Je me suis régalée à convoquer mes souvenirs d’enfance à Sagnes et Goudoulet en dessinant des sauterelles et des oeillets des Chartreux. J’ai aussi listé mes spots de baignade et les souvenirs d’été en Bulgarie avec ma petite biche de trois ans.

En 2023, j’ai réalisé une bucket list très réussi de tout ce que je souhaitai faire pour profiter de mes vacances en Bulgarie. J’ai lu au bord de la plage le dernier roman de Jodie Picoult : J’aimerai tant que tu sois là, éditions Actes Sud. J’ai été inspirée par l’univers de Wes Anderson en visitant la gare de Bourgas, la ville de naissance de mon mari.

Et que me réserve l’été 2024? Je suis en train de compiler dans mon carnet quelques pages à ce moment aussi historique que redouté : les Jeux olympiques de Paris mais aussi notre visite samedi en famille à Disneyland Paris, une première pour moi.

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Romans

Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe.

Après Un été à Nantucket et Un dernier été, Elin Hilderbrand publie un nouveau roman Hotel Nantucket. J’ai lu chacun de ses romans publiés aux éditions Les escales. Je l’ai découverte à travers les pages livres du magazine Elle.

Hôtel Nantucket, Elin Hilderbrand, Les escales, 2024, 416 pages, 23€

Je vais tenter dans cet article de vous définir en quelques lignes pourquoi les descriptions de cocktails, de petits pains au homard, et de maisons à bardeaux typiques de Nantucket me procurent autant de détente qu’un épisode de la télé réalité L’agence sur Netflix.

Le résumé du roman :

Hôtel Nantucket raconte l’histoire de Lizbet, une directrice d’hôtel d’une quarantaine d’années trahie par son mari aux yeux et au vu de toute la petite île de Nantucket. C’est une clientèle huppée et très exigeante qui constitue un entre soi de citadins fortunés de Washington, New York ou Boston. Ils possèdent des maisons de famille sur l’île depuis plusieurs générations. Ils suivent les recommandations du New York Times et autres réseaux sociaux influents pour jauger les meilleurs restaurants et autres lieux à la mode.

Lizbet va rapidement engager toute une équipe de portiers, réceptionnistes, femmes et hommes de chambre, cuisiniers pour mener à bien la mission que lui a confié Xavier Darling, un influent investisseur londonien : décrocher les cinq clés décernées par une mystérieuse blogueuse qui se rend incognito dans les plus beaux hôtels du monde.

Les trente premières pages, je reconnais que j’ai trouvé ce roman un peu superficiel avec son histoire secondaire de fantôme. Grace, femme de chambre, hante l’hôtel crée en 1920 car elle était la maîtresse du propriétaire de l’hôtel. Un troussage de domestique assez abject.

Même si le directeur était peut être amoureux d’elle, il ne l’a pas secouru. Son odieuse femme, aussi timbrée que malfaisante a laissé de manière intentionnelle une cigarette brûler dans le grenier pour éliminer la domestique.

Elle va être le témoin de tous les petits moments de vie qui se déroulent dans l’hôtel. Ils vont souvent la révolter ou la réjouir et lui apporteront une sorte de repos de l’âme.

Mon avis sur ce roman d’été plus profond qu’on ne le croit :

Qu’importe que l’équipe de l’hôtel Nantucket décroche les cinq clés dans le blog, le véritable intérêt de ce roman pour moi c’est de suivre comment ces différentes personnalités un peu torturées par la vie vont évoluer au cours de cet été ensemble.

J’ai trouvé le personnage de Lizbet peu fouillé et un peu caricatural mais on se réjouit tout de même au fil des pages du roman de la voir réussir son challenge et ainsi retrouver estime de soi et le grand amour…

Je me suis particulièrement attachée à certains personnages du roman (et oui comme en psychothérapie, je noue une alliance thérapeutique avec les personnages littéraires que je lis sinon j’abandonne ma lecture).

J’ai aimé suivre la rédemption d’Alessandra, la cupidité faite femme et celle de Chadwick, un jeune homme issu de la haute société qui a fait une énorme bêtise. Il va trouver sa planche de salut en récurant les toilettes des clients de l’hôtel et en travaillant en équipe avec les femmes de chambre de l’hôtel sous les ordres de la mystérieuse Magda English.

Il y a un beau moment de vérité quand il confronte ses parents. Ils achètent le silence de ceux envers qui Chadwick a eu un comportement répréhensible voire même irrémédiable pour ne pas entacher leur propre réputation. Elin Hilderbrand lui permet d’en arriver à la conclusion que l’argent ne procure pas tout : il ne rend pas forcément heureux.

