Romans

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, quand le déni de réalité d’une mère produit des miracles…

Ce dimanche, il pleuvait à Paris. J’avais prévu le coup avec une sortie ciné pour le Printemps du cinéma. J’attendais ce film de longue date depuis que j’avais lu d’une traite le roman autobiographique de Roland Perez : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, éditions Les escales.

J’ai découvert ce roman en m’intéressant tout particulièrement à la belle carrière de Sylvie Vartan qui vient de prendre sa retraite artistique à 80 ans cette année. Je lis énormément de romans de la maison d’édition Les escales car ils savent mettre en valeur les beaux textes bien écrits, qui transmettent des émotions à leurs lecteurs.

J’ai à la fois ri aux éclats et versé une petite larme à la lecture de ce roman autobiographique découpé en une trilogie. Il faut dire que Roland Perez est un homme fort attachant, doué d’une acuité particulière pour la psychologie et les relations.

Le résumé :

Le récit tendre et détonnant d’une enfance pas comme les autres, bercée par la voix de Sylvie Vartan. Un roman drôle et chaleureux sur la famille et sur la différence. A cinq ans, Roland ne marche toujours pas. Il vit dans un HLM du XIIIe arrondissement de Paris avec sa famille juive séfarade d’origine marocaine. Un appartement plein de vie d’où Roland ne peut sortir, si ce n’est dans les bras de sa mère.


La religion et la culture juives tiennent dans sa vie une place primordiale. Très croyante et surprotectrice, elle le garde à l’écart du monde extérieur. L’appartement est devenu son territoire, d’où il observe avec fascination les va-et-vient de ses frères et sours et de leurs amis. Mais c’est en regardant la télévision qu’il découvre le monde. Il se passionne pour les émissions de variétés et pour Sylvie Vartan,  » étoile parmi les étoiles « . Un jour, alors qu’il a six ans, un miracle se produit : il réussit enfin à marcher. Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est un roman tendre et loufoque, aux personnage drôles et attachants.
Une histoire vraie, lumineuse et pleine d’espoir.

 » Dieu ne pouvait être partout, alors il a crée les mères » Proverbe juif

Mon avis :

Ce film ne vous laissera pas insensible. On rit et on pleure grâce à cette maman haute en couleurs jouée avec brio par Leïla Bekhti. C’est également l’un des plus beaux rôles de Jonathan Cohen, qui est le narrateur de sa propre histoire.

J’ai préféré le roman même si le film est réussi. Dans le roman, Roland Perez détaille très bien toute la fantaisie et les excès de sa mère. La première partie du film qui raconte l’enfance de Roland Perez dans les années 1960 est très rythmée par une bande originale de qualité. Mais cela se fait aussi au détriment de l’émotion. Esther fait la surprise à ses autres enfants quand le petit dernier se met à marcher à huit ans. La musique est tonitruante et alors on perd l’émotion qui culmine dans cette scène.

Mais par contre, la scène où tous les membres de la famille Perez chantonnent dans leur coin La Maritza, c’est une belle réussite. Mention spéciale au grand frère qui fume dans son bain. Cette chanson est universelle, elle parle d’un fleuve bulgare, les racines de Sylvie en exil, et pourtant elle va comme un gant à cette famille séfarade.

Copyright Marie-Camille Orlando – 2024 Gaumont – Egérie Productions – 9492-2663 Québec Inc. (filiale de Christal Films Productions Inc.) – Amazon MGM Studios

Leïla Bekhti a aimé ce rôle car on lui offrait de jouer une conviction. C’est une mère qui veut le meilleur pour son enfant quitte à l’étouffer un peu même quand il a la trentaine. Elle sera même médaillée pour son dévouement par Jacques Chirac à l’Hôtel de ville de Paris.

C’est aussi un film qui parle de la foi chevillée au corps qui se concrétise avec ces miracles car le jeune Roland n’a pas seulement été guéri de son pied bot, il deviendra aussi l’avocat des célébrités comme Sylvie Vartan.

Je vous laisse découvrir la superbe chronique de Jean-Luc Gadreau, critique de cinéma et pasteur à propos de ce film beaucoup plus profond sur la spiritualité qu’il n’y parait.

Bulgarie·Musique

Sylvie Vartan, l’âme slave qui a conquis la France depuis 60 ans.

