Romans

Marie Vareille, valeur sûre de la littérature young adult

Il faut toujours se méfier de ses apriori quand on choisit ses lectures. Je suis sur Instragram Marie Vareille dont j’ai découvert les livres grâce à la Kube, la box littéraire avec laquelle je collabore depuis 2017.

Ils m’avaient offert une superbe box des libraires avec une belle paire de chaussettes et le livre La vie rêvée des chaussettes orphelines, éditions Charleston. Une grande claque de littérature, j’avais d’ailleurs raconté toute mon enthousiasme pour ce roman dans une chronique ici !

Droits réservés Café Powell

Depuis, j’ai lu tous les romans feel good de Marie Vareille, il me manque à lire son dernier roman Ainsi gèlent les bulles de savon. Le sujet du livre : l’abandon d’un enfant a provoqué chez moi un profond rejet (j’ai des tabous) mais après tout, n’est-ce pas cela le rôle de la littérature ? Bousculer nos chemins de pensées, faire évoluer notre réflexion ou alors nous conforter dans nos idées.

Nos apriori de lectures se construisent à partir d’un rien : un titre peu inspiré, un éditeur catalogué jeunesse… Heureusement, les mises en avant visées des bibliothécaires municipaux peuvent être d’une grande aide pour sortir des sentiers battus et ne pas passer à côté de bons moments de lectures. Enfin, on ne peut pas dire que je suis une grande aventurière littéraire car je ne me décide toujours pas à lire un polar ou bien une dystopie totalement déjantée.

Je me cantonne encore et toujours aux romans réalistes avec des personnages qui me ressemblent dans mon quotidien. Toutefois, j’écris cet article pour vous encourager à aller fureter du côté du rayon young adult pour ses nombreuses bonnes surprises. Parmi elles, Sauveur et fils , la série en sept saisons écrite par Marie-Aude Murail, éditions Ecole des loisirs.

C’est véritablement mon coup de cœur littérature que je partage autour de moi, mes nouvelles collègues sont également fans. Je pense leur parler rapidement de Marie Vareille pour son expertise pour cerner et décrire avec talent la psychologie de ses personnages, entre profondeur et légèreté.

Voila la raison pour laquelle j’ai envie de vous parler du roman Le syndrome du spaghetti.

C’est l’histoire d’une fille Léa, dont le père est entraineur de basket. Ils rêvent ensemble d’une brillante carrière dans le basket féminin pour elle aux Etats-Unis. mais un double drame va faire voler les projets de Léa en éclats. Elle va trouver la force de continuer à se lever le matin dans les bras d’Anthony, un jeune de banlieue qui ne croit pas assez en son talent fou au basket.

Ce roman suit l’évolution psychologique de cette jeune lycéenne très égocentrée au début de l’histoire. A travers les épreuves, elle va apprendre à faire plus attention aux autres, notamment à sa petite sœur et surtout savoir reconnaître l’amour de sa maman alors qu’elle la rejetait sans vergogne une bonne partie du livre.

Je dois dire que je trouvais cette Léa assez casse-pieds mais l’écriture de Marie Vareille a su la rendre attachante. C’est une vraie prouesse de transcrire en littérature les tourments de l’âme, les nuances entre défauts et qualités d’une personne, les retournements de situations et les leçons de vie que l’on en tire. Ce livre est un excellent roman d’apprentissage, très philosophique.

Il ne s’adresse pas seulement aux adolescents. Mais c’est une très bonne nouvelle qu’on publie des romans de cette qualité pour eux. Ce roman raconte la quête identitaire d’une jeune fille qui cumule à une période de sa vie les épreuves. Elle pensait que sa voie était toute tracée avec le basket et tout s’écroule. Elle essaie de sauver la face en se vautrant dans ses mensonges et elle le paye cher avec tous ceux qui l’entourent.

Ma seule réserve porte sur l’initiation à la sexualité, la fameuse première fois vue comme un rite de passage incontournable au lycée. Je prends le risque de passer pour une grenouille de bénitier (je m’en fous à vrai dire) mais le sexe sans engagement envers l’autre est une forme de consommation que je déplore.

Je suis en train de lire Dating fatigue, amours et solitudes depuis les années 2000 de Judith Duportail. Je ne pense pas que l’amour se conjugue au pluriel. Comment trouver le grand amour quand ça matche non stop sur son smartphone?.

En attendant de m’atteler à la lecture du roman Ainsi gèlent les bulles de savon, voici un petit tour de piste des précédents romans de Marie Vareille que j’aimé lire.

La vie rêvée des chaussettes orphelines, éditions Charleston

Un gros pavé passionnant qui raconte l’histoire croisée de deux sœurs Alice et Scarlett entre Londres, Paris et les Etats-Unis. Scarlett est un diamant brut de la musique moderne, elle brûle la vie par les deux bouts pour cicatriser du rejet de leur mère et le fait que leur père a abandonné le domicile familial pendant leur enfance. Alice raconte leur histoire et comment elle se retrouve à Paris pour tenter de reprendre ses esprits et renouer avec la vie au sein d’une start-up fantasque.

Je peux très bien me passer de toi, éditions Charleston

Une histoire bien moins frivole qu’il n’y parait. Chloé et Constance sont deux bonnes copines que tout oppose. L’une est trop délurée et s’abîme dans une relation toxique et torturée avec son ex tandis que Constance, éternelle romantique, attend le prince charmant en pyjama. Elles vont conclure un deal un peu idiot mais qui apporte un bon moment de lecture : Chloé devra faire abstinence pendant six mois dans un vignoble bordelais et Constance va devoir faire sauter sa ceinture de chasteté et prendre les devants avec un parfait inconnu.

J’ai beaucoup aimé lire les tourments personnels de Chloé qui va trouver un sens à sa vie et également le grand amour dans les bras d’un homme qui l’exaspérait au plus haut point (Orgueil et préjugés inspire encore et toujours les romancières modernes).

D’ailleurs, cette œuvre littéraire majeure, copieusement imitée par Le journal de Bridget Jones est au centre d’un recueil de nouvelles pour Noël : Noël et préjugés avec cinq autres romancières de la Team Romcom, éditions Charleston.

Ainsi, j’ai découvert Adèle Bréau qui a écrit deux bons romans : L’odeur de la colle en pot et Haute saison.

Retrouvez ici mes quinze coups de cœur littérature, quinze chroniques marquantes dans ce blog

Romans

Haute saison, comment rendre le club de vacances romanesque?

