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Noël en Provence : au pays des crèches

Pour Noël, nous avons eu la chance de partir à Marseille, trois jours très ensoleillés, invités par ma tante et sa famille. Je suis venue des dizaines de fois à Marseille, c’est ma ville de coeur, incomparable avec Paris. Et pourtant je découvre toujours de belles surprises à visiter.

Le Marseille de la Belle époque (vers 1900 ) me fascine, j’ai contribué à la rédaction d’une analyse d’oeuvre consacrée à l’autobiographie La gloire de mon père de Marcel Pagnol.

Le palais Longchamp

Je l’avais étudié pendant mes études d’histoire de l’art à l’Ecole du Louvre et c’est vraiment un monument impressionnant à Marseille. En 1836, une épidémie de choléra frappa Marseille par manque d’eau. Un canal fut creusé et on désigna Henri Espérandieu, l’architecte de Notre Dame de la Garde pour concevoir un grand monument qui mettrait en scène cette arrivée d’eau sur le plateau de Longchamp. Si vous aimez la sculpture publique, vous allez être ravis avec cette gigantesque scène mythologique. Les animaux représentent les grandes rivières qui alimentent Marseille : l’Huveaune, la Durance…

C’est un lieu majeur de culture puisqu’il abrite le musée des Beaux-arts et le muséum d’histoire naturelle. Son parc est très beau, vestige d’un très ancien zoo entre 1855 et 1987.

Puis, on a fait un tour de manège sur la Canebière et on a pris le bus 83 en direction du Prado, sur le Vieux-Port pour rejoindre la corniche Kennedy.

Nous avons été épatés par la régularité des transports en commun en centre-ville un dimanche, veille de fêtes. On a pris un pass 10 tickets à 15€10 pour nos allers et retours depuis le métro La rose et c’était amplement suffisant pour cumuler bus, métro et tramway. Il y avait même un billet special Noël à 1.80€ encore plus avantageux mais on a loupé l’info.

La Corniche Kennedy est vraiment l’endroit que je préfère à Marseille, peut être même en France. Cet immense banc de béton qui longe la corniche sur la rade de Marseille avec le château d’If, les îles du Frioul et l’Estaque en face est vraiment un lieu enchanteur. La vue du Mucem est époustouflante aussi mais la perspective de la corniche Kennedy est unique en son genre.

Elle a d’ailleurs inspiré un roman sociétal à l’image de Marseille : Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal. Je l’ai lu, c’est plus sociologique que romanesque mais l’auteure a su saisir toute la vivacité de cette jeunesse marseillaise.

On a découvert un excellent restaurant de poissons avec vue sur mer entre le vallon des Auffes et la plage des Catalans.

Il s’agit du Petit pavillon. L’accueil est très agréable et la carte à la hauteur de ses tarifs. Comptez une trentaine d’euros pour une sole meunière avec riz et légumes ou une cassolette de lotte et noix de Saint-Jacques avec pâtes fraîches de qualité. C’était un très bon moment pour terminer en beauté 2023.

En début de soirée, direction Allauch, le village où vivent mes cousins depuis toujours. J’ai assisté à un très beau spectacle : la descente des bergers depuis Notre Dame du chateau. C’est une tradition ancestrale d’Allauch avec une centaine de figurants en costumes d’époque avec des chèvres et des chevaux qui accompagnent ce beau tableau de Nativité provençale. C’était très émouvant pour moi d’entendre en provençal les chants que nous chantons le dimanche à l’église : A toi la gloire et Amazing grace

Allauch, c’est une terre de santonniers et de moulins dont un est toujours en activité. La place des moulins avec la vue sur tout Marseille à la tombée de la nuit m’a beaucoup impressionnée. Le feuilleton Plus belle la vie vient d’y poser ses valises. La place de l’église est vraiment très belle, c’est simple ce village c’est une crèche provençale grandeur nature !

En toute honnêteté, je n’ai pas une grande passion des danses folkloriques, le style provençal en décoration me rebute. Mais bien distillé, c’est un beau symbole identitaire. Et cette descente des bergers restera un beau souvenir de cette fin d’année 2023. Je pense que le message chrétien auquel je crois m’a beaucoup plus. Représenter la Nativité dans les rues est beaucoup plus facile pour parler de Dieu car les églises font un peu peur à ceux qui ne les fréquentent pas.

D’ailleurs, j’avais écrit un article sur Noël en Provence, l’an dernier. Grâce au Bazar de l’hôtel de ville à Paris, j’avais découvert des cigales stylisées et modernisées. Ma tante qui connait bien mes goûts m’en a offert une cette année. Elle vient de l’atelier de céramique Louis Sicard.

C’était un vrai régal de passer ces fêtes en famille en Provence car on y est toujours bien accueillis.