Récemment, la chanteuse Sylvie Vartan a organisé son dernier tour de chant à travers une grande tournée nationale pour fêter soixante ans de carrière internationale. Elle prend sa retraite artistique à 80 ans.

C’est un peu injuste qu’on ne retienne surtout son statut de petite fiancée puis épouse de Johnny Hallyday alors qu’elle a vécu une belle carrière internationale avec des chansons marquants des générations.

Bien évidemment, j’ai regardé beaucoup d’émissions de variétés avec ma grand-mère. Pendant mon adolescence, j’étais sidérée de voir ses images d’archives où Johnny et Sylvie étaient assaillis par les photographes pendant leur mariage à Loconville dans le Vexin en 1964.

J’ai découvert que Sylvie Vartan avait vendu à travers le monde plus de 40 millions d’albums en chantant aux Etats-Unis mais aussi en Italie, au Japon… Elle a partagé l’affiche de l’Olympia avec les Beatles pendant trois semaines en 1964. Elle s’est exercée aux techniques américaines à Las Vegas et à New York. Elle a même épousé un grand producteur américain Tony Scotti en 1984.

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L’héritage musical d’une légende française

Lors de son dernier concert au palais des congrès de Paris en janvier 2024, elle a chanté vingt-deux chansons devant 4000 personnes. Dont ses tubes les plus connus : La plus belle pour aller danser écrite par Aznavour en 1964, Comme un garçon, Qu’est ce qui fait pleurer les blondes ? et bien sûr La Maritza écrite pour elle en 1968.

La Maritza, c’est ma rivière
Comme la Seine est la tienne
Mais il n’y a que mon père
Maintenant qui s’en souvienne
Quelquefois

De mes dix premières années
Il ne me reste plus rien
Pas la plus pauvre poupée
Plus rien qu’un petit refrain
D’autrefois

Une star iconique sur Tik tok avec sa chanson autobiographique : La Maritza.

Les Vartan sont une famille assez privilégiée dont le papa est attaché de presse à l’ambassade de France à Sofia. Il est d’origine arménienne, la mère de Sylvie est hongroise. Quand le régime communiste se met en place dans les années 1950, la famille perd sa maison puis décide d’émigrer en France en fuyant la Bulgarie. La légende dit que la famille a voyagé à bord de l’Orient express en 1952. Sylvie Vartan a une place privilégiée dans un article précédent de mon blog consacré à ces célébrités bulgares qui cartonnent en France.

Sylvie Vartan a un frère musicien Eddie qui va lui présenter les copains du Golf Drouot : Eddie Mitchell, Jacques Dutronc et un certain Johnny Hallyday…. Elle arrête ses études au lycée pour débuter une fulgurante carrière en 1961.

En 1968, elle interprète cette chanson : La Maritza qui séduit les Français car elle parle des racines d’une artiste dans un pays européen à la fois proche et lointain. Mon mari est bulgare alors forcément je suis sensible à cette chanson…

Dernièrement, j’ai regardé l’émission La Boite à secrets où David Hallyday était invité sur France 3. Il est un formidable hériter artistique des chansons de ses parents comme Sang pour sang qu’il a composé. C’est l’une des familles les plus talentueuses de la chanson française, chacune de leurs chansons ont une place privilégiée dans le coeur des Français.

Bien entendu que j’écrirai un article sur Johnny Hallyday car sa vie sera bientôt adaptée au cinéma en 2026. Mais à quand un biopic consacré à Sylvie ?

Je suis en train de lire un chouette roman autobiographique : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan qui va être adapté au cinéma en avril prochain avec Leïla Bekhti dans le rôle de la mère juive et Jonathan Cohen qui joue Roland Perez.

C’est l’histoire d’un petit garçon couvé par sa maman. Il oublie son pied bot grâce à son admiration sans bornes pour une petite chanteuse yéyé : Sylvie Vartan.

Et vous quelle est votre chanson préférée de Sylvie Vartan ?

Retrouvez les précédents articles de la rubrique Toute la musique que j’aime :

-Monsieur Aznavour, ses amis, ses amours, ses emmerdes dans un biopic très romanesque.

Hommage à Jane Birkin, la plus belle ambassadrice de la poésie de Gainsbourg

-Pagny raconté par Florent : une biographie sensible et authentique.