« L’île de Nantucket est connue pour ses rues pavées et ses trottoirs de briques rouges, ses maisons en bardeaux de cèdre et ses treillis de roses, ses longues étendues de sable doré et ses vents de l’Atlantique rafraîchissants… Elle est aussi connue pour ses résidents, qui n’aiment rien tant qu’un ragot bien juteux (le paysagiste sexy qui a vécu une idylle avec l’épouse d’un magnat local de l’immobilier, ce genre de chose). Et malgré tout, aucun de nous n’était vraiment prêt au tourbillon de rumeurs qui allait déferler le jour où nous avons appris que Xavier Darling, le milliardaire londonien, investissait 30 millions de dollars dans la verrue en ruine qu’est devenu l’Hôtel Nantucket« 

Chacun des romans d’Elin Hilderbrand suit à peu près la même trame : une galerie de personnages qui semblent se détendre et s’amuser sur leur île privilégiée mais qui sont constamment en représentation, en cage à cause de leur statut social.

Voici un court résumé de deux autres romans d’Elin Hilderbrand si je vous ai convaincu de prendre le ferry pour Nantucket cet été !

Un été à Nantucket (de loin mon préféré), Le livre de poche, paru en 2021,576 pages, 9€70

Ce roman se déroule pendant l’été 1969, en pleine guerre du Vietnam. Le cadet de la famille est appelé sous les drapeaux et sa mère Kate tremble pour lui en noyant sa tristesse dans l’alcool. Elle doit cohabiter dans la maison de famille avec sa mère Exalta, un vrai dragon et ses trois filles qui vivent des chamboulements dans leur vie durant cet été.

De bons romans papier et sur liseuse, sur une belle fouta L’ornithorynque, offerte par mes cousins de Marseille pour mes trente ans.

Un dernier été, Elin Hilderbrand , paru en 2023, 448 pages, 23€

C’est un roman très contemporain qui se déroule à l’ère des réseaux sociaux. Vivian, une romancière célèbre meurt soudainement dans un accident de voiture. Elle venait de publier un nouveau roman qui évoquait son amour de jeunesse. J’ai beaucoup aimé ce roman où la défunte prend de la hauteur pour observer comment son entourage familial et professionnel surmonte sa disparition. Un roman profond qui explore les failles et l’humanité de ses personnages.

Dans un autre genre, celui de la biographie, j’ai eu un vrai coup de coeur dernièrement pour La cuisinière des Kennedy , écrit par Valérie Paturaud et publié par la même maison d’édition : Les escales.

Il raconte le parcours exceptionnel d’ Andrée Imbert, pupille de la Nation qui a vécu une ascension sociale fulgurante en travaillant au service d’Albert Camus, Michel Gallimard puis Rose et Joe Kennedy, les patriarches de cette célèbre famille.

Valérie Paturaud et Elin Hilderbrand ont en commun de valoriser cet art de vivre à l’américaine, bien différent de la France. J’aime lire ces romans et ces biographies qui se déroulent sur la côte est des Etats-Unis pour l’imaginaire de rêve qu’ils apportent depuis les années 1960 et le faste des Kennedy dans les pages de Paris Match.

Retrouvez ici d’autres idées de romans qui se déroulent aux USA:

-Maine, une maison de vacances, théâtre de rivalités familiales

-Aretha Franklin, une vie de foi face aux épreuves de la vie

BD & romans graphiques·Sociologie

Dulcie, portrait en BD d’une militante réduite au silence par un déferlement de violence.

J’ai découvert ce roman graphique à la médiathèque de Fontenay sous bois où je vis. Sa couverture rouge et son titre : Dulcie sont très efficaces. Le prénom de cette militante de l’ANC est tendre comme un bonbon et pourtant le système contre lequel elle milite n’a rien de doux.

Dulcie, Du Cap à Paris, enquête sur l’assassinat d’une militante anti-apartheid. Textes de Benoît Collombat et dessin de Grégory Mardon, Futuropolis, 304 pages, 26€

Armement nucléaire, « escadrons de la mort », attentats terroristes…, le long processus de libération de Nelson Mandela et son accession à la présidence sud-africaine le 9 mai 1994 n’a pas été un beau chemin bordé de roses pour les militants de l’ANC. D’ailleurs, Dulcie ne verra pas Nelson Mandela président car elle sera assassinée deux ans plus tôt… à Paris sous le mandat de François Mitterrand.

