Ile de France et Paris

L’histoire et l’atmosphère de Roland-Garros : le charme de Paris ensoleillé un jeudi de juin..

La statue de Suzanne Lenglen devant le cours qui porte son nom

J’habite à Paris depuis bientôt dix-neuf ans et je n’avais jamais eu l’occasion d’assister au tournoi de Roland-Garros. Je remercie énormément la personne qui nous a offert ses trois places vacantes quand elle est venue à notre bureau. J’y suis allée avec mes deux collègues Jonas et Ana, c’était une journée inoubliable et ensoleillée.

On est arrivés tôt le matin vers 10 heures, porte 20 en entrant par le Pavillon des princes et où l’on a déjeuné comme des rois à midi tapantes pour pouvoir rapidement rejoindre le court Philippe Chatrier.

Comme au jardin d’acclimatation ou au Pré catalan, on a classé ces pavillons de garde en brique de style néo-renaissance. C’est la maison Sarah Lavoine qui a décoré ce restaurant tenu par le traiteur Gusté.

Nous avons visité les allées de Roland Garros avant que la foule n’arrive, au milieu des clubs de tennis et des petits ramasseurs de balles qui se préparaient. Les joueurs de tennis handisport m’ont vraiment bluffé.

Pendant trois semaines qui comprennent les qualifications et les tableaux principaux, 600 000 visiteurs vont fréquenter les allées de Roland Garros, un record de fréquentation battu en 2024. Ce sont des sessions à la journée ou à la soirée. Les prix des billets évoluent de 55 à 450 euros pour le cours Philippe Chatrier.

Au coeur d’un quartier privilégié et aisé qui développe les infrastructures sportives : le parc des Princes, la piscine Molitor durant les années 1920.

Je ne suis pas une inconditionnelle de tennis, mais j’ai une vraie passion pour le patrimoine parisien. Roland-Garros se situe à cheval entre Boulogne-Billancourt et le 16eme arrondissement, non loin des serres d’Auteuil et du bois de Boulogne.

Le vieux village d’Auteuil est le lieu de résidence des ultra-privilégiés, toute fois accessible par les lignes 9 et 10 du métropolitain. Je compte bien aller profiter de la magnifique piscine Molitor un jour, dans le même quartier.

Roland-Garros, c’est un espace de 15 hectares mais sacrément urbanisé avec des grillages de partout pour contenir la foule et des petits comptoirs de produits dérivés de partout.

Les courts de tennis sont gigantesques à l’image du court Suzanne Lenglen et surtout le court central qui ressemble à un immeuble. C’est à la fois vaste et très étriqué comme lieu. La faute à l’urbanisation galopante des années 1970 avec ces parkings et ces bretelles du périphérique qui entourent Roland-Garros.

La mythique piscine des années folles inaugurée par Johnny Weissmuller, en 1929

Roland Garros n’était pas un tennisman mais un aviateur réunionnais. C’est le premier homme a avoir traversé la Méditerranée en 1913, un héros de la première guerre mondiale.

Son ami Emile Lesieur à l’initiative de la construction du stade pour la coupe Davis en 1928 a tenu à donner son nom aux Internationaux de France pour perpétuer sa mémoire.

Un musée vivant qui entretient sa légende

Je vous recommande la visite du petit musée du tennis avec les premières chaussures de tennis vers 1910, les photographies en noir et blanc des Mousquetaires, l’hélice de l’avion de Roland Garros mais aussi les raquettes en bois , les coupes et les médailles…

J’ai appris que Yannick Noah, grand gagnant du tournoi en 1983 avait été le dernier joueur à utiliser une raquette en bois.

Dommage que ce petit musée en sous sol ne soit pas plus développé car deux siècles de sport avec tout l’impact de l’Histoire, de la mode, on peut en faire des expositions marquantes. J’ai eu le même regret en visitant l’usine Menier à Noisiel, à moitié abandonnée par Nestlé…

D’ailleurs, la force de ce lieu est d’entretenir la mémoire des légendes passées et actuelles du tournois : des statues de Suzanne Lenglen mais aussi de Rafa Nadal, des quatre Mousquetaires : Brugnon, Borotra, Cochet et Lacoste.

René Lacoste surnommé le crocodile à cause de son agilité au tennis a crée sa marque de vêtements en prenant sa retraite sportive en 1933. Quatre-vingt dix ans plus tard, ses polos plaisent aussi bien aux rappeurs du 9-3 qu’aux cadres BCBG d’Auteuil/Neuilly/ Passy, un quartier où ce n’est pas du gateau (sic).

Le tournoi de Roland-Garros est bientôt centenaire, c’est un remarquable cas d’école de réussite marketing. Tout est beau et propret, rien n’est laissé au hasard. Les arbitres et les petits ramasseurs et ramasseuses de balles sont tous habillés par Lacoste. Perrier fournit le mobilier urbain pour les arbitres et les joueurs…

La ruée vers l’ocre : toute une industrie des relations publiques fourmille ici

Ce tournoi de tennis est aussi un évènement mondain international qui prend le relais sur le festival de Cannes. Pas besoin d’être un expert en tennis, l’important est d’être vu. Roland Garros c’est aussi un défilé de mode aussi bien sur le court que dans les tribunes.

Le court Suzanne Lenglen aura bientôt un toit couvrant d’ici quelques années et la toiture s’inspire des plis de la jupe de la fameuse tenniswoman du début du siècle dernier.

Et puis c’était très malin de sortir le film Challengers avec Zendaya juste avant les tournois de Rome et de Roland-Garros.

Jeudi après midi, j’ai assisté à la demie-finale femmes entre la numéro mondiale Iga Swiatek et l’Américaine Coco Gauff. Même si elle a perdu, avantage Gauff pour la tenue vestimentaire.

Crédit: Getty Images

Roland-Garros est un tournoi du Grand chelem couvert par plus de 1500 journalistes, diffusé sur les cinq continents. C’est vraiment impressionnant de voir les bureaux des journalistes du monde entier sur l’un des côtés du cours Philippe Chatrier.

Le tennis, le sport privilégié des cols blancs où le silence est de mise dans le court.

Surement qu’au Stade de France, il y a surement le même genre de caméra qui traverse le stade grâce à des filins en diagonale. Mais l’ambiance sur un court de tennis est beaucoup plus intimiste. L’arbitre demande aux 15000 spectateurs de se taire pour laisser les joueurs se concentrer. Chose impensable pour un match de foot ou de rugby.

