Ca y est ! ça y est ! J’ai enfin trouvé le roman qui me permets de m’évader pour la dernière semaine qu’ il me reste avant de boucler les valises et de m’envoler en famille pour la Bulgarie.
Vous savez ce roman qui vous captive toute une soirée, qui aurait pu m’emmener tout le long du RER A jusqu’à Marne-La Vallée car je n’avais pas envie de décrocher de ma lecture pour descendre…
Je l’ai découvert dans le cadre de mon travail à l’hebdomadaire La Vie. Il fait partie de leur sélection d’été que je vous invite à découvrir ici.
David Nicholls n’est pas un inconnu puisqu’il a écrit Un jour dans les années 2010 adapté au cinéma avec Anne Hathaway puis dans une série Netflix que j’ai trouvé géniale. Chaque épisode raconte un 15 juillet de chaque année : les filles défilent dans la vie de Dexter mais Emma, sa meilleure amie est toujours dans sa ligne de mire.
Mais revenons à Marnie et Michael, les personnages principaux de Rendez-vous ici, le dernier roman de David Nicholls paru le 7 mai dernier.
Rendez-vous ici, David Nicholl traduit par Sarah Tardy, éd.Belfond,9782714404329,420 pages, 21.90 €
Le résumé :
Ce roman raconte une histoire d’amour qui va éclore lors d’une randonnée entre amis qui relie les deux côtes de l’Angleterre : de la mer d’Irlande à la mer du Nord. Initiée par Cléo, une amie commune, sensible à la solitude de ses amis, cette randonnée boueuse et pluvieuse va se révéler un excellent moyen de questionner ses sentiments et de se remettre en marche pour reprendre sa vie en main.
L’avis du Bal littéraire des sardines :
Le démarrage de ma lecture a été un peu laborieuse les deux ou trois premiers chapitres car j’avais un peu de mal à cerner les personnages principaux au début et je suis très attachée à la qualité de la situation initiale d’un roman. C’est même un critère éliminatoire dans le choix de mes lectures.
La version originale en anglais
L’intrigue démarre fort car l’amie commune Cléo est très déterminée à jouer les entremetteuses dès les premières pages en organisant cette randonnée. Cette Cléo est un peu gonflée mais c’est une vraie amie qui prend soin de chacun et qui n’hésite pas à être franche et sans concession. Ce n’est pas la mère d’Elisabeth Bennett d’Orgueil et préjugés qui est vraiment lourde.
Au fil des chapitres, on se laisse rapidement embarquer par cette randonnée avec ses étapes interminables où ils terminent chaque jour trempés comme des soupes. Les personnages connexes à l’histoire vont rapidement abandonner le projet mais les deux solitaires de l’équipée n’ayant pas d’autres échappatoires vont persévérer ensemble car c’est très important pour eux.
Rendez-vous ici m’a fait penser au roman de Bill Bryson, Promenons nous dans les bois. Il raconte l’amitié entre deux seniors américains qui décident de faire une randonnée assez physique ensemble dans les Appalaches.
Rendez-vous ici est un formidable roman introspectif, très bien écrit. Chacun va confier ses angoisses, ses doutes, ses déceptions et il était passionnant de lire comment ils vont s’en relever et saisir cette seconde chance.
Dans la foulée, nous avons regardé en couple le film Un jour avec Anne Hathaway et je vous invite à découvrir la série Netflix également. Un jour a conquis plus d’un million de lecteurs. Je souhaite le même succès à Rendez-vous ici et pourquoi pas une adaptation au cinéma.
Retrouvez-ici mes articles dédiés à la culture anglaise à qui je voue une admiration sans bornes pour sa finesse et sa subtilité.
En février, deux ambassadeurs de la culture anglaise : Paddington et Bridget Jones effectuent un retour gagnant dans les salles de cinéma. Je ne comprends pas bien pourquoi le premier ministre de Love actually (interprété par Hugh Grant) n’a pas parlé d’eux dans son célèbre discours vantant les personnages illustres de la culture anglaise : William Shakespeare, Harry Potter, David Beckham….
En toute franchise, j’ai découvert l’ours Paddington à travers une vidéo humoristique avec la reine Elisabeth II herself pour lancer son jubilé en 2022. Puis, nous avons regardé les deux films sur Netflix avec ma fille et c’était un excellent moment de cinéma ensemble.
