Romans·Séries

10 lectures, films et séries pour un été détendu, joyeux et solaire !

Voici ce que j’ai aimé lire, regarder comme séries et films cet été !

HPI avec Audrey Fleurot, Medhi Nebbou, Bruno Sanches, saison 3, TFI

Il fallait absolument que je débriefe la saison 3 de HPI ici. C’était une saison vraiment très réussie sur le point de vue des intrigues et du jeu de chien et chat qu’ont mené Karadec et Morgane… Mais j’ai vraiment regretté le tournant très glauque qu’ont pris certains épisodes. Ce n’est plus une série familiale à regarder avec des minots de 12 ans.

L’épisode final m’a choqué par sa violence ordinaire et banalisée. Le personnage du père de Morgane, Serge, est vraiment un affreux jojo toxique… Les acteurs sont toujours aussi bons et les scénaristes ont réussi avec beaucoup de subtilité à montrer les difficultés des personnes HPI à vivre des relations sentimentales et amicales paisibles.

A l’ombre des magnolias, saison 3, Netflix

SWEET MAGNOLIAS Copyright ELIZA MORSE/NETFLIX

Quelle déception cette saison. Alors que la saisons 1 et 2 avaient été des bons moments de détente avec des réflexions intéressantes sur l’amitié et les choix de vie, la saison 3 est un véritable naufrage en règle. Les dialogues sont vraiment nuls, on dirait des tirades de manuels de développement personnel à la noix.

Tous les personnages sont affligeants, seuls Maddie et son fils Tyler s’en sortent à peu près. Mais rien de bien intéressant ne leur arrive pendant cette saison. Seul le personnage de la harpie blonde qui revient en ville donne un peu de piquant à l’intrigue. Et encore, on s’ennuie ferme à Serenity cet été.

Les vieux fourneaux et sa suite : Bons pour l’asile avec Eddy Mitchell, Alice Pol, Myriam Boyer, Pierre Richard… adapté de la BD à succès éponyme publiée par Le Lombard.

Deux comédies bien agréables et divertissantes que nous avons regardé en couple. L’histoire est toute simple mais elle fonctionne. Mimille, Antoine et Pierrot sont trois septuagénaires, amis depuis l’enfance dans un village du Tarn et Garonne.

Ils ont milité ensemble comme syndicalistes contre Garan-Servier, l’industriel du coin. J’ai bien aimé que ces comédies mettent en scène des seniors (j’avais écrit un article sur La révolte des vieux en mars dernier) et que ça se passe à la campagne.

Le deuxième opus était très touchant quand les migrants témoignent de ce qu’ils ont vécu dans la salle des fêtes du village. Coup de coeur pour le jeu de Pierre Richard qui va bientôt fêter ses 90 ans. J’ai hâte de voir Madame Mills où il joue une sorte de Madame Doubtfire

Les cyclades avec Olivia Côte, Laure Calamy, Kristin Scott-Thomas

Ce film a été la bonne surprise de début d’été. Il raconte les retrouvailles entre deux copines de collège : Blandine et Magalie au moins vingt-cinq ans plus tard. Blandine a été larguée par son mari brutalement et son fils retrouve son amie d’enfance pour qu’elles partent ensemble en vacances sur une île en Grèce.

Il y avait de bonnes raisons pour qu’elles se perdent de vue. Ce voyage initiatique va les aider à sortir de leur zone de confort ou de leur zone d’excès pour retrouver le chemin de l’amitié. Un très bon duo de comédiennes complété par Kristin Scott Thomas qui joue une baba cool déjantée mais touchante.

Wahou de et avec Bruno Podalydès, Karin Viard, Eddy Mitchell, Sabine Azéma…

Peu médiatisé, la bande annonce du film a plu à mon mari (ouf!) avec qui on aime bien regarder les émissions sur l’immobilier de Stéphane Plaza sur M6. Cette comédie sociale raconte deux agents immobiliers dans le coin de Bougival qui tentent de vendre une belle meunière, piscinable, à proximité directe avec le RER.

Ainsi qu’un appartement T3 tout neuf, sans âme, dans une résidence moderne située dans le triangle d’or de Bougival. La galerie de personnages qui vont visiter les deux biens est savoureuse. C’est à la fois drôle, émouvant, cocasse avec des références à Dupont et Dupond bien trouvées. Mention spéciale au couple Azéma/ Mitchell qui crève l’écran !

Marry me avec Jennifer Lopez et Owen Wilson, comédie familiale sur Netflix

Deux stars internationales : Kat et Bastian, un couple latino surmédiatisé a la très mauvaise idée de s’unir devant leurs réseaux sociaux pendant un clip où la mariée est tout sauf décente : le body nude c’est vraiment le comble de la vulgarité même avec des joyaux byzantins.

Le fiancé est pris en flagrant délit de cocufiage en direct, Jennifer euh Kat doit se rabattre à la hâte sur Charlie, un professeur de maths, très circonspect face à cette vaste mascarade médiatique. Il a eu la mauvaise idée de tenir une pancarte Marry me alors que Jennifer encaissait le coup sur scène. Ils vont jouer le jeu pendant plusieurs mois et apprendre à se connaître.

Ce n’est pas le film de l’année mais j’ai bien aimé cette esquisse de réflexion sur la notion de vie privée et de normalité face aux réseaux sociaux, particulièrement pour les ados qui verront ce film.

J’aimerai tant que… Jodi Picoult, Actes Sud, mai 2023

J’avais beaucoup aimé le style fluide et sensible de Jodie Picoult dans Mille petits riens. Ce nouveau roman est une belle carte postale des Galapagos vécue par une new-yorkaise trentenaire. Elle et son chéri Finn, qui est chirurgien devaient s’envoler pour ce paradis alors que la pandémie de covid-19, cette chose mal identifiée fait son entrée fracassante dans leur vie… Un roman déroutant qui parle des ruminations de notre cerveau…

Un jeudi saveur chocolat, éditions Nami

Je suis une grande fan des éditions Nami depuis que j’ai découvert Bienvenue à la charmante pension… mais je connaissais très mal la littérature japonaise. J’ai beaucoup été touchée par ce recueil de nouvelles qui met en scène une douzaine de personnes. Ils gravitent entre Tockyo et Sydney. C’est un roman très contemporain qui décrit une société japonaise très codifiée et marquée par ses traditions ancestrales.

