Cinéma·Foi chrétienne

Le film d’animation David : la preuve adressée aux enfants qu’une foi indestructible en Dieu peut neutraliser tous les Goliath dans nos vies

Depuis quelques mois, je commence à vraiment apprécier les films d’animation qui m’ennuyaient jusqu’à présent.

J’ai passé un bon moment avec ma fille un samedi après midi pluvieux pour visionner Le secret des mésanges réalisé par le studio Folimage. Et puis il y a eu ce beau conte de Noël : Le loup mal-aimé. D’accord, c’est une publicité pour le supermarché Intermarché mais elle a été conçue par un studio d’animation français : Illogik. Elle apporte féérie dans une époque mouvementée, sans repères…

Et puis, j’ai vu David, ce film d’animation chrétien qui m’a donné une belle claque spirituelle pour les émotions de foi qu’il procure.

Bientôt trente ans après Le prince d’Egypte des studios Dreamworks, la Bible s’adapte à nouveau en dessin animé avec l’histoire du roi David, produit en France par Saje.

Le résumé :

David est un jeune berger drôle et pétillant, dont la voix envoutante émerveille sa famille et le roi Saül. Lorsque le géant Goliath vient terroriser son peuple, David, armé uniquement d’une fronde, de quelques pierres et d’une foi inébranlable, s’avance. S’ouvre alors le destin extraordinaire d’un simple berger devenu roi, qui par sa loyauté et son courage, sauva l’âme d’un Royaume.

Mon avis :

Dès les premières scènes du film, j’ai été captivée par cette histoire de la Bible qui est souvent citée en exemple dans les églises et les synagogues. David a aussi sa place dans le Coran : Daoud. La première scène du film montre le jeune David, berger qui surveille ses brebis et les protège des lions. Son histoire est racontée dans l’Ancien Testament dans le premier livre de Samuel.

La dextérité de David à neutraliser Goliath, la terreur de l’armée des Philistins ne vient pas de nulle part. Elle vient de ses longues heures d’ennui à défendre ses brebis contre des lions, il savait choisir les meilleures pierres les plus pointues pour sa fronde. Bref, il avait une solide expérience du combat malgré son jeune âge… et surtout une foi indestructible en Dieu.

Sa relation de proximité avec le roi Saül qui deviendra rapidement dingo et parano est très bien retracée pour les jeunes enfants à partir de 5 ans. On comprend vite que les sautes d’humeur du roi Saül vont vite monter au clash avec le jeune David.

Au début, David l’apaise avec ses chants mais rapidement l’aura du jeune garçon va lui faire de l’ombre et Saül va sortir de ses gonds. Il y a une scène où David doit fuir la mort certaine qui l’attend à cause de la jalousie de Saül qui me rappelle beaucoup Moïse dans le Prince d’Egypte, film d’animation que j’ai vu en 1998.

David est un film d’animation très réussi dans le souci du détail : le rendu des paysages d’Israël mais aussi le rendu des armures, les intérieurs de palais et surtout les barbes et les cheveux des hommes totalement époustouflantes. J’étais totalement scotchée à observer chaque personnage masculin.

J’ai été très émue par ce film d’animation qui m’a mis une vraie claque spirituelle : il m’a encouragé dans ma foi chrétienne. C’est touchant d’entendre les paroles des chansons du film, associées à ce que l’on connait de David dans la Bible. Il est un personnage majeur de l’Ancien testament avec Abraham, Moïse, Joseph…

Un personnage emblématique de l’Ancien testament qui a inspiré l’histoire de l’art.

Certes, David n’a pas été un enfant de coeur tout au long de sa vie, il a commis des erreurs catastrophiques avec des répercussions tragiques mais il a toujours été proche de Dieu et repentant.

Le roi David a inspiré l’art occidental notamment les statues réalisées à différents âges de sa vie : celle de Donatello, de Michel-Ange ou l’une de ses répliques sur le rond-point du Prado à Marseille. Il y a aussi ce tableau emblématique de Rembrandt : Bethsabée au bain….

David la convoite donc il envoie son mari au casse-pipe…

Une sortie en famille mémorable : l’expérience d’une avant-première en présence de l’équipe du film.

Nous avons eu la belle opportunité d’assister en famille à l’avant-première du film en présence de l’équipe de comédiens : Elie Semoun, Fabienne Carat, Timéo mais aussi Valentin de Carbonnières qui prête sa voix à Goliath. Georges Costa, le directeur de la musique de nombreux Disney a également supervisé la musique de ce film chrétien adapté en français et cela se ressent : « Il y a de l’émotion, du rythme « .

C’était une belle fête pour laquelle l’équipe de Saje production avait mis le paquet : des coloriages pour les enfants, un atelier maquillage, un magicien et un photo call avec toute l’équipe de film.

Nous allons rarement au cinéma tous les trois et cette sortie du dimanche était un très bon souvenir. Ma fille m’a bien fait rire quand elle a fait le rapprochement entre Elie Semoun et le film Ducobu que nous avions vu ensemble cet été sur Netflix.

L’affiche de l’évènement est très moche mais je vous recommande de profiter du Printemps du cinéma du 22 mars au 24 mars pour visionner ce beau film d’animation en famille.

David est un film d’animation très réussi dans le rendu des détails : il est d’une grande précision archéologique et c’est une merveilleuse occasion pour les enfants d’approfondir, grâce au dessin animé, les histoires bibliques qu’ils écoutent le soir avec leurs parents.

Retrouvez-ici tous les articles de la page Foi en Jésus car Le bal littéraire des sardines est un blog inspiré par ce fondement de ma vie.

Cinéma

LOL 2.0, La Boum : La famille recomposée ou non, un trésor relationnel

Dix-sept ans après LOL (et les balbutiements de MSN), Lisa Azuelos revient avec LOL 2.0, une comédie populaire qui montre que la génération Z, noyée par ses réseaux sociaux, a toujours besoin de l’amour de sa famille pour se construire. Même caricaturale, cette fresque contemporaine réunit les générations au cinéma autour d’une certaine Sophie Marceau qui vivait ses propres émois adolescents dans La Boum il y a 45 ans.

C’est d’ailleurs Sophie Marceau, interviewée dans Télématin qui m’a donné envie d’aller voir LOL 2.0. Autant le premier film Lol ne m’avait pas emballée car je trouvais la relation mère-fille totalement crispante. La gosse a seize ans, elle vient des beaux quartiers, elle claque des portes, la mère crie toutes les cinq minutes, bonjour la détente !

