Carnets de voyages urbains·Lifestyle

Marseille jour 1 : La Major et le quartier du Panier

Le premier jour de vacances à Marseille commence un dimanche matin avec un soleil rayonnant sur le parvis de la gare Saint-Charles et ses escaliers tellement impressionnants.

Cette gare emblématique a été construite en 1848. On la voit de loin depuis l’esplanade de Notre Dame de la Garde. Bâtie également sur une colline, elle a été desservie par de grands escaliers en 1925.

Nous les descendons à pied pour traverser le quartier populaire de Belsunce et ses commerces d’alimentation maghrébins si typiques. Mais nous n’avons pas pris le temps de goûter les délicieuses pâtisseries orientales du quartier.

On rejoint la rue de la République en passant par un magnifique bureau de poste d’époque. Il est prévu une visite dans la semaine au magasin de décoration de Sophie Ferjani, décoratrice d’intérieur intervenant sur la chaîne M6.

Nous avons déjeuné en terrasse un 28 décembre au Wood non loin de la mairie de Marseille et du Vieux Port. C’était une cuisine maison sympa et accessible. Cela nous a bien aidé à atterrir sur nos pieds après le réveil aux aurores et les trente minutes d’attente sur le quai de la gare TGV de Marne la Vallée, la gare la plus frigorifique que je connaisse.

Ici c’est un tout autre climax puisque nous sommes en tee-shirts par 17 degrés et c’est un total ressourcement.

Loger au coeur du Panier, l’équivalent de Montmartre à Marseille

Nous avons trouvé un logement vraiment très bien situé en plein coeur du Panier. On appelait ce quartier La petite Naples avant guerre. Il a été raflé puis décimé par des bombardements nazis en 1944. Je l’ai appris dans un remarquable documentaire : Il était une fois Marseille, daté de 2022 sur France 3.

J’avais quelques idées reçues sur ce quartier à cause du feuilleton pas bien jojo (=caricatural) : Plus belle la vie qui a engendré du sur-tourisme pas toujours bienvenu.

Mais Le Panier est vraiment un beau quartier, très central pour se rendre au Vieux-port, au Mucem, à Notre-Dame de la Garde, à la Corniche Kennedy… Et surtout, il se trouvait à deux pas de la Major et de l’esplanade qui donne sur le port de la Joliette.

Je vous recommande la visite de la Major où a lieu l’exposition Lumières célestes de l’artiste Marcoville en ce moment .

L’art contemporain universel s’invite à la cathédrale de la Major

Marcoville propose dans la cathédrale de la Major un voyage féerique : un jardin d’Eden qui célèbre la Création en suscitant l’émerveillement et en invitant au rêve. Il n’a pas lésiné sur les moyens pour créer une scénographie grandiose à la hauteur des dimensions de la cathédrale :

  • une forêt d’arbres de 3 m de haut, allégorie du jardin d’Eden à l’entrée de la nef
  • 50 vierges à l’enfant grandeur nature le long du déambulatoire
  • 30 000 poissons en verre suspendus à 10 mètres de haut
  • 400 anges en verre transparent, sablé et or.

Que vous soyez croyant ou non, cette exposition est accessible à chacun. Dans un style naïf et très coloré, elle exprime des idées fortes comme la pêche miraculeuse avec ce filet de 30 000 poissons ou encore l’amour maternel inconditionnel : ces vierges à l’enfant, de mille couleurs.

J’ai beaucoup aimé la stylisation des anges ou de l’enfant Jésus, joufflus, en plein mouvement. On aurait envie de lui faire risette à ce beau bébé !

Marcoville est un sculpteur français qui se sert du verre destiné à la casse. Il le cisèle, le colore pour faire vibrer la matière et lui donner un sens poétique et vivant.

Il avait déjà présenté son exposition Lumières célestes dans l’église Saint-Julien à Tours en 2019 mais aussi à Cambrai. Cette exposition itinérante lui a demandé quinze années de travail. Cette rencontre entre l’architecture religieuse et l’art contemporain est fascinante !.

Lumières célestes de Marcoville, cathédrale de la Major, ouverture tous les jours de 10 heures à 17 heures, du 25 octobre 2025 au 8 mars 2026. Entrée libre.