Ce livre, je l’ai lu en avant-première grâce au service de presse des éditions JC Lattès (que je remercie). Je l’avais repéré grâce à Instagram car la couverture du livre est vraie réussie et le titre efficace annonce la couleur : je me vois déjà au bord de la piscine à Sozopol, Bulgarie avec une bonne limonade pas loin du transat.

Je connais pas du tout Anglet et la côte basque en haute saison car je ne passe plus mes vacances d’été en France depuis huit ans : trop cher pour notre pouvoir d’achat quand on veut profiter des restaurants en bord de mer, des aquaparks, des bouées tirées par un jet-ski et des piscines d’hôtel à gogo et surtout nous sommes attendus de pied ferme par notre famille bulgare !

Mais ce roman m’a donné envie d’aller faire une escapade à Biarritz pour la beauté de son architecture à tout moment…sauf en haute saison. Je ne sais pas si c’est voulu ou non mais ce roman dans ses descriptions des moments d’attente au self pour manger en collectivité très bon marché ou ces rencontres un peu forcées lors des activités sportives ou autres ; donne envie de prendre ses jambes à son cou et quitter ces clubs de vacances sur le champ.

Je n’ai jamais expérimenté ce mode de vacances car je vis à Paris toute l’année avec une proximité avec mes compatriotes un peu pénible dans les transports en commun, dans les restaurants et les parcs… En vacances, je n’ai qu’une envie, prendre le large, savourer le silence avec un bon livre à la main…

Haute saison raconte quatre solitudes : celles de Chantal, grand-mère dévouée mais coincée entre les générations qui va enfin penser à elle, Fanny, une mère de famille en fauteuil roulant qui espère relancer son couple avec ces vacances en famille avec leurs deux enfants, Matthias, un Parisien addict au travail qui n’a même pas fait l’effort de retenir sa femme, la mère de ses deux filles. Et enfin Germain, le chargé d’accueil du club de vacances qui vient de la région. Pas facile de lui donner un âge avec un prénom aussi désuet.

Faute de situation initiale digne de ce nom, j’ai un peu pataugé les cent premières pages avec même la tentation d’abandonner ma lecture. Mais je me suis accrochée car j’aime l’écriture d’Adèle Bréau que j’ai découvert dans une nouvelle de Noël et préjugés, éditions Charleston et surtout dans son roman très réussi : L’odeur de la colle en pot, éditions JC Lattès.

Adèle Bréau sait mettre en relief la profondeur psychologique de ses personnages. C’est d’ailleurs, ce qui m’a retenue et passionnée dans la suite de ma lecture.

Chantal et Matthias se sont entraidés malgré le fossé générationnel qui les oppose : la retraitée dévouée aux autres et l’hyperactif qui n’a aucune attention pour les autres.

Fanny va apprendre à baisser la garde et accepter l’aide de ceux qui l’aiment. Germain va sortir de sa prison mentale qui l’enchainait au contact de ses trois nouveaux amis…



La référence au film Les Bronzés qui se passe dans un club Med en Côte d’Ivoire en 1978 est évidente. L’auteure cite Jean-Claude Duss pour commercer son histoire.

Ce roman qui raconte les vacances de milliers de Français qui aiment ce type de villégiature, a su sortir de sa banalité peu romanesque pour aborder des thèmes forts : l’euthanasie qui soulève dilemme et culpabilité pour ceux qui restent, le consentement quand la fille de Fanny découvre les sensations fortes avec un moniteur majeur très entreprenant et largement manipulateur.

Ce que je retiendrai particulièrement de ce roman, c’est le petit discours de Victor, le mari de Fanny. Ils ont des problèmes de couple car sa femme handicapée ne baisse pas la garde, ne laisse pas son mari lui venir en aide.

Dans ce roman, Fanny n’est pas vu comme une victime mais un peu comme une orgueilleuse qui doit se remettre en question. J’ai trouvé que cette critique constructive du personnage était le meilleur service à rendre aux personnes handicapés : leur rendre leur normalité en considérant leurs qualités et leurs défauts.

Cela fait sacrément écho à l’une de mes lectures précédentes : Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste. Ecrit par Charlotte de Vilmorin, édité par Le livre de poche, ce récit de vie plein d’humour et d’autodérision décrit avec vérité les handicapés sociaux que rencontrent les handicapés moteur dans les entreprises et qui continuent de les marginaliser de manière très maladroite.

Je choisis d’attribuer deux sardines à ce roman Haute saison. Il était agréable à lire car divertissant en cette période pénible dé déconfinement très long. Mais ce n’était pas de la grande littérature avec des envolées lyriques et des moments extraordinaires. C’était un peu plan-plan les cent premières pages, j’ai failli abandonner ma lecture. Heureusement qu’Adèle Bréau sait entretenir ses effets et trouver comment exprimer toute la profondeur de ses personnages.

Enfin, ce roman m’a donné matière à réflexion. Ce type de vacances collectives va t’il survivre à la crise sanitaire dans les années qui viennent avec les obligations de distanciation sociale? Est ce que les vacanciers en auront encore envie compte tenu du traumatisme social vécu ces deux dernières années?.

En tous points, moi j’ai besoin de grands espaces, de nature, d’évasion et de romanesque … aussi dans mes lectures !

Retrouvez ici mes précédents articles du blog :

–L’odeur de la colle en pot, chronique nostalgique de l’adolescence dans les années 1980

–Nos vacances estivales annuelles en Bulgarie, patrie de mon Jules avec un grand J.

Romans

Il ne faut jamais se fier à ses idées reçues. Mon coup de cœur pour La petite librairie des cœurs brisés.

J’ai emprunté à ma nouvelle médiathèque municipale, un pavé littéraire qui ne payait pas de mine mais la chronique de Fiona du blog My pretty books m’avait convaincue de le lire. Il se trouve que mon amie Alix m’a signalé l’avoir mis dans sa PAL quand elle est venue gentiment me ravitailler de galette des rois et de pétillant pomme rhubarbe.

La prescription par ses pairs lectrices est donc beaucoup plus efficace qu’un titre faiblard et une couverture moche. Cela m’a donné une leçon quand je dénigre un peu trop rapidement un feel good book en librairie ou en bibliothèque.

J’ai passé un très agréable moment de lecture dans le métro et dans mon lit ce week-end. Ce roman m’a bien divertie face au couvre-feu bien déprimant, au froid et à notre confinement dans deux chambres de notre appartement en rénovation.

Le résumé :

C’est une histoire de rivalité entre un aristocrate oisif Sébastian et une jeune libraire londonienne Posy. Elle tire un peu le diable par la queue depuis la mort de ses parents qui tenaient la librairie et le salon de thé. La propriétaire du lieu, Lavinia a pris sous son aile Posy. A sa mort, elle décide de lui léguer l’endroit mais lui propose une association professionnelle très déroutante : faire équipe avec Sebastian pour que la librairie redécolle comme au bon vieux temps des soeurs Mitford.

