Sociologie

Londres, out of the box, la ville en dehors des sentiers battus.

En ce moment, je suis bien suspendue aux épisodes de The crown qui retrace les débuts du règne d’Elisabeth II sur Netflix. La saison 2 arrive le 8 décembre (chic, chic !!!) et donc je visite Londres avec cette excellente série.

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Saviez vous qu’un immense smog avait recouvert la ville de Londres entre le 5 et le 9 décembre 1952, causant la mort de 12 000 personnes?. Les centrales à charbon carburaient à plein régime et le premier ministre de l’époque, le grand Winston Churchill, s’est retrouvé vite dépassé par la situation. Et malheureusement, il n’ y avait pas de Cop21 il y a 65 ans.

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J’ai toujours trouvé que Londres était une ville sombre et grise avec son architecture gothique massive et austère. Big Ben et le Parlement de Westminster sont de vrais joyaux architecturaux aux bords de la Tamise (il y a une sacrée ressemblance avec le Parlement hongrois de Budapest aux bords du Danube, c’est évident) mais Londres ne m’avait jamais vraiment emballée.

Mais j’ai reçu le guide Londres, out of the box, un envoi gracieux des éditions des Arènes (merci, merci, merci !) et j’ai découvert une ville très colorée grâce à ses quartiers : Notting Hill, Brick Lane, Greenwich….

Londres out of the box,

Sonia Delesalle Stolper, Hélaine Lefrançois

Collection Out of the box, éditions Les arènes

440 pages – 18,90 €

Londres Out of the box

J’aime beaucoup le parti-pris de ce guide qui sort des sentiers battus : il s’intéresse à six grandes zones autour de Londres. Ce sont principalement des quartiers résidentiels avec leurs pubs, leurs petites boutiques emblématiques qui montrent cette immense capitale européen avec humanité.

Ce sont ses habitants qui façonnent Londres : c’est une ville multiculturelle qui regroupe immigrés des colonies du Commonwealth, classes ouvrières des autres pays du Royaume-Uni, jeunes nantis … Autant de témoignages qui donnent à ce guide une dimension sociologique, vraie valeur ajoutée par rapport aux traditionnels guides touristiques.

Le maître-mot de ce guide est gentrification. Il montre le visage de Londres au 21eme siècle avec ses nouveaux quartiers, ses mutations démographiques en fonction des nouveaux bassins d’emplois…

Au lieu de retracer toute l’histoire de Londres, il nous parle de son actualité immédiate : la vie quotidienne depuis le Brexit, le défi écologique, la ville- monde. C’est aussi un formidable vivier de bonnes adresses : plus de 1400 lieux de vie pour faire de votre séjour à Londres, un moment unique.

Bien entendu, ce guide ne fait pas l’impasse du Londres touristique dans une petite partie du guide mais il propose aussi des adresses pour s’évader en dehors de la ville : dans la campagne ou sur la côte chez le major Pettigrew, l’un de mes personnages de fiction favoris…

J’ai découvert Londres à travers la littérature, les séries et les comédies romantiques : Oliver Twist, Orgueil et préjugés, Downton Abbey quand Lady Mary sort de sa campagne pour des mondanités, Love Actually et Coup de foudre à Notting Hill bien entendu…

Vivement les épousailles de Prince Harry et Meghan au printemps prochain pour regarder à la télévision le Londres du 21eme siècle…

Ma note : 5/ 5 sardines

J’ai beaucoup aimé ce guide pour l’exhaustivité de ses bonnes adresses, ses photographies originales qui montrent la vie quotidienne entre les fresques street-art et les devantures de boutiques, la multitude de cartes, les icônes qui fournissent des infos très pratiques pour voyager…

Autant de bonnes idées qui montrent que ce guide a été conçu par une équipe de journalistes et d’éditeurs aguerris aux voyages touristiques en milieu urbain. Out of the box est la collection de livres de voyage des éditions des Arènes, il existe aussi celui de New York...

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Romans·Sociologie

Les stagiaires, le roman d’apprentissage de la génération Y.

J’ai découvert ce roman grâce aux chroniques télé de Bulle Dop dans l’émission C’est au programme sur France 2.

Les stagiaires

Samantha Bailly, éditions Milady

2014 – 350 pages

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Je venais de terminer un très mauvais livre Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent : un vrai désastre littéraire. Une héroïne insupportable, une intrigue faible et fade, des personnages secondaires insipides… bref du feel-good tellement marqueté qu’il écœure les lecteurs compulsifs comme moi. J’ai envie d’écrire un article sur les feel-good books dans un prochain billet.

