Cinéma

Notre Dame brûle, un article fleuve pour un film magistral

Attention, article fleuve ! Je vais de plus en plus rarement au cinéma et il ne fallait pas passer à coté de Notre Dame brûle. Beaucoup de nos collègues de travail l’ont vu d’ailleurs.

J’aime l’Histoire de France mais pas au point d’être une inconditionnelle de Secrets d’Histoire comme bon nombre de mes amies (elles se reconnaîtront !).

Ce film raconte une aventure humaine exceptionnelle qui aurait pu échouer sans cet extraordinaire esprit d’équipe. D’ailleurs, ce film est lui aussi une œuvre collective bâtie sur la réunion de 28000 vidéos amateures collectées.

Une cathédrale médiévale qui émerveille les enfants depuis huit siècles

La pochette de l’album fait froid dans le dos

Comme la plupart des Français et des touristes du monde entier, j’aime Notre Dame de Paris depuis mon premier voyage à Paris en 1998.

J’avais onze ans, j’étais en CM2 et c’était la folie Notre Dame de Paris avec la comédie musicale.

On braillait Beeelle dans les cours de recréation après être allés voir le Disney : Le bossu de Notre Dame en 1996.

Ma tante Patricia m’avait offert un Découvertes Gallimard sur les cathédrales pour ma première communion, et je l’ai gardé dans ma bibliothèque depuis.

Puis, je suis montée à Paris faire mes études à l’Ecole du Louvre et vivre dans un foyer de filles : La Vigie sur l’île Saint-Louis. On allait se manger des glaces Amorino sur le pont Saint-Louis entre les deux iles en se disant qu’on avait une chance folle de vivre ici, dans le plus bel endroit du monde pour nos dix-huit ans.

Droits réservés Jacques Mossot, Structurae

Alors quand l’incendie s’est déclaré, j’ai tout de suite pensé à mes plus beaux souvenirs dans cet endroit familier pour tous les amoureux de Paris dans le monde entier.

J’étais chez moi en congé maternité, j’ai été alertée par la une du Monde, mes collègues qui travaillaient près du quai Voltaire étaient aux premières loges. C’était le lundi 15 avril 2019 pendant la semaine pascale, mes beaux-parents l’avaient visitée deux jours avant.

On s’est endormis l’esprit bien préoccupé. Le sommeil a été plus libérateur plus tard dans la nuit quand nous avons lu sur Internet que les deux tours étaient sauvées.

Un monument universel, aimé par le monde entier

J’ai beaucoup pensé à ces centaines de gens qui se sont massés sur les quais à Saint-Michel, sur l’Ile Saint Louis pour veiller sur leur église. C’est le monument touristique le plus visité d’Europe mais c’est aussi une église locale avec ses paroissiens.

Notre Dame est aussi un bâtiment éminemment politique : c’est là que Napoléon a été couronné comme le montre ce tableau gigantesque de David au musée du Louvre. Bien plus tard, le général de Gaulle a été acclamé par les cloches de Notre Dame lors de la libération de Paris en août 1944.

Ce film est un thriller qui raconte une journée hors-normes pour des milliers de gens. Certains étaient sur le terrain pour leurs premiers jours : l’agent de sécurité incendie, deux jeunes pompiers pour leur premier feu, d’autres travaillent depuis des années. Pourtant avec toute l’expérience possible, l’homme est limité. Il doute, il panique sous l’effet du stress ou il est coincé dans les embouteillages pour secourir Notre Dame.

Les premiers pompiers à intervenir viennent de la caserne de la rue de Poissy juste à coté du collège des Bernardins. La maire de Paris Anne Hidalgo et son directeur de cabinet sont également aux premières loges de ce désastre depuis leurs fenêtres de l’Hôtel de ville.

Copyright David Koskas

Le thème du film c’est de rendre hommage à cet esprit d’esprit d’équipe qui a permis de sauver un patrimoine historique, artistique et culturel commun au monde entier, que l’on soit chrétiens ou non. Ces pompiers sont des héros qui sont allés au bord de leurs limites pour faire leur métier. Avec Jean-Jacques Annaud, la réalité donne matière à un film de super-héros. Mais ici pas d’effets spéciaux, tout est véridique !

Mais les meilleurs moments du film montrent leur humanité : quand un pompier annonce une très bonne nouvelle pour le sauvetage des reliques alors qu’il s’agit de fac-similés, quand un pompier joue timidement des coudes parmi les gradés pour exposer son plan…

J’ai aimé leurs connaissances sommaires mais bien présentes de l’histoire de l’art occidental. Un des pompiers a eu une formation au musée du Louvre pour sauvegarder les plus beaux trésors de la chrétienté depuis le Moyen-âge. Le roi Saint Louis a endetté son pays pendant trente-cinq ans pour acquérir les reliques les plus précieuses de l’Occident. Il a même crée un reliquaire monumental sur l’île de la Cité : la Sainte-Chapelle.

Le plus beau moment de ce film est quand les pompiers sont portés par la louange des gens en bas qui monte dans les hauteurs : Amazing Grace. Moment de grâce.

Il faut dire que les pompiers sont alors bien fatigués par des heures de lutte contre le feu, à courir comme des déments dans des escaliers étroits avec quinze kilos de matériel dans des conditions extrêmes.

Le combat semble gagné par le feu, la cathédrale menace de s’effondrer comme les tours jumelles de New-York et de réduire en cendres l’Ile de la Cité, le joyau de Paris. C’est peu dire l’enjeu symbolique pour tout un pays. Pourtant, le commandant des opérations refuse de mettre en jeu la vie des pompiers pour des pierres même si elles ont 850 ans d’Histoire. On peut reconstruire une cathédrale mais pas la vie d’un pompier.

Quel réconfort d’entendre pareil discours face à la pression médiatique des réseaux sociaux, le risque de récupération politique lorsque que les autorités du pays accourent sur le parvis. J’ai beaucoup apprécié que l’action des pompiers soit unanimement saluée cette nuit là.

Le film se moque gentiment de Donald Trump qui a tweeté qu’il fallait envoyer des canadairs. Quand on ne connait que les gratte-ciels new-yorkais, on ne vient pas donner des conseils sur l’architecture médiévale européenne !

Copyright Guy Ferrandis

Comme quoi en France, on sait chérir ce que l’on a réussi à sauver quand on est à deux doigts de le perdre. Ce très beau film montre aussi combien la France est un pays très bien organisé et solidaire pour gérer des situations de crise majeures.

La devise de la ville de Paris inscrite sur les casques des sapeurs-pompiers de Paris montre alors toute sa force : « Il est battu par les flots mais ne sombre pas« . Quelle chance que Notre-Dame se trouve à proximité de la Seine pour alimenter les pompes à eau.

Copyright Mickael Lefevre – BSPP

Enfin, ce qui saute aux yeux quand on regarde ce film, ce sont les enchaînements d’avaries vécues par les pompiers, le régisseur des œuvres de la cathédrale mais pourtant la cathédrale est sauvée.

« Un miracle, cela ne s’argumente pas, ça se constate… »

Jean-Jacques Annaud est un réalisateur athée, spécialiste de films historiques qui respectent le recueillement, la foi et la spiritualité. Il a réalisé un chef d’œuvre que je me dépêcherai d’acheter en DVD pour garder mémoire du dévouement des pompiers de Paris dans ma bibliothèque. Une véritable leçon d’humanité !

