Libraire et parisienne d'adoption depuis 2005. J'écris un blog culturel qui me ressemble pour transmettre ma passion pour les livres, Paris et ma foi en Jésus !
Pendant le premier confinement presque monacal de 2020, je me suis lancée dans le challenge de lire l’Ancien testament grâce à des petits dessins dans un carnet Moleskine. J’en ai même fait un atelier qui s’appelle #Dessiner la Bible.
Et en lisant le livre de la Genèse, j’ai dessiné pas mal de puits et d’alliances. Grâce aux notes d’étude de Ze Bible, j’ai compris que dans la Bible, le puits était le lieu de rencontres pour tisser des alliances matrimoniales entre autres. Quelqu’un offre de l’eau pour marquer un lien crée.
Comme je suis passionnée d’anthropologie, j’ai voulu en savoir plus sur cette thématique du puits… Mon souhait a été exaucé avec la sortie de ce livre Rendez-vous au puits. De nos jours où vivre la rencontre ?, le 14 avril. J’ai pu le lire en avant première car je m’occupe de sa diffusion commerciale.
Le principe de la collection La Bible tout en nuances est de proposer une lecture plurielle des textes anciens pour réfléchir à nos défis contemporains avec des témoignages personnels et un éclairage biblique. Questionner le passé pour mieux affronter l’avenir !
On peut dire que la question du partage de l’eau est brûlante en ce moment avec les affrontements à Sainte-Soline concernant les méga bassines !
La première partie du livre écrite par Sandrine Caneri est une vraie mine d’or pour tous ceux qui s’intéressent à la Bible ou qui la connaissent de longue date… En quatre-vingt pages, elle explique combien l’eau est vitale pour l’Homme et comment elle structure la société antique à travers ses rencontres. Ce sont souvent les femmes qui sont de « corvées d’eau » comme Agar, Rebecca, la Samaritaine…
Extrait de Rendez-vous au puits.
Dans un précédent article, j’ai découvert que le grand magasin La Samaritaine se nommait ainsi en référence à un tableau et à une pompe à eau sur le Pont-Neuf pour alimenter les Parisiens . La Samaritaine est donc une icône parisienne venue tout droit de l’Ancien testament.
J’ai été très touchée par le témoignage d’Amélie Nothomb qui décrit Jésus comme son puits d’amour. Cela m’a immédiatement rappelé une phrase d’une participante d’un parcours Alpha dans mon église locale : » J’ai trouvé une source d’amour qui ne se tarira jamais » .
C’est rare que quelqu’un raconte le dialogue qu’elle vit avec Jésus depuis sa petite enfance. Avec ses mots, Amélie Nothomb raconte son cheminement personnel avec ses doutes mais aussi ses périodes de pleine confiance…
C’est magnifique d’exprimer aussi justement ce que cela procure d’être abreuvé par Dieu et le manque que cela provoque quand on décide de s’en passer.
Enfin, j’ai bien aimé la troisième partie du livre où Stanislas de Quercize, entrepreneur insiste sur le rôle ressourçant des rencontres humaines. Un tel métier à un niveau international est forcément relationnel.
D’ailleurs, nous vivons dans une société mondialisée où l’on peut rencontrer des gens tout le temps et paradoxalement se sentir aussi très seul. Même si Internet dicte nos lieux de rencontres avec les applications ou les groupes Facebook, nous avons besoin de nous enrichir avec des rencontres bien réelles : rire avec un ami, se sourire…
Retrouvez les éditions Bibli’o Scriptura sur le stand D-06 au Festival des livres religieux au Collège des Bernardins le 22 et 23 avril, de 10 heures à 18 heures.
En ce moment, je lis en avant-première le livre Rendez-vous au puits (je m’occupe de sa diffusion commerciale), que nous publions le 14 avril prochain aux éditions Bibli’o.
Dans ce livre, l’écrivaine belge Amélie Nothomb que l’on ne présente plus, raconte comment elle a rencontré Jésus et la place qu’il a dans sa vie.
Cela m’a donné envie de raconter dans mon blog comment j’ai rencontré Dieu. En CE1, je suis arrivée dans une nouvelle école, Léo Lagrange à Valence. Rapidement, j’ai sympathisé avec Victor qui a été mon meilleur ami pendant toute la primaire. Il m’ a invité à son anniversaire alors que je venais d’arriver. J’ai eu cette chance de connaître tôt de vrais amis.
J’ai compris que son papa Antoine, était le pasteur de l’église protestante du quartier. Sa maman, Armelle, a parlé de la foi à ma mère à la sortie de l’école. A cet anniversaire, j’ai vu ses trois grands frères et sœurs qui étaient scouts nous préparer une chasse au trésor géniale avec le gâteau dans la boite aux lettres comme surprise finale.
J’ai réalisé à sept ans que c’était ça l’amour que l’on portait à son petit frère dans une famille. Ce sont les enfants de cette famille qui m’ont donné envie d’aller à l’église. Il faut dire qu’on s’embêtait pas mal à la messe avec mon frère. Mon père qui s’était même éloigné de l’Eglise a même accepté d’y revenir.
J’ai aimé les cultes familiaux dans le petit temple du Calvaire car c’était joyeux, lumineux, les enfants pouvaient circuler… Ma mère a rapidement intégré le groupe de lecture biblique des femmes du vendredi. Et nous, les enfants étions bénéficiaires de ces moments formidables de communion fraternelle avec un grand pique-nique le 1er mai dans des endroits géniaux de la campagne valentinoise.
Je me souviens d’un premier mai à la Baume Cornillane, un des plus beaux spots de la Drôme où les jeunes chantaient à pleine voix les cantiques de Jeunesse en mission sans se soucier de leur étiquette réformée, pentecôtiste ou évangélique.
Le gros écueil de la foi chrétienne, c’est quand on est rattrapé par ses dénominations ecclésiales. C’est aussi idiot que les familles politiques, ça divise les gens. La foi en Jésus, c’est une succession de rencontres avec Dieu mais aussi avec ceux qui croient en Lui. J’ai rencontré une multitude de gens différents de moi et pourtant on s’est vite trouvé un dénominateur chrétien : Jésus. Je précise qu’avant cette rencontre à l’école, nous ne connaissions rien du protestantisme.