Quelques jours après avoir découvert cette BD à la médiathèque, je parcours les rues de la Courneuve un dimanche matin dont une qui s’appelle Dulcie September comme de nombreuses rues en France… Par curiosité, je regarde la plaque pour regarder l’âge à laquelle est morte comme tant de vieilles dames résistantes. Et là stupeur, je découvre qu’elle est morte à 52 ans, assassinée dans les années 1990 dans un quartier sécurisé de Paris.

J’ai éprouvé beaucoup de colère à ce moment là, la France ce n’est pas le Far-West ! Quelle impuissance de ne pas avoir su protéger une réfugiée politique. Mais Dulcie était-elle vraiment en sécurité en France?. Derrière l’assassinat de Dulcie September, se dessine un véritable polar géopolitique, où l’argent et le cynisme font la loi.

J’ai découvert les éditions Futuropolis en travaillant au festival du livre de Paris sur le stand des éditions du musée du Louvre, son co-éditeur. Depuis vingt ans, les musées d’art et la bande dessinée font bon ménage dans une collection.

Cela a même donné lieu à une exposition au musée de la BD à Bruxelles : Bulles de Louvre en 2022. Je vous recommande L’ile Louvre de Florent Chavouet qui raconte la vie quotidienne au musée du Louvre, une île refuge pour des millions de touristes…

Futuropolis, un éditeur engagé qui fête ses 50 ans en 2024

Je vous recommande cette maison d’édition qui est une référence BD pour moi. J’aime énormément les biographies et les récits singuliers comme il les appelle. Futuropolis c’est l’éditeur d‘Etienne Davodeau qui a dessiné et écrit Lulu femme nue porté à l’écran par Karin Viard… J’ai bien envie de lire Jesse Owens, des miles et des miles de Gradimir Smudja.

Enfin, écrire cette chronique de BD sur le militantisme d’une femme contre l’apartheid m’a paru important dans le contexte politique très clivant que nous vivons actuellement.

J’avais envie de lister les différentes BD et romans graphiques qui ont nourri mon rejet de la xénophobie, des idées mortifères où les étrangers et les chômeurs sont pris pour les boucs émissaires … C’est le rôle de la BD de nourrir notre intelligence et notre esprit critique…

Missak et Méliné Manouchian, reconnus par la nation pour leur résistance face à la haine.

Retour à Ravensbruck, le récit de déportation de Ginette Kolinka qui m’a émue aux larmes

Guernica, un plaidoyer pour la paix en BD

Droits réservés La boite à bulles
Biographies et autobiographies·Romans

A table avec les Kennedy, Albert Camus, Michel Gallimard en attendant les bons plats d’Andrée Imbert…

Cette semaine, j’ai dévoré en quelques jours le roman historique qui retrace le parcours d’Andrée Imbert, pupille de la Nation et cuisinière de la haute société française et américaine.

J’aime beaucoup les romans des éditions Les escales. J’avais lu auparavant Un dernier été et aussi Un été à Nantucket d‘Elin Hilderbrand qui évoque aussi un fait divers concernant le sénateur Ted Kennedy à Nantucket en 1969.

J’en profite pour remercier les éditions Les escales de m’avoir permis de lire ce nouveau roman en service de presse, sous format numérique. Gérard Collard, libraire de La griffe noire à Saint Maur les fossés décrit ce livre comme le roman de l’année et je suis bien d’accord avec lui.

La cuisinière des Kennedy, Valérie Paturaud, 350 pages, avril 2024, 21 euros.

Andrée a servi la famille Berliet à Lyon, des riches industriels qui ont une superbe villa Art nouveau, puis Albert Camus et Michel Gallimard à Paris mais aussi sur la Côte d’Azur. Après guerre, elle travaille pour une famille américaine très sympathique : les Rogers qui lui proposent de partir vivre en Amérique avec eux.

Andrée est tiraillée car elle a une fille Madeleine qui va par la suite devenir mère elle aussi. Mais n’écoutant que son coeur qui lui dicte de tenter sa chance, elle accepte de rejoindre les Etats-Unis. La suite de sa vie sera extraordinaire car elle va ensuite entrer au service de Joe et Rose Kennedy, amis proches des Rogers.

Inutile de présenter cette illustre famille qui va avoir une influence déterminante sur la politique aux Etats Unis entre 1950 et 1990. Andrée va intégrer cette famille secouée par des drames terribles en la cajolant par de bons plats français et en prenant soin des enfants de la famille comme si c’était les siens.