L’esplanade de la Major est un très beau spot pour prendre des photos au coucher du soleil. On compte quelques commerces sous les arcades de la cathédrale comme le bar à chocolat Espérantine. La création de grands musées nationaux comme le Mucem ou la reconstitution de la grotte Cosquer a considérablement changé la morphologie du quartier.

Le tourisme a totalement remodelé le bassin de la Joliette.

Dans de vieux films des années 2000 comme Love Actually ou Taxi, le bassin de la Joliette c’était des friches industrielles avec de grandes grilles. Maintenant place aux touristes du monde entier qui descendent des bateaux de croisières et qui viennent déambuler sur les quais des musées.

Prochain article : Marseille jour 2, les îles du Frioul et le Mucem !

Carnets de voyages urbains

J’ai fait Pékin Express en solo… je suis allée en train puis en voiture puis à pied au Touquet !

Il y a des expériences un peu dingos que j’aime tenter. Depuis que je suis maman, cela ne m’arrive plus de partir en week-end toute seule. Je voulais partir avec deux copines mais nos agendas ne se sont pas coordonnés.

Mais je voulais absolument boucler ce bel été par un dernier salut à la mer, sa vue me ressource tellement.

J’aime le Touquet car c’est le berceau de la famille de ma mère. Mes grands-parents sont enterrés à Montcavrel, à quinze kilomètres de la fameuse Canche, la rivière qui sépare Etaples du Touquet.

Le coin de détente de mon grand-père pécheur, à égalité avec le plongeoir du Touquet, où il faisait rigoler les filles dans les années 1950.

Je vous recommande Merlimont, une petite ville familiale où l’on mange d’excellentes moules frites.

Donc, je suis partie en week-end samedi dernier, quand le monde entier pleurait la reine d’Angleterre, aux kiosques à journaux, gare du Nord. La météo annonçait des averses, il a fait un temps superbe. Heureusement, vu les péripéties que j’ai vécu.

Je garde une dent contre la SNCF et la mairie du Touquet qui organisent n’importe comment les navettes vers la gare d’Etaples. J’avais déjà vécu ce genre de désagrément en famille en juin 2020 et cela devient vraiment lassant.

La prochaine fois, j’irai à Trouville , véritable station de métro parisienne dans le Calvados. Je me demande même si ce n’est pas fait exprès pour décourager les voyageurs sans voiture.

J’ai pu compter sur la gentillesse d’une dame et sa fille qui m’ont conduite jusqu’à l’aéroport à l’entrée du Touquet pour reprendre la navette. Seulement la prochaine était prévue dans seulement deux heures. Alors, j’ai pris ma valisette à deux mains pour parcourir les 3 kilomètres qui me séparaient du centre-ville.

Au début, c’était une ballade plaisante au milieu de splendides résidences secondaires aux volets clos, dans la pinède et les feuilles mortes qui annonçaient l’automne. Mais passé le rond-point du musée du Touquet, j’en ai quand même eu ma claque.

Heureusement, mon hôtel se situait à 50 mètres du front de mer et du mini-golf. Pour la modique somme de 90€, j’ai eu droit à une chambre individuelle dans une auberge de jeunesse un peu défraichie. J’hésite encore à vous conseiller l’endroit car se sécher avec les draps et les taies d’oreiller, c’était un peu light comme prestations hôtelières…

Le lit n’était pas très bon, les prestations étaient très rudimentaires pour le prix payé, les cloisons étaient fines comme du papier à cigarette (j’ai même entendu le voisin ronfler)… Mais la plage était là, toute proche. Car c’était vraiment pour elle (et faire les magasins) que je suis venue !

L’après-midi, je me suis régalée à déambuler dans les rues du centre-ville, à flâner dans les magasins de fringues et de décoration rue Saint-Jean… Cela me fait bien marrer de rentrer dans les magasins qui vendent des spa et des jacuzzis pour résidences secondaires.

Je crois que mon mari est presque ok pour notre retraite. Les commerçants sont très sympathiques dans l’ensemble même si on sentait bien que la saison était bien finie.

