Carnets de voyages urbains·Moments de vie

Marseille jour 3 : le Vieux port et ses alentours

Le Vieux port, c’est vraiment le centre névralgique de Marseille, là où tout se passe surtout quand on vient en touriste. On cite souvent la Canebière comme l’équivalent des Champs-Elysées parisiens mais nous n’avons pas eu la curiosité d’y aller cette fois-ci.

Nous avons logés pendant cinq jours à coté de la place de Lenche dans le quartier du Panier. J’ai beaucoup aimé descendre chaque matin ces grands escaliers pour rejoindre le Vieux-port, là où se trouvent tous les bus. On ne se rend pas bien compte mais Marseille, ça grimpe pas mal !

Le Vieux Port se compose de deux quais : Le quai du port avec les terrasses de restaurants face à Notre Dame de la Garde pour la beauté de la vue et le quai Rive neuve qui tourne le dos à la basilique.

Au centre, se trouve la canopée avec ses miroirs réalisée en 2013 quand Marseille fut ville européenne de la culture. C’est le lieu le plus emblématique de Marseille : l’étal des vendeurs de poissons à la criée. Il se situe à coté des navettes de bateaux qui partent toutes les 45 minutes vers les îles du Frioul ou l’Estaque.

Quai Rive neuve (en bas de Notre Dame de la garde)

En circulant avec le bus 83 qui vous mènera à la plage des Catalans et à la corniche Kennedy, vous pouvez apercevoir le théatre national de la Criée mais aussi le fameux bar de la Marine qui inspira à Marcel Pagnol sa tragédie familiale César-Fanny- Marius, quai Rive neuve. Mais aussi l’abbaye Saint Victor qui date de l’ère mérovingienne, une des premières églises de France.

Les Incontournables du Vieux Port de Marseille

Je suis moins emballée par ce quai du Vieux port mais je vous recommande la place Estienne d’Orves. Surtout la librairie des Arcenaulx pour sa qualité d’accueil et la brasserie L’esquinade. L’accueil y était parfait et les plats copieux, on apprécié l’excellent rapport qualité-prix et j’ai même pu manger un panaché de fruits de mer avec ses incontournables bulots.

Cet hiver, j’avais lu l’autobiographie poignante de maître Béatrice Zavarro dont le cabinet d’avocats se trouve rue Sainte et j’avais beaucoup aimé son amour authentique pour sa ville.

Je vous recommande aussi les petites rues du centre ville comme la rue Paradis pour ses très beaux magasins, non loin de là, j’ai découvert une pizzéria Pinocchio avec de très beaux parasols. Vous pouvez également faire une pause bien méritée au café Joyeux, 14 place du général de Gaulle et promettre un tour de manège à vos enfants en bas de la Canebière.

Pendant ces cinq jours de congés, nous avons pris un pass 72 heures auprès de l’Office du tourisme de Marseille afin de profiter au maximum des transports en commun marseillais , du petit train touristique pour monter à Notre Dame de la Garde, du bus Hop-on, hop off, du MUCEM et enfin des navettes pour les îles du Frioul. Mais nous avons fait l’impasse sur la grotte Cosquer cette fois-ci.

Quai du Port (face à Notre Dame de la garde) : Du Panier vers la rue de la République.

Nous prenions souvent la Grande rue, parallèle au Vieux-port avec ses boulangeries, ses coffee-shop et ses concepts store de décoration. J’ai particulièrement aimé une mini place du Panier avec un restaurant qui s’appelait La table d’Augustine en hommage à la mère de Marcel Pagnol (mon écrivain favori) et le bar du Platane. Nous n’avons jamais déjeuné là-bas mais un jour, nous avons vu un ténor qui chantait pour les clients de la terrasse couverte. Un souvenir sympa.

Cette fois-ci, nous avons eu la chance de visiter le magasin de décoration de Sophie Ferjani que nous suivions avec plaisir dans Maison à vendre sur M6. Nous avons beaucoup aimé sa sélection de fauteuils, coussins et canapés très originale par rapport à ce que l’on peut trouver sur le marché. On sent que ce sont des professionnels de l’architecture d’intérieur.

Un peu plus loin vers le cours Belsunce, se trouve la bibliothèque municipale : L’Alcazar qui a conservé sa façade d’origine. Cet ancienne salle de concert a accueilli les plus grandes vedettes du music-hall comme Yves Montand, émigré italien qui a posé ses valises à Marseille avec sa famille.

Il est indéniable que depuis 2013, Marseille vit une véritable mue culturelle et touristique avec un musée particulièrement emblématique : le MUCEM, le point d’orgue du Vieux-port dans le fort Saint-Jean.

