Romans

J’ai lu Les magnolias de Myrtle Lane : deuil, introspection et secrets de famille.

Cette semaine, j’ai lu le premier roman de Cat Shook, Les magnolias de Myrtle Lane. J’aime énormément les romans des éditions Les escales : Hôtel Nantucket d’Elin Hilderbrand ou encore La cuisinière des Kennedy que j’ai lu en juin. Je les remercie pour l’envoi de ce service de presse.

Les magnolias de Myrtle Lane, écrit par Cat Shook, éditions Les escales,368 pages, parution le 6 juin 2024, 22€

C’est un roman très contemporain qui raconte une famille américaine avec ses forces et ses failles. Les enfants et les petits-enfants du couple Williams se réunissent autour d’Ellen, la veuve de Gerry. Il vient de mourir après soixante ans de mariage à ses côtés. Ils vivaient dans une ville de Géorgie : Eulalia où tout le monde se connaît.

Pendant une semaine mouvementée, chaque membre de la famille va faire sa propre introspection sur ses souvenirs et la manière dont ils veulent mener leur vie après ce moment de deuil. Il faut dire que l’enterrement du grand-père a été assez explosif. Son meilleur ami de toujours Fred a fait une révélation fracassante lors de l’éloge funèbre…

Mon avis :

J’ai failli abandonner ce roman au bout d’une centaine de pages. L’histoire était intéressante mais pas passionnante. Et surtout je n’arrivais pas à mémoriser les liens de parenté entre les personnages et à les différencier. Puis la romancière a mieux développé le personnage de la grand-mère qui devient veuve et les tourments que ce changement majeur dans sa vie aller provoquer.

Cela m’ a fait penser aux personnages de Nos âmes la nuit, un roman que j’ai aimé passionnément. Alors, cette profondeur psychologique m’a tenue en haleine pour finir le roman et l’apprécier.

Je suis persuadée que cette auteure saura en écrire d’autres meilleurs par la suite. Elle vient de Géorgie, et elle s’est inspirée de sa complicité avec sa grand-mère pour écrire ce premier roman. Cat Shook a su montrer l’état d’esprit un peu étriqué de cet État du sud.

Ce roman parle de deuil mais aussi de coming out et de conformisme matériel. Certains petits-enfants ont une véritable phobie de l’engagement comme Grant ou sa cousine Alice, d’autres comme Dellia souffrent d’une rupture douloureuse à surmonter.

J’ai voulu connaître l’avis d’une autre critique littéraire : Luciole in books sur Youtube

J’ai beaucoup aimé les personnages des deux sœurs Wilma et Carol Anne, les filles d’Ellen. Il y en a une qui est raisonnable et empathique avec les autres tandis que l’autre est totalement autocentrée. Certains personnages comme JJ ou son fils Grant sont traités de manière très superficielle. Cette auteur sait mieux faire vivre de ses mots les maux féminins.

Ce roman était une bonne surprise mais pas non plus la lecture de l’année. La littérature est un art mais je ne doute pas que l’auteure va monter en puissance par la suite. Je vais suivre son actualité comme celle de Kristin Hanna, JC Sullivan, Elin Hilderbrand ou encore Kristan Higgins qui a écrit Retrouvailles à la librairie de Wellflet.

Forcément, le titre du roman m’a fait pensé à cette bleuette Netflix que je regarde avec cynisme mais fidélité : A l’ombre des magnolias. Cela se déroule aussi dans un état du Sud des Etats-Unis avec ses valeurs religieuses un peu bigotes.

Droits réservés Netflix

J’attribue à ce roman Les magnolias de Myrtle Lane la note de 3.5 sardines. C’était agréable à lire pendant l’été mais certains personnages masculins étaient vraiment traités de manière caricaturaux. Il y a eu de sacrées longueurs les cent premières pages. Mais je n’ai pas abandonné ma lecture car ensuite, la relation familiale entre des petits-enfants et leurs grands-parents a été bien mise en valeur par la littérature. C’est d’ailleurs le premier roman de l’auteure et je lui accorderai ma lecture sans souci pour un prochain roman.

Ces coups de cœur que j’ai lu cet été :

Emballée par la couverture des romans de l’été

A la table des Kennedy, Gallimard et Camus : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

– Hôtel Nantucket, quand des individualités se regroupent autour d’un challenge commun, éditions Les escales

Romans

Felicità, un roman savoureux comme un bon Spritz avant l’arrivée de l’été

Félicità est le second roman de Serena Giuliano que je lis après Luna. J’ai lu ses romans quand j’avais la grippe en février lors de mes deux visites chez le médecin . Ils m’ont bien changé les idées quand je dormais six nuits de suite par intervalle de 30 minutes . La littérature sert aussi à ça !