La manière dont je me suis vraiment convertie au protestantisme est d’ailleurs assez anecdotique. J’ai été punie en CM2 par le directeur de l’école qui nous enseignait l’histoire-géographie (ma matière favorite, pourtant). Une fois de plus, j’avais appris mes leçons en dilettante et il s’en était aperçu.
J’ai dû recopier trois ou quatre fois une énorme leçon d’une dizaine de pages à la force de mon poignet. Elle portait sur la Réforme de Luther au début du 16eme siècle et sa révolte face au système un peu abusé des indulgences. Cela m’a convaincue, je me suis dit que j’aimais bien cette manière assez franc du collier de voir les choses : s’adresser à Dieu directement, sans intermédiaires…
Voici une lecture de qualité que je vous recommande pour comprendre le métier de pasteur : La lecture intrigante d’Antoine Nouis, éditions Labor et Fides. Il se trouve que la plupart des situations de vie se sont déroulées dans cette paroisse où j’ai grandi.
Dans un prochain épisode, je vous raconterai la suite de l’histoire quand je suis venue faire mes études à Paris, à l’Ecole du Louvre. Comment ma foi d’enfant s’est renforcée jeune adulte quand j’ai buté sur un petit échec scolaire plus formateur que traumatisant.
… enfin le printemps, c’était vite dit. Il faisait froid, il y avait du vent, j’avais oublié le climat océanique de Dieppe mais il y a eu aussi du soleil et la joie de partager avec ma fille et mon mari les endroits connus de mon enfance.
Mes grands-parents ont été assureurs dans le centre-ville de Dieppe pendant une trentaine d’années. Quand on venait chez eux dans les années 1990, ils nous emmenaient à la piscine Ludibulle ou à la médiathèque Jean Renoir pour nous occuper.
Affiche de Pauline Launay, éditions Jack
Le pont qui se lève vers le quartier populaire du Pollet est un sacré souvenir d’enfance, surtout qu’une mouette s’était soulagée en plein vol sur ma tête. Souvenir mémorable !
Malgré l’inflation, nous sommes parvenus à nous offrir un petit week-end familial à Dieppe pour 200 euros (train et hôtel Ibis budget : 84€ la chambre triple avec le petit déjeuner). Le confort dans le train Nomad avec ses machines à café s’est bien amélioré depuis la vieille micheline qui sentait le gasoil. Mais on a quand même mis quatre heures pour venir depuis Fontenay sous bois, porte à porte.
L’hôtel était d’un très bon rapport qualité/prix avec un accueil professionnel. Il était situé en centre-ville, non loin du quai Henri IV et ses restaurants de fruits de mer.
Le samedi, nous nous sommes réfugiés à la médiathèque de Dieppe avec sa belle vue sur le jardin public avec ses palmiers. Il y avait des jeux de société qui visiblement plaisaient aux adultes et aux ados. Notre petite biche a appris à jouer à quatre ans à la version réactualisée de Qui est-ce ? ce fameux jeu d’identification mythique, accessible même quand on ne sait pas lire.
Ensuite, profitant d’une accalmie, nous avons bravé le vent pour rejoindre les rues commerçantes du centre ville : rue Saint Jacques et la Grand’rue. Elles ont été rénovées et il y a de très belles boutiques décorées avec goût comme au Touquet. J’ai eu un vrai coup de coeur pour le café des Tribunaux. Nous avons décidé d’y retourner le soir même avec notre petite fille pour dîner.
Il y avait un chanteur de jazz qui interprétait des standards en anglais et en français pour les clients du bar dans un décor victorien époustouflant. Au départ, c’était vraiment chic avec Sinatra et King (Stand by me) mais cela est devenu un peu égrillard malgré lui avec les paroles de Que je t’aime ou Elle a les yeux revolver… On est passé du jazz au karaoké un peu trop rapidement. Mais l’endroit vaut le détour, c’est assurément le plus beau café de Dieppe.
Le lendemain, on voulait voir la mer alors on s’est tenu les mains pour ne pas s’envoler. Le front de mer est assez vaste avec ses grandes pelouses qui accueillent tous les deux ans un festival international de cerfs-volants en septembre. C’est un paradis pour les enfants avec de grandes aires de jeux, un mini-golf et surtout cette plage de galets immense.
J’aime regarder ces falaises de la côte d’Albâtre avec Etretat très loin… J’ai bien envie de faire une promenade en mer vers Varengeville et Pourville la prochaine fois. Puis, on est allés se réchauffer au restaurant Le Sully sur le quai Henri IV. On s’est beaucoup mieux régalé qu’au café des Tribunaux la veille avec un plateau de fruits de mer époustouflant.
A Dieppe, honneur au camembert, à la coquille Saint-Jacques et au Neufchâtel. Il faudra tester en haute saison Le Patio et sa terrasse panoramique. Le port est vraiment l’attraction de la ville, j’ai eu une petite larme à l’oeil car mon Papilo avait son bateau là-bas… Les gros bateaux de pêcheurs sont vraiment impressionnants.
Beaucoup de commerçants ont affiché en vitrine leur opposition à la réforme des retraites à 64 ans et pour la défense de la pêche en mer… Dieppe est une ville très politisée un peu comme Fontenay sous bois, dans les années 1970, la plupart des artistes, sympathisants communistes venaient se produire ici.
L’heure du départ approchant à grands pas, nous avons fini le séjour de la meilleur des façons : avec un gigantesque chocolat à la crême fouettée au café du cinéma à coté de la gare. C’est un lieu très sympa, que je ne connaissais pas. Dieppe est décidément une destination dans le vent !
Je suis ravie d’ajouter ce carnet de voyages urbains à mon blog pour la dimension affective qu’il porte. J’étais contente de partager avec mon mari et ma petite fille mes souvenirs d’enfance ici. J’ai beaucoup pensé à mes grands-parents, à mes parents, à mon frère, à mes cousins, mon oncle et ma tante pour tous les moments de famille que nous avons passé ensemble là bas …
Je remercie beaucoup Margaux et l’équipe de Kube pour la découverte de ce gros pavé de qualité. Il y a quelques années, la Kube m’avait fait découvrir La vie révée des chaussettes orphelines de Marie Vareille aux éditions Charleston.
