Romans

Lire un bon livre, mon meilleur remède pour fuir la canicule

Plus il fait chaud, plus je lis des romans. C’est un excellent moyen de s’évader dans la rame de transports qui ressemble à une étuve. Et puis contrairement aux smartphones ou aux ordinateurs pour regarder un film, le livre ne surchauffe pas. Revenons aux fondamentaux !.

Grâce à mon métier (assistante de rédaction dans un média national), je trie une vingtaine de livres par jour et donc j’ai la vraie chance de découvrir une grande partie de la production littéraire avant parution.

Les dangers des thématiques littéraires morbides en 2026

Je déplore tout de même un manque d’originalité des thématiques littéraires : les abus de toutes sortes dans les familles, les cosy murders alors que les homicides n’ont rien de cosy… Oui la société est sinistre et révoltante mais la littérature doit nous permettre de nous évader, d’élever notre esprit voire notre âme.

Je ressens une grande colère envers ces romans écrits à la va-vite dans le sillage du best-seller La femme du ménage qui incite à la suspicion et brise à petits feux le lien social dont nous avons tant besoin pour faire société.

J’ai eu une belle surprise avec ce premier roman Où est Paula ? publié par la maison d’édition suisse Favre, à mi-chemin entre le roman policier de qualité et le feel-good.

Où est Paula, Déborah Porret, éditions Favre, 312 pages, 9782828923570, grand format, 20€

Le résumé :

Quatre inconnus. Une femme de ménage disparue. Une enquête qui va tout changer.

Amandine, maman au bord de l’épuisement, Julia, bourgeoise énergique, Valentin, retraité solitaire, et Zoé, jeune directrice d’hôtel ambitieuse, n’ont rien en commun… si ce n’est leur femme de ménage, Paula.

Lorsqu’elle disparaît sans explication, ce groupe mal assorti décide d’unir ses forces et de partir à sa recherche. Rapidement, ils se rendent compte qu’ils ne savent presque rien de cette femme fiable et discrète, présence indispensable dans leur quotidien.

D’abord méfiants les uns envers les autres, ils vont peu à peu dévoiler leurs failles et en découvrir autant sur eux-mêmes que sur l’histoire de Paula. Il en naîtra une amitié inattendue, de celles qui transforment et réorientent les trajectoires.

Qui est l’auteure ?

Deborah Porret est diplômée en relations internationales. Après des stages dans le journalisme et au sein de l’administration fédérale, elle a travaillé pour de grands groupes dans les domaines de la communication et des relations institutionnelles. Elle a également travaillé et vécu dans cinq pays.

Polyglotte et grande lectrice, elle aime raconter des histoires qui permettent de s’évader tout en abordant des thématiques qui nous touchent tous. Ce premier roman permet de découvrir son talent pour les dialogues et sa sensibilité pour l’humain.

Mon avis :

Je le reconnais j’avais de sacrés préjugés en commençant cette lecture. Tout d’abord, la couverture ultra marketée n’augurait rien de bon. Et pourtant, elle a été efficace car elle m’a tout de même convaincue de lire ce roman. J’aime bien les romans choraux qui parlent d’un métier qui valorise le lien social.

Ce roman reprend des grosses ficelles que l’on retrouve dans de nombreux feel-good : le mari adultère, la mère de famille qui s’est oubliée en chemin, la fille dévouée à sa carrière qui a peur de s’attacher à un homme. Mais ce roman m’a convaincu car l’auteure a su humaniser ses personnages, on s’attache à eux même s’ils paraissent caricaturaux au début.

Enfin, j’ai beaucoup aimé ce premier roman car il parle du soutien conjugal inégal quand on vit une chimiothérapie éreintante pour le corps et la confiance en soi. De tous les romans que je vois passer chaque jour dans les colis que nous recevons, peu traitent de ce thème qui est pourtant la réalité de beaucoup de femmes. Une femme sur cinq est quittée par son conjoint quand elle souffre d’un cancer.

J’ai également lu Des choux et des reines de Katherine Pancol, éditions Albin Michel, 192 pages, 9782226512499, 19€90.

C’est l’histoire d’une femme brisée qui saisit sa chance de fuir l’emprise d’un affreux jojo qui la fait suivre par un de ses sbires. J’ai bien aimé l’innovation narrative de l’auteure qui a écrit un texte incisif et efficace.

L’écriture de Katherine Pancol a été une bonne surprise même si le sujet du livre n’est pas des plus joyeux.

