Du livre à l'écran·Romans

Du livre à l’écran : mes derniers coups de coeur lecture !

Je suis un animal étrange qui regarde le film adapté du roman avant de lire le livre. Et je n’ai pas de problème à relire un roman deux ou trois fois si j’ai aimé passionnément l’histoire. 

Ça a été le cas dernièrement avec Brooklyn et Pour un garçon. Il faut dire que Nick Hornby est le scénariste du film Brooklyn. Pour un garçon est une comédie avec Toni Colette, Hugh Grant et Rachel Weisz qui date de 2001. Je pense avoir vu toutes les comédies romantiques anglaises avec Hugh Grant et Colin Firth des années 2000 : Love Actually, Le journal de Bridget Jones, Coup de foudre à Noting Hill…

A propos d’un gamin, Nick Hornby, éditions 10/18, 316 pages, 8.60€

Le résumé de l’éditeur :

Rentier oisif, célibataire fier de son immaturité et séducteur invétéré, Will a une nouvelle idée de génie pour draguer : assister à des réunions de parents célibataires. Mais la rencontre décisive à laquelle va le mener ce stratagème sera en fait celle d’un gamin de douze ans, Marcus, son opposé absolu sur l’échelle du cool. Quand Will se goinfre de modernité, Marcus écoute des disques de baba cool et porte des vestes en mouton.
L’un et l’autre ont pourtant un point commun qui va les rapprocher : leur solitude. Au travers des pérégrinations de cet improbable duo, Nick Hornby poursuit avec humour et sensibilité son exploration des ressorts de la masculinité.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman qui est beaucoup plus profond qu’une comédie romantique. Il raconte deux solitaires qui vont s’entraider : ils n’ont aucun lien de parenté et ne se seraient jamais rencontré sans cette idée farfelue de s’inventer un enfant pour draguer des mères célibataires.

Marcus a saisi la supercherie et va s’en saisir comme la chance de sa vie d’avoir un modèle d’adulte qui connait les chanteurs et les dernières baskets à la mode pour se faire accepter au collège. Sa mère est une hippie pas si pacifique que ça qui lui impose son mode de vie alors qu’un ado veut rentrer dans le moule à son âge.

Will, dragueur invétéré qui fuit le grand amour et l’engagement va se laisser convaincre par Marcus qu’être amoureux est beaucoup plus puissant que ce qu’il imaginait. C’est un superbe roman qui parle d’une entraide réciproque dans un société de plus en plus individualiste où la famille n’est plus une valeur refuge. Et pourtant on en a sacrément besoin au quotidien.

Dans un tout autre genre, j’ai lu cet été la suite de La liste de nos envies 2 de Grégoire Delacourt.

Le titre est peu original mais on s’était vite attaché à Jocelyne, cette mercière d’Arras au coeur d’or. Elle a gagné au Loto mais aussi les ennuis qui vont avec. Dans le premier roman, elle subit les errements de son Jocelyn de mari, qui est un affreux jojo, il faut bien le dire.

J’ai préféré la suite car Jocelyne intègre un groupe de parole des gagnants du Loto. Chacun des participants va apporter sa pierre à l’édifice pour vivre au mieux ce tsunami dans une vie. Ce n’est pas de la grande littérature selon moi mais c’est un roman agréable à lire qui nous questionne sur l’impact de l’argent dans nos relations familiales et amicales.

La liste de mes envies 2, Grégoire Delacourt, éditions Albin Michel, 256 pages, 19.90€

Retrouvez ici mes dernières chroniques romans publiées ici :

-A la table avec les Kennedy, Gallimard et Camus pour goûter la littérature de Valérie Paturaud : La cuisinière des Kennedy, éditions Les escales

-Hôtel Nantucket, quand de fortes individualités font équipe le temps d’un été, éditions Les escales.

Séries

Mes 10 meilleures découvertes sur Netflix

Il y a trois ans maintenant, j’ai demandé à mon mari le meilleur cadeau de Noël qui soit : un abonnement à Netflix. J’étais épuisée par la frénésie de la routine parisienne et je manquais de temps pour aller au cinéma.

Par la suite, ce cadeau a vraiment été un précieux réconfort pour oublier mes brûlures d’estomac pendant ma grossesse ainsi que mon manque de vie sociale à la naissance de notre fille. Vous êtes coincé pendant toute l’après midi pour la sieste : hop un épisode de quarante minutes d’une série, puis un autre et vous arrivez enfin à vous distraire. C’est futile mais ça aide beaucoup.

