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Le sens des choses : la théologie à la conquête du grand public grâce à une série Max.

Vendredi dernier, j’ai eu la chance de visionner en avant première le premier épisode de la série Le sens des choses adapté de l’histoire personnelle de la rabbin Delphine Horvilleur et de son best seller Vivre avec nos morts, publié par Grasset.

Cette projection avait lieu dans le cadre du lancement du partenariat entre Le Monde, Télérama et la plateforme Max .

Max fait partie du studio de cinéma HBO crée dans les années 1920 et connu pour avoir fait connaître la série Sex and the city en France. Le sens des choses est une création originale française, l’actrice principale Léa Guedj a reçu le prix de la meilleure actrice lors de Séries Mania 2025 à Lille.

Le résumé :

Léa, 28 ans, décide de devenir l’une des rares femmes rabbins de France et tente de trouver les réponses aux petites et grandes questions de la vie. Entre les demandes parfois improbables, la cohabitation avec un père résolument athée et une vie sentimentale en chantier, Léa jongle entre sa fonction et ses doutes personnels. Comment être un guide pour les autres quand on est soi-même en quête de sens ?

Je n’ai pas lu Vivre avec nos morts, ce best seller qui a dépassé les 300 000 exemplaires vendus. J’ai vraiment découvert Delphine Horvilleur qui intervenait dans le documentaire Invincible été de Stéphanie Pillonca. Elle dialoguait avec Olivier Goy, atteint de la maladie de Charcot sur le sens de la vie et de la mort.

Je connais très mal le judaïsme mais j’aime sa manière de rendre compréhensible la théologie d’après ce que je connais de l’Ancien testament.

Dans le premier épisode du Sens des choses, Léa séjourne chez son père qui est psychanalyste en attendant de trouver un appartement à Strasbourg. Il apprend par les réseaux sociaux qu’elle devient rabbin dans une synagogue libérale achetée par un homme très riche et très décomplexé. Au cours des huit épisodes, Léa va rencontrer différents membres de la synagogue qui veulent organiser des rites de passage comme la circoncision, le mariage ou alors une bar-mitsva. Ce sera l’occasion pour eux d’échanger sur le sens de ces rites et ce qu’ils signifient dans leur vie personnelle.

Une série comique et biographique sur la quête de sens pour chacun d’entre nous

C’est une série fondée sur la comédie pour parler de religion. Le sens des choses s’appuie sur les doutes de Léa, sans doute la plus à même de comprendre les crises existentielles que traversent la myriade de personnages qu’elle va rencontrer et écouter au fil de la série.

Le premier épisode intitulé Trancher démarre sur les chapeaux de roue. Chaque épisode dure trente minutes, le rythme est soutenu, les répliques fusent et les situations cocasses s’emballent. Et pourtant, on a paradoxalement aussi le temps de réfléchir à la portée des mots et des situations.

Je n’ai pu voir que le premier épisode sur la circoncision et j’ai énormément aimé l’explication du rite à travers l’exemple d’Abraham et le fameux tableau du Caravage : Le sacrifice d’Isaac.

Le père du bébé est vraiment doué pour jouer la tension permanente, le tiraillement puis l’apaisement. J’ai aussi beaucoup apprécié le rôle du père de Léa joué par le talentueux Eric Elmosnino. Et j’ai hâte de découvrir les autres personnages de la série.

Extrait du livre Vivre avec nos morts, éditions Grasset

Dans la salle de cinéma, les rires fusaient tant les situations étaient à la fois comiques et profondes. Cette série est sans nulle doute, l’une des meilleures que j’ai vu depuis des années car à travers les excès, elle parvient à montrer toutes les nuances. Télérama titre d’ailleurs que cette célébration des nuances fait un bien fou et je trouve cela très juste.