Cinéma·Sociologie

En fanfare, fraterniser en musique dans une France fracturée mais qui veut rester unie.

Si vous aimez les histoires de fratrie et que vous avez envie de voir un film qui fait du bien dans le même genre qu’ Envole-moi, je vous recommande En fanfare.

On peut dire que les dix premières minutes du film démarrent… en fanfare (bon ce calembour idiot c’est bon c’est fait…). Il faut dire qu’il y a urgence vitale à rattraper le temps perdu. On sent qu’il y a une complicité immédiate et non feinte entre ces deux frères, ces deux acteurs.

Deux frères de cinéma qui portent le film sur leurs épaules.

Benjamin Lavernhe vient de la Comédie française, il a joué l’abbé Pierre mais aussi un pitoyable responsable de ressources humaines dans la brillante mini série Un entretien de Canal+. Pierre Lottin est immensément connu pour son rôle de Wilfried dans les Tuche. Mais il a aussi joué dans la série Lupin, le dernier film d’Ozon : Quand vient l’automne ou encore Notre Dame brûle de Jean-Jacques Annaud.

Je pense que Jimmy Lecoq dans ce film En fanfare est son plus beau rôle. On s’attache rapidement à ces deux frères pour qui l’annonce de leurs origines est un véritable tsunami émotionnel pour eux. Mais l’amour passionnée pour la musique va les aider à fraterniser tout de suite. Et même à aller de l’avant malgré la maladie et les difficultés professionnelles.

Les seconds rôles féminins de ce film lui apportent beaucoup : Sabrina en tête.

Sabrina c’est une des membres de la fanfare. Jimmy et elle se tournent autour dans la friend zone mais ils ont trop d’ennuis personnels pour se mettre ensemble. Et pourtant le fait de jouer dans une fanfare va les aider… à saisir leurs rêves.

Ensuite, il y a Claudine, la mère adoptive de Jimmy. Mon personnage préféré de ce film. Une dame toute simple de la classe moyenne avec un cœur en or. C’est elle qui va aider les deux frères à faire lien tout au long du film. Et enfin la maman et la sœur de Thibault sont d’une belle humanité elles aussi.

En fanfare, le film pansement de cette France si fracturée.

En fanfare est un grand film qui nous fait tous du bien vu à quel point le pays est fracturé. Il n’y a qu’une seule France et c’est possible d’y vivre ensemble sans s’y taper dessus. Le thème central de ce film c’est le déterminisme social.

Ces deux frères sont torturés par le résultat de la loterie : l’un a tiré le bon numéro en rejoignant une famille aisée dans une banlieue huppée. Il est devenu chef d’orchestre. L’autre a grandi en famille d’accueil. Heureusement, il a été adopté par un couple formidable qui participait à une fanfare. Mais il travaille dans une cantine et il rêve à d’autres horizons.

J’ai beaucoup aimé les références à d’autres films tous aussi sociologiques : ceux du britannique Ken Loach mais aussi Etienne Chatiliez : La vie est un long fleuve tranquille et celui du régional de l’étape Dany Boon : Bienvenue chez les Ch’tis.

En fanfare réunit la musique classique et la chanson populaire de Johnny, Sardou, Aznavour, les musiciens de jazz américains…En avril dernier, j’avais vu le biopic de la vie de Maurice Ravel : Boléro. Il se trouve que ce titre classique est le plus écouté au monde et il a été inspiré par les cadences infernales des machines industrielles dans les usines.

Les fanfares ou les harmonies musicales constituent le patrimoine immatériel de la vie ouvrière dans le Nord de la France. Voici une superbe vidéo de France 3 qui vous expliquera bien mieux que moi leur histoire.

Le film ne se termine pas du tout en queue de poisson comme c’est malheureusement le cas pour de nombreuses comédies françaises avec une bonne idée au début.

En fanfare se termine crescendo en apothéose avec les deux dernières scènes du film. Je ne vais pas vous les dévoiler pour que vous puissiez les savourer au cinéma. J’ai bien failli pleurer avec cette musique d’Aznavour tellement entraînante. Je n’avais pas réalisé de quel nord il parlait avec Emmenez-moi.

La magie du cinéma : l’accueil et l’engouement des spectateurs, la meilleure caisse de résonnance.