Cette famille saura lui montrer tout son amour et sa reconnaissance en lui donnant une généreuse rente à sa retraite et en se débrouillant pour fleurir sa tombe dans le petit cimetière d’un village drômois.

Mon avis sur ce roman historique :

J’ai énormément aimé ce roman très bien écrit par Valérie Paturaud. Il compte 352 pages mais ne parle de son départ chez les Kennedy qu’à partir des cent vingt pages du livre. C’est peu dire de son parcours déjà exceptionnel en France.

Andrée est un bébé abandonné qui ne connait pas ses parents quand elle nait en 1907 à Marseille. J’ai beaucoup aimé la description pour expliquer comment l’Etat s’occupait des enfants abandonnés au début du 20eme siècle. On se croirait dans le film Pupille de Jeanne Hery.

Je reconnais que j’ai sauté quelques chapitres de son enfance et son adolescence dans la campagne drômoise car je trouvais cela un peu longuet. Mais j’ai été captivée par ma lecture quand Andrée prend sa fille sous le bras pour quitter son mari un peu soulard et peu aventurier pour travailler dans un restaurant à Lyon.

Sa fille va vouloir retourner vivre à Venterol, dans sa campagne auprès de son père car ce qu’elle connait la rassure alors qu’Andrée veut vivre une grande aventure. Elle s’imagine fille de marin pour mieux expliquer ses aspirations.

L’intérêt de ce roman est de montrer le décalage culturel entre la France et les Etats dans les années 1950 à travers cette famille mythique qui fait rêver le monde entier dans les pages sur papier glacé de Paris-Match. Andrée ne peut s’empêcher de trouver sa fille mal fagotée quand elle côtoie les filles et les belles-filles de Rose Kennedy à Hyannis port.

Rose Kennedy est l’un des personnages principaux de ce roman avec le sénateur Ted Kennedy et aussi en filigrane, Joe le patriarche de la famille. Andrée voue à ses patrons une admiration et une reconnaissance sans bornes. Même si elle juge Rose Kennedy sacrément dure avec les écarts et les faiblesses de ses enfants quand ils devient du droit chemin de la religion.

C’est un roman totalement hagiographique avec la famille Kennedy. Valérie Paturaud ne parle pas des mauvais côtés de Joe Kennedy et de ses accointances avec la mafia. Cette biographie est romancée à partir des archives de la famille d’Andrée Imbert. Mais les lettres et les photographies le prouvent, une belle relation dépassant les rapports hiérarchiques s’est nouée entre la famille de Ted Kennedy et Andrée Imbert.

Le dernier chapitre où les enfants de Ted Kennedy rendent visite à leur ancienne nounou en France est très touchant. C’est un bon roman qui sera être une belle détente pour vous cet été. Il raconte le parcours d’une femme partie de rien qui a cru en ses rêves et en son talent.

J’ai été très touchée par le processus d’écriture de ce livre. L’auteure Valérie Paturaud habite dans le sud de la Drôme. Elle s’est retrouvée dans un diner d’amis avec de nouvelles connaissances dont une des convives qui lui a parlé d’une famille drômoise.

L’importance de conserver les photographies et les lettres pour se constituer une mémoire familiale
Les souvenirs de ma propre famille

Les petits-enfants d’Andrée Imbert lui ont confié tout un carton avec des photographies, des lettres qui ont constitué la matière première pour écrire cette biographie très romanesque.

Moi même, j’ai retrouvé grâce à mes parents ce printemps la carte de rationnement de ma grand-mère quand elle est partie avec sa famille sur les routes de l’exode en juin 1940 mais aussi ses photographies de jeunesse.

C’était très émouvant de découvrir ses aspirations quand elle avait vingt ans et de beaucoup m’y reconnaître : son goût pour les vêtements à la mode qui donnent de l’allure, aller à Trouville avec ses amis, vibrer pour la chanson française et être dans les endroits qui comptent.

Cette Andrée Imbert m’a beaucoup fait pensé à ma grand-mère Annette pour son envie de réussir et de fréquenter des endroits raffinés où le rêve est possible.

Andrée Imbert continue de nous enchanter avec son parcours extraordinaire.

Cathleen Clarity, une cheffe américaine a cuisiné la soixantaine de recettes d’Andrée réunissant le patrimoine culinaire de la Drôme, des bouchons lyonnais, de la Provence, de la Floride selon les lieux de villégiature de ses différents patrons : la Riviera française, Palm Beach, Hyannis Port…

La cuisinière des Kennedy, Cathleen Clarity, éditions Solar, 175 pages, 9782263192029, 29,90€

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L’histoire et l’atmosphère de Roland-Garros : le charme de Paris ensoleillé un jeudi de juin..