Je reconnais que Netflix fait du tort aux salles de cinéma et que ce n’est pas Byzance de regarder des films sur un écran d’ordinateur à la longue. Mais c’est un bon remède contre la morosité quand on n’a pas le temps de se détendre devant un bon film d’ordinaire.

Sur Netflix, je suis une spectatrice très pointue : j’aime avant tout les séries pour leur structure narrative bien plus efficace qu’un long film. Je pense qu’il y a une école Netflix dans l’écriture des scénarios pour que ça soit aussi addictif. Mes parents sont des très bons clients pour regarder une saison en une soirée.

Mes séries favorites :

Je ne regarde que des séries anglaises ou américaines sous-titrées en français. J’aime particulièrement les séries historiques, mes préférées sont celles qui se passent en Angleterre ou aux Etats-Unis. Enfin, il faut que j’ai un sérieux coup de coeur pour les personnages principaux pour les suivre pendant huit à dix épisodes.

Les séries historiques :

The crown est de très loin ma série historique favorite. Elle décrit un règne inégalé en Europe d’une jeune fille qui a été contrainte de monter sur le trône à la suite de son père à cause des histoires de fesses de son oncle. Une très belle fresque historique du 20eme siècle qui me passionne et m’apprend beaucoup de choses. Certains aspects du protocole encore en vigueur en 2020 me laissent dubitative. A l’ère des réseaux sociaux, comment la Couronne va t’elle se réinventer pour rattraper dans son giron Meghan et Harry ?

Bon, si les accouchements ça vous blase, passez votre chemin car il y en a à tous les épisodes de Call the midwife ! J’ai regardé les quatre premières saisons de cette série adaptée de l’autobiographie de Jenny Lee (la troisième en partant de la gauche sur la photo) pendant ma grossesse. Et cette série m’a aidée à vraiment vaincre mes peurs ! J’ai aimé les problématiques sociales rencontrées par cette équipe de sages-femmes au sein d’une maternité dirigée par des amours de religieuses dans un quartier pauvre et dangereux de Londres, dans les années 1950, en plein baby-boom. Cette série parle de la foi tout simplement !

Self made est un biopic en quatre épisodes d’une self made woman : Madam CJ Walker qui a réussit à monter un empire industriel dans les années 1920 à Saint-Louis pour toutes les femmes noires qui avaient des soucis pour embellir leur chevelure.

J’ai bien aimé le dernier épisode qui raconte l’apogée de sa carrière mais j’ai été déçue par la noirceur de l’ensemble des personnages prêts à tous les mauvais coups pour s’enrichir. J’aime passionnément le jeu d’Octavia Spencer mais cette série ne fut pas un agréable moment de cinéma.

Les séries contemporaines :

Des séries comiques et caustiques qui se moquent des artifices de la société moderne.

Grace and Frankie

Les quatre acteurs principaux ont tous plus de soixante-dix ans, ça cause cancer de la prostate, handicap musculaire à se hisser des toilettes, arthrose qui gène pour utiliser un sex-toy…. Bien sûr à chaque problème sa solution, Grace and Frankie sont deux femmes qui aiment entreprendre et proposer des produits iconoclastes aux vieilles personnes friquées en Californie.

En un mot, j’aime cette série car elle s’attache aux relations humaines et file un joli pied de nez au jeunisme ambiant. Je me rends compte que les personnes âgées sont vraiment mieux valorisées au cinéma aux Etats-Unis qu’en France.

Turn up Charlie

C’est une série assez gonflée et très contemporaine qui joue sur l’inversion totale des rôles. Avec Turn up Charlie, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Sara a plus de notoriété et d’argent que David, son mari. C’est grâce à elle que Charlie pourrait relancer sa carrière.

J’ai beaucoup aimé la manière dont cette série se moque des artifices du monde de la nuit et la notoriété qui fait perdre le Nord à Sara et David. Charlie et sa tante Lydia avec ses proverbes bibliques ont beaucoup plus les pieds sur terre et apporteront de la stabilité affective à une petite fille qui doit déposer ses bagages aux quatre coins du globes en fonction des tournages de son père ou des concerts de sa mère.