Depuis ce groupe éditorial a aussi lancé les éditions Nami, la littérature de l’intime. Vous l’avez compris, j’aime lire des romans feel good mais si c’est plan-plan et fade, je le repère vite ! Moi j’aime les histoires romanesques avec des reliefs. Je suis d’ailleurs une lectrice intransigeante et difficile, capable de laisser tomber une lecture si elle ne me convainc pas les trois premiers chapitres.
J’ai une culture littéraire au ras des pâquerettes : je ne lis aucuns classiques alors que j’ai conseillé les livres de la Pléiade comme libraire… Mais j’ai bien suivi mes cours de français de sixième : les cinq sacro-saintes étapes du schéma narratif. Si la situation initiale est bien amenée avec une présentation intéressante des personnages pour s’attacher rapidement à eux, alors je vais passer un bon moment.
C’était un régal de lire ce roman que j’étais triste d’arriver à la fin du livre et que j’envisage même de le relire.
Il s’agit de l’histoire d’une avocate un peu toquée, Cécilia. Elle vit dans un luxueux appartement à Madrid qu’elle va quitter car son mariage est complètement raté. Elle va décider sur un coup de tête de transformer la maison de ses grands-parents en une pension de famille pour étudiantes. Elle convoque un entrepreneur aussi bourru que rustre. Il ne va pas prendre de gants pour doucher ses rêves de rénovation.
Mais un intéressant jeu romantique va s’instaurer entre eux. Cette pension de famille qui semblait être une idée complètement déjantée va rapidement prendre forme avec l’arrivée de trois colocataires : Noélia, une petite aristocrate à la peau diaphane et si fragile qu’on la croirait en porcelaine, Catalina, une jeune étudiante qui débusque vite quand les autres cachent un secret et Ivana, une jeune russe d’une beauté renversante mais très mystérieuse…
Cécilia va rapidement embaucher Azucena, une femme de ménage qui n’est peut-être pas là par hasard… C’est un beau roman choral qui réunit des personnages tous aussi intéressants les uns que les autres…
C’est un feel good qui parle du deuil, de nouveau départ mais il parle aussi de l’Espagne actuelle avec ses migrants africains qui traversent le détroit de Gibraltar au péril de leur vie pour aller travailler dans les champs de fraises ou vivre de petits boulots comme Justice, le jeune Kenyan d’une vingtaine d’années que Cécilia va recueillir…
Tout est réussi dans ce roman. Le style est fluide, on maintient le suspense avec ces personnages qui ont des vies rocambolesques. Ces femmes vivent des rivalités dans cette maison mais les épreuves de la vie vont les rapprocher…
J’ai beaucoup aimé ce livre que j’ai envie de recommander autour de moi. J’ai eu un vrai coup de coeur pour les éditions Nami dont je vais suivre la ligne éditoriale par la suite.
Retrouvez les éditions Charleston et Nami au festival du livre de Paris 2023 au Grand Palais éphémère du 21 au 23 avril, stand B6, entrée : 5 €
Le 5 mars dernier, c’était la fête des grands-mères. Il s’agit d’une opération marketing vieille d’une trentaine d’années. C’est la marque de café Grand’mère qui a lancé cette idée de fête, une véritable aubaine pour les fleuristes et les chocolatiers.
Je ris sous cape pour plusieurs raisons : il n’y a pas encore de fête des grands-pères d’une part (pourquoi donc, d’ailleurs ?) et surtout les seniors sont vite cachés par la publicité. C’est d’ailleurs ce que dénonce Laure Adler dans un documentaire percutant : La révolte des vieux dans l’émission Infrarouge. J’ai appris en regardant ce documentaire une expression affligeante : « Ok boomer » qui veut dire à peu près : « Cause toujours vieux ».
Je suis assez catastrophée par cette société actuelle fort clivante, elle met en concurrence les hommes et les femmes, les vieux et les jeunes alors que l’entraide est tellement plus constructive. Dans mes derniers postes, j’ai eu la chance de travailler avec des amours de collègues : Gérard, Brigitte et Joëlle…
Ils m’ont beaucoup appris sur mon métier et ont été de bons conseils quand je suis devenue propriétaire non sans mal… On a besoin de l’expérience des ainés, d’un historique pour traverser les moments difficiles car ils vont te dire, « t’en fais pas, j’en ai connu d’autres »…
Si demain on demande aux seniors de travailler jusqu’à 64 ans alors il faut changer vite fait d’état d’esprit et valoriser leur savoir-faire…
Personnalité médiatique reconnue, Laure Adler est l’une des animatrices de télévision les plus âgées du PAF. Cependant, elle a du se battre face à de nombreux stéréotypes. Elle est désormais septuagénaire et se sert de sa position pour dénoncer ces comportements.
J’ai beaucoup aimé dans son documentaire sa bonne idée d’aller interroger des collégiens de banlieue sur leurs grands-parents. Unanimement, ils reconnaissent que la vieillesse les dégoute mais que leurs grands-parents sont les adultes pour lesquels ils ressentent le plus d’affection.
Le mois dernier, j’ai lu Une vie heureuse de Ginette Kolinka, 98 ans. J’ai beaucoup regardé ses vidéos sur les différents plateaux télé avec des youtubeurs pour sensibiliser les jeunes générations à ne jamais oublier et accepter les génocides à travers son histoire.
Elle s’exprime à la perfection avec humour et répartie tout comme Edgar Morin, centenaire interviewé par Laure Adler dans son documentaire. Cela me chagrine beaucoup de réaliser qu’on n’écoute presque plus les vieux quand ils ont du mal à s’exprimer, quand ils butent sur les mots…
Valérian, Claude et Josette, 10, 6 millions de vues sur Tiktok, @valeriandh
Je les ai découvert un peu par hasard. Ils composent avec leur petit-fils Valérian un trio à la fois comique, drôle et attendrissant. Sans ses grands-parents octogénaires, Valérian (27 ans) serait un Tik -Tokeur parmi tant d’autres.
Avec eux, il joue sur les anachronismes, le décalage entre leurs habitudes de vie est savoureux et surtout la transmission qu’ils partagent, le temps qu’ils aiment passer ensemble, cela résonne très fort en nous… Après, tous nos papis et mamies ne sont pas des acteurs nés comme ces deux-là et je n’aurai pas le talent de vidéaste et de scénariste de Valérian.