Retrouvez-ici mes articles qui traitent de la foi chrétienne

–Trois chaînes Youtube qui vont transformer ta conception de l’église le dimanche matin

-L’amour de Dieu plus fort que le napalm : Sauvée de l’enfer

–A la rencontre d’un ami : Rendez-vous dans la forêt d’Alain Auderset

Biographies et autobiographies·Cinéma

Aline, les coulisses de la vie d’artiste

Ce film, j’attendais sa sortie depuis un an. C’est bien simple, je suis fan absolue de Valérie Lemercier parce qu’elle est marrante tout simplement. En cette période de pandémie à rallonge, Aline est un film qui fait beaucoup de bien. Je vous explique pourquoi dans cet article.

Le film

C’est un biopic librement inspiré de la vie de Céline Dion, la plus grande chanteuse au monde, trésor national au Québec. L’histoire commence en 1932 avec le père de Céline. Il a un affreux papa qui lui rackette son argent de poche pour aller boire jusqu’à plus soif. Il va faire de son malheur une force puisqu’il va créer une famille nombreuse de musiciens avec sa femme dotée d’un sacrée caractère.

Ce film est un hommage à une famille nombreuse et unie qui va voir éclore un joyau brut de 14 ans : une voix incroyablement mature. A force de travail sur son look, sa diction en anglais et surtout sur sa dentition, elle va rapidement connaître une ascension phénoménale accompagnée par un manager de génie : le fameux René Angélil.

Valérie Lemercier raconte comment ce fameux trio artistique, composé de la maman, du manager devenu l’époux et de la chanteuse à la voix d’or vont conquérir le monde : la France avec notre Michel Drucker national, le Japon, les Etats-Unis, la Suisse à l’occasion de l’Eurovision.

Céline Dion est une diva dans les années 1990 avec Mariah Carey et Whitney Houston. Mais elle a cette force de vivre sainement cette célébrité en travaillant d’arrache pied et en restant la même grâce à son solide socle familial.

Même quand les Angélil font fortune dans leur grande villa de Las Vegas, lui au golf et elle avec ses tonnes de chaussures, ils restent sympathiques. On se réjouit de leur opulence car ils ont bossé ensemble et ont bien mérité leur réussite.

Comme l’a déclaré Valérie, ce film raconte les coulisses de la vie d’artiste pas toujours aussi glamour que l’on ne croit. Comme l’humoriste, Céline connaît la solitude de manger un plat réchauffé dans sa loge ou de devoir donner le meilleur de soi même quand on est triste ou en petite forme.

J’ai beaucoup aimé ce film car il raconte la normalité d’une star planétaire. Céline Dion, je la trouve parfois exaspérante en interviews quand elle surjoue avec ses yeux et ses postures à la limite du grotesque. Elle est clown c’est vrai et ce film la rend extrêmement sympathique.

C’est un biopic hagiographique à fond, un parti-pris totalement assumé par sa réalisatrice. Valérie Lemercier critique les journalistes québécois qui ont glosé sur ses difficultés à procréer. C’est vraiment immonde et je ne suis pas bien fière de moi d’avoir rigolé bêtement aux blagues douteuses de Laurent Gerra sur le couple Dion/Angélil sur les ondes de Rire et chansons.

Copyright RECTANGLE PRODUCTIONS/GAUMONT/TF1 FILMS PRODUCTION, DE L’HUILE/ PRODUCTIONS CARAMEL FILM INC./PCF ALINE LE FILM INC./BELGA PRODUCTIONS

La fin du film raconte la difficulté du deuil quand on perd l’amour de sa vie quelque soit son âge. L’actualité rattrape alors le tournage de ce film car cette année Céline Dion a dû interrompre ses spectacles pour épuisement physique.

La vie d’artiste est rude, elle demande de nombreux sacrifices. Ce film met en lumière tout le talent de Réné Angelil qui a su produire des spectacles rentables tout en permettant une vie familiale la plus normale possible. En chantant à résidence à Vegas, Céline pouvait retrouver ses enfants tous les soirs.

Voici un extrait de Vivement dimanche, où René, l’homme de l’ombre a droit à une belle ovation du public (à la fin de l’extrait). Valérie Lemercier s’est focalisée sur cette belle histoire d’amour. Moi j’aurai aimé qu’elle raconte l’histoire de ses chansons avec Jean-Jacques Goldman, avec Garou…

J’aime passionnément les biopics de musiciens : Ray, Walk the Line, Cloclo (même si Claude François est monstrueux de narcissisme) parce que leurs chansons ont marqué une époque, elles témoignent de tournants dans leurs carrières et résonnent dans nos vies personnelles.

Noël 1996, j’ai huit ans. Au pied du sapin, m’attend le cd de Céline Dion, D’eux. Je ne connais pas l’artiste, j’ai demandé ce cadeau au Père Noël pour faire comme tout de monde à l’école.

Pourtant, ce CD va tourner en boucle tout au long des second et troisième trimestres de l’année de CE2 dans mon salon, au rythme de mes chorégraphies navrantes mais effrénées (la brosse à brushing pour micro, je le confesse).

L’album D’eux m’a marquée pour la spiritualité et l’émotion qu’il dégage. Je pense que je ne suis pas la seule puisqu’il s’en est vendu plus de dix millions d’exemplaires. C’est l’album francophone le plus vendu au monde à ce jour. J’ai été très sensible quand j’étais petite à toutes les références juives et chrétiennes de cet album : « ma prière païenne », « la mémoire d’Abraham « , « les derniers sont les premiers « .

Copyright RECTANGLE PRODUCTIONS/GAUMONT/TF1 FILMS PRODUCTION, DE L’HUILE/ PRODUCTIONS CARAMEL FILM INC./PCF ALINE LE FILM INC./BELGA PRODUCTIONS

La chanson très émouvante Vole est dédiée à sa nièce qui souffre de la mucoviscidose à l’époque. Avec le recul, je ne suis plus très convaincue par son plus gros tube Pour que tu m’aimes encore car déclarer : « Je te jetterai des sorts pour que tu m’aimes encore« , bonjour la relation toxique ! .

Plus tard, je n’ai plus trop suivi la carrière de Céline tant cet album signé Jean-Jacques Golmann est aux antipodes de ses succès plus commerciaux par la suite : I’m alive, My heart will go on. Avec Titanic, Céline sort l’artillerie lourde. Elle devient une véritable show-woman comme Beyoncé aujourd’hui avec extensions et robes à paillettes. Elle remplit les plus grands stades du monde entier .

Elle est même une star malgré elle dans la comédie Sur la piste du Marsupilami avec cette imitation grotesque de Lambert Wilson qui fonctionne pourtant à merveille.

Pour conclure, on peut dire que ce film que j’attendais tant, était à la hauteur de mes attentes. Je sais que j’ai une collection d’amies qui l’ont vu et qui ont beaucoup aimé. J’y suis allée avec ma chère pote Alix, mon ancienne collègue de l’Ecole du Louvre, spécialiste de chorégraphies grotesques de Claude François à la pause déjeuner.

J’étais sûre que le film lui plairait !.

