Romans

Millésime 54, un chouette petit roman qui cultive la nostalgie du Paris d’avant

Il ne faut jamais se fier à la longueur d’un livre. J’ai tendance à privilégier les gros pavés qui envoient du lourd pour un mois de lecture au moins…. et ça réduit drastiquement mes chances de lire un bon roman (je deviens ultra sélective).

Avec Millésime 54, je me suis accrochée à ma lecture même si je m’ennuyais au démarrage, ces quatre personnages étaient assez sympas donc j’ai poursuivi et j’ai bien fait. Ma lecture suivante dont je ne me souviens même plus du titre (une histoire de lettres en Espagne pour sauver la postière locale) , je ne lui ai pas laissée sa chance, abandon au bout de trente pages !

Le résumé :

Millésime 1954 raconte la rencontre entre quatre personnes que tout oppose mais qui vont devenir amis le temps d’une soirée à partager un verre d’un très bon vin. Hubert, le président du syndicat de copropriété invite deux propriétaires de son immeuble, Magalie et Julien tous deux célibataires à partager sa soirée. Ils l’ont aidé à se sortir d’un cambriolage rocambolesque de sa cave, soutenus par Bob, un Américain débrouillard mais fraîchement accueilli par Hubert. Il vient prendre possession d’un AirBnb, pratique peu appréciée par les Parisiens du quartier. Cette fameuse bouteille de vin les enverra tous les quatre en 1954, un voyage drôle et léger dans les couloirs du temps…

Mon avis :

C’est une histoire simple mais efficace comme un petit beurre à la sortie de l’école. Le ressort de ce roman, c’est la nostalgie du Paris des années 1950. Les anachronismes fonctionnent aussi bien que la comédie populaire Les Visiteurs (sans la visite au vieux mage dégarni). J’ai beaucoup aimé le chapitre où Hubert se rend au Ritz et trouve que la RATP a vraiment fait les choses en grand pour les journées du patrimoine.

Antoine Laurain est un écrivain brillant qui a su me divertir dans le métro avec des trouvailles géniales et des répliques très tendres : notamment quand Bob propose de partager ses dollars avec ses trois amis qui n’ont que des euros et qui ne pourront rien faire avec, en souvenir de La Fayette.

Avec ces quatre personnages, on rencontre Salvator Dali, Jacques Prévert et Robert Doisneau, Audrey Hepburn et le fondateur du Harry’s bar (adresse totalement inconnue alors que je passe dans ce quartier tous les jours), Edith Piaf et Jean Gabin… Ce n’est pas très plausible parfois mais on s’en fout, la magie de la nostalgie opère. Je me suis trouvée des points communs avec cette Magalie, toute émerveillée de se retrouver dans l’animation disparue des légendaires Halles de Paris. Ce roman est une magnifique déclaration d’amour à Paris, j’y ai appris des choses comme la fameuse langue inventée des métiers de bouche dans les Halles.

Ils vont partir tous les quatre à la campagne pour remonter les couloirs du temps en retrouvant le père la soucoupe, l’aïeul de Julien. C’est une histoire de doux dingue bien agréable à lire.

La force de ce livre repose sur l’amitié entre ces quatre personnages qui se connaissent peu et qui vont devenir de vrais amis en quelques jours. On ne passe pas 300 pages à d’étendre sur leur psychologie (même si on comprend vite certaines failles, joies et désillusions de leurs vies) mais on s’attache très vite à eux. Chacun va s’accommoder rapidement à ce voyage dans le temps complètement déstabilisant car il va les aider à donner un sens à leur vie. J’ai aimé particulièrement le personnage d’Hubert. On sent qu’il s’est enfermé dans une routine un peu ennuyeuse, sa femme semble faire peu de cas de lui.Il va s’attacher à Magalie et Julien ainsi qu’à Bob dans un véritable esprit de camaraderie et d’entraide.Il n’y a aucune réplique vacharde entre eux comme on peut les trouver dans des films : Bourvil et De Funès dans La grande vadrouille par ensemble.

Cette très belle camaraderie est très agréable à lire dans la scène de pêche miraculeuse qu’ils vivent ensemble à la campagne. Hubert comprend alors la beauté du moment et la vanité de sa vie d’administrateur immobilier régie par des avalanches de mails quotidiennes.

Avec mon mari, on s’est amusé à regarder des vidéos de l’ Ina qui interviewait des adolescents dans les années 1960. Force est de constater le fossé culturel et sociétal entre la manière de parler un peu gauche et l’aplomb d’aujourd’hui. Internet et les réseaux sociaux sont passés par là.