Cependant, ils n’ont pas du tout les mêmes aspirations littéraires : il veut se spécialiser dans le roman policier. Elle ne jure que par la romance. C’est un roman très contemporain sur Londres et sa gentrification inévitable. Il raconte en quoi un groupe de trentenaires cherche désespérément le véritable amour avec une sacrée dose de méfiance et de cynisme.

Mon avis :

D’un point de vue stylistique, ce n’est pas un chef-d’œuvre littéraire mais au moins, je n’ai pas baillé d’ennui. J’abandonne vite toute lecture lénifiante de toute manière. Comme Helen Fielding, l’auteure Annie Darling s’inspire largement d’Orgueil et préjugés de Jane Austen. Mais c’est assez agréable à lire, je ne jugerai pas ça comme du plagiat mais bien comme des références à un patrimoine littéraire anglais bien valorisé. Ce premier roman adresse une véritable déclaration d’amour aux librairies de centre-ville. A la fin du roman, l’auteure dresse une liste de ses cinq librairies favorites en Europe.

J’ai accroché à cette histoire car je suis moi-même libraire et la restructuration de sa boutique est passionnante. On a envie que cela marche et que Posy gagne son pari. Elle a un prénom un peu nunuche, se laisse marcher sur les pieds avec un rustre qui l’appelle Tignasse à tout bout de champs et qui moque continuellement son apparence physique décontractée. Mais elle a une véritable expertise de libraire et elle me plaît pour ça. Elle a compris que les gens ont besoin de rêver au grand amour à travers les livres pour se réconforter des sales coups bas que peuvent leur faire un crush potentiel sur les sites de rencontres.

Annie Darling a un vrai don pour retranscrire en littérature le processus de deuil et les émotions contradictoires. Les portraits psychologiques de Posy et Nina sont les plus intéressants. Même Sebastian m’a donné matière à réflexion.

Je me suis questionnée sur ce qui fait le charme d’un homme. Il est visiblement très beau, s’habille avec goût et fait chavirer Posy avec des effluves luxueuses. Mais il est vraiment irritant et n’écoute rien de ce que Posy lui dit. Comme quoi, de beaux abdominaux, ça ne suffit pas ! Ce n’est que lorsqu’il baisse la garde et montre ses fêlures qu’il est le plus intéressant et cela fait avancer l’histoire.

Il est fréquent que je chronique dans ce blog des séries, des films et des romans anglais. Ces British sont doués pour nous vendre du rêve et de la féerie alors que nous Français, avons des proses de syndicalistes bourrus où ça s’engueule à table en famille. Ce roman m’a fait penser au film Last Christmas qui se déroule dans une boutique de décorations de Noël.

Ma note : 5 sardines

Cela faisait un sacré moment que je n’avais pas donné une très bonne note à un roman. Même sans grande verve littéraire, il a complètement fait le job : me divertir pendant tout un week-end pas funky et des trajets en RER quotidiens. Même si certaines scènes étaient cousues de fil blanc, je me suis bien régalée à lire cette histoire de librairie.

Il ne faut jamais se fier à ses propres idées préconçues, c’est le bal littéraire des sardines qui vous le dit !

Romans

Thérapie de groupe : Sauveur et fils tome 6

La série Sauveur et fils en cinq saisons a été ma compagne de confinement. Ce nouveau livre, je l’attendais depuis avril, annoncé sur Instagram pour la rentrée. L’auteure a été bien charitable avec ses lecteurs, je sais déjà qu’il y aura une saison sept riche en rebondissements.

Autant vous dire que j’ai bondi de mon siège d’autocar dans la navette Beauvais-Porte Maillot vers minuit quand j’ai compris que mon livre tant attendu sortait le 19 août et que je pouvais lire un extrait du premier chapitre sur le site du libraire Decitre.

En lisant le début de Sauveur et fils tome 6, je me suis dit « ça démarre sacrément fort » et j’ai scruté toutes les librairies parisiennes où me le procurer. Je l’ai réservé au Comptoir des mots, place Gambetta dans le 20eme arrondissement et je l’ai dévoré en quatre jours. La finale de la ligue des champions n’a pas fait le poids face à la fin de mon livre.

Le premier chapitre commence avec une imposture impardonnable mais sacrément drôle à lire. Jovo, est un vieux légionnaire barbouzeur recueilli par le psychologue antillais Sauveur Saint-Yves dans sa jolie famille recomposée d’une maison cossue d’Orléans. Il s’introduit tôt le matin dans le cabinet du thérapeute pour se mettre littéralement à sa place. Et c’est sacrément dangereux et irresponsable.

Dans un cabinet de psychothérapie, on recueille les secrets de famille difficiles à porter, on soutient des personnes qui arrivent avec leur fardeau et leur grande vulnérabilité émotionnelle. Sauveur Saint-Yves est aussi un homme qui doute et qui fait des erreurs dans sa stratégie d’accompagnement de ses patients. C’est d’ailleurs tout le sel de cette série, découvrir comment un psy peut se tromper et retomber sur ses pattes… ou non.

Il reçoit et écoute avec professionnalisme plus de soixante personnes par semaine, empiétant même sur son samedi matin pour les urgences. Psychologue, je le vois comme un sacerdoce !

J’aime lire Sauveur et fils pour ces moments de grâce, ceux où quelqu’un prend conscience de sa valeur ou encore qu’il est plus fort que le piège dans lequel il était tombé. Au bout de six années de thérapie ponctuées par six romans, on s’attache aux jeunes patients de Sauveur. Au milieu de ma lecture alors que je dévore ces romans avec délice et espoir, j’ai failli tout abandonner parce que dans les chapitres qui se succédaient, soit les personnages déconnaient ou alors il leur arrivait des choses vraiment sinistres en cascade. Et moi la sinistrose, ça m’ écœure !

Sauveur et fils est une série young adult publiée par un éditeur jeunesse reconnu. Il ne faut pas mettre ce tome dans les mains d’un adolescent de moins de seize ans. Avec beaucoup de réalisme, Marie-Aude Murail parle de violences conjugales où la pire jalousie conduit tout droit à la tentative de meurtre, de la transophobie, du consentement sexuel, la peur de l’échec et la pression parentale, et aussi de la grossophobie à l’école primaire.

On se croirait dans la page société de mon journal favori Le Monde. C’est à la fois talentueux et vraiment déprimant. Il y a eu l’ histoire de Sarah qui a m’a pas mal remuée : elle a des hallucinations visuelles et auditives de démons et d’autres créatures peu amicales. Sauveur ressent la présence de l’esprit d’un patient dans son cabinet. Cela décrit des pratiques occultes avec lesquelles il ne faut surtout pas jouer !