Loin d’Alexis Michalik, Albin Michel

J’ai adoré ce roman d’aventures qui réunit un frère et une sœur : Antoine et Anna accompagné de leur ami d’enfance, Laurent à la recherche de leur père. Le seul indice qu’il leur ai laissé est une vague carte postale envoyée depuis un manoir en Autriche. J’ai été vite happée par cette quête filiale bien écrite. Elle va les mener aux quatre coins de l’Europe, voire même plus loin… Certains chapitres sont vraiment tirés par les cheveux mais c’est une histoire attachante portée par des personnages entiers. Un bon roman d’été !

Successions, Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider, Albin Michel

Enfin, je termine cette sélection d’été avec un essai sociologique un peu people et politique comme je les aime. Ecrit par deux brillantes journalistes du Monde, il retrace une douzaine de destins familiaux.

Ce sont sans doute les plus riches industriels de France : les familles Bouygues, Bolloré, Seydoux, Peugeot, Arnault qui racontent comment ils ont reçu et comment ils comptent transmettre leur héritage patrimonial à leurs enfants. J’ai beaucoup aimé l’aspect psychologique de cet essai. Je m’étais régalée de lire la saga familiale des Hallyday dans le livre Ils se sont tant aimés de Léna Lutaud, également chez Albin Michel.

Retrouvez-ici mes précédents articles dans le blog :

-Hommage à Jane Birkin, meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg

Week-end familial au Crotoy pour le 14 juillet

Romans

J’aimerai tant que tu sois là : être bloquée dans un paradis quand l’autre patauge en enfer, le dernier roman de Jodi Picoult

Décidément l’algorithme d’Instagram me connait bien (c’est même flippant). Il m’ a rapidement montré une très belle couverture de livre : une carte postale d’une plage des Galapagos, écrit par une auteure que j’affectionne : Jodi Picoult.

J’aime beaucoup son style efficace et précis. Cette auteure américaine sait traiter les sujets de société avec beaucoup de sensibilité. Je l’ai découverte avec le pavé Mille petits riens (choisi également pour sa couverture) qui traitait du racisme dans une maternité.

Avec son dernier roman : J’aimerai tant que tu sois là, Jodi Picoult ne quitte pas le monde hospitalier mais s’évade tout de même du côté des Galapagos… Je m’explique.

Ce roman ultra contemporain raconte comment le tout début de la pandémie mondiale de coronavirus a pulvérisé tous les plans d’un couple de trentenaires new-yorkais.

Finn est chirurgien, Diana est l’assistante d’une grande spécialiste de l’impressionnisme chez Sotheby’s. Ils ont planifié un voyage inoubliable aux îles Galapagos où contre toute attente Finn devrait la demander en mariage.

Sauf que Finn est réquisitionné à l’hôpital pour soigner la plus énorme des pandémies, une maladie totalement inconnue : le coronavirus qui abat comme des mouches les Hommes du 21eme siècle qui se croyaient invincibles grâce à la modernité…

Pour moi, une lecture sera réussie et menée jusqu’au bout si la situation initiale me permet de nouer une alliance thérapeutique avec les personnages (je blague à peine). Si je les trouve pas rapidement attachants ou que l’auteur ne les présente pas assez bien, et bien j’abandonne mon livre comme une vieille chaussette.

J’ai beaucoup aimé le premier chapitre de ce roman où Jodi Picoult détaille la complicité de Diana avec son père, ancien peintre restaurateur d’une superbe fresque à la gare centrale de New-York (celle dans laquelle est tournée une scène de Gossip Girl, la pauvreté de mes références).

Diana a fait carrière dans le domaine du marché de l’art et je me suis régalée à suivre son ascension professionnelle jusqu’à son apogée et visiblement sa chute. Par un coup de poker, elle est arrivée à convaincre la veuve japonaise d’une rock-star (la ressemblance avec Yoko Ono est vraiment évidente) de confier à son entreprise la vente aux enchères d’un tableau inestimable de Toulouse-Lautrec : Le lit.

Sa côte vient du fait qu’il représente une scène sulfureuse dans un lupanar de Montmartre où l’on se transmet la syphilis sans retenue. Jodi Picoult raconte beaucoup mieux que moi la fascination qu’exerce ce tableau sur ses spectateurs.

C’est drôle parce que quinze jours avant de lire ce livre, j’étais au Crotoy et nous sommes passés devant la maison de convalescence de Toulouse-Lautrec.

Mais alors que viennent faire les Galapagos dans cette histoire ? J’y viens mais à pas prudents, de risque de vous spoiler l’intrigue. Finn, le beau chirurgien, convainc sa belle Diana de se rendre aux Galapagos plutôt que de rester confinée à New-York tant que les aéroports sont encore ouverts…

Ce choix pas évident va avoir une incidence déterminante sur l’avenir de leur couple. Qui dans le monde en mars 2020 avait une petite idée de la manière dont allait se dérouler son quotidien alors que la vie quotidienne s’est arrêtée brutalement, que tous nos repères ont été chamboulés…

Certains ont été en première ligne du covid comme Finn et les milliers de soignants qui ont dû affronter une maladie tellement puissante, inconnue et redoutable qu’elle a tué de manière violente. La radicale contamination de son entourage a plongé l’Homme dans un cercle vicieux de culpabilité, insécurité et paranoïa. Bien difficile de retrouver sa vie d’avant…

Paysage côtier aux îles Galapagos. © Getty Images

Finalement, j’ai décidé de ne pas vous dévoiler l’intrigue aux Galapagos pour vous inciter à lire ce très bon roman. Je l’ai trouvé déroutant mais très fin et sensible, fidèle à ce que j’aime lire avec Jodi Picoult. Mais sacrément déroutant…

C’est un roman très réussi qui aborde différents thèmes comme la culpabilité, l’instinct maternel, l’instinct de survie et comment on s’adapte. Le sujet de ce livre traite des mécanismes du cerveau quand il est attaqué par un ennemi fourbe comme Coco le virus. Comment il se défend ou comment il délire à travers des rêves ultra-réalistes.

Moi quand j’ai attrapé le variant anglais, j’ai déliré pendant trois jours avec des rêves farfelus et répétitifs (une même situation grotesque avec une fontaine de ma ville car c’est l’étymologie de ma ville).

Ce livre va vous rappeler des mauvais souvenirs communs que notre résilience nous a convaincu d’oublier rapidement pour ne pas sombrer. Les e-mails de Finn où il raconte sa lutte harassante et décourageante dans l’unité Covid sont déchirants. C’est le personnage le plus attachant qu’on a envie de consoler et de soutenir.