Nous avons vu le film au cinéma Le Méliès à Montreuil, une adresse imbattable que je vous recommande. Le billet d’entrée plein tarif est de 6€, une belle initiative municipale depuis de nombreuses années. Ce chouette cinéma avec son décor de météorite dans le hall d’entrée rend hommage à un grand pionnier du cinéma français qui avait ses studios à Montreuil. C’est une adresse idéale pour une dernière sortie en famille le dimanche soir avec un café/restaurant très agréable à fréquenter.

Et vous quelles sont vos chansons de Céline Dion favorites?

J’ai eu des frissons d’entendre la chanson D’amour ou d’amitié, une des premières chansons de Céline à ses tous débuts.

Cela fleure bon la nostalgie des années 1980, mon enfance, qui commence à ressembler à l’époque des dinosaures, il faut bien se l’avouer quand je discute avec tous ces millénials à la pause déjeuner au bureau.

Cinéma

La Bébel mania ou cette nostalgie de « la France qui allait bien dans les années 1970 »

L’expression « La France qui allait bien » n’est pas de moi. Elle titrait un article du Figaro pour rendre hommage à Jean-Paul Belmondo mais elle m’a inspiré un article.

Pochoir de C215

Je connaissais très peu l’homme ainsi que sa filmographie pourtant l’hommage national qui lui a été rendu aux Invalides m’a énormément plu. Je suis née à la fin des années 1980 et j’ai davantage vu les multiples rediffusions des comédies de Louis de Funès ou les films de Sophie Marceau en famille.

C’est plus tard quand j’ai eu vingt ans, quand je suis venue faire mes études à Paris que je l’ai vraiment découvert. J’ai suivi un cours de cinéma de la Ville de Paris vraiment génial à l’Ecole du Louvre (c’était gratuit en plus). Ce cours présentait ses meilleurs films comme A bout de souffle, Peur sur la ville avec Paris en tête d’affiche.

Je me souviens d’une super soirée entre copines au foyer La Vigie où on avait regardé A bout de souffle (en noir et blanc, c’est dire). Je ne suis pas une inconditionnelle de Godard et la Nouvelle vague mais j’avais bien aimé. Jean-Paul Belmondo était un pilier du cinéma français avec Claude Brasseur, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle…

L’hommage que l’académie des Césars lui avait rendu en 2017 m’avait beaucoup impressionnée.

Handicapé sérieusement dans son élocution à cause d’un AVC foudroyant il y a une vingtaine d’années, Jean-Paul Belmondo avait livré un très beau discours où il rendait hommage à ses parents d’une manière très jolie.

Son père, Paul Belmondo fut un grand sculpteur classique et son fils s’est battu pour l’ouverture d’un musée dédié à son œuvre en 2010 à Boulogne-Billancourt.

Entre-temps, j’ai découvert le jeu d’acteur de son petit-fils Victor dans le film Envole-moi de Christophe Barratier. C’est mon coup de cœur cinéma de 2021, le film qui m’a décidé de retourner dans les salles obscures à leur réouverture. J’ai trouvé cela très fin de jouer un fils à papa totalement oisif à qui on va confier de grandes responsabilités pour apprendre la vie.

Je lui souhaite de vivre un deuil serein à l’abri des magazines people et qu’on évite de chercher sans cesse la comparaison avec son grand-père. Il y a des héritages artistiques bien difficiles à porter.

La famille Belmondo ne manque pas d’argent mais j’aime beaucoup la simplicité, l’unité et l’authenticité qu’ils dégagent. On ne peut s’empêcher de comparer avec les obsèques de Johnny Hallyday qui étaient aussi très réussies avec l’hommage blues de ses musiciens dans l’église de la Madeleine.

C’est actuellement la grande mode des hommages nationaux à Jean d’Ormesson, Charles Aznavour, Jacques Chirac ou encore le gendarme ultra courageux Arnaud Beltrame aux Invalides. C’était très émouvant de voir ces anonymes sur les pelouses de l’esplanade qui pleuraient l’acteur avec lequel ils avaient grandi.

J’ai regardé au moins quatre fois le long extrait qui clôture la cérémonie avec la bande originale du film Le professionnel. Il s’agit du thème Chi mai composé par Ennio Morricone en 19 et joué par l’orchestre de la Garde républicaine sous les applaudissements de 700 personnes, anonymes et stars de cinéma réunies pour un au revoir profane tout en grâce et en simplicité.

Cela avait plus de grâce que la pub Royal Canin. Je connais une grande clarinettiste de la Garde républicaine et on a beaucoup de chance d’avoir un tel orchestre en France.

Le cinéma actuel manque de grandes musiques de films comme celles d’Ennio Morricone ou de Vladimir Cosma avec des thèmes qui donnent des frissons. Ces hommages nationaux sont bien plus solennels et forts que le moment nécrologie des Césars, une cérémonie qui me déplait de plus en plus.

Du côté de la télévision, on trouve de belles émissions comme La boite à secrets animé par Faustine Bollaert sur France 3. Elle réunit des célébrités à qui on fait de belles surprises : les gens qu’ils aiment viennent pousser la chansonnette et les émotions sont au rendez-vous. On les célèbre…de leur vivant !

Cinéma·Du livre à l'écran

Comment le marketing a failli me faire passer à coté d’une très bonne lecture : moi aussi j’ai aimé Le jeu de la dame

Copyright Netflix

En mars 2020, confinement mondiale, une série Netflix crève l’écran : Le jeu de la dame, adaptation du roman de Walter Tevis, paru en 1983 .

Deux amies qui partagent mes gouts en matière de séries Netflix un peu guimauve, me recommandent de regarder Le jeu de la dame. Je traine des pieds car je trouve le personnage principal trop névrosé et le contexte général ne m’encourage guère à regarder une série sur les addictions.

Cet été 2021, je pars en Bulgarie et je retrouve le livre sur toutes les tables des librairies de Bourgas, ou dans une vitrine de la rue Soufflot à Paris. Le trouver à la médiathèque de ma ville finit de me convaincre de le lire.

Mais voilà, je m’ennuie énormément les cent premières pages et j’hésite vraiment à laisser tomber ce roman alors qu’une bonne lecture pour moi, cela ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval.

Copyright Netflix

Je suis très difficile en manière de littérature, voire franchement têtue. Alors je vous donne un conseil complètement barjo pour éviter un abandon de lecture : n’hésitez pas à sauter cent pages d’un livre, quitte à les lire plus tard. Si vous êtes capables de prendre une série en cours de route et de raccrocher les wagons, alors lancez-vous !

Le résumé

Beth Harmon est une jeune orpheline qui vit son enfance dans un orphelinat de l’Amérique profonde dans les années 1950. Son quotidien s’illumine grâce à l’employé des services généraux du lieu qui lui apprend les échecs. Une famille dysfonctionnelle décide de l’adopter, provoquant la jalousie de sa camarade de chambrée, Jolene, une jeune afro-américaine aussi déroutante qu’attachante.

Rapidement, seule la mère adoptive de Beth s’intéressera à elle. Ainsi Beth et Alma vont rapidement parcourir le pays au gré des tournois d’échecs. Les chambres d’hôtel avec mini-bar et razzias dans les pharmacies locales deviendront leur quotidien.

