Depuis 2017, je tiens un bullet journal et curieusement, il reflète mes aspirations à lézarder au bord d’une piscine, lire de bons bouquins de manière détendue, lister tous les films de l’année que je n’ai pas eu le temps de voir.
Cette année, j’ai du mal à me projeter et faire des projets pour mes vacances mais mon cerveau commence sérieusement à s’évader.
Depuis fin mai, j’utilise à qui mieux mieux cette magnifique photo du cercle des nageurs, près de la Corniche Kennedy à Marseille car elle m’inspire beaucoup.
En 2017, pour mon premier carnet, j’ai réalisé un chouette carnet de voyage miniature. Nous sommes partis en Toscane en amoureux : à Pise, Sienne et Florence. De loin notre pire voyage en couple à cause de la chaleur et du manque d’hospitalité locale. Mais je suis bien contente d’en avoir gardé un souvenir dans mon bujo. J’ai aussi lu quatre romans de Mitch Albom durant l’été. lire beaucoup est l’un de mes grands plaisirs de l’été.
En 2020, je me souviens avoir beaucoup dessiné pendant l’été. Il faisait très chaud et on attendait avec ma fille que mon mari soit enfin en vacances pour partir en Bulgarie. Pendant sa sieste, je dessinais des verres de margarita inspirés par les dessins du compte Les astuces de Margaux. J’avais vu la série Netflix A l’ombre des magnolias. On vivait l’enfer à cause du ravalement de façade début août et on était cloitrées dans notre appartement. Une vraie fournaise.
En 2021, je me suis disciplinée pour mettre en cases et en collages les 31 jours du mois d’août. Le résultat est assez satisfaisant d’un point de vue pictural mais ce n’était pas de la détente comme le dessin.
En 2022, on a fêté en famille les 90 ans de ma grand-mère Mamie Eveline sur le plateau ardéchois. Je me suis régalée à convoquer mes souvenirs d’enfance à Sagnes et Goudoulet en dessinant des sauterelles et des oeillets des Chartreux. J’ai aussi listé mes spots de baignade et les souvenirs d’été en Bulgarie avec ma petite biche de trois ans.
En 2023, j’ai réalisé une bucket list très réussi de tout ce que je souhaitai faire pour profiter de mes vacances en Bulgarie. J’ai lu au bord de la plage le dernier roman de Jodie Picoult : J’aimerai tant que tu sois là, éditions Actes Sud. J’ai été inspirée par l’univers de Wes Anderson en visitant la gare de Bourgas, la ville de naissance de mon mari.
Et que me réserve l’été 2024? Je suis en train de compiler dans mon carnet quelques pages à ce moment aussi historique que redouté : les Jeux olympiques de Paris mais aussi notre visite samedi en famille à Disneyland Paris, une première pour moi.
Si cet article vous a plu, c’est peut-être l’occasion de rejoindre la boite à sardines pour recevoir chaque semaine un article par email.
Après Un été à Nantucket et Un dernier été, Elin Hilderbrand publie un nouveau roman Hotel Nantucket. J’ai lu chacun de ses romanspubliés aux éditions Les escales. Je l’ai découverte à travers les pages livres du magazine Elle.
Je vais tenter dans cet article de vous définir en quelques lignes pourquoi les descriptions de cocktails, de petits pains au homard, et de maisons à bardeaux typiques de Nantucket me procurent autant de détente qu’un épisode de la télé réalité L’agence sur Netflix.
Le résumé du roman :
Hôtel Nantucket raconte l’histoire de Lizbet, une directrice d’hôtel d’une quarantaine d’années trahie par son mari aux yeux et au vu de toute la petite île de Nantucket. C’est une clientèle huppée et très exigeante qui constitue un entre soi de citadins fortunés de Washington, New York ou Boston. Ils possèdent des maisons de famille sur l’île depuis plusieurs générations. Ils suivent les recommandations du New York Times et autres réseaux sociaux influents pour jauger les meilleurs restaurants et autres lieux à la mode.
Lizbet va rapidement engager toute une équipe de portiers, réceptionnistes, femmes et hommes de chambre, cuisiniers pour mener à bien la mission que lui a confié Xavier Darling, un influent investisseur londonien : décrocher les cinq clés décernées par une mystérieuse blogueuse qui se rend incognito dans les plus beaux hôtels du monde.
Les trente premières pages, je reconnais que j’ai trouvé ce roman un peu superficiel avec son histoire secondaire de fantôme. Grace, femme de chambre, hante l’hôtel crée en 1920 car elle était la maîtresse du propriétaire de l’hôtel. Un troussage de domestique assez abject.
Même si le directeur était peut être amoureux d’elle, il ne l’a pas secouru. Son odieuse femme, aussi timbrée que malfaisante a laissé de manière intentionnelle une cigarette brûler dans le grenier pour éliminer la domestique.
Elle va être le témoin de tous les petits moments de vie qui se déroulent dans l’hôtel. Ils vont souvent la révolter ou la réjouir et lui apporteront une sorte de repos de l’âme.
Mon avis sur ce roman d’été plus profond qu’on ne le croit :
Qu’importe que l’équipe de l’hôtel Nantucket décroche les cinq clés dans le blog, le véritable intérêt de ce roman pour moi c’est de suivre comment ces différentes personnalités un peu torturées par la vie vont évoluer au cours de cet été ensemble.
J’ai trouvé le personnage de Lizbet peu fouillé et un peu caricatural mais on se réjouit tout de même au fil des pages du roman de la voir réussir son challenge et ainsi retrouver estime de soi et le grand amour…
Je me suis particulièrement attachée à certains personnages du roman (et oui comme en psychothérapie, je noue une alliance thérapeutique avec les personnages littéraires que je lis sinon j’abandonne ma lecture).
J’ai aimé suivre la rédemption d’Alessandra, la cupidité faite femme et celle de Chadwick, un jeune homme issu de la haute société qui a fait une énorme bêtise. Il va trouver sa planche de salut en récurant les toilettes des clients de l’hôtel et en travaillant en équipe avec les femmes de chambre de l’hôtel sous les ordres de la mystérieuse Magda English.
Il y a un beau moment de vérité quand il confronte ses parents. Ils achètent le silence de ceux envers qui Chadwick a eu un comportement répréhensible voire même irrémédiable pour ne pas entacher leur propre réputation. Elin Hilderbrand lui permet d’en arriver à la conclusion que l’argent ne procure pas tout : il ne rend pas forcément heureux.
