Blogs, podcasts et applications numériques

Revue de presse : ce qui m’a marqué en juin : des récits inspirants et résilients !

Comme je travaille depuis début janvier dans un groupe de presse désormais, cela me tenait à coeur d’initier une sorte de revue de presse dans ce blog pour marquer les faits d’actualité qui m’ont émue en juin !

Tout début juin, deux jeunes sportifs à peine âgés de vingt- ans ont suscité toute mon admiration : Loïs Boisson et Désiré Doué.

Loïs Boisson, la résilience tatouée au corps pour tutoyer les sommets

Loïs Boisson a 21 ans, elle a été invitée à jouer le tournoi de Roland Garros pour sa persévérance et sa résilience après une sérieuse blessure qui avait anéanti tous ses espoirs l’an dernier. Elle est revenue invincible sur la terre battue puisqu’elle est arrivée à se hisser en demies-finales face à l’une des trois meilleures joueuses mondiales : l’Américaine Coco Gauff.

Cette dernière fut finalement la plus forte puisqu’elle a remporté le tournoi. Coco a également été très fair-play quand la Française, favorite du public s’est inclinée face à son tennis savant et puissant. Certes, Loïs Boisson n’a pas passé le premier tour du tournois anglais de Wimbledon mais peut-être que c’était un mal pour un bien comme s’il fallait qu’elle gravisse les marches du tennis de haut niveau marche après marche pour exploser plus tard.

Témoigner de sa foi devant les caméras du monde entier : la gratitude de Doué (le bien nommé)

Quant à Désiré Doué, je ne le connaissais pas avant la finale de la ligue des champions. C’est un jeune joueur du PSG qui a été choisi par le sélectionneur espagnol Luis Enrique alors qu’un autre attaquant aurait pu jouer la finale à son poste. Il a été décisif sur le premier but et ensuite il a marqué les deux buts suivants, son équipe a gagné 5-0 contre l’Inter de Milan.

La victoire est d’autant plus belle que c’est un succès collectif d’une équipe sans têtes d’affiche. L’humilité et l’esprit d’équipe ont primé grâce à l’autorité de l’entraineur. Il faut dire comme l’a souligné le pasteur de l’église que je fréquente (un fan inconditionnel de foot) que le PSG a vécu par le passé des matchs humiliants en Ligue des champions les années précédentes. Et donc cette victoire historique en finale de Ligue des champions a une saveur particulière pour le club.

J’ai été très touchée par son discours à la fin du match. Face aux caméras du monde entier, il a remercié le Seigneur pour son aide et sa bénédiction. Cela contraste tellement avec les scènes d’émeutes qui ont donné un goût amer à cette si belle fête. Je vous recommande de lire l’interview de Fabien Truong, sociologue qui a répondu aux questions de Lucia Caneque Bueno pour le journal La Vie. Le football brasse des milliards d’euros, il serait temps que les clubs et les sponsors mettent en place un fonds d’indemnisation pour les commerçants qui sont les victimes collatérales des casseurs.

Désiré Doué à la finale de la ligue des champions, c’est l’un des plus beaux témoignages chrétiens de cette année avec celui de Pete Doherty.

« Sans Dieu, je serais mort depuis longtemps »

J’ai beaucoup partagé cette story sur les réseaux sociaux car l’histoire de Pete Doherty est un très beau témoignage de rédemption. Il y a vingt ans, cette rock star anglaise s’abimait la santé en promenant sa silhouette décharnée par la drogue, ses cernes et sa mauvaise humeur comme des vilaines traces de son errance.

Il reste un musicien et un chanteur de génie mais il a trouvé sa voie : il s’est réconcilié avec ses parents, Dieu lui a sauvé la vie même si le chemin de la guérison reste encore long, il est devenu père. Il est aidé par une épouse aimante et par l’amitié d’un prêtre Didier Roquigny.

Cette histoire m’a beaucoup encouragée dans ma foi quand je prie pour ceux qui nous le demandent à la fin du culte le dimanche à l’église.

J’ai également écouté une autre belle histoire de victoire contre l’alcool avec le podcast des Lueurs : Boire pour oublier ? Quand l’addiction révèle nos plus grandes failles, avec Laurence Cottet.

J’avais découvert son histoire dans le média Brut. C’est l’histoire d’une femme qui a un poste à responsabilité dans un grand groupe de BTP. Lors d’une fête professionnelle où l’alcool coule à flots, elle tombe ivre morte par terre devant un parterre de 600 invités. On la cache dans un coin, on la laisse seule face à son sort et on la licencie en catimini sans ménagement. Ce qui devait être le moment le plus humiliant de sa vie s’est avéré être sa planche de salut pour renaître car elle se suicidait à petit feu.

Cette émission dure une heure en moyenne et comme c’était déjà le cas avec l’interview de Samuel Le Bihan, je n’ai pas vu le temps passer. Jonathan Langlois a un véritable talent pour écouter ceux qui ont souffert car il a lui-même souffert et il sait poser les bonnes questions. C’est un véritable joyau relationnel ces Lueurs. Surtout, ce média soutenu par le diocèse de Paris ose parler de foi et de spiritualité avec des personnalités publiques qui viennent un peu pour ça !

Et pour terminer sur une note plus légère mais toute aussi réfléchie, je me suis régalée à lire la revue Vieux, numéro 5 consacrée au corps qui vieillit.

C’est un chouette trimestriel qui ne parle pas seulement aux vieux. C’est drôle mais aussi philosophique. Son interview fleuve de son acolyte de toujours José Garcia est un vrai bonheur à lire. On sent leur complicité à travers les didascalies en italique dans l’interview mais c’est aussi profond et authentique. J’ai aussi beaucoup apprécié l’interview de Franck Dubosc, notre Patrick Chirac national. Il parle de son sketch plein d’autodérision aux derniers Césars, de son père et de sa loyauté à toute épreuve … Un excellent moment de lecture !

Expos·Ile de France et Paris

Le mystère Cléopâtre : pourquoi cette reine antique nous parait si familière 2000 ans plus tard ?

Mercredi soir, j’ai profité d’une nocturne à l’Institut du monde arabe pour visiter l’exposition Le mystère Cléopâtre qui vient d’ouvrir le 11 juin dernier.

C’était une drôle de sensation d’assister à cette exposition car Cléopâtre est à la fois une figure familière : on connait son histoire d’amour contrariée avec Jules César à travers la BD et la comédie d’Alain Chabat mais aussi totalement étrangère : on ne connait que trop peu son rôle fort réussi de cheffe d’Etat de l’Antiquité.

A travers les collections de musées : peintures, sculptures, estampes, manuscrits, objets archéologiques, bijoux et monnaies, costumes, projections, photographies, cette exposition thématique cherche à répondre à une problématique.

Pourquoi Cléopâtre fascine t-elle encore deux mille ans plus tard ?

Je vous recommande cette exposition passionnante que l’on peut visiter avec des enfants à partir de neuf ans. L’exposition est très complète sans être trop longue ni ennuyeuse.

La première partie est consacrée à l’archéologie avec des pièces de monnaie, des miroirs pour signifier à quel point Cléopâtre a marqué son temps. Son règne de vingt ans a été florissant malgré la légende noire bâtie de toutes pièces par des auteurs romains bien misogynes et racistes.

Jean André Rixens (1846-1925), La Mort de Cléopâtre, 1874. Huile sur toile, 200×290 cm.© Mairie de Toulouse, Musée des Augustins. Photo Daniel Martin

Cette image sulfureuse a également été reprise par les peintres orientalistes du 19eme siècle comme Gérôme ou Cabanel. Cléopâtre considérée comme une sorte d’Eve pécheresse, est souvent dénudée. Son suicide retentissant l’a élevée au rang de mythe et a provoqué des répercussions hasardeuses sur son rôle de Cheffe d’Etat.

Cette exposition a aussi voulu rétablir les faits historiques. Les 250 oeuvres présentées viennent du musée du Louvre, de la Bibliothèque nationale, du château de Versailles, d’autres musées de France et d’Espagne, des États-Unis, d’Italie et de Suisse.

Du théatre au cinéma : Cléopâtre, une icône de mode avec ses bijoux, ses parfums, ses onguents et un maquillage caractéristiques.

Cléopâtre fut une reine grecque et égyptienne, ambassadrice d’une civilisation millénaire. On la reconnait rapidement grâce au fard à paupières turquoise très couvrant et au khôl si caractéristique. Le maquillage est l’une des plus belles inventions de l’Egypte antique, bien entendu que Cléopâtre en fut l’ambassadrice comme l’analyse très justement ce billet de blog.

