Séries

Cinq moments d’émotion grâce à Denis Bouley alias Bruno Salomone, le papa bobo si attachant de Fais pas ci, Fais pas ça.

Lundi 23 mars, ont eu lieu les obsèques du comédien et humoriste Bruno Salomone dans sa ville d’adoption, Joinville le Pont. A l’annonce de son décès, j’ai voulu regarder les meilleurs extraits des neuf saisons de la série familiale Fais pas-ci, fais pas ça, de loin ma série française favorite dans laquelle il excelle.

Créee par Anne Giafferi et Thierry Bizot, un couple de producteurs français, cette série confronte le quotidien de deux familles voisines : les Lepic et les Bouley. Autant les premiers sont des catholiques conservateurs, autant les seconds sont des bourgeois bohêmes sans religion. Ils habitent dans la même rue d’un quartier huppé de Sèvres.

Leurs enfants vont se cotoyer pendant une dizaine d’années en vivant leurs premières boums, les mariages, les naissances de 2007 à 2017.

Cannelle CARRE CASSAIGNE, Tiphaine HAAS, Lilian DUGOIS, Yaniss LESPERT Timothée KEMPEN HAMEL, Alexandra GENTIL

Cette série qui raconte si bien les petits trésors et les grandes peines de leur quotidien va toucher près de 5 millions de téléspectateurs à chaque épisode car ces familles nous ressemblent tellement…

J’ai une affection toute particulière pour les deux papas de la série : Renaud Lepic et Denis Bouley. Ils sont totalement antinomiques dans leurs caractères, leur propre éducation, leur manière d’éduquer et pourtant ils se complètent tellement bien dans le jeu comique !

Les deux mamans Fabienne et Valérie sont sympas et talentueuses aussi, mais les rôles de mamans sont plus courants et donc moins originaux à la télévision. En tout cas, elles mettent bien en valeur les deux papas de la série.

« Tu es dans le déni Denis« .

Je suis très triste de la disparition soudaine de Bruno Salomone car je me suis beaucoup attachée à ce personnage de « papa bobo » qui avait les mimiques de Jim Carey et la grâce de Marlon Brando, comme l’a si bien dit son ami Jean Dujardin pour lui rendre hommage.

Retour en images sur cinq moments phares de la série Fais pas ci, fais pas ça.

Dans les trois premières saisons, Denis Bouley est un intermittent du spectacle. Il vit aux crochets de sa femme Valérie, qui a un très bon poste dans une agence de communication. Il essaie de montrer l’exemple à ses enfants Thiphaine et Eliott mais il se cherche.

Ses différentes prestations d’animateur en maison de retraite suscitent la raillerie de son voisin Renaud Lepic. Mais rapidement, Fabienne Lepic, l’épouse de Renaud, elle aussi parent au foyer va lui vouer une forme d’admiration qui deviendra de la camaraderie.

Je me suis bien bidonnée quand Denis Bouley se déguise en Elvis d’opérette à la kermesse du collège pour chanter une chanson limite obscène : J’aime regarder les filles… de Philippe Coutin. Renaud va heureusement le tirer de ce mauvais pas.

A partir de la quatrième saison, Denis Bouley va commencer à vivre une ascension sociale grâce à son métier de coach qui laisse pourtant parfois sa famille perplexe. Il va même écrire un livre Un dos tres, je déstresse que l’éditeur du Cherche midi va même publier : la réalité rejoint la fiction.

Au cours de la sixième saison, il va même rejoindre une grande entreprise dirigée par Eve de Colbert, une patronne sociopathe qui lui donnera du fil à retordre. J’ai eu ma petite larme à l’oeil quand Valérie et Denis Bouley se donnent du mal à l’encourager quand elle leur cuisine un plat infect comme exercice de socialisation. Fais pas çi, Fais pas ça est une série familiale réussie car c’est un trésor relationnel.

Médusor, l’interprétation féerique qui va conquérir le coeur des Français jusqu’au journal de 20 heures de Marie Drucker.

Comme le coaching ne l’épanouit plus tant que cela à cause de ses clients problématiques, Denis Bouley renoue avec la carrière artistique de ses débuts. Pour sauver la mise lors d’un goûter d’enfant auquel sa propre fille est invitée, il se métamorphose en Médusor, une créature des mers au costume translucide.

