Sociologie

Les nouvelles décorations de Noël kitsch et farfelues : grotesques ou féériques ?

Je les avais repéré l’an dernier dans les vitrines de Noël du Printemps, boulevard Haussmann à Paris. Ce sont des décorations figuratives, des icônes de la société de consommation, aux notes humoristiques et aux couleurs criardes qui remplacent désormais les traditionnelles boules de Noël rouges ou dorées.

Au début, je trouvais cela joli et créatif, j’ai même pensé à en acheter une ou deux pour mon sapin. Mais à l’approche de Noël 2025, je trouve que ces décorations ne respectent pas du tout les codes traditionnels de Noël. Noël est féérique avec ses couleurs typiques, ses motifs raffinés. L’adjectif kitsch signifie l’usage volontaire, d’éléments démodés de mauvais goût.

Et surtout les sujets choisis n’ont rien à voir avec Noël. Le sapin de Noël représente un moment suspendu dans l’année, on a tout le temps à un autre moment de l’année de décorer son intérieur avec des babioles de boules à facettes, de hot dog ou de stand à barbe à papa !

Le kitsch des décorations de Noël : un tournant consumériste.

Décorer un sapin de Noël est une tradition très ancienne qui remonte au 16eme siècle en Alsace. Cela me dérange beaucoup qu’on accroche sur son sapin des symboles de la société de consommation la plus courante. Une année, j’ai préparé avec une pote beaucoup plus rapide que moi des anges dorés avec des pâtes alimentaires et cela avait vraiment du sens pour moi. C’est l’ange Gabriel qui annonce à Marie qu’elle portera un enfant à naître : Jésus, le Messie.

Cette semaine, le journal La Vie a publié un article sur le hold-up marketing des calendriers de l’Avent depuis une dizaine d’années, celui des décorations de Noël est déja bien amorcé.

Moments de vie

Noëls enfant, ces souvenirs qui comptent #nostalgie

Cette semaine, j’ai lu la newsletter bien inspirée d’une journaliste dont j’aime beaucoup la plume : Géraldine Dormoy.

Elle parlait de l’esprit de Noël avec une anecdote familiale qui m’a beaucoup parlé :

« Lorsque je ferme les yeux et que je plonge en mon for intérieur pour savoir ce que Noël m’évoque, la première image qui me vient est celle de moi, petite fille, en train de jouer avec ma sœur et ma cousine à l’Hippos Gloutons, un jeu de société qui fit fureur dans les années 80. On a moins de 10 ans, on est assises en robes et en collants clairs sur le parquet de l’appartement des grands-parents. On se déchaîne sur la manette devant nous, qui permet à notre hippo d’attraper le max de billes blanches. On joue frénétiquement, à en perdre haleine, on tape si fort sur la manette en plastique que l’une d’elles se brise au cours de la soirée. On s’en fout, on est trois, il y a quatre hippos, on peut continuer les parties, à peine moins fort. On joue dans l’entrée, au pied du sapin ruisselant de guirlandes scintillantes. L’appartement n’est pas grand, les parents n’en peuvent plus du boucan. Surexcitées, on ne les entend pas. Voilà, je crois qu’au fond, c’est encore ça pour moi Noël : l’ivresse d’un soir pas comme les autres, en famille, avec des cadeaux, de la gaité et une déco qui brille «  Voici le lien pour retrouver l’intégralité de son article.

Je suis persuadée que les jouets et les jeux de société ont une vraie importante dans la fabrication de nos souvenirs d’enfance liés à Noël. J’espère que ma fille se souviendra de ce Noël 2024 où elle participait à distribuer les pions de nos parties à la chaîne du jeu Azul.

Moi, je me souviens d’un Noël à Privas chez mes grands-parents paternels. Je devais avoir sept ou huit ans. J’avais pas bien aimé mon année scolaire de CP car elle s’est déroulée à Clermont-Ferrand et je n’aimais alors que Valence. Ce Noël en CE1 avait un goût heureux de retour à la normale.

On y retrouvait nos cousins marseillais qui ont cinq et sept ans de plus que moi. Ils connaissaient des blagues bêtes des Guignols de l’info, des Nuls, des Inconnus que l’on ne comprenait pas toujours mais comme on les admirait ….

Mon plus beau souvenir de Noël, c’est de voir ma famille réunie , les oncles et les tantes, les grands-parents, les cousins en train de jouer une partie de Mille-bornes totalement frénétique en attendant le début du repas. D’autant plus que ce n’était pas dans leurs habitudes de s’exciter comme des enfants à un jeu de société. Je ne connaissais pas vraiment ce jeu mais je l’ai aimé instantanément.

Puis le repas s’est passé et tout le monde est allé se faire une beauté dans la salle de bains en attendant la remise des cadeaux. Mon grand-père nous a même partagé un peu de son eau de Cologne car le soir de Noël était un soir pas comme les autres…

Et vous quels sont vos plus beaux souvenirs d’enfance en lien avec Noël ?

Lifestyle

Décembre sous le signe de la détente…

… après un automne harassant. Je travaille dans une maison d’édition et on fait entrer tous les titres de Noël chez le distributeur en septembre/début octobre pour que les commandes de Noël soient expédiées dans les librairies fin octobre.

Autant vous dire que je ne me suis pas ennuyée ces précédents mois et que j’étais bien contente de pouvoir lâcher un peu de lest vers le 15 décembre quand le gros du travail a été accompli.