Mais, heureusement j’ai persévéré dans ma lecture et les moments de grâce sont arrivés en cascade, eux aussi. Je ne vous les spoile pas mais j’ai eu la larme à l’œil pour ces personnages de papier !

Et en plus, on reste sur sa faim pour le tome 7 : Jovo va-t- il enfin se faire coincer par Sauveur ou la police… ?

Retrouver d’autres articles qui mêlent littérature et psychologie :

–Thérapie de groupe : la série Sauveur et fils

–La conférence dédiée à Marie-Aude Murail à Livre Paris 2018

– Aimer sans dévorer pour vivre libres !

Romans

Ma chérie, au bord d’une piscine de Miami.

Comme j’ai un vrai souci pour lire un bon roman jusqu’au bout sans me décourager, je scrute avec attention le blog My pretty books, écrit par Fiona qui est bibliothécaire. Son blog est une vraie mine d’or, ses avis sont souvent ceux d’une critique littéraire aguerrie.

Fiona a un vrai talent pour mettre en valeur le résumé et les thèmes charnières d’une histoire. J’ai voulu lire Ma chérie car cela parle d’une fille pas si paumée que cela en Floride dans les années 1950-1960.

Inspirée par @Mamasdrawings

Bon, le titre de ce roman est nul (ça commence mal) mais la couverture du format poche est jolie. J’ai détesté les deux premiers chapitres qui ne développent pas assez la psychologie d’une femme, Gloria que l’on va suivre pendant deux cent pages tout de même ( mais je les ai relus après avoir fini le livre, cherchez pas la logique…)

Je vous laisse découvrir la chronique de Fiona au sujet de ce roman. J’ai choisi de parler de ce livre dans mon blog pour une raison toute autre : rêver de Miami et de la Floride. C’est un projet pour nos dix ans de mariage d’aller faire un grand voyage aux Etats-Unis.

Dans les films ou les séries, on caricature un peu la Floride comme un repaire pour retraités friqués. Les parties de golf de Donald Trump sur les deniers de l’Etat ne vont pas redorer le blason de la Floride. Ce roman met à l’honneur la richesse architecturale de Miami ainsi que son histoire. C’est un état du Sud, réputé très conservateur.

J’ai appris avec ce roman, ce qu’était un ou une redneck. C’est à dire un péquenaud peu ouvert sur le monde. Cela tombe mal, la Floride c’est un creuset de bon nombre d’ethnies par sa position géographique,aux portes des Caraïbes… Avec ce roman écrit par une Française très bien documentée, j’ai appris qui étaient les Séminoles, ce peuple amérindien qui s’est révolté contre la colonisation anglaise et qui est venu en aide aux esclaves afro-américains.

Mon frère Ugo qui voyage beaucoup pour son travail, a pris la sympathique habitude de nous envoyer des cartes postales du monde entier. Celle de la Nouvelle-Orléans nous a vraiment donné envie d’aller visiter le Sud des Etats-Unis. Je rêve des Keys, du parc Disney et des ballades architecturales à Miami et Tampa. C’est incontournable pour moi d’aller à Venetian pool, cette ancienne carrière transformée en piscine d’eau de source. Je vous en parlais déja dans l’une de mes chroniques du roman La piscine de Rosemary.

Retrouvez ici d’autres articles en lien avec les Etats-Unis ou les piscines de rêve :

– Combattre le racisme à l’aide des livres et des films

– Mon crush lecture : La couleur des sentiments

– Chronique du roman La piscine de Rosemary

Romans

Millésime 54, un chouette petit roman qui cultive la nostalgie du Paris d’avant

Il ne faut jamais se fier à la longueur d’un livre. J’ai tendance à privilégier les gros pavés qui envoient du lourd pour un mois de lecture au moins…. et ça réduit drastiquement mes chances de lire un bon roman (je deviens ultra sélective).

Avec Millésime 54, je me suis accrochée à ma lecture même si je m’ennuyais au démarrage, ces quatre personnages étaient assez sympas donc j’ai poursuivi et j’ai bien fait. Ma lecture suivante dont je ne me souviens même plus du titre (une histoire de lettres en Espagne pour sauver la postière locale) , je ne lui ai pas laissée sa chance, abandon au bout de trente pages !

Le résumé :

Millésime 1954 raconte la rencontre entre quatre personnes que tout oppose mais qui vont devenir amis le temps d’une soirée à partager un verre d’un très bon vin. Hubert, le président du syndicat de copropriété invite deux propriétaires de son immeuble, Magalie et Julien tous deux célibataires à partager sa soirée. Ils l’ont aidé à se sortir d’un cambriolage rocambolesque de sa cave, soutenus par Bob, un Américain débrouillard mais fraîchement accueilli par Hubert. Il vient prendre possession d’un AirBnb, pratique peu appréciée par les Parisiens du quartier. Cette fameuse bouteille de vin les enverra tous les quatre en 1954, un voyage drôle et léger dans les couloirs du temps…

Mon avis :

C’est une histoire simple mais efficace comme un petit beurre à la sortie de l’école. Le ressort de ce roman, c’est la nostalgie du Paris des années 1950. Les anachronismes fonctionnent aussi bien que la comédie populaire Les Visiteurs (sans la visite au vieux mage dégarni). J’ai beaucoup aimé le chapitre où Hubert se rend au Ritz et trouve que la RATP a vraiment fait les choses en grand pour les journées du patrimoine.

Antoine Laurain est un écrivain brillant qui a su me divertir dans le métro avec des trouvailles géniales et des répliques très tendres : notamment quand Bob propose de partager ses dollars avec ses trois amis qui n’ont que des euros et qui ne pourront rien faire avec, en souvenir de La Fayette.

Avec ces quatre personnages, on rencontre Salvator Dali, Jacques Prévert et Robert Doisneau, Audrey Hepburn et le fondateur du Harry’s bar (adresse totalement inconnue alors que je passe dans ce quartier tous les jours), Edith Piaf et Jean Gabin… Ce n’est pas très plausible parfois mais on s’en fout, la magie de la nostalgie opère. Je me suis trouvée des points communs avec cette Magalie, toute émerveillée de se retrouver dans l’animation disparue des légendaires Halles de Paris. Ce roman est une magnifique déclaration d’amour à Paris, j’y ai appris des choses comme la fameuse langue inventée des métiers de bouche dans les Halles.