Et puis, Roland-Garros emploie pendant trois semaines près de 10 000 personnes qui exercent plus de 92 métiers différents : analyser chaque point de jeu pour les paris en ligne, balayer les lignes de terre battue, calligraphier à la main le tableau des matches pour le simple dame, préparer la terre battue tous les jours…

Certes, le prix des billets est onéreux mais l’organisation et la logistique de ce tournoi du grand Chelem est vraiment au top. C’est une expérience à vivre et je me réjouis d’avoir pu vous en faire part à travers ce sacré long billet de blog.

Pendant les pauses entre les matchs, j’ai lu ce chouette livre :

Le sport à l’image de la foi, collection La Bible tout en nuances, éditions Bibli’o, témoignage de Joël Abati, médaillé olympique de handball et l’éclairage biblique de Emile Nicole, théologien, 13 euros.

Aujourd’hui c’est la finale du simple dames à Roland Garros et l’occasion de se remémorer la victoire de la franco-américaine Mary Pierce en 2000.

Musique·Sociologie

Eblouie par le phénomène Taylor Swift sans connaître une seule de ses chansons…

Ce printemps au festival du livre de Paris, j’ai été attirée par le stand des éditions Fleurus et sa collection young adult Anthelion.

Il s’agit d’un nouveau label destiné à la génération Z (Livres Hebdo du 4 mars 2024) qui inaugure sa ligne éditoriale avec trois ouvrages dédiés à Taylor Swift : un beau livre de ses plus belles tenues, un livre de coloriages et de jeux ainsi qu’un guide.

Les éditions Fleurus ont su capter l’engouement de milliers de jeunes filles qui s’échangent des bracelets d’amitié à la Défense et viennent avec leurs plus belles tenues pailletées, santiags inclues.

Moi même, je suis allée acheter des perles avec des lettres chez Sostrene Grene pour faire un bracelet d’amitié pour la maîtresse de maternelle de ma fille pour le cadeau de fin d’année.

Un mois plus tard, Tay-tay subjuguait Paris et la France avec une série de concerts somptueux.

Des shows qui duraient plus de 3 heures avec plus de 46 chansons issus de ses onze albums. Les places de concert sont onéreuses mais bien moins chères qu’aux Etats-Unis puisque 20% du public étaient ses compatriotes.

Son triomphe avec le Eras tour est le fruit de longues années de travail, ponctuées d’échecs. En 2011, elle n’avait pas rempli le Zénith de Paris. La force des réseaux sociaux est indéniable, ils ont crée une véritable communauté planétaire autour de ses chansons.

Mais le raz de marée Taylor Swift s’explique aussi par son professionnalisme et son talent inouï : c’est une véritable musicienne qui compose elle même ses textes et ses mélodies. Elle parcourt les Etats-Unis depuis ses douze ans avec sa petite guitare Gibson (ils ont d’ailleurs crée toute une gamme très féminine autour de son nom). Elle a même convaincu ses parents de venir vivre à Nashville, la capitale du country à ses seize ans.

Taylor Swift lors de sa tournée The Eras Tour à Inglewood, Californie. – Michael Tran / AFP

Pour moi Taylor Swift est l’héritière de Johnny Cash et d’Elvis Priestley. J’ai bien envie d’aller visiter Nashville un jour. Le country est vraiment un symbole de l’identité américaine. J’aime énormément le nouveau titre de Beyoncé : Texas Hold’ em dans l’album Cowboy Carter.

Il y a d’ailleurs une grande solidarité féminine entre Beyoncé et Taylor Swift. En 2009, lors d’une remise des prix, Beyoncé a invité Taylor Swift à finir son discours de remerciements interrompu l’année précédente par un rappeur tout à fait indélicat.

Je vous recommande le documentaire Miss americana sur Netflix qui détaille le parcours de Taylor Swift depuis son adolescence avec des images d’archives. Elle retrouve ses journaux intimes où elle y confiait ses rêves de devenir artiste. On la voit en compagnie de sa mère, son chat dans son jet privé…

Les moments les plus intéressants de ce documentaire sont ceux dans son studio d’enregistrement. Avec son parolier, elle compose ses chansons. Je connais toujours pas les tubes de Taylor Swift comme je connais Flowers de Miley Cyrus ou Run the world de Beyoncé

Mais grâce à ce documentaire, j’ai compris combien les jeunes filles du monde entier peuvent s’identifier aux paroles profondes et introspectives de cette musicienne de talent. Elle sait capter les rêves et les défis de milliers de femmes de sa génération.

Enfin, j’aime énormément les biopics d’artistes pour voir les coulisses de leurs carrières, comment une de leurs chansons a constitué un tournant dans leurs vies. Je vous recommande le film Walk the line. Il retrace la vie de June Carter et Johnny Cash, deux grandes célébrités country de Nashville.

Rappelons que Taylor Swift est une artiste qui a su se renouveler et bâtir une carrière extraordinaire. Elle a même dépassé les records des Beatles et de Michael Jackson. On a critiqué sa jeunesse, elle a été humiliée publiquement par les journalistes sur ses relations sentimentales, ses positions politiques … et pourtant elle domine l’industrie musicale mondiale.

©AFP – CHRIS DELMAS

C’est une industrie qui porte aux nues les chanteuses mais qui ne leur fait pas de cadeaux quand elles doutent ou traversent une mauvaise passe. J’ai lu l’autobiographie de Britney Spears, La femme en moi de JC Lattes. Elle a pris sa retraite à quarante ans, écœurée par cette industrie et une famille dysfonctionnelle qui l’enfonce plus dans ses problèmes de santé mentale que de la soutenir.

A travers ce documentaire, j’ai trouvé que Taylor Swift avait un sacré mental pour vivre cette notoriété envahissante qui ne doit pas être géniale tous les jours. Elle confesse avoir des troubles alimentaires et cesser de manger quand on l’a prend trop souvent en photo et que les médias font des projections idiotes sur sa silhouette.

Quel sera l’avenir de Taylor Swift ? Est ce qu’elle continuera à parcourir le monde avec des shows si exigeants? Dans un extrait du documentaire Miss Americana, elle parle avec une de ses amies d’enfance de la maternité d’une copine à elles. Taylor Swift a organisé sa vie autour des concerts comme elle l’indique dans Paris Match du 16 au 22 mai 2024.

