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Hommage à Jane Birkin, meilleure ambassadrice de la poésie de Serge Gainsbourg

Je suis une enfant des années 1990 et quand j’étais petite, je me rappelai de Jane Birkin qui chantait La gadoue avec un délicieux accent anglais, plaisant pour les enfants.

Il y avait une blague un peu nulle sur sa petite poitrine qui circulait :  » des œufs sur le plat comme Jane Birkin »…

Mes parents n’étaient pas des grands fans de Serge Gainsbourg mais ils appréciaient sa poésie comme tout le monde. Ses chansons font partie du patrimoine culturel français et on regardait avec plaisir les images d’archives des émissions de variétés chez Drucker ou dans l’émission d’Arthur Les enfants de la télé.

Mais dernièrement avec #Metoo, l’étoile de Gainsbourg a pâli. Ses grossièretés envers la regrettée Whitney Houston ne font plus rire, elles sont même gênantes.

Jane Birkin vient de nous quitter et bon nombre de médias féministes s’offusquent qu’on la réduise à un statut de muse de Gainsbourg, qu’on ne montre que ses photos de jeunesse pour illustrer sa beauté…

Gala était la muse de Salvator Dali, Fernande Olivier celle de Picasso… Jane Birkin était une artiste complète qui a su mettre en valeur la poésie des textes de Serge Gainsbourg. Ils étaient un vrai duo artistique.

La preuve, elle a continué de composer d’autres chansons après sa mort en 1991. Elle a eu une très belle carrière internationale alors qu’elle était bien malade.

Jane Birkin était aussi une femme engagée, un excellente comédienne sachant jouer aussi bien la comédie que le drame classique. Et puis elle a eu trois filles qui excellent toutes les trois dans les domaines artistiques : la photographie, le cinéma et la chanson…

En lisant pas mal d’articles et en visionnant un superbe documentaire Jane Birkin et nous, j’ai réalisé à quel point les Français se sont attachés à elle. J’étais bien peinée devant ma télévision de la découvrir si diminuée à la dernière cérémonie des Césars avec sa fille et sa petite-fille.

Serge et Jane, une famille à laquelle on s’attache.

Serge Gainsbourg et Jane Birkin ont vingt ans d’écart. Mais ils ont tous les deux une histoire personnelle marquée par la seconde guerre mondiale. Serge Ginsburg vient d’une famille juive qui a perdu sa nationalité française, il a dû se cacher quand il était petit, une pleine nuit en forêt car l’internat dans lequel il était caché, fut fouillé par les nazis.

Jane Birkin est la fille d’un officier de la Navy qui a aidé des milliers de Français à rejoindre l’Angleterre depuis la Bretagne en traversant dangereusement la Manche la nuit.

Serge Gainsbourg était un pianiste classique renommé dans les pianos-bar du Touquet. Jane a épousé très jeune le compositeur John Barry mais ça n’a pas collé entre eux.

En 1969 (la fameuse année…), elle s’enfuit en France avec sa petite fille Kate et rencontre Serge. Ils vont former une famille recomposée qui attirera tous les regards pendant une dizaine d’années. Andrew, son frère, va publier un très bel album de famille chez Albin Michel…

La France va rapidement adopter cette petite Anglaise éprise de liberté qui va inventer une nouvelle féminité, à mi chemin entre Londres et Paris. Dans les années 1960, Londres attire tous les regards dans le domaine de la mode mais aussi de la musique…

Jane Birkin, figure de style, Vanity fair

J’ai lu un excellent article écrit par Anne Bouley dans Vanity fair, intitulé « Jane Birkin, figure de style » : « Jane B a invité le bohême cool en misant sur de belles matières comme le lin ou le cachemire. Elle a revisité des basiques comme le marcel blanc, la chemise d’homme trop grande et surtout les marier avec des couleurs douces comme le vert d’eau, le marine, le gris et toujours du noir. Jamais de couleurs vives qui à mon sens vieillissent les gens. Elle a revisité le vestiaire masculin de son homme pour lui donner du style : le total look denim et les Repetto blanches, c’est elle ».