Des séries qui abordent des thématiques profondes : le deuil, la construction de l’identité…

Virgin River

Cette série se repose beaucoup sur les deux personnages principaux, Mel et Jack, qui jouent vraiment très bien, comme l’ensemble des acteurs de cette série. Mention spéciale à l’actrice principale que je ne connaissais pas et qui est tout sauf une nunuche.

Je vous recommande cette série qui traite avec finesse et tact des thématiques douloureuses comme le choc post-traumatique des soldats, le deuil d’un enfant, le syndrome du sauveur d’une grande sœur ou encore la culpabilité d’un sergent quand on est responsable de jeunes enrôlés…

Atypical

J’aime beaucoup cette série qui questionne notre normalité au fond. Je trouve ridicule cette polémique, née du fait que l’acteur principal ne soit pas lui même autiste. Cela lui donne encore plus de mérite, il porte toute la série sur ses épaules.

Mention spéciale à Zahid, le meilleur ami de Sam qui est totalement barré et qui me fait mourir de rire..

L’équivalent en fille de Zahid, c’est Devi de la série Mes premières fois. C’est rare de voir un tel personnage de lycéenne dans une série : elle pique des crises contre ses copines et sa maman, elle jure et casse des trucs. La seule qui arrive à la canaliser est sa thérapeute contre qui elle peut être une adolescente normale alors que sa mère essaie de la brider. J’ai vraiment envie de revoir cette série qui traite de l’amitié au lycée entre garçons et filles, comment gérer son impopularité parmi ses pairs à l’ère des réseaux sociaux. Beaucoup plus profond que son titre un peu ne l’indique !

Des séries où règne la superficialité, mais ça a aussi du bon.

A l’ombre des magnolias

Je n’ai pas chroniqué cette série sur mon blog car je la trouve assez caricaturale. Elle montre un perfectionnisme américain qui m’énerve un peu : toute la petite ville idéale (Serenity qu’elle s’appelle) réunie autour de son équipe de baseball, le bal de promo, les pom-pom girls et tout le flon-flon… Les portraits psychologiques ne sont pas assez subtils pour moi à l’exception du personnage principal Maddie. C’est tout de même une série agréable à suivre avec ses cocktails et son spa monté par trois amies d’enfance. Mais il ne faut pas en attendre beaucoup. Les lycéens d’Atypical et de Mes premières fois sont beaucoup plus subtils.

Zéro pointé pour Emily in Paris. C’est la grosse déception de cet automne. Une série creuse bourrée de clichés, caricaturale à l’excès. L’actrice principale est antipathique et mal fagotée alors que l’intérêt de la série c’est de voir de belles sapes. Les personnages français se parlent en anglais et jouent assez mal. C’est dommage car le thème (le fossé culturel entre Français et Américains) était intéressant.

Les films

Je ne regarde pas beaucoup de films sur Netflix car il y a beaucoup de vieilles gloires héritées des vidéos-club des années 2000. Mais je tombe aussi sur de belles pépites qui valent la peine d’être signalées ici.

Dernièrement, j’ai vu Rebecca, l’adaptation cinématographique du célèbre roman gothique de Daphné du Maurier avec Lily James, Armie Hammer et Kristin Scott Thomas. Bon, j’avoue certaines scènes étaient tellement glauques que j’ai vu le film en accéléré mais je me suis bien détendue avec ce film qui montre les hôtels de Monte-Carlo et la Riviera dans les années 1920. Cela m’a donné envie de lire le roman ainsi que la biographie de l’auteure. Merci Netflix pour toutes ces découvertes !

Crédits Kerry Brown for Netflix

Du livre à l'écran

Découvrir un classique de la littérature : Rebecca grâce à Netflix

Oui j’assume, c’est un peu la honte en tant que libraire de ne jamais avoir lu Rebecca de Daphné du Maurier. Il faut dire que je suis un peu bizarre pour les puristes : j’adore les adaptations littéraires au cinéma, cela me donne envie d’aller lire ensuite le livre.

Copyright Kerry Brown/Netflix

Pour mon premier jour de confinement vendredi, j’ai passé un très bon moment de cinéma, le casque et les boules Quiès vissés aux oreilles, pour oublier le marteau-piqueur contre la façade de mon immeuble toute la journée.

Je suis une très bonne cliente de l’équation gagnante : Lily James + adaptation littéraire + Angleterre des années 1920 + costumes d’époque + Monte Carlo… C’est mon actrice favorite de la série Downton Abbey. Elle joue vraiment très bien, avec naturel, sa blondeur se marie très bien aux costumes des années 1920.