Ils vont partir tous les quatre à la campagne pour remonter les couloirs du temps en retrouvant le père la soucoupe, l’aïeul de Julien. C’est une histoire de doux dingue bien agréable à lire.

La force de ce livre repose sur l’amitié entre ces quatre personnages qui se connaissent peu et qui vont devenir de vrais amis en quelques jours. On ne passe pas 300 pages à d’étendre sur leur psychologie (même si on comprend vite certaines failles, joies et désillusions de leurs vies) mais on s’attache très vite à eux. Chacun va s’accommoder rapidement à ce voyage dans le temps complètement déstabilisant car il va les aider à donner un sens à leur vie. J’ai aimé particulièrement le personnage d’Hubert. On sent qu’il s’est enfermé dans une routine un peu ennuyeuse, sa femme semble faire peu de cas de lui.Il va s’attacher à Magalie et Julien ainsi qu’à Bob dans un véritable esprit de camaraderie et d’entraide.Il n’y a aucune réplique vacharde entre eux comme on peut les trouver dans des films : Bourvil et De Funès dans La grande vadrouille par ensemble.

Cette très belle camaraderie est très agréable à lire dans la scène de pêche miraculeuse qu’ils vivent ensemble à la campagne. Hubert comprend alors la beauté du moment et la vanité de sa vie d’administrateur immobilier régie par des avalanches de mails quotidiennes.

Avec mon mari, on s’est amusé à regarder des vidéos de l’ Ina qui interviewait des adolescents dans les années 1960. Force est de constater le fossé culturel et sociétal entre la manière de parler un peu gauche et l’aplomb d’aujourd’hui. Internet et les réseaux sociaux sont passés par là.

Ma note :

3

Ce petit roman a été une agréable surprise même si j’ai peu accroché à quelques moments qui me paraissaient peu plausibles. Je ne suis pas une passionnée des histoires de soucoupes volantes. Mais j’ai beaucoup aimé les anachronismes et la jolie nostalgie de ce roman. Le personnage de Bob l’Américain qui reconnait le Dieu des miracles dans la guérison de sa femme désespérée est un très joli moment du livre…

Cette veine nostalgique m’a convaincue de me lancer dans un projet d’une grande ampleur. Je vous avais parlé de mon carnet de coloriages de Paris, réalisé par Zoé de las Cases. Pour mes quinze années à Paris en septembre prochain, j’ai décidé de transformer ce carnet assez plat en un carnet de souvenirs avec des collages, des coloriages à l’aquarelle, aux feutres… pour compiler tous les coins de Paris que j’aime et ça sera une sacrée entreprise !

Alors, je colle des cartes géographiques de Paris, des cartes de visite, j’enrichie le carnet d’adresses de cette Zoé avec mes propres souvenirs. Voici un petit aperçu du démarrage de ce grand projet !

Romans

Changer l’eau des fleurs, garde-cimetière c’est romanesque !

Garde-cimetièreL’année 2020 a commencé pour moi avec un enterrement : celui de mon arrière-tante bien aimée, Julienne. Je l’ai raconté dans un article qui était vivant d’après ceux qui l’ont apprécié. Un grand merci à tous pour vos très gentils commentaires, d’ailleurs.

Je suis en train de lire Changer l’eau des fleurs, un roman qui raconte la vie de Violette, une garde-cimetière, dans une petite ville près de Mâcon. C’est vivant et drôle, bien écrit aussi, tout ce qui me fallait pour prendre le métro lundi, affronter les bizarreries sociales du dé-confinement. Ce n’est pas le corona qui va me voler mon rituel agréable de lire dans le métro avant d’aller travailler.

En termes de littérature française surtout et même de littérature tout court, je deviens vraiment de plus en plus sélective. Pour cela, je lis les blogs, principalement celui de Fiona, My pretty books ou alors je feuillette les extraits sur Babelio. Il faut vraiment que le sujet m’intéresse et que les personnages fassent le poids sinon j’abandonne ma lecture au bout de vingt-pages.

Ce roman, je l’ai découvert grâce à Bulle Dop dans ses chroniques vidéo pour C’est au programme sur France 2. Je trouve que l’éditeur lui a fait un bel hommage bien mérité en la citant en premier dans les critiques littéraires de quatrième de couverture. Les booktubeurs sont les nouveaux critiques littéraires 2.0 et je m’en réjouis, vu le travail de dingue qu’ils fournissent par passion de la lecture.

Chapeau bas à Bulle dop, ancienne libraire et formatrice hors-pair en bullet journal, qui a réussi plusieurs coups dans le milieu littéraire dernièrement : #Paye ton auteur avec Samantha Bailly pour dénoncer le bénévolat forcé des conférenciers lors de Livre Paris 2018 ou encore le Bibliothon, douze heures de live sur Instagram pour soutenir le livre et l’édition pendant cette pandémie.

Bon, revenons-en au roman : Changer l’eau des fleurs. Je me méfie de plus en plus des romans feel-good. C’est de plus en plus mauvais et formaté.

changereaufleurs

Même s’il en emploie les codes : une intrigue autour d’un métier de proximité qui crée du lien social entre les gens, une femme qui va retrouver un sens à sa vie comme héroïne … ce n’est pas tout à fait un roman feel-good. C’est bien écrit, les portraits psychologiques des personnages principaux ou secondaires sont passionnants, c’est sûr, j’irai au bout de cette lecture !

Le résumé :

Violette est garde-cimetière dans une petite ville de province près de Chalons sur Saône . Son mari est parti sans crier gare et on ne peut pas dire qu’elle le regrette. Enfant née sous X, elle n’a pas été épargnée par la vie ballottée de famille d’accueil en famille d’accueil, mal mariée sous les commentaires cons de sa belle-mère. Son soleil lui est venu de sa maternité et de son appétit pour la lecture qu’ elle a conquis en autodidacte avec la méthode Boscher en même temps que sa petite fille. Comme dirait ma grand-mère Annette, Violette est une femme qui en a dans le sac question force de caractère. Ce roman raconte sa renaissance personnelle provoquée par la rencontre d’un commissaire marseillais en deuil…

Mon avis :

J’écris cette chronique volontairement sans avoir fini le livre, il me reste une dizaine de pages à lire et l’intrigue n’est pas encore dévoilée. Ce roman est déroutant, tout sauf plan-plan. Mon résumé de ce livre ne raconte que 5% de l’intrigue de ce pavé de 600 pages et des brouettes.

Valérie Perrin a trouvé son sujet : la mort et les vivants qui lui rendent visite dans les cimetières. Elle rend hommage aux héros de la pandémie actuelle qui accompagne les gens dans leur processus de deuil. C’est un beau livre qui montre la solidarité, l’esprit de famille entre Violette, la garde-cimetière, le père Cédric, les fossoyeurs et les employés des pompes funèbres. Ils s’épaulent dans le travail mais aussi dans la vie et c’est le plus beau à lire.