Est ce qu’un jour la vie de scène sera toujours aussi exaltante ?.

Dans ce blog, j’ai pensé à une rubrique qui me tient beaucoup à coeur : Toute la musique que j’aime pour décrire les univers des artistes que j’aime et pourquoi ils sont connus dans le monde entier.

-Hommage à Jane Birkin, la meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg

Stromae en dix coups d’éclats

-Pagny raconté par Florent

Cinéma·Sociologie

Un petit miracle : les gens reviennent au cinéma kiffer avec Artus et ses copains

Comme quatre millions de Français, je me dépêchée d’aller voir Un petit truc en plus au cinéma ce week-end. La plupart de mes collègues l’ont déjà vu et le bouche à oreille a joué son merveilleux et efficace rôle de prescription.

Le résumé du film :

Pour échapper à la police, un fils et son père en cavale sont contraints de trouver refuge dans une colonie de vacances pour jeunes adultes en situation de handicap, se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé. Le début des ennuis et d’une formidable expérience humaine qui va les changer à jamais.

Il y a plein de comédies sympas qui sortent sur les écrans : Chasse gardée, Ici et là-bas et pourtant le film d’Artus a un petit truc en plus (elle était facile, c’est vrai).

Je parlerai peu du film en lui même car je pense que la France entière connait un peu l’intrigue du film. J’avais surtout envie de parler du phénomène autour de ce film. C’est un film réconfortant en cette actualité effroyable et pesante.

On sent dans son discours l’envie de faire changer les perceptions collectives sur les handicapés aussi bien physiques que mentaux. J’ai lu dans le dossier de presse du film que quand il avait une dizaine d’années, il avait invité un de ses copains de classe autiste, à son anniversaire. La maman lui avait téléphoné pour s’assurer qu’il invitait son fils pour de bonnes raisons car elle craignait qu’on ne se moque de lui une fois de plus.

Ce film symbolise aussi la revanche de certains parents d’adultes trisomiques comme la maman d’Arnaud, un des acteurs du film. Arnaud travaille comme équipier au café Joyeux, il a 45 ans. Mais dans les années 1980-1990, ses parents ont subi les regards malveillants au restaurant, quand on s’arrête de manger et qu’on se donne un petit coup de coude car un enfant trisomique entre dans la salle.

Heureusement que la société française a beaucoup évolué depuis avec la création des Cafés Joyeux, l’émission Les rencontres du papotin ou encore le film Le huitième jour qui a reçu le prix d’interprétation masculine attribué à Daniel Auteuil et Pascal Duquenne en 1996.

Cette troupe de comédiens accompagnés de leurs éducateurs et de leurs parents sur le tournage ont réalisé quelque chose de grand. Ils ont appris leur texte avec une oreille ou selon la technique du perroquet alors qu’ils ont des difficultés d’élocution et que ça n’est pas leur métier. Mieux, ils ont remis au goût du jour une chanson aux paroles un peu idiotes mais sacrément sympa quand on part en colo !

Je pense que la spontanéité exprimée, le joyeux bazar et le fait de kiffer simplement leur réussite sur les marches du festival de Cannes a été leur meilleure carte pour donner envie aux spectateurs d’aller voir ce film. Ils sont beaucoup plus souriants que toutes ces stars impassibles qui contrôlent leur image.

Ce film est un petit miracle, une belle expérience humaine collective. On sent que les acteurs principaux : Artus Belaïdi, Clovis Cornillac pourtant habitués aux rouages du cinéma français ont vécu une aventure exceptionnelle bien plus intense que les films dans lesquels ils ont l’habitude de jouer.

Cette intensité émotionnelle se retrouve aussi dans les salles de cinéma : des gens qui ne se connaissent pas rient ensemble. On a applaudit l’équipe à la fin du film. Certes, les Français sont des râleurs mais quand on leur propose des comédies qui touchent au coeur, ils sont touchés. J’ai vécu une expérience similaire en allant voir au cinéma Intouchables ou Envole-moi.

Enfin, j’ai été personnellement touchée par ce film car il a été tourné à Valence, la ville dont je viens et le Vercors, que j’aime particulièrement. La fameuse route des Goulets est assez éprouvante en car. Le gîte sur les hauteurs est superbe, cela m’a rappelé mes colos chrétiennes quand j’étais collégienne. Surtout quand on leur sert des plâtrées de lasagnes peu ragoutantes.

Je suis même arrivée à convaincre mes parents d’aller au cinéma voir le film cette semaine. On souhaite à toute cette équipe de franchir le cap des dix millions de spectateurs. Ce serait une réussite bien méritée.

Retrouvez-ici mes précédents articles qui parlent de la trisomie 21 et comment la société doit changer son regard pour être à la page.

-L’extraordinaire Marcel, témoignage d’une famille qui a médiatisé son quotidien pour encourager les autres parents d’enfants porteurs de trisomie 21

Mongolien toi même, Chronique de la BD Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé

La différence invisible, chronique de l’autisme Asperger

-Une autre forme de convivialité, bien plus authentique au café Joyeux Opéra.

Romans

Des idées de romans pour préparer l’arrivée des beaux jours ou affronter un mois de mai pluvieux

En mai, avec ces nombreux ponts, j’ai expérimenté la meilleur des détentes : lire une succession de bons livres dans le train quand on partait ou dans le métro quand il fallait aller travailler et que le temps était gris.

Lire un bon bouquin est une source d’évasion inégalée, le meilleur remède à la routine de nos vies et au découragement que nous procure l’actualité.

Pour moi, la littérature apporte du romanesque : elle sublime le réel. Mais parfois le réel supplante la littérature et j’en ai fait l’expérience amère avec la lecture de La dernière allumette.

Je suis avec attention la ligne éditoriale des éditions Charleston. C’est l’éditeur de la série Les sept sœurs qui domine la littérature en France actuellement et surtout je lis chaque nouveau roman de Marie Vareille chaque année.

La dernière allumette de Marie Vareille, éditions Charleston, 19 euros

Je savais en terminant Désenchantées que le prochain livre de Marie Vareille parlerait de violences conjugales. Les conséquences désastreuses qu’elles ont sur les enfants d’une famille sont totalement occultées par les médias et les pouvoirs publics.