Quand j’étais libraire, j’aimais beaucoup m’activer dans les rayons à cette période de l’année pour conseiller les clients, les aider à trouver le cadeau qui ferait plaisir à leurs proches. Mais j’étais aussi très lasse face à cette marée humaine dans les rues de Paris, une course aux cadeaux effrénée qui rendait le mois de décembre vraiment très long…

Heureusement que j’ai été dans une bonne équipe à la librairie 7ici où l’on facturait, emballait et postait une quantité astronomique de commandes car Coco le virus parasitait Noël en 2020.

Cette année, nous avons pu faire un Secret Santa au bureau sans les masques, sans suspecter son collègue d’être cas contact et quel bien fou de retrouver ce genre de festivités malgré la lourdeur de l’actualité : l’inflation, les pénuries, les transports parisiens qui se dégradent en quelques mois….

Merci à ma Secret santa : Coraline de m’avoir offert ce qu’il me fallait (des feutres et du papier coloré) pour me détendre. Le premier week-end des vacances, j’ai dessiné en deux jours autant que ces trois derniers mois. Pas besoin de lire des livres de développement personnel plus ou moins foireux, trouvez d’abord ce qui vous détend et vous inspire !

Cela peut être faire un tour dans un magasin de loisirs créatifs : mon mari m’a offert un kit de peinture de numéro à La petite épicerie, je me suis trouvée une maison miniature à monter chez Action. J’assume tout à fait de suivre le modèle de François Pignon et ses monuments en allumettes dans Le dîner de cons

Cela peut aussi être des films ou des séries un peu décérébrées… Je me suis surprise à me régaler devant un film de Noël Netflix. Cela s’appelait The Noël diary. Une histoire d’amour sur fond de quête de ses origines et de deuil.

C’est tiré d’un roman écrit par Richard Paul Evans. Certes tous les poncifs du film de Noël étaient présents : l’histoire d’amour torturée, les bons sentiments… mais traités avec un peu plus de profondeur que d’habitude…

Dans un autre genre, j’ai honte de l’écrire mais j’ai regardé avec mon mari Quarante ans toujours puceau car je ne l’avais jamais vu et que je suis fan de Steve Carell. Je suis même arrivée à trouver des valeurs et des qualités à cette comédie bien lourdingue de Judd Apatow.

Il réussit avec talent à faire comprendre que l’engagement et la parentalité effraient plus les trentenaires que la pire des situations embarrassantes, les fesses à l’air en public. Faire le choix de la virginité dérange et constitue un vrai tabou qui permet des scènes cocasses dans le film. J’ai beaucoup aimé quand notre cher Steve accompagne la fille de sa copine à un cours d’éducation sexuelle au lycée pour se renseigner lui même…

J’avais aussi bien apprécié En cloque mode d’emploi avec Katherine Heigl… C’est l’actrice américaine emblématique des années 2000. C’est elle qui m’a donné envie de regarder Toujours là pour toi car son rôle de petite fille traumatisée par une mère hippie qui la délaisse est beaucoup plus profond que le film très niais 27 robes qu’elle a commis dix ans auparavant.

Copyright Diyah Pera/Netflix

Cette série qui raconte la trentaine d’années d’amitié de Tully et Kate est adaptée du roman La route des lucioles, que je cherche partout désespérément (pas fort Michel Lafon sur ce coup !). J’ai beaucoup aimé la saison 2 même si les très nombreux flashbacks entre l’adolescence des deux filles dans les années 1980, leur jeunesse dans les années 1990 et leur quarantaine dans les années 2020 était un peu difficile à suivre. Katherine Heigl est très talentueuse, je vous recommande cette série.

Sur Netflix, j’ai aussi aimé suivre la troisième saison d’ Emily in Paris, celle de la maturité (je blague). Ses personnages sont toujours aussi centrés mais un peu moins volages.

Le couple d’Alfie et Emily est très mignon à voir évoluer, Sylvie et Emily semblent devenir un tandem professionnel assez intéressant et surtout la manager américaine est vraiment un monstre caricatural. La manière dont elle gère sa nouvelle maternité est tout bonnement effrayante.

Les tenues d’Emily me piquent de moins en moins les yeux, elle devient de plus en plus Parisienne et surtout cette carte postale de ma ville chérie me met du baume au coeur. L’image de Paris en a pris un sacré coup depuis les confinements de 2020.

Les touristes américains sont revenus en nombre dans le quartier Latin. Je les reconnais vite quand je rentre du travail, ce sont les seuls braves à manger des steaks frites en terrasse à 17 heures. Netflix a crevé l’écran en décembre au forum des Halles avec son immense sapin au centre de la place. Visiblement, la sobriété énergique ce n’est pas leur credo…

Puis les vacances tant attendues sont enfin arrivées. Nous sommes partis trois jours en famille à Remiremont dans les Vosges. Ce fut un voyage bien agréable à la découverte d’une région de France que nous ne connaissions pas du tout. On a eu une vraie douche froide en rentrant quand la SNCF nous a annoncé que notre réveillon du 24 décembre en famille allait tomber à l’eau. Mais nous avons persévéré et nous sommes arrivés à Valence deux jours plus tôt.

L’année s’est clôturée de la plus belle des manières avec la visite de l’expo Art déco, France/Amérique du Nord le 31 décembre à la cité du patrimoine. J’ai hâte de vous partager mes impressions !

Décembre fut cette année beaucoup plus agréable à vivre que les autres années, malgré les galères dans les transports, le froid et le manque de soleil. Alors je vous en donne un peu avec cette découverte :