Et enfin, la magie de ce film réside sur son authenticité : Benjamin Lavernhe a travaillé d’arrache pied pour devenir chef d’orchestre en deux mois, Pierre Lottin a appris le trombone alors qu’il est un pianiste autodidacte. Les acteurs du film ont rejoint la véritable fanfare pour créer une harmonie musicale.

Cette fanfare joue un vrai rôle dans un coin de France qui s’est pris la désindustrialisation de plein fouet. On met des visages sur ces faits d’actualité un peu lointains au journal télévisé. La beauté du cinéma, c’est que des membres de la fanfare qui n’avaient jamais pris l’avion, sont allés présenter leur film au festival de Cannes.

Retrouvez-ici mes précédents articles consacrés au Nord de la France, d’où viennent mes grands-parents chéris.

-Les gaufres Rita, ma madeleine de Proust

-Les galériens de la SCNF au déconfinement de juin 2020 : un voyage rocambolesque au Touquet

Le vieux Lille en automne, la machine à remonter le temps

Carnets de voyages urbains·Lifestyle

Le vieux-Lille en automne, un voyage à remonter le temps…

L’inspiration évidente des maisons flamandes de la rue de la Monnaie à Lille

Cela va devenir une tradition : on aime profiter du week-end de la Toussaint en famille pour aller passer deux jours à Lille en automne.

On profite des prix attractifs de OUIGO depuis Marne la Vallée (20euros aller-retour pour un adulte et 16euros pour un enfant de 5 ans). En une heure, nous arrivons à la gare de Lille Flandres en plein centre ville.

Retrouvez ici mon article qui détaille notre première visite à Lille à Toussaint 2022.

En 2022, nous avions logé deux nuits à l’hôtel Ibis près de la rue de Gand et tous ses estaminets. C’était assez central mais le confort des chambres était un peu rudimentaire et ce n’était pas bien agréable de petit-déjeuner avec BFM-TV en boucle le matin.

Cette année, nous avions choisi l’hôtel Kanai, situé dans une rue piétonne : rue de Béthune. Nous avons pris une chambre triple avec petit-déjeuner inclus. L’hôtel se trouvait juste à côté de la station de métro Rihour et de l’office de tourisme.

Nous étions à 400 mètres de la Grand’ place de Lille et c’était vraiment génial de s’y balader un samedi matin quand la place était encore déserte. Les boutiques de vêtements et de décoration du Vieux-Lille sont vraiment somptueuses. Une fois de plus, je n’ai pas pu tester le fameux salon de thé Elisabeth’s car c’était très fréquenté.

Mais je suis bien contente de moi car j’avais eu la bonne idée de réserver dans la semaine un créneau pour visiter la maison natale du général de Gaulle, rue Princesse, le jour de Toussaint à 17 heures.

La visite de la maison natale du général de Gaulle : encore mieux que l’univers de Downton abbey !

C’est une belle maison bourgeoise avec un étage et une superbe façade qui date du Lille de la Belle époque (1870-1914). Charles de Gaulle y est né en 1890, dans la maison de ses grands-parents. Il n’y vivra que quelques mois mais il se sentira toute sa vie profondément lillois.

Les lieux sont quand même fragiles dont on y entre par petits groupes de dix personnes et nous avons des consignes strictes car aucune des pièces n’est protégée par des vitrines en verre.

C’est un sacré avantage de la visite. On a le sentiment d’être invité par la famille de Gaulle dans un très bel environnement bourgeois. Cela ressemble beaucoup à la visite de la maison de Claude Monet à Giverny.

Toutes les pièces même les commodités sont plus intéressantes les unes que les autres. Cette maison fourmille d’un millier d’objets. La plupart n’appartiennent pas proprement à la famille du général mais on remarque le talentueux travail de conservation pour réunir les objets du quotidien les plus emblématiques de cette époque.

Bonne surprise, cette visite digne d’une maison de poupées a beaucoup intéressé ma fille de cinq ans. Elle a remarqué la gaufre sur le coin d’une assiette dans le salon, la partie de dominos mais aussi les sucreries typiques du Nord dans la cuisine…

Moi, j’ai été subjuguée par le jardin d’hiver avec les jeux pour enfants. Bonne Maman, la grand-mère avait 18 petits enfants dont Charles. Elle désignait la cour comme « un hurloir aux enfants« , je trouve que c’est une belle pédagogie éducative pour l’époque.

