Carnets de voyages urbains·Ile de France et Paris·Sociologie

Comment le RC Lens m’a réconciliée avec le football lors de la finale de la Coupe de France.

J’ai suivi avec ma fille et mon père la demi-finale de la coupe de France qui opposait le RC Lens à Toulouse le 21 avril alors que je me suis beaucoup désintéressée du football français ces dernières années.

J’aime bien le RC Lens, c’est un club assez authentique avec le meilleur public de France. A la fin du match, j’ai écouté l’interview de Florian Thauvin, l’attaquant star du club et champion du monde 2018.

Des joueurs de foot chrétiens : Thauvin, Aguilar, Doué qui ont la faveur de Dieu car ils ont foi en Lui.

Il remerciait Dieu pour la qualification de son club en finale de la coupe de France avec une anecdote édifiante.

Le jour du match, il est allé prier dans une église non loin du stade pour allumer un cierge et sans se concerter un autre de ses coéquipiers Ruben Aguilar a eu la même démarche puisqu’ils se sont retrouvés dans l’église.

J’attends avec impatience la finale de la Ligue des champions PSG/ Arsenal car l’an dernier, Désiré Doué avait aussi remercié le Seigneur pour ses buts et la victoire de son équipe.

Une finale et une fête dans le Pas de Calais qui se sont déroulées sans heurts

La finale du Stade de France a eu lieu le 22 mai avec 55 000 supporters lensois qui ont envahi les allées de la Gare du Nord et les TER régionaux avec leurs chants de supporters et leurs tenues sang et or.

On ne pouvait pas les louper, cela apportait une fièvre régionale bienvenue à Paris. Malheureusement, la veille, une centaine de supporters niçois ont fait preuve d’une violence inacceptable dans le 19eme arrondissement pour un motif inconnu. Peut-être, ils ne le savaient pas eux-mêmes.

Des hymnes régionaux emblématiques joués par la Garde républicaine

La finale de la Coupe de France a été un très beau spectacle qui dépassait le cadre du football. La garde républicaine, cette institution, a joué Emmenez-moi de Charles Aznavour puis l’hymne du RC Lens : Les corons de Pierre Bachelet puis Nissa la Bella, l’hymne de l’OGC Nice.


La finale de la Coupe de France : émotions et fraternité au Stade de France

Le président de la République, Emmanuel Macron, jamais le dernier pour les embrassades, est descendu sur la pelouse saluer les joueurs. Les enfants qui accompagnent les joueurs ont été sacrément sympas et authentiques en le saluant gentiment.

Il y a eu un beau moment de fraternité à la 86eme minute du match avec une belle Marseillaise entonnée avec force par 55 000 Lensois et 12 000 Niçois pour rendre hommage aux 86 victimes de l’attentat de Nice en juillet 2016.

Mais une chanson tire son épingle du jeu : Les corons de Pierre Bachelet, 1982

Les corons, c’est un peu comme la Maritza de Sylvie Vartan. C’est une chanson hautement autobiographique qui saisit d’émotion le public même s’il n’est pas mineur de fond ou bien bulgare. La famille de Bachelet ne travaillait pas dans les mines mais elle a été obligée de venir vivre à Paris car elle était confrontée à la précarité à Calais.

C’est la chanson la plus connue de son répertoire : Pierre Bachelet a vendu plus d’un million d’exemplaires de ce disque. Elle est même chantée par les deux clubs quand Lens rencontre Saint-Etienne (d’autres mineurs) au stade.

J’ai découvert cette chanson à part dans le patrimoine français avec le film Bienvenue chez les Ch’tis, réalisé par Dany Boon, l’enfant du pays en 2008.

C’est très touchant de voir l’enracinement de ces milliers de supporters. Les journalistes ont interviewés de nombreux supporters qui parlaient de leurs grands-parents mineurs. Le RC Lens fête cette année ses 120 ans d’existence (1906).

 » Nous avons la chance de faire un métier qui peut rendre les gens heureux avec un match de foot  » Pierre Sage, entraîneur du RC Lens en 2026.

