Cinéma

LOL 2.0, La Boum : La famille recomposée ou non, un trésor relationnel

Dix-sept ans après LOL (et les balbutiements de MSN), Lisa Azuelos revient avec LOL 2.0, une comédie populaire qui montre que la génération Z, noyée par ses réseaux sociaux, a toujours besoin de l’amour de sa famille pour se construire. Même caricaturale, cette fresque contemporaine réunit les générations au cinéma autour d’une certaine Sophie Marceau qui vivait ses propres émois adolescents dans La Boum il y a 45 ans.

C’est d’ailleurs Sophie Marceau, interviewée dans Télématin qui m’a donné envie d’aller voir LOL 2.0. Autant le premier film Lol ne m’avait pas emballée car je trouvais la relation mère-fille totalement crispante. La gosse a seize ans, elle vient des beaux quartiers, elle claque des portes, la mère crie toutes les cinq minutes, bonjour la détente !

Mais, j’ai beaucoup aimé LOL 2.0 car Louise, la benjamine de la famille a 25 ans et elle est plus profonde que sa grande sœur Lola partie planter des arbres en Amérique latine. Elle se fait plaquer par son copain qui était aussi son associé dans la tech.

Rien n’est épanouissant, elle rame alors elle est attendrissante car jeunesse dorée ou non, tout le monde cherche son identité à son âge. Thaïs Alessandrin qui est aussi la co-scénariste du film et la fille de la réalisatrice, est authentique et c’est une vraie découverte artistique, un peu comme Victor Belmondo dans Envole-moi.

Ces nepo babies sont malins. Comme les journalistes et le public les attendent au tournant car ils sont des fils et des filles de…, ils jouent des gosses friqués pour se construire une crédibilité artistique et s’ils sont talentueux, cela marche.

Le résumé :

Anne profite enfin de sa liberté après le départ de ses enfants. Mais tout bascule quand sa fille Louise, revient vivre chez elle après un échec professionnel et sentimental. Et comme une surprise n’arrive jamais seule, son fils Théo lui annonce qu’elle va devenir grand-mère !

Entre chocs générationnels, rêves en mutation et nouveaux élans amoureux… Anne comprend que la vie ne suit jamais tout à fait le plan prévu, et qu’à tout âge, on continue toujours d’apprendre à grandir.

Mon avis :

Avant d’aller voir le film, j’ai lu quelques critiques dont celle de la chaîne Expresso critique qui étaient assez rudes avec le cinéma de Lisa Azuelos. On la catalogue vite comme une bourgeoise blanche de cinquante ans qui stigmatise la génération Z. C’est vrai que la bande d’amis de Louise est assez caricaturale.

Mais la force de Lisa Azuelos est de savoir scénariser les rites de passages, les moments charnières d’une famille : Louise qui se réconcilie avec son père qui va se marier avec une femme du même âge qu’elle, Sophie Marceau qui rencontre un homme de son âge…

« Elle aussi elle sera une grand-mère géniale mais elle ne le sait pas encore « 

Le cinéma de Lisa Azuelos glorifie la maternité imparfaite, elle qui a eu une mère absente.

J’aime le cinéma de Lisa Azuelos parce que malgré ses stéréotypes, elle proclame haut et fort que c’est génial d’être une maman même imparfaite et larguée. Je ris beaucoup des sketchs d’humoristes comme Diane Segard, Mélanie Sitbon, Philippine Delaire avec leurs mamans compétitives ou au bout du rouleau mais elles désacralisent trop la maternité.

© 2026 CURIOSA FILMS – LOVE IS IN THE AIR – APOLLO FILMS DISTRIBUTION

Oui c’est fatigant, usant parfois mais les enfants sont une vraie joie au quotidien. Ce sont des trésors relationnels. Danielle Thompson qui a scénarisé La Boum, un aussi beau succès populaire que LOL , s’est inspirée de ses propres enfants et de leurs copains pour créer une comédie populaire dans laquelle tout le monde se retrouve, toutes classes sociales confondues. Même si les Beretton étaient une famille friquée du quartier d’Odéon.

La beuh , le pire placement produit du film

Il y avait une drôle d’atmosphère dans la salle de cinéma à la fin de la séance. Je pense que nous étions nombreux à être émus par les belles émotions transmises par ce film. Mais j’ai vraiment été révoltée par la promotion de la fumette récréative où mère et fille se passent le joint lors d’une fête à la maison.

Je trouve irresponsable de prôner le message que la beuh permet de passer un moment de félicité, que la fête en ressort plus belle ou que le joint permet de calmer les angoisses existentielles. Mais j’ai bien ri quand même quand le couple Elbaz-Marceau qui ne se connait pas encore très bien file au lit car ils ont mangé par erreur une tablette de chocolat aux champignons hallucinogènes.

Dans La Boum, il n’y pas de chichon qui circule et cela ne les empêche pas de s’amuser.