Le jardin d’hiver, la pièce maîtresse de la maison

Cette visite a été une réussite pour toute la famille. Cela m’a même un peu émue car mes grands-parents étaient très attachés au général de Gaulle, un héros de guerre de la génération de leurs parents. Ils avaient beaucoup de livres à son sujet dans leur bibliothèque. J’ai beaucoup aimé le buste sculpté sur un socle qui vient de l’île de Sein. C’est symbolique car la plupart des hommes de cette île ont rallié le général de Gaulle après l’appel du 18 juin 1940.

Le prix d’entrée de la visite n’est pas du tout excessif : 8€ plein tarif, 6€ tarif réduit et gratuit pour les moins de 26 ans. Il y a une boutique-librairie où l’on peut même acheter des gaufres Meert, les préférées du général.

Avant de rentrer à l’hôtel, on a fait un tour par l’ancienne bourse où il y a toujours de la brocante de livres jeunesse, d’affiches de cinéma, de vieux vinyles… C’est ici qu’une scène de la série à succès HPI a été tournée. On y voit Karadec et Roxane chiner dans les allées, je pense que c’est dans la saison 2.

La citadelle, le poumon vert de Lille et le paradis des enfants.

Le lendemain c’est à dire le samedi, comme il faisait moche, on a trainé un peu le matin à l’hôtel devant les dessins animés. Vers onze heures, nous avons quitté l’hôtel pour rejoindre la citadelle qui se situe à dix minutes à pied du centre-ville. Nous y étions déjà allés en 2022.

Cette année, notre fille a pu profiter de toutes les attractions de Cita parc car elle mesure plus d’ 1m20. L’achat du ticket unique (3€ le manège) était beaucoup plus correct que les prix du jardin d’acclimatation dans le bois de Boulogne ( 4.50€ le ticket).

C’est vraiment un endroit génial, une institution lilloise pour les familles. En automne, c’est très beau et assez calme comme lieu.

Pendant ce week-end, j’ai beaucoup comparé Lille et Paris. Le centre commercial Euralille n’est pas aussi important que celui de la Défense mais pourtant cela ressemblait à un immense paquebot noir de monde.

Une astuce bien utile : la passerelle qui relie la gare au centre commercial Euralille.

On atterrit toujours là bas en fin de voyage quand on est bien fatigué pour attendre le train au Colombus café. Sachez qu’il y a une passerelle bien utile qui relie directement le centre commercial à la gare de Lille-Flandres. Nous ne sommes pas les seuls naufragés là-bas avec nos valises.

La prochaine visite dans le Nord sera dédiée à la découverte d’Arras, dans le Pas de Calais, berceau de mes grands-parents.

Retrouvez-ici d’autres articles précédemment rédigés dans le blog :

-HPI : Cocorico, une série policière made in Lille qui cartonne

Un week-end pour démarrer le printemps à Dieppe

Carnets de voyages urbains

Fêter l’arrivée du printemps avec un week-end en famille à Boulogne sur mer.

C’est peu dire que ce week-end au bord de la Manche fut salutaire pour toute la famille. On a bien souffert ces deux derniers mois du manque de soleil et de la pluie à rallonge ces deux derniers mois d’hiver.

On ne connaissait pas du tout Boulogne sur mer et on s’est laissé guidé par les recommandations de mes collègues qui sont allés à Nausicaa avec leur petite fille ou encore plus anecdotique.

Je suis sur Instagram, un couple très drôle Roman et Noémie, (@roman.noemie) qui se sont rencontrés à Boulogne sur mer. Ils avaient mis une story de la plage de Boulogne qui m’avait intriguée.

Je connais bien le Pas de Calais comme mes grands-parents en sont originaires. Trouver une plage de sable à deux heures trente de Paris en train m’a bien intéressée.

Un grand merci à Roman et Noémie pour leurs réponses super sympas à mon message. La magie des réseaux sociaux parfois.