Car Beth n’est pas qu’une petite prodige aux échecs, elle est aussi totalement accro aux petites pilules vertes données dès son plus jeune âge à l’orphelinat. Cette addiction a une incidence directe sur son psychisme et ses fortes émotions quand elle pratique ce sport intellectuel et psychologique…

Mon avis :

J’ai énormément aimé ce roman car c’est un portrait psychologique d’une rare qualité. Il décrit la descente aux enfers d’une jeune femme qui a tout pour réussir. Elle fait la une des journaux pour son talent, signe des autographes, et se vautre chez elle dans l’auto destruction. J’ai vu la mini-série après avoir lu le livre.

La manière dont l’auteur raconte son mal-être est vraiment talentueuse. Il faut aussi vous expliquer que ce roman a une part largement autobiographique car Walter Tevis, joueur d’échecs amateur, a beaucoup souffert de son addiction à l’alcool. Cela lui a même couté la vie et il n’a pas pu publié d’autres romans après celui-ci. Grâce à ce livre, j’ai appris à mieux comprendre la douleur morale que vivent les alcooliques.

Beth Harmon est un personnage de fiction mais les joueurs d’échecs qu’elle rencontre en compétition sont des champions qui ont marqué l’Histoire. Notamment, une joueuse géorgienne Nona Gaprin-Dachvili, qui accuse Netflix de l’avoir mise au placard.

Le sujet du Jeu de la dame, ce n’est ni la guerre froide, ni le sexisme, ni même les échecs même si on en parle beaucoup. Ce roman traite avec beaucoup de subtilité la détresse psychologique que vit une jeune orpheline, prodige des échecs malgré sa réussite professionnelle et sociale.

Au fil des 400 pages du roman (je n’aime que les gros pavés en littérature), on voit cette jeune fille gagner des trophées, bien garnir son compte en banque et améliorer son style vestimentaire et esthétique, vitesse grand V. Il faut dire que sa coupe de cheveux dans le genre épouvantail et ses socquettes blanches lui donne un drôle d’air tout au long de son adolescence. Ce roman montre comment son talent l’aide à évoluer, se faire des amis alors qu’elle est très solitaire.

Copyright Netflix

J’ai été émue par les passages où elle retrouve Jolene et comment son amie l’aide à sortir de ce naufrage émotionnel. On devine facilement que Beth a besoin de se sentir aimée et étreinte physiquement comme une petite fille qu’elle était et qui a eu des sacrées carences affectives. Sa relation aux hommes est très problématique mais elle va trouver une issue plus heureuse du côté de l’amitié et de la camaraderie masculine.

Ce livre m’a immédiatement fait penser à La fenêtre panoramique de Richard Yates, un roman lui aussi adapté au cinéma avec Léo di Caprio et Kate Winslet. Comme quoi, l’American way of life est un champ de ronces qui cache bien des névroses.

C’est d’ailleurs, ce qui est montré sur la couverture du livre et sur un compte Instagram génial d’une illustratrice (_annateur) inspirée par la mini-série : le poids de l’alcool et les fameuses pilules sur l’échiquier.

Je vais rompre pour une fois avec l’habitude de ce blog de mettre des sardines pour noter ce livre. J’ai vraiment aimé cette lecture pour sa profondeur psychologique mais les tourments décrient dans ce livre me laissent un goût aussi amer dans la bouche qu’un cachet avalé de travers et sans eau.

Finalement, j’ai lu les cent premières pages qu’il me manquait et j’ai ressenti un effroi bien désagréable de lire comment cette petite fille a été mise à la drogue par son orphelinat. Ils leur distribuaient des tranquillisants pour les rendre plus dociles.

La lecture de ce roman a été l’occasion idéale une discussion fort intéressante avec le grand-père bulgare de mon mari. Il m’a expliqué que c’était moins le cas maintenant, mais que dans les années 1950, les hommes bulgares d’un certain âge jouaient aussi beaucoup aux échecs dans le jardin maritime de Bourgas.

Pourquoi le peuple russe a autant pris les échecs au sérieux au 20eme siècle ?

Il semblerait que la réponse soit toute simple : à partir de 1917 et l’instauration du régime communiste, le peuple a été encouragé à jouer aux échecs partout. Que ce soit à la maison, à l’école, à l’usine avec une passion grandissante pour ce sport intellectuel. Le bloc communiste était connu pour sa discipline de fer , tutoyer la perfection avec élitisme dans la conquête de l’espace, les sports comme la natation, la gymnastique ou encore les échecs…

Les scènes où Beth Harmon se rend incognito dans les parcs de Moscou pour rencontrer des joueurs d’échecs du dimanche sont vraiment d’une grande émotion. Cette jeune fille vient d’un orphelinat et elle a trouvé en Russie les accolades des joueurs d’échecs russes. Dans le roman Le jeu de la dame, les hommes russes semblent beaucoup chaleureux que les Américains froids et austères.

Dans le domaine des adaptations littéraires au cinéma, c’est désormais Netflix le maître du jeu. La série Lupin a relancé de manière fulgurante l’intérêt des jeunes pour l’œuvre de Maurice Leblanc et il est évident que je n’aurai jamais trouvé seule cet auteur sans Netflix.

Le risque est que les romans initiaux deviennent des produits dérivés des séries télévisées. Dans un tout autre genre, je vous parlerai de ma passion inexpliquée pour Downton Abbey et les livres que j’ai lu autour de cette fresque historique.

Retrouvez ici mes précédentes chroniques de mes coups de cœur séries et adaptations littéraires.

-Pourquoi le livre Appelez la sage-femme m’a tant émue

–Lupin, hommage à la beauté du patrimoine français et à la police nationale

Cinéma·Du livre à l'écran

Lupin, hommage à la beauté de Paris et au patrimoine littéraire français

Elle était sacrément attendue cette seconde partie de la série Lupin. Tout le monde autour de moi en parle : la jeune fille dans le RER A avec son smartphone, mes cousines de quatorze ans et leurs parents, ma grande copine cinéphile et son fils ado, mon beau-frère bulgare qui a regardé les cinq épisodes en deux nuits….

Pas besoin de faire de publicité dans Paris, tout le monde est conquis par Omar.

Netflix s’est même débrouillé pour avancer sa date de sortie. Autant, j’avais regardé distraitement la première partie, autant la seconde partie m’a captivée et je vous explique pourquoi.

Les cinq épisodes sont scénarisés de manière très fluide et cohérant. Les idées sont beaucoup plus originales que Ocean ‘s eleven pour raconter un casse de bijoux ou d’argent.

Cocorico pour cette série française réalisée par Xavier Gélin qui emprunte de nombreux codes américains sans renier son identité française. Il faut dire que Paris, ville Lumière est un personnage à part entière dans cette série.

J’aime comment Paris est filmée avec une esthétique qui fait rêver : les puces de Saint-Ouen, les Buttes-Chaumont, le pont Royal, le théâtre du Chatelet, les Catacombes…. Paris a beaucoup souffert avec la pandémie, elle ne fait plus rêver avec tous ces musées, ces restaurants et ces terrasses fermées. Lupin redonne de la magie et du rêve, c’est la meilleure raison pour expliquer le succès de cette série selon moi.

