Romans

Ma pile à livres et à films pour préparer l’été

Mi-mai, j’ai pris quelques jours de vacances. Je pensais dur comme fer que je rêvais d’arpenter de long en large les rues de mon Paris car depuis que j’habite en proche banlieue, je n’ai jamais le temps de flâner.

Au bout de deux-trois heures dans le quartier Opéra-Grands magasins, j’étais rassasiée de Paris car je n’avais pas anticipé le bruit des voitures, le monde dans les rues même un matin en semaine et le prix exorbitant de toutes les petites consommations sympas comme manger des pancakes en terrasse.

J’ai réalisé que la meilleure détente pour moi c’était d’acheter des bons romans à la FNAC des Halles et d’aller les lire sur mon balcon avec les oiseaux en fond sonore et une bonne citronnade maison.

La meilleure évasion pour moi : la lecture

Désenchantées de Marie Vareille, éditions Charleston, 2022

Très bon moment de lecture même si le premier chapitre du livre m’a glacé le sang. Mais connaissant la plume de Marie Vareille qui sait si bien montrer la profondeur des sentiments comme l’amitié, l’entraide entre femmes, j’ai persévéré. Il s’agit d’un roman générationnel qui se déroule dans les années 2000 dans une petite ville non loin du Cap Gris-nez face à l’Angleterre.

Il raconte une amitié qui a volé en éclats à cause d’une belle-mère franchement toxique et de très mauvais principes d’éducation quant à la masculinité et à la séduction sauvage qui n’a que faire du consentement.

Ce n’est pas un pamphlet féministe qui met tous les hommes dans le même sac. C’est bien plus fort : un roman qui met en scène des adolescentes sans repères parentaux bien solides qui vont être confrontées à des situations insécures, même carrément dangereuses.

Le reflet d’une réalité sociale bien présente quand on entend dans les médias les féminicides de ces derniers mois.

Après l’océan de Laurence Peyrin,2022, Calmann-Lévy

J’ai découvert ce livre grâce au blog de My little pretty books (encore une fois). J’avais déjà lu Ma chérie que j’avais chroniqué ici, une lecture sympa mais pas inoubliable. Je repense souvent à ce roman Après l’océan pour la profondeur des thématiques qu’il traite.

Il raconte comment deux sœurs, rescapées du naufrage du Titanic ont tenté de se reconstruire à New-York les mois qui ont suivis cette onde de choc dans la société américaine. J’ai beaucoup aimé comment l’auteure française a analysé ce traumatisme terrible (reconnu comme tel plus de cinquante ans plus tard) et les réactions humaines plus que maladroites que Letta et sa sœur ont dû affronter.

C’est un très bon livre qui parle de santé mentale avec nuances et intelligence. Il s’agit d’une famille de boulangers anglais qui ont tout vendu pour vivre le rêve américain. Après l’océan n’est pas un livre feel-good où un commerce comme une pâtisserie ou une librairie donne un sens à la vie d’une trentenaire un peu désœuvrée.

Dans ce roman, les tourtes, les brioches et les petits gâteaux préparés en famille sont des souvenirs heureux qui aident à la guérison de l’âme. Un texte puissant et vivant !

Toujours là pour toi, série Netflix adaptée de La route des lucioles de Kristin Hanna.

J’avais déja chroniqué mon coup de coeur pour la saison 1 de Firefly Lane car c’était une belle histoire d’amitié contemporaine. Mais la saison 2 diffusée sur Netflix a pris un tour beaucoup plus profond et dramatique.

C’est d’ailleurs, ce que j’aime avec les séries, elles permettent de bien mieux connaître les personnages, de comprendre les enjeux et les relations qui les font sombrer ou grandir. Le roman permet de mieux comprendre ce qui se passe dans l’esprit de Tully qui a dû mettre en place une sacrée carapace face aux nombreux abandons qu’elle a subi.

FIREFLY LANE (L to R) ALI SKOVBY as YOUNG TULLY and ROAN CURTIS as YOUNG KATE in episode 109 of FIREFLY LANE. Cr. COURTESY OF NETFLIX © 2020

Des séries de qualité qui sondent le caractère féminin avec la charge mentale et les injonctions sociales face à lesquelles on doit se positionner.

Bardot de Christopher et Danièle Thompson, France 2, avec Julia de Nunez, Yvan Attal, Victor Belmondo… Mini série de six épisodes qui raconte la jeunesse de Brigitte Bardot.

Rien n’est plus difficile que réaliser un biopic sur la vie d’une personne encore vivante : Aline de Valérie Lemercier, Bardot… Pourtant Danièle Thompson et son fils ont une grande finesse pour construire des personnages forts en raison de leur complexité psychologique.

Je connaissais mal la vie de Brigitte Bardot. Sa notoriété précoce et soudaine, le fait qu’à partir de 25 ans, sa vie personnelle appartenait à la presse est un véritable drame qui a inspiré cette mini- série de six épisodes.

Des films qui montrent une femme et un homme complémentaires, en équipe pour réussir

Stillwater sur Netflix avec Matt Damon, Camille Cottin, Anne Le Ny et Abigail Breslin.

J’ai bien aimé ce thriller bien joué qui se déroule à Marseille. Bill, un ancien foreur de pétrole de l’Amérique profonde rend visite à sa fille emprisonnée à tort, depuis cinq ans aux Baumettes. On l’accuse d’avoir tué sa petite amie qui vient des fameux quartiers Nord de Marseille.

Aidée par une comédienne de théâtre française (Camille Cottin), Bill va être confronté à l’omerta, au racisme, à l’homophobie qui règne à Marseille et où le choc des cultures complique les choses au point de les rendre absurdes et bien difficiles à solutionner.

La vérité parviendra-t-elle à éclater?

On sourit pour la photo avec Jacques Gamblin, Pascale Arbillot, Pablo Pauly

Quand sa vie de famille menace de voler un éclat, un père tout juste retraité tente le tout pour le tout pour récupérer sa femme. Il joue sur la corde sensible : celle de la nostalgie d’un vieux road trip en Grèce en 1998. Il soudoie ses enfants devenus grands d’y prendre part. Ils vont jouer le jeu car la famille ça ne craint pas tant que ça, cela structure même.