Je conclus cette chronique de livre fort décousue en dédiant cet article (tant pis s’ils s’en battent les steaks, c’est symbolique) à tous les soignants qui ont continué à exercer leur vocation avec des tenues de cosmonautes mais aussi les dentistes, les orthophonistes comme ma pote Marion… Ma dentiste m’a raconté que cette tenue complètement inconfortable, elle a dû la garder pendant un an…

J’aimerai tant que tu sois là, Jodi Picoult, Actes Sud, mai 2023, 400 pages, 23€

D’autres chroniques de romans à retrouver dans ce blog !

-Sauveur et fils, Marie-Aude Murail, L’école des loisirs : Thérapie de groupe

-Enquête policière en cours au Havre : Angie de Marie-Aude Murail

-Un dernier été et Un été à Nantucket : comment Paris-Match a façonné mon imaginaire littéraire.

Expos·Musique

Hommage à Jane Birkin, meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg

Je suis une enfant des années 1990 et quand j’étais petite, je me rappelai de Jane Birkin qui chantait La gadoue avec un délicieux accent anglais, plaisant pour les enfants.

Il y avait une blague un peu nulle sur sa petite poitrine qui circulait :  » des œufs sur le plat comme Jane Birkin »…

Mes parents n’étaient pas des grands fans de Serge Gainsbourg mais ils appréciaient sa poésie comme tout le monde. Ses chansons font partie du patrimoine culturel français et on regardait avec plaisir les images d’archives des émissions de variétés chez Drucker ou dans l’émission d’Arthur Les enfants de la télé.

Mais dernièrement avec #Metoo, l’étoile de Gainsbourg a pâli. Ses grossièretés envers la regrettée Whitney Houston ne font plus rire, elles sont même gênantes.

Jane Birkin vient de nous quitter et bon nombre de médias féministes s’offusquent qu’on la réduise à un statut de muse de Gainsbourg, qu’on ne montre que ses photos de jeunesse pour illustrer sa beauté…

Gala était la muse de Salvator Dali, Fernande Olivier celle de Picasso… Jane Birkin était une artiste complète qui a su mettre en valeur la poésie des textes de Serge Gainsbourg. Ils étaient un vrai duo artistique.

La preuve, elle a continué de composer d’autres chansons après sa mort en 1991. Elle a eu une très belle carrière internationale alors qu’elle était bien malade.

Jane Birkin était aussi une femme engagée, un excellente comédienne sachant jouer aussi bien la comédie que le drame classique. Et puis elle a eu trois filles qui excellent toutes les trois dans les domaines artistiques : la photographie, le cinéma et la chanson…

En lisant pas mal d’articles et en visionnant un superbe documentaire Jane Birkin et nous, j’ai réalisé à quel point les Français se sont attachés à elle. J’étais bien peinée devant ma télévision de la découvrir si diminuée à la dernière cérémonie des Césars avec sa fille et sa petite-fille.

Serge et Jane, une famille à laquelle on s’attache.

Serge Gainsbourg et Jane Birkin ont vingt ans d’écart. Mais ils ont tous les deux une histoire personnelle marquée par la seconde guerre mondiale. Serge Ginsburg vient d’une famille juive qui a perdu sa nationalité française, il a dû se cacher quand il était petit, une pleine nuit en forêt car l’internat dans lequel il était caché, fut fouillé par les nazis.

Jane Birkin est la fille d’un officier de la Navy qui a aidé des milliers de Français à rejoindre l’Angleterre depuis la Bretagne en traversant dangereusement la Manche la nuit.

Serge Gainsbourg était un pianiste classique renommé dans les pianos-bar du Touquet. Jane a épousé très jeune le compositeur John Barry mais ça n’a pas collé entre eux.

En 1969 (la fameuse année…), elle s’enfuit en France avec sa petite fille Kate et rencontre Serge. Ils vont former une famille recomposée qui attirera tous les regards pendant une dizaine d’années. Andrew, son frère, va publier un très bel album de famille chez Albin Michel…

La France va rapidement adopter cette petite Anglaise éprise de liberté qui va inventer une nouvelle féminité, à mi chemin entre Londres et Paris. Dans les années 1960, Londres attire tous les regards dans le domaine de la mode mais aussi de la musique…

Jane Birkin, figure de style, Vanity fair

J’ai lu un excellent article écrit par Anne Bouley dans Vanity fair, intitulé « Jane Birkin, figure de style » : « Jane B a invité le bohême cool en misant sur de belles matières comme le lin ou le cachemire. Elle a revisité des basiques comme le marcel blanc, la chemise d’homme trop grande et surtout les marier avec des couleurs douces comme le vert d’eau, le marine, le gris et toujours du noir. Jamais de couleurs vives qui à mon sens vieillissent les gens. Elle a revisité le vestiaire masculin de son homme pour lui donner du style : le total look denim et les Repetto blanches, c’est elle ».

Elle, la petite anglaise des sixties a su se créer un style tout particulier, renouvelant ainsi l’image de la Parisienne devant le monde entier. Le plus fou c’est qu’elle avait toujours une mode d’avance entre ses vingt et quarante ans. Monter les marches de Cannes en robe de soirée et panier en osier portugais, c’est tellement novateur et original.

Vu sur le site Nana Toulouse

Il fallait me voir devant le documentaire à plisser les yeux pour scanner tous ses looks entre 20 et 70 ans. Jane Birkin a misé toute sa vie sur le look androgyne qui se révèle être sexy contre toute attente.

Son première concert sur scène au Bataclan en 1987 à 40 ans est vraiment saisissant. Elle a choisi de se débarrasser de tous les artifices féminins comme le maquillage, elle a taillé ses longs cheveux pour que le public ne se concentre que sur les chansons de Gainsbourg… Et pourtant elle a une présence scénique incroyable…

Dernièrement j’ai lu un recueil de nouvelles Un jeudi saveur chocolat avec un personnage japonais très intéressant. Une femme publicitaire qui portait un sac Birkin crée par Hermès. Ce sac symbolise le luxe mais aussi la France.

Birkin c’est la France. Elle est plus connue ici que dans son pays d’origine. Avec son interprétation joyeuse et sensible des chansons de Serge Gainsbourg, elle a su conquérir le cœur de plusieurs générations de Français.

Gainsbourg, un grand cynique qui créait de si belles chansons d’amour

Les chansons un peu provoc de Birkin et Gainsbourg sont marrantes (et encore) : Je t’aime moi non plus, 1969, année érotique… mais c’est de l’esbrouffe ! Moi j’aime leurs chansons d’amour superbes comme Fuir le bonheur avant qu’il ne se sauve, La javanaise, Je suis venu te dire que je m’en vais… Même Couleur café est une chanson d’amour !