Mais ils racontent ensemble le quotidien, les bonheurs tout simples un peu comme Scènes de ménages sur M6. Quand ils ont commencé à faire des partenariats rémunérés avec des marques, je les ai jugés à la va-vite, qu’ils incitaient leur audience à la consommation.
Mais en visionnant le documentaire La révolte des vieux, j’ai réfléchi. Si la publicité traditionnelle met les anciens au placard, autant crever l’écran sur Tiktok.
Les réseaux sociaux sont pétris de paradoxes. Instagram glorifie le corps jeune et lisse à grands renforts de filtres et autres images artificielles où l’on chasse le naturel.
Et le naturel revient au galop avec ces vidéos très second degré, pleines d’autodérision où l’on assume qui on est. Tik tok brise la barrière de l’âge tant qu’on est marrants. Mais avec d’autres injonctions comme celle de faire le plus de vues…
J’ai beaucoup aimé ce reportage car il raconte aussi les petites misères de devenir vieux. Claude et Josette savourent leurs 60 ans de mariage car ils sont très complices mais ils ont aussi leurs moments de mou.
Tous deux décrivent la vieillesse comme une expérience à vivre. Mais Josette parait plus anxieuse que Claude face à la vie qui décline. Ils s’estiment chanceux d’être ensemble alors que bon nombre de leurs amis sont veufs.
Le veuvage, c’est d’ailleurs le thème de ce roman américain adapté en film par Netflix : Nos âmes la nuit. C’est l’un de mes romans favoris que je recommande massivement pour la box littéraire Kube à laquelle je collabore. Il parle de complicité, de solidarité face à la solitude. Ces deux septuagénaires vont choquer tout le pâté de maison dans leur petite ville du Colorado.
Cela va vite se savoir qu’ils se rejoignent tous les soirs en catimini pour affronter la nuit ensemble. Partager l’intimité d’un lit est plus taboue que d’avoir une liaison. Aux Etats-Unis, Jane Fonda et Robert Redford jouent dans de nombreux films alors qu’en France, les vieux ne sont pas cinématographiques.
Pire, imaginer qu’ils puissent encore avoir une sexualité choque dans le pays de Mai 1968. Les jeunes peuvent multiplier les plans cul, se mettre en trouple au nom de la liberté, mais on sépare les couples dans les Ehpad en les mettant en chambres individuelles. C’est révoltant.
Il y a des années, j’ai lu le livre de Thérèse Hargot, Une jeunesse sexuellement libérée ou presque, édité par Albin Michel. Thérèse intervient dans les collèges et lycées mais aussi auprès des parents, elle consulte en tant que sexologue dans son cabinet parisien. Elle explique dans son livre que depuis mai 1968, la sexualité est enchainée à la notion de performance physique à cause de la pornographie, manuel éducatif dévastateur des adolescents.
Au lieu de se sentir libres et épanouis, les jeunes ont la trouille de passer pour un mauvais coup. Alors des seniors qui ont une hanche en titane ou un corps flétri, les imaginer faire l’amour cela dérange.
Car la sexualité induit la performance physique dans l’imaginaire collectif. Et alors quid de la tendresse, de l’affection, de l’engagement ?.
La dernière conquête du major Pettigrew, est l’un de mes romans favoris. Il raconte comment un vieux major, aristocrate anglais va tomber amoureux de l’épicière pakistanaise de son village. Tous les deux sont veufs, ils se rencontrent dans un grand moment de vulnérabilité du major qui vient de perdre son frère.
Ce roman parle du deuil mais aussi de la filiation quand père et fils ne se comprennent en rien. Les joutes verbales entre le major et son fils sont formidables. Elles expriment deux formes de masculinité où les égards envers les femmes sont considérés comme ringards mais tellement essentiels pour garder une femme auprès de soi.
Enfin, cette réflexion sur la vieillesse à travers ce documentaire est indissociable d’une BD formidable Le plongeon éditée par Grand angle. Elle raconte l’histoire d’une femme âgée qui va vivre en maison de retraite.
Elle va y rencontrer une bande de copains qui ont envie de revivre leur jeunesse avant de tirer leur révérence. Cette lecture m’a beaucoup émue, j’ai pensé à ma grand-mère Annette qui a vécu les derniers mois de sa vie en maison de retraite. Cette BD montre comment on infantilise les personnes âgées en les coupant de leur indépendance financière, affective, sensuelle tant leur dépendance physique est terrifiante.
Mais même à quatre-vingt dix ans dans une maison de retraite, on a besoin de sensualité. Le désir n’est pas seulement d’ordre sexuel, c’est un moteur de vie pour aider à avoir envie de se lever le matin.
J’ai beaucoup aimé dans le reportage d’Infrarouge le témoignage d’une petite dame qui quitte sa maison pour aller vivre dans un béguinage pour ne pas être isolée. On sent toute l’émotion qu’elle ressent dans ce changement de vie douloureux mais nécessaire. Elle mesure à quel point c’est difficile de quitter ses amis surtout les bons.
Ce documentaire La révolte des vieux m’a montré une peur terrible : j’ai peur de vieillir car la société ne vous fait pas de cadeaux quand on aborde l’autre versant de la vie. Je traque le moindre cheveu blanc car ma mère et mon grand-père ont eu la chance de ne pas voir leurs cheveux blanchir.
Je me rends compte qu’à chaque décennie de l’existence qu’on ait 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans… il y a des rythmes différents et que tu n’as pas intérêt à louper le coche. Heureusement que Dieu me donne la foi pour voir les choses autrement. La grande erreur de cette réforme des retraites est de se focaliser sur un chiffre : un âge alors que chacun vit un rythme de travail différent, avant même de parler de pénibilité.
Retrouvez sur mon blog les articles consacrés à la maternité, ce milieu de vie passionnant mais bien fatigant aussi…
Le mois dernier, j’ai lu Une vie heureuse, un petit texte de Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, court mais dense. Les récits de déportation sont insoutenables. La cruauté gratuite des hommes me choque, me dégoûte et me décourage.
Mais la manière dont les déportés qui ont pourtant été humiliés au plus profond d’eux mêmes, trouvent la force de se relever et de chercher le bonheur mérite le respect inconditionnel.
Je suis toujours perplexe face aux demandes de lecteurs de la box littéraire Kube qui me demandent que des témoignages de déportés. Avec la lecture du roman Le bureau d’éclaircissement des destins, j’ai mieux compris.