J’ai beaucoup aimé cette comédie où les frères et sœurs se chamaillent comme avant alors qu’ils ont pris des chemins différents, la manie du papa de les emmener voir tous les sites touristiques… De toutes manières dans toutes les sélections Pile à livres, pile à films de ce blog, il y a toujours un film avec Jacques Gamblin

Couleurs de l’incendie avec Benoit Poelvoorde, Léa Drucker, Alice Isaaz et Clovis Cornillac

J’adore les adaptations littéraires au cinéma. C’est l’histoire d’une riche héritière qui se fait complètement plumer par son conseiller financier dans les années 1930. Elle va devoir quitter son hôtel particulier pour vivre chichement. Mais elle va fomenter une vengeance aussi brillante que jubilatoire.

La vengeance, ce n’est pas mon credo mais j’ai beaucoup aimé ce film qui fait beaucoup penser à Un long dimanche de fiançiailles . C’est un film très minéral qui se déroule la plupart du temps dans Paris, au milieu des hôtels particuliers de la plaine Monceau.

J’ai réalisé combien il était important pour moi de compiler dans mes différents bullet journaux les livres et les films qui m’ont vraiment marqué au fil des années. Cela fait aussi partie des moments de vie et des sources d’inspiration. Je suis en train de faire une rétrospective des lectures, films et séries que j’ai aimé depuis 2017, la création du blog.

Retrouvez-ici mes derniers articles :

Un dernier été, comment Paris Match a façonné mon imaginaire littéraire

Vive la sieste, non tu n’es pas forcément un #parent épuisé, tu vis un autre rythme !

Ile de France et Paris

Noisiel, un jeudi de l’Ascension ensoleillé sans rien dépenser

Echaudés par les prix exorbitants des billets de train et des chambres d’hôtel à la plage, nous avons privilégié l’île de France pour le jeudi de l’Ascension. On a pris notre bon vieux RER A pour aller à Noisiel découvrir la fameuse chocolaterie Menier.

Je savais en préparant notre visite sur Internet que ça ne serait pas évident d’approcher cette chocolaterie car elle abrite désormais le siège de Nestlé et le site est sécurisé comme Alcatraz… Cela faisait des années que l’on voulait venir mais les informations contradictoires récoltées sur Internet : visitable, pas visitable nous avaient un peu refroidis.

Depuis, j’ai acheté chez Gibert Jeune un livre formidable : Randonnées autour de Paris par Marine Loisy et Clément Lhommeau , éditions Voyages Gallimard. Les photos sont vraiment jolies et donnent envie de chausser des chaussures de randonnée et de prendre un sac à dos…

Bon on a pas mal triché car on a fait les 3/4 de la randonnée en transports en commun car une randonnée de 15 kilomètres pour des petites pattes de 4 ans et demie (de 36 ans aussi lol) c’était un peu too much. Je vous recommande cette journée nature qui vous coutera peanuts car entièrement accessible avec un pass Navigo.

Le bus 211 nous a conduit jusqu’au vieux Noisiel avec ses maisons d’ouvriers en brique, sa place de la mairie avec une statue d’un illustre membre de la famille Menier. Toutes les rues de cette ancienne cité ouvrière portent le nom d’un Menier de toute manière…

Il faut dépasser le siège Nestlé et traverser un superbe petit bac sur la Marne pour s’approcher au plus près du moulin Saulnier.

J’ai toujours apprécié le patrimoine industriel et ce pont métallique qui relie les différents sites de la chocolaterie est impressionnant. Le fameux moulin Saulnier est aussi beau que dans les livres. Les filtres Instagram n’ y sont pour rien.

C’est la plus belle architecture que j’ai jamais vue : des briques ocre rose vernissées, le monogramme M reproduit à l’infini avec de nombreuses fleurs et de cabosses de cacao dans un pur esprit Art nouveau, dans le style Alhambra.

Il faut dire que la famille Menier s’est construit un véritable empire agro-alimentaire étendu entre le Nicaragua et la Tamise. Ils avaient leurs propres plantations de cacao en Amérique du Sud.

Ensuite, nous avons rejoint le chateau de Champs sur Marne en traversant un superbe parc immense avec aire de jeux géniale et aussi une ancienne cage à ours qui donne une certaine idée du faste dans lequel vivait la famille Menier. C’est sûr, nous reviendrons dans ce parc en bords de Marne.

Le chocolat Menier n’a pas disparu des radars car on le trouve toujours en supermarchés pour pâtisser. Je vous raconterai dans un prochain article l’histoire de cette marque emblématique qui a vécu son apogée vers 1900 avant de sombrer avec la crise économique de 1929. J’ai réservé une place pour une visite guidée de la chocolaterie le 1er juillet prochain.

On a déja prévu notre prochaine escapade au Crotoy le week-end du 14 juillet grâce aux prix cassés du TER Hauts de France : 5€ par adulte pour un Paris-Noyelles en TER. #Danstesdentsl’inflation.

Retrouvez-ici mes précédents carnets de voyage urbains

-Le 1er avril direction Dieppe

-Un après-midi à Saint Germain en Laye

Du côté de Vincennes, appelé le bois sacré en gaulois

Un autre exemple de patrimoine industriel : une devanture d’ancienne poissonnerie à Lille .
Foi chrétienne

Non l’engagement n’entrave pas la liberté : il lui donne un cadre sécurisant alors Lance-toi, éditions Scriptura

En terminale, je détestais la philosophie car les thèmes abordés me passionnaient mais j’avais beaucoup de mal à trouver mon compte dans les idées de Nietzsche, Sartre,… Leur idéal de liberté ne collait pas avec ce que je vivais en famille et ce que j’entendais à l’église

Lire la Bible m’a donné des repères auxquels je tiens, cela m’aide à faire des choix et à me sortir de l’ornière quand je suis en proie au doute, que je suis indécise. On a même le droit de dialoguer avec Dieu quand on trouve quelque chose fort de café : c’est ça la vraie liberté !.