La statue de Suzanne Lenglen devant le cours qui porte son nom

J’habite à Paris depuis bientôt dix-neuf ans et je n’avais jamais eu l’occasion d’assister au tournoi de Roland-Garros. Je remercie énormément la personne qui nous a offert ses trois places vacantes quand elle est venue à notre bureau. J’y suis allée avec mes deux collègues Jonas et Ana, c’était une journée inoubliable et ensoleillée.

On est arrivés tôt le matin vers 10 heures, porte 20 en entrant par le Pavillon des princes et où l’on a déjeuné comme des rois à midi tapantes pour pouvoir rapidement rejoindre le court Philippe Chatrier.

Comme au jardin d’acclimatation ou au Pré catalan, on a classé ces pavillons de garde en brique de style néo-renaissance. C’est la maison Sarah Lavoine qui a décoré ce restaurant tenu par le traiteur Gusté.

Nous avons visité les allées de Roland Garros avant que la foule n’arrive, au milieu des clubs de tennis et des petits ramasseurs de balles qui se préparaient. Les joueurs de tennis handisport m’ont vraiment bluffé.

Pendant trois semaines qui comprennent les qualifications et les tableaux principaux, 600 000 visiteurs vont fréquenter les allées de Roland Garros, un record de fréquentation battu en 2024. Ce sont des sessions à la journée ou à la soirée. Les prix des billets évoluent de 55 à 450 euros pour le cours Philippe Chatrier.

Au coeur d’un quartier privilégié et aisé qui développe les infrastructures sportives : le parc des Princes, la piscine Molitor durant les années 1920.

Je ne suis pas une inconditionnelle de tennis, mais j’ai une vraie passion pour le patrimoine parisien. Roland-Garros se situe à cheval entre Boulogne-Billancourt et le 16eme arrondissement, non loin des serres d’Auteuil et du bois de Boulogne.

Le vieux village d’Auteuil est le lieu de résidence des ultra-privilégiés, toute fois accessible par les lignes 9 et 10 du métropolitain. Je compte bien aller profiter de la magnifique piscine Molitor un jour, dans le même quartier.

Roland-Garros, c’est un espace de 15 hectares mais sacrément urbanisé avec des grillages de partout pour contenir la foule et des petits comptoirs de produits dérivés de partout.

Les courts de tennis sont gigantesques à l’image du court Suzanne Lenglen et surtout le court central qui ressemble à un immeuble. C’est à la fois vaste et très étriqué comme lieu. La faute à l’urbanisation galopante des années 1970 avec ces parkings et ces bretelles du périphérique qui entourent Roland-Garros.

La mythique piscine des années folles inaugurée par Johnny Weissmuller, en 1929

Roland Garros n’était pas un tennisman mais un aviateur réunionnais. C’est le premier homme a avoir traversé la Méditerranée en 1913, un héros de la première guerre mondiale.

Son ami Emile Lesieur à l’initiative de la construction du stade pour la coupe Davis en 1928 a tenu à donner son nom aux Internationaux de France pour perpétuer sa mémoire.

Un musée vivant qui entretient sa légende

Je vous recommande la visite du petit musée du tennis avec les premières chaussures de tennis vers 1910, les photographies en noir et blanc des Mousquetaires, l’hélice de l’avion de Roland Garros mais aussi les raquettes en bois , les coupes et les médailles…

J’ai appris que Yannick Noah, grand gagnant du tournoi en 1983 avait été le dernier joueur à utiliser une raquette en bois.

Dommage que ce petit musée en sous sol ne soit pas plus développé car deux siècles de sport avec tout l’impact de l’Histoire, de la mode, on peut en faire des expositions marquantes. J’ai eu le même regret en visitant l’usine Menier à Noisiel, à moitié abandonnée par Nestlé…

D’ailleurs, la force de ce lieu est d’entretenir la mémoire des légendes passées et actuelles du tournois : des statues de Suzanne Lenglen mais aussi de Rafa Nadal, des quatre Mousquetaires : Brugnon, Borotra, Cochet et Lacoste.

René Lacoste surnommé le crocodile à cause de son agilité au tennis a crée sa marque de vêtements en prenant sa retraite sportive en 1933. Quatre-vingt dix ans plus tard, ses polos plaisent aussi bien aux rappeurs du 9-3 qu’aux cadres BCBG d’Auteuil/Neuilly/ Passy, un quartier où ce n’est pas du gateau (sic).