C’est une chouette série qui joue sur la nostalgie et les émotions avec ces flash-backs dans les années 1995. Le cœur d’Assane, ce grand séducteur, balance entre deux filles, Claire et Juliette. C’est toujours le cas vingt-cinq ans plus tard. Son meilleur ami, Benjamin est toujours à ses côtés. Il est devenu antiquaire à Saint-Ouen et complice de cambrioleur…

Leurs uniformes de collégiens peinent à me convaincre tant ça ne colle pas à la culture française mais cela marche pour rappeler leur camaraderie au sein de leur école de riches. Le jeune Assane joué par Mamadou Haïdara est très convaincant. Il joue avec justesse le gamin sensible qui va perdre son père de manière injuste.

L’émotion est à son comble dans le dernier épisode de la saison quand Assane atteint son but, aidé par une équipe de policiers intègres et attachants. Ensemble, ils arrivent à faire tomber le commissaire ripou et le milliardaire corrompu. On se croirait dans le film Micmacs à tire larigot de Jean-Pierre Jeunet avec un certain Omar Sy…

Copyright Emmanuel Guimier/Netflix

Personnalité préférée des Français, je trouve qu’Omar joue de mieux en mieux. Il a gagné une stature internationale un peu comme Jean Dujardin, son rival aux Césars. Ils ont de nombreux points communs : ce sont des outsiders qui viennent de la télévision, leur jeu d’acteurs vient de leur carrure et de l’expressivité de leurs visages. J’aimerai bien voir un film qui les réunirait.

Lupin prouve que le cinéma français joue dans la cour des grands : un épisode final magistral avec de belles bagarres bien rythmés par le concert de musique classique au même moment. Les scénaristes savent doser leurs recours aux cliffhangers. Je vous laisse le soin d’en découvrir la définition mais les accros aux séries savent de quoi je parle.

Enfin, j’ai bien aimé la référence à la chanson de Jacques Dutronc : Gentleman cambrioleur.

Lupin est une série qui fait du bien au rayonnement de Paris et à l’image de la police nationale.

Cinéma

Les promesses du printemps : comment entretenir l’amour conjugal comme un beau jardin propret de Tranquility, Missouri

Pardonnez- moi ce titre moqueur mais pourtant j’ai bien aimé ce roman.

C’est niais à souhait : tout y est. Le club de dames qui se mobilise pour la fermeture du vidéoclub X (un peu daté? le vidéoclub dans une ville), les amies bien lourdes qui se ruent chez l’épouse éplorée Brenda (ça ne s’invente pas) et pourtant je me suis laissée embarquée dans ce roman. Je vous raconte pourquoi dans cet article.

Les promesses du printemps. Quand l’amour se renouvelle

Gary Chapman et Catherine Palmer

455 pages

Artège

21€90

Sachez que je suis une lectrice de romans vraiment difficile et que je n’hésite pas à envoyer paître un livre si les thématiques ne me parlent pas, que c’est mal écrit ou que les prénoms des personnages ne me parlent pas (je sais, c’est vraiment abusé).

Le pire, c’est que ce genre de mésaventures m’arrive désormais un livre sur deux et je me retrouve fort désœuvrée dans le RER A chaque matin. J’ajouterai que je commence à ne plus vouloir lire que des gros pavés d’un minimum de 400 pages. C’était le cas de ce livre et j’ai passé un bon moment avec lui dans les transports cette semaine.

C’est l’histoire d’une petite ville américaine où tout le monde se connait et se réunit au salon de coiffure autour d’un thé chez Patsy, une célibataire endurcie qui cherche à évangéliser tous ceux qu’elle rencontre. Parmi ses clientes, elle remarque Brenda, l’épouse de Steve. Elle les connaît bien tous les deux et on sent bien qu’il y a de l’électricité dans l’air en permanence dans le ménage.

Leurs aspirations ont pris des chemins radicalement différents et ils ne savent plus comment communiquer, ni se toucher en tout bien tout honneur aussi. Leur situation conjugale est catastrophique, l’ambiance est polaire entre eux.

Un jeune vagabond très simplet va venir bousculer leur quotidien et leur réapprendre à prendre soin les uns des autres bien malgré lui. Les échanges entre les femmes de la ville, bonnes chrétiennes, qui s’insurgent du fait que ce jeune homme rôde à côté de leurs maisons m’a mise hors de moi.

Leurs conjoints craignent que sa présence ne fasse chuter le prix de l’immobilier dans cette ravissante bourgade accolée à un superbe lac Ozark.

Droits réservés Cybevasion

Ne retenez pas la bigoterie de ce groupe de femmes, le seul personnage dont la foi est intéressante est Brenda car elle vit une crise de foi à cause de son mariage et du départ de ses enfants. Pourtant, dans sa détresse, elle est la seule à tendre la main à ce jeune gars, abandonné par son père à l’âge adulte pour une raison dramatique.

J’ai bien aimé ce roman qui oscille entre grande profondeur psychologique et superficialité bien lourde car il a été écrit par un conseiller conjugal associé à une romancière à succès en Amérique.

Il utilise les codes du feel good : la couverture du livre est fort efficace. Je suis tombée dans le panneau alors que je suis très critique face à ce genre de visuels rose bonbons. Et pour une fois, bonne surprise.

Il faut dire que je connais bien les livres sur le couple de Gary Chapman pour les vendre dans la librairie où je travaille. J’y ai reconnu certains de ses concepts comme les cinq langages de l’amour ou ses conseils pour entretenir son couple quand ses enfants adultes quittent la maison.

Ce roman est efficace car par le biais de la fiction, ses lecteurs peuvent être amenés à réfléchir plus librement aux réalités qu’ils rencontrent eux aussi dans le quotidien. C’est moins intimidant qu’un bon vieux livre de développement personnel qui expose vos difficultés en grosses lettres.

Cela me donne envie de lire son premier roman Une simple étincelle, toujours aux éditions Artège, écrit avec Chris Palmer. La couverture m’avait pas du tout convaincue, on se croirait dans un remake de La cabane, un livre chrétien best-seller adapté au cinéma avec Octavia Spencer.

Mettre la bobine de l’auteur en bandeau n’était pas une idée judicieuse. Je n’ai pas d’avis sur le physique de Mr Chapman mais cela brouille les genres : on s’attend plus à un livre de psychologie au rayon sciences humaines qu’à un roman.

Dans un prochain article, j’ai bien envie de vous parler couvertures de livres et Instagram, du haut de mon expérience de libraire depuis dix ans et de mes drôles d’ expériences de lectrice.

Cette bonne leçon de lecture me rappelle une autre vécue en janvier que j’avais déjà raconté dans un article : Ne pas se fier aux idées reçues.. C’est dur à admettre mais je dois reconnaître que je suis sacrément conditionnée au marketing d’un livre qui ressemble à d’autres lectures que j’ai déjà lues parce que ce sont toujours les mêmes ficelles qui marchent…

L’originalité de ce livre est d’avoir su retranscrire en fiction la violence des sentiments contradictoires qu’éprouvent Steve et Brenda, l’un envers l’autre. On sent leur désarroi et on compatit avec eux.

Leur cercle d’amis cherche à les aider avec toute la maladresse et la lourdeur dont ils sont capables. Cela me rappelle le personnage de Hope dans les séries Virgin River ou A l’ombre des magnolias sur Netflix.

L’expression « bon chrétien » m’exaspère profondément. C’est le principal reproche que j’ai à faire à ce livre. Gary Chapman, auteur chrétien arrive même à capter l’attention de magazines féminins bien libres comme Cosmopolitan, autant prôner la foi plutôt que la religion qui n’élève pas tant que ça .