Ma note :

3

Ce petit roman a été une agréable surprise même si j’ai peu accroché à quelques moments qui me paraissaient peu plausibles. Je ne suis pas une passionnée des histoires de soucoupes volantes. Mais j’ai beaucoup aimé les anachronismes et la jolie nostalgie de ce roman. Le personnage de Bob l’Américain qui reconnait le Dieu des miracles dans la guérison de sa femme désespérée est un très joli moment du livre…

Cette veine nostalgique m’a convaincue de me lancer dans un projet d’une grande ampleur. Je vous avais parlé de mon carnet de coloriages de Paris, réalisé par Zoé de las Cases. Pour mes quinze années à Paris en septembre prochain, j’ai décidé de transformer ce carnet assez plat en un carnet de souvenirs avec des collages, des coloriages à l’aquarelle, aux feutres… pour compiler tous les coins de Paris que j’aime et ça sera une sacrée entreprise !

Alors, je colle des cartes géographiques de Paris, des cartes de visite, j’enrichie le carnet d’adresses de cette Zoé avec mes propres souvenirs. Voici un petit aperçu du démarrage de ce grand projet !

Expos

Respirer une bonne odeur de biscuit à l’exposition Lu à Nantes

J’aime beaucoup les expositions de société sur l’histoire d’une entreprise par exemple. Je ne suis jamais allée à Nantes, l’eldorado immobilier de tous les Parisiens exilés en ce moment.

Droits réservés Getty

J’irai bien découvrir le château des ducs de Bretagne avec ma famille pour visiter l’exposition LU, un siècle d’innovation du 27 juin au 3 janvier 2021. Ce château abrite le musée d’Histoire de Nantes. C’est là où tout a commencé pour le 2eme géant mondial du biscuit, les usines Lu sont incontournables dans le paysage économique et culturel de la ville.

Cette marque de biscuits a marqué l’histoire de l’art avec ses réclames publicitaires réalisées par Alfons Mucha entre autres et le fait que l’enfance soit mise en avant comme argument marketing. Le petit dernier de la famille Lefèvre-Utile a sa bobine tamponnée sur des milliards de Petit-écolier depuis 1882.

Cette exposition me paraît être un bon rappel de l’actualité toute récente. On dénigre l’industrie agro-alimentaire à grands cris actuellement mais on peut surtout remercier Dieu de ne pas avoir vécu de pénurie alimentaire pendant ce confinement. Les biscuits m’ont été d’un grand réconfort (j’assume) quand je me demandais combien de temps cette assignation à résidence allait encore durer. Un livre Routiers publié par les éditions de l’Iconoclaste, rend hommage aux routiers qui nous nourrissent quotidiennement et qui ont été vraiment maltraités sur les aires d’autoroute.

Pendant ce confinement, les sacs de farine étaient aussi recherchés que des lingots d’or car la pâtisserie est une valeur refuge quand l’heure est à la peine. Le petit beurre c’est le biscuit universel de la petite enfance, un plaisir sain à l’image de son packaging simple mais terriblement efficace.

La prouesse technique est là : proposer une exposition en odorama. Moi renifler l’odeur des Paille d’or pendant ma visite, ça me motive à prendre le train. Chacun a un lien affectif avec les biscuits Lu. Mon frère et mes parents sont des fans des Figolu pour le sport et les randonnées. Il y a même eu une pétition quand Lu a retiré des grandes surfaces la recette d’origine des biscuits à la figue en 2015.

J’aime ces expositions de société qui rendent compte de notre vie quotidienne, il y a de la matière à étudier pour les musées sur les manières de vivre qui évoluent. Ce confinement nous l’a montré.

Je vous recommande d’autres belles expositions aussi populaires les unes que les autres :

– Les objets du confinement trouvent refuge au Mucem.

Louis de Funès, meilleur remède contre la sinistrose, à l’honneur à la Cinémathèque française.

– René Goscinny, le génie de l’humour, trésor national français.

Expos

Retourner au musée en compagnie de Louis de Funès.

Il a été l’amuseur de bon nombre d’après-midi télévision pendant le confinement, avec même des records d’audience.

Louis de Funès est un grand enfant qui plait à toutes les générations, même celles qui ne connaissent ni le Minitel, ni Georges Pompidou. C’est la réflexion que je me suis faite ce matin en visitant l’exposition de Funès à la Cinémathèque française.

Il y avait des enfants et ils n’avaient pas l’air de s’ennuyer comme moi quand on me traînait dans des galeries interminables pour regarder des céramiques antiques ou des tableaux barbants (j’en ai redemandé plus tard pendant cinq ans à l’Ecole du Louvre comme quoi…).

Ils avaient même l’air de bien s’amuser à faire des photographies dans la DS de Fantomas ou en regardant des extraits de La soupe aux choux ou bien la danse de Rabbi Jacob.