Le Ter Hauts de France à prix cassés toute l’année, un bon plan à partager

On est partis un vendredi matin avec le TER Paris gare du Nord- Calais : 40 euros pour un adulte, 5 euros pour un enfant sans carte de réduction. On adore ce TER car il nous a déjà permis d’aller au Crotoy ou au Touquet pour 5€ par adulte en plein été grâce à leur politique de prix cassés.

Avec cette inflation bien reloue, cela me tenait à cœur de vous partager ce bon plan.

Un appartement meublé bien situé, à égales distances de la plage et de la gare

On a trouvé sur Booking un appartement meublé Odelys, bien situé entre le centre-ville, Nausicaa et la gare SNCF. La nuit coûtait 80 euros pour trois personnes. C’était bien tenu mais la proximité de la rue et d’une gare TER juste à côté était un peu désagréable la nuit. C’est vraiment son emplacement géographique qui a été pratique : 52 rue Belterre si vous cherchez à vous loger pour un week –end.

Avec cette météo fort agréable, on a filé vers seize heures à la plage pour le goûter en longeant le bras de mer. C’était génial d’observer les chars à voile à marée basse, on s’est dit que c’était bon, l’hiver était bientôt derrière nous. En rentrant, j’ai eu le plaisir de découvrir la librairie L’horizon, boulevard Clocheville.

Le lendemain, on avait rdv pour un créneau à Nausicaa à 10 heures 30.

On en a profité pour passer par l’office du tourisme pour acheter des souvenirs. Excellente idée car je suis tombée en pamoison devant une roulotte de plage reconstituée. Cela m’a rappelé mes cours d’anthropologie sociale et culturelle de l’Europe de l’Ecole du Louvre en partenariat avec le Mucem de Marseille. On étudiait l’architecture mais aussi les pratiques culturelles dans les stations balnéaires du 19eme siècle.

L’eau a beau être froide dans la Manche, c’est bien Boulogne et Dieppe qui ont été les précurseurs de la station balnéaire en France bien avant Saint Tropez.

Cette roulotte de plage était tirée par un cheval pour permettre aux belles bourgeoises fortunées d’enfiler leurs costumes de bain sans regard indiscret.

Ensuite, nous avons rejoint Nausicaa en patientant à l’aire de jeux juste devant. Boulogne sur mer est une municipalité qui prend soin des enfants avec de nombreuses aires de jeux sophistiquées et de qualité. Je sais par mon père qui est conseiller municipal que les aires de jeux pour enfants coûtent des dizaines de milliers d’euros.

On a mangé du très bon poisson sur le front de mer au restaurant La Goélette pour 16 euros le plat du jour. Puis on a réalisé un de mes vieux rêves : jouer au mini-golf avec ma fille. La partie coûtait 5 euros par adulte et c’était gratuit pour ma fille comme elle avait cinq ans.

Je vous détaille tous les prix mais en ces temps d’inflation, profiter de ses loisirs sans se faire charger comme un touriste devient une exception bien agréable.

C’est pour cette raison que j’ai délaissé Deauville-Trouville pour des villes balnéaires d’habitation où l’on ne prend pas les gens pour des jambons.

Nausicaa, un aquarium au discours militant

J’ai été favorablement impressionnée par l’aquarium Nausicaa où le self et le café appliquaient des prix tout à fait raisonnables. Ils avaient même installés des tables de pique-nique pour les familles.

Le billet d’entrée du plus grand aquarium d’Europe est de 21 euros par enfant, 28 euros par adulte. Compte tenu de la qualité de la muséographie et de la diversité des espèces présentées, on a trouvé qu’on en avait vraiment pour notre argent et c’est une belle satisfaction.

La meilleure illustration du
réchauffement climatique

J’ai beaucoup aimé le grand bassin avec les raies et les requins qui reproduit un environnement marin au large de la Colombie.

C’était tellement apaisant d’observer cet immense aquarium depuis les tribunes de l’auditorium.

Je ne suis pas une grande fan des aquariums et pourtant j’ai été conquise par Nausicaa.

J’ai bien aimé leur discours militant sur le surtourisme.

En fin d’après midi, on s’est dirigé vers la vieille ville fortifié et nous sommes tombés sur un cortège d’agriculteurs et de pécheurs qui manifestaient pour leur pouvoir d’achat ainsi que sur … Monsieur le maire dont j’avais aperçu la photo dans une brochure municipale.