A retrouver dans ce blog d’autres articles consacrés à Marseille :

-Road trip à Marseille

Un avant-goût de vacances à Massilia la belle début juin

Lifestyle

Un Noël en Provence au BHV… et dans mon bujo…

Cette année, je cherchais un thème original pour décorer mon bujo pour décembre et ainsi finir mon carnet 2022 en beauté. Je m’étais régalée à dessiner des sapins et des boules à neige grâce à la chaîne Youtube Les astuces de Margaux. Mais je cherchais plus original… C’est le magasin parisien BHV qui m’a donné cette idée qui me ressemble beaucoup…

J’ai étudié les arts et traditions populaires dans un musée du même nom désormais disparu, à côté de l’actuelle fondation Louis Vuitton dans le 16eme arrondissement de Paris. Désormais, le musée des arts et traditions populaire s’est délocalisé à Marseille et s’est étendu à l’Europe et à la Méditerranée : c’est le fameux MUCEM !

Moi, je viens de Valence aux portes du duché de Provence. Et je passe souvent Noël avec ma famille de Marseille qui ramène avec elle la tradition des treize desserts dont la pompe à huile. Ma tante Martine a longtemps peint à la main les santons de Provence de la marque Carbonnel.

Ma grand-mère Evelyne doit avoir une crèche avec une cinquantaine de santons. Ces traditions perdurent et séduisent même le marketing !

Carbonnel, Les calissons du roi René, Souleiado, L’Occitane … sont autant de marques présentes au BHV pour ces vitrines Noël en Provence.

J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette cigale en céramique signée Monochromic. Je regarde beaucoup les émissions de décoration sur M6 et c’est vrai que le total look provençal est un peu ringard : le combo olives, cigales et fond jaune c’est un peu trop chargé. Mais le design a cette magie avec la pureté de ses lignes de moderniser n’importe quel motif. Et la cigale c’est l’identité de la Provence !

Les becs sucrés à l’honneur en Provence

Je ne suis pas une inconditionnelle du nougat de Montélimar mais j’aime de manière éperdue le calisson et tout ce qui est à base d’amande. Je pense sérieusement à aller faire un tour au musée qui lui dédié à coté de la confiserie du roi René. Cette entreprise centenaire est basée à Aix en Provence.

Elle se réfère à un roi très apprécié, un important mécène du 15eme siècle qui a marqué de son empreinte tout son duché de Marseille à Tarascon. Si vous êtes de passage à Marseille, n’hésitez pas à grimper la tour du roi René pour avoir une vue inoubliable sur le Vieux port.

Cette confiserie très traditionnelle a sorti un beau coffret : celui des treize desserts en Provence. Il se compose de figues, de fruits secs, de nougats… Le chiffre treize est une référence au Christ et à ses apôtres. Par ailleurs, on dispose les nappes de la table de Noël par trois en référence à la Trinité.

J’aime beaucoup ces références chrétiennes, des traditions qui remontent même au 12eme siècle. D’ailleurs, en me documentant pour écrire cet article, j’ai découvert que la création de crèches provençales était un acte de rébellion.

Durant la Révolution française, les Marseillais ont trouvé une parade comme on leur interdisait de célébrer une messe de minuit. Dans la foulée, ils ont lancé une fête aux santons qui célèbre cette année ses 200 ans.

Les santons de la crèche provençale, une communauté chrétienne en miniature

Quand j’étais petite, j’adorais installer la crèche avec mon frère parce qu’on déballait les santons que ma tante avait peint à la main pour l’entreprise Carbonnel. Elle m’épatait à réussir un travail si minutieux à une cadence industrielle : j’avance le chiffre de 200 santons à peindre chaque semaine. On installait le ravi de la crèche, le maire, les anges et surtout la sainte famille car le petit Jésus est bien entendu le plus beau des santons.

Ma mère a complété la collection avec les rois mages et des chameaux. En novembre, j’ai vu une chouette crèche grandeur nature dans un centre commercial à coté de Cayenne. Je vous invite à visiter une église pour se recueillir devant une crèche car la naissance de Jésus, le Sauveur c’est la vraie bonne nouvelle qui change une vie !

Ma tante m’a fait un très chouette cadeau depuis une dizaine d’années. C’est une toute petite crèche bolivienne trouvée à la foire aux santons de Marseille. Elle est toute simple, minimaliste au possible. L’objet idéal quand je vivais dans une mini boite à chaussures de 9m².

Cela faisait un moment que j’en avais envie. Je me suis rendue compte que les régions et leur Histoire ont une vraie importance des siècles plus tard, malgré la mondialisation. Cet attachement des gens à leur région : les Flandres, la Provence m’a beaucoup inspiré cet hiver dans les pages de mon bullet journal.

Je crée une nouvelle page thématique dans ce blog que vous pouvez retrouver ici : elle est dédiée aux régions que j’aime : Paris et sa banlieue, ma patrie d’adoption depuis quinze ans, les Hauts de France car mes grands-parents maternels viennent du Pas de Calais et enfin Marseille et la Provence, Valence d’où je viens, c’est la porte de la Provence !

Cet hiver, je suis aussi allée sous le soleil de Guyane : un mois de novembre aux antipodes…