Le tournoi de Roland-Garros est bientôt centenaire, c’est un remarquable cas d’école de réussite marketing. Tout est beau et propret, rien n’est laissé au hasard. Les arbitres et les petits ramasseurs et ramasseuses de balles sont tous habillés par Lacoste. Perrier fournit le mobilier urbain pour les arbitres et les joueurs…

La ruée vers l’ocre : toute une industrie des relations publiques fourmille ici

Ce tournoi de tennis est aussi un évènement mondain international qui prend le relais sur le festival de Cannes. Pas besoin d’être un expert en tennis, l’important est d’être vu. Roland Garros c’est aussi un défilé de mode aussi bien sur le court que dans les tribunes.

Le court Suzanne Lenglen aura bientôt un toit couvrant d’ici quelques années et la toiture s’inspire des plis de la jupe de la fameuse tenniswoman du début du siècle dernier.

Et puis c’était très malin de sortir le film Challengers avec Zendaya juste avant les tournois de Rome et de Roland-Garros.

Jeudi après midi, j’ai assisté à la demie-finale femmes entre la numéro mondiale Iga Swiatek et l’Américaine Coco Gauff. Même si elle a perdu, avantage Gauff pour la tenue vestimentaire.

Crédit: Getty Images

Roland-Garros est un tournoi du Grand chelem couvert par plus de 1500 journalistes, diffusé sur les cinq continents. C’est vraiment impressionnant de voir les bureaux des journalistes du monde entier sur l’un des côtés du cours Philippe Chatrier.

Le tennis, le sport privilégié des cols blancs où le silence est de mise dans le court.

Surement qu’au Stade de France, il y a surement le même genre de caméra qui traverse le stade grâce à des filins en diagonale. Mais l’ambiance sur un court de tennis est beaucoup plus intimiste. L’arbitre demande aux 15000 spectateurs de se taire pour laisser les joueurs se concentrer. Chose impensable pour un match de foot ou de rugby.

Et puis, Roland-Garros emploie pendant trois semaines près de 10 000 personnes qui exercent plus de 92 métiers différents : analyser chaque point de jeu pour les paris en ligne, balayer les lignes de terre battue, calligraphier à la main le tableau des matches pour le simple dame, préparer la terre battue tous les jours…

Certes, le prix des billets est onéreux mais l’organisation et la logistique de ce tournoi du grand Chelem est vraiment au top. C’est une expérience à vivre et je me réjouis d’avoir pu vous en faire part à travers ce sacré long billet de blog.

Pendant les pauses entre les matchs, j’ai lu ce chouette livre :

Le sport à l’image de la foi, collection La Bible tout en nuances, éditions Bibli’o, témoignage de Joël Abati, médaillé olympique de handball et l’éclairage biblique de Emile Nicole, théologien, 13 euros.

Aujourd’hui c’est la finale du simple dames à Roland Garros et l’occasion de se remémorer la victoire de la franco-américaine Mary Pierce en 2000.

Musique·Sociologie

Eblouie par le phénomène Taylor Swift sans connaître une seule de ses chansons…

Ce printemps au festival du livre de Paris, j’ai été attirée par le stand des éditions Fleurus et sa collection young adult Anthelion.

Il s’agit d’un nouveau label destiné à la génération Z (Livres Hebdo du 4 mars 2024) qui inaugure sa ligne éditoriale avec trois ouvrages dédiés à Taylor Swift : un beau livre de ses plus belles tenues, un livre de coloriages et de jeux ainsi qu’un guide.

Les éditions Fleurus ont su capter l’engouement de milliers de jeunes filles qui s’échangent des bracelets d’amitié à la Défense et viennent avec leurs plus belles tenues pailletées, santiags inclues.

Moi même, je suis allée acheter des perles avec des lettres chez Sostrene Grene pour faire un bracelet d’amitié pour la maîtresse de maternelle de ma fille pour le cadeau de fin d’année.

Un mois plus tard, Tay-tay subjuguait Paris et la France avec une série de concerts somptueux.

Des shows qui duraient plus de 3 heures avec plus de 46 chansons issus de ses onze albums. Les places de concert sont onéreuses mais bien moins chères qu’aux Etats-Unis puisque 20% du public étaient ses compatriotes.