Mais, j’ai beaucoup aimé LOL 2.0 car Louise, la benjamine de la famille a 25 ans et elle est plus profonde que sa grande sœur Lola partie planter des arbres en Amérique latine. Elle se fait plaquer par son copain qui était aussi son associé dans la tech.

Rien n’est épanouissant, elle rame alors elle est attendrissante car jeunesse dorée ou non, tout le monde cherche son identité à son âge. Thaïs Alessandrin qui est aussi la co-scénariste du film et la fille de la réalisatrice, est authentique et c’est une vraie découverte artistique, un peu comme Victor Belmondo dans Envole-moi.

Ces nepo babies sont malins. Comme les journalistes et le public les attendent au tournant car ils sont des fils et des filles de…, ils jouent des gosses friqués pour se construire une crédibilité artistique et s’ils sont talentueux, cela marche.

Le résumé :

Anne profite enfin de sa liberté après le départ de ses enfants. Mais tout bascule quand sa fille Louise, revient vivre chez elle après un échec professionnel et sentimental. Et comme une surprise n’arrive jamais seule, son fils Théo lui annonce qu’elle va devenir grand-mère !

Entre chocs générationnels, rêves en mutation et nouveaux élans amoureux… Anne comprend que la vie ne suit jamais tout à fait le plan prévu, et qu’à tout âge, on continue toujours d’apprendre à grandir.

Mon avis :

Avant d’aller voir le film, j’ai lu quelques critiques dont celle de la chaîne Expresso critique qui étaient assez rudes avec le cinéma de Lisa Azuelos. On la catalogue vite comme une bourgeoise blanche de cinquante ans qui stigmatise la génération Z. C’est vrai que la bande d’amis de Louise est assez caricaturale.

Mais la force de Lisa Azuelos est de savoir scénariser les rites de passages, les moments charnières d’une famille : Louise qui se réconcilie avec son père qui va se marier avec une femme du même âge qu’elle, Sophie Marceau qui rencontre un homme de son âge…

« Elle aussi elle sera une grand-mère géniale mais elle ne le sait pas encore « 

Le cinéma de Lisa Azuelos glorifie la maternité imparfaite, elle qui a eu une mère absente.

J’aime le cinéma de Lisa Azuelos parce que malgré ses stéréotypes, elle proclame haut et fort que c’est génial d’être une maman même imparfaite et larguée. Je ris beaucoup des sketchs d’humoristes comme Diane Segard, Mélanie Sitbon, Philippine Delaire avec leurs mamans compétitives ou au bout du rouleau mais elles désacralisent trop la maternité.

© 2026 CURIOSA FILMS – LOVE IS IN THE AIR – APOLLO FILMS DISTRIBUTION

Oui c’est fatigant, usant parfois mais les enfants sont une vraie joie au quotidien. Ce sont des trésors relationnels. Danielle Thompson qui a scénarisé La Boum, un aussi beau succès populaire que LOL , s’est inspirée de ses propres enfants et de leurs copains pour créer une comédie populaire dans laquelle tout le monde se retrouve, toutes classes sociales confondues. Même si les Beretton étaient une famille friquée du quartier d’Odéon.

La beuh , le pire placement produit du film

Il y avait une drôle d’atmosphère dans la salle de cinéma à la fin de la séance. Je pense que nous étions nombreux à être émus par les belles émotions transmises par ce film. Mais j’ai vraiment été révoltée par la promotion de la fumette récréative où mère et fille se passent le joint lors d’une fête à la maison.

Je trouve irresponsable de prôner le message que la beuh permet de passer un moment de félicité, que la fête en ressort plus belle ou que le joint permet de calmer les angoisses existentielles. Mais j’ai bien ri quand même quand le couple Elbaz-Marceau qui ne se connait pas encore très bien file au lit car ils ont mangé par erreur une tablette de chocolat aux champignons hallucinogènes.

Dans La Boum, il n’y pas de chichon qui circule et cela ne les empêche pas de s’amuser.

Ces films feel-good à voir en famille :

French lover, la notoriété compatible avec une histoire d’amour ?

En fanfare : deux frères qui ont pris deux chemins bien différents après un placement.

Envole moi : un gosse de riches qui trouve sa voie en aidant un enfant malade.

Tout le monde debout : une histoire d’amour impossible entre un valide et une femme handicapée ?

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan : comment l’amour inconditionnel d’une mère a permis un miracle. C’est une histoire vraie.

Cinéma

On rembobine la 51eme cérémonie des César, placée sous le signe de l’émotion non feinte

J’attendais cette soirée depuis trois semaines, emballée par les pastilles promotionnelles de la soirée du maître de cérémonie. Mon mari qui travaille juste à côté de l’Olympia me racontait les préparatifs sur le boulevard le jour J avec les invités qui sortaient du RER Auber en smoking et robes de soirées….

J’ai beaucoup aimé les interviews de Laurie Cholewa des nommés avant la cérémonie. Notamment quand elle a donné la parole à Jafar Panahi, le réalisateur iranien nommé pour le scénario d’Un simple accident. Les César sont une tribune politique dont il faut se servir car cette cérémonie est diffusée dans le monde entier par Canal plus.

Canal plus est le grand chef d’orchestre de cette cérémonie qui mobilise 900 personnes de ses équipes. Le producteur majoritaire du cinéma français a fait appel à deux de ses talents maison : Benjamin Lavernhe (Un entretien, Castings) en maitre de cérémonie et Camille Cottin (Connasse et quelques films hollywoodiens) en présidente. Ce beau duo talentueux a mis en scène une cérémonie à la fois drôle, époustouflante, émouvante et digne.

Retour sur les moments forts de ce marathon télévisuel qui me mobilise chaque année 4 heures devant ma télé.

Le tableau d’ouverture en hommage à The Mask : un sacré souvenir de primaire dans les années 1990

Le maître de cérémonie est un fan absolu de Jim Carrey et l’émotion a bien failli le submerger quand il s’est adressé à son modèle. Je le comprends car moi aussi avec mon frère on a regardé quelques fois The mask à la fin de l’année scolaire à l’école quand les profs ont l’esprit qui divague du côté de la plage…

Je me suis régalée à voir danser et chanter Benjamin Lavernhe avec les costumes du film, la fille du Coco bongo et l’orchestre big bang avec les cuivres, les percussions… La mise en scène avec les policiers était tellement réussie dans les allées de l’Olympia. Jim Carrey est un personnage familier de l’enfance et de l’adolescence de bon nombre d’entre nous et c’était sacrément plaisant de le retrouver.

L’émotion de Jim Carrey sera au rendez-vous plus tard dans la soirée quand la salle lui fera une longue standing ovation lors de la remise de son César d’honneur. Jim Carrey s’est fendu d’un discours authentique dans un français parfait qu’il avait bossé comme un dingue (c’est raccord à son personnage de The mask). C’était très émouvant quand il a rendu hommage à ses racines malouines très anciennes et à son père.