Ce trait esthétique a été repris au théâtre et au cinéma car le bain de la reine est un élément très cinématographique. La sortie du film avec Liz Taylor sous les traits de Cléopâtre en 1963 a fait accroitre sa popularité à travers les frontières. La reine est réputée pour sa beauté et sa sensualité mais elle représente un stéréotype kitsch de l’Egypte antique.

Deux ans après la sortie du film, Goscinny et Uderzo publient une nouvelle aventure d’Astérix le gaulois qui se déroule en Egypte pour venir en aide à l’architecte Numérobis : Astérix et Cléopâtre. La couverture de l’album est une référence directe au péplum hollywoodien dans la posture des personnages.

Cet album de BD s’est venu à 350 000 exemplaires, Astérix étant devenu un phénomène de société depuis sa création en 1959. D’ailleurs, Cléopâtre et Jules César sont des personnages récurrents de la série Astérix avec des références au fils adultérin du couple qu’il faut souvent secourir.

Ce qui m’a particulièrement plu c’est que cette exposition fait appel à la culture populaire que l’on connait tous : le cinéma, la publicité, la bande dessinée…

J’ai été émue de me retrouver devant les costumes et le trône de Monica Bellucci, inoubliable Cléopâtre de l ‘adaptation de la BD en comédie: Astérix et Obélix, mission Cléopâtre.

Ce film iconique datant de 2002 a réalisé 24.8 millions d’entrées dans les cinémas du monde entier. Je l’ai vu quand j’étais au collège, la plus grande salle du Pathé Valence était bondée de collégiens comme moi pour qui ce film est un souvenir inoubliable.

Cléopâtre, reine du marketing contemporain

En lisant le dossier de presse de l’exposition, j’ai réalisé à quel point Cléopâtre était une figure familière grâce à la publicité et au marketing. C’est un peu le même cas de figure avec le Boléro de Ravel à la télévision même si Cléopâtre est une figure bien plus ancienne.

Il existe plus de 1500 marques déposées avec le nom de cette reine d’Egypte incontournable : de l’huile d’olive, des sachets de riz, des cigarettes, du savon. L’exemple le plus évident pour moi, c’est la colle Cléopâtre avec son fameux logo.

Cette colle française au parfum amande existe depuis 1930. On la reconnait de loin avec son bouchon orange et son pinceau pour coller les feuilles. On la surnomme la reine des colles et le choix de Cléopâtre n’est pas anodin : on enseigne l’Antiquité à l’école et Cléopâtre est un personnage historique emblématique comme Napoléon, Jules César, Clovis…

Cléopatra’s kiosk, Shourouk Rhalem, 2025, objets du quotidien recouverts de cristaux Swarovski
Cléopâtre, une reine puissante et érudite dont se réclament les mouvements féministes aujourd’hui

Cléopâtre, un rêve de puissance, Maurice Sartre, éditions Taillandier

On confond souvent Cléopâtre avec Nefertiti dont le fameux buste a été envoyé à Berlin en 1912. Or Néfertiti a vécu au 14eme siècle avant JC, c’était la femme du pharaon Akhenaton qui a eu un règne marquant dans l’histoire de l’Egypte. Alors que Cléopâtre fut l’un des derniers pharaons.

Au 20 eme siècle, l’Egypte a voulu s’ emparer son passé antique, exploité par les colons anglais. En 1954, le président Nasser décide de nationaliser les entreprises et de leur donner des noms de pharaons pour rappeler la gloire de son pays. Ainsi, l’image de Cléopâtre est utilisée pour revendiquer une puissante identité égyptienne.

Aux Etats-Unis, la communauté afro-américaine se reconnait en elle car elle était une cheffe d’Etat africaine. Son image a été utilisée pendant la guerre de Sécession dans la lutte contre l’esclavagisme. Et bien entendu, elle est une figure incontournable du féminisme international.

J’ai passé un excellent moment à l’Institut du monde arabe car cette exposition très concise et efficace m’a apporté un bon souvenir de mes études à l’Ecole du Louvre sans tomber dans l’exposition universitaire et académique. En faisant appel à la culture populaire, cette exposition est accessible au grand public. Un excellent moment de culture au milieu de ma semaine de travail grâce aux nocturnes du mercredi.

La programmation de l’Institut du monde arabe autour de l’exposition Le mystère Cléopâtre.

Chaque jeudi, auront lieu des tables-rondes réunissant des conservateurs de musées et des universitaires pour débattre de débattre de l’importance de Cléopâtre dans l’Antiquité.

Ne loupez pas le photomaton thématique avec l’IA qui propose des mises en scène sympathiques avec costumes d’époque. C’est une chouette photo souvenir de l’expo pour 3€.

N’oubliez pas de vous hisser en fin de visite en haut de l’Institut du monde arabe sur la terrasse qui offre une vue imprenable sur le chevet de Notre Dame de Paris et l’île Saint-Louis. Jamel Debbouze s’est associé à Laurent de Gourcuff pour créer un restaurant oriental tenu par sa maman : Dar Mima- Ziryab.

Le mystère Cléopâtre, Institut du monde arabe, 11 juin 2025 au 11 janvier 2026, nocturne le mercredi soir, 15 € (plein tarif),7€ pour les 12-26 ans.

Le Mystère Cléopâtre, catalogue de l’expostion, SKIRA, 240 p., 29 €

Retrouvez-ici d’autres idées de visites de musées :

-Croisière sur la Loire: Aventures à Blois, la capitale de la Renaissance sous François 1er

L’exposition Ravel à la Philharmonie de Paris

-Le canal de Suez en Egypte, un carrefour géopolitique et culturel majeur.

Romans

Moi lectrice des éditions des Escales depuis que je suis devenue maman…

Lire de bons romans dans le RER A le matin et le soir en revenant du travail est devenu une drogue, je suis addict à la lecture, si possible de gros pavés de 400 pages, c’est mieux. D’autant plus depuis que je suis devenue maman car les écrans en tous genres ne sont pas une très bonne détente.

Je trouve souvent mon compte avec les romans des éditions des Escales car désormais je connais leur ligne éditoriale : Inviter au voyage par le seul pouvoir des mots, offrir une pause le temps d’un roman, faire découvrir un univers grâce à la force d’une écriture.

On choisit souvent ses romans en fonction du nom de l’auteur, de l’éditeur qui nous est familier. Une relation de lecture se crée alors et on guette la prochaine sortie d’un auteur apprécié.

Surtout, j’ai découvert que je choisissais mes lectures en fonction du lieu géographique de l’histoire. J’aime particulièrement les romans qui se déroulent sur la côte est des Etats-Unis, en Europe : en France bien entendu, mais aussi en Espagne pour cette culture solaire et authentique.

Un roman historique aura de grandes chances de me plaire à condition qu’il se déroule à partir de 1900.

Finalement, je me rends compte que je lis toujours le même genre littéraire : des fictions qui magnifient le réel donc je rejette de lire des thrillers, des romans fantastiques, des romans policier car je veux rester dans ma bulle au pays des Bisounours : lire des romans feel- good.

Je suis sortie de ma zone de confort avec cette lecture :

Traverser les montagnes et venir naître, Marie Pavlenko, éditions Les escales

Le résumé :

Un roman poignant et lumineux qui raconte le deuil, la solidarité et l’espoir. Astrid a tout perdu. A quarante ans, plus rien ne la retient, alors elle part. Elle achète sans l’avoir visitée une maison isolée dans la région montagneuse et sauvage du Mercantour. Parmi ses bagages, un carton marqué d’une croix rouge, ce qu’il lui reste de sa vie passée. Soraya a tout laissé derrière elle. Sa Syrie natale, sa famille, ses amis, son insouciance.
Elle traverse la montagne pour rejoindre la frontière française en se cachant de la police. Dans son ventre, une vie qu’elle déteste grandit.

Deux destins de femmes inoubliables. Deux douleurs indicibles qui se rencontrent et s’apprivoisent.

Un roman magistral qui malmène nos émotions tout au long de l’histoire. J’ai été secouée par sa lecture car les épreuves traversées par ces deux femmes sont révoltantes. Mais on ne peut pas lire que des romans feel good, c’est la réalité actuelle de bon nombre de migrants.