La lecture de ce livre m’a révoltée, j’étais en colère car je voulais me détendre avec une jolie histoire enrichissante et constructive, avec de beaux sentiments qui nous portent. Mais c’est peut-être ça aussi le rôle de la littérature : nous faire sortir de nos gonds, nous secouer quand une situation est révoltante.

C’est un excellent roman qui analyse la position de victime quand on se prend des coups dans sa famille. Les entretiens avec le psychothérapeute sont très profonds. A défaut de me plaire, je pense que ce livre aidera de nombreuses personnes victimes de violences intra-familiales à ouvrir les yeux et reprendre le gouvernement de leurs vies.

J’ai eu la chance de rencontrer Marie Vareille lors du dîner des libraires Kube 2023 et j’aime énormément sa simplicité et son accessibilité pour échanger sur ses livres.

Pour qu’elle revienne, Cynthia Kafka, éditions Charleston, 19 euros

J’ai très envie de lire Pour qu’elle revienne car je ne connait pas encore la plume de Cynthia Kafka mais cette thématique : la quête d’une mère qui s’est volatilisée dans la nature il y a une quinzaine d’années me tente beaucoup.

Les romans d’Elin Hilderbrand : Un dernier été et Un été à Nantucket, Les escales, 23 euros

Même si les intrigues se ressemblent, j’aime beaucoup les romans de cette auteure que j’ai découvert grâce au magazine Elle. J’aime énormément les romans américains qui se déroulent sur la côte Est car ils vendent du rêve.

C’est une bonne détente de lire le quotidien de familles fortunées dont les véritables enjeux seront de savoir si le homard sera assez cuit à leur restaurant de plage favori et s’ils retrouveront leurs amis chaque été.

Je caricature mais j’aime la finesse psychologique avec laquelle Elin Hilderbrand décrit sa galerie de personnages. Je lirai surement Hôtel Nantucket au bord de la piscine cet été en Bulgarie…

Nantucket et l’île voisine Martha’s Vineyard doivent leur notoriété à une célèbre famille : les Kennedy qui vivra un destin présidentiel relayé par les plus belles pages de Paris Match ici en France.

C’est d’ailleurs dans Paris Match que j’ai découvert cette biographie romancée sur la vie d’Andrée Imbert, une compatriote drômoise qui a fui son mari porté sur la bouteille alors qu’elle commençait à prospérer avec un premier restaurant .

Elle s’est exilée aux Etats-Unis pour vivre l’aventure d’une vie. La cuisinière des Kennedy, Valérie Paturaud, Les escales, 21 euros

J’ai découvert Valérie Paturaud avec son premier roman Nezida paru chez Liana Levy qui retraçait le parcours d’une autre Drômoise, institutrice en 1884.

Grâce à de nombreux documents d’archives, l’auteure est parvenue à reconstituer l’intimité du clan Kennedy avec de nombreuses photographies, des cartes de remerciements à leur fidèle cuisinière française.

A Hyannis Port, en 1955, les Kennedy dinaient avec la fameuse bombine. C’est un ragout de pommes de terres ardéchois que m’a souvent servi ma mamie en Ardèche. Sacrée anecdote ! Je vous recommande la chronique du Monde consacrée à ce roman historique de qualité.

J’aime lire les biographies d’illustres inconnus qui se sont confrontés à la grande Histoire et qui ont vu leur vie totalement transformée.

Dans un autre genre, j’ai lu Une brève libération écrit par l’écrivaine Félicité Herzog, la fille de l’alpiniste et homme politique Maurice Herzog. Dans ce roman historique, elle raconte la rencontre de sa mère Marie-Pierre Cossé-Brissac avec son premier mari, Simon Nora.

Pendant l’Occupation, les parents de Marie-Pierre sont des collaborationnistes convaincus qui reçoivent dans leur luxueux hôtel particulier du cours Albert 1er, le gratin parisien : Drieu la Rochelle, Arletty, Coco Chanel, Josée Laval...

Marie-Pierre est une jeune adolescente cultivée et intellectuelle qui va rapidement avoir la nausée face aux propos qui se tiennent chez elle : l’antichambre sombre du régime de Vichy.

Elle va alors rencontrer Simon Nora, un garçon de bonne famille qui va vivre de plein fouet son engagement résistant dans le maquis du Vercors.

Ce n’est pas un livre bien joyeux (les descriptions de scènes de rafles à l’hôpital Rothschild où les nazis intimident les soignants sont effroyables mais nécessaires) mais j’ai beaucoup aimé le lire car il rappelle l’engagement résistant qui a grandement contribué à libérer notre pays.

Il est très bien écrit et on reste suspendu au fil des pages pour connaître la destinée de Marie-Pierre : est ce qu’elle parviendra à se dégager de l’emprise de ses parents ? .

Et vous quels sont les romans qui vont vous accompagner cet été ?

Retrouvez-ci mes dernières chroniques de romans

Felicita, un roman au gout de Spritz en attendant l’été

Enquête policière et littéraire en cours au Havre, sous la plume de Marie-Aude Murail

15 idées de romans pour ce nouveau printemps restreint

Séries

HPI, PJ, Tropiques Criminelles : ma passion pour ces séries policières françaises

Cette semaine, c’est le retour d’HPI, la série phare de TF1 suivie par 8 millions de spectateurs en moyenne à chaque épisode dans plus de 90 pays.

Je pense que cette série est extrêmement populaire car elle parle d’haut potentiel, une forme d’intelligence aussi avantageuse qu’handicapante surtout sur le plan social. Le paysage audiovisuel français compte des centaines de séries policières car elles reflètent la société.

Alors la promesse de ce nouvel article de blog sera de mettre en valeur les séries policières que je suis depuis des années.

J’ai voulu l’écrire car je me rends compte que j’aime suivre ces séries pour leur manière de traiter les relations humaines et les thèmes de société qu’elles abordent. Chacune de ces séries parlent des relations entre collègues au sein d’un commissariat.

Par un concours de circonstances, j’ai renoué cet hiver avec PJ qui est de loin ma série policière favorite. Je la regarde désormais sur Youtube.

Elle a été tournée entre 1997 et 2008 dans un quartier très populaire de Paris : le 10eme arrondissement près du canal Saint Martin, sur France 2 .

C’est sans nul doute cette série qui m’a donné envie de venir vivre à Paris. J’aime énormément sa finesse psychologique pour mettre en scène les moments de vérité lors d’un interrogatoire, les revirements de situation ou alors les failles des policiers touchants par leur humanité.

