Cinéma

Les promesses du printemps : comment entretenir l’amour conjugal comme un beau jardin propret de Tranquility, Missouri

Pardonnez- moi ce titre moqueur mais pourtant j’ai bien aimé ce roman.

C’est niais à souhait : tout y est. Le club de dames qui se mobilise pour la fermeture du vidéoclub X (un peu daté? le vidéoclub dans une ville), les amies bien lourdes qui se ruent chez l’épouse éplorée Brenda (ça ne s’invente pas) et pourtant je me suis laissée embarquée dans ce roman. Je vous raconte pourquoi dans cet article.

Les promesses du printemps. Quand l’amour se renouvelle

Gary Chapman et Catherine Palmer

455 pages

Artège

21€90

Sachez que je suis une lectrice de romans vraiment difficile et que je n’hésite pas à envoyer paître un livre si les thématiques ne me parlent pas, que c’est mal écrit ou que les prénoms des personnages ne me parlent pas (je sais, c’est vraiment abusé).

Le pire, c’est que ce genre de mésaventures m’arrive désormais un livre sur deux et je me retrouve fort désœuvrée dans le RER A chaque matin. J’ajouterai que je commence à ne plus vouloir lire que des gros pavés d’un minimum de 400 pages. C’était le cas de ce livre et j’ai passé un bon moment avec lui dans les transports cette semaine.

C’est l’histoire d’une petite ville américaine où tout le monde se connait et se réunit au salon de coiffure autour d’un thé chez Patsy, une célibataire endurcie qui cherche à évangéliser tous ceux qu’elle rencontre. Parmi ses clientes, elle remarque Brenda, l’épouse de Steve. Elle les connaît bien tous les deux et on sent bien qu’il y a de l’électricité dans l’air en permanence dans le ménage.

Leurs aspirations ont pris des chemins radicalement différents et ils ne savent plus comment communiquer, ni se toucher en tout bien tout honneur aussi. Leur situation conjugale est catastrophique, l’ambiance est polaire entre eux.

Un jeune vagabond très simplet va venir bousculer leur quotidien et leur réapprendre à prendre soin les uns des autres bien malgré lui. Les échanges entre les femmes de la ville, bonnes chrétiennes, qui s’insurgent du fait que ce jeune homme rôde à côté de leurs maisons m’a mise hors de moi.

Leurs conjoints craignent que sa présence ne fasse chuter le prix de l’immobilier dans cette ravissante bourgade accolée à un superbe lac Ozark.

Droits réservés Cybevasion

Ne retenez pas la bigoterie de ce groupe de femmes, le seul personnage dont la foi est intéressante est Brenda car elle vit une crise de foi à cause de son mariage et du départ de ses enfants. Pourtant, dans sa détresse, elle est la seule à tendre la main à ce jeune gars, abandonné par son père à l’âge adulte pour une raison dramatique.

J’ai bien aimé ce roman qui oscille entre grande profondeur psychologique et superficialité bien lourde car il a été écrit par un conseiller conjugal associé à une romancière à succès en Amérique.

Il utilise les codes du feel good : la couverture du livre est fort efficace. Je suis tombée dans le panneau alors que je suis très critique face à ce genre de visuels rose bonbons. Et pour une fois, bonne surprise.

Il faut dire que je connais bien les livres sur le couple de Gary Chapman pour les vendre dans la librairie où je travaille. J’y ai reconnu certains de ses concepts comme les cinq langages de l’amour ou ses conseils pour entretenir son couple quand ses enfants adultes quittent la maison.

Ce roman est efficace car par le biais de la fiction, ses lecteurs peuvent être amenés à réfléchir plus librement aux réalités qu’ils rencontrent eux aussi dans le quotidien. C’est moins intimidant qu’un bon vieux livre de développement personnel qui expose vos difficultés en grosses lettres.

Cela me donne envie de lire son premier roman Une simple étincelle, toujours aux éditions Artège, écrit avec Chris Palmer. La couverture m’avait pas du tout convaincue, on se croirait dans un remake de La cabane, un livre chrétien best-seller adapté au cinéma avec Octavia Spencer.

Mettre la bobine de l’auteur en bandeau n’était pas une idée judicieuse. Je n’ai pas d’avis sur le physique de Mr Chapman mais cela brouille les genres : on s’attend plus à un livre de psychologie au rayon sciences humaines qu’à un roman.

Dans un prochain article, j’ai bien envie de vous parler couvertures de livres et Instagram, du haut de mon expérience de libraire depuis dix ans et de mes drôles d’ expériences de lectrice.

Cette bonne leçon de lecture me rappelle une autre vécue en janvier que j’avais déjà raconté dans un article : Ne pas se fier aux idées reçues.. C’est dur à admettre mais je dois reconnaître que je suis sacrément conditionnée au marketing d’un livre qui ressemble à d’autres lectures que j’ai déjà lues parce que ce sont toujours les mêmes ficelles qui marchent…

L’originalité de ce livre est d’avoir su retranscrire en fiction la violence des sentiments contradictoires qu’éprouvent Steve et Brenda, l’un envers l’autre. On sent leur désarroi et on compatit avec eux.

Leur cercle d’amis cherche à les aider avec toute la maladresse et la lourdeur dont ils sont capables. Cela me rappelle le personnage de Hope dans les séries Virgin River ou A l’ombre des magnolias sur Netflix.

L’expression « bon chrétien » m’exaspère profondément. C’est le principal reproche que j’ai à faire à ce livre. Gary Chapman, auteur chrétien arrive même à capter l’attention de magazines féminins bien libres comme Cosmopolitan, autant prôner la foi plutôt que la religion qui n’élève pas tant que ça .

On ne gagne pas son salut à ses bonnes œuvres mais à la qualité de son cœur, s’il est bien disposé pour Dieu le Père et ses prochains. Le couple de Brenda et Steve arrive à la fin du livre à cette attitude de cœur après bien des efforts. Mais cela vaut le coup !

Vous croyez que je vous spoile la fin du livre mais vous ne savez pas par quels moyens ils y parviennent !

D’autres séries et livres américains à découvrir sur le blog Le bal littéraire des sardines (*oui parfois, ils me gonflent avec leur culte de la performance, leur perfectionnisme jusque dans le nom de leurs petites villes proprettes où il y a quand même de l’insécurité mais leur littérature me passionne).