C’était très bien amené par la direction artistique de la cérémonie d’inviter Emmanuel Curtil, la voix française de Jim Carrey depuis trente ans qu’il rencontrait pour la première fois. Le sketch avec Benjamin Lavernhe qui se comportait comme un gamin émerveillé par les voix de Chandler de Friends mais aussi de Simba du Roi lion fut très attendrissant. Emmanuel Curtil a pu se faire le porte-parole des voix de doublage menacées par l’IA auprès de la ministre de la Culture nouvellement nommée Catherine Pégard.

Les César, une tribune politique dont il faut se saisir de manière subtile

Toujours dans le registre politique, j’ai beaucoup aimé le discours tout en humour et en authenticité de Camille Cottin. Elle est arrivée avec les lunettes aviateur de Top gun et s’est moquée des propos musclés et sans finesse de dirigeants politiques virilistes et moqueurs : « Tous les films qui font moins de 500 000 entrées devront s’excuser et revenir sur les bancs de l’école de commerce. Les films d’auteur c’est bien mais c’est encore mieux en court-métrage, sur des sujets pas trop niche. Évitez les femmes, les queers… » avant de déclarer son amour et son attachement au cinéma français.

Au bain des dames, court métrage de Margaux Fournier à visionner sur France TV

La cérémonie des César est toujours l’occasion pour moi de découvrir de belles pépites que je n’ai pas eu le temps de visionner au cours de l’année : Nino qui montre un portrait sensible d’un jeune homme malade du cancer. Mais aussi Le bain des dames, ce court métrage marseillais que je vais regarder rapidement sur France télévisions en replay.

Enfin, je suis ravie que mon coup de coeur pour L’attachement ait été récompensé du César du meilleur film. J’ai beaucoup aimé le discours puissant et tendre de la réalisatrice Carine Tardieu qui s’adressait à sa fille. Les lauréats des César ont beaucoup remercié leurs enfants parce qu’ils vivent leur passion artistique à fond et que cela demande des compromis à leurs familles.

Dommage pour Pio Marmaï qui méritait le César du meilleur acteur pour ce rôle de père endeuillé. Mais l’émotion de Laurent Laffite qui a été récompensé était aussi belle à voir.

Je vais suivre de près les prochains films de Carine Tardieu car j’avais adoré Du vent dans mes mollets adapté du roman de Raphaëlle Moussafir, sa co-scénariste de L’attachement, récompensée avec elle. Carine Tardieu a un vrai don pour filmer les relations familiales, tellement essentielles dans notre société de plus en plus individualiste.

J’ai beaucoup aimé cette cérémonie où dominaient l’expression des émotions authentiques avec une reconnaissance exprimée pour le système français qui soutient les artistes en début de carrière. Ne nous trompons pas tout de même , le cinéma français est une énorme industrie avec un petit nombre de têtes d’affiche qui raflent la plupart des rôles comme l’a démontré l’hebdomadaire culturel Télérama.

Je trouve qu’il serait juste que les acteurs et actrices payés plus d’un million d’euros par film participent volontairement à un fonds de soutien financier. Dans tous les discours de remerciements des lauréats, on ressent bien que la corde du financement de la culture tire sacrément au risque de casser.

Retrouvez-ici mon debrief de la cérémonie de 2025 animée par Jean-Pascal Zadi

BD & romans graphiques·Cinéma

Pourquoi le Marsupilami captive autant les foules en 2026 à l’heure des comics Marvel…

Treize ans après Alain Chabat, Philippe Lacheau et sa bande partent en Palombie sur les traces du célèbre Marsupilami. En quoi ces nombreuses adaptations au cinéma et en dessins animés traduisent elles un besoin de tendresse, d’exotisme et de mignonnerie ?. Cet animal sauvage et imaginaire crée en 1952 par André Franquin. Il est, selon moi, le pape de la BD belge avec Hergé.

Au départ en 1952, le Marsupilami était un personnage secondaire des aventures de Spirou et Fantasio, scénarisées et dessinées par André Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe. A partir de 1987, Marsupilami devient un personnage principal avec sa propre série toujours en cours puisque 42 tomes de ses aventures continuent de divertir différentes générations de lecteurs.

Le marsupilami est la contraction des mots marsupial et ami. Mi-guépard, mi- singe, cet animal sauvage imaginaire doté d’une force surhumaine se sert de sa queue comme une longue liane pour venir en aide aux humains ou pour se sortir lui et sa famille des situations les plus catastrophiques dans sa Palombie natale.

Mon album favori, c’est Le nid du Marsupilami qui date de 1960 (cela ne nous rajeunit pas). Seccotine, la reporter intrépide mais aussi gaffeuse du journal Spirou, organise une conférence de presse pour y annoncer qu’elle a découvert une famille de marsupilamis dans la forêt palombienne. D’affreux jojos comme le chasseur Blackalive vont se lancer à leur poursuite pour leur belle fourrure tant recherchée.

J’aimais beaucoup regarder enfant les dessins animés du Marsupilami sur France 3 car c’était dynamique et joyeux, ses Houba houba avec Madame et les enfants qui le suivent partout. Le marsupilami est un père de famille comme les autres, ses bébés s’éloignent du nid pour faire des bêtises ou se mettre en danger, il les ramène manu militari au bercail..

Mais je trouve que les films d’animation d’ Alain Chabat : Sur la piste du Marsupilami (2012) et Marsupilami de Philippe Lacheau (2025) sont faits pour les adultes avec des blagues un peu olé olé peu compréhensives et osées pour les enfants.

Néanmoins, j’aime beaucoup le film d’Alain Chabat, on sent que c’est un passionné de BD qui a compris les univers créatifs de Franquin et du duo Goscinny/Uderzo quand il adapte leurs BD en films. Et puis Jamel Debbouze a cette âme d’enfant émerveillé devant le Marsupilami…

Franquin, élève de l’école de Marcinelle, celle des gros nez et de la ligne sombre.

André Franquin (1924-1997) est une référence de la bande dessinée belge au même titre que René Goscinny en France. Il fait partie de l’école de Marcinelle qui compte parmi elle Roba, le créateur de Boule et Bill mais aussi Morris, Peyo, Uderzo, Walthéry, le créateur de Natacha… Cette école se distingue de celle de Bruxelles et de la ligne claire menée par Hergé avec Tintin depuis 1929.

A quand une grande rétrospective Franquin dans un musée des Beaux-arts ? .