C’était la série phare de France 2 dans les années 2000 où toute une génération de comédiens assez connus ont déambulé dans les bureaux de la PJ Saint Martin dont une certaine Audrey Fleurot, dans le rôle d’une femme mystérieuse qui fait tourné la tête d’un des commandants…

HPI, 4 saisons, TF1 avec Audrey Fleurot, Medhi Nebbou…

J’aime bien regarder HPI car cela se passe dans les Hauts de France et que je trouve que le commandant Karadec est une sorte de prince charmant bien nécessaire dans cette époque où le romantisme s’est fait la malle.

Il n’est pas seulement romantique, il est aussi carré et droit là où Morgane déconne en voulant couvrir son père qui est un sacré affreux jojo bien toxique.

La fameuse tirade de Karadec : « Vous êtes servi de moi, la confiance ça se crée, ça s’entretient, ça se partage » c’est le point culminant de la saison 3. Et je me demande bien comment Morgane va s’y prendre pour recoller les morceaux avec lui. J’espère que dans cette saison Morgane va gagner en finesse pour ne pas devenir aussi lourde que capitaine Marleau sur France 3.

J’aime cette série mais je précise bien que ce n’est pas une série familiale car elle banalise beaucoup les homicides qui sont montrés à chaque épisode. Quand on se fait zigouiller comme dirait Morgane, on ne vous revoit plus. Game over.

Dans un autre genre, j’aime bien suivre Tropiques criminelles qui se déroule aux Antilles

Tropiques criminelles, avec Sonia Rolland et Béatrice de la Boulaye, France 2, 5 saisons

J’aime bien cette série qui est fondée sur un duo de femmes. Elle se déroule dans un commissariat de Fort de France où la commandante Mélissa Sainte Rose doit canaliser l’enquêtrice qui est sous ses ordres : Gaëlle Crivelli.

TROPIQUES CRIMINELS S04 EP01 S4E01 Le Lamentin et La Pagerie © Steavy Marie-Angélique/FTV/FEDERATION ENTERTAINMENT

Autant Mélissa est flegmatique et réservée, autant Gaëlle a un côté chien fou qui se jette dans un jeu de quilles. Leur duo explosif donne lui à des scènes de comédie assez savoureuses. Chaque épisode porte le nom d’un village de Martinique comme une carte postale.

Trois hommes complètent cette équipe : Aurélien, le lieutenant martiniquais qui joue souvent l’arbitre entre Mélissa et Gaëlle, Phil le flic un peu loufoque de la brigade scientifique mais sacrément efficace et enfin le commissaire Etcheverry, un râleur de première.

Et enfin Lupin, sur Netflix avec Omar Sy, Shirine Boutella, Ludivine Sagnier, Soufiane Guerrab…

J’aime beaucoup cette série en partie pour l’image valorisante qu’elle donne de la police. Lupin joue un jeu très drôle avec la police. Les deux enquêteurs Sofia et Guedira sont des jeunes policiers qui vont alerter leur hiérarchie sur le fait que le commissaire Dumont soit un ripou à la solde d’Hubert Pellegrini. Ils véhiculent une belle image de la justice à laquelle Assane Diop lui même se soumet à la fin.

Voici un petit tour des séries policières françaises que je regarde. Je ne cherche pas à en découvrir d’autres car je me suis attachée aux personnages et donc j’attends sagement une année qu’une saison suivante arrive sur les plateformes. Je ne suis pas de séries policières américaines ou étrangères car c’est l’aspect social du pays que je connais qui m’intéresse.

Enfin, il est important que ces séries policières renforcent la valorisation de ce métier si important dans notre société. Il y a quelques jours, dans un commissariat du 13 arrondissement de Paris, un homme est parvenu à se saisir de l’arme d’un policier et faire feu sur deux d’entre eux après une interpellation musclée. Et malheureusement cette scène n’a pas été imaginée dans un scénario de série policière. C’est la réalité.

Retrouvez-ici mes articles consacrés aux séries que j’aime suivre :

Les dix meilleures pépites séries trouvées sur Netflix

Charlie, monte le son , le récit de l’adolescence 2.0

-Virgin River, une série sur le deuil et la reconstruction

Ile de France et Paris

Une parenthèse enchantée à Fontainebleau et Moret sur Loing pour le jeudi de l’Ascension

Depuis plusieurs années , les longs trajets en voiture ou en train pour partir à la mer pendant les ponts de mai deviennent beaucoup moins attractifs. Lassés de passer des heures dans les bouchons, nos copains Marion et Julien nous ont proposé de partir tous ensemble à Fontainebleau et Moret sur Loing le jeudi de l’Ascension.

Droits réservés Fontainebleau photo

C’est beaucoup plus pratique d’y aller en voiture qu’en transports en commun car il faut prendre une navette depuis une ville voisine pour atteindre ces deux petits paradis.

On est arrivé tôt le matin pour visiter le chateau de Fontainebleau avant que les cars de touristes n’ arrivent en masse. L’entrée est gratuite pour les jeunes qui ont moins de 26 ans et nous avons pu bénéficier d’une réduction de deux euros sur le plein tarif : 14€ grâce à notre pass Navigo (on passe le mot )

Déambuler comme des châtelains dans la demeure des rois à 1500 pièces de Fontainebleau

C’était assez émouvant pour moi de visiter en famille le chateau de Fontainebleau que j’ai étudié pendant ma deuxième année d’études à l’Ecole du Louvre. La comparaison est un peu stérile avec Versailles car les styles architecturaux et décoratifs sont sacrément différents.

Mais ce sont deux châteaux grandioses par leurs dimensions et le savoir-faire employé pour rendre grandiloquent l’art de vivre à la française aux yeux du monde entier. Fontainebleau et Versailles en mettent plein les yeux aux touristes du monde entier ! A Fontainebleau, l’architecture est beaucoup plus chaleureuse qu’à Versailles et sa galerie des Glaces.

Certes, les façades sont moins grandiloquentes que celles de Versailles mais l’escalier en fer à cheval tout en pierre est définitivement le plus bel escalier que j’ai jamais vu. Je suis persuadée que tous les mariés de la région viennent faire leurs photos de mariage ici.

J’ai délibérément choisi d’écrire un article qui valorise plutôt les émotions et les souvenirs de se retrouver dans un tel lieu. Pour connaître l’histoire du chateau, Stéphane Bern ou l’émission Des racines et des ailes feront le boulot aussi bien que moi !