Romans

Felicità, un roman savoureux comme un bon Spritz avant l’arrivée de l’été

Félicità est le second roman de Serena Giuliano que je lis après Luna. J’ai lu ses romans quand j’avais la grippe en février lors de mes deux visites chez le médecin . Ils m’ont bien changé les idées quand je dormais six nuits de suite par intervalle de 30 minutes . La littérature sert aussi à ça !

Je remercie chaleureusement Naïma et Anne-Laure des éditions Robert Laffont qui m’ont envoyé ce livre en service de presse. En fin d’article, vous pourrez retrouver les chroniques des trois autres romans de Robert Laffont que j’ai eu la joie de chroniquer dans ce blog.

Felicità, Serena Giuliano, éditions Robert Laffont,  9782221272329, 208 pages, 18.90. Sortie le 7 mars 2024.

Felicità raconte l’histoire d’une femme trentenaire, Valentina dite Vale qui tente de reprendre sa routine de wedding planner après un deuil qui a anéanti sa vie.

Elle est épaulée par son équipe dont font partie ses assistantes, sa chef traiteur Laura qui va devenir une amie et une confidente, son fleuriste…

Elle travaille dans la région de Milan et parcourt les plus beaux endroits d’Italie pour organiser des mariages somptueux dans les plus beaux endroits comme le lac de Côme par exemple.

Ce roman va raconter le déroulé cocasse de trois cérémonies de mariage bien différentes mais le mariage n’est pas le thème principal de ce roman. Ce roman raconte un deuil, celui d’une amie d’enfance partie bien trop tôt, laissant derrière elle un jeune veuf et une petite fille en bas âge. Ces trois là vont se soutenir dans l’épreuve d’une manière fort émouvante.

Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman c’est la description de deux Italie bien différentes : Milan, au nord, très sophistiquée et individualiste, la Sicile au Sud bien plus traditionnelle et collective mais aussi très intrusive là où il n’ y pas de raison de chercher scandale.

J’ai bien aimé cette lecture mais je n’ai pas ressenti un attachement fou pour les personnages du roman. Felicità reste un roman feel-good bien écrit mais avec des codes marketing un peu trop poussés. Les romans de Serena Giuliano montrent avec leurs couvertures une Italie de carte postale (cela fonctionne très bien avec moi), les titres de ses romans font référence à des chansons populaires comme Felicità, Sara perche ti amo…

C’est une bonne lecture pour cet été au bord de la piscine avec un bon Spritz. Mais j’ai trouvé que les personnages du roman étaient présentés de manière trop caricaturale, en surface…

Je trouve plus mon compte avec les romans de Marie Vareille, éditions Charleston ou ceux dElin Hilderbrand, éditions Les escales où je trouve les portraits psychologiques des personnages beaucoup plus travaillés.

Félicità, cette belle carte postale littéraire m’a donné vraiment envie de lister dans ce blog, mes plus beaux coups de coeur romans en fonction de l’argument géographique pour lire .

La dernière conquête du major Petitgrew, éditions 10/18 : une belle histoire d’amour de deux seniors que tout oppose dans une petite ville balnéaire du Sussex. Nul besoin de prendre l’Eurostar pour vivre un beau voyage en Angleterre.

Bienvenue dans la charmante pension de Cécilia Duenas, éditions Nami : Un feel good un peu déjanté qui révolutionne un peu les codes du feel good avec des situations cocasses et des retournements de situations passionnants à lire. Ce roman m’a donné envie de retourner à Madrid en hiver.

Désenchantées de Marie Vareille, éditions Charleston : Ce roman d’amitié se déroule dans une petite ville imaginaire de la Côte d’Opale, au bord de la Manche. C’est sans nulle doute ce roman qui m’a décidé à visiter le week-end dernier Boulogne sur mer, la ville natale de mon grand-père.

Un été à Nantucket, Elin Hilderbrand, éditions des Escales : J’ai découvert cette auteure grâce au magazine Elle et ses romans m’ont vraiment fait rêver de la côte Est. J’avais aussi beaucoup aimé les romans de J.C Sullivan qui se déroulent dans le Maine et la région de Boston.

Retrouvez ici les précédentes chroniques des livres aux éditions Robert Laffont

-Une reine, être une femme dans le mellah de Casablanca dans les années 1930

-Dix-neuf, marches, un roman young adult efficace pour témoigner du Blitz à Londres aux nouvelles générations.

-L’âge bête, un journal intime d’une adolescente des années 1990

Romans

Il ne faut jamais se fier à ses idées reçues. Mon coup de cœur pour La petite librairie des cœurs brisés.