En dehors de l’Eglise, j’ai eu durant toute mon enfance et mon adolescence, un modèle fort et imparfait, un géant de deux mètres, mon grand-père Jean. Il avait ses failles car il a eu un début de vie douloureux. On pouvait se marrer comme des baleines avec lui mais il était carré sur ses engagements. Il attendait de nous qu’on tienne parole, qu’on fasse des choix intelligents et intègres, sans pression. Ses conseils ont tellement façonné mon caractère, mon sens de la répartie.

Depuis quelques jours que je m’attèle à la tâche d’écrire un article intelligent, le mot engagement me saute aux yeux partout dans les journaux, sur Internet.

Voici toute la dualité de cette société post soixante-huitarde, elle prône à outrance la libération de tout engagement (« Votre assureur vous gonfle, prenez un contrat sans engagement.... ») alors que c’est le ciment de toute relation qu’elle soit amicale, professionnelle, civile… Le désengagement est une vraie gangrène pour une société : poser un lapin à son médecin, réserver une table au restaurant quand on a pris soin de vous choisir des produits de qualité…

Bon je digresse, je digresse mais parlons de Lance-toi ! écrit par Marc Kuhn, publié par les éditions Scriptura (sortie en librairies le 12 mai, 15€) Marc Kuhn est pasteur dans une église en Alsace, il a aussi travaillé pendant dix ans en tant qu’enseignant auprès d’adolescents en difficulté. J’ai beaucoup apprécié son propos encourageant et impliqué. Il donne des conseils, raconte son propre parcours. On sent l’expérience de terrain qui a inspiré ce livre.

Ce livre s’adresse seulement aux adolescents… FAUX ! C’est un formidable outil pour animer un groupe de parole car dès que nous commençons à grandir et aller à l’école, nous avons des engagements à prendre et à tenir. Et quand c’est inspiré, ce qui pouvait être considéré comme une corvée, un fardeau devient une chance, un défi qui transforme des vies !

Les illustrations d’Emeline Féron sont autant de petites respirations à la foi humoristiques et profondes qui aident à la structuration des chapitres. Cela m’a fait penser à un autre de mes coups de coeur : les romans graphiques Rendez-vous dans la forêt d’Alain Auderset

Ce livre de réflexion se structure atour de deux grandes parties : M’engager, oui mais… et Je fonce après une intense introduction : Mes engagements aujourd’hui et demain.

Les quatorze chapitres qui composent ce livre sont profonds. Ils proposent une courte étude d’un texte biblique choisi avec soin, enrichi par des citations de personnalités engagées et inspirantes : Martin Luther King, Mère Térésa, Nelson Mandela…, des questions de réflexion, des témoignages personnels, et de nombreuses références documentaires vers des vidéos, des livres…

Récemment, j’ai eu différents coups de coeur pour des livres qui comptent dans ma bibliothèque : Vivre sa jeunesse autrement de Joseph Gotte, éditions Première partie ou encore Ils ont aimé leur prochain de Nicolas Fouquet, éditions BLF.

L’avantage de travailler dans une maison d’éditions est de découvrir et d’accompagner les livres qui sortiront en librairie dans quelques mois.

J’ai hâte de lire l’essai Côte à côte, quand femmes et hommes avancent ensemble de Lydia Lehmann, éditions Scriptura.

Je vous invite à découvrir d’autres livres de la maison d’édition Scriptura pour laquelle je travaille :

Pierre et sa montgolfière, un album qui parle de l’amour inconditionnel de Dieu.

Les deux pieds en Afrique, récit d’un couple en voyage humanitaire au Bénin sous forme de roman graphique.

Je ne fais partie du public cible de cet ouvrage conçu pour les adolescents et les jeunes adultes. Pourtant je l’ai lu avec sérieux et délectation pour m’offrir une petite s introspective. Cela n’est pas forcément de la tarte d’inspecter dans quels domaines je suis restée ou non fidèle à mes engagements. Donner un coup d’œil dans le rétroviseur permet d’avancer beaucoup plus qu’on ne le croit !

Retrouvez-ici mes précédents articles qui parlent de la foi en Jésus !

-Rendez-vous au puits à tous ceux qui ont soif de Dieu

-Youth Bible, le genre de Bible que j’aurai aimé avoir quand j’avais 14 ans

-Ma meilleure routine pour lire l’Ancien testament : le Bible journaling...

Romans

Un dernier été, éditions Les Escales. Comment Paris Match a façonné mon imaginaire littéraire…

Cet automne, j’ai lu d’une traite un excellent roman Un été à Nantucket signé Elin Hilderbrand. J’ai découvert ce livre grâce à la rubrique livres du magazine féminin Elle. Déjà, j’avais adoré la couverture toute simple mais glamour…

J’aime beaucoup les romans historiques qui se déroulent dans les Etats-Unis dans les années 1960.

Un été à Nantucket raconte les vacances d’une famille bouleversée par le départ du cadet, parti guerroyer au Vietnam pendant que ses sœurs se débattent avec leur avenir : l’ainée Blair est enceinte mais son mari la néglige car il s’occupe de la mission Apollo qui doit marcher sur la Lune ce fameux été. Kirby a la vingtaine, elle milite pour les droits civiques et tente de se consoler d’un chagrin d’amour un peu dévastateur.

Enfin, la benjamine, Jessie fête cet été là ses treize ans et commence à devenir une adolescente à la recherche de ses origines, perturbée à l’idée de son grand frère soit tué au combat… Leur mère Kate s’est remariée après le suicide de leur père avec son avocat, un juif new-yorkais.

Elle se débat contre son passé, sa mère Exalta règne en impératrice sur leur maison de vacances et elle juge toujours un peu rapidement ses petits -enfants.

J’aime beaucoup ces sagas familiales qui dressent des portraits psychologiques fouillés d’une large galerie de personnages. J’ai eu un vrai coup de coeur pour les livres de JC Sullivan : Maine, Les anges et tous les saints … qui parlent de la communauté irlandaise huppée de Boston…

Je n’ai jamais mis les pieds à Nantucket mais Paris-Match a bien fait son job : les Françaises de toutes générations sont fascinées par la côte est des Etats-Unis avec les photos de Jackie Kennedy ou de Michelle Obama en vacances à Martha’s Vineyard, l’île voisine.