C’était une vraie renaissance (blague) de retrouver enfin le soleil après un long tunnel nuageux pendant ce long, long, long hiver. L’étang aux carpes de cet immense parc de 150 hectares est de loin mon endroit favori. Nous n’avons pas pris le temps de faire du canotage ( 8 euros l’heure par adulte) mais on a bien apprécié notre pique-nique le long du grand canal un peu plus loin.

L’étang aux carpes est un endroit tellement beau que l’on voit depuis la galerie François 1er. Il y a un petit bâtiment tout mignon que l’on rejoint en barque où ces messieurs dames faisaient des soupers ! Les carpes sont bien grasses et gracieuses avec leurs couleurs grise ou dorée.

On a joué au jeu de cartes Shabadabada : il faut retrouver une chanson à partir d’un mot en français et en anglais. Il fait quand même bon vivre en Ile de France quand le soleil est de la partie, c’est l’aspect un peu militant de cet article (blague pour mes cousins marseillais qui accueillaient la flamme olympique la veille sous un soleil radieux).

C’est évident que nous reviendrons à Fontainebleau pour sa forêt, ses sites d’escalade (je blague, j’ai la souplesse d’une carpe) et sa fameuse mer de sable.

Puis, nous avons rejoint la civilisation c’est à dire le centre-ville de Fontainebleau pour un arrêt au salon de thé en face du bureau de Poste et du manège pour enfants. Comme la terrasse était bondée et les gâteaux en vitrine fort appétissants, on en a déduit que c’était une institution. On était surtout bien accompagnés car notre copain était au lycée à Fontainebleau.

Moret sur Loing, un village médiéval figé par le temps

Ensuite, nous sommes partis à une dizaine de kilomètres à Moret sur Loing, le petit village médiéval sacrément instagramable. Je me moque gentiment d’Instagram mais c’est une vraie mine de bons plans pour vivre sa région : l’Ile de France autrement.

J’ai découvert Moret sur Loing à travers les peintures d’Alfred Sisley, peintre impressionniste fauché. Notamment ses peintures d’écluses sur le Loing et ses fameuses portes et clochers médiévaux. Ce petit village de 4300 âmes est tout simplement enchanteur.

Tout est mignon là bas : l’office de tourisme et son petit jardin, la place de la mairie avec ses cafés et ses maisons médiévales, ses moulins et ses bords du Loing sacrément boueux à cette période de l’année. La frise de mesure des crues du Loing était assez impressionnante notamment la crue de juin 2016, plus terrible encore que la crue centenaire de 1910.

On a mangé sans doute les bonbons les plus anciens de France : de délicieux sucres d’orge au miel fabriqués par des religieuses depuis le 17eme siècle. On n’a pas eu le temps de visiter les moulins de l’autre côté du pont mais nous reviendrons !

Cette excellente journée sous le signe du soleil et de l’amitié aura eu le grand mérite de nous ressourcer en restant toute la journée au grand air et de nous donner du baume au coeur quand nous reprendrons le RER le matin à l’heure de pointe !

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Littérature jeunesse

Derniers jours, la petite Martine fête ses 70 ans à la galerie Gallimard

Hier, je me suis dépêchée d’aller à la galerie Gallimard visiter l’exposition gratuite pour fêter les 70 ans de Martine. La galerie se situe à côté du siège des éditions Gallimard dans le 7eme arrondissement de Paris, rue de l’Université.

Une exposition qui m’a donné l’effet d’actionner la machine à souvenirs : mes lectures d’enfance

J’y suis allée pour retrouver mes souvenirs. Quand j’avais huit ans, je lisais et relisais les albums dans notre maison de vacances en Ardèche. Je me servais de Martine fait la cuisine car il y avait une recette de pain perdue à réaliser avec ma grand-mère Eveline.

J’aime particulièrement Martine à la ferme, Martine fait du camping et Martine prend l’avion. Ils datent des années 1950-1960 pendant les Trente Glorieuses quand la France prospérait avec l’avion Concorde par exemple. L’univers de Martine a été crée en 1954 à une époque où l’Europe se relevait d’une guerre mondiale traumatisante. Martine symbolise l’insouciante retrouvée.

Contrairement à ce que je croyais Martine n’est pas française mais bien belge. En fait Martine est même universelle et intemporelle. Elle parle à toutes les petites filles qu’elles soient nées dans les années 1970, 1980 comme moi ou 2010 comme ma fille.

Dans les années 1980, le monde bourgeois de Martine a pris un peu du plomb dans l’aile car l’image de la femme véhiculé dans ses albums, n’était plus dans l’air du temps. Mais la série ne s’est pas arrêtée pour autant . Martine compte plus de 63 albums dont Martine à Paris publié cette année pour l’anniversaire des 70 ans.

Un phénomène d’édition : des ventes qui se comptent en millions d’exemplaires comme Astérix et Tintin…

Ce véritable succès s’explique par le réalisme plutôt naïf du dessin détaillé, les couleurs pastels sont flatteuses et le texte est assez poétique. Les aventures simples et ancrées dans le quotidien d’une petite fille de dix ans touchent tout le monde. En 70 ans, il s’est vendu plus de 120 millions d’exemplaires, ses albums ont été traduits dans plus de 30 langues.

Personnellement, je n’aurai pas choisi de moi même de lire les albums de Martine mais j’aime beaucoup les souvenirs d’enfance auxquels ils se rattachent. L’univers de Martine est un peu trop cliché à mon goût, j’aime peu l’image de la petite fille et de la mère de famille. Mais j’ai appris comment se déroule un trajet en avion grâce à Martine. J’aime beaucoup plus les textes que je trouve enchanteurs et féeriques.

Comme je travaille dans les métiers du livre, il était impensable que je rate cette exposition. Je vous recommande la lecture du catalogue d’exposition édité par Casterman qui raconte toute l’histoire de cette aventure éditoriale extraordinaire commencée en 1954. Le titre L’éternelle jeunesse d’une icône est particulièrement bien trouvé.

J’ai bien envie de prévoir une petite virée en famille en Belgique pour découvrir les musées dédiés à Martine et à Tintin, deux auteurs phares de Casterman.

Les parodies, le revers de la médaille pour toute icône de la littérature jeunesse

Longtemps, j’ai renié mon attachement pour cette série d’albums que j’ai lu et relu pendant mon enfance à cause des parodies plus ou moins drôles crées en autre par le site Martine cover generator en 2007.