Ensuite, j’ai aimé les passages où Violette entrevoit un changement de vie quand elle vadrouille à un mariage avec son amoureux Julien et son fils Nathan. C’est un commissaire marseillais, elle passe tous ses étés dans un cabanon à Sormiou. J’espère qu’ils vont finir ensemble ces deux-là.

Voici pour la galerie des personnages lumineux que j’ai aimé, parce qu’il y a aussi une collection d’affreux : Philippe Toussaint sous l’emprise de sa mère, une femme pleine d’aigreur qui rebaptise sa petite-fille et empoisonne son monde par son emprise et son ingérence, Geneviève Magnan et son mari buveur et cogneur… Ils sont à la fois pervers, malheureux, manipulateurs et tristes. Leur langage est aussi cru que leurs manières. Ce roman est très cru, je ne le mettrai pas dans les mains de jeunes ados ou adultes qui croient en l’amour.

Valérie Perrin a bien fait d’intituler son roman Changer l’eau des fleurs quand elle devient trop trouble, boueuse. C’est l’effet que me font les descriptions scabreuses de parties de sexe du mari de Violette, qui sait pertinemment qu’il sait posséder le corps des femmes.

L’auteure n’est pas vulgaire, loin de là, son analyse imparable : « jouir ne veut pas dire aimer » était intéressante au début du roman, mais rapidement la sexualité désincarnée, l’adultère assumé et valorisé ont vite pris toute la place dans ce roman. Et cela m’a vraiment dérangée, à la fin, je ne lisais même plus les passages du livre en italique, racontant l’histoire entre Irène et Gabriel (c’est qui eux?).

C’est un roman génial qui m’a bluffée par sa qualité d’écriture, on est suspendu au suspens tout au long du livre. Mais à la fin, dégoûtée par la laideur morale de certains personnages très secondaires qui ont pris toute la lumière (je suis sûre que certains peuvent se comporter ainsi dans la non-fiction), je finis ce roman comme en regardant un épisode de Vis ma vie, happée mais en me pinçant le nez.

Ma note :  3/5 sardines

Un excellent roman qui m’a tenue en haleine une semaine entière et qui m’a aidé à oublier l’ambiance surréaliste du dé-confinement à Paris. Mais certains partis-pris du livre m’ont vraiment révoltés comme la valorisation de l’adultère. Je plains ces personnages qui font n’importe quoi parce qu’ils ont préféré penser avec leur chair, leur passion destructive au lieu de prendre soin de leurs proches : la femme ou le mari cocus, les enfants laissés pour compte…

Valérie Perrin est une experte des portraits psychologiques précis et pointus, je n’ose imaginer qui l’a inspirée pour écrire les personnage de Philippe Toussaint et sa mère parce qu’ils sont gratinés et infréquentables dans une famille.

J’ai bien aimé lire ce livre mais il ne rejoindra pas ma bibliothèque car en tant que croyante, je n’ai pas aimé lire le Notre Père, sali dans une version vraiment crado et même retranscrite deux fois. Et je ne suis pas d’accord quand l’auteure fait dire à Violette que Dieu est fait à l’image de l’homme. Encore heureux que non, vu la collection d’affreux qui vient peupler de manière nocive la seconde partie de son roman.

Dans un prochain article, je vous parle de  dix romans qui m’ont laissé un vrai souvenir des années plus tard par la beauté de leurs sentiments ou de leur justesse.

Mes dernières chroniques littérature dans ce blog :

– La piscine de Rosemary, comment affronter ses crises d’angoisse

– La vie rêvée des chaussettes orphelines, revivre après un deuil

– Venise n’est pas en Italie, quand votre famille vous colle la honte !

Venise n'est pas en Italie

Romans

L’odeur de la colle en pot, flash-back dans les années 1990.

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Je viens de terminer le roman L’odeur de la colle en pot d’Adèle Bréau et cette chronique s’annonce dithyrambique. Je n’ai pas honte de vous dire que le dernier chapitre du livre m’a cueillie d’une telle manière que j’ai failli en chialer (c’est le terme le plus précis pour décrire cette forte émotion littéraire) dans le bus 76. Chapeau l’artiste !

J’ai découvert Adèle Bréau à travers le recueil de nouvelles Noël et préjugés du collectif d’autrices romcom des éditions Charleston. Son histoire d’amour d’un couple chien et chat enfermé dans un magasin de jouets le soir de Noël m’avait laissé un tel souvenir que je vous en parle ici!

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Droits réservés Team Romcom, éditions Charleston

L’odeur de la colle en pot traite aussi du thème de l’histoire d’amour naissante. La narratrice c’est Caroline, 13 ans. Elle rencontre sa future meilleure amie Vanessa, dans son nouveau collège parisien, à la rentrée de septembre en 4eme. Ses parents ont une belle situation financière donc ils emménagent à Paris dans un bel appartement du 17eme arrondissement mais ça ne va pas fort entre eux. Sa sœur Charlotte, 8 ans, l’exaspère autant qu’elle l’attendrit.

Ce roman traite avec beaucoup de finesse et de justesse des premiers flirts, du divorce, de la fin de l’enfance et de l’amitié…

Mon avis :

Cela m’a pris trois ou quatre chapitres avant d’accrocher vraiment à cette histoire hyper réaliste et universelle mais la magie fonctionne grâce au talent littéraire d’Adèle Bréau.

Au début du livre, je pestais beaucoup de trouver autant de points communs avec les comédies iconiques La boum et sa suite avec ma chère Sophie Marceau : la jeune fille qui arrive à Paris en 4eme, la meilleure amie qui ressemble beaucoup à Samantha, le couple des parents qui se délitent, la mamie bourgeoise qui a un appartement de ouf près du Panthéon. J’ai vu La Boum une dizaine de fois avec ma mère, je connais mes classiques…

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Copyright La Bäm Filmverleih

Mais finalement ces références nombreuses à La boum m’ont bien plu. J’ai été prise dans l’émotion des deux filles qui sautent comme des démentes sur le lit des parents parce que le garçon que Caroline traquait depuis des mois lui proposait de sortir avec elle. Je me suis rappelée mes souvenirs quand on va au cinéma avec un bon ami comme disait mon grand-père et qu’on est en alerte générale quand on se frôle la main dans le noir…

Et surtout, ce roman m’a plu car il m’a rappelé ma plus petite enfance : j’avais entre trois et dix ans dans les années 1990. Je me suis souvenue du Zapping de Canal +, des cartes à puce pour téléphoner dans les cabines téléphoniques, de la publicité pour la lessive Omo, des sketches de José Garcia et Antoine de Caunes sur Canal +…. Le titre de ce roman est particulièrement efficace.