Ces films feel-good à voir en famille :

French lover, la notoriété compatible avec une histoire d’amour ?

En fanfare : deux frères qui ont pris deux chemins bien différents après un placement.

Envole moi : un gosse de riches qui trouve sa voie en aidant un enfant malade.

Tout le monde debout : une histoire d’amour impossible entre un valide et une femme handicapée ?

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan : comment l’amour inconditionnel d’une mère a permis un miracle. C’est une histoire vraie.

BD & romans graphiques

Icônes de l’enfance : Boule et Bill, fresque de l’harmonie familiale grâce à un facétieux cocker

Une fresque street- art du parcours BD : rue du Chevreuil à Bruxelles

A l’occasion de la parution d’un nouvel album de sketchs de Boule et Bill, je me suis replongée dans ma propre enfance.

Mes parents conservent précieusement dans leur garage quelques albums de Boule et Bill que nous lisions mon frère et moi. En grandissant, j’ai un peu renié Boule et Bill car je trouvais leur vie très classique voire un peu ennuyeuse, heureusement que leur chien Bill vient mettre un peu de pagaille dans cette maison très proprette.

Mais en devenant maman, je me suis rendue compte que j’étais assez attachée à cette BD et que j’avais envie de la transmettre à ma fille. Elle aime beaucoup la série Martine, un autre long seller du patrimoine de la littérature jeunesse belge.

« Boule & Bill, c’est comme un album de photos de famille : on n’y range que le bonheur » Roba

Une œuvre largement autobiographique : une famille classique qui parle au plus grand nombre

Boule et Bill est une série familiale et largement autobiographique créee par Jean Roba en 1959 (la même année qu’Astérix ). Boule est un petit garçon qui vit avec ses parents, son cocker et sa tortue de compagnie dans un pavillon de banlieue. Ses parents font partie de la classe moyenne qui est en train de s’enrichir pendant les Trente Glorieuses avec une maison individuelle, un chien de race et du temps pour les loisirs.

Le père (le double de papier de Roba) travaille dans une agence de publicité avec un patron Mr Coupon Dubois, pas bien commode qui ressemble un peu à Mr de Mesmaeker dans l’univers de Gaston Lagaffe. Mais heureusement, on ne parle pas beaucoup du travail du papa de Boule, la plupart des gags montrent Boule et Bill en train de jouer tous les deux ou avec leurs copains respectifs.

Roba, élève de Franquin va suivre une voie très personnelle au sein de l’école de Marcinelle

Jean Roba (1930-2006) est un ancien publicitaire qui rejoint un studio de dessinateurs de BD sous la houlette du célèbre André Franquin pour contribuer au fameux journal Spirou. Ils feront ainsi partie de l’école de Marcinelle qui pratique une ligne sombre à l’opposée de la ligne claire d’Hergé.

Cette ligne se caractérise par des dessins caricaturaux, un gros nez et des bulles de BD arrondies. C’est particulièrement remarquable dans le travail de Peyo , auteur des Schtroumpfs mais aussi de Johan et Pirlouit, Franquin créateur de Gaston Lagaffe, Roba, Albert Uderzo ou encore François Walthéry, assistant de Peyo et créateur de Natacha

Je trouve que Roba a suivi une voie très personnelle en choisissant la veine autobiographique. Propriétaire de sept cockers roux, Roba a puisé dans sa propre histoire pour créer un personnage emblématique de la BD belge depuis bientôt 70 ans.

Bill, Gaston Lagaffe des anti-héros gaffeurs qui plaisent aux enfants

Je pense que c’est ce qui m’a attiré quand j’étais enfant : cet univers rassurant dans lequel ont vécu mes grands- parents. Je n’ai pas connu les années 1970 et cette époque l’intéressait. J’ai appris à lire avec Boule et Bill mais aussi Gaston Lagaffe qui proposaient des univers passionnants pour les enfants : un chien malin et facétieux qui révolutionne la vie d’une famille tranquille, une rédaction de presse où Gaston, l’employé le plus paresseux met sans dessus dessous une entreprise sérieuse…

A travers la quarantaine d’albums de Boule et Bill, on a appris à apprécier (ou non) leur entourage proche ou lointain : la voisine acariâtre et son chat Sénéchal, l’agent de police, le voleur, le facteur, Mr Coupon-Dubois, les copains de l’école de Boule dont Pouf, les copains chiens de Bill…

Moi j’aime beaucoup les mésanges bleues, véritables alliées de Bill et la tortue Caroline. Dans cette série BD très familiale, les animaux prennent leur revanche sur l’Homme.

Comment Bill, le cocker facétieux a séduit le 7eme art

Boule et Bill, c’est une série BD à succès : une quarantaine d’albums, 21 millions d’exemplaires vendus et traduits en une quinzaine de langues.