Cette exposition est une grande réussite populaire, elle touche toutes les tranches d’âge. Après avoir écrit un précédent article sur Louis de Funès, je récidive tellement cette exposition m’a plu pour sa scénographie très intelligente et actuelle.

La première salle est très dense, elle a même provoqué un bouchon en ces temps de distanciation sociale.

On est accueilli par les répliques phares de Louis : « Ma biche », « Foutez moi le camp », « Vous me le paierez« … La première salle fait grand honneur aux génies comiques du siècle dernier qui ont inspiré De Funès : Buster Keaton, Laurel et Hardy, Charlie Chaplin avec des citations du comédien sur les murs…

La deuxième salle très bien conçue met en scène des extraits de La traversée de Paris avec Jean Gabin et Bourvil, mais c’est en noir et blanc, un film légendaire certes mais qui ne m’a pas marquée.

Puis, c’est une avalanche de couleurs dans les salles suivantes avec une large chronologie qui montre en quoi Louis de Funès fut le héros des Trente Glorieuses. Le musée a été généreux en objets et c’est la vraie valeur ajoutée de l’exposition. J’ai étudié au Mucem et j’aime vraiment les objets : le costume extra-terrestre de Jacques Villeret dans La soupe aux choux, les casques de soldats allemands de La Grande Vadrouille, la 2CV toute déglinguée du film Le corniaud. La plus belle pièce est bien sûr la voiture de Fantomas transformée en divan pour les spectateurs…

« J’ai toujours joué ma mère  » Louis de Funès

C’est une exposition très moderne qui se sert des écrans numériques pour toucher les jeunes générations : un écran tactile propose au spectateur de découvrir toutes les expressions du visage de Louis (c’est vraiment une idée de génie), un autre compare les costumes de scène de La folie des grandeurs avec les tableaux de Velasquez, au siècle d’or.

Je me suis vraiment régalée avec cette exposition. Il y avait même une équipe de tournage pour filmer un reportage.

En sortant de l’exposition, je me suis dis que c’était bien dommage de ne pas l’avoir visité avec mon petit frère Ugo. Quand nous étions à l’école primaire, on avait le droit de regarder chaque veille de jour férié un film de Louis de Funès. Et on ne faisait pas les fines bouches à chaque rediffusion, même lycéens, on regardait encore ses films.

Puis, je suis sortie du musée par la rue de Bercy. Les pavillons en pierre meulière étaient superbes et imposants. Je me suis dis qu’il faudrait vite revenir dans le cour, visiter le parc de Bercy et retourner au cours Saint-Emilion depuis le temps.

Lecture et autres challenges passionnants

Des cartes postales de la part des Kubers, la communauté de lecteurs de la box littéraire dont je suis partenaire !

Depuis 2017, je suis partenaire de la box littéraire La Kube. C’est une expérience professionnelle vraiment enrichissante avec une équipe vraiment formidable ! Ils nous invitent même à un dîner annuel chaque année avec d’autres libraires, des éditeurs, des auteurs…. Des amours, je vous dis !

Leur box n’est pas un simple concept marketing, ils ont pensé à tout et même à la petite carte de remerciements que les Kubers peuvent poster au libraire pour le remercier ou partager ses impressions de lectures. Et ça c’est très fort.

Je me suis même achetée une belle grille chez Maisons du monde, inspirée par le blog de Néroli pour les avoir près de moi,sur mon bureau.

Voici un petit florilège des gentils messages que j’ai reçu et qui me motivent quand on me dit à longueur de recommandations aimer Marc Lévy, Harlan Coben, Guillaume Musso, Katherine Pancol….

Je n’ai rien contre eux et ne formulerai aucune critique élitiste et snob envers leurs lecteurs (le principal dans la lecture, c’est la détente et l’évasion de l’esprit). Mais personne n’a besoin de moi pour lire des feel-good et autres best-sellers, ils inondent toutes les grandes surfaces culturelles.

Pour vous raconter une anecdote, j’ai recommandé des romans grand public à une amie chère à mon cœur (ma témoin de mariage Gwen) et elle a eu beaucoup de mal à les trouver à Cultura dans son coin pourtant très touristique du Var. C’était toujours les mêmes auteurs en tête de gondole et il fallait bien dix jours pour les commander.

La Kube de décembre !

C’est quand même un peu fou cette économie culturelle à deux vitesses entre régions. Les trois quarts de la clientèle de la Kube sont des provinciaux ou des gens qui vivent à l’étranger. Ils viennent principalement de petites villes ou même de villages que l’on peut qualifier de zones blanches.

Grâce à eux, je voyage en Lozère, dans le Tarn, dans le Sud-Ouest, dans l’Ouest de la France que je connais peu, autant de coins qui ont peu de librairies ou de bibliothèques à côté de chez eux. C’est pour cela que j’aime autant collaborer à la box Kube !