J’ai emprunté à ma nouvelle médiathèque municipale, un pavé littéraire qui ne payait pas de mine mais la chronique de Fiona du blog My pretty books m’avait convaincue de le lire. Il se trouve que mon amie Alix m’a signalé l’avoir mis dans sa PAL quand elle est venue gentiment me ravitailler de galette des rois et de pétillant pomme rhubarbe.

La prescription par ses pairs lectrices est donc beaucoup plus efficace qu’un titre faiblard et une couverture moche. Cela m’a donné une leçon quand je dénigre un peu trop rapidement un feel good book en librairie ou en bibliothèque.

J’ai passé un très agréable moment de lecture dans le métro et dans mon lit ce week-end. Ce roman m’a bien divertie face au couvre-feu bien déprimant, au froid et à notre confinement dans deux chambres de notre appartement en rénovation.

Le résumé :

C’est une histoire de rivalité entre un aristocrate oisif Sébastian et une jeune libraire londonienne Posy. Elle tire un peu le diable par la queue depuis la mort de ses parents qui tenaient la librairie et le salon de thé. La propriétaire du lieu, Lavinia a pris sous son aile Posy. A sa mort, elle décide de lui léguer l’endroit mais lui propose une association professionnelle très déroutante : faire équipe avec Sebastian pour que la librairie redécolle comme au bon vieux temps des soeurs Mitford.

Cependant, ils n’ont pas du tout les mêmes aspirations littéraires : il veut se spécialiser dans le roman policier. Elle ne jure que par la romance. C’est un roman très contemporain sur Londres et sa gentrification inévitable. Il raconte en quoi un groupe de trentenaires cherche désespérément le véritable amour avec une sacrée dose de méfiance et de cynisme.

Mon avis :

D’un point de vue stylistique, ce n’est pas un chef-d’œuvre littéraire mais au moins, je n’ai pas baillé d’ennui. J’abandonne vite toute lecture lénifiante de toute manière. Comme Helen Fielding, l’auteure Annie Darling s’inspire largement d’Orgueil et préjugés de Jane Austen. Mais c’est assez agréable à lire, je ne jugerai pas ça comme du plagiat mais bien comme des références à un patrimoine littéraire anglais bien valorisé. Ce premier roman adresse une véritable déclaration d’amour aux librairies de centre-ville. A la fin du roman, l’auteure dresse une liste de ses cinq librairies favorites en Europe.

J’ai accroché à cette histoire car je suis moi-même libraire et la restructuration de sa boutique est passionnante. On a envie que cela marche et que Posy gagne son pari. Elle a un prénom un peu nunuche, se laisse marcher sur les pieds avec un rustre qui l’appelle Tignasse à tout bout de champs et qui moque continuellement son apparence physique décontractée. Mais elle a une véritable expertise de libraire et elle me plaît pour ça. Elle a compris que les gens ont besoin de rêver au grand amour à travers les livres pour se réconforter des sales coups bas que peuvent leur faire un crush potentiel sur les sites de rencontres.

Annie Darling a un vrai don pour retranscrire en littérature le processus de deuil et les émotions contradictoires. Les portraits psychologiques de Posy et Nina sont les plus intéressants. Même Sebastian m’a donné matière à réflexion.

Je me suis questionnée sur ce qui fait le charme d’un homme. Il est visiblement très beau, s’habille avec goût et fait chavirer Posy avec des effluves luxueuses. Mais il est vraiment irritant et n’écoute rien de ce que Posy lui dit. Comme quoi, de beaux abdominaux, ça ne suffit pas ! Ce n’est que lorsqu’il baisse la garde et montre ses fêlures qu’il est le plus intéressant et cela fait avancer l’histoire.

Il est fréquent que je chronique dans ce blog des séries, des films et des romans anglais. Ces British sont doués pour nous vendre du rêve et de la féerie alors que nous Français, avons des proses de syndicalistes bourrus où ça s’engueule à table en famille. Ce roman m’a fait penser au film Last Christmas qui se déroule dans une boutique de décorations de Noël.

Ma note : 5 sardines

Cela faisait un sacré moment que je n’avais pas donné une très bonne note à un roman. Même sans grande verve littéraire, il a complètement fait le job : me divertir pendant tout un week-end pas funky et des trajets en RER quotidiens. Même si certaines scènes étaient cousues de fil blanc, je me suis bien régalée à lire cette histoire de librairie.

Il ne faut jamais se fier à ses propres idées préconçues, c’est le bal littéraire des sardines qui vous le dit !