Il incarne tellement bien son personnage qu’il va fasciner les gamins et leurs parents, lui offrant une notoriété inespérée… mais qui lui fera perdre de vue Valérie, sa femme.

La septième saison a été une période de grandes turbulences pour le couple Bouley. Le costume de Médusor n’est pas très sexy pour Valérie qui va s’éloigner de Denis et tomber un temps dans les bras d’un danseur de country plus jeune. J’ai détesté ces épisodes tant j’ai trouvé ce mec insipide par rapport à Denis.

La tirade de Denis Bouley face aux parents Lepic qui le jugent pas mal dans ses difficultés conjugales est un tournant de la série. Le couple Lepic est plus lisse alors que les Bouley montrent leurs aspérités. Toute la thérapie que les Bouley vont suivre par la suite est passionnante à suivre.

Et enfin, l’épisode que je chéris le plus dans cette série, c’est celui où Denis doit héberger quelques jours chez lui son frère joué par François-Xavier Demaison. Le mec est imbuvable, il fait croire qu’il a tout réussi socialement alors que c’est un marginal qui vit dans sa voiture sur un parking. Denis va le confondre mais il va lui faire grâce de ne rien dévoiler à leurs parents qui adulent ce frère ainé.

Les scènes où Denis, en bon fils, organise un bel anniversaire pour un de ses parents et que cela tourne en compétition pour réparer la bagnole des parents sont savoureuses. On se retrouve tellement dans ces petites tensions fratricides pour se disputer l’amour des parents. C’est très finement écrit et interprété avec brio et sensibilité.

Les Bouley et Les Lepic sont même allés sur la Lune ensemble dans un téléfilm

Bruno Salomone était très apprécié dans sa ville de Joinville le pont, Val de Marne. J’irai à l’hommage populaire que la ville compte lui organiser plus tard. Sa famille a été d’une grande générosité envers son public car elle a ouvert ses funérailles à tous pour célébrer ce grand artiste si populaire.

J’ai été très émue par le si beau discours de son ami Jean Dujardin, ancien membre des Nous c’est nous qui a porté son cercueil avec ses amis du groupe d’humoristes. C’était tellement marrant et bien vu de singer les boys bands des années 1990 quand ils avaient tous trente ans, Salomone et ses copains.

Cinéma

Quand te reverrais-je acteur merveilleux ? Hommage à Michel Blanc en cinq films marquants.

Vendredi matin, j’ouvre le site de Paris Match et là c’est le coup de massue : Michel Blanc est mort. J’ai réalisé avec sa mort à quel point j’aimais sa manière de jouer et je me rendais même pas compte que je choisissais un film car il jouait dedans.

Il est de la même génération que mon père et depuis une vingtaine d’années, ses rôles étaient emprunts de transmission et de bienveillance envers les générations suivantes. Il jouait un père, un prof comme dans Nos 18 ans… On a entendu les hommages de la chanteuse Louane, de Pierre Niney ou d’ Hakim Jemili car Michel Blanc a accompagné leurs premiers rôles au cinéma comme partenaire.

Depuis l’annonce de son décès, je ne cesse que de regarder des reportages qui lui rendent hommage. J’imagine la peine indéfinissable de ses amis de la troupe du Splendid car ils ont connu le succès ensemble depuis cinquante ans. Ils se connaissent depuis leurs 14 ans au lycée Pasteur à Neuilly.

Il se trouve que j’avais lu ce printemps la biographie de Josiane Balasko, une de mes actrices préférées. C’était très émouvant de les voir poser tous ensemble pour fêter les 75 ans de Paris Match. Cette troupe a marqué l’histoire du cinéma, tous sont devenus des vedettes ! Ils sont très touchants par leur amitié éternelle alors qu’ils ont des opinions politiques assez diverses, ils continuent de rire ensemble et de se vanner.

J’ai voulu lister cinq grands films dans lesquels Michel Blanc m’a émue.