« L’île de Nantucket est connue pour ses rues pavées et ses trottoirs de briques rouges, ses maisons en bardeaux de cèdre et ses treillis de roses, ses longues étendues de sable doré et ses vents de l’Atlantique rafraîchissants… Elle est aussi connue pour ses résidents, qui n’aiment rien tant qu’un ragot bien juteux (le paysagiste sexy qui a vécu une idylle avec l’épouse d’un magnat local de l’immobilier, ce genre de chose). Et malgré tout, aucun de nous n’était vraiment prêt au tourbillon de rumeurs qui allait déferler le jour où nous avons appris que Xavier Darling, le milliardaire londonien, investissait 30 millions de dollars dans la verrue en ruine qu’est devenu l’Hôtel Nantucket«
Chacun des romans d’Elin Hilderbrand suit à peu près la même trame : une galerie de personnages qui semblent se détendre et s’amuser sur leur île privilégiée mais qui sont constamment en représentation, en cage à cause de leur statut social.
Voici un court résumé de deux autres romans d’Elin Hilderbrand si je vous ai convaincu de prendre le ferry pour Nantucket cet été !
Un été à Nantucket (de loin mon préféré), Le livre de poche, paru en 2021,576 pages, 9€70
Ce roman se déroule pendant l’été 1969, en pleine guerre du Vietnam. Le cadet de la famille est appelé sous les drapeaux et sa mère Kate tremble pour lui en noyant sa tristesse dans l’alcool. Elle doit cohabiter dans la maison de famille avec sa mère Exalta, un vrai dragon et ses trois filles qui vivent des chamboulements dans leur vie durant cet été.
De bons romans papier et sur liseuse, sur une belle fouta L’ornithorynque, offerte par mes cousins de Marseille pour mes trente ans.
Un dernier été, Elin Hilderbrand , paru en 2023, 448 pages, 23€
C’est un roman très contemporain qui se déroule à l’ère des réseaux sociaux. Vivian, une romancière célèbre meurt soudainement dans un accident de voiture. Elle venait de publier un nouveau roman qui évoquait son amour de jeunesse. J’ai beaucoup aimé ce roman où la défunte prend de la hauteur pour observer comment son entourage familial et professionnel surmonte sa disparition. Un roman profond qui explore les failles et l’humanité de ses personnages.
Dans un autre genre, celui de la biographie, j’ai eu un vrai coup de coeur dernièrement pour La cuisinière des Kennedy , écrit par Valérie Paturaud et publié par la même maison d’édition : Les escales.
Il raconte le parcours exceptionnel d’ Andrée Imbert, pupille de la Nation qui a vécu une ascension sociale fulgurante en travaillant au service d’Albert Camus, Michel Gallimard puis Rose et Joe Kennedy, les patriarches de cette célèbre famille.
Valérie Paturaud et Elin Hilderbrand ont en commun de valoriser cet art de vivre à l’américaine, bien différent de la France. J’aime lire ces romans et ces biographies qui se déroulent sur la côte est des Etats-Unis pour l’imaginaire de rêve qu’ils apportent depuis les années 1960 et le faste des Kennedy dans les pages de Paris Match.
Retrouvez ici d’autres idées de romans qui se déroulent aux USA:
J’ai découvert ce roman graphique à la médiathèque de Fontenay sous bois où je vis. Sa couverture rouge et son titre : Dulcie sont très efficaces. Le prénom de cette militante de l’ANC est tendre comme un bonbon et pourtant le système contre lequel elle milite n’a rien de doux.
Armement nucléaire, « escadrons de la mort », attentats terroristes…, le long processus de libération de Nelson Mandela et son accession à la présidence sud-africaine le 9 mai 1994 n’a pas été un beau chemin bordé de roses pour les militants de l’ANC. D’ailleurs, Dulcie ne verra pas Nelson Mandela président car elle sera assassinée deux ans plus tôt… à Paris sous le mandat de François Mitterrand.
Quelques jours après avoir découvert cette BD à la médiathèque, je parcours les rues de la Courneuve un dimanche matin dont une qui s’appelle Dulcie September comme de nombreuses rues en France… Par curiosité, je regarde la plaque pour regarder l’âge à laquelle est morte comme tant de vieilles dames résistantes. Et là stupeur, je découvre qu’elle est morte à 52 ans, assassinée dans les années 1990 dans un quartier sécurisé de Paris.
J’ai éprouvé beaucoup de colère à ce moment là, la France ce n’est pas le Far-West ! Quelle impuissance de ne pas avoir su protéger une réfugiée politique. Mais Dulcie était-elle vraiment en sécurité en France?. Derrière l’assassinat de Dulcie September, se dessine un véritable polar géopolitique, où l’argent et le cynisme font la loi.
J’ai découvert les éditions Futuropolis en travaillant au festival du livre de Paris sur le stand des éditions du musée du Louvre, son co-éditeur. Depuis vingt ans, les musées d’art et la bande dessinée font bon ménage dans une collection.
Cela a même donné lieu à une exposition au musée de la BD à Bruxelles : Bulles de Louvre en 2022. Je vous recommande L’ile Louvre de Florent Chavouet qui raconte la vie quotidienne au musée du Louvre, une île refuge pour des millions de touristes…
Futuropolis, un éditeur engagé qui fête ses 50 ans en 2024
Je vous recommande cette maison d’édition qui est une référence BD pour moi. J’aime énormément les biographies et les récits singuliers comme il les appelle. Futuropolis c’est l’éditeur d‘Etienne Davodeau qui a dessiné et écrit Lulu femme nue porté à l’écran par Karin Viard… J’ai bien envie de lire Jesse Owens, des miles et des miles de Gradimir Smudja.
Enfin, écrire cette chronique de BD sur le militantisme d’une femme contre l’apartheid m’a paru important dans le contexte politique très clivant que nous vivons actuellement.
J’avais envie de lister les différentes BD et romans graphiques qui ont nourri mon rejet de la xénophobie, des idées mortifères où les étrangers et les chômeurs sont pris pour les boucs émissaires … C’est le rôle de la BD de nourrir notre intelligence et notre esprit critique…
Cette semaine, j’ai dévoré en quelques jours le roman historique qui retrace le parcours d’Andrée Imbert, pupille de la Nation et cuisinière de la haute société française et américaine.
J’aime beaucoup les romans des éditions Les escales. J’avais lu auparavant Un dernier été et aussi Un été à Nantucket d‘Elin Hilderbrand qui évoque aussi un fait divers concernant le sénateur Ted Kennedy à Nantucket en 1969.