J’affectionne l’univers de Franquin pour la qualité de son humour, des références poétiques que l’on perçoit dans les albums de Gaston Lagaffe mais aussi le Marsupilami : la luxuriance de la jungle en Palombie par exemple. J’ai beaucoup aimé approfondir mon amour de la lecture avec ses albums entre 7 ans et 9 ans.

On reproche un peu à Franquin de représenter une Amérique du Sud d’opérette mais c’est aussi ça qui me plait !. C’est fantasque et exotique, on s’évade grâce à la BD. André Franquin a été fortement influencé par les dessins animés de Walt Disney mais aussi ceux de Tex Avery.

Je ne comprends pas pourquoi le Grand Palais qui a organisé une vaste rétrospective dédiée à Walt Disney en 2007 puis qui honora Hergé en 2017, ne célèbre pas bientôt l’art d’André Franquin.

La cité des sciences avait pourtant proposé une exposition Le monde de Franquin en 2005 mais elle est passée relativement inaperçue.

Trois albums représentatifs de la ligne sombre de l’école de Marcinelle.

Cinéma·Du livre à l'écran·Ile de France et Paris

Ces films et séries que j’ai vu en 2025 : qui sera récompensé aux prochains Césars ?

Les nominations pour les prochains Césars viennent de tomber. La cérémonie de remise des prix aura lieu le jeudi 26 février à l’Olympia (un jeudi soir, quelle ineptie !) avec Benjamin Lavernhe en tant que maitre de cérémonie.

D’ailleurs, l’affiche de la cérémonie est une référence à la comédie Le sens de la fête de Nakache et Toledano dans lequel il jouait un marié particulièrement pénible en 2017.

Chaque année, j’écris un article pour débriefer la cérémonie : les robes, les discours des remettants, les sketchs plus ou moins drôles et inspirés, les moments d’émotion quand ça pleure, ça remercie…

Cette soirée de remise des prix, c’est ma tradition chaque année depuis que je suis au lycée. Alors si jamais quelqu’un veut m’y inviter une année, ce sera la consécration d’une vie..

Je trouve que cette année la sélection des nommés est particulièrement qualitative et je vais être sacrément tiraillée quand viendra le moment de récompenser la meilleure actrice.

J’ai énormément aimé deux films en 2025. Il s’agit de Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan ainsi que L’attachement. Ce sont deux adaptations de livres et traitent tout deux de l’amour maternel qu’il soit biologique ou non.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan écrit par Roland Perez, éditions Les escales en 2021

C’est l’histoire vraie d’une famille nombreuse juive originaire de Tunisie. Les parents ne roulent pas sur l’or et le petit-dernier des six enfants naît avec un pied-bot dans les années 1960.

Sa mère Esther, dotée d’une foi extraordinaire et d’un bagout incommensurable va remuer ciel et terre quitte à se mettre à dos les voisins du quartier, les assistances sociales et les enseignants pour faire en sorte que son fils marche un jour.

Et le miracle va avoir lieu grâce aux chansons d’une certaine chanteuse yéyé : Sylvie Vartan. Le petit Roland, totalement déscolarisé va être instruit par ses frères et sœurs avec ses chansons. Et un jour, il deviendra même son avocat.

Je vous recommande le livre et cette comédie familiale si vous avez le cafard. Le personnage haut en couleur et en repartie d’Esther m’ a fait rire aux éclats de nombreuses fois. Et son amour maternel inconditionnel m’a émue aux larmes…

Dans un autre registre, j’ai eu un vrai coup de cœur pour le film L’attachement alors que j’ai eu bien du mal à lire le roman éponyme d’ Alice Fernay.

Carine Tardieu, la réalisatrice a su mettre en avant les moments de vérité et d’émotion de cette histoire d’entraide si particulière. Cécile, la voisine de Sandra (Valéria Bruni Tesdeschi) part à la maternité accoucher avec son mari Alex joué par Pio Marmai.

Et donc elle lui confie quelques jours son fils Eliott alors que Sandra n’a pas particulièrement la fibre maternelle. Hélas, l’issue sera tragique pour cette famille car Alex revient de la maternité avec un bébé dans les bras mais veuf.

Ce livre m’a beaucoup émue car il parle de compassion, d’entraide face au deuil. Le petit garçon du film est animé d’un tel instinct de vie et d’amour qu’il porte tout le film et les personnages qu’il entoure : sa voisine auquel il s’attache viscéralement, son beau-père avec lequel il vit, son père qui s’efface progressivement.

Le titre du roman est parfait : il révèle une notion de psychologie essentielle. C’est assez nouveau qu’on souligne son importance dans les relations familiales. Pio Marmaï est nominé dans la catégorie Meilleur acteur et je pense que c’est son année cette fois-ci !

Je suis aussi sensible aux nominations dans la catégorie films d’animation car j’aime leur créativité visuelle qui me reconnecte avec mon enfance (voila c’est dit !)

La vie de château, mon enfance à Versailles de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi, adapté de la série de romans jeunesse publiée par l’Ecole des loisirs.

La vie de château est un très beau film d’animation signé Clémence Madeleine-Perdrillat, scénariste et Nathaniel H’Limi, dessinateur, tous deux amis. Ensuite, il a été adapté en roman illustré pour les enfants de 7 à 9 ans. C’est une série en six livres publiés par la collection Neuf de l’Ecole des loisirs.

Je suis bien trop vieille pour faire partie du public cible de ces petits livres et pourtant… Le quotidien de cette petite Violette, pupille de la Nation qui doit aller vivre chez son oncle Régis au décès de ses parents, victimes des attentats, m’a beaucoup touchée.

Le secret des mésanges, film d’animation du studio Folimage, sortie le 22 octobre

J’ai beaucoup aimé la variété et la complémentarité des personnages humains comme animaliers. Le chien Mandrin joue un rôle important dans le film car il protège toujours la petite fille intrépide.

Les deux enfants Lucie et Yann n’ont pas le même âge mais ils vont former une bonne équipe pour aider Lucie dans la quête de ses origines. Un secret de famille douloureux éloigne Lucie de sa maman. Mais les mésanges du château vont être d’une aide précieuse. J’ai beaucoup aimé la manière dont sont représentés Lucie et sa maman comme une femme et une petite fille actives et débrouillardes.

Je vous invite à lire ici mon article pour débriefer la cérémonie l’an dernier : j’ai le souvenir du magnifique discours de Karim Leklou sur le pouvoir des gentils et le sketch hilarant de Franck Dubosc avec son Césarillo. D’ailleurs, il est nommé cette année dans la catégorie Meilleur scénario pour Un ours dans le Jura, sa comédie glauque.