J’ai découvert à travers le brillant article du Courrier international : Paddington, une mascotte so british que ce petit ours d’origine péruvienne est un véritable ambassadeur de la culture anglaise.
On le retrouve sur des carnets de timbres, des pièces de monnaie, des statues dans tout le pays le représentent. La famille anglaise l’a prénommé ainsi à cause du nom d’une station de métro de Londres où elle l’a recueilli.
Paddington est né de l’imagination de Michael Bond, cameraman de de la BBC. A la veille de Noël en 1956, il a découvert cet ours en peluche dans une vitrine de magasin et il lui a inventé des origines péruviennes. Une série de 29 livres a vu le jour depuis bientôt 70 ans mais aussi trois films en prises de vue réelles dont le dernier opus est sorti en salles le 5 février dernier.
Plus de 27 millions d’ours en peluches à son effigie se sont vendus à travers le monde. C’est d’ailleurs, le cadeau offert à ceux qui ont construit le tunnel sous la Manche à la fin des années 1980.
L’auteur Michael Bond a mis beaucoup de lui-même dans ce personnage si attachant : le vieux chapeau et le duffle coat bleu sont des vêtements de son enfance, il a transmis à ce jeune ours son sens de la gentillesse, ses valeurs morales et sa gourmandise comme l’indiquait sa fille dans l’article du Courrier international.
Dans ce blog, j’aime bien analyser les success-story de l’édition mondiale comme Babar, Martine, Tintin, Gaston Lagaffe… Paddington me fait beaucoup penser à l’univers très londonien de Mary Poppins ou de Peter Pan. Londres a fait rêver de nombreux enfants à travers sa littérature jeunesse…
Paddington et Bridget Jones ont pour de nombreux points communs : ils vivent à Londres et sont de formidables ambassadeurs de la ville. Ils sont gaffeurs mais sacrément attachants. La nostalgie est un excellent levier pour encourager les spectateurs à aller dans les salles obscures découvrir un énième film quand on aime de manière inconditionnelle le personnage.
Retour gagnant pour Bridget Jones ?
Le 4eme opus de Bridget Jones : Folle de lui est plus profond que les trois films précédents. La thématique principale est le deuil du père de famille : Mark Darcy. Bridget Jones est une mère de cinquante-deux ans qui n’a pas repris son travail de productrice de télévision car elle est débordée par son quotidien.
Elle est aussi sacrément engluée dans son chagrin dans un fameux pyjama (bien connu dans les deux premiers films). Sa gynécologue (la brillante Emma Thompson) va l’enjoindre sans ménagements à abandonner sa léthargie.
J’ai bien aimé que Bridget Jones devienne plus mature (c’était déjà amorcé dans le 3eme film quand elle attend un bébé) et qu’elle ose enfin mettre un stop à un relation sans avenir sans se ridiculiser. Ses échanges avec le professeur d’école de son film sont profonds et on se laisse convaincre qu’il pourrait remplacer l’irremplaçable Mark Darcy.
25 ans plus tard, Bridget Jones n’est toujours pas une retraitée de l’amour
Mais en toute honnêteté, j’ai trouvé ce 4eme opus vraiment trop sérieux mais si j’ai ri à quelques reprises avec mon amie Alix à gorge déployée, d’un rire gras et bête qui défoule beaucoup dans cette actualité pesante. Je suis nostalgique de cet humour des années 2000 avec cette culotte gainante mythique, les bagarres grotesques de Darcy et Clever.
Bridget Jones, folle de lui reprend également les codes d’Orgueil et préjugés comme les précédents films qui ont fait son succès. Heureusement que Daniel Clever est revenu vivant d’Amazonie car il nous régale avec ses bêtises graveleuses : « Là où il est tombé, la forêt est un peu moins vierge » Bridget Jones’s baby.
Richard Curtis, le réalisateur du Journal de Bridget Jones , Love Actually ou encore Coup de foudre à Nothing Hill est un peu décrié pour ses blagues dignes des années 2000 sur le poids ou encore des relations hommes/femmes un peu trop sexistes à la lumière de 2025.
Mais qui depuis peut se vanter d’avoir fait des comédies romantiques aussi réussies. Moi ce que j’aime particulièrement avec Bridget Jones, c’est que c’est une fille des classes populaires qui se moquent des snobs dont elle rejoint le rang à l’aube de ses cinquante ans.