J’en profite pour remercier les éditions Les escales de m’avoir permis de lire ce nouveau roman en service de presse, sous format numérique. Gérard Collard, libraire deLa griffe noire à Saint Maur les fossés décrit ce livre comme le roman de l’année et je suis bien d’accord avec lui.
La cuisinière des Kennedy, Valérie Paturaud, 350 pages, avril 2024, 21 euros.
Andrée a servi la famille Berliet à Lyon, des riches industriels qui ont une superbe villa Art nouveau, puis Albert Camus et Michel Gallimard à Paris mais aussi sur la Côte d’Azur. Après guerre, elle travaille pour une famille américaine très sympathique : les Rogers qui lui proposent de partir vivre en Amérique avec eux.
Andrée est tiraillée car elle a une fille Madeleine qui va par la suite devenir mère elle aussi. Mais n’écoutant que son coeur qui lui dicte de tenter sa chance, elle accepte de rejoindre les Etats-Unis. La suite de sa vie sera extraordinaire car elle va ensuite entrer au service de Joe et Rose Kennedy, amis proches des Rogers.
Inutile de présenter cette illustre famille qui va avoir une influence déterminante sur la politique aux Etats Unis entre 1950 et 1990. Andrée va intégrer cette famille secouée par des drames terribles en la cajolant par de bons plats français et en prenant soin des enfants de la famille comme si c’était les siens.
Cette famille saura lui montrer tout son amour et sa reconnaissance en lui donnant une généreuse rente à sa retraite et en se débrouillant pour fleurir sa tombe dans le petit cimetière d’un village drômois.
Mon avis sur ce roman historique :
J’ai énormément aimé ce roman très bien écrit par Valérie Paturaud. Il compte 352 pages mais ne parle de son départ chez les Kennedy qu’à partir des cent vingt pages du livre. C’est peu dire de son parcours déjà exceptionnel en France.
Andrée est un bébé abandonné qui ne connait pas ses parents quand elle nait en 1907 à Marseille. J’ai beaucoup aimé la description pour expliquer comment l’Etat s’occupait des enfants abandonnés au début du 20eme siècle. On se croirait dans le film Pupille de Jeanne Hery.
Je reconnais que j’ai sauté quelques chapitres de son enfance et son adolescence dans la campagne drômoise car je trouvais cela un peu longuet. Mais j’ai été captivée par ma lecture quand Andrée prend sa fille sous le bras pour quitter son mari un peu soulard et peu aventurier pour travailler dans un restaurant à Lyon.
Sa fille va vouloir retourner vivre à Venterol, dans sa campagne auprès de son père car ce qu’elle connait la rassure alors qu’Andrée veut vivre une grande aventure. Elle s’imagine fille de marin pour mieux expliquer ses aspirations.
L’intérêt de ce roman est de montrer le décalage culturel entre la France et les Etats dans les années 1950 à travers cette famille mythique qui fait rêver le monde entier dans les pages sur papier glacé de Paris-Match. Andrée ne peut s’empêcher de trouver sa fille mal fagotée quand elle côtoie les filles et les belles-filles de Rose Kennedy à Hyannis port.
Rose Kennedy est l’un des personnages principaux de ce roman avec le sénateur Ted Kennedy et aussi en filigrane, Joe le patriarche de la famille. Andrée voue à ses patrons une admiration et une reconnaissance sans bornes. Même si elle juge Rose Kennedy sacrément dure avec les écarts et les faiblesses de ses enfants quand ils devient du droit chemin de la religion.
C’est un roman totalement hagiographique avec la famille Kennedy. Valérie Paturaud ne parle pas des mauvais côtés de Joe Kennedy et de ses accointances avec la mafia. Cette biographie est romancée à partir des archives de la famille d’Andrée Imbert. Mais les lettres et les photographies le prouvent, une belle relation dépassant les rapports hiérarchiques s’est nouée entre la famille de Ted Kennedy et Andrée Imbert.
Le dernier chapitre où les enfants de Ted Kennedy rendent visite à leur ancienne nounou en France est très touchant. C’est un bon roman qui sera être une belle détente pour vous cet été. Il raconte le parcours d’une femme partie de rien qui a cru en ses rêves et en son talent.
J’ai été très touchée par le processus d’écriture de ce livre. L’auteure Valérie Paturaud habite dans le sud de la Drôme. Elle s’est retrouvée dans un diner d’amis avec de nouvelles connaissances dont une des convives qui lui a parlé d’une famille drômoise.
L’importance de conserver les photographies et les lettres pour se constituer une mémoire familiale
Les souvenirs de ma propre famille
Les petits-enfants d’Andrée Imbert lui ont confié tout un carton avec des photographies, des lettres qui ont constitué la matière première pour écrire cette biographie très romanesque.
Moi même, j’ai retrouvé grâce à mes parents ce printemps la carte de rationnement de ma grand-mère quand elle est partie avec sa famille sur les routes de l’exode en juin 1940 mais aussi ses photographies de jeunesse.
C’était très émouvant de découvrir ses aspirations quand elle avait vingt ans et de beaucoup m’y reconnaître : son goût pour les vêtements à la mode qui donnent de l’allure, aller à Trouville avec ses amis, vibrer pour la chanson française et être dans les endroits qui comptent.
Cette Andrée Imbert m’a beaucoup fait pensé à ma grand-mère Annette pour son envie de réussir et de fréquenter des endroits raffinés où le rêve est possible.
Andrée Imbert continue de nous enchanter avec son parcours extraordinaire.
Cathleen Clarity, une cheffe américaine a cuisiné la soixantaine de recettes d’Andrée réunissant le patrimoine culinaire de la Drôme, des bouchons lyonnais, de la Provence, de la Floride selon les lieux de villégiature de ses différents patrons : la Riviera française, Palm Beach, Hyannis Port…
La cuisinière des Kennedy, Cathleen Clarity, éditions Solar, 175 pages, 9782263192029, 29,90€
Mes derniers articles consacrés à la littérature et les biographies :
La statue de Suzanne Lenglen devant le cours qui porte son nom
J’habite à Paris depuis bientôt dix-neuf ans et je n’avais jamais eu l’occasion d’assister au tournoi de Roland-Garros. Je remercie énormément la personne qui nous a offert ses trois places vacantes quand elle est venue à notre bureau. J’y suis allée avec mes deux collègues Jonas et Ana, c’était une journée inoubliable et ensoleillée.