Les Bronzés et Les bronzés font du ski par Patrice Leconte : 1978 et 1979 : Jean-Claude Dusse

Ce sont deux films patrimoniaux avec des répliques cultes qui se transmettent de générations en générations. Elles sont même entrées dans le langage commun : « Sur un malentendu », « Je sens que je vais conclure….  »

Michel Blanc était connu pour être le dialoguiste de la troupe du Splendid. Il est indéniable que Jean-Claude Dusse est le personnage le plus marquant des Bronzés avec ses déconvenues amoureuses ou bloqué sur un télésiège.

Il s’est efforcé de changer de registre vers le drame car le rôle de Jean-Claude Dusse tellement iconique était un peu trop encombrant et réducteur. Moi j’adore le début des Bronzés font du ski quand on suit Jean-Claude en train de prendre le métro dans Paris avec ses skis et ses batons vers la gare de Lyon pour rejoindre l’Alpe d’Huez…

Je vous trouve très beau, réalisé par Isabelle Mergault, 2006 : Aymé Pigrenet

J’ai beaucoup aimé cette comédie sociale qui a été tourné dans la Drôme, ma patrie. Elle raconte l’histoire d’un fermier, Aymé, qui se retrouve brutalement veuf et sacrément désappointé car ni la cuisine, ni la lessive ne sont ses points forts.

Il va s’envoler pour la Roumanie avec une responsable d’agence matrimoniale pour trouver plus une fermière qu’une épouse. Il va trouver la perle rare : Elena, une jeune femme solaire qui a du mal à accepter que les sentiments ne feront pas partie de l’équation. L’un des plus beaux rôles de Michel Blanc, celui d’un fermier bourru qui va accepter de vivre la tendresse et l’affection.

Nos 18 ans, 2008, réalisé par Fréderic Berthe : Monsieur Martineau

J’aime énormément cette petite comédie générationnelle qui se déroule à Bordeaux dans les années 1990. C’est l’histoire d’un groupe d’adolescents qui passe le bac et qui vit ses premiers émois amoureux lors de soirées où retentissent les meilleurs sons de Téléphone, Manu Chao… Les petits jeunes de la bande ne sont pas très connus à part Pierre Niney. Ils vont être encadrés par deux belles figures du cinéma français : Michel Blanc et Bernadette Lafont, qui jouent une mère et un fils.

Michel Blanc est un professeur de philosophie un peu rigide, bête noire de l’un de ses élèves Théo. Manque de bol, Théo se ramasse aux rattrapages mais il va pouvoir bénéficier de la main tendue et inespérée de Monsieur Martineau.

Demi-sœur réalisé par Josiane Balasko, 2013 : Paul.

C’est un film très émouvant qui repose sur le duo Balasko/Blanc. Nénette est une petite fille de 60 ans qui retrouve par la force des choses son frère Paul qui est pharmacien et qui ignore tout de son existence. On ne peut pas dire que l’accueil va être des plus chaleureux tant Paul est psychorigide et peu empathique avec les handicapés mentaux.

Josiane Balasko et Michel Blanc sont les deux seuls de la troupe du Splendid à avoir vraiment cherché à jouer des rôles plus dramatiques. C’est un film tendre et profond.

Et enfin Docteur ? de Tristan Séguela, 2019 : Serge

Je l’ai vu avec mon mari et on a vraiment bien aimé cette comédie un peu grinçante qui se moque de l’uberisation de la médecine généraliste. C’est le soir de Noël et Michel Blanc joue un médecin proche de la retraite et un peu désocialisé. Il est débordé par ses gardes et il force sur la piquette pour tenir le coup.

Il a tellement chargé la mule qu’il se bloque le dos et il va devoir faire équipe avec Malek (Hakim Jemili) un livreur Uber eats, lui aussi de service, ce soir là… Ce duo comique qui réunit deux générations d’humoristes fonctionne très bien et on passe un bon moment de cinéma avec ces deux-là.

Jeudi 11 octobre, c’était les obsèques de Michel Blanc dans l’église Saint-Eustache. Un fan s’est présenté en tenue de skieur avec ses skis, ses gants et son masque de ski. Le plus bel hommage à Michel Blanc : Jean-Claude Dusse n’est pas seulement iconique, il est inoubliable dans nos cœurs !

Retrouvez ici d’autres hommages à des acteurs et des chanteurs qui m’ont marquée !

-Hommage à Belmondo, la Bebel mania, nostalgie d’une France où tout allait bien !

-Jane Birkin, la meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg dans le monde entier.