Cinéma

Omar Sy dans le sillage de Hugh Grant pour jouer un French lover le 26 septembre sur Netflix – mon avis !

Fin août, j’ai emmené mon mari au cinéma pour une sortie en amoureux voir Matérialists avec Dakota Johnson, Pedro Pascal et Chris Evans.

Une jeune et ambitieuse match-makeuse new-yorkaise se retrouve dans un triangle amoureux complexe, tiraillée entre le  » match  » parfait et son ex tout sauf idéal. Grosses déception, une histoire moche et cynique, le romantisme et l’altruisme avaient pris leurs jambes à leurs cous.

Nous sommes sortis du cinéma écœurés et désorientés : pourquoi en 2025, les cinéastes n’arrivent plus à proposer des belles comédies romantiques comme Coup de foudre à Nothing Hill, Hitch ou encore The holiday ?

Le romantisme c’est le pari de la nouvelle comédie Netflix : French lover avec Omar Sy et Sara Giraudeau, réalisée par Nina Rives associée à Hugo Gélin, le scénariste de Mon inconnue . Et nous on a très envie d’y croire.

Le résumé :

Abel Camara est la grande star du moment. Alors lorsque Marion, l’incarnation parfaite de la « Girl next door » lui rend un service un jour, aucun des deux ne soupçonne que c’est le début d’une grande histoire d’amour.

Contre toute attente, j’ai beaucoup aimé cette comédie romantique. Honnêtement, j’étais très sceptique car très souvent des comédies françaises prometteuses me déçoivent au bout de quinze minutes exception faite de L’arnacoeur avec Romain Duris et Vanessa Paradis en 2010.

La scène d’ouverture est très drôle car Abel joue dans une publicité très caricaturale, torse nu pour un déodorant qui s’appelle French lover. On se croirait dans le clip de Stromae : Mon amour qui parodie La villa des cœurs brisés. J’ai beaucoup aimé cette auto-dérision très française.

French lover : un amour moderne

Le thème de ce film est vraiment exactement le même que Coup de foudre à Nothing Hill en 1999 : comment trouver l’équilibre dans un couple quand la notoriété s’en mêle. Mais les deux films sont aussi intéressants l’un que l’autre car ils montrent deux cultures différentes. Contrairement aux tabloïds anglais, les paparazzis français sont pénibles mais beaucoup plus encadrés par la loi.

Droits réservés Netflix

J’ai trouvé que l’ensemble des acteurs principaux et des seconds rôles étaient très bons chacun dans leur partition. A l’exception de l’ancien petit ami et la sœur de Marion aussi antipathiques que caricaturaux.

La réussite de cette comédie repose sur la solide expérience de cinéma d’Omar Sy, Sara Giraudeau, Alban Ivanov et Pascale Arbillot qui devient de plus en plus incontournable au cinéma. J’avais beaucoup aimé son jeu dans le film Souriez pour la photo en 2022. Revenons à nos amoureux : Abel et Marion !

Ils ont quarante ans et leur vie sentimentale est un champ de ruines. Abel est en proie à des addictions et à une rude concurrence avec un autre acteur en vogue : Louis Latour joué par Alexandre Kominek.

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Malgré sa voiture décapotable, ses beaux costumes griffés, son sourire ravageur et son rire inégalable, il va avoir du mal à séduire Marion. Elle va vite s’apercevoir de ses failles et s’énervera rapidement de ses caprices de star immature. Le garçon a du mal à se débrouiller pour faire la cuisine ou gérer une fuite d’eau dans sa salle de bain.

C’est toujours son agente Camille qui prend tous les aspects de sa vie en main y compris sa vie sentimentale.

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Grâce à Marion, Abel va arriver à s’émanciper peu à peu sans couper les ponts avec ceux qui l’ont fait briller par le passé… Omar Sy porte une grande part du film sur ses épaules et il est brillant.

J’avais déjà cerné son potentiel romantique à travers son couple chien/chat avec Ludivine Sagnier, la mère de son fils Raoul dans la série Netflix Lupin.

French lover est un film très réussi aussi car il résonne aussi dans la vie personnelle d’Omar Sy, il est marié depuis vingt ans à Hélène avec qui il forme un couple inter-culturel, il a reçu un César historique en 2012 pour son rôle de Driss dans Intouchables

En résumé, French lover n’est pas du tout une pâle copie de Coup de foudre à Nothing Hill. Cette comédie parle aussi du décalage dans un couple quand un est ultra médiatisé et que l’autre est totalement inconnu du grand public. Mais le propos est différent mais tout aussi intéressant.

Cependant, je regrette que dans cette comédie très contemporaine, le couple se parle de manière agressive quand ils se disputent. Je pense que c’est typiquement français et il y a de quoi se questionner sur ce mauvais travers !