On est arrivés tôt le matin vers 10 heures, porte 20 en entrant par le Pavillon des princeset où l’on a déjeuné comme des rois à midi tapantes pour pouvoir rapidement rejoindre le court Philippe Chatrier.
Comme au jardin d’acclimatation ou au Pré catalan, on a classé ces pavillons de garde en brique de style néo-renaissance. C’est la maison Sarah Lavoine qui a décoré ce restaurant tenu par le traiteur Gusté.
Nous avons visité les allées de Roland Garros avant que la foule n’arrive, au milieu des clubs de tennis et des petits ramasseurs de balles qui se préparaient. Les joueurs de tennis handisport m’ont vraiment bluffé.
Pendant trois semaines qui comprennent les qualifications et les tableaux principaux, 600 000 visiteurs vont fréquenter les allées de Roland Garros, un record de fréquentation battu en 2024. Ce sont des sessions à la journée ou à la soirée. Les prix des billets évoluent de 55 à 450 euros pour le cours Philippe Chatrier.
Au coeur d’un quartier privilégié et aisé qui développe les infrastructures sportives : le parc des Princes, la piscine Molitor durant les années 1920.
Je ne suis pas une inconditionnelle de tennis, mais j’ai une vraie passion pour le patrimoine parisien. Roland-Garros se situe à cheval entre Boulogne-Billancourt et le 16eme arrondissement, non loin des serres d’Auteuil et du bois de Boulogne.
Le vieux village d’Auteuil est le lieu de résidence des ultra-privilégiés, toute fois accessible par les lignes 9 et 10 du métropolitain. Je compte bien aller profiter de la magnifique piscine Molitor un jour, dans le même quartier.
Roland-Garros, c’est un espace de 15 hectares mais sacrément urbanisé avec des grillages de partout pour contenir la foule et des petits comptoirs de produits dérivés de partout.
Les courts de tennis sont gigantesques à l’image du court Suzanne Lenglen et surtout le court central qui ressemble à un immeuble. C’est à la fois vaste et très étriqué comme lieu. La faute à l’urbanisation galopante des années 1970 avec ces parkings et ces bretelles du périphérique qui entourent Roland-Garros.
La mythique piscine des années folles inaugurée par Johnny Weissmuller, en 1929
Roland Garros n’était pas un tennisman mais un aviateur réunionnais. C’est le premier homme a avoir traversé la Méditerranée en 1913, un héros de la première guerre mondiale.
Son ami Emile Lesieur à l’initiative de la construction du stade pour la coupe Davis en 1928 a tenu à donner son nom aux Internationaux de France pour perpétuer sa mémoire.
Un musée vivant qui entretient sa légende
Je vous recommande la visite du petit musée du tennis avec les premières chaussures de tennis vers 1910, les photographies en noir et blanc des Mousquetaires, l’hélice de l’avion de Roland Garros mais aussi les raquettes en bois , les coupes et les médailles…
J’ai appris que Yannick Noah, grand gagnant du tournoi en 1983 avait été le dernier joueur à utiliser une raquette en bois.
Dommage que ce petit musée en sous sol ne soit pas plus développé car deux siècles de sport avec tout l’impact de l’Histoire, de la mode, on peut en faire des expositions marquantes. J’ai eu le même regret en visitant l’usine Menier à Noisiel, à moitié abandonnée par Nestlé…
D’ailleurs, la force de ce lieu est d’entretenir la mémoire des légendes passées et actuelles du tournois : des statues de Suzanne Lenglen mais aussi de Rafa Nadal, des quatre Mousquetaires : Brugnon, Borotra, Cochet et Lacoste.
René Lacoste surnommé le crocodile à cause de son agilité au tennis a crée sa marque de vêtements en prenant sa retraite sportive en 1933. Quatre-vingt dix ans plus tard, ses polos plaisent aussi bien aux rappeurs du 9-3 qu’aux cadres BCBG d’Auteuil/Neuilly/ Passy, un quartier où ce n’est pas du gateau (sic).
Le tournoi de Roland-Garros est bientôt centenaire, c’est un remarquable cas d’école de réussite marketing. Tout est beau et propret, rien n’est laissé au hasard. Les arbitres et les petits ramasseurs et ramasseuses de balles sont tous habillés par Lacoste. Perrier fournit le mobilier urbain pour les arbitres et les joueurs…
La ruée vers l’ocre : toute une industrie des relations publiques fourmille ici
Ce tournoi de tennis est aussi un évènement mondain international qui prend le relais sur le festival de Cannes. Pas besoin d’être un expert en tennis, l’important est d’être vu. Roland Garros c’est aussi un défilé de mode aussi bien sur le court que dans les tribunes.
Le court Suzanne Lenglen aura bientôt un toit couvrant d’ici quelques années et la toiture s’inspire des plis de la jupe de la fameuse tenniswoman du début du siècle dernier.
Et puis c’était très malin de sortir le film Challengers avec Zendaya juste avant les tournois de Rome et de Roland-Garros.
Jeudi après midi, j’ai assisté à la demie-finale femmes entre la numéro mondiale Iga Swiatek et l’Américaine Coco Gauff. Même si elle a perdu, avantage Gauff pour la tenue vestimentaire.
Crédit: Getty Images
Roland-Garros est un tournoi du Grand chelem couvert par plus de 1500 journalistes, diffusé sur les cinq continents. C’est vraiment impressionnant de voir les bureaux des journalistes du monde entier sur l’un des côtés du cours Philippe Chatrier.
Le tennis, le sport privilégié des cols blancs où le silence est de mise dans le court.
Surement qu’au Stade de France, il y a surement le même genre de caméra qui traverse le stade grâce à des filins en diagonale. Mais l’ambiance sur un court de tennis est beaucoup plus intimiste. L’arbitre demande aux 15000 spectateurs de se taire pour laisser les joueurs se concentrer. Chose impensable pour un match de foot ou de rugby.
Et puis, Roland-Garros emploie pendant trois semaines près de 10 000 personnes qui exercent plus de 92 métiers différents : analyser chaque point de jeu pour les paris en ligne, balayer les lignes de terre battue, calligraphier à la main le tableau des matches pour le simple dame, préparer la terre battue tous les jours…
Certes, le prix des billets est onéreux mais l’organisation et la logistique de ce tournoi du grand Chelem est vraiment au top. C’est une expérience à vivre et je me réjouis d’avoir pu vous en faire part à travers ce sacré long billet de blog.