Donc, j’avais un peu peur que cette histoire de stagiaires soit superficielle et caricaturale. Et bien non, tout au contraire, c’est surement le roman le plus profond que j’ai lu : son analyse psychologique des personnages est très poussée.

Les stagiaires est tout sauf un feel-good book : il n’ y a pas d’happy end comme dans une comédie romantique (je n’en dirai pas plus…) C’est un véritable roman d’apprentissage dans un contexte tellement familier : le stage en entreprise.

Le résumé :

C’est l’histoire de six stagiaires : Ophélie, Hughes, Vincent, Arthur, Alix et Enissa. Provinciaux ou Parisiens, ils viennent de milieux sociaux différents pour acquérir une expérience professionnelle à Pyxis, la boite de jeux vidéos. Qui sera finalement embauché? Quel tournant donner à sa vie personnelle?

C’est un roman d’apprentissage à travers le stage, un moment charnière de la vie que nous avons tous vécu.

Mon avis :

Samantha Bailly a choisi un mode narratif très efficace : au fil des chapitres, ce sont les deux personnages principaux Ophélie et Arthur qui racontent à la première personne du singulier, les situations de vie du groupe : quand ils se retrouvent entre eux à la cafétéria ou lors de leurs fêtes ou bien quand ils sont confrontés à leurs supérieurs dans l’open space de Pyxis….

L’organigramme de l’entreprise sert de situation initiale pour commencer la lecture et j’ai trouvé ça très bien vu. Je ne déteste rien de plus qu’un roman qui ne me laisse pas faire connaissance avec les personnages qui vont m’accompagner les 300 prochaines pages.

Je me suis vraiment attachée à eux dans ce roman, aucun n’est stéréotypé. Que ce soit Enissa, la jeune fille aux seins refaits dont le langage rappelle celui d’une Nabilla. Derrière sa superficialité, Enissa cache un regard désabusé sur elle-même, elle se met une forte pression pour réussir dans la vie. Quant à Alix, la grande fille ronde totalement geek est la plus accueillante du groupe. Fine psychologue, elle sait discerner qui porte un masque et sera la bonne personne pour écouter Ophélie et la conseiller.

Le personnage le plus intéressant est sans conteste Arthur. Petit-bourgeois issu d’une grande école de commerce, il profite de cette année de césure pour explorer un monde qui le fascine hors du chemin prestigieux tout tracé par sa mère, ses amis et son milieu social.

Il côtoie des jeunes de son âge comme Ophélie qui doivent réussir leur entrée sur le marché du travail sans les relations de leurs parents, ni aide financière. L’argent n’est pas un souci pour lui.

Pourtant c’est lui le personnage le plus tourmenté qui se réfugie dans l’alcool, la drogue et l’adultère car il a peur de construire son avenir. Alors il le détruit et fait de sacrés dégâts autour de lui… Même les filles les plus raisonnables et responsables se laisseront attirer dans ses filets…

Ma note :

5/5 sardines

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J’ai vraiment été emballée par ce roman car il raconte la recherche identitaire, la quête du grand amour de jeunes adultes qui se construisent dans un contexte de précarité professionnelle et économique.

J’ai découvert une auteure très talentueuse : Samantha Bailly. L’épilogue du roman est très surprenant par ses nuances et sa tendresse. C’est une auteure que je vais suivre par la suite, c’est évident. Elle a déjà écrit une dizaine de livres, principalement de la fantasy (tout ce que je n’aime pas du tout) mais une telle profondeur d’approche psychologique de ses personnages donne envie de lire.

Margaud liseuse, booktubeuse réputée a fait  le tour de l’oeuvre littéraire de Samantha Bailly et voila ce qu’elle en pense :

Je viens de découvrir qu’il existe une suite aux stagiaires : A durée déterminée… je crois que je vais prolonger le stage de cette auteure talentueuse !.

Sociologie

Astérisque en Germanie

Astérisque en Germanie

Même si j’ai eu un peu de mal à comprendre le titre de ce livre au début, Was ist das, le livre de chroniques de Pascale Hugues, publié aux Arènes cet été, m’a captivée.

was ist dasWas ist das? Chroniques d’une Française à Berlin

Pascale Hughes, éditions Les Arènes, 2017

240 pages – 18€

 

Sa couverture très contemporaine et son sujet : les chroniques d’une Française à Berlin ont attiré toute mon attention.

C’est typiquement le genre de livres que j’affectionne : mon dernier coup de cœur en la matière était le livre de Pamela Druckmann, Bébé made in France, publié par Flammarion. Cette journaliste américaine sondait le système éducatif français à travers Jean-Jacques Rousseau, Françoise Dolto….

bébé made in france

Je remercie le service presse des éditions des Arènes qui m’a gentiment adressé ce livre. Je suis avec attention leur ligne éditoriale très originale et contemporaine, un de mes précédents articles, chroniquait le roman historique Le secret d’Adèle de la journaliste Valérie Trierweiler.