Une maison d’édition qui ouvre de nouveaux horizons, le passé en ligne de mire

Ce roman est le coup de coeur unanime d’un sacré nombre de bibliothécaires, libraires et de blogueurs littéraires. C’est l’un des titres phare de la maison d’édition. Les éditions des Escales ont été fondées en 2012. Son fonds compte plus de 240 titres : de la littérature française mais aussi étrangère, des polars avec une large part de romans historiques.

C’est d’ailleurs, leur domaine de prédilection le roman historique avec des auteures phares comme Victoria Hislop, Catherine Bardon…

Moi, je suis une bonne cliente des romans mondains d’ Elin Hilderbrand : Un été à Nantucket, Un dernier été, Hôtel Nantucket que j’ai découvert grâce au magazine Elle.

La plupart des personnages de ces romans cherchent par un certain art de vivre dicté par l’argent à montrer sa réussite ostensiblement. Ce ne sont pas des vacances de continuer à maintenir son rang social tout l’été sur la plage. Ces mondanités sont assez révélatrices de l’ère Trump en 2025 et même si c’est très superficiel, c’est assez jubilatoire à lire. Je me réjouis d’être française et que le choix de telle ou telle université ne détermine pas ma vie sur toute la ligne.

Je me demande bien à quel moment ces mondanités à Nantucket vont me lasser car c’est quand même le quatrième roman que je lis avec de grandes similitudes narratives.

Mais l’acuité d’Elin Hilderbrand à sonder la psychologie et les états d’âme de ses personnages, leurs aspirations les plus profondes, créent de belles lectures qui m’aident à m’évader et me divertir chaque été.

Ces stations balnéaires : Nantucket, Martha’s vineyard, Cape Cod… sont réputées depuis les années 1960 car c’est le berceau historique de la famille Kennedy, la famille royale américaine.

La cuisinière des Kennedy, Valérie Paturaud

Valérie Paturaud a rencontré un grand succès en racontant le parcours exceptionnel d’Andrée Imbert, cuisinière drômoise, pupille de la Nation, au service d’Albert Camus, Gallimard puis de l’illustre famille Kennedy aux Etats-Unis. Son livre s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires.

C’est un roman totalement hagiographique avec la famille Kennedy. Valérie Paturaud ne parle pas des mauvais côtés de Joe Kennedy et de ses accointances avec la mafia. Cette biographie est romancée à partir des archives de la famille d’Andrée Imbert.

Mais les lettres et les photographies le prouvent, une belle relation dépassant les rapports hiérarchiques s’est nouée entre la famille de Ted Kennedy et Andrée Imbert.

Le dernier chapitre où les enfants de Ted Kennedy rendent visite à leur ancienne nounou en France est très touchant. C’est un bon roman qui sera être une belle détente pour vous cet été. Il raconte le parcours d’une femme partie de rien qui a cru en ses rêves et en son talent.

J’ai aussi découvert la plume de Roland Perez, un auteur français des éditions des Escales qui excelle dans le domaine autobiographique avec son histoire personnelle. Il est né avec un pied bot et sa mère Esther a fait preuve d’une détermination sans faille et un miracle s’est produit : il a pu marcher comme tout le monde et s’intégrer dans la société.

Ce beau roman qui célèbre l’amour inconditionnel d’une mère a été adapté en film. Il a séduit 1.6 millions de spectateurs dans les salles de cinéma.

Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Roland Perez

C’est un superbe roman qui se déroule dans une famille juive séfarade avec sept enfants entassés dans un HLM parisien dans les années 1960. Le petit garçon qui a un pied bot trompe l’ennui de ne pas pouvoir aller à l’école en rêvant grâce aux chansons de Sylvie Vartan.

J’ai continué avec Bonne fête des mères Papa qui cloture cette trilogie autobiographique. Esther y est toujours aussi époustouflante. Ce sont deux très beaux romans sur l’amour inconditionnel mais un peu encombrant d’une mère.

J’espère que ce billet vous aidera à choisir une lecture passionnante qui avoisine les 500 pages pour vous évader en attendant les congés d’été ou en les vivant, détendus sur une chaise longue dans un jardin ou à bord d’une piscine.

Précédent billet de la série Moi lectrice : lectrice de l’Ecole des loisirs depuis 1987

*Cet article de blog ne fait l’objet d’aucun partenariat commercial. C’est une nouvelle rubrique de mon blog où je raconte mon parcours de lectrice et les choix éditoriaux des éditeurs qui m’ont convaincue.

Carnets de voyages urbains·Lifestyle

Croisière sur la Loire : aventures à Blois, la capitale de la Renaissance sous François 1er

Tout a commencé avec une carte postale envoyée par une cliente à mon bureau. Une vue de la Loire en Maine et Loire. Cela m’a rappelé un super voyage chez des amis que j’avais fait en famille vers Angers, on était montés sur des gabarres, ces bateaux à fond plat.

Ensuite, on a visité le chateau de Fontainebleau l’année dernière et ma passion pour la Renaissance héritée de mes études en histoire de l’art est revenue ! .

On a découvert qu’on pouvait rejoindre Blois en moins de deux heures depuis la gare d’Austerlitz. Nous avons donc réservé des billets dans un train corail Ouigo (fort sale) direction Blois à sept heures du matin. Nous sommes arrivés à 9 heures à la gare de Blois-Chambord qui se trouve à dix minutes à pied du centre-ville.

Quelle chance de petit-déjeuner dans le square Victor-Hugo en face de la superbe façade du chateau royal de Blois avec ses arcades. On a fréquenté deux boulangeries du centre ville : Chez Lupin et Marlau (très bonne adresse pour les quiches et salades dans le train !).

Le chateau royal ouvrait à neuf heures donc c’est la première chose que nous avons faite. C’est un lieu touristique emblématique très bien conçu en termes de flux de visiteurs. Vous avez des casiers pour vos sacs à dos et on vous fournit une tablette pour l’expérience historique. Nous ne nous en sommes pas servis car nous trouvons l’expérience contre-productive avec un enfant.

La façade d’entrée depuis la place est un héritage du Moyen-âge entre le 13eme et le 15eme siècle. Les rois de France appréciaient déja Blois mais véritablement c’est François 1er qui va donner tout son éclat au chateau.

Sous son règne, l’influence du décor italien est manifeste mais il se mêle à des structures très françaises. L’escalier monumental à vis abrité par une tour est le meilleur exemple de ce syncrétisme franco-italien.

Le chateau est très bien conçu pour les enfants grâce à ses nombreux panneaux spécialement conçus pour eux. On observe de près des gargouilles en pierre de près. Le chateau contient une collection de 35 000 oeuvres, plus de trente pièces meublées se visitent.

Nous avions vraiment regretté que le château médiéval de Vincennes ne soit plus meublé pour se rendre compte de la vie quotidienne au Moyen-Age. Ici à Blois, on comprend facilement comment est organisée spatialement la vie de cour à la Renaissance.

On visite la salle du roi avec son trône, leur garde-robe, la chambre de la reine, le studiolo…. Le cabinet des guerres de Religion fait froid dans le dos avec le portrait des ducs de Guise, ces trois affreux intégristes.

D’ailleurs, on voit à Blois la mise en place de l’étiquette où le roi met une distance symbolique avec ses sujets, un principe majeur repris par Louis XIV à Versailles.

Enfin, le clou du spectacle c’est cette immense salle des Etats généraux qui m’en a mis plein la vue (désolée, je n’ai pas pu faire mieux pour l’analyse ). Ne quittez pas le chateau sans avoir visité les jardins de la terrasse du Foix pour sa vue sur la Loire et le vieux Blois à couper le souffle.

La place du chateau est un endroit très agréable avec son manège, ses terrasses de café. On avait repéré un superbe salon de thé vraiment très bien décoré O’Chateau mais il était fermé lors de notre passage.

On a contourné les remparts du chateau pour déjeuner à midi dans une petite brasserie de qualité Le baroque, accueillis par un patron très sympathique.

Dans l’après-midi, on s’est dépêchés de rejoindre le port de la Creusille car j’avais réservé une croisière découverte d’une heure sur une gabarre avec Observatoire de la Loire.

Ce fut un très bon souvenir car le conférencier et capitaine du bateau était passionné et passionnant. Nous nous sommes dirigés vers le pont Jacques-Gabriel, un pont en dos d’âne dont on peut admirer la droiture depuis le haut de l’escalier Denis Papin, un spot à ne pas manquer à Blois. Ce pont a été maintes fois reconstruit car bombardé pendant la débâcle de juin 1940.