Césars 2025 : Une cérémonie sous le signe de l’authenticité et de la vulnérabilité.

Carnets de voyages urbains·Du livre à l'écran

Marcel et Monsieur Pagnol : un biopic animé éblouissant dédié à un formidable conteur

C’est l’ évènement culturel de cet automne : Marcel et Monsieur Pagnol, le film d’animation signé Sylvain Chomet, le réalisateur des Triplettes de Belleville et de L’illusionniste, nominé quatre fois aux Oscars.

Le résumé du film :

A l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours…

En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain. Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire.

Nous avons vu ce film d’animation en famille en avant-première au Grand Rex cet après-midi. Marcel Pagnol est un écrivain immensément populaire, ambassadeur de la francophonie dans les écoles du monde entier un peu comme Le petit prince de Saint -Exupéry.

J’ai lu La gloire de mon père et Le chateau de ma mère qui font partie de la trilogie Souvenirs d’enfance publiés en 1957. C’est Hélène Lazareff, la patronne du magazine Elle qui a commandé à Pagnol alors dans le creux de la vague, un feuilleton de Noël sur le thème de la famille. Ce sera un succès immédiat puisque 50 000 exemplaires de cette autobiographie provençale seront vendus le mois suivant sa parution.

Le roman Le chateau de ma mère est de loin mon favori car il raconte une ascension sociale contrariée par une entorse au règlement. Le chef de famille entraine les siens à traverser de riches propriétés pour leur économiser des kilomètres de marche jusqu’à leur résidence secondaire. Il est en tort mais ses bons sentiments lui rendront justice. Je rêve de visiter un jour La bastide neuve sur les hauteurs d’Allauch un jour.

Ma critique du film d’animation Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet

Il s’agit d’un biopic chronologique et biographique qui raconte l’enfance de Marcel Pagnol vers 1900 dans le Marseille de la Belle époque jusqu’en 1974 date de la mort de l’académicien à Paris. Ce biopic animé montre aussi les doutes du créateur génial : il est devenu romancier à 61 ans quand il doutait de sa créativité.

Comme Sylvain Chomet le remarque dans le dossier de presse de son film, Pagnol est souvent juste. Il sait faire vibrer la bonne corde. Il raconte des tragédies avec des familles qui s’affrontent, des situations dures comme des filles-mères rejetées par leur famille (La fille du puisatier, la trilogie Marius-César-Fanny) ou des rivalités de village qui mènent à la mort (Jean de Florette et Manon des sources) .

Pagnol, l’ambassadeur de Marseille et de la Provence dans le monde entier.

C’est Laurent Laffite, acteur parisien de la Comédie française qui prête sa voix à Marcel Pagnol. A la différence des précédents films de Sylvain Chomet, la voix humaine fait son grand retour car elle a une importance dans l’oeuvre de Pagnol.

L’accent chantant méridional des clients du bar de la Marine fait pleinement partie de la carte postale même caricaturale. Jules Raimu et Fernandel font partie des amis proche de Pagnol, ils viennent tous de la même région : Marseille et Toulon, tous trois ont triomphé à Paris.

Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban, couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers. Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune.

Incippit de La Gloire de Mon père, éditions Fortunio, 1957.

Je vous recommande de visiter le site officiel de Marcel Pagnol en attendant l’ouverture de son musée en 2026 dans une ancienne usine d’électricité à Allauch !

Le château de la Buzine, 56 Trav. de la Buzine, 13011 Marseille : le chateau de la mère de Pagnol près du canal de Marseille.

La bastide neuve : 115 Chem. des Bellons, 13190 Allauch

Retrouvez ici mes précédents articles consacrées aux adaptations littéraires : du livre à l’écran mais aussi un carnet de voyages urbain consacré à Marseille.

Cinéma

Omar Sy dans le sillage de Hugh Grant pour jouer un French lover le 26 septembre sur Netflix – mon avis !

Fin août, j’ai emmené mon mari au cinéma pour une sortie en amoureux voir Matérialists avec Dakota Johnson, Pedro Pascal et Chris Evans.

Une jeune et ambitieuse match-makeuse new-yorkaise se retrouve dans un triangle amoureux complexe, tiraillée entre le  » match  » parfait et son ex tout sauf idéal. Grosses déception, une histoire moche et cynique, le romantisme et l’altruisme avaient pris leurs jambes à leurs cous.

Nous sommes sortis du cinéma écœurés et désorientés : pourquoi en 2025, les cinéastes n’arrivent plus à proposer des belles comédies romantiques comme Coup de foudre à Nothing Hill, Hitch ou encore The holiday ?

Le romantisme c’est le pari de la nouvelle comédie Netflix : French lover avec Omar Sy et Sara Giraudeau, réalisée par Nina Rives associée à Hugo Gélin, le scénariste de Mon inconnue . Et nous on a très envie d’y croire.

Le résumé :

Abel Camara est la grande star du moment. Alors lorsque Marion, l’incarnation parfaite de la « Girl next door » lui rend un service un jour, aucun des deux ne soupçonne que c’est le début d’une grande histoire d’amour.

Contre toute attente, j’ai beaucoup aimé cette comédie romantique. Honnêtement, j’étais très sceptique car très souvent des comédies françaises prometteuses me déçoivent au bout de quinze minutes exception faite de L’arnacoeur avec Romain Duris et Vanessa Paradis en 2010.

La scène d’ouverture est très drôle car Abel joue dans une publicité très caricaturale, torse nu pour un déodorant qui s’appelle French lover. On se croirait dans le clip de Stromae : Mon amour qui parodie La villa des cœurs brisés. J’ai beaucoup aimé cette auto-dérision très française.

French lover : un amour moderne

Le thème de ce film est vraiment exactement le même que Coup de foudre à Nothing Hill en 1999 : comment trouver l’équilibre dans un couple quand la notoriété s’en mêle. Mais les deux films sont aussi intéressants l’un que l’autre car ils montrent deux cultures différentes. Contrairement aux tabloïds anglais, les paparazzis français sont pénibles mais beaucoup plus encadrés par la loi.

Droits réservés Netflix

J’ai trouvé que l’ensemble des acteurs principaux et des seconds rôles étaient très bons chacun dans leur partition. A l’exception de l’ancien petit ami et la sœur de Marion aussi antipathiques que caricaturaux.

La réussite de cette comédie repose sur la solide expérience de cinéma d’Omar Sy, Sara Giraudeau, Alban Ivanov et Pascale Arbillot qui devient de plus en plus incontournable au cinéma. J’avais beaucoup aimé son jeu dans le film Souriez pour la photo en 2022. Revenons à nos amoureux : Abel et Marion !