On ne gagne pas son salut à ses bonnes œuvres mais à la qualité de son cœur, s’il est bien disposé pour Dieu le Père et ses prochains. Le couple de Brenda et Steve arrive à la fin du livre à cette attitude de cœur après bien des efforts. Mais cela vaut le coup !

Vous croyez que je vous spoile la fin du livre mais vous ne savez pas par quels moyens ils y parviennent !

D’autres séries et livres américains à découvrir sur le blog Le bal littéraire des sardines (*oui parfois, ils me gonflent avec leur culte de la performance, leur perfectionnisme jusque dans le nom de leurs petites villes proprettes où il y a quand même de l’insécurité mais leur littérature me passionne).

-Nos âmes la nuit, un bon coup de pied aux fesses au jeunisme

–Mes dix meilleures découvertes Netflix…

Cinéma

Envole-moi, un film aux bons sentiments qui nous donne un souffle nouveau

La bande-annonce m’avait emballée, la lecture du dossier de presse m’avait rendue dubitative. J’avais peur d’un film aux bons sentiments, un peu plan-plan, mal joué.

Mais convaincue par le cinéma de Christophe Barratier qui ne m’a jamais déçue, l’envie de retrouver les salles obscures a été la plus forte. Et vraiment quelle bonne idée ! Ce film a bien failli me faire pleurer à trois ou quatre reprises !

Alors oui cette histoire vraie adaptée au cinéma fait tout de suite penser à Intouchables. Mais ce n’est pas un souci car l’histoire est différente.

Ici, c’est l’histoire d’un enfant qui ne peut pas avoir d’enfance ni d’adolescence comme les autres et pourtant son chirurgien l’aime tellement qu’il va lui trouver un grand frère d’adoption pour ne pas sombrer.

On ne vit plus de la même manière les scènes de rue ou de fêtes en discothèque de la même manière depuis l’épidémie de Covid 19. Le tournage de ce film a été interrompu pendant trois mois par le premier confinement. Cette joie de pouvoir se retrouver, de terminer de raconter cette histoire se ressent dans le jeu des comédiens.

C’est une histoire d’amitié, de solidarité vitale. Marcus, un préadolescent de 13 ans survit comme il peut avec une malformation cardiaque depuis sa naissance et sa vie quotidienne n’est pas très funky.

Alors que le quotidien de Thomas, 25 ans n’est fait que de fêtes et sorties bien arrosées aux crochets de son père Henri (le formidable Gérard Lanvin), un chirurgien très aisé qui a crée un lien très fort avec Marcus et sa maman.

Copyright David Koskas

La première scène du film démarre très fort, tant ce fils à papa se conduit mal. Sa désinvolture, sa nonchalance à se moquer de tout coupe le souffle. La manière dont son père va le mettre le dos au mur pour le pousser à se reprendre en mains m’a vraiment plu.

Christophe Barratier a choisi comme acteur principal Victor Belmondo, le petit-fils de Jean-Paul. Très subtilement, il parle de ces fils de… qui ont du mal à trouver leur voie car ça sera difficile d’égaler leurs parents.

Rien ne sert de chercher une ressemblance physique dans la démarche, la voix ou les expressions du visage, Victor a tracé sa propre voie artistique et visiblement il a un solide bagage dans le métier du cinéma. Il joue très bien et j’aurai plaisir à aller voir d’autres films avec lui si les sujets sont aussi intéressants qu’Envole-moi.

Le vrai jeune premier de ce film c’est Yoann Eloundou qui joue pour la première fois dans un film. Sa complicité amicale avec Thomas est au coeur du film. Gérard Lanvin, le grand chirurgien parisien comme la maman de Marcus sont des personnages secondaires.

Ce n’est pas un film triste qui cherche à faire pleurer dans les chaumières. C’est un film joyeux, lumineux dans ses dialogues qui parle d’authenticité et d’urgence de vivre.

Copyright David Koskas

Les faux semblants vécus par Thomas en boite de nuit contrastent avec les moments de vérité qu’il vit au centre de rééducation en accompagnant Marcus ou dans son appartement bien plus modeste que le sien. Avoir rencontré cet enfant grâce à l’ultimatum de son père est finalement la chance de sa vie.

Cela va même lui permettre de rencontrer l’amour alors que son oisiveté l’empêchait de tomber amoureux car les filles manquaient vite de considération pour lui une fois la supercherie constatée.

J’ai aimé ce film pour le message positif et plein d’espoir qu’il transmet à l’image d’une scène mémorable où Marcus et Thomas chantent ensemble Envole-moi de Jean-Jacques Goldman. J’ai moi aussi écouté ce cher Jean-Jacques pendant les confinements pour me donner du courage.

On redoute comment cette histoire va se terminer comme on comprend que les jours de Marcus sont suspendus. La virée de cette joyeuse équipe à La Baule pour les treize ans de Marcus est très réjouissante à regarder. Ainsi se termine le film car la vie continue pour Marcus…

Cinéma

Deux moi de Klapisch filme comment reconnecter aux autres en déconnectant des écrans

D’habitude, je me déplace au cinéma pour un film de Cédric Klapisch parce que je suis une fidèle de son cinéma. J’avais repéré Deux moi que je comptais aller voir pour son couple d’acteurs talentueux mais le sujet m’a lassée.

Cela me barbe ces trentenaires blasés de l’amour qui multiplient les conquêtes comme des commandes en ligne et qui se rendent malheureux en se montrant bien bien individualistes.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

Finalement, j’ai regardé ce film en dvd, emprunté à ma fabuleuse médiathèque municipale, en ces temps confinés. Je pense que c’était écrit parce que je n’ai pas ressenti le film de la même manière que si je l’avais vu en 2018, dans notre vie d’avant. La pandémie a accentué ma compassion pour ces personnes seules qui morflent dans leur coin, quelque soit leur âge.

Le titre du film est très efficace car les relations amoureuses ne sont pas le sujet principal du film comme on s’y attendait. C’est un film qui traite de la dépression et comment la guérir par la psychothérapie. Il raconte l’histoire de deux solitudes dans Paris à l’heure des réseaux sociaux.

Ce film est un chef d’œuvre moi qui aime tant la finesse des portraits psychologiques en littérature et au cinéma. Autant L’auberge espagnole était un film agréable et divertissant sur un sujet de société générationnel : les voyages d’études Erasmus à l’étranger. Autant Deux moi dénonce une époque dure où être heureux est obligatoire.

Comme l’analyse Cédric Klapisch, on valorise les smileys, les romans et les films feel good dans une société hyper connectée mais les réseaux sociaux fragilisent le lien social.

Copyright STUDIOCANAL/Emmanuelle Jacobson-Roques. Ce qui me meut.

Deux moi, hommage à la psychothérapie, métier de la mère du réalisateur

Les deux acteurs du film sont fort talentueux pour jouer ces rôles très intérieurs. Pas facile d’exprimer la mélancolie ou la dépression à l’écran.