Un dernier été reprend la même trame : Vivian, une mère de famille d’une cinquantaine d’années qui se donne du mal à maintenir son image dans la mini-société huppée où elle évolue, surtout quand ses enfants font des vagues.

C’est un roman contemporain à l’ère d’Instagram et de la communauté de lecteurs qui suit Vivian, romancière à succès sur l’île. Ce récit est ponctué de flash-back incessants qui expliquent que Vivian est une pièce rapportée à Nantucket.

Elle vient de l’Ohio et a vécu une jeunesse très morose marquée par le suicide de son père et la rigidité de sa mère. Une éclaircie va arriver dans sa vie avec un garçon : Brett Caspian qui va lui composer une chanson inoubliable : Petite chérie. Ils vont se perdre de vue…

La vie de Vivian s’arrête tragiquement puisqu’elle est percutée par un chauffard qui prend la fuite. Tandis que l’enquête policière va suivre son cours chapeautée par Ed, un flic au grand coeur; Vivian arrive aux portes du paradis où elle est guidée par Martha, une femme intraitable qui porte toute une collection de carrés Hermès.

Elle va lui accorder une fenêtre de visionnage pour observer l’avenir de ses trois enfants le temps d’un été ainsi que trois coups de pouce pour intervenir de façon bénéfique si besoin…

J’ai eu un vrai coup de coeur pour ce roman choral et sa galerie de personnages tous aussi intéressants les uns que les autres. J’avais peur d’un délire un peu new age avec le thème de l’au delà. Mais c’est traité avec retenue. C’est même un procédé littéraire efficace qui fait réfléchir sur le deuil, le sens de la vie…

J’adresse un grand merci aux éditions Les escales pour l’envoi de ce livre en service de presse. Il m’a permis de comprendre à quel point j’aimais l’écriture d’Elin Hilderbrand. Je vais étudier avec attention l’ensemble de leur ligne éditoriale.

J’ai lu sur Linkedin que la littérature étrangère était en perte de vitesse dans les librairies françaises. Je suis assez perplexe face à ce constat tant je trouve la littérature anglo-saxonne riche et inspirante.

En attendant, je commence à regarder les guides de voyage de la côte Est des Etats-Unis comme c’est notre projet avec mon mari d’aller fêter nos dix ans de mariage par un road-trip chez les Ricains.

Un dernier été, Elin Hilderbrand, Les escales, parution le 1er juin, 9782365697460,448 pages, 23 €,

Venetian pool, la piscine naturelle en Floride

Retrouvez-ici mes derniers coups de coeur romans :

– Bienvenue à la charmante pension de famille de Cécilia…

Comment le marketing a failli me faire passer à coté d’une très bonne lecture : moi aussi j’ai aimé Le jeu de la dame

15 coups de coeur romans dans ce blog

Parentalité

Vive la sieste ! Non tu n’est pas forcément un #parent épuisé, tu vis un tout autre rythme …

Au fil de nos visites hebdomadaires à la bibliothèque, nous avons découvert en famille les livres de Yuichi Kasano à l’Ecole des loisirs. C’est un amoureux de la nature qui a trouvé sa vocation de dessinateur en découvrant des dessins originaux de Béatrix Potter au musée des Beaux-arts de Boston.

Il a publié une douzaine d’albums très poétiques pour les enfants entre 3 et 6 ans dont Petit rocher, mon favori… Un grand merci à l’Ecole des loisirs de m’avoir envoyé leur dernier livre Vive la sieste.

C’est un petit livre cartonné qui verbalise une réalité bien ancrée : tous les animaux aiment faire la sieste. Si cela pouvait inspirer leur petits lecteurs…

Ce livre tout simple est néanmoins très efficace : il explique aux petits qui dorment encore l’après-midi à l’école en quoi le sommeil est réparateur, en quoi la sieste est un moment privilégié de la journée.

C’est un excellent prétexte pour aborder un sujet qui me tient à coeur depuis un bon moment. J’ai beaucoup de mal avec le caricatural compte #parentépuisé. Ca fait vraiment pleurnichard et je doute que la plainte répétée soit si constructive. Quand je regarde l’émission La maison des maternelles, j’imagine bien l’immense lassitude et la fatigue terrible qui terrassent de nombreuses parents surtout quand il y a plusieurs enfants.

Je pense qu’on ne réalise pas assez à quel point nous changeons de rythme de vie quand on devient parent. On entre dans une toute autre dimension spatio-temporelle et il suffit de l’accepter. Non tu n’as pas vieilli d’un coup, non les petits loisirs que tu aime bien faire en mode pépouze ne sont pas derrière toi. Cela te demande juste de t’organiser différemment, d’être malin pour grapiller même quinze minutes à soi dans une journée…

C’est tout à fait normal d’avoir besoin de faire une sieste le week-end quand tu es sur le pont depuis six heures du matin et que tu dois surveiller que ton enfant ne va pas se vautrer dans la rue avec sa trottinette. Réalise que tu as une mâtinée deux fois plus chargée que les autres et que ton petit moment pépouze en mode limace sur ton canapé, tu l’as amplement mérité.

La parentalité est une expérience humaine intense où tu vas découvrir où sont tes limites et en quoi être responsable d’un enfant peut t’amener à les dépasser. J’écris cet article ce printemps alors que mon frère et mes cousins que j’ai vu en bodys grenouilles vont devenir parents. Quelle joie de recevoir la première photo de leur nouvelle famille.

Je comprends comme on peut se sentir nostalgique de passer en poussette devant le café Oz de Châtelet en se disant cette belle époque est révolue… Mais une toute aussi belle t’attends, elle est juste incomparable.

Et puis aller jouer au bowling en famille un samedi matin à 10 heures ou avoir les jeux du parc floral de Vincennes juste pour soi, c’est pas mal aussi.