-Nos âmes la nuit, un bon coup de pied aux fesses au jeunisme

Mes dix meilleures découvertes Netflix

Cinéma

Envole-moi, un film aux bons sentiments qui nous donne un souffle nouveau

La bande-annonce m’avait emballée, la lecture du dossier de presse m’avait rendue dubitative. J’avais peur d’un film aux bons sentiments, un peu plan-plan, mal joué.

Mais convaincue par le cinéma de Christophe Barratier qui ne m’a jamais déçue, l’envie de retrouver les salles obscures a été la plus forte. Et vraiment quelle bonne idée ! Ce film a bien failli me faire pleurer à trois ou quatre reprises !

Alors oui cette histoire vraie adaptée au cinéma fait tout de suite penser à Intouchables. Mais ce n’est pas un souci car l’histoire est différente.

Ici, c’est l’histoire d’un enfant qui ne peut pas avoir d’enfance ni d’adolescence comme les autres et pourtant son chirurgien l’aime tellement qu’il va lui trouver un grand frère d’adoption pour ne pas sombrer.

On ne vit plus de la même manière les scènes de rue ou de fêtes en discothèque de la même manière depuis l’épidémie de Covid 19. Le tournage de ce film a été interrompu pendant trois mois par le premier confinement. Cette joie de pouvoir se retrouver, de terminer de raconter cette histoire se ressent dans le jeu des comédiens.

C’est une histoire d’amitié, de solidarité vitale. Marcus, un préadolescent de 13 ans survit comme il peut avec une malformation cardiaque depuis sa naissance et sa vie quotidienne n’est pas très funky.

Alors que le quotidien de Thomas, 25 ans n’est fait que de fêtes et sorties bien arrosées aux crochets de son père Henri (le formidable Gérard Lanvin), un chirurgien très aisé qui a crée un lien très fort avec Marcus et sa maman.

Copyright David Koskas

La première scène du film démarre très fort, tant ce fils à papa se conduit mal. Sa désinvolture, sa nonchalance à se moquer de tout coupe le souffle. La manière dont son père va le mettre le dos au mur pour le pousser à se reprendre en mains m’a vraiment plu.

Christophe Barratier a choisi comme acteur principal Victor Belmondo, le petit-fils de Jean-Paul. Très subtilement, il parle de ces fils de… qui ont du mal à trouver leur voie car ça sera difficile d’égaler leurs parents.

Rien ne sert de chercher une ressemblance physique dans la démarche, la voix ou les expressions du visage, Victor a tracé sa propre voie artistique et visiblement il a un solide bagage dans le métier du cinéma. Il joue très bien et j’aurai plaisir à aller voir d’autres films avec lui si les sujets sont aussi intéressants qu’Envole-moi.

Le vrai jeune premier de ce film c’est Yoann Eloundou qui joue pour la première fois dans un film. Sa complicité amicale avec Thomas est au coeur du film. Gérard Lanvin, le grand chirurgien parisien comme la maman de Marcus sont des personnages secondaires.

Ce n’est pas un film triste qui cherche à faire pleurer dans les chaumières. C’est un film joyeux, lumineux dans ses dialogues qui parle d’authenticité et d’urgence de vivre.

Copyright David Koskas

Les faux semblants vécus par Thomas en boite de nuit contrastent avec les moments de vérité qu’il vit au centre de rééducation en accompagnant Marcus ou dans son appartement bien plus modeste que le sien. Avoir rencontré cet enfant grâce à l’ultimatum de son père est finalement la chance de sa vie.

Cela va même lui permettre de rencontrer l’amour alors que son oisiveté l’empêchait de tomber amoureux car les filles manquaient vite de considération pour lui une fois la supercherie constatée.

J’ai aimé ce film pour le message positif et plein d’espoir qu’il transmet à l’image d’une scène mémorable où Marcus et Thomas chantent ensemble Envole-moi de Jean-Jacques Goldman. J’ai moi aussi écouté ce cher Jean-Jacques pendant les confinements pour me donner du courage.

On redoute comment cette histoire va se terminer comme on comprend que les jours de Marcus sont suspendus. La virée de cette joyeuse équipe à La Baule pour les treize ans de Marcus est très réjouissante à regarder. Ainsi se termine le film car la vie continue pour Marcus…

Cinéma

Deux moi de Klapisch filme comment reconnecter aux autres en déconnectant des écrans

D’habitude, je me déplace au cinéma pour un film de Cédric Klapisch parce que je suis une fidèle de son cinéma. J’avais repéré Deux moi que je comptais aller voir pour son couple d’acteurs talentueux mais le sujet m’a lassée.

Cela me barbe ces trentenaires blasés de l’amour qui multiplient les conquêtes comme des commandes en ligne et qui se rendent malheureux en se montrant bien bien individualistes.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

Finalement, j’ai regardé ce film en dvd, emprunté à ma fabuleuse médiathèque municipale, en ces temps confinés. Je pense que c’était écrit parce que je n’ai pas ressenti le film de la même manière que si je l’avais vu en 2018, dans notre vie d’avant. La pandémie a accentué ma compassion pour ces personnes seules qui morflent dans leur coin, quelque soit leur âge.

Le titre du film est très efficace car les relations amoureuses ne sont pas le sujet principal du film comme on s’y attendait. C’est un film qui traite de la dépression et comment la guérir par la psychothérapie. Il raconte l’histoire de deux solitudes dans Paris à l’heure des réseaux sociaux.

Ce film est un chef d’œuvre moi qui aime tant la finesse des portraits psychologiques en littérature et au cinéma. Autant L’auberge espagnole était un film agréable et divertissant sur un sujet de société générationnel : les voyages d’études Erasmus à l’étranger. Autant Deux moi dénonce une époque dure où être heureux est obligatoire.

Comme l’analyse Cédric Klapisch, on valorise les smileys, les romans et les films feel good dans une société hyper connectée mais les réseaux sociaux fragilisent le lien social.

Copyright STUDIOCANAL/Emmanuelle Jacobson-Roques. Ce qui me meut.

Deux moi, hommage à la psychothérapie, métier de la mère du réalisateur

Les deux acteurs du film sont fort talentueux pour jouer ces rôles très intérieurs. Pas facile d’exprimer la mélancolie ou la dépression à l’écran.