Le MUCEM et ses passerelles entre les quartiers de Marseille : le Panier, le bassin de la Joliette

En 2013, le président de la République de l’époque, François Hollande a inauguré le Musée des arts et civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Ce musée national occupe deux sites : l’un est très ancien, c’est le fort Saint Jean qui date du 12eme siècle. Cet immense bloc de calcaire rose abritait à l’époque une mini ville, une garnison dédiée à la protection de la seconde ville de France.

Une surprenante passerelle le relie à un véritable cube de dentelle conçu par l’architecte varois Rudy Ricciotti. Ce bâtiment tout neuf abrite les collections du musée et les expositions temporaires.

J’ai bien aimé celle consacrée au chef d’œuvre de la littérature hispanique : Don Quichotte de Cervantès. Mais j’ai trouvé les salles du musée très sombres. Le revêtement en dentelles est très beau de l’extérieur mais il a aussi ses inconvénients.

En tout cas, les aménagements autour du MUCEM ont révolutionné la manière de déambuler entre le Vieux port et le bassin de la Joliette avec l’esplanade de la Major un peu plus loin.

Carnets de voyages urbains

Un avant-goût de vacances à Massilia la belle début juin

C’est l’un des carnets de voyages que j’aime le plus écrire dans ce blog. Marseille, c’est ma ville de cœur, ex-aequo avec Paris.

J’ai failli partir y vivre en 2011 pour devenir libraire de musée mais l’amour m’a convaincu de rester dans la capitale.

Nous y sommes retournés en famille… avec notre petite fille début juin, parmi de nombreux fans de Jul de toute la France qui faisaient l’aller-retour express pour son concert au stade Vélodrome.

Chiller sur le rooftop de Roxane et Matthieu, les collines à perte de vue : le massif de l’Etoile, le Garlaban…

Nous avons été invités comme des rois par mon cousin et sa femme dans une chouette maison marseillaise des années 1960 qu’ils rénovent. Ils vivent dans le 11eme arrondissement.

Le parc national des calanques et les plages ne sont pas loin. J’ai découvert un nouveau quartier que je ne connaissait pas. Marseille compte plus de 111 villages qui se sont regroupés quand Marcel Pagnol était enfant vers 1900 à la Belle époque.

C’est la ville la plus étendue de France. J’ai bien apprécié de renouer avec une tradition mise en place par mon père quand nous venions à Marseille : la pizza du camion !

Longer la superbe corniche Kennedy avec le bus 83 et surplomber de très beaux sports de baignade.

J’avais une idée bien précise avant de venir : s’en mettre plein les yeux de bon matin le long de la Corniche Kennedy.

Cette fois-ci, nous avons eu beaucoup de chance, on a pris ce bus tôt le matin avec une très belle vue sur le rivage. C’est la Riviera avec de très belles villas sur les hauteurs et ces petites criques recherchées pour la baignage. On avait la poussette donc pas de visite dans les petites ruelles de Malmousque et Endoume (ce n’est que partie remise).

On s’est rué sur la plage des Catalans, car jour férié oblige, c’était très fréquenté dès 10 heures le matin. C’était le grand moment du séjour : une eau à 20 degrés mais beaucoup de bonheur à profiter de ce petit avant-goût des vacances d’été.

C’est la plage la plus proche du centre-ville. Elle se situe aux pieds de Notre Dame de la garde avec des immeubles un peu anciens. Quand on voit l’hôtel des bords de mer ou le restaurant et l’hôtel Feron, on se croirait dans un film de Jacques Tati, Les vacances de Monsieur Hulot… La plage n’est pas très grande mais l’évasion est là. Pour une plage urbaine d’une aussi grande ville, je suis admirative du soin de la mairie à garantir propreté, sécurité et convivialité.

Ensuite, on a fait le tour des endroits que l’on aime comme le Pharo avec sa vue exceptionnelle sur le Vieux Port depuis l’aire de jeux pour enfants. Nous n’avons pas eu le temps d’aller au parc Borély, au palais Longchamp ou à la bibliothèque de l’Alcazar sur le cours Belsunce mais ça sera pour une prochaine fois.

Je songe à faire un carnet d’adresses de mes coups de cœur à Marseille. Le magasin de Sophie Ferjani était fermé le lundi rue de la République mais nous reviendrons. Il se situe aux pieds du quartier du Panier dont on voit les fortifications. Impressionnant !

Le Vieux-port, un rendez-vous incontournable du touriste.

Je vais toujours au centre-ville car le Vieux-Port m’aimante.

Grâce à ce documentaire Il était une fois Marseille raconté par Clara Luciani sur France 3, j’ai appris que le Vieux-Port avait été creusé dans la calanque de Lacydon. Comme Marcel Pagnol est mon écrivain préféré, il était impensable de ne pas prendre le ferry boat, le plus court ferry au monde.

Depuis 1880, il relie la mairie de Marseille à la place aux huiles Quai Rive neuve, juste à coté du bar de la Marine. D’ailleurs, le bateau s’appelle César, en honneur au plus célèbre de tous les bistrotiers marseillais.