Grâce à ma fille, j’ai découvert plein de loisirs géniaux qui m’ont ramené en enfance : lire les livres des Monsieur Madame…, se faire plein de potes dans le bus car elle socialise avec la mamie du coin ou l’ado rebelle qui ne te calculent même pas quand tu es tout seul…

La parentalité c’est comme un parc d’attractions avec des sacrées montagnes russes émotionnelles, il suffit juste de kiffer et de lâcher prise. Une bonne sieste t’attend !

Retrouvez-ici mes précédents articles sur la parentalité dans la page Les aventures rocambolesques d’une mère moderne…

#1 : Des gigoteuses à la pelle

#2: Dormir comme un marin du Vendée globe quand on est jeune parent.

#3 : La curiosité au jardin public n’est pas un vilain défaut, c’est un trait de sociabilité !

Blogs, podcasts et applications numériques·Cinéma

@Accidentally Wes Anderson, ce que Instagram sait faire de mieux : vendre du rêve

J’ai réalisé il y a peu en écrivant mes petits carnets de voyages urbains dans ce blog, à quel point j’aimais l’architecture. Quand j’étais élève à l’Ecole du Louvre, les termes techniques relatifs à l’architecture me barbaient au plus haut point mais j’aime encore plus les bâtiments que les tableaux.

Je suis émerveillée par une architecture traditionnelle flamande à Lille, un immeuble Grand siècle à Paris, un château médiéval à Vincennes, les maisons loufoques de Gaudi à Barcelone…

Je suis depuis quelques années la chaîne Youtube de Léna Situations et son amour pour l’esthétique de Wes Anderson a été contagieux. Alors que je n’ai regardé aucun de ses films. Mais j’ai bien envie de voir The Grand Budapest hotel pour ses couleurs pastel, les costumes du personnel de l’hôtel, cette symétrie parfaite et surtout cette architecture si européenne. Wes Anderson est l’ambassadeur de la Mittle Europa.

L’esthétique de ces films est tellement particulière que des explorateurs du monde entier se sont mis à alimenter un compte Instagram et un site Internet pour collecter 200 lieux dignes de ses plus beaux décors.

Wally Koval, l’auteur de ce livre s’est chargé avec son équipe de vérifier les informations et de légender les clichés. Voici ce qu’Instagram est capable de faire de plus beau : fédérer une communauté à la gloire de l’architecture et du cinéma.

Bureau de poste en Alaska. Photographie de Robin Petravic et Catherine Bailey

Ce livre regroupe des lieux hors du temps comme des hôtels, des stades, des bains publiques qui font la renommée de Budapest, des banques, des églises mais aussi des cabanes à pancakes en pleine nature en Croatie…

Il est structuré selon neuf régions du monde : Etats-Unis et Canada, Amérique latine, Europe centrale et de l’Ouest, Royaume-Uni et Europe du nord, Europe de l’est et du sud, Moyen-Orient et Afrique, Asie centrale, du sud et de l’est, Océanie et sans oublier l’Antarctique.

J’ai particulièrement aimé les architectures des Etats-Unis et d’Europe centrale pour leurs origines communes, le passé qu’elles révèlent mais j’ai eu quelques belles surprises inattendues !

Ce livre est une belle pépite que je devais chroniquer dans ce blog, il est évident que je vais le demander pour Noël prochain au pied du sapin car il doit rejoindre ma bibliothèque !

Coté France, j’ai tellement aimé ce beau livre La France de Raymond Depardon. C’est le catalogue d’une exposition à la BNF en 2010. Raymond Depardon, photographe mondialement connu a sillonné près de 70 000 kilomètres de la France périphérique en s’éloignant des grands axes.

Il a voulu raconter son pays à travers ses préfectures, les commerces, les cafés, les petites habitations de bord de mer fermées en basse saison… J’y ai même reconnu Dieppe, Criel sur mer et sa fameuse pataugeoire (mes premiers souvenirs d’enfance…). J’ai vraiment adoré ce livre que je parcours souvent quand je vais à la médiathèque de ma ville.

Ce projet photographique a été réalisé avant le mouvement des gilets jaunes de 2018, quand les réseaux sociaux n’étaient pas aussi puissants qu’aujourd’hui. Photographier la France périphérique m’a fait penser au roman autobiographique Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson, adapté au cinéma. Il parcourt la diagonale du vide entre la vallée de la Roya et les plages du Cotentin…

Droits réservés Raymond Depardon

Ile de France et Paris·Lecture et autres challenges passionnants

Dans les coulisses du festival du livre au Grand palais éphémère et au collège des Bernardins

Jeudi dernier, j’ai eu la joie d’aller à l‘inauguration du festival du livre au Grand palais éphémère. Je ne suis pas une grande fana des mondanités.

Mais j’affectionne cette soirée assez réputée à Paris (mais tout à fait démocratique, aucun dress-code) car elle célèbre les métiers du livre qui me passionnent depuis quinze ans maintenant.

C’est assez grisant de se retrouver avec ses collègues un verre à la main pour fêter le livre -notre travail-tout au long de l’année avec d’autres éditeurs quand le jour tombe sur la Tour Eiffel et le pavillon italien au fond du lieu.

Les organisateurs avaient placé différents lieux de cocktails sur le site avec des Apérol Spritz et de la charcuterie italienne. J’ai trouvé ça très convivial !

Quand je suis arrivée à Paris en 2006, j’ai intégré l’Ecole du Louvre mais j’étais plus intéressée par l’édition et la librairie. Alors jeudi soir, j’ai retrouvé en moi la petite Margot qui avait la vingtaine à l’époque et je me suis dis que j’en ai fait du chemin quand même.

Dans un précédent article, je racontais tous les petits boulots que j’ai fait en quinze ans

J’ai travaillé au moins trois fois au salon du livre de la Porte de Versailles et j’aime vraiment le festival du livre en étant exposant. C’est vraiment un privilège de travailler sur cet évènement international. Je l’avais déjà raconté ici l’an dernier.