Je me souviens bien de leur victoire en coupe de la Ligue en 1999 avec Tony Vairelles, le capitaine et Gervais Martel, l’ancien président du club. On sent que les joueurs et leur entraineur Pierre Sage sont portés par les valeurs d’authenticité de leur club surtout quand ils font la chenille avec leurs supporters à quatre heures du matin dans leur propre stade, construit sur le modèle des stades anglais.

D’ailleurs, le logo du club c’est une lampe de mineur. Cela me rappelle beaucoup le beau succès populaire du film En fanfare qui raconte une chorale liée à une ancienne mine dans un village ouvrier du Nord.

Les gens du Nord, un documentaire de qualité qui montre un bel état d’esprit collectif.

J’avais déja vu un documentaire de France 3 consacré à l’histoire de Marseille. Je viens de voir celui consacré aux gens du Nord pour reprendre la chanson d’Enrico Macias, chanteur juif algérien touché par leur gentillesse en 1967. C’est un beau documentaire raconté par Valérie Bonneton, qui vient du Nord.

Il m’a beaucoup brassée (la famille de ma mère vient de là-bas) car il raconte les difficiles conditions de vie des mineurs dans les fameux corons, les risques qu’ils prenaient à descendre au fond de la mine et les sévères destructions matérielles que cette région de France a vécu durant les deux guerres mondiales.

Je prévois un prochain voyage à Roubaix pour visiter la Piscine, ce musée emblématique qui organise une exposition consacrée à La Redoute, ce catalogue de vente par correspondance emblématique.

Il faudra que j’aille également au Louvre-Lens où sera exposée la coupe de France 2026 ainsi que visiter cette chouette ville de l’Arthois. Je pense sans bien me tromper que de nombreux François vont vouloir aller assister à un match du RC Lens au stade Bollaert pour vivre cette ambiance extraordinaire qui a impressionné l’ensemble du pays pendant ce week-end de Pentecôte.

Blogs, podcasts et applications numériques

Revue de presse : ce qui m’a marqué en juin : des récits inspirants et résilients !

Comme je travaille depuis début janvier dans un groupe de presse désormais, cela me tenait à coeur d’initier une sorte de revue de presse dans ce blog pour marquer les faits d’actualité qui m’ont émue en juin !

Tout début juin, deux jeunes sportifs à peine âgés de vingt- ans ont suscité toute mon admiration : Loïs Boisson et Désiré Doué.

Loïs Boisson, la résilience tatouée au corps pour tutoyer les sommets

Loïs Boisson a 21 ans, elle a été invitée à jouer le tournoi de Roland Garros pour sa persévérance et sa résilience après une sérieuse blessure qui avait anéanti tous ses espoirs l’an dernier. Elle est revenue invincible sur la terre battue puisqu’elle est arrivée à se hisser en demies-finales face à l’une des trois meilleures joueuses mondiales : l’Américaine Coco Gauff.

Cette dernière fut finalement la plus forte puisqu’elle a remporté le tournoi. Coco a également été très fair-play quand la Française, favorite du public s’est inclinée face à son tennis savant et puissant. Certes, Loïs Boisson n’a pas passé le premier tour du tournois anglais de Wimbledon mais peut-être que c’était un mal pour un bien comme s’il fallait qu’elle gravisse les marches du tennis de haut niveau marche après marche pour exploser plus tard.

Témoigner de sa foi devant les caméras du monde entier : la gratitude de Doué (le bien nommé)

Quant à Désiré Doué, je ne le connaissais pas avant la finale de la ligue des champions. C’est un jeune joueur du PSG qui a été choisi par le sélectionneur espagnol Luis Enrique alors qu’un autre attaquant aurait pu jouer la finale à son poste. Il a été décisif sur le premier but et ensuite il a marqué les deux buts suivants, son équipe a gagné 5-0 contre l’Inter de Milan.