Elle a quitté son mythique appartement près deBorough Marketpour rejoindre une banlieue plus huppée.
D’ailleurs, les institutions ne s’y sont pas trompées puisque le site touristique Great Britain diffusait avant la projection de Bridget Jones, un spot promotionnel pour montrer à quel point le pays inspirait les films et séries comme lieu de tournage.
Mes précédents articles sur la culture anglaise dans les films, les séries, les romans…
Depuis cet été, j’ai voulu développer une rubrique Emballée par la couv’ dans mon blog. J’explique en quoi certaines couvertures de livres attirent mon œil sur les tables de librairies ou les réseaux sociaux et pourquoi.
J’ai trouvé le cas d’école dans le domaine de l’édition : Le journal de Bridget Jones, écrit par Helen Fielding, publié en 1996 et traduit en France en 1998 par Albin Michel.
J’ai pris en photo l’édition bulgare encore publiée trente ans plus tard à la librairie Helikon de Bourgas, Bulgarie. C’est écrit en alphabet cyrillique et pourtant c’est facile de reconnaître cette couverture iconique, reprise pour la sortie du film en 2001.
C’est un succès international car il décrit le quotidien de la bonne copine, la trentaine bien tassée mais éternelle célibataire. Cette couverture représente bien la thématique du roman : une jeune femme un peu ahuri, plus tout à fait une petit fille mais pas encore une vraie adulte.
Bridget Jones : une icône de la comédie romantique
Droits réservés Universal France, 2001
Elle tient un journal intime où elle couche ses bonnes résolutions pour réussir sa vie sur tous les tableaux : son poids, son activité sexuelle, sa consommation de cigarettes à bannir… Dans les années 2000, les ouvrages de développement personnel étaient peu critiques face aux injonctions de la société.
Je peux regarder les deux films une bonne dizaine de fois sans me lasser. Je trouve que les Anglais sont vraiment les meilleurs dans le domaine de la comédie romantique : Coup de foudre à Nothing Hill, Love Actually, The holiday…
Le journal de Bridget Jones a cette particularité de transposer avec génie l’intrigue d’un roman incontournable de la littérature anglaise : Orgueil et préjugés de Jane Austen. La mère de Bridget Jones est aussi gênante voire pire que celle d’Elisabeth Bennett, Monsieur Darcy est intemporellement beau (peut être parce que le rôle colle à la peau de Colin Firth) et Hugh Grant joue à la perfection le connard de première.
Retrouvez ici mes précédents articles dédiés à la culture du Royaume-Uni :
-Pourquoi j’ai eu un coup de cœur pour l’autobiographie et la série Call the midwife…
Maintenant que je n’exerce plus le métier de libraire, je peux bien le dire : je n’ai jamais lu un roman récompensé par un prix Goncourt et je n’aime pas particulièrement les classiques littéraires.
Cela ne m’a pas empêchée de promouvoir le catalogue de la Pléiade dans une librairie stéphanoise en 2011 grâce à une solide culture générale. J’ai eu pendant deux ans une passionnante professeure de littérature à l’IUT qui m’a fait découvrir avec passion Proust, Céline, Duras, Ernaux…
En 2008, j’ai rédigé un mémoire de fin d’études dans le cadre du DUT métiers du livre sur la littérature au féminin, partant du constat que le lectorat de romans mais aussi le porte-monnaie est principalement … féminin.
Je ris sous cape car il y a dix ans de cela, émergeait dans le paysage éditorial français, la chick-lit anglo-saxonne (traduisez littérature de poulettes) : Le diable s’habille en Prada ou Les confessions d’une accro au shopping… Désormais ce type de lectures a acquis ses lettres de noblesse : on parle de feel-good book, des livres qui font du bien mais ce n’est pas leur qualité littéraire qui éveille l’âme.
Récemment, j’ai constaté que je suis accro à la lecture surtout depuis cette pandémie. Quand je finis un bon livre et que je n’ai rien à lire pour la semaine dans le RER ou le soir, c’est vraiment la loose.
Comme au cinéma, je ne raffole pas des films primés au festival de Cannes, j’aime la culture populaire, celle partagée par le plus grand nombre.