Son triomphe avec le Eras tour est le fruit de longues années de travail, ponctuées d’échecs. En 2011, elle n’avait pas rempli le Zénith de Paris. La force des réseaux sociaux est indéniable, ils ont crée une véritable communauté planétaire autour de ses chansons.

Mais le raz de marée Taylor Swift s’explique aussi par son professionnalisme et son talent inouï : c’est une véritable musicienne qui compose elle même ses textes et ses mélodies. Elle parcourt les Etats-Unis depuis ses douze ans avec sa petite guitare Gibson (ils ont d’ailleurs crée toute une gamme très féminine autour de son nom). Elle a même convaincu ses parents de venir vivre à Nashville, la capitale du country à ses seize ans.

Taylor Swift lors de sa tournée The Eras Tour à Inglewood, Californie. – Michael Tran / AFP

Pour moi Taylor Swift est l’héritière de Johnny Cash et d’Elvis Priestley. J’ai bien envie d’aller visiter Nashville un jour. Le country est vraiment un symbole de l’identité américaine. J’aime énormément le nouveau titre de Beyoncé : Texas Hold’ em dans l’album Cowboy Carter.

Il y a d’ailleurs une grande solidarité féminine entre Beyoncé et Taylor Swift. En 2009, lors d’une remise des prix, Beyoncé a invité Taylor Swift à finir son discours de remerciements interrompu l’année précédente par un rappeur tout à fait indélicat.

Je vous recommande le documentaire Miss americana sur Netflix qui détaille le parcours de Taylor Swift depuis son adolescence avec des images d’archives. Elle retrouve ses journaux intimes où elle y confiait ses rêves de devenir artiste. On la voit en compagnie de sa mère, son chat dans son jet privé…

Les moments les plus intéressants de ce documentaire sont ceux dans son studio d’enregistrement. Avec son parolier, elle compose ses chansons. Je connais toujours pas les tubes de Taylor Swift comme je connais Flowers de Miley Cyrus ou Run the world de Beyoncé

Mais grâce à ce documentaire, j’ai compris combien les jeunes filles du monde entier peuvent s’identifier aux paroles profondes et introspectives de cette musicienne de talent. Elle sait capter les rêves et les défis de milliers de femmes de sa génération.

Enfin, j’aime énormément les biopics d’artistes pour voir les coulisses de leurs carrières, comment une de leurs chansons a constitué un tournant dans leurs vies. Je vous recommande le film Walk the line. Il retrace la vie de June Carter et Johnny Cash, deux grandes célébrités country de Nashville.

Rappelons que Taylor Swift est une artiste qui a su se renouveler et bâtir une carrière extraordinaire. Elle a même dépassé les records des Beatles et de Michael Jackson. On a critiqué sa jeunesse, elle a été humiliée publiquement par les journalistes sur ses relations sentimentales, ses positions politiques … et pourtant elle domine l’industrie musicale mondiale.

©AFP – CHRIS DELMAS

C’est une industrie qui porte aux nues les chanteuses mais qui ne leur fait pas de cadeaux quand elles doutent ou traversent une mauvaise passe. J’ai lu l’autobiographie de Britney Spears, La femme en moi de JC Lattes. Elle a pris sa retraite à quarante ans, écœurée par cette industrie et une famille dysfonctionnelle qui l’enfonce plus dans ses problèmes de santé mentale que de la soutenir.

A travers ce documentaire, j’ai trouvé que Taylor Swift avait un sacré mental pour vivre cette notoriété envahissante qui ne doit pas être géniale tous les jours. Elle confesse avoir des troubles alimentaires et cesser de manger quand on l’a prend trop souvent en photo et que les médias font des projections idiotes sur sa silhouette.

Quel sera l’avenir de Taylor Swift ? Est ce qu’elle continuera à parcourir le monde avec des shows si exigeants? Dans un extrait du documentaire Miss Americana, elle parle avec une de ses amies d’enfance de la maternité d’une copine à elles. Taylor Swift a organisé sa vie autour des concerts comme elle l’indique dans Paris Match du 16 au 22 mai 2024.

Est ce qu’un jour la vie de scène sera toujours aussi exaltante ?.

Dans ce blog, j’ai pensé à une rubrique qui me tient beaucoup à coeur : Toute la musique que j’aime pour décrire les univers des artistes que j’aime et pourquoi ils sont connus dans le monde entier.

-Hommage à Jane Birkin, la meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg

Stromae en dix coups d’éclats

-Pagny raconté par Florent

Cinéma·Sociologie

Un petit miracle : les gens reviennent au cinéma kiffer avec Artus et ses copains

Comme quatre millions de Français, je me dépêchée d’aller voir Un petit truc en plus au cinéma ce week-end. La plupart de mes collègues l’ont déjà vu et le bouche à oreille a joué son merveilleux et efficace rôle de prescription.