Après la page spéciale carnets de voyages urbains, mon chantier éditorial cet été sera de créer une page Vous cherchez …. un roman, une BD, une expo ? pour référencer un peu mieux mes meilleurs articles du blog (parmi les 150 publiés depuis 2017) et mes meilleures recommandations de la Kube.

C’est un vaste projet qui va bien m’occuper jusque Noël, je pense.

Mes précédents articles qui parlent de ma collaboration avec la Kube !

– L’heureuse invitée du dîner Kube chez Bofinger, place de la Bastille.

Retour sur l’expérience Kube

– Une claque littéraire avec le roman La vie rêvée des chaussettes … grâce à Kube !

Cinéma

Avec le film Les parfums, vous allez retrouver le goût et l’odorat…

Ce n’est pas moi qui le dit mais la punchline assez efficace de la publicité du film sur tous les bus parisiens en ce moment. Ce film, j’ai guetté sa sortie pendant le confinement parce que le sujet est passionnant (j’ai même lu le dossier de presse) et j’aime beaucoup le jeu d’acteurs d’ Emmanuelle Devos et Grégory Montel.

Mon amoureux est un fin connaisseur des parfums masculins un peu exceptionnels qu’il traque dans Paris avec une rigueur de fin limier. Même si le titre du film est peu original, il donne envie de se déplacer au cinéma. Le métier de nez ça envoie du rêve et ça suscite toujours la curiosité.

Copyright Les Pyramides

Le résumé :

Anne et Guillaume sont deux quadragénaires parisiens solitaires. Lui est un chauffeur un peu fauché, papa divorcé qui cherche à pouvoir recevoir sa fille de dix ans en garde alternée. Elle est nez pour de grandes marques de l’industrie afin de trouver la solution miracle à une mauvaise odeur persistante d’un sac en cuir, d’une usine pétrochimique. Un emploi bien moins glamour que son ancienne carrière de créatrice de parfums mais qui est très recherché. Anne et Guillaume seront chien et chat au début de leur collaboration professionnelle mais au fil de leurs voyages en voiture, ils apprendront à se connaître et à s’entraider par des conseils personnels judicieux…

Mon avis :

Ce film m’a réconciliée avec les comédies sentimentales françaises. Il évite les poncifs qui me lassent de ce genre de films : vont-ils se séduire? Passer la nuit ensemble et se quitter sans dire un mot le lendemain matin?.

Ce film est une histoire d’amitié et d’entraide entre un homme et une femme. C’est bien joué par tous les acteurs : le duo Emmanuelle Bedos et Grégory Montel en tête mais aussi la ravissante petite fille de dix ans très touchante (Zélie Rixhon), le patron un peu looké Gustave de Kerven, Louise, l’agent artistique d’Anne complètement cynique limite malveillante….

Copyright Les Pyramides

Les dialogues sont intéressants et d’une grande finesse psychologique, les scènes se succèdent tout en émotions et en sincérité. C’est du beau cinéma qui redonne espoir en l’amitié, l’ascension sociale de Guillaume, le bonheur d’Anne dans les bras de son médecin un jour…

J’ai beaucoup aimé trois scènes du film en particulier :

– Anne donne à Guillaume le conseil d’emmener sa fille dans un endroit qu’il aime pour lui transmettre des souvenirs pour ses dix ans. Il l’emmène sur la plage de Trouville en face de l’hôtel des Roches- noires et de l’ancien casino. J’y suis allée à quatre reprises avec ma grand-mère Annette et vingt ans plus tard, les souvenirs sont toujours là.

– Guillaume fait remarquer à sa patronne au restaurant que « les gens n’ont pas seulement une odeur ». Elle se fait violence pour sortir seule boire un verre dans un bar très animé en pleine semaine. Le spectateur est alors pleinement témoin de son malaise et de l’effort considérable qu’elle fait.

– la scène où Anne récupère un savon de sanitaires collectifs dans une station service qui lui rappelle un souvenir d’enfance. Cette scène dans le début du film exprime bien ce en quoi consiste le métier de nez.

Copyright Les Pyramides

Ma note :

5

Je mets bien évidemment la note de cinq sardines à ce film pour le jeu des acteurs, l’originalité de cette histoire qui mise sur l’entraide et l’amitié entre un homme et une femme et non pas sur le sexe et la séduction. On a envie de voir autre chose aussi de temps en temps ! J’ai beaucoup aimé la manière dont Anne et Guillaume reprennent leur vie en main !

Copyright Les Pyramides

Retrouvez ici mes précédents articles films et séries :

Mes premières fois sur Netflix, l’amitié au lycée

Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

– Standing ovation pour Tout le monde debout avec Alexandra Lamy et Franck Dubosc

Virgin River, une série Netflix qui parle de la guérison émotionnelle

Expos

Les objets du confinement au Mucem

J’ai trouvé cette idée vraiment géniale et même indispensable compte tenu de cette période historique mais néanmoins assez traumatisante : récolter les objets du quotidien pendant le confinement. Elle émane du MUCEM, un musée de société national qui se trouve à Marseille, dans un lieu unique !