Je suis spécialement allée chercher un petit pavé de 330 pages à la librairie Eyrolles pendant les fêtes. Je suis l’excellent blog littéraire de Fiona, bibliothécaire et rédactrice de My pretty little book depuis des années.
Grâce à elle, j’ai découvert Mille petits riens de Jodi Picoult alors que je n’avais pas du tout envie de prendre en compte les sentiments de suprématistes blancs complétement rageux.
Echange loft londonien contre cottage bucolique est une lecture beaucoup plus légère que Mille petits riens, pourtant elle m’a donné matière à réflexion sur la société actuelle et pourquoi un tel genre de livres m’a plu.
La littérature de poulettes, la poule aux œufs d’or de l’édition : une stratégie marketing au cordeau
La couverture ne paie pas de mine mais elle est efficace. Elle me rappelle une vraie bonne daube qui m’avait bien divertie sur la plage, un été : Le diable habille Nothing Hill de Rachel Johnson, la sœur du fameux Boris.
Ensuite le titre réussit un tour de force. Il m’a convaincue d’acheter le livre. Il résume les aspirations de bon nombre d’urbains occidentaux depuis le début de cette longue pandémie : opérer un retour aux sources quand on en a sa claque de la ville.
Même moi (citadine jusqu’au bout des ongles), je rêve parfois d’un cottage bucolique au fin fond de la Seine maritime. Le sujet de ce livre est original et très moderne, il reflète les vlogs Youtube très populaires sur la toile : échanger de vie avec ses amis pendant une semaine.
Je rêve aux valleuses de Fécamp dans le RER A quand il y a un colis suspect qui perturbe mon trajet…
Le résumé
Leena est consultante dans une boite londonienne pour qui elle est prête à sacrifier son épanouissement personnel, sa santé mentale et toutes autres formes de loisirs.
Un jour, elle s’écroule devant ses supérieurs et ses clients lors d’une réunion très importante. Elle n’arrive plus à donner le change. Elle a perdu sa petite sœur brutalement, son petit ami n’est qu’un soutien émotionnel, une collègue lorgne sa place…
Sa planche de salut, c’est d’échanger de vies avec sa grand-mère Eileen, 80 ans qui vit dans un petit village du Yorkshire, au nord de l’Angleterre.
Le Yorkshire, patrie de Downton Abbey
Eileen accepte ce challenge complètement toqué car elle aussi a des regrets. Son mari, ce pleutre, l’a larguée comme une vieille chaussette pour une professeure de danse après plus de cinquante ans de mariage. Elle saisit la perche que lui lance sa petite-fille pour vivre une expérience à Londres qu’elle a dû sacrifier dans sa jeunesse.
Mon avis :
Ce roman se structure autour d’un récit écrit à la première personne du singulier (un atout narratif). Tour à tour, Eileen et Leena prennent la parole pour exprimer au lecteur en quoi cet échange bouleverse leurs vies.
Rapidement, le personnage d’Eileen capture toute la lumière, c’est elle la véritable héroïne de cette histoire. Elle est beaucoup moins paumée que sa petite-fille car elle a pris de la maturité à une autre époque, elle sait ce qu’elle veut et qui elle est. J’ai bien ri quand Eileen se fait avoir par un brouteur qui l’amadoue grâce à sa passion pour Agatha Christie.
L’intérêt de ce roman est qu’il parle sans détour de la sexualité des seniors et de leurs sentiments : « Vais-je encore plaire, séduire à mon âge? » A quel âge on s’arrête de penser au sexe ? C’est le genre de débats intéressants que j’aurai aimé avoir avec ma grand-mère Annette. Cela me rappelle une publicité que j’ai vu dans le métro il y a quelques années et qui m’avait fait réfléchir bien plus que je ne le pensais.
Les hommes en prennent pour leur grade dans ce roman, Leena qualifie son grand-père de con et sa grand-mère fait peu de cas de son gendre, le père de Leena et Carla. Je n’aime pas ce message féministe rageux où l’on essaie de faire croire qu’on peu très bien se passer des pères car ils sont trop nuls.
Même si ce roman n’est pas d’une grande qualité littéraire, il a le mérite de traiter du deuil avec beaucoup de tact et de profondeur. C’est d’ailleurs pour cela que la littérature de poulettes a été élevée au noble rang de romans feel good, l’un des secteurs de l’édition occidentale les plus porteurs actuellement.