Jane Birkin était une fausse ingénue qui chantait des paroles simplistes mais divertissantes à la télévision comme avec Jacques Dutronc ou La Gadoue qui lui va comme un gant. Et puis il y a aussi des chansons où sa voix proche de la fêlure est aussi puissante que celle de Johnny Hallyday dans l’extrême inverse.

J’aime beaucoup Ex fan des sixties, petite baby doll, qui est toute simple mais qui donne autant d’émotions qu’une diva… Il faut que je mette la main sur son disque Arabesque où elle allie les textes de Serge Gainsbourg avec des mélodies orientales…

J’ai eu du mal à écrire cet article cette semaine tant la personnalité en question était fantastique. Avec son décès, j’ai découvert à quel point l’artiste me fascinait. Ses engagements politiques et sociétaux sont tout aussi louables et représentatifs d’une femme qui se soucie des autres.

Jane Birkin est allée à Sarajevo pendant la guerre civile, elle est allée chanter pour les sinistrés de la centrale nucléaire au japon en 2011…

Cet automne, j’ai hâte de visiter l’exposition Johnny à la porte de Versailles, ou encore la Maison Gainsbourg, rue de Verneuil. J’aime beaucoup le street-art mais cette façade d’hôtel particulier dans le 7eme arrondissement est sacrément repoussante.

Je comprends pas bien au nom de quel art, les fans de Serge Gainsbourg viennent apposer leurs graffitis. Faites au moins une œuvre d’art collective !

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Dans ce blog, j’aimerai accorder une plus grande place à la chanson française que j’aime tant… Je suis quelqu’un qui aime beaucoup lire les biographies des chanteurs, des acteurs. Je lis Paris-Match chaque semaine.

J’ai commencé à écrire quelques articles dans le domaine de la chanson et du cinéma :

-Andrée Grise, Demain, j’irai mieux, un album inspiré…

-Stromae et ses chansons incontournables de la décennie 2010.

-Hommage à Belmondo et à une France qui n’existe plus…

Lifestyle

Un mois de juillet pluvieux mais heureux…

Heureusement qu’il y a eu plein de bons moments ce mois-ci car j’ai trouvé juillet sacrément long… Après juin, bien occupée avec les spectacles de fin d’année, j’ai entamé le mois de juillet un peu sur les rotules.

J’ai l’impression que cette fatigue est générale tant on sent les gens à cran et ayant du mal à décrocher de leur boite e-mail pro (moi la première)…

En juillet, je me suis régalée avec une visite guidée de l’ancienne chocolaterie Menier à Noisiel. C’était vraiment passionnant de retracer un siècle de réussite industrielle avec de telles innovations. Pourtant j’ai trouvé dommage qu’un tel patrimoine : la beauté du moulin Saulnier ne soit pas mieux mis en valeur par la société Nestlé qui l’exploite.

J’ai d’ailleurs lu Successions de Raphaëlle Bacqué et Vanessa Schneider, publié par Albin Michel. C’est une superbe enquête journalistique sur la transmission d’empires industriels chez les Bolloré, Peugeot, Arnault, Seydoux, Bettencourt, Bouygues… De la littérature people comme je l’aime mais pas que : de la fine psychologie familiale également…

En début de mois, j’ai eu le grand plaisir de déjeuner un dimanche midi avec ma grande amie Marion sur une guinguette au pied du pont-Marie : les Maquereaux. Le prix d’une salade Caesar avoisinait les 15€ comme d’hab, mais quel plaisir d’être bien accueillies, d’avoir de la place et tout le temps qu’on voulait pour manger au bord de l’eau…

Je suis bien contente d’avoir visé juste en lui offrant ainsi qu’à son jules, le livre Accidentally Wes Anderson… Ce réalisateur américain a le vent en poupe en ce moment sur Instagram. La médiathèque de Fontenay sous bois où je vis a mis en place un cabinet de curiosités autour de son univers tout à fait génial.

Juillet c’est également le mois de Fontenay sous soleil, une manifestation qui me réjouit particulièrement. Quelle joie de lire sous les arbres du parc des Epivants pendant que ma fille s’époumone dans les jeux gonflables…

Ce mois-ci, j’ai aussi renoué avec le vrai plaisir d’être une touriste dans ma ville : Paris. On a eu la chance d’avoir une belle visite guidée organisée par mon employeur : L’ Alliance biblique française avec l’Observatoire Pharos. J’ai découvert l’hôtel des Invalides en vrai et c’était un très bon moment lors de la visite La haine des clans au musée de l’armée.

J’ai raconté dans ce blog comment je suis devenue protestante à l’école primaire. Quel privilège de pouvoir choisir librement sa religion aujourd’hui alors que des Français qui se revendiquent du même Jésus se sont entretués il y a quatre siècles.

Le 14 juillet, nous sommes partis pour 24 heures au Crotoy et c’était bien agréable grâce aux prix cassés de la SNCF.

En fin de mois, nous sommes retournés aux Buttes-Chaumont, sur demande de notre petite fille. On a lu en famille l’album jeunesse Hulotte et Léon, écrit et illustré par Juliette Lagrange, édité par L’école des loisirs. Malheureusement l’accès au petit belvédère et au pont était fermé pour travaux.

Droits réservés Juliette Lagrange

Dimanche, nous nous envolerons avec beaucoup d’impatience pour la Bulgarie pour des vacances bien méritées. C’est peu dire que le premier semestre 2023 a été intense pour nous tous.

Heureusement, je sais exactement comment me détendre : dessiner sur du Canson, mater des séries sur la terrasse à Sozopol, lire des livres au bord de la piscine et faire des châteaux de sable avec ma fille !

-Buller en dessinant dans son bullet journal

-Faire découvrir à ma fille le plateau ardéchois de mon enfance

Bullet journal

Compiler ses lectures, les films, les expos et les séries qui m’ont marquée dans l’année dans mon bujo…

Ca y est ! Je suis enfin en mode vacances ! A moi bucket list et projets d’été en attendant que mon mari soit aussi en vacances pour pouvoir s’envoler en famille pour la Bulgarie !

Ce printemps, un projet d’envergure m’a mobilisé pour mon blog et mon bullet journal. Pour l’instant, je l’ai un peu laissé tomber car compiler cinq ans de lectures, films et séries sur une page de blog s’est avéré beaucoup trop ambitieux.

Mais je trouverai le bon format car quand j’entends au bureau la petite phrase « Je n’ai plus rien à lire, j’ai fini ma dernière série Netflix« , cela me motive pour la rentrée.

J’avais déjà fait cette petite liste de 15 romans marquants pendant le confinement. Mais elle ne demande qu’à être enrichie. Merci pour tous vos partages, vos échanges en commentaires qui me font découvrir de nombreux livres. Mes trajets quotidiens en RER A et RER B ont une toute autre atmosphère grâce à un bon roman !