Ils ont quarante ans et leur vie sentimentale est un champ de ruines. Abel est en proie à des addictions et à une rude concurrence avec un autre acteur en vogue : Louis Latour joué par Alexandre Kominek.

Droits réservés Netflix

Malgré sa voiture décapotable, ses beaux costumes griffés, son sourire ravageur et son rire inégalable, il va avoir du mal à séduire Marion. Elle va vite s’apercevoir de ses failles et s’énervera rapidement de ses caprices de star immature. Le garçon a du mal à se débrouiller pour faire la cuisine ou gérer une fuite d’eau dans sa salle de bain.

C’est toujours son agente Camille qui prend tous les aspects de sa vie en main y compris sa vie sentimentale.

Droits réservés Netflix

Grâce à Marion, Abel va arriver à s’émanciper peu à peu sans couper les ponts avec ceux qui l’ont fait briller par le passé… Omar Sy porte une grande part du film sur ses épaules et il est brillant.

J’avais déjà cerné son potentiel romantique à travers son couple chien/chat avec Ludivine Sagnier, la mère de son fils Raoul dans la série Netflix Lupin.

French lover est un film très réussi aussi car il résonne aussi dans la vie personnelle d’Omar Sy, il est marié depuis vingt ans à Hélène avec qui il forme un couple inter-culturel, il a reçu un César historique en 2012 pour son rôle de Driss dans Intouchables

En résumé, French lover n’est pas du tout une pâle copie de Coup de foudre à Nothing Hill. Cette comédie parle aussi du décalage dans un couple quand un est ultra médiatisé et que l’autre est totalement inconnu du grand public. Mais le propos est différent mais tout aussi intéressant.

Cependant, je regrette que dans cette comédie très contemporaine, le couple se parle de manière agressive quand ils se disputent. Je pense que c’est typiquement français et il y a de quoi se questionner sur ce mauvais travers !

Ne pas banaliser l’amour-haine dans les comédies romantiques

D’ailleurs, c’est bien ce qui m’a particulièrement énervée dans les derniers épisodes de ma série fétiche HPI sur TF1. En toute transparence, je regarde cette série bien plus pour le romantisme du couple Keradec-Morgane que pour les enquêtes policières.

A l’heure où les relations toxiques et les violences conjugales sont heureusement dénoncées, je considère qu’il est de la responsabilité des scénaristes de mettre de l’amour courtois dans les dialogues entre hommes et femmes. Il est irresponsable de valoriser cette forme d’amour -haine dans les comédies romantiques. Voila c’est dit !

Ce matin, j’ai écouté un très beau podcast avec un couple qui a failli se louper, interviewé par le talentueux Jonathan Langlois pour Les lueurs sur Youtube.

Et comme nous avons tous besoin de lire aussi de belles histoires d’amour, voici l’une de mes dernières chroniques consacrée au roman Rendez-vous ici de David Nicholls !

Cinéma·Du livre à l'écran

Toutes ces adaptations de romans au cinéma que j’ai aimé pour rendre hommage à Robert Redford

Robert Redford, acteur américain bien aimé de son public français, s’est éteint le 16 septembre 2025 à l’âge de 89 ans dans ses montagnes de l’Utah.

Je me souviens que ma grand-mère Annette avait mis une affiche de cinéma qui couvrait tout le mur dans son escalier : Out of Africa de Sydney Pollack (1985) avec Meryl Streep et Robert Redford. C’est l’adaptation ciné du roman mythique Une ferme africaine de Karen Blixen. Je sais que Robert Redford etait l’un de ses acteurs préférés.

Son mari (mon grand-père) aimait tout particulièrement Et au milieu coule une rivière avec Brad Pitt réalisé par Robert Redford en 1992. C’est également une adaptation d’un roman : deux frères du Montana qui ont une éducation très stricte au début du 20eme siècle et qui sont passionnés de chasse à la mouche. Comme Papy était un passionné de chasse à la mouche, ce film avait ses faveurs et la télévision française l’a rediffusé quelques fois.

John Kelly/Getty Images

J’ai listé trois films que j’ai particulièrement aimé pour rendre hommage à Robert Redford. Ce sont tous des adaptations de romans au cinéma : du livre à l’écran. Et ils ont été partagés en famille devant notre télévision. C’est assez rare de tels films aussi fédérateurs.

L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998) réalisé par Robert Redford à partir du roman éponyme de Nicholas Evans.

J’ai vu ce film au cinéma avec mes parents quand j’avais onze ans. Le début du film avec l’accident de la route, la mort de la meilleure amie, l’amputation de l’ado et le cheval qui devient fou, comme je suis émotive, cela m’avait quelque peu traumatisée. Mais c’est un film marquant avec un beau message.

Le combat de cette maman, bourgeoise new-yorkaise, qui fait des pieds et des mains pour redonner goût à la vie à sa fille et à son cheval m’a beaucoup plu. Il est indéniable que ce film m’a fait aimer le continent américain : il se déroule dans le Montana car il montre les contrastes géographiques et sociologiques entre les différents Etats. Robert Redford porte le film, il met en lumière le rôle des chuchoteurs qui conjuguent des compétences d’éthologie et d’équitation. Un beau film qui réconcilie l’Homme et l’animal.

Promenons-nous dans les bois adapté du récit autobiographique de Bill Bryson en 2015

C’est une comédie basée sur l’amitié entre deux retraités qui ont parcouru l’Europe ensemble dans leur jeunesse. Ils décident de se lancer dans une randonnée ardue de 3500 kms : le sentier des Appalaches qui relie la Géorgie au Maine. Leur condition physique n’est pas au top mais cette aventure rocambolesque va leur permettre de consolider leur amitié.

Ce film, c’est mon mari qui me l’a fait découvrir. Je l’ai regardé car il est assez fidèle à la personnalité de Robert Redford qui a été un militant écologiste mondialement connu pour son engagement également. J’ai un vrai problème avec la culture américaine très citadine et matérialiste qui montre son argent et démontre son statut social à travers le cinéma. Ainsi la personnalité de Robert Redford m’a bien plu car il était cohérent avec ses rôles : il a fondé un festival de cinéma indépendant à Sundance dans l’Utah et il était très critique face aux sirènes trompeuses d’Hollywood.

Et enfin, un de mes films favoris : Nos âmes la nuit avec Jane Fonda, adapté du roman de Kent Haruf sur Netflix en 2017.

Cette fois-ci, c’est moi qui ai fait découvrir un nouveau film avec Robert Redford à mes parents. C’est l’histoire de deux veufs qui décident de dormir ensemble la nuit pour rompre leur solitude dans une petite ville du Colorado. Cette intimité du lit sans pourtant passer à la casserole va faire sacrément jaser leur entourage.