Le problème avec ces romans, c’est que je repère vite un schéma d’écriture qui se répète dans la production d’une même auteure : Sophie Tal Men, Adèle Bréau, Virginie Grimaldi, Marie Vareille…
Pour finir, voici une liste de mes romans et films favoris made in England !
J’ai trouvé la saison 3 de The crown avec Olivia Colman dans le rôle de la reine Elisabeth II vraiment géniale. C’était bien joué, profond sur les thèmes de la foi, du devoir envers ses sujets, de l’émotion face à l’horreur d’un éboulement minier à Aberfan en 1966…
J’attendais donc la saison 4 avec impatience mais aussi avec appréhension car je savais que cette saison serait trash avec l’entrée en scène de Lady Diana et de Margaret Thatcher.
Si vous avez vraiment besoin de vous changer les idées en cette fin d’année 2020 particulièrement morose, passez votre chemin, la saison 4 de The Crown va vous plomber l’imaginaire.
Cette saison comporte dix épisodes. Cela commence avec l’attentat terroriste de l’IRA contre Lord Mountbatten, l’oncle du prince Philippe et dernier vice-roi des Indes qui organisa la partition de l’Inde. Tout au long de cette saison, je me suis intéressée à la relation complexe entre la reine et Margaret Thatcher.
Elles ont le même âge mais viennent de milieux totalement opposés et cela les conduit à se montrer méfiantes l’une envers l’autre. Lady Diana est une aristocrate mais c’est un électron libre et joyeux qui va vite dynamiter le système pour sauver sa santé mentale.
Helena Bonham Carter- Copyright Netflix
La terre entière connaît cette histoire du couple princier malheureux, englué dans ce mariage filmé en Mondovision . Cela me rappelle un mauvais téléfilm de M6 où l’actrice qui joue Diana se jette de désespoir dans l’escalier. Le pire exemple de mariage qui dégoutera des générations de jeunes.
Je compatis vraiment à l’enfance et l’adolescence vraiment malmenée de William et Harry Windsor entre une notoriété incontrôlable, des parents qui se déchirent et un protocole complètement rigide, il y a de quoi péter les plombs tout nu à Las Vegas (je m’égare).
Copyright Netflix
La santé mentale est le thème majeur de cette nouvelle saison de The crown. Elle sensibilise les spectateurs de la série aux dégâts des troubles alimentaires par des scènes de boulimie assez trash. C’est très choquant mais sans doute efficace.
Tous souffrent dans leur coin : la princesse Anne et son mariage malheureux, le prince Charles non considéré par sa famille, la princesse Diana livrée en pâture dans l’arène des médias ou encore la princesse Margaret écartée des activités de la Couronne brutalement…
Ceux qui tiennent le coup : la reine-mère, la reine et son mari le prince Philipp sont de sacrés handicapés émotionnels. On aurait envie de les secouer comme des pruniers pour qu’ils soient un plus empathiques.
Alors je me suis demandée qu’est-ce que la saison 4 de The crown va bien pouvoir nous apporter de nouveau ?
J’ai apprécié véritablement deux épisodes de la série. Celui intitulé Fagan. C’est le nom d’un peintre décorateur londonien au chômage qui s’introduit dans la chambre de la reine une nuit. Désespéré par la politique de Margaret Thatcher, il vient crier son désespoir à la reine.
J’ai aimé cet échange humain, l’un des points d’orgue de cette saison. La reine se soucie de ses sujets alors que la Première ministre ne voit que des chiffres et des bilans comptables. A la fin de l’épisode, la reine prône une économie morale face au libéralisme sauvage et têtu de la Dame de fer.
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J’ai aussi beaucoup apprécié l’épisode 48 contre 1. Il raconte comment la reine a rompu avec son principe de neutralité politique en désavouant publiquement l’attitude la Première ministre qui refusait de sanctionner l’apartheid en Afrique du Sud pour intérêts économiques.
L’Histoire donnera raison à la reine puisque Nelson Mandela indiquera que les sanctions du Commonwealth ont aidé à y mettre fin. Mais la reine y a perdu des plumes et a fait preuve d’un sacré manque de courage en faisant porter le chapeau à son responsable presse. L’épisode le plus magistral de la saison.