Je remercie chaleureusement Naïma et Anne-Laure des éditions Robert Laffont qui m’ont envoyé ce livre en service de presse. En fin d’article, vous pourrez retrouver les chroniques des trois autres romans de Robert Laffont que j’ai eu la joie de chroniquer dans ce blog.

Felicità, Serena Giuliano, éditions Robert Laffont,  9782221272329, 208 pages, 18.90. Sortie le 7 mars 2024.

Felicità raconte l’histoire d’une femme trentenaire, Valentina dite Vale qui tente de reprendre sa routine de wedding planner après un deuil qui a anéanti sa vie.

Elle est épaulée par son équipe dont font partie ses assistantes, sa chef traiteur Laura qui va devenir une amie et une confidente, son fleuriste…

Elle travaille dans la région de Milan et parcourt les plus beaux endroits d’Italie pour organiser des mariages somptueux dans les plus beaux endroits comme le lac de Côme par exemple.

Ce roman va raconter le déroulé cocasse de trois cérémonies de mariage bien différentes mais le mariage n’est pas le thème principal de ce roman. Ce roman raconte un deuil, celui d’une amie d’enfance partie bien trop tôt, laissant derrière elle un jeune veuf et une petite fille en bas âge. Ces trois là vont se soutenir dans l’épreuve d’une manière fort émouvante.

Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman c’est la description de deux Italie bien différentes : Milan, au nord, très sophistiquée et individualiste, la Sicile au Sud bien plus traditionnelle et collective mais aussi très intrusive là où il n’ y pas de raison de chercher scandale.

J’ai bien aimé cette lecture mais je n’ai pas ressenti un attachement fou pour les personnages du roman. Felicità reste un roman feel-good bien écrit mais avec des codes marketing un peu trop poussés. Les romans de Serena Giuliano montrent avec leurs couvertures une Italie de carte postale (cela fonctionne très bien avec moi), les titres de ses romans font référence à des chansons populaires comme Felicità, Sara perche ti amo…

C’est une bonne lecture pour cet été au bord de la piscine avec un bon Spritz. Mais j’ai trouvé que les personnages du roman étaient présentés de manière trop caricaturale, en surface…

Je trouve plus mon compte avec les romans de Marie Vareille, éditions Charleston ou ceux dElin Hilderbrand, éditions Les escales où je trouve les portraits psychologiques des personnages beaucoup plus travaillés.

Félicità, cette belle carte postale littéraire m’a donné vraiment envie de lister dans ce blog, mes plus beaux coups de coeur romans en fonction de l’argument géographique pour lire .

La dernière conquête du major Petitgrew, éditions 10/18 : une belle histoire d’amour de deux seniors que tout oppose dans une petite ville balnéaire du Sussex. Nul besoin de prendre l’Eurostar pour vivre un beau voyage en Angleterre.

Bienvenue dans la charmante pension de Cécilia Duenas, éditions Nami : Un feel good un peu déjanté qui révolutionne un peu les codes du feel good avec des situations cocasses et des retournements de situations passionnants à lire. Ce roman m’a donné envie de retourner à Madrid en hiver.

Désenchantées de Marie Vareille, éditions Charleston : Ce roman d’amitié se déroule dans une petite ville imaginaire de la Côte d’Opale, au bord de la Manche. C’est sans nulle doute ce roman qui m’a décidé à visiter le week-end dernier Boulogne sur mer, la ville natale de mon grand-père.

Un été à Nantucket, Elin Hilderbrand, éditions des Escales : J’ai découvert cette auteure grâce au magazine Elle et ses romans m’ont vraiment fait rêver de la côte Est. J’avais aussi beaucoup aimé les romans de J.C Sullivan qui se déroulent dans le Maine et la région de Boston.

Retrouvez ici les précédentes chroniques des livres aux éditions Robert Laffont

-Une reine, être une femme dans le mellah de Casablanca dans les années 1930

-Dix-neuf, marches, un roman young adult efficace pour témoigner du Blitz à Londres aux nouvelles générations.

-L’âge bête, un journal intime d’une adolescente des années 1990

Du livre à l'écran

Le château de Versailles comme terrain de jeux pour se reconstruire : La vie de château, L’école des loisirs

La vie de château est un très beau film d’animation signé Clémence Madeleine-Perdrillat, scénariste et Nathaniel H’Limi, dessinateur, tous deux amis. Ensuite, il a été adapté en roman illustré pour les enfants de 7 à 9 ans. C’est une série en six livres publiés par la collection Neuf de l’Ecole des loisirs.