La blague dura un mois et le site Internet sera rapidement obligé de fermer sur demande du service juridique de Casterman. L’éditeur belge continue d’éditer de nombreux albums et les personnages de la série sont loin d’être libres de droits.

Dans un autre genre, la gamme de décoration Les jolies planches a crée de jolis carnets avec les couvertures iconiques des albums de Martine à la montagne ou Martine à la mer. Je trouve les carnets un peu chers pour la qualité du papier à l’intérieur (16 euros) mais je trouve qu’un tableau encadré avec une couverture de Martine ça aurait de l’allure dans mon bureau ou dans mon appartement (42€).

Avant d’aller visiter l’exposition, je suis allée faire un tour à la librairie Gibert, boulevard Saint Michel. J’ai découvert les nouveaux albums de Martine et je dois dire que je préfère les rééditions originales en 2010. Elles conservent les pages intérieures à l’aquarelle très vintage de la collection Farandole.

A l’époque Martine n’avait pas sa propre collection. J’ai payé l’album Martine prend l’avion 6€ 40. Vu la qualité de l’objet, je trouve ça génial que Casterman propose un album jeunesse à moins de 10 euros avec l’inflation actuelle.

Dans ce blog dédié en grande partie aux livres, je suis ravie d’avoir pu ajouter Martine à ma collection d’articles dédiée aux succès d’édition comme Astérix, Tintin, Babar… C’est d’ailleurs, ce qui passionne le plus dans les métiers du livre : analyser pourquoi un personnage littéraire séduit des millions de lecteurs sur différentes générations.

Il est indéniable que la nostalgie et l’envie de transmettre ce qu’on a aimé lire jouent dans l’achat de livres des parents. Martine prend l’avion sera lu trois fois par ma fille au cours du week-end.

Exposition Martine, l’éternelle jeunesse d’une icône, Galerie Gallimard, 30 rue de l’université, derniers jours jusqu’au 7 mai 17h, entrée gratuite.

Retrouvez ici d’autres articles consacrés à des phénomènes d’édition jeunesse intemporels comme Martine :

-Pourquoi Roule galette est tout sauf un album jeunesse ringard

Astérix a 60 ans et c’est la locomotive de l’édition française au delà de la BD

-Ba Ba Babar, mon ami Babar depuis mon enfance

DIY

Cet hiver, j’ai testé le challenge Februllage et ce n’était pas de la tarte même si c’était inspirant

En février dernier, j’ai eu une grippe carabinée qui m’a beaucoup démoralisée. J’ai passé neuf nuits atroces à dormir par tranches de trente minutes…

Heureusement pour me changer les idées, je me suis lancée dans le challenge collages Februllage, découvert sur Instagram grâce au compte de @Julie adore.

Il se trouve que par hasard, la médiathèque de ma ville a encouragé ce challenge avec un mini bureau mis à disposition avec des visuels très bien choisis !

Ils ont trouvé des personnages issus de tableaux peints, de sculptures que l’on pouvait associer avec des animaux, des plantes, des cartes géographiques, des motifs, des couleurs et des polices de texte… Le maître mot du Februllage est l’éclectisme.

Ce challenge a été crée pour les réseaux sociaux par Scandinavian Collage Museum et Edinburgh Collage Collective. Il y a une liste officielle, un mot pour chaque jour.

J’ai bien aimé tenté l’expérience mais cela demande une sacrée organisation. Et au lieu de me détendre ça m’a plutôt mis la pression quand j’étais face à ma page blanche. Cependant, cela m’a aussi encouragée à faire plus souvent des collages car j’aime énormément ça !

J’ai trouvé cette petite pépite chez Gibert : Découpez ce livre et créez votre propre monde merveilleux, édité par Hachette (17.90€). Il est très inspirant mais je ne sais pas encore comment l’utiliser au mieux. Cela fait un moment que je cherchais une telle ressource pour découper des visuels aussi variés que des architectures, des personnages de cirque, des paysages oniriques…

Retrouvez ici mes précédents articles consacrés aux collages, ma passion depuis l’adolescence.

-Exceller dans l’art du collage comme Braque et Picasso grâce au livre de Julie adore

-Transformer nos moments de vie en collages inspirés

Cinéma

Boléro, un ballet à la fois érotique et mécanique raconté au cinéma

Au départ, j’avais peu envie d’aller voir ce film car j’ai toujours un peu peur des biopics un peu longuets. Mais une interview de Raphaël Personnaz dans l’émission C’est à vous sur France 5 m’a fait changé d’avis.

J’aime beaucoup cet acteur dans ses précédents films : Quai d’Orsay, Au bonheur des ogres… Les autres acteurs du film sont aussi talentueux : Vincent Perez, Doria Tillier, Emmanuelle Devos… Mention spéciale à Jeanne Balibar qui joue Ida Rubinstein

Alors, j’ai parcouru le dossier pédagogique du film et je me suis documentée sur ce fameux boléro de dix-sept minutes qui est la musique classique la plus écoutée au monde. Cocorico ! C’est un Français du pays basque, Maurice Ravel qui l’a composée .

Le résumé :

En 1928, alors que Paris vit au rythme des années folles, la danseuse Ida Rubinstein commande à Maurice Ravel la musique de son prochain ballet. Tétanisé et en panne d’inspiration, le compositeur feuillette les pages de sa vie – les échecs de ses débuts, la fracture de la Grande Guerre, l’amour impossible qu’il éprouve pour sa muse Misia Sert… Ravel va alors plonger au plus profond de lui-même pour créer son oeuvre universelle, le Bolero.

Ce film historique est donc un biopic (une biographie filmée) d’un des plus grands compositeurs du 20eme siècle. J’ai beaucoup aimé le générique qui retrace toute la postérité de ce boléro avec des reprises en japonais, en bossa nova, aux Antilles… Avant d’aller voir le film, il y avait même une publicité à la télé pour du taboulé qui utilisait le boléro en fond sonore.

La réalisatrice a même noté quelques lignes dans son film pour expliquer aux spectateurs, qu’on entend le boléro de Ravel quelque part dans le monde toutes les quinze minutes.

Ce boléro, je l’écoute en boucle depuis deux semaines pour comprendre en quoi il est aussi envoutant. Il m’a même donné goût à la musique classique alors que ce n’était pas gagné.