Les dialogues dans le cadre de leurs deux psychothérapies croisées sont vraiment au cœur du sujet de ce film : qu’est ce qui les lie les gens aujourd’hui dans la société? Cela veut dire quoi faire une vraie rencontre?. Le réalisateur s’est associé à son ami d’enfance Santiago Amigorena pour écrire le scénario. Il est aussi fils de psy.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

Deux trentenaires mélancoliques interprétés par deux acteurs qui montent

François Civil m’a épatée dans son rôle de Rémy, un trentenaire qui travaille dans un grand entrepôt type Amazon. Son travail le stresse au point d’en perdre le sommeil et que son corps le lâche dans le métro. Il commence alors une thérapie avec un psychologue qui exerce dans un milieu hospitalier avec François Berléand.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

On est habitué à voir souvent râler ce grand acteur de théâtre, c’est même limite ce que l’on attend de lui. Il est formidable dans ce rôle à contre-emploi tout en bienveillance et en émotions à l’approche de sa retraite. C’est lui qui va aider Rémy à dénouer un évènement très traumatisant de son enfance pour pouvoir faire son deuil.

Les scènes dans sa famille à la montagne sont vraiment très justes, elles expriment le malaise et la pesanteur de se sentir de trop alors que ses frères et sœurs ont déjà fondé leur propre famille. Les scènes où il comble sa solitude en adoptant un chat blanc qu’il appelle Nugget m’ont vraiment attendrie.

Ana Girardot joue Mélanie, une chercheuse très timide et peu sûre d’elle même. Elle est fragilisée par une rupture amoureuse survenue il y a un an qu’elle raconte à sa psychologue, Camille Cottin. Elle a constamment envie de dormir et multiplie les conquêtes amoureuses en s’inscrivant sur un site de rencontres, encouragée par ses copines très cyniques et désabusées.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut
Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

Sa sœur Capucine l’épaule le jour où elle doit présenter le résultat de ses recherches devant une trentaine de personnes.

Cédric Klapisch filme cette scène avec talent, le spectateur se sent emporté par une sorte de communion d’empathie avec la salle quand cette jeune femme réussit ce défi et reprend confiance en elle.

C’est un crève-cœur de la voir déprimer dans sa baignoire et sa salle de bain rose bonbon.

Un portrait simple mais efficace de Paris au quotidien

Cédric Klapisch est de longue date le cinéaste du Paris contemporain. Il a posé son décor dans le nouveau Paris entre le 18eme et le 19eme arrondissement dans la Goutte d’or pas encore bobo. Les plans qui montrent Montmartre au coucher du soleil, ses voies ferrés reflètent une esthétique cinématographique qui lui est personnelle.

On reconnait sa touche à ces plans je trouve. C’est du grand cinéma, cela explique son grand succès populaire, comme Jean-Pierre Jeunet ou Eric Toledano et Olivier Nakache dans le genre de la comédie.

La chaleur humaine, une denrée rare disponible dans une épicerie de la Goutte d’or

Simon Abkarian occupe un rôle secondaire, celui de Mansour l’épicier de quartier de la Goutte d’or. Pourtant, c’est lui qui crée du lien avec ces deux jeunes un peu perdus dans leur mélancolie. Il les considère individuellement et ça les touche, ils essayent de faire des progrès de sociabilisation à son contact.

Copyright Emmanuelle Jacobson-Roques – Ce qui me meut

C’est un véritable auxiliaire de vie sociale qui prend le relais de leurs thérapeutes respectifs et il va les aider à tomber l’armure dans la scène finale du film. Je vous laisse découvrir comment.

Il y a bien longtemps que je n’avais pas attribué cinq sardines, la palme d’or du blog à un film sentimental français. Cela me change des désillusions en série bien cyniques que l’on voit dans la série Plan cœur de Netflix par exemple.

Ce film m’a encouragée à écrire mon prochain article alors que j’étais tout près d’abandonner. Dans ce prochain article, je vous raconterai pourquoi j’ai été déçue par la série En thérapie sur Arte.

Retrouvez ici les précédents articles du blog :

Thérapie de groupe, une chronique de la série Sauveur et fils de Marie-Aude Murail, éditions Ecole des loisirs

Le canal de Suez, lieu cosmopolite, source d’inspiration pour les arts

Du livre à l'écran·Séries

Quand Lupin devient le blaze d’Omar Sy sur Netflix

Début janvier, j’ai regardé la saison 1 de Lupin avec notre Omar Sy national. Oui car n’en déplaisent aux affreux qui trouvent qu’il était un peu trop foncé pour le rôle : Omar Sy comme Arsène Lupin font partie du patrimoine culturel français et ils forment un très beau duo.

Omar n’interprète pas Arsène Lupin mais Assane Diop, un jeune émigré sénégalais qui veut venger la mort de son père Babakar, accusé d’un délit qu’il n’a pas commis. Il est fortement inspiré par les romans de Maurice Leblanc dont il essaie de transmettre la passion à son fils Raoul.

Omar ne porte pas la cape et le haut de forme, ce n’est pas Mardi gras mais une casquette de titi parisien et un manteau long très urbain. C’est une série très dense qui ne comporte que cinq épisodes pour cette première partie. La seconde partie sera diffusée en fin d’année 2021.

La fin de la première partie se clôture en beauté avec un final tout en suspens à Etretat avec une plage hors du temps, peuplée d’hommes en hauts de forme comme au 19eme siècle. L’effet cinématographique est très réussi.

J’ai beaucoup aimé cette série française financée par Netflix. J’avais très peur que des cinéastes américains caricaturent notre Paris dans le même genre qu‘ Emily in Paris (cette série m’a traumatisée en 2020). Tous les acteurs jouent bien, surtout les flics rebeus de la nouvelle génération qui essaient de mettre la main sur Lupin.

C’est assez agréable de voir ce genre de films et de séries : Intouchables, L’ascension, Lupin qui montrent les jeunes des cités de banlieue sous un jour plus favorable : la réalité finalement.

Omar Sy est le premier artiste noir à recevoir un César…. en 2012 ! Il l’a obtenu grâce à deux réalisateurs géniaux : Eric Toledano et Olivier Nakache qui savent donner une intensité dramatique à leurs comédies.

Omar Sy le leur rend bien puisque c’est leur acteur fétiche depuis Nos jours heureux, Tellement proches, Intouchables, Samba...