Je suis bien trop vieille pour faire partie du public cible de ces petits livres et pourtant… Le quotidien de cette petite Violette, pupille de la Nation qui doit aller vivre chez son oncle Régis au décès de ses parents, m’a beaucoup touchée.

Les textes publiés par l’Ecole des loisirs ont cette grâce. Je me suis rappelée d’un de mes premiers émois littéraires quand j’ai appris à lire. J’avais cinq ans et j’ai découvert Olga de Geneviève Brisac, collection Mouche. Cela m’émeut de retrouver la couverture de ce livre paru en 1990.

Il ne faut jamais banaliser les petites histoires, le quotidien de l’enfance, c’est un terreau littéraire inépuisable : La gloire de mon père de Pagnol, Le petit Nicolas de Sempé et Goscinny…

Mais comme son titre l’indique, ce n’est pas la cour de l’école, le meilleur des terrains de jeux pour Violette mais bien le château de Versailles. Son oncle Régis avec qui ce n’est pas la folle entente, est agent d’entretien au château…

Il va lui faire découvrir ce lieu féerique pour panser ses maux et aussi rencontrer des gens merveilleux qui vont lui permettre d’entrevoir une fenêtre de ciel bleu malgré le décès de ses parents : Olga la collègue femme de ménage de Régis et ses enfants, Monsieur Ange, le conservateur de musée, Genevieve, l’assistante sociale qui s’occupe de Violette et surtout Malcolm, son meilleur ami, féru d’égyptologie.

J’ai eu envie de lire cette petite série car j’aime énormément le château de Versailles (pourtant je n’aime pas du tout la monarchie absolue, ni Louis XIV qui fut un vrai sadique avec les protestants, c’est Loulou les mains sales, le gars). C’est un lieu tellement raffiné et c’est un trésor de l’histoire de l’art en France.

Quand j’étais ado, j’ai eu un vrai crush pour le théâtre privé du roi que l’on visite en premier et pour les jardins avec les fontaines. Si vous aimez l’histoire de l’art, je vous recommande cette série de romans où le dessinateur a réalisé la prouesse de dessiner plus de 300 illustrations du château.

Vous pouvez accéder à un passionnant dossier pédagogique pour les classes de primaire avec des coloriages de cette architecture Grand siècle que nous envie le monde entier. Je remercie Clara qui s’occupe des réseaux sociaux de l’Ecole des loisirs pour cet envoi en service de presse.

Ce que j’aime avec cette série de romans, c’est le soin apporté à la fabrication, à la couverture. Chaque volume de la série de 96 pages coûte 11€50. Je travaille dans une maison d’édition et je sais reconnaître au toucher un papier de qualité (c’est du papier aquarelle avec des rabats). Cet éditeur considère ses petits lecteurs pour leur offrir ce qu’il y a de plus beau !

J’ai profité de ma pause déjeuner pour visiter la librairie Chantelivre, rue de Sèvres qui a été rénovée depuis peu. Enorme coup de coeur pour cette scénographie très parisienne.

Les fresques de la librairie sont signées Juliette Lagrange, illustratrice de l’Ecole des loisirs. Elle a proposé une promenade bucolique et poétique avec les colonnes Morris, les petits bateaux du jardin du Luxembourg voisin et surtout les toits de Paris avec leurs petites fenêtres mansardées.

J’ai lu que Roselyne Bachelot, ancienne ministre de la Culture avait fait la proposition de classer au patrimoine immatériel mondial de l’Unesco, les toits en zinc de Paris…

L’architecture de Paris m’a beaucoup fait rêver dans mes lectures d’enfant : Un lion à Paris de Béatrice Alemagna, Madeline de Ludwig Bemelmans …

Je me réjouis de faire découvrir bientôt à ma fille La maison des histoires, ce tiers-lieu tout à fait novateur qui enrichit la librairie. Je l’ai découvert grâce à Instagram et j’ai un peu épié l’intérieur à travers un hublot. Leur petit café a l’air tout à fait appétissant…

Cette visite à Chantelivre , rue de Sèvres m’a donné envie de reprendre mon tour des librairies. Retrouvez ici mon précédent article consacré au Renard doré, rue de Jussieu, dans le 5eme arrondissement.

Foi chrétienne·Sociologie

Apprivoiser le deuil et chérir la vie

J’étais très contente de mon titre sur le coup mais au fond est-ce qu’on apprivoise vraiment le deuil? Cela change de mes articles détente sur mes coups de cœur Netflix ou de mes balades dans Paris, n’est-ce pas ?