Pendant les pauses entre les matchs, j’ai lu ce chouette livre :
Le sport à l’image de la foi, collection La Bible tout en nuances, éditions Bibli’o, témoignage de Joël Abati, médaillé olympique de handball et l’éclairage biblique de Emile Nicole, théologien, 13 euros.
Aujourd’hui c’est la finale du simple dames à Roland Garros et l’occasion de se remémorer la victoire de la franco-américaine Mary Pierce en 2000.
Ce printemps au festival du livre de Paris, j’ai été attirée par le stand des éditions Fleurus et sa collection young adult Anthelion.
Il s’agit d’un nouveau label destiné à la génération Z (Livres Hebdo du 4 mars 2024) qui inaugure sa ligne éditoriale avec trois ouvrages dédiés à Taylor Swift : un beau livre de ses plus belles tenues, un livre de coloriages et de jeux ainsi qu’un guide.
Les éditions Fleurus ont su capter l’engouement de milliers de jeunes filles qui s’échangent des bracelets d’amitié à la Défense et viennent avec leurs plus belles tenues pailletées, santiags inclues.
Moi même, je suis allée acheter des perles avec des lettres chez Sostrene Grene pour faire un bracelet d’amitié pour la maîtresse de maternelle de ma fille pour le cadeau de fin d’année.
Un mois plus tard, Tay-tay subjuguait Paris et la France avec une série de concerts somptueux.
Des shows qui duraient plus de 3 heures avec plus de 46 chansons issus de ses onze albums. Les places de concert sont onéreuses mais bien moins chères qu’aux Etats-Unis puisque 20% du public étaient ses compatriotes.
Son triomphe avec le Eras tour est le fruit de longues années de travail, ponctuées d’échecs. En 2011, elle n’avait pas rempli le Zénith de Paris. La force des réseaux sociaux est indéniable, ils ont crée une véritable communauté planétaire autour de ses chansons.
Mais le raz de marée Taylor Swift s’explique aussi par son professionnalisme et son talent inouï : c’est une véritable musicienne qui compose elle même ses textes et ses mélodies. Elle parcourt les Etats-Unis depuis ses douze ans avec sa petite guitare Gibson (ils ont d’ailleurs crée toute une gamme très féminine autour de son nom). Elle a même convaincu ses parents de venir vivre à Nashville, la capitale du country à ses seize ans.
Taylor Swift lors de sa tournée The Eras Tour à Inglewood, Californie. – Michael Tran / AFP
Pour moi Taylor Swift est l’héritière de Johnny Cash et d’Elvis Priestley. J’ai bien envie d’aller visiter Nashville un jour. Le country est vraiment un symbole de l’identité américaine. J’aime énormément le nouveau titre de Beyoncé : Texas Hold’ em dans l’album Cowboy Carter.
Il y a d’ailleurs une grande solidarité féminine entre Beyoncé et Taylor Swift. En 2009, lors d’une remise des prix, Beyoncé a invité Taylor Swift à finir son discours de remerciements interrompu l’année précédente par un rappeur tout à fait indélicat.
Je vous recommande le documentaire Miss americana sur Netflix qui détaille le parcours de Taylor Swift depuis son adolescence avec des images d’archives. Elle retrouve ses journaux intimes où elle y confiait ses rêves de devenir artiste. On la voit en compagnie de sa mère, son chat dans son jet privé…
Les moments les plus intéressants de ce documentaire sont ceux dans son studio d’enregistrement. Avec son parolier, elle compose ses chansons. Je connais toujours pas les tubes de Taylor Swift comme je connais Flowers de Miley Cyrus ou Run the world de Beyoncé…
Mais grâce à ce documentaire, j’ai compris combien les jeunes filles du monde entier peuvent s’identifier aux paroles profondes et introspectives de cette musicienne de talent. Elle sait capter les rêves et les défis de milliers de femmes de sa génération.
Enfin, j’aime énormément les biopics d’artistes pour voir les coulisses de leurs carrières, comment une de leurs chansons a constitué un tournant dans leurs vies. Je vous recommande le film Walk the line. Il retrace la vie de June Carter et Johnny Cash, deux grandes célébrités country de Nashville.
Rappelons que Taylor Swift est une artiste qui a su se renouveler et bâtir une carrière extraordinaire. Elle a même dépassé les records des Beatles et de Michael Jackson. On a critiqué sa jeunesse, elle a été humiliée publiquement par les journalistes sur ses relations sentimentales, ses positions politiques … et pourtant elle domine l’industrie musicale mondiale.
C’est une industrie qui porte aux nues les chanteuses mais qui ne leur fait pas de cadeaux quand elles doutent ou traversent une mauvaise passe. J’ai lu l’autobiographie de Britney Spears, La femme en moi de JC Lattes. Elle a pris sa retraite à quarante ans, écœurée par cette industrie et une famille dysfonctionnelle qui l’enfonce plus dans ses problèmes de santé mentale que de la soutenir.
A travers ce documentaire, j’ai trouvé que Taylor Swift avait un sacré mental pour vivre cette notoriété envahissante qui ne doit pas être géniale tous les jours. Elle confesse avoir des troubles alimentaires et cesser de manger quand on l’a prend trop souvent en photo et que les médias font des projections idiotes sur sa silhouette.
Quel sera l’avenir de Taylor Swift ? Est ce qu’elle continuera à parcourir le monde avec des shows si exigeants? Dans un extrait du documentaire Miss Americana, elle parle avec une de ses amies d’enfance de la maternité d’une copine à elles. Taylor Swift a organisé sa vie autour des concerts comme elle l’indique dans Paris Match du 16 au 22 mai 2024.
Est ce qu’un jour la vie de scène sera toujours aussi exaltante ?.
Dans ce blog, j’ai pensé à une rubrique qui me tient beaucoup à coeur : Toute la musique que j’aime pour décrire les univers des artistes que j’aime et pourquoi ils sont connus dans le monde entier.
Comme quatre millions de Français, je me dépêchée d’aller voir Un petit truc en plus au cinéma ce week-end. La plupart de mes collègues l’ont déjà vu et le bouche à oreille a joué son merveilleux et efficace rôle de prescription.
Le résumé du film :
Pour échapper à la police, un fils et son père en cavale sont contraints de trouver refuge dans une colonie de vacances pour jeunes adultes en situation de handicap, se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé. Le début des ennuis et d’une formidable expérience humaine qui va les changer à jamais.
Il y a plein de comédies sympas qui sortent sur les écrans : Chasse gardée, Ici et là-bas et pourtant le film d’Artus a un petit truc en plus (elle était facile, c’est vrai).