Ce fait historique m’a beaucoup marqué quand j’ai lu le roman La bicyclette bleue de Régine Desforges. Forcément, j’ai eu une pensée pour ma grand-mère et sa famille qui ont fui leur Pas de Calais en juin 1940 pour venir se réfugier dans cette région.

Ce bateau en bois à fond plat était très confortable pour naviguer sur la Loire, un fleuve un peu sauvage avec ses îles qui se créent au fil des crues. La Loire est un fleuve très différent de la Seine ou du Rhône car elle n’est pas canalisée.

J’ai beaucoup aimé le discours du conférencier qui avait choisi comme thématique patrimoine et biodiversité.

Ma fille de six ans a été très intéressée par la visite avec les explications sur la nidification des oeufs par les mouettes et les sternes, mise en danger par les goélands qui mangent les bébés. Il nous a également parlé des castors, une espèce qui été menacée par l’Homme mais qui a pu retrouver sa tranquillité sur les bords de Loire.

J’étais bien contente d’avoir un peu anticipé notre voyage en scrutant la carte Google de la ville quelques jours avant de partir. Sans cela, je pense que nous serions passés à côté de la croisière sur la Loire.

Dernier endroit remarquable : la roseraie à proximité de la cathédrale Saint-Louis et de l’hôtel de ville. Blois est une ville de terrasses avec une vue imprenable sur la Loire. Elle cinq églises assez monumentales.

Cette roseraie est un lieu idyllique où nous avons pris le goûter juste à côté d’un bassin bien agréable. Il y a une terrasse qui la surplombe avec la statue de Jeanne d’Arc, l’héroïne locale. On peut jouer à la pétanque et admirer une exposition temporaire de photographies en noir et blanc intitulée Vacances romaines. Il y avait une petite guinguette très sympathique à proximité d’une grande aire de jeux pour les enfants.

Blois est une ville où il fait bon vivre pour les familles, seule ombre au tableau, à Blois, le moucheron est roi ! Blois est aussi un bassin industriel pour deux marques sucrées, incontournables dans le paysage agroalimentaire français : la chocolaterie Poulain et les biscuits Saint Michel.

Nous avons tellement aimé Blois que nous réfléchissons à une prochaine visite aux chateaux de la Loire : Chambord, Chenonceaux, eux aussi accessibles en TER depuis Paris. Cependant, il est déconseillé de choisir les ponts de mai comme dates de visite car ce sont des sites très touristiques recherchés dans le monde entier.

Retrouvez-ici d’autres bons plans tourisme dans notre si belle France :

-Un jeudi saveur chocolat , la visite de la chocolaterie Menier à Noisiel

Une journée enchantée à visiter le chateau de Fontainebleau et Moret sur Loing

Le château de Vincennes et le puzzle chateau fort de la marque Djeco – achat personnel

Romans

Se divertir avec les mondanités de la société américaine à Nantucket chaque été : les romans d’Elin Hilderbrand, Les escales.

J’ai découvert les romans d’Elin Hilderbrand dans le magazine Elle en lisant Un été à Nantucket qui se déroule l’été 1969 sur une île aisée de la côte Est où se retrouve chaque été la bonne société américaine.

Puis, j’ai lu Un dernier été, un roman un peu original puisque l’héroïne de l’histoire meurt au début du roman et observe son entourage depuis le paradis avec une bonne fée qui l’accompagne.

Séduite par son écriture agréable et un peu mondaine ( je l’avoue), j’ai lu tous ses livres dans la foulée sauf Un couple parfait, adapté sur Netflix car la couverture glauque avec la mer couleur sang m’a rebutée.

J’ai aussi lu Eté après été paru en 2022 et Hôtel Nantucket l’an dernier que j’avais chroniqué ici.

Le 5 juin 2025, Elin Hilderbrand publie un nouveau roman qui, sans surprise, se déroule à Nantucket. Une adaptation en série est en cours de tournage avec Jennifer Garner dans le rôle principal.

Contrairement à la série Un couple parfait qui ne m’a pas convaincue, je pense que je serai au rendez- vous car l’intrigue d’Un week-end à Nantucket ressemble à celle d’un bon feel-good comme je les aime.

Un week-end à Nantucket, Elin Hilderbrand, traduit par Alice Delarbre, 448 pages, 23 €, parution le 5 juin 2025.

Le résumé :

Après une tragédie, la blogueuse culinaire Hollis Shaw décide de rassembler ses quatre meilleures amies pour passer un week-end inoubliable à Nantucket.

Créatrice d’ un blog culinaire à succès, Hollis est mariée à un séduisant chirurgien cardiaque. Mais après une violente dispute, son mari meurt dans un accident de voiture. Et, entre son mariage tendu et sa relation compliquée avec sa fille, la vie apparemment parfaite de Hollis révèle ses failles.

Hollis a besoin de retrouver le goût du bonheur. Elle réunit alors à Nantucket ses quatre plus proches amies, connues à des époques différentes de sa vie. Mais, surprise : Jack, son premier grand amour, est de la partie. Amitié et rivalité, amour et trahison, quête de soi et perte de repères : entre les secrets des unes et les problèmes des autres, le week-end qui promettait d`être idyllique est loin de se passer comme prévu.

Pourquoi un roman aussi mondain et frivole qu’ Un week-end à Nantucket m’a captivée durant tout un week-end ?

Parce qu’il est plus profond qu’il n’y parait…

J’ai beaucoup aimé les récits d’adolescence au lycée puis à l’université de l’héroïne, Hollis. Elle invite sa meilleure amie du lycée avec qui elle avait une relation très fusionnelle. Mais elle invite aussi, sa colocataire à l’université qui est devenue la marraine de sa fille.

Il y a de la rivalité entre ses deux amies car Hollis a voulu rompre avec sa condition sociale plus modeste en quittant Nantucket. Ce sont des évolutions personnelles que chacun connait dans son parcours même quand on n’a pas un tel niveau de vie à Nantucket.

A l’ombre des magnolias, une série Netflix un peu guimauve sur les amitiés féminines dans la société américaine

Car il montre une société américaine où il faut sans cesse rentrer dans le moule pour s’intégrer socialement.

Certaines pages sont assez futiles et ennuyeuses à force de décrire les plus belles plages, les petits amuse-bouches de homard et de pain portugais… Mais cela raconte aussi un certain art de vivre dicté par l’argent que l’on montre ostensiblement. Ce ne sont pas des vacances de continuer à maintenir son rang social tout l’été sur la plage.

Ces mondanités sont assez révélatrices de l’ère Trump en 2025 et même si c’est très superficiel, c’est assez jubilatoire à lire. Je me réjouis d’être française et que le choix de telle ou telle université ne détermine pas ma vie sur toute la ligne. Les passages où Hollis et une de ses amies de l’école fréquentent un certain cercle de femmes qui excluent de manière radicale et cruelle l’une d’elles m’a marquée.

Le seul reproche que je ferai à Elin Hilderbrand est son recours un peu répétitif aux mêmes arches narratives. Souvent, dans ses romans, le mari est volage et la mère de famille malheureuse. Mères et filles sont rivales et n’arrivent pas à se comprendre.

Les six femmes d’Un week-end à Nantucket ont des prénoms vraiment très originaux et un peu ridicules, les réseaux sociaux se mettent à déterminer leurs caractères et leurs personnalités… Par contre, j’ai beaucoup aimé la petite pique adressée à la cancel culture quand le personnage de Dru-Ann (Dru-Ann !) se révolte car une de ses protégées se sert de l’excuse de la santé mentale pour ne pas honorer ses obligations sportives.

Je me demande bien à quel moment ces mondanités à Nantucket vont me lasser car c’est quand même le quatrième roman que je lis avec de grandes similitudes narratives. Mais l’acuité d’Elin Hilderbrand à sonder la psychologie et les états d’âme de ses personnages, leurs aspirations les plus profondes, créent de belles lectures qui m’aident à m’évader et me divertir chaque été.

Je vous recommande également dans le même genre, les romans de J.C Sullivan : Maine, Les liens sacrés du mariage et Les anges et tous les saints, trois romans que j’ai beaucoup aimé. Ils parlent de cette société un peu huppée de Boston, d’origine irlandaise comme l’auteure.