Le meilleur moment du week-end a été la fin de journée sur le front de mer. Le mini golf est vraiment un bon spot le samedi soir pour boire un verre avec ses amis. Je suis allée manger une bonne entrecôte sur la terrasse de l’Enduro à coté du fameux Aqualud dont le sort est en suspens.

L’esplanade qui donne sur le club de plage Joie de vivre est vraiment un bel endroit le soir, même si c’est beaucoup moins animé que la rue principale de Sozopol, en Bulgarie.

Le lendemain, la journée est passée assez vite. Je me suis régalée avec un bon film Le tigre et le président avec Jacques Gamblin et André Dussolier. La caissière du cinéma Les trois as était très accueillante, le cinéma était très chic.

Les prix concurrençaient ceux de la capitale : 10.30€ l’après midi mais le prix de la séance du matin était correct.

Le Touquet est une charmante bourgade de 4200 habitants à l’année. Cette station réputée attire plus de 250000 habitants en pleine saison, dont une clientèle majoritairement anglaise depuis ses origines au 19eme siècle. D’ailleurs, la ville a décidé il y a quelques jours de rebaptiser son aéroport en hommage à Elisabeth II.

La fin du voyage a été ternie par un sacré stress de ne pas avoir de navette pour reprendre le train. Les horaires donnés par l’office de tourisme n’étaient pas les bons et les taxis étaient tous pris d’assaut. Heureusement, la navette est arrivée à l’heure indiquée sur l’abribus et j’ai pu compter sur la solidarité de deux jeunes touristes belges qui m’ont filé 1 euro pour pouvoir la prendre.

Car bien évidemment, je n’ai jamais de cash, pensant que le sans contact est répandu partout.

Finalement, ce week-end en solo était une bonne expérience pour me rappeler mes qualités de débrouillardise et d’improvisation car c’est toujours mon mari qui organise les checkings et autres organisations de nos voyages. J’ai réussi Pékin express au Touquet mais la prochaine fois cela sera en duo avec mon numéro complémentaire !

Retrouvez-ici mes derniers carnets de voyages sur le blog :

– Un air de vacances début juin à Marseille

Voyage à Bern, au pays des ours

-Deauville / Trouville, le 21eme arrondissement parisien

Carnets de voyages urbains

Se régaler dans les Hauts de France en attendant de retourner en Belgique

C’est une tradition : un petit voyage à deux en automne en Belgique mais ce n’est pas possible cette année à cause de cet emmerdeur de Covid 19. Un saut dans le Thalys à Paris et deux heures et demie plus tard, vous reliez Bruges, Bruxelles ou Anvers pour un week-end gourmand.

Je vous invite à lire mon carnet de voyage urbain d’Anvers en novembre 2018. Cela me challenge bien de faire dans la foulée celui de Bruges et Bruxelles.

Alors cet article va vous vanter les charmes des Hauts de France, une région cousine de la Belgique pour ses nombreux traits culturels communs. Ce sont une partie de mes racines et j’y suis très attachée.

En début d’année, j’ai perdu une personne chère de ma famille, mon arrière-tante Julienne qui a su avec ma grand-mère Annette me transmettre l’amour du Nord de la France. J’apprécie aussi la grande gentillesse, le sens de l’accueil chaleureux et la bonne humeur de mes copains parisiens originaires du Nord : Anne Gie et Vincent, Sylvie et Karine qui nous a tous reçus un jour pour une sacrée carbonade !

Mon envie de voyage en double page dans mon bullet journal

Admirer les villas colorées Belle époque de Mers les bains

Je me souviens de sa plage de galets, ses grosses vagues et les falaises du Tréport. Je déteste les plages du Sud de la France où on est entassés comme des sardines. Mes grands-parents vivaient dans une magnifique maison de cinéma à colombages noirs et blancs à Canehan en Seine-Maritime. Il y avait même une île avec une cascade.

Droits réservés Paris Normandie

Depuis j’ai regardé un documentaire de l’émission pour seniors Des racines et des ailes sur France 3 sur la baie de Somme. J’ai très envie de retourner à Mers pour voir ses villas Belle époque très colorées. J’ai appris que Mers-les-Bains était une destination très en vogue pendant le Second empire avec le développement des bains de mer en 1860. Puis, cette belle adresse est tombée en désuétude avec l’avènement de la Riviera française accessible rapidement avec l’automobile dans les années 1920.