Quand elle était encore en vie, j’adorais raconter à ma grand-mère Annette les personnalités que je rencontrais au Salon du livre. Elle était ravie quand je lui ai ramené un autographe de Marie Drucker, récolté sur le stand de France Télévisions.

Cette année, j’ai encore vécu une autre expérience de festivalière puisque les éditions Bibli’o Scriptura pour lesquelles je travaille participaient au festival mais hors les murs : le festival des livres religieux au collège des Bernardins le 22 et 23 avril dernier.

Je suis vraiment contente car c’était moi qui étais chargée de la commande des livres en amont et il n’y a pas eu de couac. J’étais un peu sur les dents le vendredi après-midi d’attendre mes livres car si le livreur ne vient pas, le stand est vide et c’est la honte. Je me voyais déjà remonter la montagne Sainte Geneviève au pas de course pour rafler tout notre stock de livres au bureau.

Quand nos bienfaiteurs sont arrivés : les livreurs du distributeur ! Ils ne font pas un métier facile surtout pour stationner dans Paris et le livre ce n’est pas forcément leur domaine.

Ils ont été géniaux à livrer tous nos cartons juste devant notre stand avec leur transpalette pour nous éviter de nous casser le dos.

Bon je confesse que je suis allée vérifier dans leur camion qu’ils avaient bien mes cartons quand ils avaient le dos tourné. Ma chère collègue Laurène a fait le guet …

C’est ce genre de petites anecdotes, ces moments de vie qui font vivre les salons du livre. Cela enrichit l’esprit d’équipe car c’était vraiment un plaisir de monter le stand avec mes collègues Laurène et Simon, notre stagiaire en DUT métiers du livre Noémie.

On a fait le tour du quartier pour trouver des ballons de baudruche aux couleurs de notre nouveauté : Rendez-vous au puits

Le lieu était vraiment superbe avec ces voutes (vous pouvez suivre l’histoire du lieu dans une des stories du compte Instagram de Bibli’o) . C’était génial de voir ces enfants participer aux ateliers organisés par la maison d’édition Mame. Le dessinateur de Loupio, Jean-François Kieffer, était venu avec un instrument de musique pour raconter l’histoire du petit troubadour.

Sur notre stand, Miguel Lalor nous a fait la joie de venir dédicacer son livre Petit robot vert dont nous avions fait une belle fête de lancement cet automne au temple du Marais.

L’après-midi est vite passée puis ce fut le moment de tout remballer. C’est toujours curieux une fin de salon. Une petite routine éphémère se crée avec nos voisins de stand, tout le monde fait la même chose : mettre en carton. On se prête la scotcheuse, on se dit au revoir.

Les magasiniers de la Procure Paris ont été d’une grande aide avec nous, cela se voit que c’est leur quotidien. C’est eux qui réceptionnent nos livres tout au long de l’année et c’était l’occasion de les rencontrer et de les remercier.

Ce dimanche 23 avril, c’était mon anniversaire, je suis rentrée à pied reprendre le métro à Saint Paul en passant par l’Ile Saint Louis, perdue dans mes souvenirs de ces quinze dernières années.

Pour blaguer et sans se prendre au sérieux, je dirais que ce festival du livre était pour moi celui de la maturité. Quand l’expérience des salons aide à anticiper certains étapes comme toujours garder ses cartons pour prévoir quand on remballe les livres…

Retrouvez ici mes derniers articles de blog ici :

-Comment je suis devenir chrétienne… à l’école primaire

-Sur les chemins noirs, partir à la quête de soi

Sauveur et fils, la série superstar au dernier festival du livre

Du livre à l'écran

Sur les chemins noirs, partir à la quête de soi grâce à la littérature et au cinéma…

Libraire et cinéphile, j’ai conseillé à de nombreux Kubers de lire Sur les chemins noirs, récit autobiographique de Sylvain Tesson publié en 2016 (535 000 exemplaires vendus, éditions Gallimard).

Ce roman raconte un périple à la quête de soi. Sylvain Tesson est un écrivain-aventurier qui a parcouru le monde notamment dans les terres arides de Sibérie. Il aime escalader des bâtiments et des immeubles pour faire rire ses amis les soirs de fête.

Sauf qu’un soir, il glisse et s’écrase huit mètres plus bas, face contre le trottoir. Pendant sa convalescence qui durera de longs mois, corseté et bien amoché, il décide d’entreprendre une randonnée de 1300 kms, seul le long de la diagonale du vide. Les nombreux flash-backs du film vont rapidement montrer aux spectateurs à quel point cette idée est risquée.

Je n’aime pas forcément ni la marche ni la randonnée car quand j’étais ado, mon père marchait toujours 50 mètres devant donc c’était une vraie corvée (solitaire en plus) pour moi. Je me suis bien reconnue quand Jean Dujardin explique que c’est compliqué de marcher avec quelqu’un qui n’a pas le même rythme. Mais je suis allée voir Sur les chemins noirs pour Jeannot et pour la beauté de la France hyper rurale.

«La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer»

La campagne me terrifie un peu, j’ai peur de m’y ennuyer, je suis une vraie citadine. Mais avec les confinements, la campagne a pris une sacrée revanche dans le cœur de beaucoup de Français… Même dans le mien. Le livre est paru en 2016. Entre-temps, cette pandémie mondiale a bouleversé tous nos repères, nous conduisant à revoir nos priorités, redonner un sens à notre vie.

Le sujet de ce film ce n’est pas la marche. Elle est un prétexte à l’introspection, la quête de soi. Ce film parle du deuil, de l’attachement, du couple aussi. Celui qui se délite, il n’arrive pas à retenir son amoureuse car il est coincé dans son lit d’hôpital après avoir brûlé la vie par tous les bouts… Grâce au cinéma, on aborde aussi le corps, de la douleur et du plaisir qu’il éprouve. Avec ce film, j’ai compris que dans la société actuelle, on fait taire son corps car on a mille préoccupations. C’est une belle connerie car quand le corps flanche, on ne vaut pas tripette.