Chaque mois je dessine des livres sur la tranche ou en piles et je note leur titre. Mais c’est beaucoup mieux quand j’y ajoute une miniature de leur couverture. J’ai une mémoire visuelle et sans la couverture, je vais rapidement oublier le livre en question.

Ces pages culture sont vraiment de bons aide-mémoires pour moi pour écrire des articles de blog. J’aime bien les agrémenter de tableaux ou de collages trouvés dans des magazines comme Flow ou Vanity Fair. Avec ces pages, je me suis rendue compte de l’importance de la culture dans ma vie. Avec une ville aussi belle et dynamique que Paris, je suis servie !

Pour les films et les séries, longtemps j’ai dessiné une pellicule en noir et blanc. Mais c’est un peu laborieux à dessiner et pas si joli que ça finalement. Je préfère dessiner désormais des tickets de cinéma qui sont beaucoup plus esthétiques et faciles à réaliser.

Enfin, j’ai même pensé à faire un carnet qui serait consacré seulement à mes lectures et les films et séries que j’ai regardé dans l’année. J’ai abandonné cette idée car j’ai déja cinq bujos depuis 2017 et cela prend de la place sur mon bureau.

Alors je fais attention à faire toute une page pour noter mes ressentis pour une lecture marquante (voir ci dessous mes impressions du roman Un dernier été, que j’ai reçu des éditions Les escales en service de presse en mai dernier).

Un grand merci à mon amie Sophie du foyer La Vigie pour ses encouragements. On s’est revues en juin après un bout de temps et j’espère que cet article lui donnera envie de sauter le pas pour créer son propre bullet journal !

Retrouver ici mes précédents articles qui parlent de bullet journal :

-Buller en dessinant dans son bujo

-Tenir un bullet journal autour de la naissance de son enfant

Littérature jeunesse

L’univers de Juliette Lagrange : un dessin architectural puissant au service des souvenirs !

J’ai découvert l’univers de Juliette Lagrange en visitant la rénovation de la librairie Chantelivre, rue de Sèvres, la vitrine de l’illustre maison d’édition suisse : L’école des Loisirs.

Son dessin architectural est vraiment grandiose et s’adapte merveilleusement bien aux volumes de la librairie.

Il y a les toits de Paris en zinc bien sûr mais aussi les petits voiliers du jardin du Luxembourg et les fameuses mansardes des chambres de bonnes des immeubles haussmanniens. Cette visite est incontournable pour tous les amoureux des librairies à la rentrée.

J’étais emballée par sa scénographie dans la librairie mais j’ai vraiment été subjuguée de recevoir en #service de presse ce superbe album : Hulotte et Léon. Un immense merci à l’Ecole des loisirs pour cet envoi. Il a vraiment séduit toute la famille : ma fille de quatre ans ainsi que ses parents.

La maison du gardien des Buttes Chaumont, droits réservés Juliette Lagrange

On le lit presque tous les soirs et nous avons prévu une balade aux Buttes-Chaumont avec le livre. Il faut dire que c’est là où nous avons eu notre premier rendez-vous amoureux avec mon mari en avril 2012.

J’ai trouvé que l’histoire était un peu commune : une bluette entre Hulotte et son meilleur ami Léon lors d’un voyage scolaire à Paris mais la magie est là.

Et puis la force de ses albums vient vraiment de la qualité et du gigantisme de son dessin architectural. Les parents qui lisent l’album à leurs enfants le soir sont forcément convaincus…

Je suis vraiment contente d’ajouter ce livre à la bibliothèque de ma fille autant pour elle que pour moi. Il est vraiment révélateur de la féérie de Paris dans les albums jeunesse. Moi j’ai été marquée par Un lion à Paris de Béatrice Alemagna quand je gardais des enfants, Madeline, la petite fille Américaine que je regardais en dessin animé avec mon frère…

L’album se termine avec une belle double-page sur l’Ile Saint Louis, encore un endroit cher à mon coeur. Ce quartier où mon histoire d’amour a commencé avec Paris en septembre 2005…

Droits réservés Juliette Lagrange.

Hulotte et Léon, Juliette Lagrange, Kaléidoscope, 13€50

Nickel le teckel, Juliette Lagrange, Albin Michel jeunesse, 13€90

Ce petit album pour les 3-6 ans raconte la quête de Nickel, un petit teckel qui cherche sa voie car il a d’autres aspirations que ses frères. L’action se déroule encore dans les grandes avenues du Paris Haussmanien. J’ai beaucoup aimé cette histoire basée sur l’introspection à hauteur d’enfant.

Retrouvez ici mes derniers articles consacrés aux livres pour enfants, chansons pour le soir et autres expositions à visiter en famille.

-La vie de chateau avec le chateau de Versailles comme terrain de jeux pour se reconstruire…

-On a testé la Cité des enfants à la Villette en famille

-Une chanson douce, incontournable dans la playlist de ma fille.

Carnets de voyages urbains

Une virée de qualité au Crotoy le 14 juillet malgré une météo chaotique !

Pour le 14 juillet, nous voulions absolument partir à la mer pour nous évader le temps d’un week-end. Grâce au journal Le Figaro, j’ai trouvé un super plan ferroviaire que j’ai nommé #Danstesdentsl’inflation. Un aller-retour Paris Gare du Nord-Noyelles sur mer pour 5€ le billet par adulte et 1€ par enfant. Nous en avions déjà profité en juin 2020 pour aller au Touquet.

Cette initiative sociale est celle du TER Hauts de France et je la salue. Comme les billets de train étaient presque donné, on s’est octroyé un aller-retour en taxi Noyelles sur mer- Le Crotoy à quinze kilomètres de la gare.

Il y a des navettes de bus et des locations de vélo mais nous avons joué la sécurité. On savait que la météo ne serait pas excellente le samedi après-midi et nous n’avons pas trop rigolé quand deux averses assez courtes nous sont tombées dessus.

On a quand même pu manger des fish and chips et des moules frites à La bonne franquette II pour 15 euros avec une entrée de crevettes roses dans la rue principale du Crotoy. Mais le salon de thé que j’avais envie de tester était bondé avec la pluie. On était plusieurs familles avec des enfants en petites tenues d’été et capes de pluie.