Dans un prochain article, je vous parlerai de leur série En thérapie diffusée sur Arte actuellement. J’aime le cinéma de ces deux réalisateurs pour la part autobiographique qui parle à chacun qu’ils mettent dans leurs films : la colonie de vacances, la belle-famille insupportable…

Dans cet article, je vais peu parler de Lupin, d’autres comme Jean-Luc Gadreau ont écrit des chroniques très réussies sur cette série relayées par Regards protestants. Moi, j’ai envie de vous parler de mes meilleurs souvenirs qui sont remontés à la surface en regardant Lupin.

Copyright Emmanuel Guimier/Netflix

Moi aussi, j’avais un badge du Louvre pour travailler dans la ville-musée !

Dans le premier épisode de Lupin, Omar Sy badge pour aller nettoyer les salles du musée du Louvre la nuit. Moi, j’ai travaillé trois ans pendant les vacances scolaires à la librairie du musée du Louvre (mon job d’été préféré). J’ai gardé précieusement ce précieux sésame en souvenir. Il m’ouvrait les portes du plus beau musée du monde.

C’est une vraie ville le musée du Louvre pour aller rendre sa caisse à la régie, aller manger à la cantine… J’avais chroniqué une BD formidable Lîle Louvre de Florent Chavouet, éditions Futuropolis dans mon ancien blog si vous voulez lire ma chronique, c’est ici !

J’aime cette série Lupin car elle donne envie à beaucoup d’entre nous de retourner au musée du Louvre et aussi de se plonger dans les dix-huit romans de Maurice Leblanc. Les aventures du gentleman-cambrioleur ont été crées en 1905 et connaissent une popularité qui ne s’est jamais vraiment tarie compte tenu des nombreuses adaptations au cinéma et les lectures imposées au collège-lycée.

Enfin, Arsène Lupin a redonné envie à de nombreux touristes d’aller faire un tour à Etretat et son aiguille creuse, titre d’un de ses romans. Maurice Leblanc vient du plus beau département de France selon moi : la Seine-Maritime (76). Il a situé son intrigue à Tancarville, à l’abbaye de Jumièges près de Rouen, sa ville natale…

Que des endroits que je connais pour les avoir visité avec mes grands-parents. Ils avaient une maison à colombages noirs et blancs près de Dieppe.

Les Falaises d’Etretat, Normandie – © Istock – Janoka82

Pour conclure, Lupin est une agréable série à regarder pour se divertir pendant le couvre-feu. Omar Sy y est pour beaucoup.

C’est l’un de mes acteurs favoris et j’ai profité de l’écriture de cet article pour revoir d’anciens sketchs du SAV des émissions sur Canal + entre 2005 et 2012 (j’aime le téléphone sans fil saumon des années 2000).

Intouchables a été un carton dans les salles de cinéma il y a déjà dix ans et Omar continue de nous redonner le sourire avec son rire tonitruant et ses pas de danse contagieux. Vive Omar ! Vive la France d’Arsène Lupin.

Retrouvez ici mes précédents articles :

-Devenir banlieusarde après quinze années à Paris

Rénover de vieux meubles de cuisine quand on peint comme un pied

Toujours là pour toi sur Netflix : le grand retour des lunettes triple foyer

Si cet article vous a plu, il est possible de s’abonner à mon blog en haut à droite de l’écran. Plus on est de fous dans la boite à sardines…

Du livre à l'écran·Séries

Toujours là pour toi, la série Netflix qui renoue avec les brushing rétro et les lunettes triple foyer

Dimanche dernier, j’ai commencé une nouvelle série sur Netflix et j’en suis déja à la moitié : Toujours là pour toi compte dix épisodes. Je l’ai découverte via Facebook et 95 % de la série repose sur les épaules de Katherine Heigl.

Ce n’est pas mon actrice américaine favorite : elle joue trop avec son visage à écarquiller les yeux et sa filmographie compte un certain nombre de rôles de nunuches. Mais cette série m’a permis de la découvrir sous un autre angle et de mieux apprécier son jeu.

Le résumé :

Tully Hart est une star du petit écran. Elle confesse les Américaines moyennes (je déteste cette expression ) sur son canapé à la manière de Sophie Davant, Evelyne Thomas ou Faustine Bollaert.

Mais derrière la splendide jeune femme, se cache une petite fille au cœur brisé, livrée à elle même dans une manifestation peace and love. Sa mère qui se fait appeler Cloud, est venue la chercher mais on ne sait pas bien pourquoi. A quinze ans, Tully se retrouve à supporter les amants de sa mère dans une maison bordélique où flotte continuellement une odeur de beuh persistante.

Copyright Netflix

Heureusement, elle va faire la rencontre déterminante de Kate, sa voisine du même âge et future meilleure amie. Kate a des lunettes triple foyer, subit les moqueries des garçons mais elle vient d’un foyer stable et aimant où ses parents veillent sur son équilibre qu’elle soit ringarde ou non.

Cette série est structurée par des flash-backs incessants entre trois époques différentes : l’adolescence des deux filles dans les années 1970, leurs années d’études et leur premier boulot dans un studio de télévision de Seattle dans les années 1980 et enfin les années 2020 quand elles entament une quarantaine sexuellement libérée mais assez triste.

Mon avis :

Je suis très partagée pour juger au mieux cette série, une création originale Netflix. Je la trouve à la fois géniale et passablement décevante dans le message qu’elle porte. A plus de quarante ans, Kate et Tully attirent des hommes dans leur lit mais au lieu que cette victoire « féministe » – brandie comme un soutien-gorge en étendard (elle était facile, je vous l’accorde)- soit source d’épanouissement personnel, elle ne leur apporte que confusion émotionnelle.

Et elles ne s’en rendent même pas compte, elles ne pensent qu’à allonger le tableau de chasse. Si le trophée en question a dix ans de moins , c’est encore mieux.

Copyright Netflix

Cela me fait penser à une autre série Netflix que j’ai vraiment aimé : Never have I ever. Ravi et ses copines ne cherchent qu’à tomber le plus beau mec du lycée, Paxton, peu importe qu’il soit intéressant, cultivé ou intelligent. Tant qu’il a de beaux abdominaux et qu’il permet à Ravi de perdre sa virginité pour devenir populaire, c’est l’essentiel. A force de proposer des scènes de sexe délurées avec des MILF et des toyboys, on devient sexistes…. envers les hommes. Bonjour la modernité !