Ce roman a confirmé une conviction profonde que j’ai depuis un bon moment : le téléphone portable a vraiment révolutionné nos vies en termes d’autonomie et d’ indépendance vis à vis de nos parents. Il est bien loin le temps des Tam-tam, des Mobicartes et des Nokia avec le snake… J’ai bien rigolé devant une récente vidéo de mon youtubeur favori Norman (on a exactement le même âge) qui parlait des années 2000….

Ma note :

4/5 sardines

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J’ai beaucoup aimé ce roman générationnel même s’il fait partie d’une certaine mode éditoriale : regrouper tel ou tel souvenirs communs à la génération Y ou Z et que les traits communs à la comédie hyper populaire La Boum sont très nombreux. Je n’ai rien compris à l’épilogue mais j’ai pris une belle claque littéraire  avec cette description d’un enterrement où des préadolescents ont fait preuve d’une superbe preuve d’amitié pour un copain. Cela aide à relativiser face à l’individualisme contemporain.

D’autres chroniques de romans avec beaucoup de finesse psychologique :

–  Noël et préjugés : l’amour sera-t-il au pied du sapin?.

– La vie rêvée des chaussettes orphelines de Marie Vareille

– La piscine de Rosemary

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Droits réservés Café Powell

Romans

Noël et préjugés, l’amour sera-t’il au pied du sapin?

Cet hiver, j’ai lu plusieurs romans de Marie Vareille édités par Charleston et je me suis bien régalée. Je vous en parlais ici ! Cette maison d’édition qui publie de la littérature de qualité m’a gentiment envoyé son recueil de nouvelles Noël et préjugés.

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Droits réservés Team Romcom, éditions Charleston

Le recueil de nouvelles est un genre avec lequel je suis assez peu à l’aise et j’ai bien aimé lire ce petit bouquin. Il a été mon compagnon de galère pendant les grèves ce mois-ci.

Je couche ici toute la frustration que je ressens depuis jeudi 5 décembre. Depuis le début de la grève, je ne peux plus lire et me détendre dans le métro, un trajet d’une trentaine de minutes où je me ressourçais en début et en fin de journée. On est en permanence sur le qui-vive et c’est usant !

Allez, je vous raconte le principe de Noël et préjugés, ce nouveau recueil de nouvelles de la TeamRomcom, un collectif de six auteures réunies par les éditions Charleston.

Le résumé :

Six nouvelles autour de la féerie de Noël et une vieille édition d’Orgueil et préjugés que l’on se transmet à chacune des histoires. Chacune de ses auteures avec son style et sa personnalité invente une héroïne moderne qui va se heurter à l’orgueil d’un Mr Darcy d’aujourd’hui pour en tomber éperdument amoureuse ou non…


Sommaire :

Comme une princesse Disney, Noël 2014, par Tonie Behar

L’Hôtel des Monts enneigés, Noël 2015, par Marie Vareille

Le Manoir des Wilfried, Noël 2016, par Isabelle Alexis

Love coach, Noël 2017, par Sophie Henrionnet

Nuit blanche au magasin de jouets, Noël 2018, par Adèle Bréau

Amour, tempête & best-seller, Noël 2019, par Marianne Levy

 

Mon avis :

J’ai rapidement laissé de côté le principe de la référence à Orgueil et préjugés de Jane Austen car je trouvais cela peu original. L’auteure du journal de Bridget Jones l’avait déja fait avec le succès qu’on lui connait.

Deux nouvelles m’ont laissé un beau souvenir de lecture : L’hôtel des monts enneigés de Marie Vareille et Nuit blanche au magasin de jouets.

Marie Vareille je la connaissais , j’ai déjà lu trois de ses romans. J’ai bien aimé sa nouvelle qui raconte l’histoire de Cassandra, une fille blessée par les intrusions nocives de sa mère dans sa vie privée, il y a dix ans. Je vous laisse lire comment cette maman a été bien reloue et comment elle a essayé de rattraper ses erreurs. C’était une thématique assez originale, les sentiments les plus profonds des personnages sont toujours traités avec beaucoup de psychologie et d’introspection par Marie Vareille.

Dans un autre genre, j’ai vraiment apprécié de découvrir Adèle Bréau et son histoire d’amour passionnante dans un magasin de jouets. C’est selon moi la meilleure version moderne d’ Orgueil et préjugés. On a envie de savoir comment va évoluer le couple de Matthieu et Lara dans les soixante prochaines années.

 

Cette nouvelle m’a rappelé le film Last Christmas, que j’ai vu dernièrement et que j’ai chroniqué dans ce blog. L’action se passe dans une boutique de décorations de Noël à Londres et comme la nouvelle d’Adèle Bréau, il reflète avec justesse la féerie de Noël. Je compte bien lire le roman d’Adèle Bréau, L’odeur de la colle en pot, qui figure en bonne place dans ma PAL pour 2020.

Last Christmas (1)

Ma note :

3/5 sardines

J’ai peur d’être un peu sévère dans ma note, mais je dois avouer que seulement deux nouvelles m’ont vraiment intéressée. J’ai lu l’article de My pretty books, mon blog littéraire de référence, et Fiona qui est bibliothécaire de métier, partage à peu près mon avis.

J’ai bien aimé le principe de la nouvelle autour de Noël, celle qui se passe dans le magasin de jouets m’a vraiment évadée de mon quotidien pénible en décembre mais certains personnages es autres histoires étaient vraiment trop caricaturaux. Mais ce livre a le mérite de m’avoir fait découvrir de nouvelles plumes, venues enrichir ma PAL. Il faut que je me procure la BD Et puis Colette de Mathou et Sophie Henrionnet, l’une des auteures de ce collectif.

Mes précédents articles sur des romans feel-good de qualité :

– La vie rêvée des chaussettes orphelines

– La piscine de Rosemary

– La dernière conquête du major Pettigrew

Un unboxing de rêve avec Kube

Romans

La vie rêvée des chaussettes orphelines, une vraie claque littéraire et psychologique !

Un unboxing de rêve avec Kube

Dans un précédent article, je vous ai raconté le génial unboxing que j’ai reçu de la part de la Kube, la box littéraire avec laquelle je collabore depuis trois ans. Place maintenant à la chronique du roman, que je considère dans le top 3 de mes meilleures lectures !