Pendant mes études à l’école du Louvre, les conservateurs du musée furent mes professeurs de la spécialité Anthropologie sociale et culturelle de l’Europe. C’est peu dire que je suis restée à l’Ecole malgré mes nombreux redoublements et échecs parce que cette spécialité me passionnait.

J’ai même eu la chance de faire un stage pour collaborer à l’élaboration de l’exposition Masculin /féminin, le bazar du genre à la caserne du Muy et au fort Saint-Jean en juillet 2011.

Lors de ce stage, j’ai eu la chance d’assister au feu d’artifice du 14 juillet en haut de la tour du roi-René.

Droits réservés. Office de tourisme de Marseille.

Moi, ce que j’aimais étudier c’était les comportements sociaux, les modes de vie tout court. On prend à la rigolade les anthropologues généralement; mais cette discipline s’est révélée vraiment indispensable pour affronter le choc sociétal du confinement.

J’imagine que le Mucem va recevoir une collection d’attestations de déplacement, des casseroles comme instruments de musique pour communier ensemble à 20 heures, des banderoles artisanales pour remercier les soignants, des masques et du gel hydro-alcoolique. Mais aussi des témoignages moins glorieux comme les lettres anonymes des voisins des soignants par exemple.

Le rôle d’un musée de société comme je l’ai compris lors de mes études, c’est de témoigner d’un fait historique particulièrement marquant (le confinement à l’échelle mondiale) en exprimant les mouvements de peur ou de rejets mais aussi les manifestations de solidarité, l’ entraide. Ce n’est pas une mince affaire de sélectionner des objets à la fois esthétiques et porteurs de sens.

Il y a un article de blog qui m’a particulièrement aidée pendant ce confinement, c’est celui écrit par Antoine Nouis, théologien protestant. Il explique que danser et applaudir les soignants, c’est une forme de protestation contre le virus et contre la mort.

Retrouvez ici mon article sur le MUCEM, il y a bien longtemps !

Une banderole de soignants en Dordogne qui remercient les gens qui les applaudissent.

Sociologie

Combattre le racisme à travers les films et les livres.

Pendant le confinement, j’ai regardé deux films géniaux qui m’ont paru jumeaux sur bien des points : Ray et Green book. Ils se déroulent à la même période (les années 1950 aux Etats-Unis) et racontent chacun une tournée de musiciens à travers les états du Sud.

Green book raconte une belle histoire vraie : une amitié entre un pianiste virtuose noir et son chauffeur italo-new yorkais pas bien finaud. Ils vont s’entraider au cours de cette tournée. J’aime beaucoup la scène où le pianiste impressionne les clients noirs du cabaret qui s’attendaient à du jazz pour les divertir et qui respectent son talent pour la musique classique. Il y a tellement de différences : la couleur de peau, le statut social, le compte en banque, l’éducation, qu’il vaut mieux autant les accepter que de se haïr.

Et puis il y a eu le meurtre de George Floyd le 25 mai 2020 qui a provoqué des vagues de manifestations mondiales pour condamner cette arrestation raciste qui a basculée dans l’horreur et l’impensable.

Plutôt que de mettre un carré noir viral sur mon compte Instagram et de dire des généralités, j’ai voulu dans ce blog, faire la liste des beaux beaux films, documentaires, chansons et romans qui racontent l’entraide entre Noirs et Blancs.

En 2014, j’ai chroniqué dans mon blog le film Selma d’Ava Du Vernay (j’ai même décroché un boulot grâce à cet article). Quand j’étais enfant, ma mère nous a sensibilisé au combat de Martin Luther King. Elle est née dans les années 1960 et elle a été sensible à son discours charismatique. Nous commencions à aller dans une église protestante à cette époque. Ma mère aime bien raconter qu’elle a le même âge que Barack Obama.

Chez nous, on apprécie beaucoup son épouse Michelle. J’ai tellement aimé son livre que je l’ai chroniqué ici dans le blog. Elle raconte les fusillades et les règlements de comptes que vivent les jeunes lycéennes de Chicago au 21eme siècle. Dans le documentaire Netflix, vous comprendrez à quel point elle insiste sur l’éducation des jeunes, qu’ils se battent pour aller à l’université malgré les préjugés racistes qu’elle a aussi vécu.