Après ce petit esclandre (la guerre idéologique actuelle entre les sexes me révolte, c’est dit!), passons à pourquoi cette série mérite un article dans ce blog : sa finesse psychologique ! En particulier, le personnage de Tully enfant et adolescente.

La scène où elle est abandonnée dans la manifestation pacifiste et qu’elle se retrouve toute seule sur un banc public a failli me faire pleurer tant elle est intense, dramatiquement bien filmée. Tully se retrouve face à un parent totalement immature, cela la laisse dans une insécurité affective permanente même quand elle devient adulte.

Voilà pourquoi cette série est intéressante à regarder ! Le personnage de Kate est aussi intéressant mais il devient vite caricatural quand elle commence à vieillir. Elle m’exaspère avec ses pleurnicheries parce qu’elle divorce et qu’elle hésite entre trois hommes différents en un week-end ( son ex-mari, un parent d’élève et un jeune photographe sexy). Finalement, elle passe ses soirées toute seule dans sa maison de la banlieue de Seattle totalement démente. Kate et Tully sont deux Américaines très riches mais pas très épanouies ! J’ai bien envie de lire ce roman Firefly Lane, adapté par Netflix.

Je vous recommande donc cette série, bien jouée par Katherine Heigel principalement. Elle parle avec beaucoup de justesse des traumatismes psychologiques qui empêchent de se construire en tant qu’ adultes. La presse féminine tire à boulets rouges sur le personnage de Tully.

Copyright Netflix

On la trouve trop égocentrique, écrasant totalement sa copine Kate. Il est juste de dire que leur amitié n’est pas toujours très constructive (cela coûte même à Kate son mariage) mais c’est un peu exagéré de parler d’amitié toxique. De mon point de vue, je trouve que cette Tully a bien de la chance d’avoir une telle amie depuis le collège, qui l’a surement aidée à ne pas sombrer totalement.

Cela m’a fait pensé à une interview de Joey Starr sur France 5 où il racontait son enfance vraiment chaotique à cause de l’instabilité émotionnelle totale qui régnait chez lui. Il expliquait qu’il se sentait plus en sécurité dehors dans sa cité du 93 que chez lui où les coups dégringolaient avant même les demandes d’ explications de son père.

Cela n’excuse pas les actes du personnage mais cela nous éclaire sur l’origine et les causes de comportements auto-destructeurs.

Du livre à l'écran

Je tiens pour vous le feel-good de Noël 2020 : le film L’ascension sur Netflix

Copyright Mars Films

Hier soir, nous avons regardé un superbe film avec mon mari. Il faut dire que nous n’avons pas du tout les mêmes goûts cinématographiques et que je m’ennuie vite devant un film, le format des séries m’intéresse beaucoup plus.

C’est une adaptation d’un livre que je recommande souvent dans la box littéraire Kube à laquelle je collabore. Le livre s’appelle Un tocard sur le toit du monde de Nadir Dendoune, édité par Pocket.

C’est un vrai feel good encore plus enchanteur qu’il est tiré d’histoire vraie. Il montre la Seine Saint-Denis sous un tout autre jour. Nadir Dendoune est joué par Ahmed Sylla, qui interprète Samy un jeune sénégalais qui prend au mot une fille. Il va gravir l’Everest pour conquérir son cœur. Le romantisme éxiste encore au 21eme siècle.

C’est un très beau film, joué avec brio par tous les acteurs, que ce soit les premiers comme les seconds rôles. Mention spéciale à Jeff, le guide d’alpinisme de Samy et Johnny, son sherpa népalais. Ils se rendent rapidement de l’imposture du garçon mais ils vont l’aider à conquérir son but.

Copyright Mars Films

J’ai vraiment bien aimé les scènes où Samy lit un roman à l’eau de rose à Johnny, son sherpa, un deal entre eux pour que le jeune Népalais lui apprenne à se servir d’un piolet et des crampons.

Tous les dialogues sont de qualité, pas de vulgarité inutile ou de blagues graveleuses, place aux sentiments et aux apprentissages. Le héros du film a une forme de candeur qui attendrit les spectateurs : quand il amadoue un yack avec des Krema.

C’est même un film avec du suspens parce qu’on veut qu’il réussisse son défi avec tous ceux qui le soutiennent.

Le message de ce film est qu’on peut bousculer les idées reçues, faire mentir les stéréotypes que les jeunes de banlieue ne vont pas plus loin que leur canapé en bas de la cité des 4000. Samy a d’ailleurs une jolie famille avec des parents qui s’aiment et qui le soutiennent.

Ce film est aux antipodes de La haine, il se moque gentiment des inégalités sociales et des idées reçues avec les trois copains de Samy qui ont quelques répliques bien choisies.

Copyright Mars Films

Ahmed Sylla est un jeune acteur fort talentueux, capable de porter tout un film sur ses épaules. Il a une bouille juvénile qui a l’air de plaire au cinéma français. Je l’ai découvert avec ce film et je vais le suivre attentivement. Le couple qu’il forme à l’écran avec Alice Belaïdi envoie du rêve mais elle fait plus âgée que son rôle je trouve.

Elle était vraiment drôle dans son dernier film Terrible jungle que j’ai vu en septembre. Elle jouait une cheffe de cartel vraiment peu distinguée, limite caricaturale.

Je vous recommande ce film si votre moral n’est pas au beau fixe. Vous avez bien le droit avec cette année particulièrement compliquée pour tous. Prenez soin de vous, lisez, matez des films. Votre imaginaire a le droit d’être nourri et encouragé !

Du livre à l'écran

Découvrir un classique de la littérature : Rebecca grâce à Netflix

Oui j’assume, c’est un peu la honte en tant que libraire de ne jamais avoir lu Rebecca de Daphné du Maurier. Il faut dire que je suis un peu bizarre pour les puristes : j’adore les adaptations littéraires au cinéma, cela me donne envie d’aller lire ensuite le livre.

Copyright Kerry Brown/Netflix

Pour mon premier jour de confinement vendredi, j’ai passé un très bon moment de cinéma, le casque et les boules Quiès vissés aux oreilles, pour oublier le marteau-piqueur contre la façade de mon immeuble toute la journée.