Gaëlle Nohant est une plume reconnue dans le domaine du roman historique. Elle a écrit La part des flammes qui raconte un incendie au bazar de la Charité.
Si vous n’avez pas la patate ou la frite en ce moment, passez votre chemin. Ce livre est dérangeant mais utile, nécessaire même. Je vais être honnête, j’ai sauté de nombreux passages dans ma lecture tellement c’était insupportable.
Je savais à travers les cours d’histoire-géographie au lycée que des médecins qui ne méritaient même pas ce titre se sont livrés à des expériences médicales expérimentales sur des femmes juives en bonne santé.
Mais ce roman a cette force émotionnelle de montrer à quel point l’acte est abominable en convoquant les sentiments, l’ironie à travers des dialogues percutants et sans appel. Cette lecture m’a fait pensé à un autre roman historique, une lecture marquante pour moi l’an dernier : Hôtel Castellana.
Le médecin en question dit aux femmes qui ont été capturées : « Soyez sages mes petits lapins« . J’ai refermé le livre avec violence tant j’étais indignée par la déchéance totale d’humanité. Puis, j’ai repris ma lecture car les pages qui racontent l’après guerre avec ces procès historiques m’ont redonné espoir.
Ces bourreaux protégés par le système concentrationnaire n’ont pas eu ce luxe de pouvoir dormir sur leurs deux oreilles dans leur vieillesse. Ils ont été pourchassés jusqu’en Amérique latine pour répondre de leurs actes devant les tribunaux.
La lettre qu’adresse Elsie, une ancienne kapo à sa petite fille pour lui avouer son passé au sujet d’un très beau médaillon est poignant. C’est d’ailleurs le sujet de ce roman. A partir d’une enquête pour restituer des objets spoliés à des déportés, ce roman traite du lourd fardeau de la seconde guerre mondiale que l’on transmet aux générations suivantes.
Qu’ils aient eu des choses à se reprocher ou qu’ils étaient victimes, les personnages de ce livre doivent vivre avec ce traumatisme. Certains s’enfoncent dans le secret et le déni, d’autres osent affronter le passé comme ces frères et ses sœurs qui se rencontrent pour la première fois soixante ans plus tard dans le parc d’une maison de retraite.
L’héroïne de ce roman s’appelle Irène. Elle est enquêtrice au centre de documentation des persécutions nazies dans une petite ville d’Allemagne ayant un lourd passé SS. Elle raconte les jeux de pouvoir au sein de l’institution qui a compté ses brebis galeuses jouant double jeu.
C’est un roman fascinant qui ne cesse de faire des flash- back entre la seconde guerre mondiale, les années 1990 et l’automne 2016. Il parle d’Irène et de sa vie de famille compliquée. Elle a divorcé de son mari allemand à cause de son obsession pour la vérité dans sa belle-famille alors que tout n’était ni tout blanc ni tout noir dans leur passé.
Ce roman raconte ses tourments, ses errements, ses doutes mais aussi ses certitudes les plus sûres pour mener à bien cette vocation, qui est beaucoup plus envahissante qu’un simple métier alimentaire. J’ai beaucoup aimé l’aspect psychologique de ce livre. Il évoque à un moment, l’attentat terroriste contre un marché de Noël à Berlin auquel échappe son fils Hanno. La peur que ressent cette mère se télescope forcément à celles des mères pour leurs enfants dans les camps de concentration.
Ce n’était pas une lecture très joyeuse mais il en faut aussi parfois. C’était une bonne piqure de rappel pour ne jamais baisser les bras, ne jamais capituler face à la cruauté. Car malheureusement, l’Histoire se répète. En ce moment, des enfants ukrainiens sont kidnappés et déportés en Russie.
Je remercie les éditions Grasset pour l’envoi de ce livre en service de presse. J’aime beaucoup cette maison d’édition pour les textes forts qu’elle publie.
Grande nouvelle ! J’ai enfin trouvé le format qui me convient. J’ai longtemps erré entre le format A4 et le format A5, j’ai trouvé le juste milieu. En plus, j’adore ce carnet bleu Leuchtturm 1917 que j’ai trouvé à l’Atelier papier rue de Belleville…
Nous ne sommes que début mars mais je me suis déja régalée à réaliser janvier et février avec des idées un peu nouvelles. Je suis toujours à la quête de pages originales à réaliser sur Pinterest ou Instagram.
Cette année 2023, j’avais envie de faire la part belle aux collages et au dessin. Objectif très ambitieux voire même impossible à tenir tant cela demande de récolter beaucoup d’images et d’avoir beaucoup d’idées. Alors je ne me mets pas la pression, quand j’ai assez de matière pour faire une page entière, je m’y mets.
Je suis assez contente de celui-ci même si j’avais besoin de mettre un peu de texte pour me rappeler les chouettes moments de vie du mois.
J’en ai aussi profité pour renouer avec ma passion dévorante pour le graphisme et le marketing. Au Monoprix, je suis tombée en amour au rayon panettone, ceux de la marque Galup avec la petite corde et le visuel vintage pour les emballer. Dans la maison d’édition où je bosse, on travaille beaucoup avec des graphistes qui font les maquettes et les couvertures de nos livres.
Je suis une très bonne cliente du marketing, un bel emballage séduisant pour vendre un livre ou un bel objet et hop, on me roule dans la farine ! J’ai eu envie de collecter dans mon bujo toutes les étiquettes marketing qui attirent mon oeil et m’inspirent. Comme le mood board (planche de tendances en gaulois) est à la mode, allons-y !
Comme toujours, je note dans mon bujo les messages inspirants pour ma foi chrétienne, car l’Homme n’est rien sans la foi surtout en ce moment. J’y marque mes sujets de prière personnels comme collectifs. Qu’il pleuve comme vache qui pisse par exemple.
Et puis grande nouveauté qui m’ est venue par hasard : je consacre une double page à une personnalité iconique connue dans le monde entier. J’adore les biographies et surtout je me passionne pour la notoriété pendant toute une carrière. Non pas que je les envie mais je trouve que c’est un bon challenge professionnel.
