Romans

Analyse d’un roman choral : un été agité à Nantucket sous la plume d’ Elin Hilderbrand

J’ai découvert les romans d’Elin Hilderbrand par hasard dans le magazine Elle il y a environ cinq ans. Je me régale à les lire été après été même si on ne peut pas dire qu’Elin se casse trop la tête dans le choix des titres de ses romans : Un été à Nantucket, Le dernier été, Le plus bel été…

De prime abord, je trouvais ses romans un peu superficiels avec ces descriptions de boissons et de mets tous aussi délicieux les uns que les autres : du homard par ci, des cocktails hors de prix par là, des tenues très codifiées aussi bien pour les hommes que pour les femmes…

Mais Elin Hilderbrand a ce talent hors pair de bien cerner ses personnages qui mettent une énergie folle à contrôler leur image sociale sans qu’aucun cheveu ne dépasse d’un brushing parfait ou d’une tenue tirée à quatre épingles. Et pourtant, les conventions sociales sont intenables dans cet environnement aussi superficiel. Chacun va sortir de ses gonds dans ce roman choral qui regroupe une vingtaine de personnages. Cette dégringolade sociale est une vraie délectation pour nous lecteurs.

Le résumé :

Des fêtes étourdissantes, un incendie destructeur et une disparition troublante : l’été sera mouvementé sur l’île de Nantucket.
Lorsque les Richardson, un couple richissime et mystérieux, achètent une maison à 22 millions de dollars, les passions se déchaînent sur l’île de Nantucket. Qui sont-ils ? D’où vient leur argent ? Leurs fêtes tapageuses fascinent autant qu’elles dérangent. Leur fortune ostentatoire attire autant qu’elle éveille la suspicion.
Mais alors que les Richardson se trouvent sur leur yacht, leur demeure est réduite en cendres par un incendie. Et au moment où ils ont le plus besoin d’elle, leur fidèle assistante personnelle disparaît sans laisser de traces. Entre les secrets des uns et les mensonges des autres, la vérité sera-t-elle révélée au grand jour et l’harmonie rétablie sur l’île paradisiaque ?.

Au départ, le résumé de ce roman ne m’a guère emballée. J’avais peur que le fameux couple tapageur soit du même tonneau qu’un certain couple criminel qui a fait dernièrement la une de Society… Mais non, même si elle raconte des histoires rocambolesques d’infidélité et d’humiliation sociale, Elin Hilderbrand reste toujours du coté de la décence.

Mon avis :

Comme je l’ai dit, ce roman choral se regroupe autour d’une vingtaine de personnages importants de l’île : le chef de la police locale, deux agents immobiliers, des dames influentes du country club…

Mais l’intrigue se joue entre Coco, une jeune femme issue d’un milieu très populaire qui joue son avenir en acceptant de devenir la concierge privée d’un couple flamboyant et flambeur : Leslee et Butch Richardson. Leurs noms et prénoms ridicules ont été volontairement choisis je pense.

Coco est un personnage très attachant qui est née du mauvais côté de la barrière sociale. C’était très agréable de lire comment ce boulot de rêve dans une cage dorée va lui permettre de s’élever socialement, s’acheter de beaux habits luxueux, au volant de sa mythique voiture de fonction. Mais le revers de la médaille se fera rapidement et violemment ressentir.

Coco va vite se rendre compte que ses patrons sont de vrais sociopathes qui frisent avec le danger pour se faire des amis à tout prix. Ils organiseront au cours de l’été au moins quatre ou cinq fêtes toutes aussi clinquantes et décadentes les unes que les autres. Heureusement, ce roman se termine bien avec de beaux sentiments et même une morale en fin de compte.

J’ai tout de même un bémol à ce coup de coeur : la chronologie des faits est un peu difficile à suivre tant il y a des flash-back réguliers entre les chapitres. Rien de trop déroutant mais c’est tout de même une petite gymnastique pour comprendre le déroulé des faits. J’ai quand même lu les 400 pages de ce roman en deux jours de canicule. La lecture était tout de même plaisante et divertissante.

Finalement, on peut considérer ce roman comme le scénario initial d’une série en cours d’adaptation par la plateforme Netflix. J’ai hâte de découvrir qui jouera l’effroyable Leslee Richardson.

Le plus bel été, écrit par Elin Hilderbrand, traduit par Alice Delarbre, éditions Les escales, 432 pages, 22€90,