Je suis une très bonne cliente de l’équation gagnante : Lily James + adaptation littéraire + Angleterre des années 1920 + costumes d’époque + Monte Carlo… C’est mon actrice favorite de la série Downton Abbey. Elle joue vraiment très bien, avec naturel, sa blondeur se marie très bien aux costumes des années 1920.

Le résumé :

La première partie du film se situe dans un hôtel de luxe des années 1920 à Monte Carlo. Une jeune femme ravissante mais un brin timide tient le rôle de dame de compagnie auprès d’une vieille chouette anti-pathique au possible : Mme Van Hopper.

On ne connait pas le prénom de la jeune héroïne. Elle va devenir Mme de Winter, la nouvelle épouse d’un jeune veuf Maxim. Il va lui servir d’échappatoire à la vieille rombière, elle va lui redonner goût à la vie après la mort de sa femme, Rebecca.

Copyright Kerry Brown/Netflix

Il la ramène dans ses bagages, vers Manderley, un somptueux manoir en Cornouailles où les attendent toute une flopée de domestiques pour entretenir une pareille demeure dont la glaciale Mrs Danvers, l’ancienne dame de compagnie de Rebecca (ils ne sont pas bien futés dans le recrutement…). C’est peu dire que l’ombre de Rebecca planera sur ce remariage d’amour et d’entraide…

Mon avis :

Bien que je ne sois pas trop branchée thrillers et romans policiers, j’ai adoré ce film. La première partie du film à Monte-Carlo me donne très envie d’aller y faire un tour surtout depuis que j’ai vu quelques stories Instragram de Rayane Bensetti et Emmanuelle Rivassoux : les hôtels envoient du rêve, on se croirait vraiment à la Belle époque.

Ce n’était pas simple de dater l’époque de ce film tant les codes de l’aristocratie anglaise sont intemporels. Grâce au début du film sur la Riviera, on comprend que cela se déroule dans les années 1920 car la petite employée de maison porte des pantalons amples, des raquettes de tennis. Ils se baladent dans une très belle automobile… C’était un régal des yeux au niveau des costumes et des décors. Le film idéal pour oublier Coco le virus.

Copyright Kerry Brown/Netflix

Puis, ils regagnent l’Angleterre et les vieux codes aristo poussiéreux. Je n’arrive pas à deviner si la future Mme de Winter est américaine ou non. C’est un détail qui a son importance car entre Wallis Simpson et Meghan, les Américaines ne sont pas à la fête dans le pays d’Elisabeth II. On lui fait faire le tour du propriétaire et on se croirait back to the dix-huitième siècle quand Elisabeth Bennet visite la demeure de Mr Darcy à Pemberley. Même impression quand la nouvelle maîtresse de maison réorganise un nouveau bal costumé avec toute la bonne société du coin. Il faut dire qu’ils sont bien grotesques avec leurs perruques, leurs quadrilles et leurs menuets.

Mais Rebecca est bien un roman gothique publié en 1938 dans l’air de son temps. On apprend que Rebecca en faisait voir de toutes les couleurs à son mari aristocrate en y allant loin dans l’humiliation : adultère, indépendance de corps et de biens en conservant un loft à Londres. Lady Mary de Downton Abbey est une petite joueuse à côté d’elle…

Je m’attendais à un film sombre où l’on peint le jeune veuf comme un dangereux psychopathe qui attire une jeune innocente dans ses filets. Mais non, Rebecca est une belle histoire d’amour entre un homme et une femme qui comptent l’un sur l’autre pour s’en sortir.

Copyright Kerry Brown/Netflix

Rebecca est aussi un chef d’oeuvre du cinéma anglais réalisé par Alfred Hitchcock en 1940. Il lui apporta l’oscar du meilleur film. Dix ans plus tard, les studios Disney se servirent de la silhouette de Mrs Danvers pour créer la marâtre de Cendrillon. Un roman et un film iconiques !

Ma note : 4 sardines

Un film passionnant entre la Riviera et l’Angleterre des années 1920 avec des acteurs talentueux : Lily James et Armie Hammer. Les thématiques du roman m’ont bien fait cogité tout le week-end sur les transgressions que l’on peut faire au nom de la passion et de l’amour.

Est-ce que l’auteure du roman Daphné du Maurier justifie le geste meurtrier du mari poussé à la faute par une première épouse perverse?

Toutes ces questions m’encouragent à lire Manderley for ever de Tatiana de Rosnay pendant ce confinement !

Copyright Kerry Brown/Netflix

Mes coups de cœur films et séries anglaises sur Netflix :

– Mes pépites séries pour cet automne

– Last Christmas, chef d’oeuvre de la romcom

Au bout de trois saisons de The crown, on se connait mieux avec la reine

Cinéma

Avec le film Les parfums, vous allez retrouver le goût et l’odorat…

Ce n’est pas moi qui le dit mais la punchline assez efficace de la publicité du film sur tous les bus parisiens en ce moment. Ce film, j’ai guetté sa sortie pendant le confinement parce que le sujet est passionnant (j’ai même lu le dossier de presse) et j’aime beaucoup le jeu d’acteurs d’ Emmanuelle Devos et Grégory Montel.

Mon amoureux est un fin connaisseur des parfums masculins un peu exceptionnels qu’il traque dans Paris avec une rigueur de fin limier. Même si le titre du film est peu original, il donne envie de se déplacer au cinéma. Le métier de nez ça envoie du rêve et ça suscite toujours la curiosité.

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Le résumé :

Anne et Guillaume sont deux quadragénaires parisiens solitaires. Lui est un chauffeur un peu fauché, papa divorcé qui cherche à pouvoir recevoir sa fille de dix ans en garde alternée. Elle est nez pour de grandes marques de l’industrie afin de trouver la solution miracle à une mauvaise odeur persistante d’un sac en cuir, d’une usine pétrochimique. Un emploi bien moins glamour que son ancienne carrière de créatrice de parfums mais qui est très recherché. Anne et Guillaume seront chien et chat au début de leur collaboration professionnelle mais au fil de leurs voyages en voiture, ils apprendront à se connaître et à s’entraider par des conseils personnels judicieux…

Mon avis :

Ce film m’a réconciliée avec les comédies sentimentales françaises. Il évite les poncifs qui me lassent de ce genre de films : vont-ils se séduire? Passer la nuit ensemble et se quitter sans dire un mot le lendemain matin?.