Et vous, êtes-vous déjà allé à Nantucket ? Il est indéniable que cette région fait rêver les Français grâce aux pages people de Paris-Match. Cela a construit mon imaginaire…

Ces stations balnéaires : Nantucket, Martha’s vineyard, Cape Cod… sont réputées depuis les années 1960 car c’est le berceau historique de la famille Kennedy, la famille royale américaine. Je vous recommande la biographie très bien écrite par Valérie Paturaud : La cuisinière des Kennedy.

Elle raconte le destin extraordinaire d’une pupille de la Nation, petite cuisinière d’un bistrot dans la Drôme qui va partir à la conquête des bouchons lyonnais, puis des familles bourgeoises françaises avant d’être embauchés par Rose et Joe Kennedy, les illustres parents du président américain.

Un régal de lecture pour cet été !

Expos·Sociologie

Les papiers d’agrumes, de la cagette du marché au musée

J’ai découvert dans le numéro de juin du Monde diplomatique un article passionnant consacré aux papiers décoratifs autour des agrumes : oranges, citrons… C’est d’ailleurs, l’objet d’une brillante exposition de société : Superbemarché qui se déroule au Musée international des arts modestes (MIAM) de Sète du 11 avril 2025 au 8 mars 2026.

La force de cette exposition est de détailler tout le circuit économique du commerce mondialisé des agrumes : de l’agriculture, au transport et à la consommation.

Ce n’est pas un hasard que cette exposition qui parle d’import-export ait lieu à Sète, important port de commerce français. J’aime beaucoup les ports de marchandises : Marseille, Le Havre, j’ai travaillé dans ce domaine et je suis incollable sur les containers désormais. J’ai même lu une trilogie littéraire qui se déroule au port du Havre : Souviens toi Angie de Marie-Aude Murail.

Mais revenons à nos oranges et nos agrumes. Aujourd’hui, on consomme au quotidien des oranges en grande quantité. On peut trouver à chaque coin de rue une supérette qui propose de presser des oranges pour un bon shot de vitamines, comme la potion magique d’Astérix avant d’aller au bureau. Mais ce fruit n’a pas toujours été si accessible que ça.

L’orange, un produit luxueux et rare venu d’un pays lointain et exotique.

Certes, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on ne trouve plus d’oranges au pied du sapin pour les enfants. Mais très longtemps, ce fruit a été considéré comme luxueux et rare.

A la fin du 19eme siècle, l’industrialisation des agrumes s’est intensifiée. On a alors emballé les oranges principalement dans des papiers de soie que l’on froisse facilement. Ces motifs à dominante circulaire ont été illustrés par les exploitations d’agrumes pour détailler leur provenance géographique mais aussi créer leur image de marque.

Des emballages publicitaires comme des cartes postales ensoleillées.

Les papiers d’agrumes pourraient tout à fait rejoindre le catalogue de mythologies du philosophe et sémiologue Roland Barthes. Ce papier travaillé artistiquement (le contenant) illustre son contenu : l’orange et sa mythologie ensoleillée.

Personnellement, cela me fait rêver comme une carte postale et j’ai envie de les coller dans mes carnets personnels. A l’ère des réseaux sociaux, je pense qu’on a besoin de revenir à ces esthétiques plus anciennes. C’est une exposition totalement instagrammable.

Fonds du MIAM

Papiers d’agrumes est une exposition de société comme je les aime. Elle retrace l’imagerie populaire, la mythologie des agrumes car c’est un commerce mondialisé qui a de belles heures devant lui.

L’usage de camions frigorifiques remet en cause le recours aux papiers de soie pour emballer les agrumes. On leur reproche de polluer, de coûter cher et donc on a recours au vilain filet de fruits bien moche. Heureusement, on continue d’en trouver et de les collectionner.

Les papiers d’agrumes, du marché au musée.

Avide de trouver de beaux imprimés pour mes collages dans mon bullet journal, je suis le compte de la dessinatrice @Julie adore qui collecte les étiquettes sur les bananes, les clémentines.

C’est beau aussi mais cela n’a pas la même esthétique que les superbes papiers de soie. J’en trouve sur les mandarines Orri Soculente qui viennent d’Espagne au moment de Noël.

J’aime éperduement les packaging dessinés sur les Pannetone, les petits bonbons russes que je trouve dans un supermarché à Bourgas, Bulgarie avec des iconographies intemporelles.

Je choisis les mandarines avec le papier de soie même si elles sont plus chères car le packaging les rend plus attractives. A travers leur esthétique chatoyante, elles sont la vitrine d’une industrie agroalimentaire mondialisée qui a bien besoin de cette publicité séduisante. Le recours au papier de soie revêt une dimension érotique : il cache le fruit défendu.

Je vous recommande de découvrir les musées de société qui retracent notre quotidien, les emballages publicitaires d’agrumes sont une belle source iconographique, porteuses d’Histoire et de mythologies.

Musée International des Arts Modestes, 23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny, 34200 Sète. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h00. 5,60 euros par adulte, enfants et étudiants : 2,60 euros.

Retrouvez ici d’autres articles consacrés à l’histoire des marques et au commerce international.

Le canal de Suez en Egypte, terre cosmopolite et enjeu économique international

Lu, la marque centenaire de biscuits

Le chocolat Menier qui employait toute une cité ouvrière à Noisiel

Sociologie

Humour et critique sociale : ceux et celles qui me font rire sur Instagram

Précédemment cette année, je m’étais régalée à écrire cette chronique sur les humoristes que je découvre sur Instagram.

Il faut dire que je profite des avis éclairés de Laurene, mon amie experte des spectacles drôles parisiens. Elle les découvre sur Instagram, on se partage les vidéos mais je ne franchis pas le pas d’aller les voir en spectacle. 

Cependant, les petites vidéos humoristiques captées sur Instagram me divertissent bien quand vient le fameux tunnel des parents : le combo du soir : dîner, bain et histoire du soir. 

C’est vraiment l’algorithme d’Instagram qui me fait découvrir ces humoristes. Au début, c’était beaucoup l’humour sur les mamans au bout du rouleau qui me divertissait : Philippine Delaire, Diane Segard, Mélanie Sitbon…

Cette seconde sélection comporte plus d’humoristes masculins avec des critiques marrantes de la société actuelle.

Se servir de l’humour pour tourner le racisme et les situations humiliantes en ridicule.

Rebeu de poche  : Walid Jabbari

Je l’ai découvert à l’occasion des législatives quand l’humeur du pays baignait dans la déprime. J’ai beaucoup ri avec sa parodie. Hakuna Matata rimait avec Jordan Bardella. Il s’est encore illustré récemment avec une vidéo humoristique sur les frères musulmans. Je trouve ça efficace cette manière de tourner en ridicule les paroles racistes avec un grand sourire. Ses copains et lui sont même allés à Disneyland Paris dans le land d’Aladin pour tourner leurs vidéos.

Dans un registre plus sérieux, j’ai beaucoup aimé sa vidéo quand il est allé voir le film L’ amour c’est surcoté. Il questionne alors ses parents sur leur vision de l’amour.

Mr Brahms : @BrahmsComedy

J’aime bien son concept de drapeaux rouges quand une situation est malaisante et inacceptable aujourd’hui. C’est souvent un couple qui est mis en scène avec un homme ou une femme qui a une attitude toxique ou décevante, voire carrément raciste ou misogyne. La musique de générique de l’émission Zone interdite s’enclenche. Un grand échalas surgit de nulle part pour tirer la personne de ce mauvais pas. C’est court, bref mais efficace et souvent renforcé par le texte en description .

Affirmer son identité avec humour

Mélissa et Fred : Parents

J’aime beaucoup ce couple qui est dans l’auto-dérision la plus totale. J’aime particulièrement leurs sketchs avant/ après où ils confrontent la parentalité des années 1980 à celle des années 2025. Dernièrement, j’ai découvert la grand-mère libanaise de la famille, toute de léopard vêtue avec sa fille Mélissa. Ce sketch sur la transmission et le Liban est truculent.

Coco Makmak : @cocomakmak

J’aime beaucoup les vidéos de cette jeune femme qui imite sa mère, les hommes ou les femmes de la communauté libanaise à la perfection. Son compte Instagram est vraiment d’une grande recherche sociologique qui donne envie de mieux connaître cette culture.

Se moquer des élites qui dominent le jeu et qui ferment les portes aux autres

Les folles furieuses : @Lesfollesfurieuses75

Je regarde seulement les déboires de Marie-Philomène dont je scrute les nouvelles vidéos avec impatience. Tout est réussi : les problèmes de riches qui se transforment en situations cocasses, la patate chaude et le langage condescendant totalement assumé. Anaïs a une manière talentueuse de se moquer des ultra riches totalement déconnectés de la réalité. Marie-Philomène ne sort pas beaucoup du 16eme arrondissement ou alors elle le fait en hélicoptère ou sous bonne escorte.