Ce film m’a fait beaucoup réfléchir sur la manière dont la société française considérait les personnes âgées et j’en ai même profité pour écrire un article sur le jeunisme. Il s’appelle Bannir Ok boomer de notre vocabulaire. A Hollywood, des acteurs comme Robert Redford ou Jane Fonda ne sont pas mis au placard à cause de leur âge, on les valorise. Alors qu’en France, on aurait tendance à les stigmatiser, la sexualité du 3eme âge est taboue. On ressent une tendresse pour ce couple de cinéma car il se trouve qu’ils avaient déja joué un couple cinquante ans auparavant dans le film Pieds nus dans le parc en 1967.

Je vous invite à lire la nécrologie de Robert Redford dans le quotidien Le Monde, spécialiste du domaine. En 2019, il avait reçu un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Kad Merad, le maître de cérémonie avait fait une boutade comme quoi c’était la plus belle gueule du cinéma.

Cet acteur charismatique n’avait pas seulement un physique, il avait aussi un message qui a touché des générations d’amoureux du cinéma.

Retrouvez-ici les précédents hommages du blog aux acteurs de cinéma

-Hommage à Belmondo : La Bébel mania ou cette nostalgie de la France qui allait bien

-Quand je te reverrais- je acteur merveilleux : hommage à Michel Blanc

BD & romans graphiques·Du livre à l'écran

Pourquoi les Schtroumpfs plaisent à toutes les générations d’enfants dans le monde entier?

Cette semaine, j’ai emmené ma fille voir le dernier film d’animation Les schtroumpfs.

Ce n’était pas le meilleur dessin animé que j’ai vu mais c’était plaisant de passer un bon moment en musique dans le village des Schtroumpfs.

C’est Rihanna qui prête sa voix à la Schtroumpfette et cela apporte de la modernité à cette oeuvre de BD créée par Peyo en 1958.

Les bandes-annonces faisaient la promotion d’autres dessins animés plus récents et bien plus médiocres. Même si les Schtroumpfs ont été repris en 3D par un studio d’animation beaucoup plus moderne, les traits au crayon de BD ont été conservés.

Cela fonctionne avec les nouvelles générations car il s’agit d’une véritable oeuvre qui cartonne depuis bientôt soixante-dix ans. Comme dit l’adage, c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures…

Nostalgie et transmission, deux ingrédients majeurs du succès populaire des Schtroumpfs.

Au départ, les Schtroumpfs étaient des personnages secondaires des aventures de Johan et Pirlouit, dessinées par Peyo dans les années 1950. Ils sont devenus de plus en plus récurrents, quitte à conquérir le haut de l’affiche avec leurs propres albums et même leur journal.

Peyo a continué de les faire évoluer dans un Moyen-âge mythifié avec le sorcier Gargamel qui les terrorise avec son chat Azraël pour s’emparer de la pierre philosophale. Les Schtroumpfs sont un peuple imaginaire avec une langue spécifique (inventée lors d’un dîner avec Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe).

Ce qui me plait avec ces petits hommes bleus, c’est cette douce utopie avec ce village bucolique et ses maisons champignons. Ils mangent de la salsepareille et vivent en communion avec la nature. Diverses interprétations circulent pour situer géographiquement le village des Schtroumpfs : est-ce dans les Ardennes, le Luxembourg ou même Aubenas en Ardèche comme indiqué dans un des quarante-deux albums des Schtroumpfs.

Je me souviens d’une aire de jeux sur l’A6 à Jugy avec ses champignons géants où je rêvais d’aller jouer avec mon frère. Walibi a même crée un temps un parc à thèmes autour du monde merveilleux des Schtroumpfs.

Les Schtroumpfs portent des bonnets phrygiens blancs très reconnaissables, celui du grand Schtroumpf est rouge pour montrer son autorité. Chaque Schtroumpf se définit par un métier ou un trait de caractère. Ils fondent ensemble une société utopique où il fait bon vivre.

Les personnages nous sont familiers : une seule femme vit au village des Schtroumpfs : la Schtroumpfette, on s’attache même aux gros méchants : Azraël et Gargamel.

Malgré la mort de leur créateur en 1992, la série continue, reprise par les héritiers de Peyo. Les Schtroumpfs continuent de plaire aux parents car ces personnages véhiculent une certaine idée de la fraternité, ils sont sécurisants.

L’héritage culturel des Schtroumpfs : un business florissant.

Depuis 1958, plus de 42 albums BD des aventures des Schtroumpfs ont été publiés tout d’abord dans le journal Spirou, puis aux éditions Dupuis, ensuite en autoédition et désormais aux éditions Le Lombard.

Les Schtroumpfs se sont également invités au rayon biscuits et bonbons des supermarchés : depuis 1981, Haribo commercialise les Schtroumpfs en gélatine bleue , rouge et jaune. Delacre a aussi crée une gamme de biscuits à leur effigie.

Les Schtroumpfs sont un peu les ambassadeurs de la Belgique dans le monde entier comme Tintin : on décore un avion à leur image, une exposition BD à Bruxelles réunit 240 000 visiteurs. A titre personnel, j’aimais beaucoup lire les albums des Schtroumpfs quand j’étais enfant car j’aime énormément leur village si bucolique.

Il se trouve que pendant nos vacances en Bulgarie, nous avons visité un parc publique dédié aux architectures du Hobbit avec une mini-maison catapultée du village des Schtroumpfs. Il s’agit du Golden park de Lukovit.

Il faut dire que la BD belge des années 1950 est particulièrement créative dans le domaine de la jeunesse. Walthéry, le créateur de Natacha, hôtesse de l’air fut l’assistant de Peyo dès ses débuts. Peyo a également crée les séries Johan et Pirlouit mais aussi Benoit Brisefer.

Dans la série Icônes de l’enfance, je vous invite à découvrir mes billets de blog consacrés à Martine, Natacha, Le Petit Nicolas, Ana Ana, Tintin et Gaston Lagaffe. Le but de cette rubrique est de célébrer les plus beaux succès de la littérature et de la BD jeunesse.

Analyser pourquoi ils se transmettent de générations en générations, pourquoi étaient-ils innovants dans leur contexte de création. Je travaille depuis plus de quinze ans dans les métiers du livre et de la presse, quelle est la recette d’un best-seller est une question que me passionne ! .

Cinéma

Pourquoi Les visiteurs est un film iconique pour la génération Y dont je fais partie ?

Il était grand temps de parler de mon attachement personnel à la comédie historique Les visiteurs dans ce blog. Un véritable coup de coeur que je partage avec bon nombre d’amis de ma génération qui connaissent aussi les dialogues par coeur.