Ce film est une histoire d’amitié et d’entraide entre un homme et une femme. C’est bien joué par tous les acteurs : le duo Emmanuelle Bedos et Grégory Montel en tête mais aussi la ravissante petite fille de dix ans très touchante (Zélie Rixhon), le patron un peu looké Gustave de Kerven, Louise, l’agent artistique d’Anne complètement cynique limite malveillante….

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Les dialogues sont intéressants et d’une grande finesse psychologique, les scènes se succèdent tout en émotions et en sincérité. C’est du beau cinéma qui redonne espoir en l’amitié, l’ascension sociale de Guillaume, le bonheur d’Anne dans les bras de son médecin un jour…

J’ai beaucoup aimé trois scènes du film en particulier :

– Anne donne à Guillaume le conseil d’emmener sa fille dans un endroit qu’il aime pour lui transmettre des souvenirs pour ses dix ans. Il l’emmène sur la plage de Trouville en face de l’hôtel des Roches- noires et de l’ancien casino. J’y suis allée à quatre reprises avec ma grand-mère Annette et vingt ans plus tard, les souvenirs sont toujours là.

– Guillaume fait remarquer à sa patronne au restaurant que « les gens n’ont pas seulement une odeur ». Elle se fait violence pour sortir seule boire un verre dans un bar très animé en pleine semaine. Le spectateur est alors pleinement témoin de son malaise et de l’effort considérable qu’elle fait.

– la scène où Anne récupère un savon de sanitaires collectifs dans une station service qui lui rappelle un souvenir d’enfance. Cette scène dans le début du film exprime bien ce en quoi consiste le métier de nez.

Copyright Les Pyramides

Ma note :

5

Je mets bien évidemment la note de cinq sardines à ce film pour le jeu des acteurs, l’originalité de cette histoire qui mise sur l’entraide et l’amitié entre un homme et une femme et non pas sur le sexe et la séduction. On a envie de voir autre chose aussi de temps en temps ! J’ai beaucoup aimé la manière dont Anne et Guillaume reprennent leur vie en main !

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Retrouvez ici mes précédents articles films et séries :

Mes premières fois sur Netflix, l’amitié au lycée

Pourquoi Chamboultout m’a chamboulée

– Standing ovation pour Tout le monde debout avec Alexandra Lamy et Franck Dubosc

Virgin River, une série Netflix qui parle de la guérison émotionnelle

Cinéma

Last Christmas, une romcom qui renoue avec le merveilleux !

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Ni les grèves, ni le peu de séances en version originale n’ont pu m’ empêcher d’aller voir Last Christmas au MK2 Nation tout rénové. Il faut dire que la presse encense cette comédie romantique qui aborde des thèmes sociétaux sérieux comme la xénophobie post Brexit, la quête d’identité quand on a émigré jeune, la désillusion amoureuse…

Un film réalisé par Paul Feig et scénarisé par Emma Thompson, j’ y vais les yeux fermés. Un de ses précédents films Mes meilleures amies m’avait fait pleuré de rire. Il montre les déboires amoureux et amicaux d’une trentaine américaine.

Kate ressemble un peu à Annie de Mes meilleures amies. Elles se mettent dans des embrouilles pas possibles et on a de la peine pour elles. Emma Tompson a eu du mal à imposer une héroïne névrosée à ses producteurs, comme si les filles lisses et qui réussissent étaient des modèles auxquels les spectateurs peuvent s’identifier (mon œil…)

Allez, je vous raconte le pitch de cette fabuleuse comédie au service du rêve et du merveilleux comme je l’ai lu dans un excellent article de l’Express.

Last Christmas
Copyright Universal Pictures International France

Le résumé : 

Kate a 26 ans, elle erre dans les rues de Londres avec sa valise, de canapés d’amis en canapés. Elle court les auditions pour décrocher le rôle de sa vie mais pour l’instant, elle officie comme elfe dans un magasin de décorations de Noël sous les ordres d’une patronne chinoise pas si autoritaire que ça. Elle a les idées en vrac depuis une lourde opération à cœur ouvert. Elle multiplie les rencontres foireuses d’un soir et semble se moquer de tout, irritant ainsi sa patronne et ses amis.

Mais la rencontre d’un gentil garçon pas comme les autres va l’aider à remonter la pente. Elle va renouer avec sa passion pour le chant et elle va se décentrer d’elle même pour venir en aide aux plus démunis.

Mon avis :

Dans cette comédie, on ne s’ennuie pas un seul instant et à aucun moment, on ne devine la situation suivante et ça devient très rare avec le lot de comédies formatées que je consomme sur Netflix. Et ce n’est pas bien grave, elles sont faites pour ça : un bon après-midi sous le plaid avec un bon thé dans un pyjama informe.

Pourtant comme Crazy asian rich – le précédent film d’Henry Golding- Last Christmas est sorti sur grands écrans.

Force est de constater que la romcom est un genre cinématographique bien particulier qui fait toujours actionner la cash machine. L’amour n’est pas mort, la preuve, il finance les comédies romantiques.

Last Christmas
Universal Pictures International France

Je dois même dire que Last Christmas m’a rassurée sur la qualité des relations entre hommes et femmes à travers l’amitié naissante entre Kate et Tom en 2019. Bien meilleur qu’un Disney où l’on ne sait pas si le prince est vraiment charmant, ce petit couple de Last Christmas ne va pas au pieu tout de suite (voire pas du tout), il confie ses peines et se montre sous sa vraie lumière : un peu cabossé, un peu perdu….

C’était la première fois que je regardais ce genre d’histoire au cinéma et ça m’a beaucoup plu. Je suis avec beaucoup d’attention tous les rôles d’Emma Thompson, une actrice formidable depuis son rôle tout en finesse et en subtilité d’épouse négligée dans Love Actually, Raisons et sentiments

Last Christmas
Copyright Universal Pictures International France

Je suis effarée d’avoir lu dans Stylist qu’il existe une polémique autour des panneaux de déclaration d’amour de Love Actually, une scène phare du film vécue comme un harcèlement des femmes. Le tribunal des réseaux sociaux traque tous les petits détails des comédies romantiques et les clouent au pilori.