J’ai aussi lu un livre marquant : un recueil de biographies Génération Rosa Parks d’Anniel Hatton, pasteure baptiste. Dans ce livre, j’ai été saisie par les pressions terribles vécues par les jeunes filles dans les universités blanches comme si elles braquaient une banque alors qu’elles avaient le droit de les intégrer. Ou encore comment un médecin s’était permis de stériliser une femme noire comme un animal de compagnie.

Je vous recommande l’album de Matt Marvane qui s’appelle Noirs et Blancs, il est universel et interconfessionnel.

Enfin, je suis assez impressionnée par les déboulonnements de statues de colonialistes encensés par l’Histoire et assez favorable à débaptiser des rues. Cela rappelle la chute du mur de Berlin quand on déboulonnait les statues soviétiques, qui cristallisaient les souffrances des gens.

Un jour, dans la librairie où je travaillais, une dame m’a dit qu’elle s’appelait Madame Sexe, un nom donné par le maître blanc à ses ancêtres pour les humilier. Et ça, ça craint ! Beaucoup plus que les emballages marketing de Banania ou d’ Uncle Ben’s à mon avis.

Les derniers articles du blog dans le domaine cinéma et séries :

Mes premières fois de Netflix : l’amitié au lycée

Sur Netflix, Virgin river, source de reconstruction émotionnelle

Mes coups de coeur Netflix de ce printemps

Ile de France et Paris

Fêter quinze ans à Paris avec un chouette carnet de coloriages

Ce carnet de coloriages, je l’ai découvert sur le compte Instagram de son auteure, Zoé de las Cases. J’avais déjà acheté et offert ses géniaux albums de coloriages précédents Paris secret et New York secret chez Marabout.

Paris, carnet du voyageur parisien

Zoé de las Cases

Hachette pratique

17€95

J’ai une petite librairie de livres soldés trop géniale juste à coté du travail, rue du Bac, en face de la boulangerie Kayser. J’aime bien ses coloriages car elle dessine très bien Paris et c’est bien gros pour pouvoir s’amuser avec des feutres aquarellables. Le coloriage c’est une thérapie alors s’il faut s’arracher les cheveux avec des cases minusculus merci bien.

Je viens de l’acheter le jour de sa sortie à la FNAC des Champs-Elysées (j’aime bien les FNAC à Paris, ma préférée est celle de Montparnasse, j’y ai travaillé un Noël avec une trop chouette équipe !). Ce n’est pas un énième cahier de coloriages pour adultes. C’est un véritable carnet urbain où l’auteure partage son Paris chéri avec des visiteurs qui viennent en goguette quelques jours mais il s’adresse aussi aux locaux d’adoption qui ont fait de Paris leur ville. Je regrette un peu le fait qu’il y ait peu d’espaces pour le personnaliser mais je vais trouver une astuce.

Ce carnet sympathique compte plus de dix ballades dans le centre et l’est parisien (le 16eme, le 15eme et le 8eme arrondissement sont boudés) : Gobelins et jardin des Plantes, Pigalle et Montmartre, Belleville, République et canal Saint-Martin, Luxembourg-Saint Sulpice et Saint-Germain des prés, Rue du Bac et Invalides, Bastille et Charonne, Sentier-Montorgueil, Louvre et Palais royal, Marais et Île Saint-Louis, Haut Marais….

Dans un prochain article, je reviendrais sur mes résidences parisiennes en quinze ans : un foyer pour filles sur l’île Saint-Louis après le bac, une chambre de bonne entre Champs-Elysées et Avenue Montaigne, une autre boite à chaussures rue de Rennes, un premier appartement une fois mariée à Belleville et enfin un mini-palais porte de Bagnolet.

Avec moi, son épaisseur va sans doute considérablement augmenter car j’adore coller des cartes de visite, des étiquettes, des souvenirs… J’aime beaucoup sa reliure très originale, même si un peu fragile. Ce n’est pas un simple livre de coloriages très plat, cela va devenir avec mes soins, un véritable carnet urbain avec des collages qui lui donneront du volume et du grain ! A nous deux Paris !

*Cette superbe carte ancienne de Paris vient de la librairie RMN du Musée du Louvre si elle est toujours disponible à la vente. C’était un de leurs produits-phare quand j’y travaillais, elle coûte moins de 10 €.

Mes meilleurs articles du même tonneau :

Garder le cap grâce aux DIY

– Mon challenge collages du mois de mai

Trouver l’inspiration sur Instragram et dans les livres pour enfants

Collages créatifs de Julie adore, éditions Eyrolles

– Quai 71, mon coup de coeur mode dans le Marais.

Blogs, podcasts et applications numériques

Dans les coulisses du bal littéraire des sardines

Pendant ce confinement, j’ai beaucoup développé mon blog à raison de dix articles mensuels (mon record) et je me suis régalée. Bloguer toutes les semaines m’apporte beaucoup quand la routine métro-boulot-dodo devient trop lassante et surtout je me suis rendue compte à quel point c’était un magnifique journal à souvenirs. Le bal littéraire des sardines est né en septembre 2017, l’année de mes trente ans.