C’est d’ailleurs ce que lui rappellent ceux qui l’accompagnent à un moment à un autre du film : sa sœur, sa tante, son ami et même le jeune Dylan qu’il rencontre à Vallon Pont d’arc. Les scènes où ils cheminent ensemble sont savoureuses.

J’aime énormément les adaptations littéraires au cinéma. Ensuite je compare le roman au film pour comprendre les choix ou les raccourcis pour transposer une œuvre littéraire à l’écran. Dans un tout autre genre, j’ai beaucoup apprécié Couleurs de l’incendie de Clovis Cornillac qui se passe totalement en ville avec Benoit Poelvoorde, mon autre acteur favori.

Dans la famille, nous aimons tous Jean Dujardin. Avec ma mère et mon frère, on se régalait le soir avant le journal télé avec Un gars, une fille sur France 2 avec Alexandra Lamy. Avec mon mari, qui a des goûts ciné très différents des miens, on se rejoint pour apprécier Un homme à la hauteur, Le retour du héros… On s’est bien marrés en famille devant le film I feel good où il interprète un crétin fini.

Je ne voyais pas d’autre acteur que lui pour jouer le rôle de Sylvain Tesson. Il l’incarne tout simplement avec sobriété et précision. Ils ont le même âge et partagent une passion pour la randonnée même si Jean Dujardin n’escalade ni des immeubles ni des gouttières.

Jean Dujardin est un acteur international, Sylvain Tesson est un écrivain reconnu. Ils sont familiers des milieux mondains filmés par flash backs dans le film et pourtant ce sont de vrais caméléons capables de se fondre dans le décor de la France rurale, de se dépouiller de tous ces artifices pour vivre un temps le plus simple possible.

Jean Dujardin est un immense acteur qui exprime beaucoup par ses silences, son souffle quand il marche dans les gravats et qu’il peine.

C’est son plus beau rôle selon moi et je lui souhaite enfin d’être récompensé par un César cette année… J’aime autant son jeu de taiseux solitaire ici que quand il fait le pitre dans OSS 117, Le Caire nid d’espion en poussant la chansonnette…

Merci C’est à vous pour ce moment suspendu, avec de la belle musique qui tranche avec l’actualité particulièrement morose et terrifiante pour notre pays. Visiblement Les Innocents et Jean Dujardin ont l’air assez complices. J’ai écouté en boucle ce tube Finistère qui décrit assez bien le film.

Même si j’avais peur de m’ennuyer de regarder un film qui parle d’une longue marche de 1300 kilomètres pendant deux heures, ce film m’a fait beaucoup de bien. Il m’a encouragée dans ma démarche de détox digitale les week-ends et il m’a permit de réfléchir sur de nombreux sujets très philosophiques : la modernité, comment consacrer son temps à ce qui est vraiment important.

Et surtout ce film m’a apporté l’essentiel : je chéris mon lit, ma couette et mon matelas moelleux après avoir vu des scènes et des scènes de bivouac à la belle étoile. On aurait presque dit que c’est moi qui ai randonné 1300 kilomètres… par procuration.

*Je vous recommande la chronique du film de Jean-Luc Gadreau sur son blog…

Les autres articles du blog qui parlent de cinéma …

-De Bernard Tapie à l’Abbé Pierre, la mue de Dujardin avec I feel good

-Standing ovation pour Tout le monde debout

– Comment mettre en scène un miracle : Notre Dame brûle

Romans·Sociologie

Sauveur et fils, série littéraire, superstar du festival du livre de Paris

Ce roman qui clôture une série de sept tomes, j’attends de le lire depuis au moins un an et demi… Un immense merci à l’Ecole des loisirs pour son envoi en service de presse.

J’ai découvert la série Sauveur et fils un peu par hasard via le blog littéraire Little pretty books écrit par Fiona, une bibliothécaire passionnée. Je me lance dans les romans de Marie-Aude Murail les yeux fermés. J’aime sa finesse psychologique pour cerner ses personnages et leur faire vivre des moments de pure émotion.

Les retournements de situations et les moments de vérité sont légions dans cette série. Il m’est souvent arriver d’avoir des frissons ou la larme à l’œil quand les petits patients de Sauveur dénouent les pelotes de leur vie et se libèrent de leurs fardeaux.

Je me revois en 2016 dévorer les deux premiers tomes de Sauveur et fils en quelques jours, lire au soleil au parc Monceau. Puis arpenter toutes les librairies du 20 eme arrondissement pour acheter en urgence le tome 3…

J’étais au chômage pendant quelques mois et cette lecture m’a apporté une forme d’évasion bien réconfortante. Ensuite, il a fallu patienter une année en moyenne pour lire les suivants à partir de la saison 4 car j’avais rattrapé mon retard.

Alors, j’ai relu les précédents tomes pendant mon congé maternité en 2019, pendant le confinement de 2020… Entre temps, j’ai aussi lu la trilogie Angie qui se déroule au Havre…

Les bouleversements sociétaux provoqués par la pandémie sont bien entendu traités par Marie-Aude Murail et sa fille Constance avec qui elle a écrit le livre.

Dans le septième tome, Sauveur et Louise se sont mariés lors d’une fête endiablée. Ils ont accueilli une petite fille Léopoldine et leur maison au 12 rue des Murlins à Orléans est pleine à craquer. On est d’ailleurs reconnaissants aux auteures d’avoir inséré un plan de la maison dessiné par Anne Beauchard.

C’est très utile pour localiser les nombreux personnages : Lazare et Paul désormais lycéens, Alice l’étudiante en fac qui n’a pas perdu sa répartie, Grégoire le petit garçon en vue d’être adopté par Sauveur et Louise, le fameux cabinet du psy et la cuisine qui est le théâtre de cette famille recomposée où ça rit, ça crie, ça se révolte … Bref la vie quoi ! Comme dit Lacan,  » le réel c’est quand on se cogne« 

J’avais un peu peur d’être déçue par ce roman final qui clôture une série de livres que j’ai tant aimé. Que nenni, c’est le plus beau tome de la série !

Sauveur retrouve d’anciens patients dans son cabinet, il suit la route d’autres de loin et il en rencontre de nouveaux… Comme Alix et ses parents qui se retrouvent dans deux camps opposés à cause de la pandémie : les vaccinés et les anti-vax.