Elle, la petite anglaise des sixties a su se créer un style tout particulier, renouvelant ainsi l’image de la Parisienne devant le monde entier. Le plus fou c’est qu’elle avait toujours une mode d’avance entre ses vingt et quarante ans. Monter les marches de Cannes en robe de soirée et panier en osier portugais, c’est tellement novateur et original.

Vu sur le site Nana Toulouse

Il fallait me voir devant le documentaire à plisser les yeux pour scanner tous ses looks entre 20 et 70 ans. Jane Birkin a misé toute sa vie sur le look androgyne qui se révèle être sexy contre toute attente.

Son première concert sur scène au Bataclan en 1987 à 40 ans est vraiment saisissant. Elle a choisi de se débarrasser de tous les artifices féminins comme le maquillage, elle a taillé ses longs cheveux pour que le public ne se concentre que sur les chansons de Gainsbourg… Et pourtant elle a une présence scénique incroyable…

Dernièrement j’ai lu un recueil de nouvelles Un jeudi saveur chocolat avec un personnage japonais très intéressant. Une femme publicitaire qui portait un sac Birkin crée par Hermès. Ce sac symbolise le luxe mais aussi la France.

Birkin c’est la France. Elle est plus connue ici que dans son pays d’origine. Avec son interprétation joyeuse et sensible des chansons de Serge Gainsbourg, elle a su conquérir le cœur de plusieurs générations de Français.

Gainsbourg, un grand cynique qui créait de si belles chansons d’amour

Les chansons un peu provoc de Birkin et Gainsbourg sont marrantes (et encore) : Je t’aime moi non plus, 1969, année érotique… mais c’est de l’esbrouffe ! Moi j’aime leurs chansons d’amour superbes comme Fuir le bonheur avant qu’il ne se sauve, La javanaise, Je suis venu te dire que je m’en vais… Même Couleur café est une chanson d’amour !

Jane Birkin était une fausse ingénue qui chantait des paroles simplistes mais divertissantes à la télévision comme avec Jacques Dutronc ou La Gadoue qui lui va comme un gant. Et puis il y a aussi des chansons où sa voix proche de la fêlure est aussi puissante que celle de Johnny Hallyday dans l’extrême inverse.

J’aime beaucoup Ex fan des sixties, petite baby doll, qui est toute simple mais qui donne autant d’émotions qu’une diva… Il faut que je mette la main sur son disque Arabesque où elle allie les textes de Serge Gainsbourg avec des mélodies orientales…

J’ai eu du mal à écrire cet article cette semaine tant la personnalité en question était fantastique. Avec son décès, j’ai découvert à quel point l’artiste me fascinait. Ses engagements politiques et sociétaux sont tout aussi louables et représentatifs d’une femme qui se soucie des autres.

Jane Birkin est allée à Sarajevo pendant la guerre civile, elle est allée chanter pour les sinistrés de la centrale nucléaire au japon en 2011…

Cet automne, j’ai hâte de visiter l’exposition Johnny à la porte de Versailles, ou encore la Maison Gainsbourg, rue de Verneuil. J’aime beaucoup le street-art mais cette façade d’hôtel particulier dans le 7eme arrondissement est sacrément repoussante.

Je comprends pas bien au nom de quel art, les fans de Serge Gainsbourg viennent apposer leurs graffitis. Faites au moins une œuvre d’art collective !

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Dans ce blog, j’aimerai accorder une plus grande place à la chanson française que j’aime tant… Je suis quelqu’un qui aime beaucoup lire les biographies des chanteurs, des acteurs. Je lis Paris-Match chaque semaine.

J’ai commencé à écrire quelques articles dans le domaine de la chanson et du cinéma :

-Andrée Grise, Demain, j’irai mieux, un album inspiré…

-Stromae et ses chansons incontournables de la décennie 2010.

-Hommage à Belmondo et à une France qui n’existe plus…

Cinéma

La Bébel mania ou cette nostalgie de « la France qui allait bien dans les années 1970 »

L’expression « La France qui allait bien » n’est pas de moi. Elle titrait un article du Figaro pour rendre hommage à Jean-Paul Belmondo mais elle m’a inspiré un article.