La victoire est d’autant plus belle que c’est un succès collectif d’une équipe sans têtes d’affiche. L’humilité et l’esprit d’équipe ont primé grâce à l’autorité de l’entraineur. Il faut dire comme l’a souligné le pasteur de l’église que je fréquente (un fan inconditionnel de foot) que le PSG a vécu par le passé des matchs humiliants en Ligue des champions les années précédentes. Et donc cette victoire historique en finale de Ligue des champions a une saveur particulière pour le club.

J’ai été très touchée par son discours à la fin du match. Face aux caméras du monde entier, il a remercié le Seigneur pour son aide et sa bénédiction. Cela contraste tellement avec les scènes d’émeutes qui ont donné un goût amer à cette si belle fête. Je vous recommande de lire l’interview de Fabien Truong, sociologue qui a répondu aux questions de Lucia Caneque Bueno pour le journal La Vie. Le football brasse des milliards d’euros, il serait temps que les clubs et les sponsors mettent en place un fonds d’indemnisation pour les commerçants qui sont les victimes collatérales des casseurs.

Désiré Doué à la finale de la ligue des champions, c’est l’un des plus beaux témoignages chrétiens de cette année avec celui de Pete Doherty.

« Sans Dieu, je serais mort depuis longtemps »

J’ai beaucoup partagé cette story sur les réseaux sociaux car l’histoire de Pete Doherty est un très beau témoignage de rédemption. Il y a vingt ans, cette rock star anglaise s’abimait la santé en promenant sa silhouette décharnée par la drogue, ses cernes et sa mauvaise humeur comme des vilaines traces de son errance.

Il reste un musicien et un chanteur de génie mais il a trouvé sa voie : il s’est réconcilié avec ses parents, Dieu lui a sauvé la vie même si le chemin de la guérison reste encore long, il est devenu père. Il est aidé par une épouse aimante et par l’amitié d’un prêtre Didier Roquigny.

Cette histoire m’a beaucoup encouragée dans ma foi quand je prie pour ceux qui nous le demandent à la fin du culte le dimanche à l’église.

J’ai également écouté une autre belle histoire de victoire contre l’alcool avec le podcast des Lueurs : Boire pour oublier ? Quand l’addiction révèle nos plus grandes failles, avec Laurence Cottet.

J’avais découvert son histoire dans le média Brut. C’est l’histoire d’une femme qui a un poste à responsabilité dans un grand groupe de BTP. Lors d’une fête professionnelle où l’alcool coule à flots, elle tombe ivre morte par terre devant un parterre de 600 invités. On la cache dans un coin, on la laisse seule face à son sort et on la licencie en catimini sans ménagement. Ce qui devait être le moment le plus humiliant de sa vie s’est avéré être sa planche de salut pour renaître car elle se suicidait à petit feu.

Cette émission dure une heure en moyenne et comme c’était déjà le cas avec l’interview de Samuel Le Bihan, je n’ai pas vu le temps passer. Jonathan Langlois a un véritable talent pour écouter ceux qui ont souffert car il a lui-même souffert et il sait poser les bonnes questions. C’est un véritable joyau relationnel ces Lueurs. Surtout, ce média soutenu par le diocèse de Paris ose parler de foi et de spiritualité avec des personnalités publiques qui viennent un peu pour ça !

Et pour terminer sur une note plus légère mais toute aussi réfléchie, je me suis régalée à lire la revue Vieux, numéro 5 consacrée au corps qui vieillit.

C’est un chouette trimestriel qui ne parle pas seulement aux vieux. C’est drôle mais aussi philosophique. Son interview fleuve de son acolyte de toujours José Garcia est un vrai bonheur à lire. On sent leur complicité à travers les didascalies en italique dans l’interview mais c’est aussi profond et authentique. J’ai aussi beaucoup apprécié l’interview de Franck Dubosc, notre Patrick Chirac national. Il parle de son sketch plein d’autodérision aux derniers Césars, de son père et de sa loyauté à toute épreuve … Un excellent moment de lecture !