Après deux précédents blogs, j’ai choisi le site WordPress, celle de bon nombre de blogs. Je l’ai choisie pour sa mise en page facile à utiliser et ses statistiques bien conçues. Je n’ai pas investi dans du matériel de montage vidéo comme les youtubeuses parce que je trouve cela long et fastidieux les vidéos.

J’admire beaucoup leur travail de mise en scène avec leurs bougies Yankee candle (partout, partout, partout sur Insta), leurs éclairages sophistiqués et leurs petits en-cas appétissants. Ce n’est pas mon truc, je trouve ça vraiment chronophage. Je suis même navrée des commentaires désobligeants adressés aux instagrameuses et blogueuses alors que ce sont de vraies laborieuses de contenus de qualité. Moi, mes posts et mes stores Instagram sont d’une telle banalité que je songe à m’en abstenir vu la compet’.

Peu de chances que je me mette à faire des vlogs dans une chaîne Youtube, ici dans ce blog, c’est l’écrit qui a le pouvoir. Ecrire un bon article deux fois par semaine, c’est mon kiff ! Cela renforce l’estime de soi quand on écrit une belle chronique d’un seul trait, de manière très fluide. Je m’auto-congratule face à une jolie tournure de phrase. Il faut me voir (ou pas) à mon bureau quand je me marre toute seule (hu hu hu quel trait d’esprit ma chère Margot). Un blog, c’est un miroir agréable où l’on choisit quel profil on veut montrer (je cherche à préserver l’anonymat de mon mari et de ma fille par exemple).

Plus qu’un espace d’écriture libre, je vois aussi mon blog comme un outil professionnel, complémentaire de mon métier de libraire. Je chronique des romans, des essais, des albums jeunesse, des séries Netflix, des expos, des chaînes Youtube de bullet journal, des bonnes adresses lifestyle…Ce sont des bulles d’oxgène, de véritables échappatoires face à ce flot terrible de mauvaises nouvelles à l’échelle mondiale.

J’y apporte aussi des articles qui parlent de ma foi en Jésus, le sel de ma vie, sans tomber dans la religion ou le prosélytisme. J’aime lire la Bible chaque matin en dessinant dans mes carnets Moleskine, l’Egypte de Moïse par exemple.

Les blogs sont loin d’être has-been et je cherche sans cesse à embellir le mien, proposer des contenus originaux et intelligents. Pour cela, j’ai organisé un calendrier éditorial pour planifier mes deux articles hebdomadaires, mes publications Facebook et Instagram, le relais de mes articles dans la newsletter de Regards protestants… Ce blog, c’est un peu une manière de réaliser mon rêve d’être journaliste- libraire.

Un futur article qui me botte sur ma nouvelle passion : la décoration d’intérieur

Ce blog va aussi prendre une tournure plus professionnelle dans les semaines qui viennent car je me lasse un peu de faire femme-sandwich pour vous vanter un livre, une série ou un bon resto (même si je ne touche pas de commission, marre de faire l’influenceuse à deux balles par moment).

Quand on écrit un blog ou qu’on en lit beaucoup pour s’inspirer, on a vite marre des swaps, des hauls et des unboxing qui tournent toujours un peu indirectement autour du consumérisme.

Il y a peu, je me suis passionnée pour une vidéo de Mariel du blog de Néroli. Elle fait beaucoup de tests de produits de beauté comme les affectionne mon amie Alix ! Mais c’est son expérience de somnambule qui m’a scotchée. J’ai trouvé ça très original comme contenu. Allez voir aussi ses vlogs de voyage, cette fille est un véritable guide touristique avec un mari très patient et coopératif, je trouve.

Moi, je vous raconterai mes aventures palpitantes : comment j’ai été libraire de Mona Lisa pendant trois ans en pleine saison touristique, mon expérience de stagiaire du tout neuf MUCEM de Marseille, quand j’ai vendu des tonnes de Pléiade à Noël dans une librairie de Saint-Etienne ou encore quand j’ai organisé la soirée des libraires d’un éditeur d’art prestigieux à Saint Germain-des- Près.

Ce blog est celui d’une libraire qui aime passionnément son métier !

Retrouvez d’autres articles où je parle de mon métier de libraire :

Le click and collect, le nouveau commerce moderne

L’heureuse invitée du dîner Kube mai 2019

#Paye ton auteur et En attendant Livre Paris.