Le jardin Mariette en hommage au grand égyptologue déterminant pour les collections du musée du Louvre se trouve juste devant les remparts. J’ai adoré cet endroit qui reconstitue le Nil avec ses palmiers, un bateau égyptien antique, un obélisque et une pyramide…

Cela m’a rappelé mes cours d’égyptologie de première année à l’Ecole du Louvre.

J’ai vraiment aimé la visite de la ville fortifiée avec ses remparts, ses pavés, son beffroi et la mairie.

Nous ne sommes pas rentrés dans la basilique car on n’a pas vraiment cherché l’entrée. J’évite d’emmener ma fille dans toutes les églises en touriste car je n’ai pas envie que ça devienne un lieu barbant pour elle comme c’était le cas pour moi enfant.

La visite du Carmel à Lisieux n’est pas un très bon souvenir pour moi.

Enfin, on a fait une halte bien agréable à la médiathèque toute en bois. C’est un peu une tradition chez nous, à Dieppe aussi on était allés à la médiathèque pour se protéger de la pluie.

Voici mon article fleuve pour raconter ce petit week-end si ressourçant. En quelques lignes, pour résumer, je vous invite à visiter Boulogne sur mer pour Nausicaa, sa plage de sable toute simple mais si agréable, sa ville fortifiée et enfin son parcours de street art de qualité.

C’est une initiative municipale de valoriser le travail de 30 artistes en très grand format. Cela embellit considérablement les façades et apporte une sacrée valeur ajoutée au tourisme local. Il y a cinq parcours à découvrir depuis 2016.

70 fresques ont été réalisées par des artistes du monde entier et vous pouvez retrouver leur travail sur le compte Instagram : @streetart_boulognesurmer.

Droits réservés La voix du Nord

Retrouvez ici mes carnets de voyages urbains dédiés à la Seine Maritime et aux Hauts de France, mes régions coup de coeur pour mes racines familiales.

-Dieppe, dans les pas de mes grands-parents, un 1er avril

Un 14 juillet pluvieux au Crotoy

-Un week-end rocambolesque au Touquet : les galériens de la SNCF

Carnets de voyages urbains

Se régaler dans les Hauts de France en attendant de retourner en Belgique

C’est une tradition : un petit voyage à deux en automne en Belgique mais ce n’est pas possible cette année à cause de cet emmerdeur de Covid 19. Un saut dans le Thalys à Paris et deux heures et demie plus tard, vous reliez Bruges, Bruxelles ou Anvers pour un week-end gourmand.

Je vous invite à lire mon carnet de voyage urbain d’Anvers en novembre 2018. Cela me challenge bien de faire dans la foulée celui de Bruges et Bruxelles.

Alors cet article va vous vanter les charmes des Hauts de France, une région cousine de la Belgique pour ses nombreux traits culturels communs. Ce sont une partie de mes racines et j’y suis très attachée.

En début d’année, j’ai perdu une personne chère de ma famille, mon arrière-tante Julienne qui a su avec ma grand-mère Annette me transmettre l’amour du Nord de la France. J’apprécie aussi la grande gentillesse, le sens de l’accueil chaleureux et la bonne humeur de mes copains parisiens originaires du Nord : Anne Gie et Vincent, Sylvie et Karine qui nous a tous reçus un jour pour une sacrée carbonade !

Mon envie de voyage en double page dans mon bullet journal

Admirer les villas colorées Belle époque de Mers les bains

Je me souviens de sa plage de galets, ses grosses vagues et les falaises du Tréport. Je déteste les plages du Sud de la France où on est entassés comme des sardines. Mes grands-parents vivaient dans une magnifique maison de cinéma à colombages noirs et blancs à Canehan en Seine-Maritime. Il y avait même une île avec une cascade.

Droits réservés Paris Normandie

Depuis j’ai regardé un documentaire de l’émission pour seniors Des racines et des ailes sur France 3 sur la baie de Somme. J’ai très envie de retourner à Mers pour voir ses villas Belle époque très colorées. J’ai appris que Mers-les-Bains était une destination très en vogue pendant le Second empire avec le développement des bains de mer en 1860. Puis, cette belle adresse est tombée en désuétude avec l’avènement de la Riviera française accessible rapidement avec l’automobile dans les années 1920.