Je parlerai peu du film en lui même car je pense que la France entière connait un peu l’intrigue du film. J’avais surtout envie de parler du phénomène autour de ce film. C’est un film réconfortant en cette actualité effroyable et pesante.
On sent dans son discours l’envie de faire changer les perceptions collectives sur les handicapés aussi bien physiques que mentaux. J’ai lu dans le dossier de presse du film que quand il avait une dizaine d’années, il avait invité un de ses copains de classe autiste, à son anniversaire. La maman lui avait téléphoné pour s’assurer qu’il invitait son fils pour de bonnes raisons car elle craignait qu’on ne se moque de lui une fois de plus.
Ce film symbolise aussi la revanche de certains parents d’adultes trisomiques comme la maman d’Arnaud, un des acteurs du film. Arnaud travaille comme équipier au café Joyeux, il a 45 ans. Mais dans les années 1980-1990, ses parents ont subi les regards malveillants au restaurant, quand on s’arrête de manger et qu’on se donne un petit coup de coude car un enfant trisomique entre dans la salle.
Heureusement que la société française a beaucoup évolué depuis avec la création des Cafés Joyeux, l’émission Les rencontres du papotin ou encore le film Le huitième jour qui a reçu le prix d’interprétation masculine attribué à Daniel Auteuil et Pascal Duquenne en 1996.
Cette troupe de comédiens accompagnés de leurs éducateurs et de leurs parents sur le tournage ont réalisé quelque chose de grand. Ils ont appris leur texte avec une oreille ou selon la technique du perroquet alors qu’ils ont des difficultés d’élocution et que ça n’est pas leur métier. Mieux, ils ont remis au goût du jour une chanson aux paroles un peu idiotes mais sacrément sympa quand on part en colo !
Je pense que la spontanéité exprimée, le joyeux bazar et le fait de kiffer simplement leur réussite sur les marches du festival de Cannes a été leur meilleure carte pour donner envie aux spectateurs d’aller voir ce film. Ils sont beaucoup plus souriants que toutes ces stars impassibles qui contrôlent leur image.
Ce film est un petit miracle, une belle expérience humaine collective. On sent que les acteurs principaux : Artus Belaïdi, Clovis Cornillac pourtant habitués aux rouages du cinéma français ont vécu une aventure exceptionnelle bien plus intense que les films dans lesquels ils ont l’habitude de jouer.
Cette intensité émotionnelle se retrouve aussi dans les salles de cinéma : des gens qui ne se connaissent pas rient ensemble. On a applaudit l’équipe à la fin du film. Certes, les Français sont des râleurs mais quand on leur propose des comédies qui touchent au coeur, ils sont touchés. J’ai vécu une expérience similaire en allant voir au cinéma Intouchables ou Envole-moi.
Enfin, j’ai été personnellement touchée par ce film car il a été tourné à Valence, la ville dont je viens et le Vercors, que j’aime particulièrement. La fameuse route des Goulets est assez éprouvante en car. Le gîte sur les hauteurs est superbe, cela m’a rappelé mes colos chrétiennes quand j’étais collégienne. Surtout quand on leur sert des plâtrées de lasagnes peu ragoutantes.
Je suis même arrivée à convaincre mes parents d’aller au cinéma voir le film cette semaine. On souhaite à toute cette équipe de franchir le cap des dix millions de spectateurs. Ce serait une réussite bien méritée.
Retrouvez-ici mes précédents articles qui parlent de la trisomie 21 et comment la société doit changer son regard pour être à la page.
-L’extraordinaire Marcel, témoignage d’une famille qui a médiatisé son quotidien pour encourager les autres parents d’enfants porteurs de trisomie 21
En mai, avec ces nombreux ponts, j’ai expérimenté la meilleur des détentes : lire une succession de bons livres dans le train quand on partait ou dans le métro quand il fallait aller travailler et que le temps était gris.
Lire un bon bouquin est une source d’évasion inégalée, le meilleur remède à la routine de nos vies et au découragement que nous procure l’actualité.
Pour moi, la littérature apporte du romanesque : elle sublime le réel. Mais parfois le réel supplante la littérature et j’en ai fait l’expérience amère avec la lecture de La dernière allumette.
Je suis avec attention la ligne éditoriale des éditions Charleston. C’est l’éditeur de la série Les sept sœurs qui domine la littérature en France actuellement et surtout je lis chaque nouveau roman de Marie Vareille chaque année.
Je savais en terminant Désenchantées que le prochain livre de Marie Vareille parlerait de violences conjugales. Les conséquences désastreuses qu’elles ont sur les enfants d’une famille sont totalement occultées par les médias et les pouvoirs publics.
La lecture de ce livre m’a révoltée, j’étais en colère car je voulais me détendre avec une jolie histoire enrichissante et constructive, avec de beaux sentiments qui nous portent. Mais c’est peut-être ça aussi le rôle de la littérature : nous faire sortir de nos gonds, nous secouer quand une situation est révoltante.
C’est un excellent roman qui analyse la position de victime quand on se prend des coups dans sa famille. Les entretiens avec le psychothérapeute sont très profonds. A défaut de me plaire, je pense que ce livre aidera de nombreuses personnes victimes de violences intra-familiales à ouvrir les yeux et reprendre le gouvernement de leurs vies.
J’ai très envie de lire Pour qu’elle revienne car je ne connait pas encore la plume de Cynthia Kafka mais cette thématique : la quête d’une mère qui s’est volatilisée dans la nature il y a une quinzaine d’années me tente beaucoup.
Même si les intrigues se ressemblent, j’aime beaucoup les romans de cette auteure que j’ai découvert grâce au magazine Elle. J’aime énormément les romans américains qui se déroulent sur la côte Est car ils vendent du rêve.
C’est une bonne détente de lire le quotidien de familles fortunées dont les véritables enjeux seront de savoir si le homard sera assez cuit à leur restaurant de plage favori et s’ils retrouveront leurs amis chaque été.
Je caricature mais j’aime la finesse psychologique avec laquelle Elin Hilderbrand décrit sa galerie de personnages. Je lirai surement Hôtel Nantucket au bord de la piscine cet été en Bulgarie…
Nantucket et l’île voisine Martha’s Vineyard doivent leur notoriété à une célèbre famille : les Kennedy qui vivra un destin présidentiel relayé par les plus belles pages de Paris Match ici en France.
C’est d’ailleurs dans Paris Match que j’ai découvert cette biographie romancée sur la vie d’Andrée Imbert, une compatriote drômoise qui a fui son mari porté sur la bouteille alors qu’elle commençait à prospérer avec un premier restaurant .