Carnets de voyages urbains

Les galériens de la SNCF : un voyage Paris- Le Touquet rocambolesque

Je me réjouissais d’avance à vous écrire un beau carnet de voyages consacré au Touquet. C’est ma destination touristique la plus familière puisque mes grands-parents viennent de Montreuil sur mer. J’ai découvert Le Touquet grâce à ma grand-mère et surtout à ses cousins formidables qui nous ont invité une paire de fois dans leur belle maison dans la pinède près du golf. Ils nous ont sauvé la mise dimanche matin, d’un week-end qui s’annonçait catastrophique.

Car voyager avec un bébé de seize mois le premier week-end de vraie liberté dans les transports français était rocambolesque. Le trajet direct devait se faire en deux heures, il aura duré près de six heures avec escale de deux heures à Amiens. Heureusement la gare était proche du centre-ville avec un parc et nous avons eu le bonheur de nous approcher de la cathédrale.

Le centre-ville d’Amiens

Mais l’arrivée à Etaples a été la douche froide, pas de navettes pour Le Touquet situé à plus de sept kilomètres et aucunes indications de la SNCF. C’est bien simple depuis la gare du Nord, on s’est sentis vraiment abandonnés. Les contrôleurs dans le train pour Amiens nous ont aidé du mieux qu’ils pouvaient mais il est évident que le plan de dé-confinement à partir du 2 juin patinait dans la semoule.

Je suis surtout furieuse contre notre hôtel que je ne citerai pas pour ne pas lui faire de publicité. La réception m’a assurée qu’il y avait des navettes vers le centre-ville (le gros gros bobard) et avait déjà prélevé mon argent trois jours auparavant. Impossible de pouvoir aller dans l’hôtel beaucoup plus central et moins cher que j’avais ensuite repéré sur le site de la SNCF. La loi des séries, je vous dis.

Un début de carnet de voyages à continuer une autre fois…

Heureusement, tels trois galériens déterminés, nous sommes partis à travers la pinède, poussette au vent (des rafales à plus de 170 kms/h) pour rejoindre le phare de la Canche. C’était joli mais totalement désert, on se serait cru en novembre alors que nous étions début juin. Ce fut beaucoup plus animé du coté de l’hôtel Westminster et du village Suisse.

Nous nous sommes régalés à la crêperie Le Touq’crèpes, 15 avenue du Verger pour son accueil très chaleureux, sa décoration moderne et agréable et surtout ses crêpes succulentes. Mon cher et tendre a pris une crêpe façon Tatin, moi une crêpe avec du lemon curd maison accompagnée par une bolée de cidre brut. Ce n’était pas donné 10 € et 6 € les crêpes, mais vu nos mésaventures de la journée, nous nous sommes dit que nous les avions bien méritées. C’était la première fois que nous retournions au restaurant depuis début mars, ça se fêtait.

Il ne faut pas se fier au plan du Touquet, c’est une petite ville beaucoup plus étendue qu’il n’y parait. Elle compte 4500 habitants à l’année et plus de 250 000 l’été. C’est de loin ma station balnéaire favorite pour la richesse de sa vie culturelle : des festivals de musique, une médiathèque, un musée. Et j’avais vraiment envie d’y faire du shopping, pour retrouver un autre superbe poisson en céramique que j’avais acheté dans le centre-ville. J’espère que les trains et les navettes vont rapidement se mettre à la page car Le Touquet est une très belle destination touristique.

Je garde le meilleur pour la fin : la plage. C’est selon moi la plus belle du Nord de la France, un véritable balcon sur la Manche. Pas un seul déchet plastique, que de l’émerveillement. Après plus de cinquante jours de confinement, même si je galère encore, je reviendrai (avec mes inséparables) au Touquet parmi les miens dans le Pas-de-Calais.

Cinq bonnes raisons de partir un week-end au Touquet :

– C’est tout proche (normalement !) privilégiez plutôt un départ le vendredi soir pour profiter pleinement.

– C’est pas très cher (heureusement vu la rallonge du trajet !) : nous avons profité de billets à 30€ aller/retour par personne grâce à la politique de prix cassés pratiquée par la région des Hauts de France qu’il faut saluer. Depuis de nombreuses années, cette région permet à tous de rejoindre les plages sans casser sa tirelire.

– pour la beauté de ses plages de sable fin grandioses. C’est la perle du Nord de la France.

– la beauté architecturale de ses villas. J’aime parcourir en vélo les petits chemins qui mènent vers le golf dans la pinède. Je me verrais bien vivre à l’année la-bas moi !

– de quoi se régaler avec les fruits de mer du marché aux poissons d’Etaples, ramener des gaufres Rita et une délicieuse tarte aux papins, qui me rappelle les personnes que j’aimais tant.

Retrouvez ici mes précédents carnets de voyage regroupés sur cette page !

Deauville et Le Touquet pour un week-end post caniculaire

Trois jours à Marseille en avril

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Un week-end de mariage en Rhône- Alpes : Lyon et Méaudre