Donc, on s’est tous rapidement réfugié dans l’église Saint-Pierre qui était ouverte non-stop. On peut dire tout ce qu’on veut de la religion mais l’église c’est un endroit qui t’accueille à toute heure et tu peux rester aussi longtemps que tu veux…

C’est rare dans notre société capitaliste. On a eu la possibilité de suivre le chemin de croix avec les ex-votos pour confier les bateaux de pêche à Dieu. Cela m’a fait immédiatement penser à Notre Dame de la Garde à Marseille.

Puis la pluie a cessé mais le vent était quand même sacrément fatigant. On a eu la très bonne idée de prendre le petit train touristique pour faire une ballade de 30 minutes dans cette petite ville de 2000 habitants à l’année, 15 000 personnes à la haute saison. Le petit train coûtait 5 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 5 ans.

Très belle promenade le long de la baie de Somme avec commentaires du guide. Le parfumeur Pierre Guerlain a tenté d’attirer l’impératrice Eugénie pour faire du Crotoy une station balnéaire Belle époque mais l’impératrice n’est jamais venue. Par contre, Jules Verne a écrit pendant une cure de santé Vingt mille lieux sous les mers. Sa villa La solitude en plein centre-ville ne se visite pas.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette petite ville très touristique où l’immobilier se porte très bien : pas de commerces vacants, des chambres d’hôtes en veux tu en voila et surtout de très belles villas en petite brique et céramique émaillée.

Cela m »a donné envie de retourner à Mers-les-Bains, visiter Amiens…

Enfin, nous avons eu la joie de retrouver notre ancienne nounou Nathalie et toute sa famille dans un café à Noyelles sur mer. Ils passent toutes leurs vacances dans un camping du coin.

Ce type de vacances est privilégié par les Français comme en témoigne le récent reportage d’Envoyé spécial sur le sur-tourisme à Etretat, au Mont-Saint Michel…

Lors de notre prochaine visite à Noyelles sur mer, peut-être que nous réserverons au Relais de la baie, un superbe estaminet qui fait aussi brocante…

Retrouvez ici mes précédents carnets de voyage à Dieppe, Lille et même en Guyane

Romans

Un jeudi saveur chocolat, éditions Nami quand la littérature se dévore…

J’ai découvert les éditions Nami grâce à la box Kube à laquelle, je collabore depuis 2017. J’ai eu un vrai coup de coeur pour Bienvenue à la charmante pension de Cécilia Duenas qui se déroule en Espagne. Kube m’a envoyé deux romans pour l’été Un jeudi saveur chocolat et Le restaurant des recettes oubliées.

Je lis très peu de littérature japonaise mais cette culture que je connais très peu, me fascine. Je me souviendrai toujours de l’extrême courtoisie et gentillesse des touristes japonais, leur amour de la France quand je les conseillais à la librairie du musée du Louvre.

J’ai découvert il y a peu une pâtisserie japonaise Snafle’s Paris, avenue Ledru Rollin qui est devenue ma nouvelle adresse goûter entre copines ! J’aime énormément les petits cafés bien décorés avec une belle carte de desserts et de boissons. Je rêve un jour d’en monter un avec des néons originaux, de la belle vaisselle à mi chemin entre librairie, café et concept-store…

C’est d’ailleurs ce qui m’a beaucoup plus dans ce roman Un jeudi saveur chocolat. Le cadre de l’histoire est un café très cosy où l’on se sent bien pour s’évader de son quotidien à Tockyo. Les effluves de café et de chocolat chaud sont propices à la rêverie, aux rencontres importantes et à l’introspection.

Un jeudi saveur chocolat, Michiko Aoyama, traduit du japonais par Alice Hureau, 18€

Il s’agit d’un roman choral où une vingtaine de personnages convergent plus ou moins directement vers ce fameux café. Il y a le responsable du café qui tombe amoureux d’une cliente, une directrice d’école qui y retrouve une de ses plus anciennes amies. Autour d’une de ces petites tables en bois, les cœurs vont s’ouvrir pour verbaliser l’évident mais aussi ses frustrations, ses doutes et ses incompréhensions.

Ce roman très contemporain se structure en douze chapitres intitulés avec des couleurs, ils se déroulent entre Tokyo et Sydney. La proximité géographique et la confrontation culturelle entre ces deux villes est passionnante.

J’ai beaucoup aimé les premiers chapitres avec l’histoire de la publicitaire un peu perdue pour s’occuper de son fils pendant un voyage professionnel de son peintre de mari. Il a décidé d’être homme au foyer, les mamans de l’école l’apprécient beaucoup et sa femme se sent tiraillée entre ses choix et l’image que la société lui renvoie.

Cette lecture m’a fait sortir un peu de ma zone de confort sur mes lectures, elles racontent beaucoup ma petite société occidentale bien familiale. Avec ce roman, j’ai découvert une société japonaise qui ne fait pas de cadeau à ses membres. Il y a des carcans bien figés comme le fait de se vernir les ongles dans une école maternelle ou montrer des effusions de joie et de sympathie avec une amie dans un café…

J’ai aimé lire comment malgré ces règles ancestrales et assez sévères, les hommes et les femmes de ce livre exprimaient leurs doutes, leurs joies, leurs paradoxes pour affirmer leur identité. Le cadre rassurant du café les aide à tenir bon dans leurs positionnements.

Contrairement à son titre très efficace, ce roman parle peu de chocolat. Mais pourtant tout est savamment bien conçu. C’est une belle réussite marketing avec une couverture cocooning bien réconfortante (signée Léa LePivert) . Il y’a un chat dans le café et ce sont des animaux incontournables de la littérature japonaise.

Michiko Aoyama, son auteure a également écrit La bibliothèque des rêves secrets, best-seller : 300 000 exemplaires vendus comme l’indique le bandeau du livre. J’adore les bandeaux de livres, c’est vraiment chic !

La littérature japonaise fait partie de l’ ADN des éditions Nami qui signifie vague en japonais. Leur slogan c’est un voyage à soi. Cette maison d’édition du groupe Leduc et des éditions Charleston, célèbre la littérature de l’intime. Et cela me plait énormément.

Cette lecture m’a fait beaucoup pensé à la visite guidée que j’ai faite de la chocolaterie Menier à Noisiel début juillet. J’avais déjà écrit sur cette belle découverte architecturale en bords de Marne ici.

Cette fois-ci, je suis entrée dans le saint des saints : le siège de Nestlé et même le moulin Saulnier. C’était au 19eme siècle, la plus grande chocolaterie au monde.

La famille Menier a mis en place un empire industriel qui s’étendait des plantations de cacao au Nicaragua jusqu’à la Tamise, où étaient commercialisées les fameuses tablettes de chocolat.