Le résumé du livre :

A l’occasion des élections allemandes, Pascale Hughes, correspondante diplomatique depuis trente ans et écrivain, dresse une trentaine de chroniques sur ce qui nous sépare outre-Rhin : le rapport aux hommes politiques, le naturisme dans les lieux publics, l’écologie, les vieilles bombes qui explosent parfois dans les centres-villes totalement reconstruits après guerre…

Mon avis

Pascale Hughes a choisi le ton du flâneur anthropologue pour écrire ce livre beaucoup plus personnel qu’il n’y parait. Et c’est ce qu’il m’a vraiment plu.

A vrai dire, je ne connais que très mal la culture allemande, alors que cette nation est notre voisine au même titre que l’Allemagne ou l’Espagne. Mais j’aime les livres qui étudient les différences culturelles ainsi que les biographies politiques très récentes.

La politique européenne a une place de choix dans ce livre. On ressent toute l’expérience politique de l’auteur dans les premiers chapitres. Ce livre a été écrit dans un contexte électoral décisif pour Angela Merkel et Emmanuel Macron, à quelques mois d’intervalle.

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Le Tiergarten, un personnage important de ce livre de chroniques.

Ces chapitres politiques ne sont pas les plus simples à lire mais la plume de Pascale Hugues sait vous emmener en promenade. J’aime beaucoup le recul sur l’actualité immédiate que permet le livre : le chapitre sur le modèle allemand vanté par la presse et la classe politique française est savoureux.

Mais ce qui me passionne, ce sont ses chroniques plus sociologiques (comment vivent les gens au quotidien) : l’écologie, le naturisme et la sexualité, les souvenirs de l’ancienne RDA, le fait de porter des Birkenstock, comment se comporter dans les jardins publics…

L’auteure est une femme française qui interviewe des célébrités comme Christian Louboutin, Alice Schwarzer, une célèbre féministe allemande… Son livre est aussi léger quand elle oppose les macarons parisiens à la forêt-noire berlinoise, Mona Lisa à Nefertiti.

Pascale Hugues raconte les ambiances aux antipodes de deux jardins publics : le jardin du Luxembourg à Paris et le Tiergarten de Berlin, deux notions diamétralement opposées de l’ordre et de la nature.

Mais attention, bien que l’ illustration de couverture signée Roxy Lapassade soit très girly (marketing oblige), ce livre ce n’est pas du même niveau que Les pintades à  Paris. C’est un véritable essai de sociologie, qui retrace aussi la construction de l’Europe.

les pintades à Paris

Ces chroniques prennent alors tous leurs sens quand Pascale Hugues questionne l’Histoire avec ses souvenirs d’avant 1989, quand Berlin était divisée en deux, entre communisme et capitalisme. Plusieurs fois, j’ai reposé ce livre en me disant « Tiens c’est vrai, je n’avais jamais vu les choses sous cet angle « .

Je me suis demandée comment le peuple allemand est parvenu à se reconstruire psychologiquement après la dictature du 3eme Reich et l’occupation soviétique d’une partie du pays.

J’ai retrouvé la description du choc des cultures qui m’avait tellement plu dans le film Good bye Lénine, l’histoire de ce jeune homme Alex, qui cache à sa mère, militante communiste, la chute du mur de Berlin quand elle se réveille du coma.

Ma note : 4/ 5 sardines

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Je mets cette note pour le ton personnel de l’auteur très agréable à lire, le fait qu’on réfléchisse vraiment grâce à ce livre, on rit aussi et surtout on actionne la machine à remonter le temps dans une époque révolue : l’ Europe communiste.

Moi qui visite chaque été l’Europe de l’Est par mes attaches familiales, j’aurais pu mettre cinq sardines à ce livre s’il n’y avait pas eu quelques longueurs dans les premiers chapitres.

Cela me donne bien envie de lire la biographie d’Angela Merkel, publiée par les éditions Empreinte temps présent. Cette biographie a été écrite par un journaliste spécialisé Resing Volker. Il  a mené une enquête minutieuse pour retracer le parcours de cette fille de pasteur devenue physicienne dans la RDA, avant de devenir la première femme chancelière.

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On ressent dans ce livre de chroniques, une forme de sympathie collective pour cette chancelière qui en impose dans ces sommets du G7 majoritairement masculins. J’ai du mal à croire que les Allemands l’appellent vraiment Mutti.

Et si le vrai modèle allemand ce ne serait pas d’oser élire une femme à la tête d’une des principales puissances mondiales?