Maxime Rocheman : @MaximeRocheman

Ce garçon qui sait jouer le benêt du village va vite vous paraître très sympathique. J’aime beaucoup quand il se moque des Parisiens à la campagne ou son fameux sketch de coach love (c’est ok). Ses sketchs sur l’application Strava sont également savoureux. Il sait étudier avec beaucoup de subtilité la société actuelle pour en tirer des caricatures à mourir de rire. C’est mon dernier coup de coeur humour. 

J’ai hésité à citer également Guillaume Guisset qui écrit aussi des sketchs pointus de justesse sur la société actuelle. Mais son personnage trop sur de lui (c’est fait exprès et réussi) m’est totalement antipathique. Dans l’humour, on aime les bons cons mais pas les cons méchants.

Dans la même veine, j’ai découvert qu’un documentaire Vis comica se profile à l’horizon 2025. Dans un précédent article consacré aux Visiteurs ce film iconique, j’avais déja parlé de mon admiration sans bornes pour Christian Clavier.

Dans ce documentaire, il va se confier sur sa carrière prolifique en tant qu’acteur, scénariste et producteur, partageant son travail, son parcours, et ses réflexions sur l’art de la comédie. Pour la première fois, Christian Clavier se livre entièrement sur son métier de la comédie populaire dont il est l’un des plus grands ambassadeurs.

L’humour français compte de nombreuses générations avec les troupes du Splendid, puis les Nuls, la bande de Fifi que l’on découvre sur les scènes de stand-up et qui font la conquête du cinéma plus tard !

Séries

Que vaut l’ultime saison d’HPI sur TF1 : amour et enquêtes à Lille.

Comme 88% des Français, vous êtes restés sur votre faim en octobre 2024 à la fin de la saison 4 de HPI... La fine équipe du SRPJ de Lille revient pour une cinquième année, l’ultime saison.

Les efforts de Morgane pour obtenir un meilleur karma semblent enfin avoir payé : Karadec s’est avéré être le père de son bébé, comme elle l’espérait, et alors qu’elle a (encore) perdu sa maison, il a gracieusement accepté de l’héberger… Mais tenter une histoire d’amour quand on est déjà co-parents, collègues et colocs… est-ce une idée de génie ? Ou une excellente manière de tout foutre en l’air ?

Episode 1 : Du grave à l’aigu

Suite à la naissance de Léo, Morgane a emménagé avec ses quatre enfants chez Karadec avec qui elle est désormais coparent et colocataire, en plus d’être collègue ! Et après un congé parental à base de nuits blanches et de camping dans le salon, c’est le jour de la reprise pour nos deux héros. Mais, entre la fatigue, les éternels problèmes de garde et un crime mystérieux qui tourne vite à la crise de nerfs… Cette journée de 24 heures chrono pourrait bien être la plus longue de leur vie !

Je ne connais pas la série 24H chrono mais il faut bien dire que cette idée de structure narrative est sacrément efficace. Durant une journée infernale, on voit Morgane et Karadec devenus co-parents (mais ils se vouvoient toujours) complètement accablés de fatigue. On va assister tout au long de cette saison à une inversion des rôles puisque Karadec si carré dans ses enquêtes va complétement perdre pied en devenant papa.

NICOLAS ROUCOU / SEPTEMBRE PRO

Morgane va alors devenir le repère raisonnable de ce drôle de tandem : mais deviendront -ils un couple à la fin de la saison ? En tout cas, Morgane n’a rien perdu de sa superbe à l’image de ses tenues hautes en couleurs. Elle est capable de se montrer tour à tour pétocharde lors de la prise d’otages dans la superette mais aussi complètement inconsciente l’instant d’après. C’est là tout le génie de cette comédie policière difficile à quitter.

Les titres des épisodes d’HPI sont toujours en lien une enquête en cours mais ils sont énigmatiques. Du grave vers l’aigu se rapporte à une histoire d’accent selon les langues dans lesquelles pleurent les bébés. Cela vous en bouche un coin n’est-ce pas ? Morgane vous expliquera cela plus en détail dans une de ses énièmes démonstrations à rallonges dont elle use et abuse.

Episode 2 : Galatée

Décidément Morgane et Karadec ne font rien comme tout le monde. Ils sont coparents depuis quelques mois et on les voit enfin tomber amoureux sous les radars des trois enfants de Morgane. Ce second épisode est encore plus réussi que le précédent. Morgane raisonne Karadec qui a beaucoup de mal à confier Léo à la crèche. Ils se retrouvent à enquêter sur un accident de voiture qui est en réalité un meurtre déguisé. Comme toujours, l’intrigue est parfois tirée par les cheveux. Mais on se laisse convaincre par les déductions de Morgane qui vont faire mouche.

 NICOLAS ROUCOU / ITINERAIRE PRODUCTIONS / SEPTEMBRE PRODUCTIONS / TF1

Les ressorts comiques sont de plus en plus efficaces, la scène où Morgane et Karadec se retrouvent coincés dans une cage dans un refuge pour chiens est hilarante. Cette fois-ci, le titre Galatée renvoie aux dieux et déesses de la mythologie grecque. Une des suspectes de l’affaire utilise ce pseudo mythologique pour faire du co-voiturage. C’est ainsi qu’elle va rencontrer son futur complice…

Episode 3 : L’ effet Barnum

Difficile pour moi de résumer cet épisode. J’ai coupé le son des scènes qui prenaient le chemin du spiritisme car je hais profondément l’ésotérisme et l’occultisme. La réalité du monde est suffisamment sombre comme cela, pas besoin d’aller chercher les ennuis en invoquant des esprits pas bien inspirés. Cependant, ce troisième épisode est tout de même sacrément réussi, je dirais même qu’il est militant.

Morgane et Karadec se rendent chez une jeune femme victime d’un viol et ils font preuve de beaucoup d’empathie et d’écoute pour recueillir son témoignage. Comme toujours, Karadec est classe sur toute la ligne. Le suspens reste entier si Morgane et lui vont se mettre bientôt en couple. Il semblerait que Karadec regrette un peu ses petites manies de vieux célibataire, ce qui va totalement décontenancer Morgane.

On ne sait pas si ces deux-là vont un jour former un couple. En tout cas, il est certain qu’ils vivent une belle amitié ponctuée de hauts et de bas.

Episode 4 : L’homme au soda à moitié plein

Tous mes amis scotchés à HPI étaient unanimes : pas de tout repos cet épisode qui se déroule dans un train ! Morgane vient de perdre son père Serge, qui lui a apporté son lot d’ennuis la saison précédente. Elle le tenait donc à distance quand il cherchait à la joindre et elle culpabilise beaucoup quand on lui annonce sa mort.

Dépassée par ses émotions, elle tient à distance Karadec. Morgane prend le train avec ses deux enfants les plus grand pour disperser les cendres de Serge à Boulogne sur mer. Dans ce train régional, elle comprend qu’un jeune homme vient d’être enlevé et mobilise tout le wagon dans son enquête mais en multipliant ses mauvaises manières habituelles. Morgane scandalise tout le monde, ses enfants, ses collègues au commissariat et même les téléspectateurs devant leur écran.

Mais elle résout l’enquête et sauve le jeune homme d’une mort certaine. Karadec la félicite chaleureusement au téléphone et commence à se faire à la vie de famille nombreuse. Jusqu’au moment où ….patatras Morgane a bien merdé en fuyant son domicile avec leur bébé sous le bras. Cet épisode m’a mise en colère car je suis une fan inconditionnelle de Karadec, il est bien plus charismatique que Pedro Pascal !

Dans toute l’équipe de policiers, Morgane est la seule mère de famille avec… la commissaire Hazan dont le fils va revenir à Lille lui causer quelques tracas dans quelques épisodes.

Episode 5 : Crack, Pschiiitt, Haaaaa ( de pire en pire leurs titres ! )

J’ai bien aimé l’intrigue de l’enquête policière. Elle dénonce un peu les folies de l’e-sport et comment des jeunes adultes coupent les ponts avec leur famille pour entrer dans une autre dimension loin de la réalité. Les jeunes gamers et leur manageuse Paola jouent vraiment bien leur rôle, on est happé par cette enquête. Mais sur le plan perso, tout part à vau l’eau dans la vie de Morgane.