Les dialogues dans le cadre de leurs deux psychothérapies croisées sont vraiment au cœur du sujet de ce film : qu’est ce qui les lie les gens aujourd’hui dans la société? Cela veut dire quoi faire une vraie rencontre?. Le réalisateur s’est associé à son ami d’enfance Santiago Amigorena pour écrire le scénario. Il est aussi fils de psy.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

Deux trentenaires mélancoliques interprétés par deux acteurs qui montent

François Civil m’a épatée dans son rôle de Rémy, un trentenaire qui travaille dans un grand entrepôt type Amazon. Son travail le stresse au point d’en perdre le sommeil et que son corps le lâche dans le métro. Il commence alors une thérapie avec un psychologue qui exerce dans un milieu hospitalier avec François Berléand.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

On est habitué à voir souvent râler ce grand acteur de théâtre, c’est même limite ce que l’on attend de lui. Il est formidable dans ce rôle à contre-emploi tout en bienveillance et en émotions à l’approche de sa retraite. C’est lui qui va aider Rémy à dénouer un évènement très traumatisant de son enfance pour pouvoir faire son deuil.

Les scènes dans sa famille à la montagne sont vraiment très justes, elles expriment le malaise et la pesanteur de se sentir de trop alors que ses frères et sœurs ont déjà fondé leur propre famille. Les scènes où il comble sa solitude en adoptant un chat blanc qu’il appelle Nugget m’ont vraiment attendrie.

Ana Girardot joue Mélanie, une chercheuse très timide et peu sûre d’elle même. Elle est fragilisée par une rupture amoureuse survenue il y a un an qu’elle raconte à sa psychologue, Camille Cottin. Elle a constamment envie de dormir et multiplie les conquêtes amoureuses en s’inscrivant sur un site de rencontres, encouragée par ses copines très cyniques et désabusées.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut
Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

Sa sœur Capucine l’épaule le jour où elle doit présenter le résultat de ses recherches devant une trentaine de personnes.

Cédric Klapisch filme cette scène avec talent, le spectateur se sent emporté par une sorte de communion d’empathie avec la salle quand cette jeune femme réussit ce défi et reprend confiance en elle.

C’est un crève-cœur de la voir déprimer dans sa baignoire et sa salle de bain rose bonbon.

Un portrait simple mais efficace de Paris au quotidien

Cédric Klapisch est de longue date le cinéaste du Paris contemporain. Il a posé son décor dans le nouveau Paris entre le 18eme et le 19eme arrondissement dans la Goutte d’or pas encore bobo. Les plans qui montrent Montmartre au coucher du soleil, ses voies ferrés reflètent une esthétique cinématographique qui lui est personnelle.

On reconnait sa touche à ces plans je trouve. C’est du grand cinéma, cela explique son grand succès populaire, comme Jean-Pierre Jeunet ou Eric Toledano et Olivier Nakache dans le genre de la comédie.

La chaleur humaine, une denrée rare disponible dans une épicerie de la Goutte d’or

Simon Abkarian occupe un rôle secondaire, celui de Mansour l’épicier de quartier de la Goutte d’or. Pourtant, c’est lui qui crée du lien avec ces deux jeunes un peu perdus dans leur mélancolie. Il les considère individuellement et ça les touche, ils essayent de faire des progrès de sociabilisation à son contact.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

C’est un véritable auxiliaire de vie sociale qui prend le relais de leurs thérapeutes respectifs et il va les aider à tomber l’armure dans la scène finale du film. Je vous laisse découvrir comment.

Il y a bien longtemps que je n’avais pas attribué cinq sardines, la palme d’or du blog à un film sentimental français. Cela me change des désillusions en série bien cyniques que l’on voit dans la série Plan cœur de Netflix par exemple.

Ce film m’a encouragée à écrire mon prochain article alors que j’étais tout près d’abandonner. Dans ce prochain article, je vous raconterai pourquoi j’ai été déçue par la série En thérapie sur Arte.

Retrouvez ici les précédents articles du blog :

–Thérapie de groupe, une chronique de la série Sauveur et fils de Marie-Aude Murail, éditions Ecole des loisirs

–Le canal de Suez, lieu cosmopolite, source d’inspiration pour les arts

Du livre à l'écran·Séries

Quand Lupin devient le blaze d’Omar Sy sur Netflix

Début janvier, j’ai regardé la saison 1 de Lupin avec notre Omar Sy national. Oui car n’en déplaisent aux affreux qui trouvent qu’il était un peu trop foncé pour le rôle : Omar Sy comme Arsène Lupin font partie du patrimoine culturel français et ils forment un très beau duo.

Omar n’interprète pas Arsène Lupin mais Assane Diop, un jeune émigré sénégalais qui veut venger la mort de son père Babakar, accusé d’un délit qu’il n’a pas commis. Il est fortement inspiré par les romans de Maurice Leblanc dont il essaie de transmettre la passion à son fils Raoul.

Omar ne porte pas la cape et le haut de forme, ce n’est pas Mardi gras mais une casquette de titi parisien et un manteau long très urbain. C’est une série très dense qui ne comporte que cinq épisodes pour cette première partie. La seconde partie sera diffusée en fin d’année 2021.

La fin de la première partie se clôture en beauté avec un final tout en suspens à Etretat avec une plage hors du temps, peuplée d’hommes en hauts de forme comme au 19eme siècle. L’effet cinématographique est très réussi.

J’ai beaucoup aimé cette série française financée par Netflix. J’avais très peur que des cinéastes américains caricaturent notre Paris dans le même genre qu‘ Emily in Paris (cette série m’a traumatisée en 2020). Tous les acteurs jouent bien, surtout les flics rebeus de la nouvelle génération qui essaient de mettre la main sur Lupin.

C’est assez agréable de voir ce genre de films et de séries : Intouchables, L’ascension, Lupin qui montrent les jeunes des cités de banlieue sous un jour plus favorable : la réalité finalement.

Omar Sy est le premier artiste noir à recevoir un César…. en 2012 ! Il l’a obtenu grâce à deux réalisateurs géniaux : Eric Toledano et Olivier Nakache qui savent donner une intensité dramatique à leurs comédies.

Omar Sy le leur rend bien puisque c’est leur acteur fétiche depuis Nos jours heureux, Tellement proches, Intouchables, Samba...

Dans un prochain article, je vous parlerai de leur série En thérapie diffusée sur Arte actuellement. J’aime le cinéma de ces deux réalisateurs pour la part autobiographique qui parle à chacun qu’ils mettent dans leurs films : la colonie de vacances, la belle-famille insupportable…

Dans cet article, je vais peu parler de Lupin, d’autres comme Jean-Luc Gadreau ont écrit des chroniques très réussies sur cette série relayées par Regards protestants. Moi, j’ai envie de vous parler de mes meilleurs souvenirs qui sont remontés à la surface en regardant Lupin.

Copyright Emmanuel Guimier/Netflix

Moi aussi, j’avais un badge du Louvre pour travailler dans la ville-musée !

Dans le premier épisode de Lupin, Omar Sy badge pour aller nettoyer les salles du musée du Louvre la nuit. Moi, j’ai travaillé trois ans pendant les vacances scolaires à la librairie du musée du Louvre (mon job d’été préféré). J’ai gardé précieusement ce précieux sésame en souvenir. Il m’ouvrait les portes du plus beau musée du monde.

C’est une vraie ville le musée du Louvre pour aller rendre sa caisse à la régie, aller manger à la cantine… J’avais chroniqué une BD formidable L‘île Louvre de Florent Chavouet, éditions Futuropolis dans mon ancien blog si vous voulez lire ma chronique, c’est ici !