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La reine est la grande héroïne de cette série. J’admire son sens du devoir, son élégance et son intelligence. Mais dans la saison 4 de The Crown, elle commence à être complètement à coté de ses pompes. Elle comprend mal ses enfants pour le peu de temps qu’elle passe à entretenir des relations avec eux et elle semble totalement hors du temps dans sa bulle aristocratique.
Elle ne connaît pas la musique de Billy Joël et n’est pas la meilleure des hôtesses pour ses invités à Balmoral. Dans son château à la campagne, on lui donnerait bien la médaille d’or des rustres.
Le couple formé par Margaret Thatcher et son mari Denis semble beaucoup plus uni et complice, même si Margaret est une bourreau de travail qui ne se distrait jamais. Elle reçoit ses conseillers à sa table en les servant elle même. Le chef du gouvernement écoute son équipe en tablier à la cuisine.
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Margaret Thatcher est énervante au possible mais elle est beaucoup plus moderne que la reine. Elle assume pleinement qui elle est : la fille de l’épicier et le revendique à toutes les sauces. Elle m’a vraiment choquée par son discours volontariste et élitiste : »Marche ou crève » mais c’est de loin le personnage le plus fascinant de cette saison.
Cela me donne bien envie de revoir le biopic La dame de fer avec mon actrice fétiche Meryl Streep.
L’autre personnage fascinant est bien entendu Lady Diana, superbement joué par Emma Corrin. Un rôle pas facile tant la pression était forte sur les épaules de cette jeune actrice anglaise, aux faux airs de Jodie Foster.
The crown fait réfléchir à beaucoup de sujets notamment à la notoriété subite de cette Lady Diana. Elle est malheureuse dans son couple et sa belle-famille, le monde entier l’adule. La suite de l’histoire nous a montré que cela n’a pas suffit à la consoler, la rendre pleinement heureuse.
Copyright Netflix
Je me souviens d’un reportage où l’on constatait l’acharnement médiatique dont elle a fait l’objet après son divorce. De quoi basculer dans la folie. J’admire l’action de ses fils d’intenter des procès contre les journaux qui ont provoqué la mort de leur mère, directement ou indirectement.
Le prince Harry a été courageux de faire des sacrifices pour protéger la santé mentale de sa femme Meghan en quittant sa famille. Même si cela a été fait maladroitement sur Instagram, c’était une belle preuve d’amour.
Meghan comme Diana il y a quarante ans, ont considérablement ringardisé la famille royale qui vit comme des rentiers avec leurs visites officielles d’apparat. Au 21eme siècle, on fait fortune sur son travail, son labeur et non pas sur son sang, sa lignée royale. L’épisode 7 : Principe non-héréditaire est d’ailleurs particulièrement révoltant .
Les thèmes de la saison 4 sont particulièrement sinistres : pas bien funky les années 1980 en Angleterre. Heureusement la bande-originale est là pour donner un peu de gaieté et de joie dans les épisodes.
La musique a une grande place dans la série pour donner une intensité dramatique aux évènements historiques ou privés en train de se jouer.
J’aime beaucoup quand le scénariste Peter Morgan a recours aux chansons populaires de l’époque : la princesse Anne qui chante un standard de l’époque dans sa voiture, Lady Diana qui sort avec ses copines pour son enterrement de vie de jeune fille qui sert aussi d’adieux à sa vie civile ou encore David Bowie qui accompagne les nuits d’ivresse de la princesse Margaret.
Pour conclure, The crown est une série qui montre avant tout les rouages de la monarchie et de l’aristocratie anglaise. Au fil des saisons, on voit ce système de castes devenir de plus en plus déconnecté des réalités sociétales et économiques que vit le Royaume-Uni, qui n’est plus un empire colonial comme d’antan.
Cette saison 4 je l’ai regardé en moins d’une semaine mais avec un goût amer et désagréable tant les relations humaines qu’elles soient familiales, conjugales ou hiérarchiques sont malmenées. C’est peu dire que ce n’est pas l’exemple dont nous avons besoin en ce moment avec ce foutu Coco le virus.
Je préfère de loin la solidarité des sœurs et des sages-femmes de Call the midwife ou rigoler un bon coup avec Le journal de Bridget Jones, Coup de foudre à Nothing Hill ou encore Love actually.
Mes précédents articles qui parlent de l’Angleterre :