Le résumé :

La première partie du film se situe dans un hôtel de luxe des années 1920 à Monte Carlo. Une jeune femme ravissante mais un brin timide tient le rôle de dame de compagnie auprès d’une vieille chouette anti-pathique au possible : Mme Van Hopper.

On ne connait pas le prénom de la jeune héroïne. Elle va devenir Mme de Winter, la nouvelle épouse d’un jeune veuf Maxim. Il va lui servir d’échappatoire à la vieille rombière, elle va lui redonner goût à la vie après la mort de sa femme, Rebecca.

Copyright Kerry Brown/Netflix

Il la ramène dans ses bagages, vers Manderley, un somptueux manoir en Cornouailles où les attendent toute une flopée de domestiques pour entretenir une pareille demeure dont la glaciale Mrs Danvers, l’ancienne dame de compagnie de Rebecca (ils ne sont pas bien futés dans le recrutement…). C’est peu dire que l’ombre de Rebecca planera sur ce remariage d’amour et d’entraide…

Mon avis :

Bien que je ne sois pas trop branchée thrillers et romans policiers, j’ai adoré ce film. La première partie du film à Monte-Carlo me donne très envie d’aller y faire un tour surtout depuis que j’ai vu quelques stories Instragram de Rayane Bensetti et Emmanuelle Rivassoux : les hôtels envoient du rêve, on se croirait vraiment à la Belle époque.

Ce n’était pas simple de dater l’époque de ce film tant les codes de l’aristocratie anglaise sont intemporels. Grâce au début du film sur la Riviera, on comprend que cela se déroule dans les années 1920 car la petite employée de maison porte des pantalons amples, des raquettes de tennis. Ils se baladent dans une très belle automobile… C’était un régal des yeux au niveau des costumes et des décors. Le film idéal pour oublier Coco le virus.

Copyright Kerry Brown/Netflix

Puis, ils regagnent l’Angleterre et les vieux codes aristo poussiéreux. Je n’arrive pas à deviner si la future Mme de Winter est américaine ou non. C’est un détail qui a son importance car entre Wallis Simpson et Meghan, les Américaines ne sont pas à la fête dans le pays d’Elisabeth II. On lui fait faire le tour du propriétaire et on se croirait back to the dix-huitième siècle quand Elisabeth Bennet visite la demeure de Mr Darcy à Pemberley. Même impression quand la nouvelle maîtresse de maison réorganise un nouveau bal costumé avec toute la bonne société du coin. Il faut dire qu’ils sont bien grotesques avec leurs perruques, leurs quadrilles et leurs menuets.

Mais Rebecca est bien un roman gothique publié en 1938 dans l’air de son temps. On apprend que Rebecca en faisait voir de toutes les couleurs à son mari aristocrate en y allant loin dans l’humiliation : adultère, indépendance de corps et de biens en conservant un loft à Londres. Lady Mary de Downton Abbey est une petite joueuse à côté d’elle…

Je m’attendais à un film sombre où l’on peint le jeune veuf comme un dangereux psychopathe qui attire une jeune innocente dans ses filets. Mais non, Rebecca est une belle histoire d’amour entre un homme et une femme qui comptent l’un sur l’autre pour s’en sortir.

Copyright Kerry Brown/Netflix

Rebecca est aussi un chef d’oeuvre du cinéma anglais réalisé par Alfred Hitchcock en 1940. Il lui apporta l’oscar du meilleur film. Dix ans plus tard, les studios Disney se servirent de la silhouette de Mrs Danvers pour créer la marâtre de Cendrillon. Un roman et un film iconiques !

Ma note : 4 sardines

Un film passionnant entre la Riviera et l’Angleterre des années 1920 avec des acteurs talentueux : Lily James et Armie Hammer. Les thématiques du roman m’ont bien fait cogité tout le week-end sur les transgressions que l’on peut faire au nom de la passion et de l’amour.

Est-ce que l’auteure du roman Daphné du Maurier justifie le geste meurtrier du mari poussé à la faute par une première épouse perverse?

Toutes ces questions m’encouragent à lire Manderley for ever de Tatiana de Rosnay pendant ce confinement !

Copyright Kerry Brown/Netflix

Mes coups de cœur films et séries anglaises sur Netflix :

– Mes pépites séries pour cet automne

– Last Christmas, chef d’oeuvre de la romcom

Au bout de trois saisons de The crown, on se connait mieux avec la reine