Tourisme Marseille

La traversée coûte 0.50 centimes et c’est vraiment un souvenir agréable surtout quand on croise des bateaux qui quittent le port. Mon plus beau souvenir de stage fut d’assister au feu d’artifice du 14 juillet en 2011 en haut de la tour du roi René au Mucem.

J’aime aussi les BD Léo Loden, des éditions Soleil. C’est un détective privé, ancien policier qui résout des affaires avec son oncle Louis-Ulysse. Ils tentent de faire rimer légalité avec coutumes marseillaises décontractées…

Et puis, bien évidemment, comme j’étais ado dans les années 2000, que serait Marseille sans les films Taxi produits par Luc Besson. Le premier film avec sa bande originale signée IAM et d’autres rappeurs marseillais est une bonne comédie que j’aime revoir de temps en temps.

Ma nouvelle passion pour les ports français : Le Havre, Marseille…

Depuis que j’ai commencé il y a un an, une nouvelle carrière dans l’import-export de livres, je découvre un univers totalement fascinant : les containers dont on attend les bateaux d’Asie et qui captivent toute une région.

Dans le train des vacances, j’étais d’ailleurs en train de lire Angie ! le dernier roman de Marie-Aude et Lorris Murail, une enquête policière qui se déroule au Havre dans le milieu des dockers. J’ai hâte de chroniquer cette pépite dans un prochain article.

Le patrimoine industriel de Marseille est passionnant, il découpe la ville de manière assez précise : les villas des armateurs et négociants sur la corniche, les dockers et les ouvriers dans les HLM des quartiers Nord vers l’Estaque. Il serait grand temps de ne plus tordre le nez de dégoût en déclamant que Marseille est une ville portuaaière.

A chaque visite à Marseille, nous allons faire un tour à la Joliette pour manger au restaurant Vapiano dans le centre commercial Les terrasses du port. C’est une bonne adresse donnée par mon cousin. La cuisine n’est pas ouf (je dirai même industrielle) mais la vue sur les bassins de la Joliette l’est assurément !

Marseille est désormais un port de paquebots de croisières principalement (l’un d’eux héberge des réfugiés ukrainiens en ce moment) Mais au 19eme siècle, le commerce maritime a fait la prospérité de la ville.

Entre 1860 et 1914 avec la percée du canal de Suez, Marseille a vu sa population doubler. Le Vieux-Port étant trop petit, les docks ont été construits sur le modèle des docks anglais pour stocker des énormes quantités de matières premières.

Marseille s’est illustrée dans le négoce et l’industrie : l’huile et les savons, le sucre, la réparation navale… Le port de la Joliette me passionne car ce fut la porte de l’Orient quand la France possédait un grand empire colonial. Avec la fermeture des docks dans les années 1990, les temps sont devenus durs pour de nombreuses familles de dockers. C’est ce que montre Robert Guédiguian dans ses films comme Gloria mundi par exemple.

Une prochaine fois, nous irons dans le quartier de l’Estaque, au nord de la ville. C’est un très beau village avec une longue histoire artistique. C’est en peignant ses paysages le long de la Côte bleue que Cézanne inventa avec Picasso le cubisme.

Il serait malhonnête de cantonner Marseille à l’OM. On oppose souvent Paris à Marseille. J’espère que cet article reflètera au mieux la richesse culturelle de la ville : la littérature, la BD, la chanson, le cinéma, le patrimoine industriel… C’est évident qu’il y aura un autre article sur Marseille pour raconter les success story de deux grandes marques : Ricard et Orangina !

Un amour en commun pour la ville-monde : Marseille

J’ai aimé ce documentaire car il interviewe de nombreux Marseillais célèbres comme anonymes : Ariane Ascaride, Akhenaton, Macha Makeïeff, un linguistique, un vieux monsieur dont toute la famille a été déporté dans le quartier du Panier. Ils viennent de tous horizons, qu’ils soient italiens, arméniens, pieds-noirs d’Algérie, russes blancs et constituent une ville-monde : Marseille…

On peut les trouver excessifs, chauvins, de mauvaise foi…

Mais je réalise qu’en une dizaine de séjours à Marseille, j’ai rencontré une majorité de gens gentils, soucieux des autres et engageant la conversation facilement : un monsieur tatoué de la tête aux pieds qui a blagué avec ma fille et sa peluche dans le bus. Ce qui me touche le plus, c’est la manière dont ils parlent de leur ville avec un amour farouche.

Je le sais bien, j’y ai droit avec les huit Marseillais de ma famille ! C’est indéniablement eux qui m’ont transmis cette passion pour cette ville !

Retrouvez-ici mes précédents carnets de voyages à Marseille :

-Road trip à Marseille

Marée humaine à la plage, un véritable théâtre social