Pochoir de C215

Je connaissais très peu l’homme ainsi que sa filmographie pourtant l’hommage national qui lui a été rendu aux Invalides m’a énormément plu. Je suis née à la fin des années 1980 et j’ai davantage vu les multiples rediffusions des comédies de Louis de Funès ou les films de Sophie Marceau en famille.

C’est plus tard quand j’ai eu vingt ans, quand je suis venue faire mes études à Paris que je l’ai vraiment découvert. J’ai suivi un cours de cinéma de la Ville de Paris vraiment génial à l’Ecole du Louvre (c’était gratuit en plus). Ce cours présentait ses meilleurs films comme A bout de souffle, Peur sur la ville avec Paris en tête d’affiche.

Je me souviens d’une super soirée entre copines au foyer La Vigie où on avait regardé A bout de souffle (en noir et blanc, c’est dire). Je ne suis pas une inconditionnelle de Godard et la Nouvelle vague mais j’avais bien aimé. Jean-Paul Belmondo était un pilier du cinéma français avec Claude Brasseur, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle…

L’hommage que l’académie des Césars lui avait rendu en 2017 m’avait beaucoup impressionnée.

Handicapé sérieusement dans son élocution à cause d’un AVC foudroyant il y a une vingtaine d’années, Jean-Paul Belmondo avait livré un très beau discours où il rendait hommage à ses parents d’une manière très jolie.

Son père, Paul Belmondo fut un grand sculpteur classique et son fils s’est battu pour l’ouverture d’un musée dédié à son œuvre en 2010 à Boulogne-Billancourt.

Entre-temps, j’ai découvert le jeu d’acteur de son petit-fils Victor dans le film Envole-moi de Christophe Barratier. C’est mon coup de cœur cinéma de 2021, le film qui m’a décidé de retourner dans les salles obscures à leur réouverture. J’ai trouvé cela très fin de jouer un fils à papa totalement oisif à qui on va confier de grandes responsabilités pour apprendre la vie.

Je lui souhaite de vivre un deuil serein à l’abri des magazines people et qu’on évite de chercher sans cesse la comparaison avec son grand-père. Il y a des héritages artistiques bien difficiles à porter.

La famille Belmondo ne manque pas d’argent mais j’aime beaucoup la simplicité, l’unité et l’authenticité qu’ils dégagent. On ne peut s’empêcher de comparer avec les obsèques de Johnny Hallyday qui étaient aussi très réussies avec l’hommage blues de ses musiciens dans l’église de la Madeleine.

C’est actuellement la grande mode des hommages nationaux à Jean d’Ormesson, Charles Aznavour, Jacques Chirac ou encore le gendarme ultra courageux Arnaud Beltrame aux Invalides. C’était très émouvant de voir ces anonymes sur les pelouses de l’esplanade qui pleuraient l’acteur avec lequel ils avaient grandi.

J’ai regardé au moins quatre fois le long extrait qui clôture la cérémonie avec la bande originale du film Le professionnel. Il s’agit du thème Chi mai composé par Ennio Morricone en 19 et joué par l’orchestre de la Garde républicaine sous les applaudissements de 700 personnes, anonymes et stars de cinéma réunies pour un au revoir profane tout en grâce et en simplicité.

Cela avait plus de grâce que la pub Royal Canin. Je connais une grande clarinettiste de la Garde républicaine et on a beaucoup de chance d’avoir un tel orchestre en France.

Le cinéma actuel manque de grandes musiques de films comme celles d’Ennio Morricone ou de Vladimir Cosma avec des thèmes qui donnent des frissons. Ces hommages nationaux sont bien plus solennels et forts que le moment nécrologie des Césars, une cérémonie qui me déplait de plus en plus.

Du côté de la télévision, on trouve de belles émissions comme La boite à secrets animé par Faustine Bollaert sur France 3. Elle réunit des célébrités à qui on fait de belles surprises : les gens qu’ils aiment viennent pousser la chansonnette et les émotions sont au rendez-vous. On les célèbre…de leur vivant !