J’aime beaucoup regarder l’émission Un dimanche à la campagne sur France 2 où des personnalités françaises viennent expliquer comment ils ont percé et réalisé leur vocation. L’ambiance aux confidences et à l’échange dans cette maison de campagne paradisiaque me fait rêver. Elle se situe au bord d’un étang dans la forêt de Fontainebleau. Cela me fait beaucoup penser à l’épisode de Fais pas çi, fais pas ça où les Lepic montent un gîte en Sologne.
Pour l’instant, j’ai cherché à connaître la vie de Frida Kahlo, celle des Beatles. Je ne sais pas encore qui va m’inspirer en mars ( je pense que ça sera Hergé, le paternel de Tintin).
J’ai aussi mis en place des mini fiches de lecture pour les livres qui m’ont marquée. Pareil pour les expositions et les coins de Paris dans lesquels je veux retourner.
Je me suis rendue compte que ma vraie détente était de lire des livres et de regarder des films plutôt que faire les magasins alors je liste ceux qui m’ont vraiment fait passer un bon moment et appris quelque chose afin de les garder pour la postérité.
Enfin, les beaux jours reviennent bientôt. C’est l’occasion rêvée pour sortir de cette longue hibernation…
J’ai compilé dans mon bujo des idées de sorties en famille : à Moret sur Loing, visiter le chateau de Montecristo à Port-Marly…
Cette expo, j’ai repéré son affiche dans le métro et le thème envoyait du rêve. J’aime beaucoup regarder la série Downtown Abbey qui se déroule entre 1912, le naufrage du Titanic et 1929, le krach boursier en Angleterre.
Cette exposition comment les années folles en France ont inspiré l’Amérique du Nord : les paquebots de luxe, la mode des robes longues, les accessoires de bureau avant l’ordinateur… C’est l’exposition marquante de cet hiver.
Elle fait suite à une autre exposition « 1925, quand l’Art Déco séduit le monde » également à la Cité du patrimoine il y a dix ans. C’est un style très moderne qui rompt avec le style nouille de la Belle époque.
Entre 1900 et 1914, c’est un âge d’or dans toute l’Europe : Marseille, Vienne, Barcelone… Puis la guerre est déclarée, c’est l’horreur dans les tranchées.
En 1918, la paix revient. La révolution industrielle du 19eme siècle prend un tournant dans les années 1920 avec son lot d’innovations. On invente le néon, le téléphone et le cinéma se démocratisent.
Ces innovations provoquent tout un tas de bouleversements sociétaux : au cinéma, dans le noir, on peut draguer sans chaperon… Les filles se coupent les cheveux à la garçonne, on découvre les tableaux de Tamara de Lempicka…
A deux avenues de la cité du patrimoine de l’architecture, se déroule l’exposition Frida Kahlo, au delà des apparences au musée Galliera, également jusqu’au 5 mars. Je vous recommande de faire les deux car elles racontent une période contemporaine mais dans un continent américain bien différent.
Frida Kahlo voue une vraie aversion aux Etats-Unis et elle va valoriser les traditions millénaires de son pays : le Mexique à travers ses robes, ses bijoux et surtout ses tableaux.
J’ai aimé l’ exposition dédiée à l’Art déco pour son culte de la modernité, elle souligne aussi l’influence déterminante de la France aux Etats Unis au début du 20eme siècle. Entre la fin du 19eme siècle et 1930, il y aura d’incessants échanges intellectuels et artistiques des deux côtés de l’Atlantique.
L’exposition s’ouvre avec la Statue de la liberté crée par Auguste Bartholdi, un sculpteur français (Cocorico) en 1886. Cette statue est l’emblème de New York au même titre que les grattes-ciels. Ce genre d’immeubles tout à fait époustouflants sont révélateurs de l’essor du style art Déco.
C’est le premier style artistique totalement industrialisé. Il est beaucoup plus sobre et épuré que l’Art nouveau de la Belle époque. Les formes se géométrisent, elles s’adaptent au règne de la machine. Les motifs sont inspirés par l’art cubiste, avant-garde dans le domaine de la peinture. Le tableau Les Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso a été acheté par le MOMA en 1939.
Joséphine Baker est une figure marquante de cette exposition. C’est d’ailleurs une photographie d’un de ses spectacles de music-hall qui illustre le catalogue d’exposition.
C’est une des figures historiques qui m’inspirent le plus actuellement. J’ai adoré lire sa biographique que j’avais chroniqué ici !
Voici une galerie des œuvres présentées dans l’exposition. J’ai beaucoup aimé la scénographie à la fois très sobre et très classe. On s’attends à monter dans un paquebot transatlantique avec ses espaces feutrés. Les paquebots étaient des vitrines d’exposition de l’art Déco. On pouvait les visiter quand ils faisaient une escale dans une ville…
Ce devrait être une exposition permanente car le palais de Chaillot qui abrite cette exposition est un exemple d’architecture Art déco. Le palais du Trocadéro présente une architecture d’inspiration américaine, très différente du style haussmanien dans le quartier de la Tour Eiffel.
Je vous recommande la lecture de la revue d’art jeunesse Dada qui explique l’élaboration du beffroi de Lille, le grand Rex… Cette revue a été illustrée par Alice Des, qui a conçu un atelier pour les enfants autour de l’exposition.
Droits réservés Alice Des
Je vous recommande les ressources numériques de la Cité de l’architecture et du patrimoine pour réaliser des activités DIY avec vos enfants sur le thème de l’architecture. La librairie du Moniteur a fermé ses portes il y a quelques années mais il y a un petit espace avec des tables pour que les enfants puissent colorier.
Je trouve ça juste un peu dommage ces grands espaces un peu vides pour un musée avec tant de potentiel vu son emplacement. Il y a aussi le théâtre de la Colline juste à côté. Ce coin du 16eme arrondissement est vraiment mon lieu favori avec le musée Galliéra et le musée d’art moderne. Voici le véritable triangle d’or parisien !
Le musée accueille en son sein une magnifique brasserie : Girafe avec vue imprenable sur la Tour Eiffel. Le bar à cocktails pourrait servir de lieu de tournage d’un film comme Gatsby le magnifique. Je rêverai de monter au 9eme étage pour accéder au rooftop : la suite Girafe.
Il s’agit de l’ancien appartement du conservateur des lieux. Mais l’endroit semble réservé à des privilégiés, priés de laisser la perche à selfie au vestiaire.
Pour conserver cette esthétique Art déco, j’ai passé commande auprès de ma compatriote drômoise Mapu picchu avec cette superbe banane fait main arabesques.