Boule et Bill ont été adaptés deux fois au cinéma en 2013 et 2017 avec des acteurs français : Franck Dubosc et Marina Foïs puis Mathilde Seigner pour jouer le rôle des parents de Boule.

Je trouve ça un peu dommage que ce ne soit pas des acteurs belges comme François Damiens, Benoit Poelvooerde, Marie Gillain ou Cécile de France pour interpréter ces parents.

Je note que dans l’adaptation ciné, la maman de Boule travaille car la répartition d’origine : le père de famille qui lit son journal pendant que maman est aux fourneaux dans la cuisine n’est plus possible au 21eme siècle.

Les parents de Boule, un couple très stéréotypé, tout sauf moderne

J’ai vu un sacré contraste entre les parents de Boule, assez conservateurs et le couple un peu hippie sur les bords de la BD Les beaux étés de Zidrou et Jordi Lefèvre. Tous belges mais des couples sacrément différents.

Il y a un album de Boule et Bill que j’ai particulièrement aimé car sa couverture est très réussie. Contrairement aux autres albums, Globe-trotters est une histoire complète et non une succession de gags.

Le résumé :

Boule et Bill ont remporté un voyage autour du monde. Ils embarquent avec Papa et Maman et un employé de la société ayant organisé le concours, John-Cadre d’Hinnamich, alias J.C. Mais le voyage ne se déroule pas comme prévu et après quelques escales, Boule, Bill et J.C. se retrouvent séparés des parents de Boule. L’employé va alors tout faire pour réunir la famille et terminer le voyage dans les temps.

Après plusieurs péripéties, Boule et Bill sont enfin réunis avec les parents, et J.C., sa mission accomplie, démissionne et se fait engager dans la légion étrangère. C’est mon album favori de Boule et Bill.

Le chien Bill, de loin mon personnage de BD favori.

Dès que je vois un cocker roux dans la rue, j’ai une tendresse particulière pour lui car il me fait penser à Bill. Une année, j’ai ramené à mon frère qui avait la vingtaine bien tassée, des goodies du festival du livre de Paris : des oreilles de cocker en tissu pour fêter les 60 ans de la BD. Il était fin heureux. Ce Bill est à la fois sacrément cabot et facétieux. Il a mauvais caractère et prend facilement la mouche mais il tombe aussi facilement amoureux. C’est de loin mon personnage de BD favori !

Le chercheur Nicolas Tellop explique que Jean Roba s’est inspiré du beagle américain Snoopy pour créer Bill, son personnage fétiche.

Autant je trouve le couple des parents de Boule très classique et peu intéressant, autant je trouve le héros Bill à la fois cabot, drôle et sacrément moderne !

Séries

Ils ont toujours été un peu dans la lune : le nouvel épisode de Noël de Fais pas ci, fais pas ça le 18 décembre

Je me suis régalée de regarder en avant première sur France tv l’épisode inédit de Fais pas çi, fais pas ça: On va marcher sur la lune. Et j’avais envie de vous partager mon avis pour vous encourager à ne pas manquer ce bon moment de comédie mercredi 18 décembre.

Autant le précédent épisode de Noël réalisé il y a quatre ans ne m’avait pas convaincue du tout, autant ce nouvel épisode un peu rêveur qui parle de conquête spatiale m’a plu du début à la fin.

Le résumé :

Nous retrouvons les familles Bouley et Lepic cinq ans après les avoir quittées lors du premier Noël après le confinement. Le temps a passé, les enfants ont encore grandi, ils ont quitté les maisons familiales, ils vivent leurs vies… et leurs parents ont vieilli.

Pour leur redonner du souffle et les aider à donner un nouveau sens à leurs vies, les enfants inscrivent leurs parents à un grand concours organisé par l’Agence spatiale européenne. Fabienne, Renaud, Valérie et Denis vont participer à un protocole expérimental destiné à former des citoyens non professionnels à aller sur la Lune. Et contre toute attente, ils sont choisis…

Mon avis :

J’ai vraiment été convaincue par la qualité du scénario et les dialogues assez ciselés. L’histoire se resserre autour des deux couples qui vont viser la lune pour tromper l’ennui comme leurs enfants ont moins besoin d’eux. Les enfants Lepic et Bouley sont des seconds rôles dans cette histoire mais j’ai bien aimé leurs débordements d’émotions dans cette folle aventure qu’ils ont initié.

Cet épisode inédit est une véritable réussite car il fait appel à nos vieux rêves d’enfants qui sont universels.

Tout le monde a capté la référence aux albums de Tintin : Objectif lune et On a marché sur la lune réalisés par Hergé, éditions Casterman.

Je vous recommande donc ce beau moment de comédie en famille mercredi.

Pour l’anecdote, Fais pas ci, Fais pas ça a fait de nombreuses blagues il y a une dizaine d’années sur l’arrivée au pouvoir de François Bayrou. C’est chose faite désormais. Fais pas çi, Fais pas ça est donc une série familiale qui sonde au plus juste la société française !