Le voilier Le Belem a même appartenu à la famille Menier pour convoyait les fèves de cacao au port du Havre. Ce cacao est le motif phare de cette superbe façade Art nouveau avec une armature en acier tout à fait novatrice. Le monogramme M est inscrit partout, on dirait une malle Vuitton. Les briques roses en céramique sont purement décoratives.

J’ai vraiment adoré cette visite avec l’horloge du moulin, les épis de faitage en forme d’étoiles sur le toit. C’est un lieu unique et enchanteur où j’aimerai passer mes vacances au bord de l’eau.

Cela m’a forcément rappelé le moulin de mon arrière-tante Julienne à Wavrans sur Ternoise (toutes proportions gardées quand même).

Je laisse les étudiantes de la Sorbonne vous raconter bien mieux que moi l’histoire de ce lieu unique dans l’industrie agro-alimentaire française. Le guide de la ville de Noisiel, Sébastien, a su rendre cette visite passionnante alors que j’avais lu pas mal de choses sur la chocolaterie sur Internet en amont.

Moi je travaille dans l’industrie du livre mais j’ai vraiment adoré cette visite d’une célèbre marque française. Avec la construction de la cathédrale, la chocolaterie Menier a sans doute vu un peu trop grand car l’entreprise va décliner au cours du 20eme siècle avec les deux guerres mondiales et le crack boursier de 1929.

Mais Menier n’a pas pour autant disparu des rayons de supermarché sous la marque Nestlé.

Nous étions une vingtaine de personnes pour cette visite guidée (8 euros l’entrée) organisée par la ville de Noisiel.

La plupart des visiteurs étaient des retraités un peu nostalgique de leur enfance. Ils étaient touchants car ils avaient de grands yeux d’enfants quand on leur parlait de chocolat et ils espéraient même une dégustation à la fin de la visite.

Chacun était quand même un peu abasourdi de voir un si beau site avec un potentiel touristique si important, aussi peu valorisé. Nous avons visité une magnifique halle en parapluie comme le pavillon Baltard où je marierai bien ma fille dans vingt ans à moitié désaffectée. Rien n’est abimé ou dégradé mais c’est à moitié laissé à l’abandon.

Et il n’y a aucune boutique souvenir à la fin de la visite. Je suis sûre qu’une équipe de muséographie ferait un travail formidable pour créer une belle cité dédiée au chocolat à l’image de celle de Valrhona à Tain l’Hermitage. Monsieur Stéphane Bern, j’en appelle à votre concours !

Retrouvez ici mes précédents articles :

-La haine des clans, quand le musée de l’armée se penche sur un côté obscur de la Renaissance.

-Bienvenue à la charmante pension de Cécilia Duenas, éditions Nami

-Ma pile à livres, films et séries pour préparer l’été

-Fêter Kube avec un beau dîner au jardin des Plantes

Expos

La haine des clans, retour sur un aspect sombre de la Renaissance française au musée de l’armée.

Même quand on travaille dans un bureau, on peut avoir droit à une sortie de fin d’année avec ses collègues. Un grand merci à mon employeur L’ Alliance biblique française d’avoir organisé avec l’Observatoire Pharos, nos coworkers une visite guidée de l’exposition La haine des clans, au musée de l’armée.

J’en ai visité un paquet des musées parisiens durant mes études à l’Ecole du Louvre mais je découvrais leurs collections dans ce si beau lieu : l’hôtel des Invalides. Tout Parisien sait reconnaître ce fameux dôme doré de loin mais connait-on vraiment son histoire ?.

Il s’agit d’un hôtel du 17eme siècle qui accueillait les invalides de guerre. D’ailleurs, ce matin dans la cour d’honneur, nous avons assisté en sortant de l’exposition à l’hommage rendu à Léon Gautier, l’un des derniers soldats du bataillon Kieffer, ayant participé au débarquement en Normandie en 1944. Le personnel soignant qui s’occupe des invalides de guerre était présent.

Aux Invalides, il y a au moins trois musées à visiter : le musée de l’armée, le musée des plans reliefs et la chapelle qui abrite le tombeau de Napoléon 1er. Depuis que je suis petite, j’aime énormément l’histoire/géographie et cette exposition de société sur les guerres de religion m’a tout de suite rappelé mon année de CM2.

J’avais raconté dans ce blog comment je suis devenue protestante à l’école primaire. Je viens de Valence dans la Drôme. Situé entre les Cévennes et la Suisse, ce département a vu passer de nombreux Huguenots en direction des pays du Refuge. A l’Alliance biblique française, nous conservons des Bibles de chignon, des femmes protestantes les cachaient sous leurs cheveux lors des dragonnades.

Je salue la qualité de la scénographie. C’est ce à quoi je reconnais une expo réussie. Les objets sont choisis avec soin et mis en scène de manière théâtrale avec des moyens numériques complémentaires.

L’ échiquier des jeux de pouvoirs entre les différents protagonistes des huit guerres de religion est limpide comme de l’eau de roche.

Cette exposition me parait accessible aux enfants à partir de 10 ans même si les massacres représentés sur les tableaux grand format sont assez insoutenables car il s’agit d’une histoire vraie malheureusement, absurde et délirante mais bien vraie.

J’étais loin de me douter que j’apprécierai autant cette exposition qui fait la part belle aux armures, aux monnaies, aux armes, aux textes de loi… C’est ce que j’aime le plus les expositions des musées de société car elles sont comme des machines à remonter le temps.

Cela me rappelle mes cours à l’Ecole du Louvre en partenariat avec le MUCEM à Marseille, les TD au chateau d’Ecouen qui appartenait au connétable Anne de Montmorency, l’un des grands belligérants des guerres de religion.

La manière dont les armes sont mises en scène pour montrer l’impact psychologique d’un massacre urbain est saisissante.

Je ne pensais pas que voir en vrai l’édit de Nantes, l’édit de Fontainebleau le révoquant et le texte de loi de la séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, serait émouvant. Ces trois textes majeurs de l’identité française viennent des Archives nationales.

Je peste souvent contre le prix de plus en plus élevé des expositions à Paris. Mais vu la qualité intellectuelle et la mise en scène de l’exposition qui a nécessité le concours de nombreux corps de métiers, le prix du billet d’entrée est justifié.

Surtout pour quinze euros vous pouvez accéder à l’exposition et aux collections permanentes, à l’église des Invalides, au tombeau de Napoléon 1er, au musée de l’ordre de la Libération et celui des plans reliefs. La perspective d’une excellente journée familiale et culturelle !

J’ai bien envie d’y retourner pour visiter le musée de l’ordre de la Libération. Les Invalides mettent en valeur trois grandes personnalités françaises sur leur façade : ce bon vieux Nap, Louis XIV et aussi Charles de Gaulle, le héros de mes grands parents Annette et Jean.

