En février, deux ambassadeurs de la culture anglaise : Paddington et Bridget Jones effectuent un retour gagnant dans les salles de cinéma. Je ne comprends pas bien pourquoi le premier ministre de Love actually (interprété par Hugh Grant) n’a pas parlé d’eux dans son célèbre discours vantant les personnages illustres de la culture anglaise : William Shakespeare, Harry Potter, David Beckham….
En toute franchise, j’ai découvert l’ours Paddington à travers une vidéo humoristique avec la reine Elisabeth II herself pour lancer son jubilé en 2022. Puis, nous avons regardé les deux films sur Netflix avec ma fille et c’était un excellent moment de cinéma ensemble.
J’ai découvert à travers le brillant article du Courrier international : Paddington, une mascotte so british que ce petit ours d’origine péruvienne est un véritable ambassadeur de la culture anglaise.
On le retrouve sur des carnets de timbres, des pièces de monnaie, des statues dans tout le pays le représentent. La famille anglaise l’a prénommé ainsi à cause du nom d’une station de métro de Londres où elle l’a recueilli.
Paddington est né de l’imagination de Michael Bond, cameraman de de la BBC. A la veille de Noël en 1956, il a découvert cet ours en peluche dans une vitrine de magasin et il lui a inventé des origines péruviennes. Une série de 29 livres a vu le jour depuis bientôt 70 ans mais aussi trois films en prises de vue réelles dont le dernier opus est sorti en salles le 5 février dernier.
Plus de 27 millions d’ours en peluches à son effigie se sont vendus à travers le monde. C’est d’ailleurs, le cadeau offert à ceux qui ont construit le tunnel sous la Manche à la fin des années 1980.

L’auteur Michael Bond a mis beaucoup de lui-même dans ce personnage si attachant : le vieux chapeau et le duffle coat bleu sont des vêtements de son enfance, il a transmis à ce jeune ours son sens de la gentillesse, ses valeurs morales et sa gourmandise comme l’indiquait sa fille dans l’article du Courrier international.
Dans ce blog, j’aime bien analyser les success-story de l’édition mondiale comme Babar, Martine, Tintin, Gaston Lagaffe… Paddington me fait beaucoup penser à l’univers très londonien de Mary Poppins ou de Peter Pan. Londres a fait rêver de nombreux enfants à travers sa littérature jeunesse…
Paddington et Bridget Jones ont pour de nombreux points communs : ils vivent à Londres et sont de formidables ambassadeurs de la ville. Ils sont gaffeurs mais sacrément attachants. La nostalgie est un excellent levier pour encourager les spectateurs à aller dans les salles obscures découvrir un énième film quand on aime de manière inconditionnelle le personnage.
Retour gagnant pour Bridget Jones ?
Le 4eme opus de Bridget Jones : Folle de lui est plus profond que les trois films précédents. La thématique principale est le deuil du père de famille : Mark Darcy. Bridget Jones est une mère de cinquante-deux ans qui n’a pas repris son travail de productrice de télévision car elle est débordée par son quotidien.
Elle est aussi sacrément engluée dans son chagrin dans un fameux pyjama (bien connu dans les deux premiers films). Sa gynécologue (la brillante Emma Thompson) va l’enjoindre sans ménagements à abandonner sa léthargie.
J’ai bien aimé que Bridget Jones devienne plus mature (c’était déjà amorcé dans le 3eme film quand elle attend un bébé) et qu’elle ose enfin mettre un stop à un relation sans avenir sans se ridiculiser. Ses échanges avec le professeur d’école de son film sont profonds et on se laisse convaincre qu’il pourrait remplacer l’irremplaçable Mark Darcy.
25 ans plus tard, Bridget Jones n’est toujours pas une retraitée de l’amour
Mais en toute honnêteté, j’ai trouvé ce 4eme opus vraiment trop sérieux mais si j’ai ri à quelques reprises avec mon amie Alix à gorge déployée, d’un rire gras et bête qui défoule beaucoup dans cette actualité pesante. Je suis nostalgique de cet humour des années 2000 avec cette culotte gainante mythique, les bagarres grotesques de Darcy et Clever.
Bridget Jones, folle de lui reprend également les codes d’Orgueil et préjugés comme les précédents films qui ont fait son succès. Heureusement que Daniel Clever est revenu vivant d’Amazonie car il nous régale avec ses bêtises graveleuses : « Là où il est tombé, la forêt est un peu moins vierge » Bridget Jones’s baby.

Richard Curtis, le réalisateur du Journal de Bridget Jones , Love Actually ou encore Coup de foudre à Nothing Hill est un peu décrié pour ses blagues dignes des années 2000 sur le poids ou encore des relations hommes/femmes un peu trop sexistes à la lumière de 2025.
Mais qui depuis peut se vanter d’avoir fait des comédies romantiques aussi réussies. Moi ce que j’aime particulièrement avec Bridget Jones, c’est que c’est une fille des classes populaires qui se moquent des snobs dont elle rejoint le rang à l’aube de ses cinquante ans.

Elle a quitté son mythique appartement près de Borough Market pour rejoindre une banlieue plus huppée.
D’ailleurs, les institutions ne s’y sont pas trompées puisque le site touristique Great Britain diffusait avant la projection de Bridget Jones, un spot promotionnel pour montrer à quel point le pays inspirait les films et séries comme lieu de tournage.
Mes précédents articles sur la culture anglaise dans les films, les séries, les romans…
Charlie monte le son ou l’adolescence 2.0
Un roman aussi dépaysant qu’un trajet en Eurostar : La dernière conquête du major Pettigrew

