Le résumé du film :

Pour échapper à la police, un fils et son père en cavale sont contraints de trouver refuge dans une colonie de vacances pour jeunes adultes en situation de handicap, se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé. Le début des ennuis et d’une formidable expérience humaine qui va les changer à jamais.

Il y a plein de comédies sympas qui sortent sur les écrans : Chasse gardée, Ici et là-bas et pourtant le film d’Artus a un petit truc en plus (elle était facile, c’est vrai).

Je parlerai peu du film en lui même car je pense que la France entière connait un peu l’intrigue du film. J’avais surtout envie de parler du phénomène autour de ce film. C’est un film réconfortant en cette actualité effroyable et pesante.

On sent dans son discours l’envie de faire changer les perceptions collectives sur les handicapés aussi bien physiques que mentaux. J’ai lu dans le dossier de presse du film que quand il avait une dizaine d’années, il avait invité un de ses copains de classe autiste, à son anniversaire. La maman lui avait téléphoné pour s’assurer qu’il invitait son fils pour de bonnes raisons car elle craignait qu’on ne se moque de lui une fois de plus.

Ce film symbolise aussi la revanche de certains parents d’adultes trisomiques comme la maman d’Arnaud, un des acteurs du film. Arnaud travaille comme équipier au café Joyeux, il a 45 ans. Mais dans les années 1980-1990, ses parents ont subi les regards malveillants au restaurant, quand on s’arrête de manger et qu’on se donne un petit coup de coude car un enfant trisomique entre dans la salle.

Heureusement que la société française a beaucoup évolué depuis avec la création des Cafés Joyeux, l’émission Les rencontres du papotin ou encore le film Le huitième jour qui a reçu le prix d’interprétation masculine attribué à Daniel Auteuil et Pascal Duquenne en 1996.

Cette troupe de comédiens accompagnés de leurs éducateurs et de leurs parents sur le tournage ont réalisé quelque chose de grand. Ils ont appris leur texte avec une oreille ou selon la technique du perroquet alors qu’ils ont des difficultés d’élocution et que ça n’est pas leur métier. Mieux, ils ont remis au goût du jour une chanson aux paroles un peu idiotes mais sacrément sympa quand on part en colo !

Je pense que la spontanéité exprimée, le joyeux bazar et le fait de kiffer simplement leur réussite sur les marches du festival de Cannes a été leur meilleure carte pour donner envie aux spectateurs d’aller voir ce film. Ils sont beaucoup plus souriants que toutes ces stars impassibles qui contrôlent leur image.

Ce film est un petit miracle, une belle expérience humaine collective. On sent que les acteurs principaux : Artus Belaïdi, Clovis Cornillac pourtant habitués aux rouages du cinéma français ont vécu une aventure exceptionnelle bien plus intense que les films dans lesquels ils ont l’habitude de jouer.

Cette intensité émotionnelle se retrouve aussi dans les salles de cinéma : des gens qui ne se connaissent pas rient ensemble. On a applaudit l’équipe à la fin du film. Certes, les Français sont des râleurs mais quand on leur propose des comédies qui touchent au coeur, ils sont touchés. J’ai vécu une expérience similaire en allant voir au cinéma Intouchables ou Envole-moi.

Enfin, j’ai été personnellement touchée par ce film car il a été tourné à Valence, la ville dont je viens et le Vercors, que j’aime particulièrement. La fameuse route des Goulets est assez éprouvante en car. Le gîte sur les hauteurs est superbe, cela m’a rappelé mes colos chrétiennes quand j’étais collégienne. Surtout quand on leur sert des plâtrées de lasagnes peu ragoutantes.

Je suis même arrivée à convaincre mes parents d’aller au cinéma voir le film cette semaine. On souhaite à toute cette équipe de franchir le cap des dix millions de spectateurs. Ce serait une réussite bien méritée.

Retrouvez-ici mes précédents articles qui parlent de la trisomie 21 et comment la société doit changer son regard pour être à la page.

-L’extraordinaire Marcel, témoignage d’une famille qui a médiatisé son quotidien pour encourager les autres parents d’enfants porteurs de trisomie 21

Mongolien toi même, Chronique de la BD Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé

La différence invisible, chronique de l’autisme Asperger

-Une autre forme de convivialité, bien plus authentique au café Joyeux Opéra.