Elle s’est exilée aux Etats-Unis pour vivre l’aventure d’une vie. La cuisinière des Kennedy, Valérie Paturaud, Les escales, 21 euros
J’ai découvert Valérie Paturaud avec son premier roman Nezida paru chez Liana Levy qui retraçait le parcours d’une autre Drômoise, institutrice en 1884.
Grâce à de nombreux documents d’archives, l’auteure est parvenue à reconstituer l’intimité du clan Kennedy avec de nombreuses photographies, des cartes de remerciements à leur fidèle cuisinière française.
A Hyannis Port, en 1955, les Kennedy dinaient avec la fameuse bombine. C’est un ragout de pommes de terres ardéchois que m’a souvent servi ma mamie en Ardèche. Sacrée anecdote ! Je vous recommande la chronique du Monde consacrée à ce roman historique de qualité.
J’aime lire les biographies d’illustres inconnus qui se sont confrontés à la grande Histoire et qui ont vu leur vie totalement transformée.
Dans un autre genre, j’ai lu Une brève libération écrit par l’écrivaine Félicité Herzog, la fille de l’alpiniste et homme politique Maurice Herzog. Dans ce roman historique, elle raconte la rencontre de sa mère Marie-Pierre Cossé-Brissac avec son premier mari, Simon Nora.
Pendant l’Occupation, les parents de Marie-Pierre sont des collaborationnistes convaincus qui reçoivent dans leur luxueux hôtel particulier du cours Albert 1er, le gratin parisien : Drieu la Rochelle, Arletty, Coco Chanel, Josée Laval...
Marie-Pierre est une jeune adolescente cultivée et intellectuelle qui va rapidement avoir la nausée face aux propos qui se tiennent chez elle : l’antichambre sombre du régime de Vichy.
Elle va alors rencontrer Simon Nora, un garçon de bonne famille qui va vivre de plein fouet son engagement résistant dans le maquis du Vercors.
Ce n’est pas un livre bien joyeux (les descriptions de scènes de rafles à l’hôpital Rothschild où les nazis intimident les soignants sont effroyables mais nécessaires) mais j’ai beaucoup aimé le lire car il rappelle l’engagement résistant qui a grandement contribué à libérer notre pays.
Il est très bien écrit et on reste suspendu au fil des pages pour connaître la destinée de Marie-Pierre : est ce qu’elle parviendra à se dégager de l’emprise de ses parents ? .
Et vous quels sont les romans qui vont vous accompagner cet été ?
Retrouvez-ci mes dernières chroniques de romans
–Felicita, un roman au gout de Spritz en attendant l’été
Cette semaine, c’est le retour d’HPI, la série phare de TF1 suivie par 8 millions de spectateurs en moyenne à chaque épisode dans plus de 90 pays.
Je pense que cette série est extrêmement populaire car elle parle d’haut potentiel, une forme d’intelligence aussi avantageuse qu’handicapante surtout sur le plan social. Le paysage audiovisuel français compte des centaines de séries policières car elles reflètent la société.
Alors la promesse de ce nouvel article de blog sera de mettre en valeur les séries policières que je suis depuis des années.
J’ai voulu l’écrire car je me rends compte que j’aime suivre ces séries pour leur manière de traiter les relations humaines et les thèmes de société qu’elles abordent. Chacune de ces séries parlent des relations entre collègues au sein d’un commissariat.
Par un concours de circonstances, j’ai renoué cet hiver avec PJ qui est de loin ma série policière favorite. Je la regarde désormais sur Youtube.
Elle a été tournée entre 1997 et 2008 dans un quartier très populaire de Paris : le 10eme arrondissement près du canal Saint Martin, sur France 2 .
C’est sans nul doute cette série qui m’a donné envie de venir vivre à Paris. J’aime énormément sa finesse psychologique pour mettre en scène les moments de vérité lors d’un interrogatoire, les revirements de situation ou alors les failles des policiers touchants par leur humanité.
C’était la série phare de France 2 dans les années 2000 où toute une génération de comédiens assez connus ont déambulé dans les bureaux de la PJ Saint Martin dont une certaine Audrey Fleurot, dans le rôle d’une femme mystérieuse qui fait tourné la tête d’un des commandants…
HPI, 4 saisons, TF1 avec Audrey Fleurot, Medhi Nebbou…
J’aime bien regarder HPI car cela se passe dans les Hauts de France et que je trouve que le commandant Karadec est une sorte de prince charmant bien nécessaire dans cette époque où le romantisme s’est fait la malle.
Il n’est pas seulement romantique, il est aussi carré et droit là où Morgane déconne en voulant couvrir son père qui est un sacré affreux jojo bien toxique.
La fameuse tirade de Karadec : « Vous êtes servi de moi, la confiance ça se crée, ça s’entretient, ça se partage » c’est le point culminant de la saison 3. Et je me demande bien comment Morgane va s’y prendre pour recoller les morceaux avec lui. J’espère que dans cette saison Morgane va gagner en finesse pour ne pas devenir aussi lourde que capitaine Marleau sur France 3.
J’aime cette série mais je précise bien que ce n’est pas une série familiale car elle banalise beaucoup les homicides qui sont montrés à chaque épisode. Quand on se fait zigouiller comme dirait Morgane, on ne vous revoit plus. Game over.
Dans un autre genre, j’aime bien suivre Tropiques criminelles qui se déroule aux Antilles
Tropiques criminelles, avec Sonia Rolland et Béatrice de la Boulaye, France 2, 5 saisons
J’aime bien cette série qui est fondée sur un duo de femmes. Elle se déroule dans un commissariat de Fort de France où la commandante Mélissa Sainte Rose doit canaliser l’enquêtrice qui est sous ses ordres : Gaëlle Crivelli.
Autant Mélissa est flegmatique et réservée, autant Gaëlle a un côté chien fou qui se jette dans un jeu de quilles. Leur duo explosif donne lui à des scènes de comédie assez savoureuses. Chaque épisode porte le nom d’un village de Martinique comme une carte postale.
Trois hommes complètent cette équipe : Aurélien, le lieutenant martiniquais qui joue souvent l’arbitre entre Mélissa et Gaëlle, Phil le flic un peu loufoque de la brigade scientifique mais sacrément efficace et enfin le commissaire Etcheverry, un râleur de première.