D’habitude, l’hiver ne me pose pas vraiment problème. Cette année, c’est très pénible. Après un mois d’octobre historiquement doux et ensoleillé, nous sommes entrés dans un long tunnel nuageux depuis novembre en Ile de France.
Comme si d’épais nuages gris et bas maintenaient le ciel sous une cloche. Aucun rayon de soleil n’arrivait à percer certains jours.
Heureusement, il y a les livres, les séries, les films et les bons moments en famille pour me divertir en cette loongue période d’hibernation forcée.
De bonnes romcom pour mettre un peu d’amour dans cette actualité morose
Avant toi avec Emilia Clarke et Sam Claflin, adapté du roman éponyme de Jojo Moyes.
J’ai bien aimé cette romcom aux faux airs d’Intouchables. L’histoire se déroule dans une petite ville campagnarde en Angleterre. Elle réunit deux jeunes, la vingtaine, que tout oppose.
Lou, vient d’un milieu modeste qui multiplie les petits boulots pour joindre les deux bouts à la fin du mois. Will est un trader de la City, le fils du chatelain du coin. Mais il est coincé pour toute sa vie dans un fauteuil avec les douleurs atroces et quotidiennes de la tétraplégie.
Elle devient son aide-soignante, chargée de la lourde tâche de lui redonner goût à la vie. Cupidon va leur tomber dessus mais ils auront du mal à se projeter dans l’avenir…
Toi chez moi et vice versa avec Reese Witherspoon et Aschton Kutcher, Netflix
Encore une romcom au scénario très classique. J’ai beaucoup aimé le jeu de ces deux acteurs confirmés. Ils sont meilleurs amis depuis vingt ans. Lui a l’air de bien s’emmerder à New-York à faire de l’argent alors qu’il cherche un sens à sa vie. Il a un talent d’écrivain avec un beau manuscrit qu’il cache dans son four.
Sa meilleure amie de Los Angeles va occuper son logement une semaine pour faire une formation qui ne la passionne pas. Elle va renouer avec sa passion pour l’édition grâce à lui. C’est le genre de films que j’affectionne pour me détendre le week-end face à l’inflation et les galères de transport à Paris.
Comme j’ai un peu épuisé mes émissions de télévision fétiches sur France 2 : Ca commence aujourd’hui, Un dimanche à la campagne, La boite à secrets…
J’ai regardé Les rencontres du papotin avec le président Emmanuel Macron et je dois dire que j’ai été bluffée. C’est peu dire que le président de la République est rodé aux rouages de la communication.
En participant aux rencontres du Papotin, il est sorti de sa zone de confort et l’exercice l’a rendu plus sympathique. Ces aspirants journalistes parlent sans filtre, avec leur coeur, dans une démarche de sincérité et d’authenticité qui enrichit cette interview en groupe !
Il y a eu plusieurs moments d’émotions, bien plus en une heure trente d’émission qu’en six mois de campagne présidentielle !
Puis j’ai lu. Des livres assez profonds et graves mais marquants.
J’ai acheté à la librairie Eyrolles Le pavillon des combattantes sur les conseils du blog Little pretty books, ma référence ! Je reconnais que j’ai acheté le livre avant tout car sa couverture me plaisait pour mon fil Instagram.
Son sujet était aussi passionnant : comment une sage-femme un peu délaissée par sa hiérarchie a tenté de contenir une épidémie de grippe espagnole dans une maternité de fortune à Dublin en 1918. C’est bien écrit, l’intrigue est passionnante mais c’était une lecture sinistre pour l’hiver.
Sans vouloir spoiler, c’était décourageant de lire toutes ces femmes qui passent l’arme à gauche les unes à la suite des autres.
En regardant C’est à vous sur France 5, j’ai découvert que Ginette Kolinka avait écrit un second livre avec Marion Ruggieri : Une vie heureuse. Les éditions Grasset ont eu la grande gentillesse de me l’envoyer en service de presse pour écrire une chronique. C’est un récit de déportée lumineux. Cette dame de 98 ans ne s’est jamais départie de son humour pour affronter les épreuves. Elle a eu ses moments de dépression qu’elle n’élude pas dans ses deux autobiographies.
Mais elle a une manière de chérir la vie qui m’a beaucoup inspirée ces derniers temps. Je me plains du froid polaire certaines semaines alors que Marcelline, Simone ou encore Ginette, ces jeunes filles déportées, sous alimentées et humiliées tous les jours ont fait de longues marches en Pologne par des températures extrêmes.
Des expos qui servent de machines à remonter le temps dans l’Histoire.
Cet hiver, j’ai renoué avec les expositions seule ou en famille. Le 31 décembre, je suis allée voir Art déco, France/ Etats-Unis à la cité de l’architecture et du patrimoine.
C’était une belle machine à remonter le temps à l’époque de Downton Abbey quand les dames portaient des robes longues et un carré plongeant à la garçonne comme Lady Mary Crawley. Cette exposition met à l’honneur la mode, les paquebots transatlantiques et leur décoration… Un vrai rêve pour ceux qui aiment l’histoire de l’art.
Et puis gros coup de coeur pour cette exposition vue en famille : Tintin, l’aventure immersive à l’Atelier des lumières. Le prix est élevé mais l’expérience visuelle vaut le détour. Pendant quarante-cinq minutes, on se régale avec un film d’animation très réussi. Les chansons des Beatles, de David Bowie, des Cure nous replongent dans les années soixante même si on n’était pas né. Cela a révolutionné ma perception des musées.
L’expo a plu à toute la famille : ma fille de quatre ans comme les parents trentenaires et les oncles et tantes, la soixantaine.
On a célébré cette journée ensoleillée par un chouette brunch chez Clint. C’est une chouette adresse savoureuse mais comme elle est victime de son succès, on vous presse un peu à débarrasser le plancher… Pas terrible comme accueil.
Cet hiver, nous avons mis à profit certains dimanches matins pour aller nous balader à Paris (le seul vrai moment de la semaine si on veut être peinards tranquilles). Je suis retournée à Montmartre après plus de cinq ans sans visite. On s’est trouvé un chouette restaurant de cuisine française Le basilic, rue Lepic où nous avons été très bien reçus par le patron.