Cette comédie est le 5eme succès populaire de l’histoire du cinéma français ( que des comédies, posez vous des questions l’Académie des Césars), il a réunit quatorze millions de spectateurs dans les salles obscures en 1993. Cette chouette comédie est portée par deux piliers de la troupe du Splendid : Marie-Anne Chazel et Christian Clavier mais aussi par Jean Reno et Valérie Lemercier.

Voici le résumé du film pour les rares personnes qui seraient passés à côté de ce film incontournable :

En l’an de grace 1123, le comte de Montmirail et son fidèle écuyer, Jacquouille la Fripouille, se retrouvent propulsés en l’an 1992 après avoir bu une potion magique fabriquée par l’enchanteur Eusaebius, censée leur permettre de se défaire d’un terrible sort.

Après les cassettes de chanson française et Alf, voici le troisième dessin dans mon carnet : la cassette VHS des Visiteurs de mon challenge dessin : Back to les années 1990.

Back to 1993 quand les moyen-ageux font rire des générations d’enfants.

J’ai une dizaine d’années : parfois on s’ennuie le dimanche après-midi avec mon frère car mon père est de garde. Alors on fouille dans les cassettes VHS à la recherche d’un film enregistré à la télé. Si on retrouve les Visiteurs à sa musique si reconnaissable, on n’hésite pas à le regarder, ce n’est que la douzième fois.

J’ai toujours la frousse quand Godefroy décapite l’Anglois ou quand il va déloger la sorcière et ses copines diaboliques. Mais ensuite on se marre comme des baleines quand Godefroy et Jacquouille boivent la potion magique pour actionner la machine à remonter le temps. Ou quand les forces de l’ordre doivent maîtriser le comte de Montmirail devant l’église.

Ce film, c’est ma madeleine de Proust des années 1990 avec ses looks un peu colorés, le Courtepaille en région parisienne et la camionnette jaune de La Poste.

Des placements de produits : Chanel, Renault, Courtepaille très efficaces pour renforcer les anachronismes.

Personnellement, le recours au placement de produits dans ce film ne me choque pas. Il est sacrément efficace puisque le film est drôle à cause des anachronismes et grâce aux références aux codes bourgeois. La scène où les deux moyen-âgeux prennent le deuxième bain de leur vie à grands renforts de Chanel numéro 5 est tellement réussie. Elle fait particulièrement rire les enfants.

Le film a été tourné en région parisienne dans les Yvelines : la caravane de Dame Ginette donne sur un superbe panorama de voie rapide et de pylônes électriques. Mais aussi sur les remparts de Carcassonne pour le début du film qui se déroule au Moyen-Age.

Le film s’appuie sur le patrimoine français familier mais aussi sur des oeuvres d’art : les reliques et les bijoux de famille volés au duc de Pouille, le tableau du Hardi est inspiré par un portrait de Della Francesca d’un chef local italien conservé au musée du Louvre.

Sur les traces du film Les visiteurs : les lieux emblématiques du tournage du film

Je pense que ce film a contribué à ma passion scolaire pour l’Histoire. Les Visiteurs exaltent l’identité française sans nationalisme. Le règne de Louis VI le Gros au 12eme siècle, c’est un peu l’âge d’or du Moyen-Age. Le recours au vieux français est l’un des ingrédients de la réussite de ce film. C’est crédible et on rit beaucoup. Les dialogues sont aussi savoureux que le comique de situations enrichi par les effets spéciaux.

« Longue vie à notre sire » grâce aux effets spéciaux de plus en plus performants en l’an de grâce 1992.

Les Visiteurs est une comédie réussie car elle se fonde sur l’imaginaire d’enfance du duo Poiré /Clavier. Le réalisateur a retrouvé des années plus tard, une petite histoire de quatre pages qu’il avait écrite à 17 ans en cours de mathématiques et qui se déroulait sur la Grand’place d’Arras.

Elle sera la trame du scénario retravaillé par Christian Clavier et lui-même.

Les Visiteurs est un film choral où tous les personnages ont un rôle important à jouer. Ils reconstituent en quelque sorte la société très hiérarchisée au Moyen-Age.

Bien évidemment tout repose sur le tandem Godefroy le hardi, le noble et son écuyer pas si fidèle Jacquouille la Fripouille. On rit de leurs déboires mais eux vivent un véritable drame : ils sont coincés à une autre époque parce qu’un mage incompétent a oublié une partie de sa formule. Heureusement, leur plongée dans le futur les rassure sur le fait qu’ils ont eu une descendance.

« Je suis Jacquouille la fripouille, son fidèle écuyer mais je ne sais pas quand je suis né « 

« Béatrice, pourquoi ton mari montre son fessard à une femme« 

« J’chante pas plus mal que Steph’ de Monac’ »

« Ma mère avait pour nom Gwendoline, elle est morte dévorée par les loups… parce que notre père qu’était parti pour boire à la taverne de Duchenot a crevé gelé dans l’étang à cause de son pied-bot.« 


Les femmes ont les rôles les plus louables du film : Dame Ginette se prend d’affection pour Jacquouille sans trop se poser de questions. Béatrice de Montmirail est une chrétienne exemplaire qui a le sens de la famille. Elle ouvre sa maison à ces deux moyen-ageux qui jurent comme des charretiers, ruinent sa maison et effrayent ses enfants.

Et enfin, les petits rôles annexes sont tout aussi importants : le mari dentiste de Béatrice qui est jaloux et méfiant envers Cousin Hubert, l’escadron de flics et les clients de l’hôtel. Mais surtout Jacquart, le nouveau riche tellement hautain avec son blazer jaune poussin. Quand Jacquouille rencontre son descendant, il se rend compte que l’époque dans laquelle il se retrouve coincé lui accorde beaucoup plus de libertés alors pourquoi ne pas y rester…

Je vous recommande la lecture du livre de Jean -Poiré : Rire est une fête, édité par Michel Lafon. Christian Clavier l’a préfacé. Je choisis les yeux fermés un film avec Christian Clavier que je considère comme l’héritier de Louis de Funès. J’ai écrit un article hommage à Michel Blanc en octobre, bientôt, j’écrirai un article sur cinq films marquants de Clavier.

Christian Clavier, héritier de Louis de Funès.

J’avais beaucoup aimé la rétrospective consacrée à Louis de Funès à la Cinémathèque en 2021.

A quand une vaste exposition dédiée à la troupe du Splendid et à Jean-Marie Poiré, le génial réalisateur de Papy fait de la résistance, Le père Noël est une ordure et Les visiteurs ? .