J’aime cette série Lupin car elle donne envie à beaucoup d’entre nous de retourner au musée du Louvre et aussi de se plonger dans les dix-huit romans de Maurice Leblanc. Les aventures du gentleman-cambrioleur ont été crées en 1905 et connaissent une popularité qui ne s’est jamais vraiment tarie compte tenu des nombreuses adaptations au cinéma et les lectures imposées au collège-lycée.

Enfin, Arsène Lupin a redonné envie à de nombreux touristes d’aller faire un tour à Etretat et son aiguille creuse, titre d’un de ses romans. Maurice Leblanc vient du plus beau département de France selon moi : la Seine-Maritime (76). Il a situé son intrigue à Tancarville, à l’abbaye de Jumièges près de Rouen, sa ville natale…

Que des endroits que je connais pour les avoir visité avec mes grands-parents. Ils avaient une maison à colombages noirs et blancs près de Dieppe.

Les Falaises d’Etretat, Normandie – © Istock – Janoka82

Pour conclure, Lupin est une agréable série à regarder pour se divertir pendant le couvre-feu. Omar Sy y est pour beaucoup.

C’est l’un de mes acteurs favoris et j’ai profité de l’écriture de cet article pour revoir d’anciens sketchs du SAV des émissions sur Canal + entre 2005 et 2012 (j’aime le téléphone sans fil saumon des années 2000).

Intouchables a été un carton dans les salles de cinéma il y a déjà dix ans et Omar continue de nous redonner le sourire avec son rire tonitruant et ses pas de danse contagieux. Vive Omar ! Vive la France d’Arsène Lupin.

Retrouvez ici mes précédents articles :

-Devenir banlieusarde après quinze années à Paris

–Rénover de vieux meubles de cuisine quand on peint comme un pied

–Toujours là pour toi sur Netflix : le grand retour des lunettes triple foyer

Si cet article vous a plu, il est possible de s’abonner à mon blog en haut à droite de l’écran. Plus on est de fous dans la boite à sardines…

Du livre à l'écran·Séries

Toujours là pour toi, la série Netflix qui renoue avec les brushing rétro et les lunettes triple foyer

Dimanche dernier, j’ai commencé une nouvelle série sur Netflix et j’en suis déja à la moitié : Toujours là pour toi compte dix épisodes. Je l’ai découverte via Facebook et 95 % de la série repose sur les épaules de Katherine Heigl.

Ce n’est pas mon actrice américaine favorite : elle joue trop avec son visage à écarquiller les yeux et sa filmographie compte un certain nombre de rôles de nunuches. Mais cette série m’a permis de la découvrir sous un autre angle et de mieux apprécier son jeu.

Le résumé :

Tully Hart est une star du petit écran. Elle confesse les Américaines moyennes (je déteste cette expression ) sur son canapé à la manière de Sophie Davant, Evelyne Thomas ou Faustine Bollaert.

Mais derrière la splendide jeune femme, se cache une petite fille au cœur brisé, livrée à elle même dans une manifestation peace and love. Sa mère qui se fait appeler Cloud, est venue la chercher mais on ne sait pas bien pourquoi. A quinze ans, Tully se retrouve à supporter les amants de sa mère dans une maison bordélique où flotte continuellement une odeur de beuh persistante.

Copyright Netflix

Heureusement, elle va faire la rencontre déterminante de Kate, sa voisine du même âge et future meilleure amie. Kate a des lunettes triple foyer, subit les moqueries des garçons mais elle vient d’un foyer stable et aimant où ses parents veillent sur son équilibre qu’elle soit ringarde ou non.

Cette série est structurée par des flash-backs incessants entre trois époques différentes : l’adolescence des deux filles dans les années 1970, leurs années d’études et leur premier boulot dans un studio de télévision de Seattle dans les années 1980 et enfin les années 2020 quand elles entament une quarantaine sexuellement libérée mais assez triste.

Mon avis :

Je suis très partagée pour juger au mieux cette série, une création originale Netflix. Je la trouve à la fois géniale et passablement décevante dans le message qu’elle porte. A plus de quarante ans, Kate et Tully attirent des hommes dans leur lit mais au lieu que cette victoire « féministe » – brandie comme un soutien-gorge en étendard (elle était facile, je vous l’accorde)- soit source d’épanouissement personnel, elle ne leur apporte que confusion émotionnelle.

Et elles ne s’en rendent même pas compte, elles ne pensent qu’à allonger le tableau de chasse. Si le trophée en question a dix ans de moins , c’est encore mieux.

Copyright Netflix

Cela me fait penser à une autre série Netflix que j’ai vraiment aimé : Never have I ever. Ravi et ses copines ne cherchent qu’à tomber le plus beau mec du lycée, Paxton, peu importe qu’il soit intéressant, cultivé ou intelligent. Tant qu’il a de beaux abdominaux et qu’il permet à Ravi de perdre sa virginité pour devenir populaire, c’est l’essentiel. A force de proposer des scènes de sexe délurées avec des MILF et des toyboys, on devient sexistes…. envers les hommes. Bonjour la modernité !

Après ce petit esclandre (la guerre idéologique actuelle entre les sexes me révolte, c’est dit!), passons à pourquoi cette série mérite un article dans ce blog : sa finesse psychologique ! En particulier, le personnage de Tully enfant et adolescente.

La scène où elle est abandonnée dans la manifestation pacifiste et qu’elle se retrouve toute seule sur un banc public a failli me faire pleurer tant elle est intense, dramatiquement bien filmée. Tully se retrouve face à un parent totalement immature, cela la laisse dans une insécurité affective permanente même quand elle devient adulte.

Voilà pourquoi cette série est intéressante à regarder ! Le personnage de Kate est aussi intéressant mais il devient vite caricatural quand elle commence à vieillir. Elle m’exaspère avec ses pleurnicheries parce qu’elle divorce et qu’elle hésite entre trois hommes différents en un week-end ( son ex-mari, un parent d’élève et un jeune photographe sexy). Finalement, elle passe ses soirées toute seule dans sa maison de la banlieue de Seattle totalement démente. Kate et Tully sont deux Américaines très riches mais pas très épanouies ! J’ai bien envie de lire ce roman Firefly Lane, adapté par Netflix.

Je vous recommande donc cette série, bien jouée par Katherine Heigel principalement. Elle parle avec beaucoup de justesse des traumatismes psychologiques qui empêchent de se construire en tant qu’ adultes. La presse féminine tire à boulets rouges sur le personnage de Tully.

Copyright Netflix

On la trouve trop égocentrique, écrasant totalement sa copine Kate. Il est juste de dire que leur amitié n’est pas toujours très constructive (cela coûte même à Kate son mariage) mais c’est un peu exagéré de parler d’amitié toxique. De mon point de vue, je trouve que cette Tully a bien de la chance d’avoir une telle amie depuis le collège, qui l’a surement aidée à ne pas sombrer totalement.

Cela m’a fait pensé à une interview de Joey Starr sur France 5 où il racontait son enfance vraiment chaotique à cause de l’instabilité émotionnelle totale qui régnait chez lui. Il expliquait qu’il se sentait plus en sécurité dehors dans sa cité du 93 que chez lui où les coups dégringolaient avant même les demandes d’ explications de son père.

Cela n’excuse pas les actes du personnage mais cela nous éclaire sur l’origine et les causes de comportements auto-destructeurs.