Et enfin Lupin, sur Netflix avec Omar Sy, Shirine Boutella, Ludivine Sagnier, Soufiane Guerrab…
J’aime beaucoup cette série en partie pour l’image valorisante qu’elle donne de la police. Lupin joue un jeu très drôle avec la police. Les deux enquêteurs Sofia et Guedira sont des jeunes policiers qui vont alerter leur hiérarchie sur le fait que le commissaire Dumont soit un ripou à la solde d’Hubert Pellegrini. Ils véhiculent une belle image de la justice à laquelle Assane Diop lui même se soumet à la fin.
Voici un petit tour des séries policières françaises que je regarde. Je ne cherche pas à en découvrir d’autres car je me suis attachée aux personnages et donc j’attends sagement une année qu’une saison suivante arrive sur les plateformes. Je ne suis pas de séries policières américaines ou étrangères car c’est l’aspect social du pays que je connais qui m’intéresse.
Enfin, il est important que ces séries policières renforcent la valorisation de ce métier si important dans notre société. Il y a quelques jours, dans un commissariat du 13 arrondissement de Paris, un homme est parvenu à se saisir de l’arme d’un policier et faire feu sur deux d’entre eux après une interpellation musclée. Et malheureusement cette scène n’a pas été imaginée dans un scénario de série policière. C’est la réalité.
Retrouvez-ici mes articles consacrés aux séries que j’aime suivre :
Depuis plusieurs années , les longs trajets en voiture ou en train pour partir à la mer pendant les ponts de mai deviennent beaucoup moins attractifs. Lassés de passer des heures dans les bouchons, nos copains Marion et Julien nous ont proposé de partir tous ensemble à Fontainebleau et Moret sur Loing le jeudi de l’Ascension.
Droits réservés Fontainebleau photo
C’est beaucoup plus pratique d’y aller en voiture qu’en transports en commun car il faut prendre une navette depuis une ville voisine pour atteindre ces deux petits paradis.
On est arrivé tôt le matin pour visiter le chateau de Fontainebleau avant que les cars de touristes n’ arrivent en masse. L’entrée est gratuite pour les jeunes qui ont moins de 26 ans et nous avons pu bénéficier d’une réduction de deux euros sur le plein tarif : 14€ grâce à notre pass Navigo (on passe le mot )
Déambuler comme des châtelains dans la demeure des rois à 1500 pièces de Fontainebleau
C’était assez émouvant pour moi de visiter en famille le chateau de Fontainebleau que j’ai étudié pendant ma deuxième année d’études à l’Ecole du Louvre. La comparaison est un peu stérile avec Versailles car les styles architecturaux et décoratifs sont sacrément différents.
Mais ce sont deux châteaux grandioses par leurs dimensions et le savoir-faire employé pour rendre grandiloquent l’art de vivre à la française aux yeux du monde entier. Fontainebleau et Versailles en mettent plein les yeux aux touristes du monde entier ! A Fontainebleau, l’architecture est beaucoup plus chaleureuse qu’à Versailles et sa galerie des Glaces.
Certes, les façades sont moins grandiloquentes que celles de Versailles mais l’escalier en fer à cheval tout en pierre est définitivement le plus bel escalier que j’ai jamais vu. Je suis persuadée que tous les mariés de la région viennent faire leurs photos de mariage ici.
J’ai délibérément choisi d’écrire un article qui valorise plutôt les émotions et les souvenirs de se retrouver dans un tel lieu. Pour connaître l’histoire du chateau, Stéphane Bern ou l’émission Des racines et des ailes feront le boulot aussi bien que moi !
C’était une vraie renaissance (blague) de retrouver enfin le soleil après un long tunnel nuageux pendant ce long, long, long hiver. L’étang aux carpes de cet immense parc de 150 hectares est de loin mon endroit favori. Nous n’avons pas pris le temps de faire du canotage ( 8 euros l’heure par adulte) mais on a bien apprécié notre pique-nique le long du grand canal un peu plus loin.
L’étang aux carpes est un endroit tellement beau que l’on voit depuis la galerie François 1er. Il y a un petit bâtiment tout mignon que l’on rejoint en barque où ces messieurs dames faisaient des soupers ! Les carpes sont bien grasses et gracieuses avec leurs couleurs grise ou dorée.
On a joué au jeu de cartes Shabadabada : il faut retrouver une chanson à partir d’un mot en français et en anglais. Il fait quand même bon vivre en Ile de France quand le soleil est de la partie, c’est l’aspect un peu militant de cet article (blague pour mes cousins marseillais qui accueillaient la flamme olympique la veille sous un soleil radieux).
C’est évident que nous reviendrons à Fontainebleau pour sa forêt, ses sites d’escalade (je blague, j’ai la souplesse d’une carpe) et sa fameuse mer de sable.
Puis, nous avons rejoint la civilisation c’est à dire le centre-ville de Fontainebleau pour un arrêt au salon de thé en face du bureau de Poste et du manège pour enfants. Comme la terrasse était bondée et les gâteaux en vitrine fort appétissants, on en a déduit que c’était une institution. On était surtout bien accompagnés car notre copain était au lycée à Fontainebleau.
Moret sur Loing, un village médiéval figé par le temps
Ensuite, nous sommes partis à une dizaine de kilomètres à Moret sur Loing, le petit village médiéval sacrément instagramable. Je me moque gentiment d’Instagram mais c’est une vraie mine de bons plans pour vivre sa région : l’Ile de France autrement.
J’ai découvert Moret sur Loing à travers les peintures d’Alfred Sisley, peintre impressionniste fauché. Notamment ses peintures d’écluses sur le Loing et ses fameuses portes et clochers médiévaux. Ce petit village de 4300 âmes est tout simplement enchanteur.
Tout est mignon là bas : l’office de tourisme et son petit jardin, la place de la mairie avec ses cafés et ses maisons médiévales, ses moulins et ses bords du Loing sacrément boueux à cette période de l’année. La frise de mesure des crues du Loing était assez impressionnante notamment la crue de juin 2016, plus terrible encore que la crue centenaire de 1910.
On a mangé sans doute les bonbons les plus anciens de France : de délicieux sucres d’orge au miel fabriqués par des religieuses depuis le 17eme siècle. On n’a pas eu le temps de visiter les moulins de l’autre côté du pont mais nous reviendrons !
Cette excellente journée sous le signe du soleil et de l’amitié aura eu le grand mérite de nous ressourcer en restant toute la journée au grand air et de nous donner du baume au coeur quand nous reprendrons le RER le matin à l’heure de pointe !
Retrouvez ici mes autres conseils lifestyle pour découvrir autrement l’Ile de France :