J’étais euphorique de retourner tenir un stand au festival du livre tant j’aime cette manifestation culturelle. Il faut dire que depuis quarante ans, la formule s’était quelque peu essoufflée, rattrapée par la cash machine que l’évènement suscitait !

J’aime tellement ces deux premiers jours d’installation où tout le monde s’occuper à mettre en place son stand comme des petites fourmis travailleuses qui ouvrent des cartons dans un esprit d’équipe indispensable.
Quel cadeau de se trouver dans un pareil lieu, beaucoup plus central que la porte de Versailles (je mettais une heure chaque soir pour rentrer après dix heures de travail quotidiens) et surtout enchanteur : on se régale de se poser dans les canapés du balcon Eiffel ! Le vendredi après-midi (premier jour du salon) se déroulait un cross d’endurance pour des élèves sur le Champ de mars.
Le Grand palais éphémère, ça en jette !
J’avoue que j’ai été un peu désarçonnée par le nom du lieu que je situais mordicus à coté du Grand palais. C’était un grand plaisir de revenir avenue de Suffren et j’ai bien envie de regarder rapidement le film Eiffel avec Romain Duris. Je connaissais aussi un peu l’Ecole militaire où notre chère amie Marie, fêtait sa thèse il y a quelques années.
Le Grand palais éphémère est une structure architecturale moderne qui ressemble beaucoup au Grand palais construit pour l’exposition universelle de 1900 avec ses 44 arches monumentales. Il flottait un air d’exposition universelle avec une telle architecture !

Les organisateurs du salon ont été malins dans leur scénographie d’entrée avec cette grande affiche du festival pouvant servir de photocall avec la statue du maréchal Joffre à l’entrée.
En attendant patiemment que nous recevions le relevé des ventes du salon, j’ai lu avec attention les articles de Livres-Hebdo et d’Actualitté qui tiraient un bilan de cette nouvelle édition. Il faut savoir que les professionnels du livre, surtout à Paris, sont un public ultra exigeant, presque aussi glacial que le monde du cinéma un soir de Césars.
Aux premiers abords, les étagères et les tables en bois brut pouvaient paraître un peu cheap et j’ai eu du mal à m’habituer à l’absence de moquette. Mais finalement frugalité et écologie ont fait bon ménage, c’était important de revenir à la simplicité des premiers salons du livre des années 1980. Surtout après ces deux années difficiles.
Je pense que les 300 stands d’éditeurs ont joué le jeu car tout le monde était ravi du retour de cette manifestation incontournable pour le livre en France.
Mais il faudra rapidement trouver des solutions l’an prochain pour pallier aux longues files d’attente aux caisses et à l’entrée, permettre une circulation plus fluide dans les allées et surtout proposer plus de lieux de restauration (le nerf de la guerre, je blague !).
Un festival à dimension humaine
Le vrai point fort de cette nouvelle édition est le lien direct entre le SNE à travers sa filiale Paris livres évènements et les éditeurs. Je salue la disponibilité d’Angie et d’Axelle qui étaient chargées de notre square religions pour leurs explications précises et leur rétro planning limpide deux semaines avant l’évènement. C’est le directeur commercial lui même qui nous a accueilli et remis nos badges lors du montage des stands.
Quand je suis arrivée avec mon roll-up et mes catalogues le mercredi, l’équipe de Paris librairies avait quasiment terminé de monter notre stand alors que je m’attendais à devoir tout ouvrir moi-même. Une centaine de libraires avaient été détachés de librairies parisiennes de renom : Le divan dans le 15eme arrondissement, Compagnies, la librairie du Quartier latin…

Ils sont venus faire des points réguliers avec nous sur les arrivages de nos cartons et les livres prévus en dédicace, le professionnalisme et l’expérience des salons se voyaient comme le nez au milieu de la figure.
Saluons aussi le travail de ces quelques 90 étudiants des métiers du livre qui ont prêté main-forte aux libraires pour encaisser les clients avec rapidité ou venir restituer les livres égarés sur d’autres stands ! L’expression « libraires volants » m’a bien fait sourire mais ils ont été indispensables avec leurs TPE (terminal de paiement par CB) devant les dédicaces d’auteurs. A mon époque, il y a dix ans, le sans contact n’existait pas sur les salons.
J’ai apprécié la qualité des rencontres avec les auteurs : notamment celle avec Marie-Aude Murail dans l’agora France Télévisions le vendredi après-midi. Il y avait des sacrés moyens techniques mis en place. La plupart des conférences affichaient complet. La programmation de ce festival a été saluée unanimement, c’était un sacré challenge dans un temps relativement court.
Un mois et demie avant l’évènement, c’était la grande inconnue sur les réseaux sociaux et le site Internet. Il y avait peu d’affiches dans Paris pour annoncer le festival mais heureusement le public était là !
Le programme de conférences très réussi, les illustrations, référence à Claude Ponti.

Enfin, je salue l’infini dévouement d’Axelle du SNE que j’ai pu joindre un samedi soir à 21 heures car j’avais oublié mon manteau sur le stand tellement il faisait chaud. C’était un très beau festival du livre à dimension humaine !
Alors je souhaite tous mes encouragements à ces deux équipes expérimentées pour l’année prochaine.
Retrouvez ici mes précédents articles en avril :
– La tradition des poissons d’avril
–Notre Dame brûle, quand le réel sublime la fiction
– Le premier jour du festival du livre 2022