Elle a embarqué ses quatre enfants dans un camping-car vétuste où sortent une multitude de fils électriques bien dangereux, un logement totalement inadapté pour élever des enfants. Il y a une scène cocasse où ses deux ex Karadec et Ludo se retrouvent pour récupérer leurs enfants respectifs. Mais aucun d’entre eux n’arrive à lui mettre des limites.

Le ressort comique choisi par les scénaristes était de garder continuellement Morgane dans un état de précarité de logement, de travail et dorénavant d’énergie mais là la coupe est pleine, cela devient pesant. Chaque spectateur aimerait bien qu’elle trouve stabilité et sérénité en s’appuyant sur Karadec qui n’attend que cela visiblement.

C’est la très bonne idée du week-end ! L’équipe du tournage d’HPI a décidé d’organiser un grand vide-grenier à l’occasion de la braderie de Lille. Pour 15 € environ, chacune peut repartir avec un look panthère ou aux couleurs criardes pour devenir une Morganette pour l’éternité.

Cette vente caritative et populaire lors de la braderie de Lille, la plus grande braderie d’Europe est au profit de la fondation des Femmes afin de lutter contre les violences conjugales et les discriminations.

Je m’attache de plus en plus au personnage de la commissaire Céline Hazan. Elle est marrante quand elle est en compétition avec Morgane et qu’elle se foire sur toute la ligne. Elle était déja très rigolote dans l’épisode Cheval de Troie.

Episode 6 : Tequila sunrise.

Les ennuis s’accumulent à la DIPJ de Lille : Morgane a complètement foiré son écrit au concours de police, Karadec se trouve bien malgré lui associé à la mort accidentelle de la belle-mère de Morgane, et pour couronner le tout le fils de Céline est accusé de meurtre sur l’affaire en cours ! Dessaisie, la commissaire tente le tout pour le tout pour innocenter son fils : une Murder party avec toute l’équipe !

J’ai beaucoup aimé cet épisode qui contient une murder party en costume (une grande partie de Cluedo si vous préférez). L’intrigue policière nous tient aussi en haleine avec Emilie Caen qui joue une mystérieuse styliste qui semble avoir truandé l’assurance décès de manière totalement incongrue.

Nous nous avançons à grands pas vers le grand final de la série avec l’espoir que Morgane va enfin se décider à faire les bons choix et accorder sa confiance à Karadec. Je dénonce souvent l’attitude de l’explosive consultante mais son évolution dépend totalement des choix désastreux des scénaristes. On a bien compris que leur ressort comique est de montrer constamment Morgane la tête sous l’eau avec ses difficultés. Mais est-ce que c’est si comique ?

Par ailleurs, les scénaristes semblent effrayés par les happy-end avec le pavillon familial, la famille nucléaire et le labrador. C’est beau de montrer une famille recomposée dans laquelle ça déménage mais un peu de stabilité et d’engagement ne feraient pas de mal. Cela me fait mal au coeur de voir Morgane trimballer ses quatre enfants dans des logements de plus en plus précaires…

Episode 7 : Il faut qu’on parle

Morgane et Karadec sont confrontés à une affaire complexe à la frontière belge. La victime, décédée en France, n’est autre que le directeur d’un prestigieux hôtel de luxe à Bruges. Alors que le torchon semble définitivement brûler entre eux, voilà nos héros embarqués dans une escapade flamande qui pourrait bien leur réserver quelques surprises…

C’est le plus bel épisode de la saison 5 et il est bien difficile à commenter. Morgane et Karadec sont dans un bon cul de sac pour communiquer. Ils ne se font plus confiance du tout et pourtant ils se retrouvent dans une suite nuptiale avec les cygnes sur le lit conjugal. Ils sont chargés d’enquêter sur la mort suspecte d’un directeur d’hôtel de luxe à Bruges.

L’enquête est très intéressante et bien menée. Les seconds rôles sont savoureux en particulier Awa, la femme de chambre ivoirienne et l’influenceuse totalement égocentrée.

Mais le vrai sel de cet épisode est la manière dont Morgane et Karadec vont arriver à tomber l’armure et à retrouver leur complicité.

Je suis très pessimiste sur leur avenir conjugal car ils sembleraient que leurs retrouvailles se limitent à l’horizontale sur l’oreiller. Ils sont constamment comme chien et chat, leurs pulsions les mènent au plumard mais pourquoi ils ne font pas équipe pour la vie ? Ensemble, ils révèlent le meilleur d’eux mêmes, ils se comprennent intimement l’un l’autre pourquoi tout gâcher bêtement ?

Les dernières scènes de cet épisode sont tellement jolies ! Ils vont se tutoyer brièvement ! Morgane va enfin comprendre à quel point Karadec l’aime vu les risques inconsidérés qu’il a pris pour la protéger. Mais vraiment quel gâchis qu’ils ne communiquent pas et que la confiance ne soit pas le pilier de leur relation.

Episode 8 : Supernova

Ce dernier épisode n’est pas le meilleur de la série mais je l’ai bien aimé tout de même. Morgane passe l’épreuve d’oral pour devenir gardien de la paix. Elle quitte un peu ses mauvaises habitudes prétentieuses de clamer sous tous les toits qu’elle est la meilleure de son équipe au commissariat pour faire preuve d’humilité et de reconnaissance envers ses coéquipiers.

Sa petite tirade où elle se compare à une voiture de course qui a besoin de la commissaire et de l’autorité pour la cadrer sinon c’est le crash était bien trouvée. Mais surtout le plus bel hommage de l’évolution de Morgane est à rendre au commandant Karadec car c’est véritablement lui qui a fait de Morgane une véritable flic et ce n’était pas du tout gagné.

L’enquête policière de cet épisode ne me laissera pas un grand souvenir même si elle était intéressante. L’heure tourne au cours de l’épisode et on se raisonne que nous n’aurons pas un grand final avec french kiss entre Karadec et Morgane. Mais le précédent épisode était tellement beau que j’étais bien rassasiée ! J’ai bien aimé cette fin grotesque et lunaire à l’image de Morgane.

Elle va faire évader Karadec de prison contre son gré. La référence à Thelma et Louise est flagrante et c’est assez réussi. J’ai enfin compris le décalage des tenues de Morgane et de Karadec. Lui il s’habille de manière sobre et terne, elle est bariolée à outrance. Et ils sont sacrément complémentaires.

Alors vivement l’épisode de Noël ou autres pour les retrouver avec plaisir : Gilles et Daphné tombent dans les bras l’un de l’autre, c’est la bonne surprise qui fait plaisir !

Littérature jeunesse

Mon aventure de lecture avec L’école des loisirs depuis toujours

J’inaugure une nouvelle rubrique dans ce blog : Moi lectrice. Elle me tient à coeur depuis longtemps ici. Je remarque que l’on s’attache personnellement à une maison d’édition quand on est lecteur.

Dans mon cas, je me suis attachée aux livres de l’Ecole des loisirs quand j’avais cinq ans et je m’en souviens précisément. J’avais découvert une petite série de premières lectures : Olga écrite par Geneviève Brisac et illustrée par Michel Gay. C’est un sentiment difficile à écrire mais l’auteure et le dessinateur sont arrivés ensemble à saisir la beauté éphémère de l’enfance de manière très poétique.

J’ai retrouvé d’autres livres d’Olga avec d’autres dessins de couverture mais le charme était rompu. J’aimais cette collection car ma cousine s’appelle Olga et je savais exactement où retrouver ces petits livres de la collection Mouche au rayon jeunesse. Depuis, l’ancienne médiathèque de Valence, un couvent auparavant, a été détruite pour construite une maison de retraite en plein centre-ville.

Les collections Mouche, Neuf et Médium, les équivalents de la collection Blanche de Gallimard pour les enfants.

Geneviève Brisac a longtemps été une éditrice emblématique de l’Ecole des loisirs et auteure phare de la maison. Les collections Mouche, Neuf, Médium sont exigeantes car la ligne éditoriale de l’Ecole des loisirs c’est d’apporter le meilleur de la littérature aux enfants.

Puis en primaire, j’ai eu un vrai coup de coeur pour l’album de Rascal : Le voyage d’Oregon que nous avons étudié en classe en CM1-CM2. Il m’a fait rêver de voyager un jour aux Etats-Unis (un jour peut-être à la retraite) .Les road-trip en littérature jeunesse sont assez rare et on comprenait rapidement l’influence de la littérature de Jack Kerouac dans cet album.