Les Hauts de France, patrie de la frite !

Pour moi le Nord c’est aussi ses baraques à frites. Comme je viens de la Drôme, j’étais toujours un peu stupéfaite par ces drôles de coutumes comme manger des frites à la mayo en revenant de la plage à 17 heures. Mais « la mer ça creuse » comme disait ma grand-mère et c’est un bon souvenir d’enfance. J’aime bien la forêt de pins de Stella plage, les moules-frites à Merlimont, une plage voisine du Touquet, un peu plus populaire et familiale.

Je vous rappelle mon carnet de voyages consacré au Touquet en juin dernier : un voyage rocambolesque c’est le mot. Les dunes du Touquet valent le détour, il faut absolument les préserver car elles ont considérablement réduit leur superficie sur la Côte d’Opale.

Montreuil sur mer et son maire de fiction : Jean Valjean !

A quelques kilomètres du Touquet, se trouve Montreuil sur mer, une belle cité de 3000 habitants, fief de mon grand-père Jean Samsoen. Ses parents tenaient un très beau magasin, les galeries montreuilloises. Au bonheur des dames dans la Pas de Calais ! Nous sommes allés à la Toussaint il y a des années avec mes parents et il faisait beau. La lumière sur les remparts de la citadelle conçue par Vauban reste un très beau souvenir.

Près de Montreuil sur mer se trouve Arras, une ville pas assez touristique à mon goût alors que c’est un petit bijou d’architecture ! J’ai vu le film La liste de mes envies avec Mathilde Seigner et Marc Lavoine, inspiré du livre de Grégoire Delacourt. On y voit le beffroi et la grand’place filmés de manière très esthétique. Arras est donc en tête dans la liste de mes envies… de voyages.

J’ai réalisé pourquoi j’aime autant les Hauts de France et la Belgique : l’architecture civile avec ses pignons à redans ou chantournés me font rêver, j’aime les beffrois de la fin du Moyen-Age. Cela me fait aussi bien voyager à Sienne sur la place communale, à Bruges, ou encore dans une scène de Vermeer à Delft aux Pays-Bas. Cela me rappelle mes cours de deuxième année à l’Ecole du Louvre sur les splendeurs du Moyen-Age et de la Renaissance en Europe.

Cela me gonfle beaucoup qu’on caricature les Hauts de France avec mépris alors que c’est une région d’une grande richesse culturelle et économique avec son patrimoine industriel et ses usines textiles. La Redoute, Camaïeu et Bernard Arnault viennent de Roubaix ou de Tourcoing. Le grand Charles, le héros de mon grand-père était un Lillois. De nombreux artistes très talentueux comme une succession de Miss France viennent du Nord.

Droits réservés Musée La piscine de Roubaix

Je ne connais pas la région de Lille mais j’ai très envie d’aller visiter son musée d’art contemporain La piscine. C’est une ancienne piscine Art déco construite dans les années 1930. Son originalité vient de son éclectisme stylistique : de l’architecture néo-byzantine par ici, reprenant le plan des abbayes cisterciennes par là…

Le lieu est une oeuvre d’art en soi avec ses immenses vitraux et son bassin…, un bon plan culturel relayé par l’ensemble de la presse. Les cabines de douches sur les côtés me rappellent les bains Belle époque où je suis allée à Budapest ou bien la piscine Molitor à Paris…

Je suis sûre que bon nombre d’entre vous ont des attaches familiales dans le Nord, se délectant des bonnes tartes au papin ou des gaufres Rita de Mamie.

Dimanche dernier, j’ai eu le plaisir de faire découvrir les fameuses gaufres Meert à mon mari dans leur boutique du Marais.

C’est un échange de bons procédés car c’est lui qui m’a fait découvrir les richesses de la Belgique. Lui sa bonne adresse, c’est la baraque à frites de la place Flagey à Ixelles. Il a invité tous nos cousins à y aller après la visite du musée Horta à Saint Gilles.

C’est décidé dans un prochain article, je vous parlerai Belgique : ma passion pour deux de ses ambassadeurs : Stromae et Angèle, la visite du musée Horta, notre voyage de noces à Bruges à la Toussaint 2014…