Sans surprise, j’ai trouvé le film un peu longuet. Il est beaucoup axé sur la psychologie de Maurice Ravel, un fils à maman, très complexé par l’art de la séduction. Mais l’intérêt de ce film réside dans la conception d’une oeuvre aussi géniale que le boléro.

Les scènes les plus mordantes sont celles où Maurice Ravel se confronte à sa commanditaire. Le rapport de force pendant leurs disputes est sacrément moderne pour l’époque.

Jeanne Balibar tire sans conteste son épingle du jeu avec ce rôle tellement savoureux. Elle lui secoue le cocotier avec provocation et douce folie et puis ensuite elle prend le pouvoir en le mettant au pied du mur.

Pendant les années folles, les femmes deviennent de plus en plus puissantes à l’image de Misia Sert, la muse de Maurice dans le film. Son mari est un sacré lourdaud qui la trompe sans souci et en toute transparence.

Mais elle est surtout connue pour son rôle de mécène pour les Impressionnistes et les ballets russes. Une exposition du musée d’Orsay organisée en 2012 lui rendait hommage.


Droits réservés PASCAL CHANTIER / CINEFRANCE STUDIOS

Il s’est servi de sa propre histoire pour créer une oeuvre universelle avec cette caisse claire qui le soutient de bout en bout. Il se sert du rythme des machines d’une usine, des cris des oiseaux, du bruit de la pluie sur les tuiles…

Ce film m’a donné envie d’aller visiter sa maison d’artiste à Montfort l’Amaury dans les Yvelines. Sans particulièrement se concerter, ma collègue Laurène m’a envoyé des photos de sa maison natale à Ciboire dans le pays basque et surtout du baptistère où il a été baptisé…

Ce film n’est pas mon biopic préféré. Je l’ai trouvé bien moins rythmé que La môme d’Olivier Dahan sur la vie d’Edith Piaf ou Cloclo qui raconte Claude François. Mais c’est tout de même un film réussi qui montre la génèse d’un tube planétaire car il touche les gens par des émotions universelles.

Je parie que le film va inciter de nombreux curieux comme moi à visiter ses deux maisons à Montfort l’Amaury et à Ciboire.

Et vous sinon, quelles émotions vous procure ce fameux boléro si envoutant, ce tube planétaire depuis bientôt un siècle?

Retrouvez ici d’autres biographies du siècle passé sur le blog Le bal littéraire des sardines

-Helena Rubinstein, faire fortune en misant sur la beauté des femmes

Joséphine Baker et Vivian Maier, deux Américaines en tête d’affiche dans le quartier Panthéon/ Luxembourg

BD & romans graphiques

Spoiler alert, j’ai vidé la boite de mouchoirs avec la lecture de ces trois BD : émotion garantie

J’y suis allée un peu fort avec le titre de cette article. Le rôle de ces BD n’est pas de faire pleurer dans les chaumières. Ca, ça s’appelle le pathos, et nous sommes nombreux à détester ça. Mais la lecture sert à réfléchir, mais aussi à émouvoir.

Le point commun entre ces trois BD c’est le lien social, l’amour triomphant par la transmission du devoir de mémoire, l’adoption d’un enfant… L’amour du prochain résiste face aux guerres contemporaines, la déportation massive de tous ceux qui ne convenaient pas aux nazis dans les années 1940…

J’ai trouvé ces trois BD de qualité à la médiathèque de Fontenay sous Bois, ma ville, et j’en profite pour saluer le travail de ces pros des métiers du livre pour ces choix pertinents.

Retour à Birkenau, par Ginette Kolinka, dessiné par Efa, Cesc et Sole, écrit par JD Morvan et Victor Matet, Albin Michel, 112 pages, 21€90

La couverture de cette BD est vraiment splendide, elle résume à la perfection les flash backs permanents qui émaillent ce récit de déportation. Il est difficilement soutenable mais avec la douceur et l’humanité de Ginette, 99 ans qui transmet son histoire à des collégiens, on reprends courage pour oser dire non à la sauvagerie et au tyrannisme.

J’ai une tendresse particulière pour cette petite dame dont il émane une force de caractère exemplaire sur les plateaux de télévision où elle vient parler de ses livres. La dernière émission en date : Les rencontres du papotin sur France 2 m’a émue aux larmes. D’ailleurs la bande dessinée se termine de la même manière. Avec une chanson de Téléphone, Un autre monde car son fils Richard est le batteur de ce groupe emblématique.

L’adoption, tome 1 : Wadji et tome 2 : Les repentirs, Zidrou et Monin, éditions Grand angle

Je n’ai pas encore décidé si je lirai les trois autres volumes de cette série sur différentes adoptions d’enfants du monde. Mais il est sûr que l’histoire de Wadji, petit yéménite de dix ans et de sa famille adoptive à Nantes m’a beaucoup parlé.

J’ai fermé le premier tome un peu révoltée par ma lecture face à ce gâchis relationnel, fait d’incompréhensions à cause de la guerre qui détruit tout sur son passage.

Une phrase de l’éditeur résume vraiment très bien l’histoire : quand on a connu le pire, il faut un peu de temps pour s’habituer au meilleur.

« Jusqu’à présent, sa mère s’appelait « Guerre » et son père « Exil ». Maintenant, ils ont pour nom « trahison » et « abandon » « . C’est ainsi que commence le tome 2 : Les repentirs. Je ne vais pas vous raconter l’intrigue mais j’ai été vraiment très touchée par l’amour que déploie cette famille adoptive pour un petit garçon qu’elle connait à peine et qui a du mal à s’attacher à eux.

Il y a toute une galerie de personnages qui vont s’entraider pour retrouver ce petit gosse fugueur qui ne sait pas qu’il est aimé. C’est une histoire qui valorise le courage qu’on va chercher au plus profond de soi pour les siens et j’ai pleuré bien évidemment !.

Je suis une grande fan des BD scénarisées par Zidrou notamment la série Les beaux étés avec cette famille belge qui descend dans le Sud de la France chaque été sur une décennie.

Je vous recommande les albums des maisons d’édition Dargaud et Grand angle. Pour moi, ce sont les meilleurs dans le domaine.

Retrouvez ici d’autres chroniques de BD du blog Le bal littéraire des sardines :

-Jamais , lutter contre l’érosion des souvenirs

Guernica, un plaidoyer contre la guerre en BD

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