L’actualité est pesante : des dizaines de jeunes de mon âge meurent dans des bombardements en Ukraine, le coronavirus frappe n’importe qui, les procès pour rendre justice aux victimes de terrorisme comme le Père Hamel se succèdent, un acteur talentueux comme Gaspard Ulliel a bouleversé tout un pays en perdant la vie de manière totalement absurde sur une piste de ski familiale…

En 2022, malgré l’allongement de l’espérance de vie, nous avons réellement pris conscience que nous ne sommes pas éternels, que la vie est à chérir et à préserver.

Sans vouloir plomber l’ambiance, j’ai aimé cette lecture : Conversations sur la mort, et donc sur la vie pour la profondeur d’esprit qu’elle m’a apporté. Bien que j’avais de très mauvaises notes dans cette matière, je regrette qu’on ne dispense des cours de philosophie que seulement durant la terminale.

J’ai lu les livres de Thérèse Hargot sur l’engagement en général et je trouve que la philosophie est le meilleur des appuis pour appréhender nos relations affectives en général. Le deuil signifie la fin d’une relation entre deux personnes mais il n’empêche pas le souvenir, bien au contraire il le renforce.

C’est ma grand-mère Annette qui m’a éduquée au deuil. Je m’explique, elle vient du Pas de Calais, une région où subsiste de solides traditions liées aux enterrements. Elle m’a expliqué la mise en bière, la veillée des défunts, ce temps de latence où l’on prend le temps de faire ces adieux.

Ainsi alors que c’était le premier mort que je voyais (et pas des moindres, c’était de loin mon adulte préféré), j’ai pu tenir la main froide de mon grand-père et me rappeler tous mes souvenirs heureux avec lui : quand il m’a appris à nager à Méaudre ou son dernier Noël quand il me montrait ses livres d’école du lycée Stanislas dans les années 1950. Il s’énervait qu’on n’étudie plus autant qu’avant Victor Hugo, j’aimais ses emportements théâtraux…

C’est un rite de passage important qu’il ne faut pas négliger (le premier confinement a été le théâtre de moments terribles pour de nombreuses familles privées de cet aurevoir).

Je vois ce livre comme un baume pour le cœur de toutes ces personnes endeuillées par la pandémie (138 000 familles endeuillées depuis 2020) ou ceux qui souffrent de l’absence de proches depuis longtemps.

Ce livre interviewe vingt quatre témoins qui ont expérimenté le deuil dans un cadre familial et professionnel. Je connaissais déjà certains parcours comme ceux de Marion Muller-Colard ou Anne- Dauphine Julliand, Jacques Arènes… mais j’en ai découvert deux autres passionnants : ceux de Nicolas Schittulli, maître de cérémonie et celui de Micheline Claudion, addictologue et veuve de longue date…

J’aime les témoignages de professionnels qui accompagnent les familles dans cette épreuve. C’est d’ailleurs, le rôle du service catholique des funérailles qui édite cet ouvrage.

Ce livre sélectionne les entretiens recueillis dans l’émission du même titre sur Radio Notre-Dame. Il questionne les spiritualités bouddhistes, musulmanes et chrétiennes pour montrer combien la mort est porteuse d’une pédagogie de vie ( comme indiqué dans la 4eme de couverture).

Ce livre est très fluide à lire en raison de l’effort porté à la mise en page des chapitres dès la table des matières sous forme de citations des auteurs. C’est un livre très élégant dans sa maquette : une couverture forte et éloquente illustrée par un tableau d’Augustin Frison-Roche : La nuit est un songe VIII.

La lecture de ce livre a rempli son défi : c’est une lecture solaire, pas du tout lugubre. Même si j’ai beaucoup de mal avec les récits de décès d’enfants, j’ai eu envie de lire aussi Consolation d’Anne-Dauphine Julliand, après avoir regardé cette belle vidéo de présentation tellement sincère et sans pathos.

J’ai lu en préparant cet article que des députés avaient proposé de faire entrer le mot-valise « parange » dans le dictionnaire pour désigner un parent ayant perdu un enfant. Je suis convaincue de cette nécessité même si ce mot me parait trop connoté pour des parents sans religion. A vos réflexions, l‘Académie française !

Enfin, pour être tout à fait transparente avec vous, j’ai découvert ce livre dans le cadre de mon travail au service d’un diffuseur de livres religieux : Théodiff . Son auteur, Christian de Cacqueray est venu le présenter en réunion de travail pour préparer son office en librairie.

A travers ce livre de qualité qui plaît aux libraires compte tenu des derniers chiffres reçus, j’ai envie dans un prochain article de blog de vous raconter un peu les coulisses du lancement d’un livre avec ma propre expérience professionnelle dans les métiers du livre.

Retrouvez-ici d’autres articles de mon blog consacrés à la foi en Jésus.