La vie rêvée des chaussettes orphelines

Marie Vareille

Charleston,

2019

400 pages

19€

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Le résumé : 

C’est assez rare pour être souligné : la quatrième de couverture est sacrément efficace pour séduire ses lecteurs. Je salue le travail de l’éditeur en citant mot pour mot son résumé :

« En apparence, Alice va très bien (ou presque). En réalité, elle ne dort plus sans somnifères, souffre de troubles obsessionnels compulsifs et collectionne les crises d’angoisse à l’idée que le drame qu’elle a si profondément enfoui quelques années plus tôt refasse surface.
Américaine fraîchement débarquée à Paris, elle n’a qu’un objectif : repartir à zéro et se reconstruire. Elle accepte alors de travailler dans une start-up dirigée par un jeune PDG fantasque dont le projet se révèle pour le moins… étonnant : il veut réunir les chaussettes dépareillées de par le monde. La jeune femme ne s’en doute pas encore, mais les rencontres qu’elle va faire dans cette ville inconnue vont bouleverser sa vie.
Devenue experte dans l’art de mettre des barrières entre elle et les autres, jusqu’ à quand Alice arrivera-t-elle à dissimuler son passé ? « 

Dans cette vidéo, Marie Vareille explique les thèmes de son roman et pourquoi elle a voulu l’écrire.

Mon avis :

En recevant ce livre, je me suis dis un feel good book de plus, terrain connu, je vais m’ennuyer. Eh bien non, Alice ne va pas jouer à la marchande ou à la fleuriste dans un petit commerce de proximité, théâtre attendu de bons nombre de feel-good books convenus : La pâtissière de Long Island, La bibliothèque des cœurs cabossés.

Le thème récurrent du feel-book c’est la jeune femme très diplômée qui se reconvertit dans un autre métier pour redonner un sens à sa vie. Et bien, la force de ce livre se trouve dans le titre. Alice va rejoindre une start-up parisienne qui développe une application totalement farfelue et ça pourrait être plausible : réunir les chaussettes orphelines.

Je te laisse faire connaissance avec les personnages de cette histoire formidable : Alice, sa soeur Scarlett, Angela l’amie new-yorkaise d’Alice, Chris le patron farfelu de l’application et son associé Jeremy, le prince charmant de ce roman, les collègues de bureau Reda et Victoire, Saranya, l’amie indienne qui met souvent les pieds dans le plat pour sortir Alice de son concubinage toxique avec les médicaments….

En six grands points, je vais t’expliquer en quoi c’était une lecture exceptionnelle à laquelle je repense encore alors que j’ai refermé le livre. Je te préviens lecteur, cet article a été difficile à synthétiser tant ce roman m’a captivée.

  1. C’est un roman hyper contemporain où les personnages pourraient être des collègues de travail ou des amis tant Marie Vareille sait observer et croquer nos comportements ultra-connectés, nos réactions sentimentales actuelles….
  2. On passe du rire aux larmes d’un chapitre à l’autre grâce aux personnages secondaires comme Victoire ou Saranya qui ont une répartie tordante ou alors Scarlett, la fameuse sœur dont on perçoit toute la personnalité à travers le journal d’ Alice : une étoile du rock pas si écervelée et farfelue que ça. J’ai aussi beaucoup aimé le passage du livre où les employés de la start-up partent en séminaire dans un éco-lodge en Bretagne, c’était tellement cocasse.
  3. J’aime la subtilité psychologique de l’auteure pour traiter de la cassure identitaire que vivent les enfants de divorcés : la structure familiale qui s’écroule pour Scarlett et Alice comme pour la petite Zoé, le rejet et le désamour d’une mère, la co-dépendance d’une sœur qui s’en veut d’avoir été la préférée …
  4. Il y a une grande cohérence structurelle et un rythme très soutenu dans ce roman. On jongle entre trois pays, il y a tout le temps des flash-backs et pourtant on s’y retrouve. C’est dû à un astucieux système de double narration. C’est toujours Alice, la narratrice qui parle à la première personne. Les chapitres alternent entre son passé aux Etats-Unis et à Londres écrit dans son journal intime en italique et son présent à Paris.
  5. Ce roman renoue avec le personnage du prince charmant page 286 et ça fait du bien ! J’en avais marre de lire des histoires de garçons pas bien courageux et de filles qui se blindent en pensant que la sexualité désincarnée ça les rend fortes et indépendantes alors que ça bousille le cœur et la confiance en soi. La vie rêvée des chaussettes orphelines raconte une vraie histoire d’amour naissante avec du romantisme, de la bienveillance envers l’autre : voila le véritable érotisme !

    « Une étincelle de désir assombrit ses yeux et pourtant il ne bouge pas. Je remarque pour la première fois que sa pupille est entourée d’un peu de gris clair qui vient se fondre dans ce bleu limpide qui me fait penser à un lac de montagne l’été. Bêtement, cette petite découverte me donne envie de sourire comme s’il venait de me confier quelque chose de très intime, un secret connu de lui seul. « 

  6. Marie Vareille a su entretenir l’art du suspense tout au long de ce roman de 400 pages qui m’a tenu en haleine comme jamais. Je me suis retrouvée scotchée sur ma chaise pendant la pause de midi pour grappiller quelques chapitres jusqu’au dénouement de l’histoire. Et là j’ai pensé tout haut « Non mais l’auteure ne m’a pas fait ce coup ! « . Je me suis sentie aussi aussi déboussolée, dupée que l’amie fidèle de l’histoire Angela, dans le même timing du ressenti et de la lecture. Et ça c’est très fort. Ce livre parle de séances chez le psychologue. C’est exactement pareil entre l’auteure et ses lecteurs : au fur et à mesure se crée une alliance thérapeutique à travers les personnages, qui va être rompue de manière assez rude ! Mais je ne vous en dis pas plus.

Exceptionnellement, mon système de notation avec les cinq petites sardines est complètement caduque. Un immense merci à l’équipe de la Kube qui m’a fait découvrir le meilleur roman que j’ai aimé chroniquer dans ce blog. J’ai hâte que vous vous me partagiez vos impressions sur ce roman exceptionnel. Je vais bientôt commencer Je peux très bien me passer de toi et enfin, je regarderai les romans un peu étiqueté feel-good d’un œil moins critique désormais.

Voici un extrait du roman !

 

D’autres chroniques de romans dans le blog Le bal littéraire des sardines :

– Plongez dans le grand bain avec le roman La piscine de Rosemary

–Thérapie de groupe sur la série Sauveur et fils de Marie-Aude Murail, Ecole des Loisirs

– Nos âmes la nuit, le roman américain sur l’amitié amoureuse des seniors

– L’étude des personnages de l’auteur américain Mitch Albom