RMN-Grand Palais / Emilie Cambier

J’ai découvert dans les collections permanentes du musée de l’armée cette robe France libre de l’épouse du général Dio. Il y aura une exposition intitulée Victoire organisée au musée de l’Armée en octobre prochain. Une thématique bien plus réjouissante que les sanglantes guerres de religion.

Comme quoi après plus de quinze ans de vie à Paris, je découvre encore de nouveaux lieux extraordinaires comme les Invalides.

Le site du musée de l’armée présente les Invalides comme une cité citoyenne où chaque citoyen est chez lui : j’ai trouvé ça assez juste à l’image de l’hommage de la Nation à Jean-Paul Belmondo ou aux victimes des attentats du 13 novembre 2015.

Retrouvez ici mes articles consacrés aux expositions qui m’ont inspiré dans ce blog :

-On a testé l’exposition Tintin de l’atelier des Lumières en famille

– Quand l’histoire familiale rejoint la grande Histoire : Les parisiens sous l’exode

-Gabrielle Chanel, impact décisif dans la mode occidentale du 20eme siècle

Foi chrétienne

Comment j’ai rencontré Dieu en échouant à l’université, dans ma petite chambre de bonne parisienne…

Dernièrement, j’ai eu beaucoup de joie à raconter dans ce blog Comment je suis devenue chrétienne à l’école primaire… grâce à des rencontres formidables. J’ai réalisé très tôt que le protestantisme était la spiritualité qui me convenait le plus : un accès direct à Dieu sans passer par la case confessionnal.

Alors, j’ai eu envie de raconter la suite : comment j’ai rencontré Dieu en échouant à l’université dans ma petite chambre de bonne parisienne. Ado, j’allais au groupe de jeunes de l’église pour être avec mes copains car ils étaient bienveillants et on passait des moments simples, sans prise de tête.

Mes meilleures amies étaient filles de pasteur, elles ont pris leur baptême par immersion à Charmes sur Rhône, dans un lieu unique. Je feignais l’indifférence mais leur engagement me titillait. Moi j’allais à l’église parce que je m’y sentais bien accueillie et que je suivais mes parents.

Et puis j’ai volé de mes propres ailes à dix-huit ans en intégrant l’Ecole du Louvre. Une école prestigieuse mais élitiste où je me suis rapidement rendue compte que ma scolarité en dilettante avait ses limites.

J’avais peur d’échouer, que ce beau rêve parisien ne vole en éclats au bout de quelques mois. J’étais tétanisée la nuit dans mon vieux lit du lycée quand je rentrais chez mes parents…

Je me faisais beaucoup de bile (c’est le cas de le dire), et fatalement, j’ai redoublé. Mais ce qui est fou avec Dieu, c’est qu’il transforme les épreuves en bonnes choses quand on s’abandonne à lui. En n’entretenant pas ma foi au quotidien, j’étais en prise au doute, au découragement mais Dieu ne m’a jamais abandonné. Il a répondu présent quand je lui ai demandé de l’aide.

J’ai repris le chemin de l’église, moi et mes mauvaises notes, grâce une amie qui était plus agée que moi. Elle m’a conviée à visiter son église de Paris-Belleville.

J’ai été vraiment touchée par son attention, un petit sms qui se souciait de moi l’air de rien en tapant droit dans le mille. J’ai trouvé dans cette église des vrais repères tant dans les relations que dans mon attachement au lieu, où j’ai pu m’enraciner.

C’est un magnifique temple du 19eme siècle avec des vitraux sobres mais tellement beaux. Des fois, un rayon de soleil traversait l’estrade sur laquelle jouait l’équipe de louange et c’était bien aidant pour entrer dans la présence de Dieu.

Le dimanche était un temps fort qui donnait de la force à ma semaine : j’appréciais beaucoup quand la louange s’envolait car les versets proclamés ont du sens dans nos vies. J’avais écrit il y a quelques temps un article sur les chants de louange qui m’édifient

Un culte protestant s’organise en trois temps importants : 30 à 45 minutes de louange avec des chants modernes ou des cantiques plus anciens joués avec une batterie, un piano, une guitare… Puis un temps d’annonces communautaires et de sainte Cène mais pas systématiquement. Et enfin un temps de prédication qui est donnée par quelqu’un de l’équipe pastorale.

Quand il est bien inspiré, un message de foi est tout sauf rasoir. Je n’ai pas vraiment lu la Bible en entier mais elle inspire et impacte ma vie dans mes choix, mes doutes, elle façonne mes réussites et m’aide à mieux vivre mes échecs. Après deux ans au foyer La Vigie, je suis allée vivre dans une petite chambre de bonne à deux pas des Champs-Elysées.

La solitude ne m’a jamais pesé car le dimanche, je rejoignais ma famille d’église qui m’a accueilli les bras ouverts. La richesse d’une église par rapport à une association ou un syndicat c’est de pouvoir rencontrer des gens de tous les âges, de toutes origines et de se considérer comme frères et sœurs, avec Jésus comme dénominateur commun.

Ce n’est pas l’article le blog le plus facile à écrire tant il tient à coeur. Aujourd’hui, j’amorce le virage vers le versant sud de la quarantaine et je jette un œil dans le rétroviseur : dans la décennie de ma vingtaine. Je remercie le Seigneur pour l’identité qu’il m’a donné, la manière dont il me structure pour gagner sans cesse confiance en moi, renouveler mes pensées quand elles ne sont pas toujours bien ajustées et accepter de lâcher prise en lui accordant une totale confiance.

Il m’a donné de vrais amis que je garde depuis quinze ans. Des grands frères et des grandes sœurs qui avaient une dizaine d’années de plus que moi et qui étaient déjà entré dans la vie active. J’adorais aller manger le dimanche après l’église au Mistral avec eux.

Dans notre église, il y avait aussi des gens dévoués qui prenaient le temps d’aider les autres en les écoutant (la relation d’aide) un dimanche après-midi sur leur canapé.

Depuis, nous avons déménagé en proche banlieue et il a fallu trouver une autre église. C’est beaucoup plus difficile de quitter un endroit auquel on est attaché. Il est temps de tourner une page pour en écrire une autre sans oublier ses souvenirs et ce qui nous constitue.

Retrouvez ici les articles qui parlent de ma foi en Jésus

Cinq chants de louange qui m’édifient

-Ces chaînes Youtube pour te donner envie d’aller à l’église même si tu aime faire la grasse mâtinée.

-Vivre sa foi quand on est ado avec la Youth Bible