J’aime les livres de l’Ecole des loisirs car c’est une maison d’édition qui prend les enfants au sérieux avec des lectures exigeantes sans être intellos. Ils suscitent l’imaginaire et c’est précieux.

Je me souviens aussi du roman La sixième de Susie Morgenstern. J’adore sa couverture tellement iconique et efficace : elle représente ce rite de passage universel dans la vie d’un enfant. L’héroïne s’appelle aussi Margot, ma mère avait demandé à l’auteure une dédicace au salon jeunesse de Saint-Paul Trois Chateaux dans la Drôme.

Je pense que ma mère était plus fan du livre que moi mais j’ai toujours une tendresse de lire un article dans la presse ou de voir cette chère Susie avec ses lunettes roses coeur à la Grande librairie par exemple.

Je rencontre l’illustrateur Frédéric Stehr au salon du livre jeunesse de Montreuil. C’est émouvant car je lui demande de dédicacer mon album Calinours va faire les courses publié en 1987, vingt ans plus tard. Ce grand album, je l’ai gardé précieusement au cours de mes nombreux déménagements à Paris. Je l’ai d’ailleurs confié à ma fille dans sa bibliothèque d’enfant. Je compte lui transmettre un jour en espérant qu’elle en prendra bien soin.

Transmettre ses livres doudous à ses enfants.

Ma fille de six ans et ma nièce sont de grandes fans de Simon le lapin. On a lu ensemble les albums de Stéphanie Blake et elles regardent les dessins animés. J’avais même fait une chronique dans le blog car Caca boudin est un classique de la littérature jeunesse des années 2000. Les couvertures des aventures de Simon sont sacrément efficaces : elles attirent l’œil des petits de loin à la médiathèque.

Dans un autre genre, j’ai découvert les albums de Juliette Lagrange qui a décoré la rénovation de la librairie historique de l’Ecole des loisirs rue de Sèvres. J’aime énormément son dessin architectural à travers Paris découvert dans Hulotte et Léon, le récit d’un voyage scolaire entre le Louvre, l’Opéra et les Buttes-Chaumont.

Juliette Lagrange sait aussi bien nous entrainer dans la nature qu’en ville avec les aventures d’Hulotte. Ses albums ont séduit toute la famille.

Lire pour soi une fois adulte.

Et enfin, je continue à lire les romans de l’Ecole des loisirs une fois adulte. Mon auteure favorite est de loin Marie-Aude Murail dont je dévore les romans : Sauveur et fils, Simple, Papa et Maman sont dans un bateau, La fille du docteur Baudoin, la trilogie avec la petite ado intrépide Angie qui se déroule au Havre.

J’ai détaillé dans plusieurs articles de blog pourquoi sa littérature sociétale et réaliste me touche autant. Je me souviens que j’ai dévoré le tome 2 de Sauveur et fils, un après-midi au parc Monceau quand j’étais au chômage et que je me suis précipitée dans une librairie de mon quartier pour acheter le tome 3, c’est dire…

Dans la même veine psychologique, j’aime aussi beaucoup le roman Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh que j’ai également lu en BD adapté par la brillante Cati Baur.

Je me suis également prise d’affection pour la série Ma vie de chateau qui sera bientôt adaptée en dessin animé par France TV.

L’école des loisirs est un éditeur militant ayant une place privilégiée dans le paysage éditorial français.

La transmission d’albums de générations en générations fait toute sa force. Je n’ai même pas parlé des longsellers Max et les maxi monstres de Maurice Sendak et Les trois brigands de Tomi Ungerer. L’école des loisirs fête en 2025 ses 60 ans avec plus de 6000 titres dans son fonds et plus d’un millier d’auteurs publiés.

Prochainement, L’école des loisirs ouvrira une nouvelle maison des histoires, un musée à jouer pour les 0-6 ans.

*Cet article de blog ne fait l’objet d’aucun partenariat commercial. C’est une nouvelle rubrique de mon blog où je raconte mon parcours de lectrice et les choix éditoriaux des éditeurs qui m’ont convaincue.

Prochain article de la série :

Moi lectrice des éditions des Escales depuis que je suis devenue maman.

Expos·Ile de France et Paris

Un dimanche de printemps pour découvrir la Philharmonie et la cité de la musique à la Villette, Paris 19eme

Le 19eme arrondissement de Paris est un vrai trésor car c’est le Paris authentique et populaire qui m’a vraiment plu enfant. Je lisais les enquêtes policières de Lapoigne, clochard des Buttes Chaumont, dans des petits romans jeunesse écrits par Thierry Jonquet, éditions Nathan.

Le quartier de la Villette c’est le canal de l’Ourcq avec les magasins généraux de Pantin, la rotonde de la Villette. On a construit des grandes tours dans le quartier de Stalingrad mais le charme demeure grâce aux canaux et à la volonté des pouvoirs publics de créer un grand parc de l’est parisien. Le parc de la Villette est le plus grand parc de Paris : plus de 25 hectares.

Chaîne Youtube de Margot Benoist

Dans le quartier de la Villette, il n’y a pas que la cité des Sciences à découvrir. Certes, c’est un lieu emblématique qui abritait pendant très longtemps les abattoirs de Paris. Il y a une multitude de lieux culturels à découvrir autour de la fontaine aux lions : le zénith, le Cabaret sauvage, la cité de la Musique, la Philharmonie depuis 2015…


Le parc de la Villette : un trésor parisien à explorer

Le belvédère, accessible en ascenseur offre un très beau panorama sur le Nord-est parisien avec la Tour Eiffel et la Géode à l’horizon. Ce dimanche, nous avons profité de l’ouverture du belvédère de la Philharmonie pour aller visiter la cité de la Musique et l’exposition Ravel.

Le Boléro de Ravel, une oeuvre à la fois érotique et mécanique, racontée au cinéma.

J’ai tellement aimé le film En fanfare qui revisite l’histoire du boléro avec la préparation d’un concert dans une usine du Nord de la France. Ravel s’est inspiré des cadences infernales de l’industrie pour créer son oeuvre.

Le Boléro de Ravel : entre art et industrie

C’est d’ailleurs très bien expliqué dans l’exposition avec des tableaux cubistes qui représentent des usines ou des machines d’usines comme ceux de Fernand Léger. L’exposition retrace également l’influence du flamenco en Espagne avec le superbe tableau d’Edouard Manet : Lola de Valence, qui vient du musée d’Orsay.

Boléro, Christophe Beaucarne DOP

L’exposition est assez succincte. Elle montre une malle avec des pantalons sur un portant car Ravel a vécu des tournées internationales : aux Etats-Unis notamment. Elle compte aussi des photographies en noir et blanc de sa famille. Ma fille de six ans a été très intéressée par la projection d’un orchestre qui joue le Boléro, qui dure dix-sept minutes.

Le Boléro de Ravel a été conçu à l’origine pour un ballet de danse. Il a été commandé par Ida Rubinstein, une danseuse russe célèbre dans les années folles. Maurice Béjart l’a repris en 1961 avant que la publicité ne s’en empare à son tour. Il s’agit de l’oeuvre classique la plus écoutée au monde.

Maison-musée de Maurice Ravel, 5 rue Maurice Ravel, 78490 Montfort l’Amaury, uniquement en visite guidée sur réservation, 11€ par adulte, 5€ par enfant à partir de 12 ans.

La cité de la musique, le musée de société à découvrir en famille

Grâce à notre billet d’exposition, nous avons pu avoir accès aux collections permanentes de la Cité de la Musique qui compte tout de même six étages. Le parcours est chronologique et thématique.

J’ai beaucoup aimé l’esprit cabinet de curiosités pour commencer la visite. Le recours à cette photographie en noir et blanc mondialement connue signée Robert Doisneau interpelle directement le spectateur. Il s’agit de deux chanteuses de rue dans le quartier de la Villette dans les années 1950.

Ensuite, le parcours de visite s’articule en cinq grands thèmes : Polyphonie, Musique et pouvoir, L’imaginaire des Lumières, L’empire de la musique et Explorer l’inouï. Les salles sont faiblement éclairées mais c’était très beau et reposant d’observer tous ces instruments de musique.

La Cité de la musique fête ses trente ans cette année, mais je suis persuadée que bon nombre d’entre nous ne connaissaient pas ce musée.

Cité de la musique, Porte de Pantin, du mardi au vendredi : 12h00 à 18h00, samedi et dimanche : 10h00 à 18h00.