Les Hauts de France, patrie de la frite !

Pour moi le Nord c’est aussi ses baraques à frites. Comme je viens de la Drôme, j’étais toujours un peu stupéfaite par ces drôles de coutumes comme manger des frites à la mayo en revenant de la plage à 17 heures. Mais « la mer ça creuse » comme disait ma grand-mère et c’est un bon souvenir d’enfance. J’aime bien la forêt de pins de Stella plage, les moules-frites à Merlimont, une plage voisine du Touquet, un peu plus populaire et familiale.

Je vous rappelle mon carnet de voyages consacré au Touquet en juin dernier : un voyage rocambolesque c’est le mot. Les dunes du Touquet valent le détour, il faut absolument les préserver car elles ont considérablement réduit leur superficie sur la Côte d’Opale.

Montreuil sur mer et son maire de fiction : Jean Valjean !

A quelques kilomètres du Touquet, se trouve Montreuil sur mer, une belle cité de 3000 habitants, fief de mon grand-père Jean Samsoen. Ses parents tenaient un très beau magasin, les galeries montreuilloises. Au bonheur des dames dans la Pas de Calais ! Nous sommes allés à la Toussaint il y a des années avec mes parents et il faisait beau. La lumière sur les remparts de la citadelle conçue par Vauban reste un très beau souvenir.

Près de Montreuil sur mer se trouve Arras, une ville pas assez touristique à mon goût alors que c’est un petit bijou d’architecture ! J’ai vu le film La liste de mes envies avec Mathilde Seigner et Marc Lavoine, inspiré du livre de Grégoire Delacourt. On y voit le beffroi et la grand’place filmés de manière très esthétique. Arras est donc en tête dans la liste de mes envies… de voyages.

J’ai réalisé pourquoi j’aime autant les Hauts de France et la Belgique : l’architecture civile avec ses pignons à redans ou chantournés me font rêver, j’aime les beffrois de la fin du Moyen-Age. Cela me fait aussi bien voyager à Sienne sur la place communale, à Bruges, ou encore dans une scène de Vermeer à Delft aux Pays-Bas. Cela me rappelle mes cours de deuxième année à l’Ecole du Louvre sur les splendeurs du Moyen-Age et de la Renaissance en Europe.

Cela me gonfle beaucoup qu’on caricature les Hauts de France avec mépris alors que c’est une région d’une grande richesse culturelle et économique avec son patrimoine industriel et ses usines textiles. La Redoute, Camaïeu et Bernard Arnault viennent de Roubaix ou de Tourcoing. Le grand Charles, le héros de mon grand-père était un Lillois. De nombreux artistes très talentueux comme une succession de Miss France viennent du Nord.

Droits réservés Musée La piscine de Roubaix

Je ne connais pas la région de Lille mais j’ai très envie d’aller visiter son musée d’art contemporain La piscine. C’est une ancienne piscine Art déco construite dans les années 1930. Son originalité vient de son éclectisme stylistique : de l’architecture néo-byzantine par ici, reprenant le plan des abbayes cisterciennes par là…

Le lieu est une oeuvre d’art en soi avec ses immenses vitraux et son bassin…, un bon plan culturel relayé par l’ensemble de la presse. Les cabines de douches sur les côtés me rappellent les bains Belle époque où je suis allée à Budapest ou bien la piscine Molitor à Paris…

Je suis sûre que bon nombre d’entre vous ont des attaches familiales dans le Nord, se délectant des bonnes tartes au papin ou des gaufres Rita de Mamie.

Dimanche dernier, j’ai eu le plaisir de faire découvrir les fameuses gaufres Meert à mon mari dans leur boutique du Marais.

C’est un échange de bons procédés car c’est lui qui m’a fait découvrir les richesses de la Belgique. Lui sa bonne adresse, c’est la baraque à frites de la place Flagey à Ixelles. Il a invité tous nos cousins à y aller après la visite du musée Horta à Saint Gilles.

C’est décidé dans un prochain article, je vous parlerai Belgique : ma passion pour deux de ses ambassadeurs : Stromae et Angèle, la visite du musée Horta, notre voyage de noces à Bruges à la Toussaint 2014…