J’ai beaucoup aimé le rythme de cette comédie avec ses cassures entre scènes où l’on rit franchement et celles qui sont vraiment tristes. Last Christmas est un mélodrame qui donne du baume au cœur grâce aux chansons de George Michael et Wham ! La scène finale est vraiment très agréable et nous emmène dans l’état d’esprit de Noël.

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Universal Pictures International France

 

Ma note : 5/5 sardines

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Même si le dénouement de l’histoire m’a pas du tout plu par sa brutalité, j’ai beaucoup aimé cette comédie beaucoup plus originale qu’attendu. Ce film n’est pas une comédie musicale, il sait ponctuer ses scènes de chansons quand il le faut. J’ai beaucoup aimé découvrir le jeu de deux jeunes acteurs très talentueux : Emilia Clarke et Henry Golding.

J’ai été sensible au fait que la famille de Kate-Katarina vient d’ex-Yougoslavie, c ‘est très bien amené dans l’histoire à travers la première scène : la chorale d’enfants au pays et la conclusion du film. Le père de Kate dit à sa mère : « Voyons Petra, sois un peu joviale, la guerre est finie ».

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Alors c’est Noël, soyons joviaux, un Sauveur nous est né !

D’autres articles consacrés à Londres et à la culture anglaise (Brexit ou non, vous serez toujours européens ! )

– Charlie monte le son ou l’adolescence 2.0 sur Netflix

Londres out of the box, un guide touristique original

Mes pépites Netflix : The Crown, Call the midwife…

La piscine de Rosemary, le sauvetage d’une piscine mythique de la banlieue de Londres

Plongez dans ce roman sensoriel

 

 

Du livre à l'écran

Venise n’est pas en Italie ou comment trouver une issue de secours à sa généalogie

Venise n'est pas en Italie

Je suis une inconditionnelle du jeu comique de Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton (il est belge, elle est du Nord, ils sont drôles par là haut, c’est évident). Alors quand j’ai su qu’ils jouaient ensemble dans l’adaptation du roman autobiographique Venise n’est pas en Italie, je l’ai noté dans mon bullet journal comme la sortie ciné à ne pas rater.

Et là stupeur et énervements, je me rends compte que moins d’une semaine après sa sortie en salles, il disparaît des rares écrans parisiens qui le projetaient. Heureusement, de petits cinémas intelligents de banlieue le projetaient encore mais j’ai jeté l’éponge cette fois-ci.

Je trouve cette uniformisation culturelle assez triste comme les derniers Marvel et autres Avengers trustent toutes les salles de cinéma à Paris et que trop de films sortent en même temps.

Alors, je lis le livre et après une centaine de pages, l’histoire aussi lente qu’un trajet avec une caravane, a pris un rythme de croisière qui m’a bien plu et m’a donné envie de vous en parler.

Venise n’est pas en Italie

Ivan Calbérac

Flammarion

2015

18€

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Le résumé :

Emile Chamodot a seize ans, il est amoureux d’une fille de son lycée, Pauline, qui l’invite à assister au concert de musique classique auquel elle participe à Venise. Emile et Pauline ne viennent pas du même milieu social.

Flanqué de ses parents un peu doux dingues et de son frère aîné un peu brutal sur les bords, Emile part pour un voyage initiatique dans la caravane familial à travers les Alpes. Choc des cultures garanti !

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Droits réservés Studio Canal

Mon avis :

Les cent premières pages ont été fastidieuses, j’ai sauté quelques chapitres pour y prendre goût avec l’arrivée du frère aîné dans l’histoire. Il s’appelle Fabrice, c’est un militaire aussi brute et simple qu’Emile est fluet et intelligent.

Les dialogues entre Fabrice et leur père sont savoureux, ils montrent très bien la finesse d’esprit d’Emile qui navigue en eaux troubles pour ne pas provoquer les réactions primaires de son frère et ses parents qui partent au quart de tour s’embrouiller vainement avec l’hôtesse de caisse d’une halte gastronomique qui n’ en est pas une.

Le talent d’Ivan Calbérac est de transformer les banalités du quotidien en  une oeuvre littéraire à la fois subtile et cocasse. On s’ y retrouve tout de suite dans ses descriptions d’aires d’autoroute où l’on a des habitudes en commun, cette manière de sonder la psychologie de personnages les plus simples.

Il serait réducteur et caricatural de traiter le père d’Emile de beauf mais avec ses petites citations toutes communes (chacun à sa philosophie de vie après tout) il en devient tout aussi intéressant qu’un grand personnage de la littérature française.

Pour moi, la littérature c’est avant tout un moyen de s’évader grâce à un livre. Et avec ce roman de gare par excellence (je l’ai découvert au Relay de la Gare de Lyon, c’est dire) on s’évade en caravane. Objectif réussi !

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Ma note :

3/5 sardines

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Même si je rigole bien avec les dialogues cocasses de cette famille déjantée, l’histoire se traîne en longueur. L’auteur déroule son intrigue vraiment à la vitesse d’une caravane. Pourtant, ce roman va me rester en mémoire tellement je suis scotchée par le bagout du père qui est vite fatigant à vivre, vraiment il n’y avait que mon cher Benoît pour interpréter un zèbre pareil. Je n’attribue à ce livre que trois sardines seulement car la forme du journal intime est vite ennuyeuse, l’adaptation cinématographique est beaucoup plus vivante.

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Droits réservés Studio Canal

Je ne pars plus en caravane mais je garde cette petite nostalgie de mes vacances avec mon frère et mes grands-parents en camping. Ils avaient économisé pour s’offrir une caravane neuve qui nous a fait découvrir de nombreux coins de France : dans la Creuse, à Villard de Lans, à Pont l’Évêque, à Trouville….

Il y a peu, j’ai découvert l’existence grâce à mes parents du musée de la caravane en Allemagne (celui de l’usine Hymer qui célèbre les voyages mobiles) et je trouve cela passionnant : comment les gens conçoivent leurs vacances. C’est un art de vivre différent qui a du plomb dans l’aile avec les vols low cost et les logements AirBNB.

Heureusement les petites caravanes vintage font le bonheur des magazines de déco, j’ai hâte de voir comment Marjolaine Solaro (une blogueuse pleine de talents que je suis depuis quelques temps ) va redécorer sa caravane Sakura

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Droits réservés Marjoliemaman