Cinéma

Avec le film Les parfums, vous allez retrouver le goût et l’odorat…

Ce n’est pas moi qui le dit mais la punchline assez efficace de la publicité du film sur tous les bus parisiens en ce moment. Ce film, j’ai guetté sa sortie pendant le confinement parce que le sujet est passionnant (j’ai même lu le dossier de presse) et j’aime beaucoup le jeu d’acteurs d’ Emmanuelle Devos et Grégory Montel.

Mon amoureux est un fin connaisseur des parfums masculins un peu exceptionnels qu’il traque dans Paris avec une rigueur de fin limier. Même si le titre du film est peu original, il donne envie de se déplacer au cinéma. Le métier de nez ça envoie du rêve et ça suscite toujours la curiosité.

Copyright Les Pyramides

Le résumé :

Anne et Guillaume sont deux quadragénaires parisiens solitaires. Lui est un chauffeur un peu fauché, papa divorcé qui cherche à pouvoir recevoir sa fille de dix ans en garde alternée. Elle est nez pour de grandes marques de l’industrie afin de trouver la solution miracle à une mauvaise odeur persistante d’un sac en cuir, d’une usine pétrochimique. Un emploi bien moins glamour que son ancienne carrière de créatrice de parfums mais qui est très recherché. Anne et Guillaume seront chien et chat au début de leur collaboration professionnelle mais au fil de leurs voyages en voiture, ils apprendront à se connaître et à s’entraider par des conseils personnels judicieux…

Mon avis :

Ce film m’a réconciliée avec les comédies sentimentales françaises. Il évite les poncifs qui me lassent de ce genre de films : vont-ils se séduire? Passer la nuit ensemble et se quitter sans dire un mot le lendemain matin?.

Ce film est une histoire d’amitié et d’entraide entre un homme et une femme. C’est bien joué par tous les acteurs : le duo Emmanuelle Bedos et Grégory Montel en tête mais aussi la ravissante petite fille de dix ans très touchante (Zélie Rixhon), le patron un peu looké Gustave de Kerven, Louise, l’agent artistique d’Anne complètement cynique limite malveillante….

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Les dialogues sont intéressants et d’une grande finesse psychologique, les scènes se succèdent tout en émotions et en sincérité. C’est du beau cinéma qui redonne espoir en l’amitié, l’ascension sociale de Guillaume, le bonheur d’Anne dans les bras de son médecin un jour…

J’ai beaucoup aimé trois scènes du film en particulier :

– Anne donne à Guillaume le conseil d’emmener sa fille dans un endroit qu’il aime pour lui transmettre des souvenirs pour ses dix ans. Il l’emmène sur la plage de Trouville en face de l’hôtel des Roches- noires et de l’ancien casino. J’y suis allée à quatre reprises avec ma grand-mère Annette et vingt ans plus tard, les souvenirs sont toujours là.

– Guillaume fait remarquer à sa patronne au restaurant que « les gens n’ont pas seulement une odeur ». Elle se fait violence pour sortir seule boire un verre dans un bar très animé en pleine semaine. Le spectateur est alors pleinement témoin de son malaise et de l’effort considérable qu’elle fait.

– la scène où Anne récupère un savon de sanitaires collectifs dans une station service qui lui rappelle un souvenir d’enfance. Cette scène dans le début du film exprime bien ce en quoi consiste le métier de nez.

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Ma note :

5

Je mets bien évidemment la note de cinq sardines à ce film pour le jeu des acteurs, l’originalité de cette histoire qui mise sur l’entraide et l’amitié entre un homme et une femme et non pas sur le sexe et la séduction. On a envie de voir autre chose aussi de temps en temps ! J’ai beaucoup aimé la manière dont Anne et Guillaume reprennent leur vie en main !

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Retrouvez ici mes précédents articles films et séries :

Mes premières fois sur Netflix, l’amitié au lycée

Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

– Standing ovation pour Tout le monde debout avec Alexandra Lamy et Franck Dubosc

Virgin River, une série Netflix qui parle de la guérison émotionnelle