Ne pas banaliser l’amour-haine dans les comédies romantiques

D’ailleurs, c’est bien ce qui m’a particulièrement énervée dans les derniers épisodes de ma série fétiche HPI sur TF1. En toute transparence, je regarde cette série bien plus pour le romantisme du couple Keradec-Morgane que pour les enquêtes policières.

A l’heure où les relations toxiques et les violences conjugales sont heureusement dénoncées, je considère qu’il est de la responsabilité des scénaristes de mettre de l’amour courtois dans les dialogues entre hommes et femmes. Il est irresponsable de valoriser cette forme d’amour -haine dans les comédies romantiques. Voila c’est dit !

Ce matin, j’ai écouté un très beau podcast avec un couple qui a failli se louper, interviewé par le talentueux Jonathan Langlois pour Les lueurs sur Youtube.

Et comme nous avons tous besoin de lire aussi de belles histoires d’amour, voici l’une de mes dernières chroniques consacrée au roman Rendez-vous ici de David Nicholls !

Cinéma·Du livre à l'écran

Lupin, hommage à la beauté de Paris et au patrimoine littéraire français

Elle était sacrément attendue cette seconde partie de la série Lupin. Tout le monde autour de moi en parle : la jeune fille dans le RER A avec son smartphone, mes cousines de quatorze ans et leurs parents, ma grande copine cinéphile et son fils ado, mon beau-frère bulgare qui a regardé les cinq épisodes en deux nuits….

Pas besoin de faire de publicité dans Paris, tout le monde est conquis par Omar.

Netflix s’est même débrouillé pour avancer sa date de sortie. Autant, j’avais regardé distraitement la première partie, autant la seconde partie m’a captivée et je vous explique pourquoi.

Les cinq épisodes sont scénarisés de manière très fluide et cohérant. Les idées sont beaucoup plus originales que Ocean ‘s eleven pour raconter un casse de bijoux ou d’argent.

Cocorico pour cette série française réalisée par Xavier Gélin qui emprunte de nombreux codes américains sans renier son identité française. Il faut dire que Paris, ville Lumière est un personnage à part entière dans cette série.

J’aime comment Paris est filmée avec une esthétique qui fait rêver : les puces de Saint-Ouen, les Buttes-Chaumont, le pont Royal, le théâtre du Chatelet, les Catacombes…. Paris a beaucoup souffert avec la pandémie, elle ne fait plus rêver avec tous ces musées, ces restaurants et ces terrasses fermées. Lupin redonne de la magie et du rêve, c’est la meilleure raison pour expliquer le succès de cette série selon moi.

C’est une chouette série qui joue sur la nostalgie et les émotions avec ces flash-backs dans les années 1995. Le cœur d’Assane, ce grand séducteur, balance entre deux filles, Claire et Juliette. C’est toujours le cas vingt-cinq ans plus tard. Son meilleur ami, Benjamin est toujours à ses côtés. Il est devenu antiquaire à Saint-Ouen et complice de cambrioleur…

Leurs uniformes de collégiens peinent à me convaincre tant ça ne colle pas à la culture française mais cela marche pour rappeler leur camaraderie au sein de leur école de riches. Le jeune Assane joué par Mamadou Haïdara est très convaincant. Il joue avec justesse le gamin sensible qui va perdre son père de manière injuste.

L’émotion est à son comble dans le dernier épisode de la saison quand Assane atteint son but, aidé par une équipe de policiers intègres et attachants. Ensemble, ils arrivent à faire tomber le commissaire ripou et le milliardaire corrompu. On se croirait dans le film Micmacs à tire larigot de Jean-Pierre Jeunet avec un certain Omar Sy…

Copyright Emmanuel Guimier/Netflix

Personnalité préférée des Français, je trouve qu’Omar joue de mieux en mieux. Il a gagné une stature internationale un peu comme Jean Dujardin, son rival aux Césars. Ils ont de nombreux points communs : ce sont des outsiders qui viennent de la télévision, leur jeu d’acteurs vient de leur carrure et de l’expressivité de leurs visages. J’aimerai bien voir un film qui les réunirait.

Lupin prouve que le cinéma français joue dans la cour des grands : un épisode final magistral avec de belles bagarres bien rythmés par le concert de musique classique au même moment. Les scénaristes savent doser leurs recours aux cliffhangers. Je vous laisse le soin d’en découvrir la définition mais les accros aux séries savent de quoi je parle.

Enfin, j’ai bien aimé la référence à la chanson de Jacques Dutronc : Gentleman cambrioleur.

Lupin est une série qui fait du bien au rayonnement de Paris et à l’image de la police nationale.