La décoration de cet ancien bureau des postes avec sa cheminée classée, sa pendule avec pierres précieuses et surtout ses plats à poissons m’ ont rappelé la maison en colombages noirs et blancs de mes grands-parents en Seine-Maritime. Dans la rue Joseph de Maistre, il y a deux bonnes adresses à partager : La Bossue pour le goûter et Terrasse Hôtel pour la vue inoubliable sur tout Paris.
A l’heure où je vous parle, l’air est polaire, il y a beaucoup de vent.
Mais le soleil m’éblouie dans le salon. Et le printemps est dans un mois !
J’ai découvert le témoignage de Ginette Kolinka grâce à la télévision à chaque sortie de l’un de ses livres : Retour à Birkenau et Une vie heureuse, écrits avec Marion Ruggieri, publiés par Grasset. Son fils unique est Richard Kolinka, le batteur du groupe mythique Téléphone.
J’ai dû mal à lire les récits de déportés car ces lectures me donne des cauchemars. Ca me débecte quand l’Homme fait des crasses abominables aux autres. Voici une longue interview menée par Laurent Ruquier lors de la sortie du livre Retour à Birkenau.
Je trouve ça formidable que les youtubeurs comme Guillaume Pley, Jeremstar ou Hugo décrypte interviewent également des anciens déportés.
Je remercie les éditions Grasset pour l’envoi de ce livre en service de presse.
La plupart sont nonagénaires et ils n’ont pas tous la vitalité de Ginette Kolinka à traverser la France entière pour aller témoigner dans les classes de primaire ou dans les collèges- lycées.
Pour préparer cet article, je passe toute ma semaine à visionner ses interviews. J’y réfléchis quand je marche dans la rue et que je tombe sur une plaque commémorative dorée dans ma ville : Fontenay sous bois…
Droits réservés Gunter Demnig
Ginette Kolinka a écrit ses deux autobiographies avec Marion Ruggieri, journaliste à Elle et chroniqueuse du magazine C’est à vous sur France 5. Il émane une belle complicité entre les deux femmes.
Elles sont venues sur le plateau de l’émission avec Richard Kolinka, son fils. J’ai trouvé cela fort intéressant d’avoir le regard d’un enfant de déporté car c’est un lourd contexte familial pour un enfant.
Ce livre regorge de flash-backs incessants entre différentes périodes de la vie de Ginette. Mais son récit est parfaitement fluide, elle nous guide à travers les années sans encombres.
Cette autobiographie, c’est le portrait d’une famille française du 20eme siècle. Le père de Ginette a combattu pendant la première guerre mondiale. Il fabriquait des imperméables dans son atelier, rue Jean-Pierre Timbaud dans le 11eme arrondissement. Leur famille tenait depuis des décennies un stand de bonneterie sur un trottoir de la Villette.
Ginette raconte que c’est l’amour de son travail qui l’a sauvée ainsi que l’insouciance qu’elle a retrouvé dans les fêtes au Balajo avec son futur mari. J’aime beaucoup la reproduction de sa photo de mariage en noir et blanc dans le livre. Elle est rayonnante aux côtés de son mari. C’est une belle revanche sur ses années de déportation d’où elle est revenue la peau sur les os (elle pesait 26 kilos).
Au lieu de me galérer à résumer ce livre, je laisse la parole à Olivia de Lamberterie, que je considère comme l’une des critiques littéraires les plus douées. C’est la meilleure ambassadrice des libraires !
Retour à Birkenau et Une vie heureuse sont des textes courts mais intenses, avec des mots bien choisis. Ils ne transpirent aucune haine, ni aigreur. Ginette Kolinka transmet à ses lecteurs sa joie de vivre, un très beau pied de nez à une dictature haineuse qui a tenté de la décimer quand elle avait dix-neuf ans.
Elle raconte en toute sincérité les mécanismes de protection qu’elle a mis en place inconsciemment pour survivre psychologiquement et physiquement dans les camps de la mort. Elle était habituée à travailler dur sur les marchés dans sa jeunesse et a mis son cerveau en pilote automatique pour ne pas laisser ses émotions et ses sentiments la submerger.
Cela m’a beaucoup marquée qu’elle préférait être seule dans le camp. Elle a réalisé que c’était une double peine terrible de partager la déportation avec une mère ou une sœur.
Ce n’est pas simple de voir sa maman complètement nue surtout dans les années 1940 où l’on était d’une grande pudeur, de s’inquiéter sans cesse qu’elle tombe malade ou d’avoir du mal à partager son pain quand on a tellement faim.
Elle raconte aussi ses camarades de détention : Simone Veil, Marcelline Loridan-Ivans avec qui elle pose en photo lors de nombreuses commémorations. A leur retour des camps, rien n’était prévu pour soutenir psychologiquement les rescapés des camps. Ginette est rentrée toute seule chez elle après avoir attendu des jours et des jours à l’hôtel Lutétia d’inutiles vérifications d’identité.
Le moment où elle retrouve sa maman et ses sœurs qui n’ont pas été déportées, est terrible. Elle a vu tant de morts dans les camps qu’elle ne prends aucune précaution pour leur apprendre que le père de famille et le petit frère ont été gazés dès leur arrivée à Birkenau.
La meilleure des thérapies pour elle fut de retrouver ses cinq sœurs qui avaient la vingtaine et qui aimaient sortir par instinct de vie pour oublier la guerre et ne pas saboter leur jeunesse.
Je dédie cet article à ma grand-mère Annette et Ma Tante Julienne. Elles sont nées en 1920 et en 1937 dans le Pas de Calais. Elles n’ont pas été déportées mais elles ont vécu la faim, les bombardements incessants dans une zone à risque, l’exode sur les routes de France. Et aussi, un petit clin d’œil à ma copine Alix qui fait un travail remarquable de médiation culturelle auprès des scolaires.
Elles m’ont transmis l’amour de la vie, rire et profiter de tout ce que nous pouvons vivre de beau ! Le plus beau cadeau qu’on puisse faire à un enfant pour l’aider à se construire.
J’ai aimé ce livre car cette arrière grand-mère donne de la force à toute sa famille. Son appartement est une boite à trésors, on s’y ressource en 2023 pour affronter une société actuelle brutale, clivante.
Les personnes lumineuses comme Ginette Kolinka sont les repères d’une humanité bien inspirée.
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