Le dialogue est rompu, la confiance vacille dans cette famille. Ces joutes verbales autour de la vérité et de la liberté ont été passionnantes à suivre.

Sauveur se retrouve également à animer avec une médiatrice Ambre un atelier de prise de conscience des violences conjugales avec des prisonniers.

Ces mécanismes d’alliances entre les uns et les autres ont été également passionnants. Cela m’a fait immédiatement penser au film Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry sur le thème de la justice restaurative que je vais aller voir très bientôt.

Comme Jeanne Herry, Marie-Aude Murail mise sur le triomphe du collectif dans son écriture. C’est superbe de lire les collaborations que met en place Sauveur avec l’infirmière scolaire, l’assistante sociale, les médecins généralistes pour aider ses patients.

Ce qui est balèze avec ces romans, c’est que l’auteure se met dans la position du psychothérapeute pour écrire. Avec le personnage d’Ambre, elle décrit une jeune femme qui essaye d’apporter à des prisonniers machos un discours féministe assez engagé mais inaudible pour eux.

Marie-Aude Murail raconte l’incongruité de la situation sans se lancer dans un quelconque jugement de valeur. L’arrivée de sa fille Constance comme seconde plume est fort intéressante car elle apporte des problématiques actuelles moins préoccupantes à la génération de sa mère.

J’émets beaucoup de réserves sur la plupart des sujets de société traités dans ces romans : les alters, les questions sur le genre, les tentations de l’Homme vers l’occulte pour manipuler les autres et surtout les maudire avec des quimbois. Mais ce sont des réalités et j’aime l’espace de réflexion apporté par ces livres. La série Sauveur et fils est classée dans la catégorie Young adult.

J’apprécie beaucoup la qualité de ces romans à l’Ecole des Loisirs : Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh fait aussi partie de mes coups de coeur…

Jeudi soir, je suis allée à l’inauguration du festival du livre au Grand Palais éphémère et je trouve que l’Ecole des loisirs est un éditeur majeur dans le domaine de la littérature.

Je suis en train de lire La guerre de Catherine écrit par Julia Billet et adapté en BD par les éditions Rue de Sèvres. Et j’ai adoré les illustrations de Chien Pourri en format géant pour fêter son anniversaire…

Retrouvez-ici toutes les chroniques des livres de Marie-Aude Murail que j’ai lu :

Opération policière et littéraire en cours au Havre : la trilogie Angie

Thérapie de groupe

Foi chrétienne

Rendez-vous au puits à tous ceux qui sont assoiffés de Dieu…

Pendant le premier confinement presque monacal de 2020, je me suis lancée dans le challenge de lire l’Ancien testament grâce à des petits dessins dans un carnet Moleskine. J’en ai même fait un atelier qui s’appelle #Dessiner la Bible.

Et en lisant le livre de la Genèse, j’ai dessiné pas mal de puits et d’alliances. Grâce aux notes d’étude de Ze Bible, j’ai compris que dans la Bible, le puits était le lieu de rencontres pour tisser des alliances matrimoniales entre autres. Quelqu’un offre de l’eau pour marquer un lien crée.

Comme je suis passionnée d’anthropologie, j’ai voulu en savoir plus sur cette thématique du puits… Mon souhait a été exaucé avec la sortie de ce livre Rendez-vous au puits. De nos jours où vivre la rencontre ?, le 14 avril. J’ai pu le lire en avant première car je m’occupe de sa diffusion commerciale.

Le principe de la collection La Bible tout en nuances est de proposer une lecture plurielle des textes anciens pour réfléchir à nos défis contemporains avec des témoignages personnels et un éclairage biblique. Questionner le passé pour mieux affronter l’avenir !

On peut dire que la question du partage de l’eau est brûlante en ce moment avec les affrontements à Sainte-Soline concernant les méga bassines !

La première partie du livre écrite par Sandrine Caneri est une vraie mine d’or pour tous ceux qui s’intéressent à la Bible ou qui la connaissent de longue date… En quatre-vingt pages, elle explique combien l’eau est vitale pour l’Homme et comment elle structure la société antique à travers ses rencontres. Ce sont souvent les femmes qui sont de « corvées d’eau » comme Agar, Rebecca, la Samaritaine…

Extrait de Rendez-vous au puits.

Dans un précédent article, j’ai découvert que le grand magasin La Samaritaine se nommait ainsi en référence à un tableau et à une pompe à eau sur le Pont-Neuf pour alimenter les Parisiens . La Samaritaine est donc une icône parisienne venue tout droit de l’Ancien testament.

J’ai été très touchée par le témoignage d’Amélie Nothomb qui décrit Jésus comme son puits d’amour. Cela m’a immédiatement rappelé une phrase d’une participante d’un parcours Alpha dans mon église locale :  » J’ai trouvé une source d’amour qui ne se tarira jamais » .

C’est rare que quelqu’un raconte le dialogue qu’elle vit avec Jésus depuis sa petite enfance. Avec ses mots, Amélie Nothomb raconte son cheminement personnel avec ses doutes mais aussi ses périodes de pleine confiance…

C’est magnifique d’exprimer aussi justement ce que cela procure d’être abreuvé par Dieu et le manque que cela provoque quand on décide de s’en passer.

Enfin, j’ai bien aimé la troisième partie du livre où Stanislas de Quercize, entrepreneur insiste sur le rôle ressourçant des rencontres humaines. Un tel métier à un niveau international est forcément relationnel.

D’ailleurs, nous vivons dans une société mondialisée où l’on peut rencontrer des gens tout le temps et paradoxalement se sentir aussi très seul. Même si Internet dicte nos lieux de rencontres avec les applications ou les groupes Facebook, nous avons besoin de nous enrichir avec des rencontres bien réelles : rire avec un ami, se sourire…

Retrouvez les éditions Bibli’o Scriptura sur le stand D-06 au Festival des livres religieux au Collège des Bernardins le 22 et 23 avril, de 10 heures à 18 heures.